CHAPITRE XII

Soupçonner et réaliser

*

- The Reader passe cet après-midi au cinéclub de Port Angeles, ça à l'air d'être un film vraiment intéressant, dit mon père en sortant le nez de la page cinéma du journal local.

Je ne répondis pas et continuai de remuer la sauce bolognaise consciencieusement sans quitter des yeux la cuillère en bois que je faisais tournoyer dans la casserole.

- Oh, c'est ce nouveau film avec Kate Winslet, s'exclama Sue avec enthousiasme.

- Précisément, répondit-il en faisant glisser le quotidien vers elle.

- J'aimerai beaucoup voir ce film.

- Il passe à 15 heures, ça nous laisse le temps de déjeuner et d'y aller, qu'en dis-tu ?

Heureusement que je leur tournai le dos, car je ne pus retenir mon sourire moqueur. Mon père n'était vraiment pas ce genre d'homme. Il ne s'intéressait pas au cinéma, et j'étais prête à mettre ma main au feu qu'il ne savait même pas qui était Kate Winslet.

Il se pliait en quatre pour faire plaisir à Sue, et je m'en sentais quelque peu jalouse, même si c'était puéril. Il n'avait pas fait de tels efforts pour me distraire lors de mon arrivée à Forks, nous n'avions jamais été au cinéma ou au restaurant ensemble. La routine de Charlie se résumait à son travail, aux matchs de baseball, à la pêche et aux plats surgelés, et hormis pour ce dernier point, elle n'avait pas changé d'une virgule depuis que j'avais emménagé avec lui.

Sue était entrain de bousculer tout cela, et c'était probablement positif, néanmoins, j'en ressentais une légère anxiété.

Elle était de plus en plus présente à la maison, et je savais que bientôt, ils se lasseraient tous les deux de rentrer chacun chez soi le soir. J'avais vécu une situation similaire avec Renée et Phil, et j'avais eu besoin de la fuir, vivre dans l'intimité d'un jeune couple est une chose particulièrement étouffante que je ne souhaitais revivre pour rien au monde.

Je pouvais juste souhaiter qu'ils se retiennent jusqu'au moment où je partirai à la fac… Du moins, si j'y allais…

- Ca te dit, Bella ?

Je regardai Sue un peu interloquée.

- Pardon ?

- Ca doit vraiment être un film superbe, ça ne te dis pas d'aller le voir ?

Et tenir la chandelle ? Non, merci.

- Oh, j'ai déjà lu le bouquin… Et j'ai promis à Angela d'y aller avec elle, mentis-je.

- Bella, je suis sûr qu'Angela ne t'en voudra pas d'y avoir été sans elle, répondit mon père en me faisant les gros yeux par-dessus l'épaule de sa compagne.

D'une manière générale, je refusais toujours les propositions de Sue et je m'éclipsais le plus rapidement possible quand elle était là. Je savais que ça la vexait et que mon père en était également froissé, mais je n'étais absolument pas prête pour toutes ces simagrées.

- Non, vraiment… En plus, j'ai dit à Carlie que j'irais la voir après le déjeuner… Je n'ai pas envie de la décevoir…

- Tu passes encore tellement de temps chez les Cullen, ronchonna mon père. On dirait qu'ils ne sont plus capables de vivre sans toi !

- Esmé n'est-elle pas rentrée de l'hôpital ?

- Si, il y a quelques jours, répondis-je en égouttant les spaghettis.

- Je me demande où tu vis parfois, dans cette maison ou dans celle d'en face?

- Tu es injuste ! Je n'y vais plus tous les jours, j'y ai passé une soirée cette semaine et j'ai travaillé au piano ! Ce n'est pas comme si je passais tout mon temps là-bas… Je n'en peux rien si tu n'es plus là aussi souvent qu'auparavant, mais je ne vois pas pourquoi je serais obligée de calquer mes allées et venues sur les tiennes, répliquai-je plus durement que je ne l'aurai voulu.

Un silence de plomb tomba sur la pièce. Je posai le plat de pâtes sur la table et laissai Sue faire le service sans lever le nez de mon assiette.

