CHAPITRE VII

Pleurer

*

Depuis mardi, j'étais… Ailleurs.

Oh, ne pensez pas que je planais sur un petit nuage, non. J'étais bien loin de ça. Mais où exactement, c'était difficile à déterminer.

Je planais, j'étais déconnectée de la réalité, j'avais dû mal à réaliser ce qui c'était réellement passé, et si les traces violacées sur mes hanches ne se rappelaient pas à mon bon souvenir à chaque fois que je me déshabillais, j'aurais simplement cru que j'avais rêvé.

Edward n'avait pas cherché à me contacter, je n'étais pas déçue, car je ne m'étais pas attendue à ce qu'il le fasse. Faire l'amour avec lui avait été une des expériences les plus dingues de ma vie, et même si je brûlais de recommencer, je savais que je ne devais pas essayer de provoquer de nouveau cette situation.

Néanmoins, je n'étais pas non plus assez bête pour penser qu'il laisserait cela se reproduire. Il avait beaucoup trop à perdre dans cette histoire.

C'était comme si nous avions assouvi une pulsion, et finalement ce n'était peut-être que ça. On ne pouvait pas dire que cette brève relation avait eu le mérite d'être autre chose que physique.

Le samedi arriva et j'étais toujours sur une autre planète, elle-même probablement dans une autre galaxie. Cela ne m'avait pourtant pas empêchée de me faire une raison : la brève apparition de la comète Edward Cullen dans mon ciel ne se reproduirait certainement pas avant deux ou trois mille ans. Et c'était mieux ainsi.

Mon père mettait mon hébétement sur le compte de l'annonce qu'il m'avait faite le mardi soir, et cela m'arrangeait bien. Il aurait été difficile de lui expliquer que je m'étais envoyée en l'air d'une manière à en garder des ecchymoses avec le professeur de piano auquel il m'avait confiée les yeux fermés.

Nous n'avions pas rouvert le dossier « Sue Black » et je savais que Charlie attendait patiemment que je le fasse. Néanmoins, je m'en sentais complètement incapable. J'avais besoin de revenir sur Terre avant de pouvoir aborder ce problème.

C'est dans cet état d'esprit que je quittai la maison pour me rendre à la boutique d'Alice à Port Angeles.

Lorsque je m'étais littéralement jetée sur Edward dans le but d'assouvir ce besoin purement physique que j'avais de lui, j'avais oublié de considérer le problème « Alice ». J'avais occulté toutes les choses qui faisaient d'Edward une personne à part entière pour ne prendre que ce qui m'arrangeait à ce moment là, j'en étais consciente.

Je n'avais pas de scrupules vis-à-vis d'Alice, si elle trompait réellement son mari avec Edward, je n'étais pas fière d'être celle avec qui son amant l'avait trompée, mais l'unique phrase pathétique qui me venait à l'esprit était « bien fait ».

Je souhaitais juste qu'Edward ne débarque pas à la boutique ou qu'Alice ne tente pas de m'en parler. Il fallait absolument que j'évite ce sujet, j'étais une très mauvaise menteuse et elle s'apercevrait vite que quelque chose clochait si elle mettait le sujet sur la table, j'étais certaine de ne pas pouvoir m'empêcher de rougir à l'évocation d'Edward.

Alice était une personne qui avait beaucoup d'intuition, elle m'avait déjà épatée à plusieurs reprises, elle cernait les relations qui unissaient les gens avec une rapidité déconcertante et je tenais à mon job. J'avais toujours le vain espoir d'aller à la Fac un jour…

Néanmoins, Edward ne fut pas évoqué et bien que je me montrai particulièrement distraite et tête en l'air, Alice fut douce et patiente, et pris mes bourdes avec humour.

La journée me sembla longue, et lorsque dix-huit heures trente arriva je soupirai de plaisir en commençant à ranger la boutique, il ne me restait plus qu'une demi-heure à tenir.

Le carillon tinta et je ne me retournai pas pour voir qui entrait, trop occupée à remettre en place un vase de cristal sur une étagère.

- Bonsoir, dit une voix de velours.

Mon Dieu sa voix.

- Hey, tu es en avance, Edward !

Le vase que j'allais reposer m'échappa des mains et le cristal se brisa sur le plancher.

- Dis-moi, ce n'est pas ton jour, toi, rit Alice. Heureusement, je ne pensais pas réussir à vendre cette vieillerie.

- Excuse-moi, je suis vraiment distraite aujourd'hui, balbutiai-je en prenant soin de pas regarder Edward. Je vais arranger ça.

- Pas de problème, je te laisse avec Edward quelques minutes, je vais vite me changer.

- Euh, ouais. OK, dis-je en me baissant pour ramasser les morceaux de verres, mon cœur battait à tout rompre et je devais vraiment me concentrer pour ne pas me blesser.

- MON DIEU, BELLA !

Je me relevai rapidement et remis mon t-shirt en place, je savais très bien ce qu'Alice avait vu, je n'avais pas été assez prudente en me baissant, ma hanche droite avait été dévoilée quand j'avais tendu le bras.

- Qu'as-tu fais ?!

Je croisai brièvement le regard d'Edward. Il avait l'air paniqué. Idiot, comme si j'allais nous vendre.

- Une chute dans les escaliers, rien de grave.

- Rien de grave ?! Ta peau est violette, Bella.

Heureusement qu'elle n'avait pas vu ma hanche droite, elle était dans un pire état et on y voyait nettement la marque de trois doigts.

Je rencontrai une nouvelle fois les yeux d'Edward, ils exprimaient quelque chose de différent, comme une excuse. Connard.

- Ca doit être hyper douloureux ! Je comprends mieux pourquoi tu avais dû mal à te pencher !

- C'est supportable…

- Edward, veux-tu ramasser ça pour elle ? Je vais vite me changer sinon nous allons être en retard !

- Bien sûr, dit-il avec un hochement de tête avant de s'approcher de l'endroit où j'étais.

- Non, c'est bon !

- Ne fais pas d'histoires, Isabella.

Sa voix était froide et ferme. Une bouffée de colère monta en moi. Pour qui se prenait-il ? Je le fusillai du regard tandis qu'Alice disparaissait à l'étage, mais il ne me regardait plus, trop occupé à réunir le verre brisé.

Je tournai les talons et je disparus dans la réserve pour trouver un balai, une ramassette et du papier journal. J'y restai quelques secondes afin de reprendre mes esprits.

Mon Dieu, je savais qu'il fréquentait Alice, je ne voyais pas pourquoi ça me faisait autant de mal de savoir qu'il serait avec elle ce soir.

Le savoir et le voir étaient probablement quelque chose de différent.

J'inspirai avant de retourner dans la boutique et de lui tendre le matériel.

- Merci, souffla-t-il.

Je ne répondis pas, m'obstinant à éviter son regard. J'allais me poser dans un coin du magasin, faisant semblant d'être occupée tandis qu'il réparait mes dégâts.

J'avais presque réussi à l'oublier quand je sentis sa main se glisser précautionneusement sur ma hanche. Je me retournai pour lui faire face et repoussai sa main. Il ignora mon geste et attrapa l'ourlet de mon t-shirt qu'il souleva jusqu'au-dessus de mon nombril.

- Bordel, murmura-t-il en constatant l'ampleur des dégâts.

Il se mordait la lèvre et je vis dans ses yeux qu'il s'en voulait réellement.

- Isabella, je suis désolé…

Sa voix était basse et brisée.

Je repoussai ses mains et remis mon t-shirt en place.

- Ne me touchez pas. Je ne veux pas de vos excuses.

Il prit ses distances avec moi et c'était mieux ainsi car je tremblai de rage et de colère. J'aurai été capable de le gifler en cet instant. Il regrettait. Bordel, il regrettait ! Je savais pertinemment que nous avions fait une connerie, mais je ne regrettais pas. Pour rien au monde je n'aurai voulu effacer ce moment.

- Pardonne-moi.

Je ne lui fis aucune réponse.

Alice revint et elle glissa son bras alentour de la taille d'Edward, il lui rendit son étreinte en passant un bras autour de ses épaules. L'image me donna encore plus la nausée que ce qu'elle avait pu me la donner auparavant.

Bon Dieu, qu'ils partent !

- Tu peux fermer, Bella ?

- Aucun problème.

Dépêchez-vous, sortez ! Sortez, avant que j'explose !

- Merci beaucoup… A samedi prochain !

Je les regardai quitter la boutique, Edward me lança un dernier regard d'excuse avant de sortir et je détournai le visage pour ne pas qu'il voie que je commençai à pleurer.

J'avais été si stupide.

Les larmes coulèrent abondamment comme je fermai la boutique et j'eus dû mal à me calmer pour monter dans ma vieille Chevrolet et conduire jusqu'à la maison.

Le voir au bras d'Alice était quelque chose d'éprouvant. Savoir qu'il regrettait était pire. J'avais envie d'hurler.

Je pleurai tout le long de la route qui me ramena chez moi, et ce fut presque par miracle que je n'eus pas d'accident ou que je ne me trompais pas de route, je n'avais rien vu du trajet.