Nous mangeâmes en silence, après quoi mon père déclara qu'il désirait consulter les résultats sportifs avant de partir pour le cinéma et il me laissa seule avec sa compagne.

- Edward Cullen à l'air d'être un homme charmant, dit Sue comme elle m'aidait à faire la vaisselle.

- Il peut l'être quand il s'en donne la peine, répondis-je en me concentrant sur la casserole que j'étais entrain d'astiquer pour paraître détachée.

- Et il est très séduisant…

- Certes.

Je ne voyais pas réellement où elle voulait en venir, ou plutôt je le présentais très bien et je préférai jouer les innocentes.

Sue était réellement une femme bourrée d'intuition.

- Tu as l'air d'avoir un bon contact avec lui…

- Pas si bon en réalité, mentis-je. C'est une personne très renfermée. Mais Carlie est adorable…

- Tu t'en beaucoup attachée à elle, n'est-ce pas ?

- J'imagine que oui… Par la force des choses…

- Tu n'as pas l'impression d'avoir pris un rôle qui n'est pas le tien dans cette famille ?

Je levai les yeux vers elle et j'haussai les sourcils.

- Quoi ? En faisant du baby-sitting ?

- Hé bien…

- Je ne joue pas à la petite maman, si c'est ce que tu sous-entends, la coupai-je avant de retourner à la vaisselle.

- Vraiment ?

- J'ai dix-huit ans, Sue.

- Justement.

- Justement ?

- Je ne connais pas Edward. Et je ne pense pas qu'il soit mal intentionné mais… La manière dont il t'a laissé entrer dans sa famille… La place que tu sembles y prendre… Je ne voudrais pas que…

- Oui ?

- Qu'il profite de toi…

J'éclatai de rire et le sourire de Sue s'effaça.

- Profiter de moi ? Il me donne des leçons de piano et en échange je fais du baby-sitting ! Où est le mal ?

La tourner en dérision semblait être le meilleur moyen de lui faire lâcher le morceau.

- Tu es jeune et innocente, Bella… Tu ne vois peut-être pas le regard que les hommes posent sur toi… Et j'ai comme l'impression que tu n'es pas aux yeux d'Edward que la gentille petite voisine qui fait du baby-sitting…

Oh mon dieu ! Moi ? Innocente ? Quand ? Lorsque je m'étais jetée sur Edward pour l'embrasser ? Quand je m'étais offerte à lui d'une manière éhontée ? Lorsque je m'étais mise à genoux sur le sol de sa cuisine pour lui faire une fellation ? Ou à chaque fois que je cherchai le meilleur moyen de lui faire perdre la tête ?

Je ne pus m'empêcher de rire de nouveau.

- Je ne suis pas cette jeune oie blanche que tu sembles décrire, Sue. Et si Edward avait la moindre intention déplacée, je pense que je serais la première à m'en rendre compte…

Elle haussa les épaules et ne répliqua rien, pourtant, le regard qu'elle posa sur moi semblait vaguement dire quelque chose comme « pauvre enfant ». Il exprimait de la pitié pure.

Une réalisation me frappa de plein fouet. Si jamais notre relation à Edward et moi était découverte, personne ne penserait jamais que j'avais voulu, et même provoqué ce qui se passait entre nous. Tout le monde penserait qu'il m'avait séduite et qu'il avait profité de moi, ce qui était bien loin de l'exacte vérité.

S'il y avait du profit à retirer de cette histoire, autre que le plaisir physique que nous nous donnions mutuellement, chacun y trouvait largement sa part selon moi. Lui, un peu de liberté, et moi, un peu de vie.

Je n'étais pas une victime dans cette histoire. J'avais offert mon corps à Edward Cullen en connaissance de cause et parce que je le voulais. Uniquement parce que je le désirai.

Sue et mon père partirent dès que nous eûmes fini de nettoyer la cuisine et je m'enfermai dans ma chambre aussi vite.

La conversation que je venais d'avoir avec Sue me troublait plus que je ne voulais bien l'admettre. Je ne savais rien sur les intentions d'Edward, je ne connaissais rien de ses sentiments, je ne savais même pas ce que j'étais à ses yeux.

Certes, il ne profitait pas de moi, mais comment me considérait-il ? Qu'étais-je pour lui ?

Le besoin de me définir par rapport à lui qui naquit en moi fut aussi vif que soudain. Je n'avais jamais éprouvé le désir de connaître les sentiments d'Edward à mon égard, peut-être parce que je savais d'avance qu'il ne me les livrerait pas. Mais après cette discussion, j'en avais le besoin impératif comme pour pouvoir me dire à moi-même « Bien sûr que non, il ne profite pas de toi, tu es spéciale à ses yeux, tu es… ».

Néanmoins, je ne trouvais aucun mot qui pu remplacer ces trois petits points.

Je soupirai en mettant de côtés toutes ces considérations. Sue avait semé le trouble en moi, mais je ne devais pas changer ma ligne de conduite pour quelques paroles proférées en toute ignorance de la vraie nature de ma relation avec Edward. « Carpe Diem » avait été ma devise jusque là, et il continuerait d'en être ainsi.

Je m'arrangeai un peu avant d'aller chez Edward. Je nouai mes cheveux en en chignon désordonné et j'enfilai un petit haut un peu plus seyant au-dessus de la jupe en jean que je portais après quoi je quittai la maison.

Edward m'accueillit avec un sourire sincère et lumineux comme je lui en avais vu de rare fois.

Il m'enlaça doucement et posa ses lèvres sur le coin de ma bouche avant de m'entraîner vers la cuisine.

- Carlie n'est pas là, demandai-je étonnée qu'il se montre si affectueux à mon égard alors que sa fille aurait pu nous surprendre.

- On est mercredi, la mère de Lou vient de passer la prendre pour aller à son cours de danse, répondit-il.

- Oh, c'est juste ! J'avais complètement oublié ! Je suis vraiment trop nulle, j'avais promis de passer la voir, mais j'ai omis de ce détail…

- Ce n'est rien, Bella. Tu ne peux pas penser à tout, dit-il en voyant que j'affichai une moue contrariée.

- Je m'ennuie d'elle, tu sais… On n'a pas passé beaucoup de temps ensemble ces derniers temps, et ça me manque.

Il sourit.

- Je pense que c'est réciproque…

Il caressa doucement ma joue dans un geste réconfortant avant d'ajouter.

- Ne t'inquiète pas… J'ai comme l'impression que cette histoire de cours de danse ne va pas durer éternellement…

- Vraiment, demandai-je en fronçant les sourcils.

- Hum… Oui, répondit-il évasivement en se détournant de moi pour sortir deux tasses d'un placard.

- Pourquoi ?

- Tu veux du thé ? Je viens d'en faire…

- Merci… Les cours ne lui plaisent pas ?

Il haussa les épaules avant de verser du thé brûlant dans les deux tasses et de m'en mettre une dans les mains.

- C'est dans le caractère de Carlie, murmura-t-il finalement.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Il se mordit légèrement la lèvre avant de dire :

- Elle est inconstante… La danse était ce qu'elle voulait faire il y a un mois, mais hier elle parlait de faire du mini-foot et aujourd'hui elle a évoqué des cours de judo… Elle a envie de toucher à tout, elle est hyper curieuse… Elle doit tenir ça de Tanya… J'ai l'impression d'être quelqu'un de plutôt constant dans mes choix…

- Tanya ?

Le prénom m'avait échappé avant que je puisse faire le lien.

- Oui… Sa mère, soupira-t-il.

Le regard d'Edward naviguait dans le vide, et ses pensées me semblèrent devenir lointaines. Il n'était plus réellement avec moi, mais probablement plongé dans le passé.

Mille questions se bousculaient derrière mes lèvres au sujet de cette mère absente, mais je n'osais en poser aucune.

- C'était une véritable girouette. Elle commençait une chose, pour l'abandonner le lendemain et en entamer une autre qu'elle laissait également tomber ensuite. Elle n'avait de la constance pour rien, ni dans ses projets, ni dans ses choix, encore moins dans ses sentiments…

Il resta pensif un court instant avant de porter sa tasse à ses lèvres. Il but une longue gorgée avant d'ajouter :

- Ne parlons pas de ça.

Le passé d'Edward était un tabou que je désespérai de voir tomber. J'étais même étonnée qu'il m'ait livré ce petit bout d'histoire.