Je me repris avant de quitter ma voiture. Je pensais pouvoir prétexter un mal de crane et filer pleurer mon soul dans ma chambre, mais c'était sans compter sur Sue. Elle était installée dans notre salon et mon père semblait bien décidé à passer la soirée avec elle. Je ne pouvais réellement pas être grossière deux fois de suite.

Je fis bonne figure pendant près d'une heure alors que les larmes me brûlaient les yeux. Je dus me sauver aux toilettes à plusieurs reprises pour éclater en sanglots avant de me recomposer un visage impassible.

Sue était sympathique, elle parlait beaucoup et la conversation se faisait presque sans moi, elle babillait au sujet de la Push, de Jacob son fils, de Seth, Quil, Paul et Embry, ses neveux.

Lorsque je constatai après un énième passage aux toilettes que ma mine était vraiment trop affreuse, je m'excusai en disant que ma journée avait été longue et que je tombai de sommeil. Mon père ronchonna un peu en disant qu'il n'était que vingt-deux heures, mais Sue m'envoya au lit avec un sourire bien veillant.

- Elle n'est pas si froide d'habitude, marmonna mon père comme je montai l'escalier.

- Elle a une peine de cœur, ta fille. Elle n'a pas arrêté de se sauver pour pleurer, la pauvre, répondit Sue.

- Bella ? Une peine de cœur ? Bien sûr que non. Aucun garçon d'ici ne lui plait… Il y a bien eu ce Mike Newton avec qui elle est sortie quelques temps, mais c'est de l'histoire ancienne.

- Puisque tu le dis.

Sue était perspicace en plus de tout. Elle ferait du bien à mon père. Néanmoins, elle était tout de même dans l'erreur, je n'avais pas une peine de cœur. Non, mon cœur allait très bien. C'était mon orgueil et mon amour propre qui avaient été bafoués. Je me sentais honteuse d'avoir pu croire que ce qui c'était passé entre Edward et moi avait représenté quelque chose d'infime à ses yeux. Je m'étais ridiculisée en m'offrant à lui de cette manière éhontée.

Je m'écroulai sur mon lit, et je m'endormis rapidement, épuisée d'avoir tant pleuré.

Je ne mis ma journée du lendemain à profit pour rien de bon. D'ordinaire, je consacrais mon dimanche à la multitude de tâches ménagères et scolaires que je n'avais pas le temps de réaliser dans la semaine, mais cette fois, je passai ma journée à lire dans le fond de mon lit et grignoter des cochonneries hyper sucrées.

Le soir venu, mon père dîna chez Sue. J'avais été conviée, mais je ne me sentais pas encore assez à l'aise avec cette situation pour ce genre de chose. Je prétextai une dissertation en littérature qui m'attendait et Charlie me ficha la paix, bien qu'il n'ait pas été dupe.

Je pris un long bain dans lequel j'avais ajouté de l'huile à la lavande et je mis à profit mes quelques heures de tranquillités pour m'occuper de moi, chose que je faisais peu souvent.

Je ressortis de la salle de bains détendue et un peu plus sereine, je m'apprêtai à me mettre au lit en compagnie de Jane Eyre quand on frappa à la porte. J'hésitai à aller ouvrir, aucune voiture n'était garée devant la maison et il était passé vingt-trois heures, j'étais seule et j'avais peur de la personne que j'allais trouver derrière la porte.

J'ouvris avec précaution pour trouver Edward sur le pas. Son visage était tendu et j'aurai juré qu'il venait de pleurer si je ne l'avais pas connu.

- Puis-je entrer ?

- Il est tard…

- Isabella, je t'en supplie.

Je remarquai qu'il pleuvait à grosses gouttes dehors et qu'il était déjà trempé, ce fut plus la pluie que sa supplique qui me décida à le laisser entrer.

Il me suivit à la cuisine et se mit à parler précipitamment.

- Ton père est là ?

- Non…

- Je désolé pour ce qui s'est passé entre nous l'autre jour, c'était déplacé et je n'aurai jamais dû laisser cela se produire. Néanmoins… Oh, Isabella, je ne te demanderai pas ça si j'avais le choix… Mais… Peux-tu garder Carlie cette nuit ?

- Pardon ?

J'étais carrément interloquée par sa demande.

Il se passa une main sur le visage.

- Je te le demande comme une faveur, peux-tu veiller sur Carlie ce soir ? S'il-te-plait… Je dois m'absenter et je n'ai vraiment pas le choix… Je ne sais pas à qui d'autre demander ça…

Il semblait bouleversé et je considérais sa demande quand mon regard se posa sur une voiture grise que j'apercevais par la fenêtre, garée juste de l'autre côté de la rue. Le coupé sport d'Alice. Une bouffée de colère monta en moi. Il me prenait vraiment pour une idiote.