- Comme tu le souhaites.

Il posa son regard sur moi et un demi-sourire étira ses lèvres. Il posa sa tasse sur la table de la cuisine avant de venir se glisser derrière moi et d'enrouler ses bras autour de mes hanches. Il me pressa contre son torse et écarta doucement les cheveux qui encombraient un côté de mon cou pour y poser les lèvres. Mon estomac se serra comme ses baisers remontaient doucement jusqu'au lobe de mon oreille.

- Tu m'as manqué, Bella, souffla-t-il tout bas dans le creux de mon oreille.

- Toi aussi, répondis-je comme mon cœur s'affolait dans ma poitrine.

Il m'ôta ma tasse des mains et la posa sur le plan de travail avant de passer devant moi et de me caller entre son corps et un meuble de cuisine.

- Le temps semble long sans toi, chuchota-t-il en posant tendrement sa bouche sur la mienne.

Ses mains me pressaient contre lui tandis qu'il m'embrassait de la meilleure des manières. J'adorai qu'il se montre doux et caressant. Cette étreinte était si différente de celles plus brutales que nous avions échangées. Et puis ces mots… Si simples, mais qui voulait dire tant de choses : il pensait à moi, je lui manquais, il avait de l'affection pour moi… Je me sentis bien ridicule de m'être laissée troubler par Sue, les caresses qu'ils étaient entrain de me prodiguer prouvaient qu'il ne se moquait pas de moi.

Sa langue passa la barrière de mes lèvres et se glissa sensuellement dans la mienne pour m'offrir un de ces baisers langoureux et sucré dont seul Edward avait le secret. Je me pressai plus fort contre lui en réponse à toutes les sensations divines que sa langue était déjà entrain de me donner et je sentis distinctement son érection contre mon ventre.

Ma main se glissa entre nous et je me mis à caresser son sexe par-dessus le tissu de son jean tout en continuant de l'embrasser. Il gémissait dans ma bouche et poussait ses hanches doucement contre moi pour obtenir plus de frictions.

- J'ai envie de te faire l'amour, murmura-t-il dans mon oreille avec le souffle haletant après avoir mis fin à notre baiser.

Le gémissement d'approbation qui sortit de mes lèvres fut la seule réponse que je pus lui offrir.

- Je voudrai te faire ça doucement et très lentement, rentrer en toi et prendre tout mon temps pour te faire jouir, expliqua-t-il en glissant ses mains sous ma jupe.

Il caressa mes fesses et mes cuisses avant de faire tomber ma culotte sur mes chevilles et de remonter ma jupe jusque au-dessus de mon nombril. Son index plongea entre mes lèvres intimes et alla directement stimuler mon point sensible.

- Oh, oui… Oh, Edward, soupirai-je.

Il traçait des cercles sur mon clitoris d'une main tout en déboutonnant son jean de l'autre. Il libéra bientôt son sexe gonflé et tendu.

J'enroulai ma main à l'entour et je commençai à lui faire du bien. Nous gémissions ensemble et nous fûmes rapidement tout-à-fait excités et prêts l'un pour l'autre.

Je le réclamai en moi, et il arrêta toutes formes de caresses pour me poser sur le plan de travail et m'écarter les jambes. Je sentis son pénis venir se loger contre mon intimité toute humide et je m'attendais à ce qu'il me pénètre, mais Edward en avait décidé autrement.

Il me serra contre lui dans une étreinte douce mais ferme et il se mit à se frotter contre moi tout en m'embrassant. Son sexe glissait entre mes lèvres trempées, son bout buttant à chaque mouvement contre mon clitoris. J'étais stimulée et excitée au maximum et je ne tenais plus en place. Je n'arrêtai pas de gigoter et de réclamer qu'il vienne en moi.

- Chuut. Sois sage, dit-il un peu amusé en continuant.

J'arrêtai de bouger, prenant mon mal en patience et je me laissais faire. Il continua de se frotter contre moi en laissant glisser le bout de sa verge toujours plus près de mon entrée et, bientôt, j'eus le plaisir immense de sentir sa dureté me pénétrer avec une lenteur presque insoutenable.