- Pourquoi ? Pour que vous puissiez aller vous envoyez en l'air tranquillement avec une femme mariée qui plus est ?! Il n'en est pas question !

Sa mâchoire se décrocha et il me regarda complètement ébahi avant qu'une expression de fureur intense se dessine sur son visage. Il tourna les talons et passa la porte de la cuisine et éclatant d'un rire froid et métallique. Il se foutait de ma gueule.

- Pourquoi vous moquez-vous de moi ?

Il se retourna brusquement et pointa un doigt sur moi.

- J'ai été bien naïf de croire que tu étais différente de ces gamines écervelées. Tu n'es qu'une petite idiote.

J'eus l'impression qu'on venait de me jeter un seau d'eau glacée sur la tête.

- Merci pour l'aide, grinça-t-il avant de sortir en claquant la porte.

Je repris mes esprits et je courus pieds nus sur le béton glacé et humide pour le rattraper.

- Qui est Alice pour toi, dans ce cas ? Que se passe-t-il, demandai-je en l'attrapant par le bras.

Je ne notai même pas que je m'étais mise à le tutoyer.

- Je préférerai qu'on en reste au « vous » sincèrement. Rentre chez toi, Isabella, bonne nuit.

- Réponds-moi !

Il plongea son regard dur comme la pierre dans le mien. Je me mis à frissonner et ce ne fut pas à cause de la pluie glacée qui coulait sur mon corps.

- Alice est ma sœur. Ma sœur.

- Vous étiez si proche…

- Ne t'intéresse-tu donc pas aux personnes qui t'entoures ? Es-tu si égoïste ? Bien sûr que nous sommes proches, comme ne pourrais-je ne pas être là pour elle ! C'est ma sœur et son mari vient d'être envoyé en Irak pour la seconde fois, alors que dois-je faire ? La laisser seule pour que les idiotes dans ton genre n'imaginent pas qu'elle le trompe?

Je savais que Jasper était Major dans l'armée américaine, mais il était revenu d'Irak plus d'un an auparavant et je n'avais jamais imaginé qu'il puisse y retourner un jour.

- Elle ne m'en avait rien dit… Je ne savais pas…

- Penses-tu vraiment que ça soit le genre d'Alice de crier ces choses sur les toits ? Elle préfère faire croire à tout le monde qu'elle va bien et qu'elle ne risque pas de devenir une des plus jeunes veuves des Etats-Unis à tout moment.

Je fondis en larmes.

- C'est toi aussi ! Comment aurai-je pu songer à te poser la question ! Tu es si froid, si dur, tu as eu la pire des attitudes à mon encontre, je n'aurai jamais osé te demander.

- Et donc tu as préféré tirer tes propres conclusions ?!

- Je m'en excuse !

Il soupira et passa une main sur son visage.

- J'ai bien d'autres problèmes que toi en ce moment, Isabella. Alors lâche-moi s'il te plait.

Je n'en fis rien.

- Que se passe-t-il ?

- Ma mère vient d'avoir une attaque. Elle est à l'hôpital. Alice m'attend pour y aller, mon père est là-bas et il est bouleversé, il a besoin de soutien. Je pensais juste que Carlie n'avait pas besoin de voir ça.

De nouvelles larmes roulèrent sur mes joues. Il se dégagea de ma prise.

- Laisse-moi… J'aimerai me rendre au chevet de ma mère.

J'attrapai sa main.

- Edward, pardonne-moi ! J'ai fais fausse route et j'en suis désolée.

Il ne desserra pas la mâchoire.

- Je vais m'occuper de Carlie. Je vais veiller sur elle. Permets-moi de le faire. C'est la moindre des choses.

Il resta silencieux. Puis, ses épaules s'affaissèrent et il soupira.

- Oui, ça serait bien si tu pouvais faire ça. Je t'en serais reconnaissant.

- Laisse-moi juste le temps d'écrire un mot à mon père, j'arrive.

Je fonçai dans la maison et trouvai rapidement du papier et un crayon pour griffonner un message à Charlie. J'attrapai une paire de baskets que je n'enfilai même pas et je rejoins Edward devant chez lui. Alice l'attendait toujours à bord de la voiture.

- Fais comme chez toi. Carlie dort, elle ne devrait se rendre compte de rien. Sèche-toi et ne reste pas sur le canapé, passe la nuit dans mon lit.

Il me mit une clé dans la main.

- C'est le double. Ferme la porte derrière-toi. On ne sait jamais.

Il soupira et se pinça l'arrête du nez, anxieux.

- Téléphone-moi au moindre problème, mon numéro est noté à côté du téléphone. Vraiment au moindre problème, Isabella.

- Tout se passera bien…

Il hocha la tête.

- Fais-moi confiance.

- Edward, s'il te plait, je n'en peux plus d'attendre ! Pourrions-nous y aller ?

Alice était descendue de sa voiture.

- Vas-t-en. Je m'occupe de tout.

- Merci, dit-il avant de s'engouffrer dans le coupé sport.

La voiture démarra en trombe et je rentrai à l'intérieur de la maison. Je me sentis perdue un instant, seule à l'intérieur de cette demeure qui n'était pas la mienne.

Je fis comme il me l'avait dit. Je fermai la porte derrière moi en prenant soin de ne pas laisser la clé dans le barillet pour qu'Edward puisse rentrer quand tout ça serait fini et je montai à l'étage.

Je dus chercher un peu pour trouver la salle de bains. J'entrai d'abord dans une grande chambre très masculine aux couleurs marron et grises, puis dans une plus petite qui était celle de Carlie.

La petite fille dormait profondément, sa respiration était régulière, elle était bien loin de toute l'agitation qui animait sa famille en l'instant. La salle de bain était la troisième pièce et j'y trouvai une serviette pour me sécher sommairement, je rinçai également mes orteils noirs de boues d'avoir courus pieds nus sur la route. Le bas de mon pyjama était dégoutant, mais il faudrait faire avec.

Je trouvai ensuite le téléphone sans fil et je m'en emparai ainsi que du numéro d'Edward après quoi je me glissai sans bruit dans la grande chambre.

Je posai le téléphone sur la table de chevet et je quittai mes vêtements humides et sales. Un t-shirt d'Edward trainait sur le sol, il avait apparemment déjà été porté, mais c'était d'autant mieux. Je l'enfilai avant de me glisser dans les draps.

Je n'avais pas sommeil et j'étais inquiète pour Edward et sa famille, mais être entourée de son odeur avait quelque chose d'apaisant.

J'enfouis ma tête dans son oreiller pour étouffer un sanglot. Je m'étais tant égarée, je m'en voulais de ce que je lui avais dit… J'étais de nouveau si honteuse.

Je ne valais pas mieux que ces petites provinciales dont je m'étais souvent moquée. J'avais l'esprit étroit, même étriqué, et je venais de tomber de haut, moi qui pensais valoir mieux que la morale campagnarde de Forks.

Je m'étais tant trompée au sujet d'Edward Cullen. Et Dieu seul savait si je n'étais pas encore entrain de le faire.

Je m'endormis en ressassant toutes ces choses, Edward si seul avec sa fille, Alice dont le mari risquait sa vie, leur mère dont la sienne ne tenait plus qu'à un fil. Tant de chose pesait sur les épaules de cet homme, j'aurai juste voulu l'en décharger d'une petite part.

Fin du chapitre VII

Voilà…

Alors, pour Alice la réponse est là. Ce n'était pas vraiment un secret. Bella faisait juste fausse route, je n'aime pas bouleverser les relations entre les personnages principaux, vous auriez dû vous en doutez, lol.

Alors, oui Rose est la sœur d'Edward, mais ça n'empêchait pas Alice de l'être également. Je ne sais pas pourquoi mais dans les all human, je trouve qu'on a souvent tendance à considérer les enfants de la famille Cullen comme étant Edward, Emmett et Alice, alors qu'à la base Emmett est « une pièce rajoutée » par Rose qui est arrivée bien avant lui. Peut-être parce que Emmett et Alice semble être des personnages plus sympathiques. Enfin, je voulais faire justice à Rosalie pour une fois. Et puis j'imagine bien Edward entouré de deux filles dans sa jeunesse pour une fois.

Alice et Edward sont très proches, mais pour construire leur relation, je me suis un peu inspirée de celle que j'ai avec mon frère qui est une des seules personnes avec qui je suis plus « tactile » et qui est toujours là pour veiller sur moi.

Je pense que si j'étais dans la situation d'Alice, il agirait comme Edward. Cette idée m'est venue en me rendant compte que parfois les gens étaient très surpris de réaliser que nous étions frère et sœur, je me suis un peu imaginée les quiproquos que ça pourrait engendrer, et que ça a déjà engendré.

Alors que pensez-vous de ce chapitre ?

Déjà plus de 350 reviews… Je suis aux anges, un grand merci de prendre de votre temps pour moi.

PS : Rated M à partir de maintenant… Ca s'imposait avec le dernier chapitre, j'imagine.