J'étais au paradis. Il avait tellement joué avec mes nerfs que je savais que je ne serais pas longue à venir. J'essayai d'accélérer le mouvement, mais il maintenait fermement mes hanches en place. Il avait décidé d'être doux et tendre et apparemment je ne pourrai pas l'en empêcher. Néanmoins, il s'enfonçait de plus en plus en moi à chaque mouvement et bientôt son gland vint butter à plusieurs reprises sur mon point G.

- Oh, Edward, encore, plus fort, suppliai-je.

Il me frappa une fois de plus à cet endroit et mes muscles se contractèrent autour de sa verge.

- Edward…

- Oh, oui, dis mon prénom, dis-le encore, chuchota-t-il le visage enfouit dans mon cou.

Le bout de son sexe vint heurter doucement mon endroit une fois de plus.

- Edward, oh, Edward…

- Encore, Bella, dis-le encore.

Il me quitta complètement et revint d'une pénétration rapide et plus poussée.

- Bordel ! Oh, Edward…

- Crie-le, me demanda-t-il avant de ressortir très lentement de mon intimité et d'y rentrer fortement encore une fois.

J'hurlai son nom comme un flash lumineux explosait derrière mes paupières et que mon orgasme se diffusait dans tout mon corps. Edward jouit en même temps que moi, répandant sa semence dans mon intimité.

Nous nous embrassâmes à bout de souffle, et durant quelques secondes, il me sembla que nous étions seuls au monde. Il n'y avait que nos deux corps enlacés, le bien-être qui avait pris possession de nos corps et la musique douce qui s'échappait de la chaîne hifi et qui nous parvenait du living-room.

Soudain la musique que nous écoutions tous les deux d'une oreille distraite s'arrêta en plein milieu d'une chanson.

Edward fronça les sourcils et s'écarta légèrement de moi, mais il n'eut pas le temps d'émettre la moindre interrogation, une voix claire l'appela depuis l'autre pièce.

- Edward ? Edward, tu es là ? Edward ?

Le sentiment de panique qui nous pris tout les deux nous poussa à nous écarter vivement l'un de l'autre. Edward reboutonna son jean tandis que je remettais ma jupe correctement sur mes hanches sans même chercher à enfiler ma culotte qui traînait sur le sol et que je fourrai ma poche.

- A la cuisine, Rose, répondit Edward en me jetant un bref coup d'œil pour vérifier que j'étais présentable.

- Aah, s'exclama une superbe blonde en passant la porte de la cuisine.

Elle salua Edward avant de m'adresser un sourire poli.

- Bella, voici Rosalie, ma sœur. Rose, voilà Bella….

Il avait dit ça avec le souffle encore haletant et Rosalie lui jeta un regard suspicieux. Il devint encore plus rouge sous son regard si cela était possible.

Je savais qu'elle avait très bien compris ce qui était entrain de se passer dans cette cuisine quelques minutes plus tôt. Nous étions rouges, à bout de souffle, et transpirants, nos vêtements étaient froissés, et la culpabilité et la gêne devait se lire sur nos visages. Je sentais le liquide d'Edward couler sur l'intérieur de mes cuisses et j'étais persuadée que la petite pièce devait embaumer cette odeur caractéristique de sexe que l'on peut sentir dans une chambre où l'on vient de faire l'amour.

Il aurait fallu être stupide pour ne pas comprendre.

- Bella ?

- Oui… La…. La baby-sitter de Carlie.

- La baby-sitter ? Hé bien, enchantée, dit Rosalie en me tendant la main avec un sourire circonspect.

Juste la baby-sitter, vraiment ? Je sentais en colère et rabaissée et pourtant ridicule d'en vouloir à Edward de me présenter de cette manière.

Qu'aurait-il pu dire ? Voici, Bella, la jeune voisine qui garde Carlie de temps à autre et que je viens de baiser contre un meuble de cuisine ?

Elle m'étudia un instant avant de se tourner vers Edward.

- J'ai frappé plusieurs fois, mais apparemment tu n'as rien entendu.

- Oh, vraiment, marmonna Edward.

- Oui. C'est pour ça que je me suis permise d'entrer…

Je rougis jusqu'à la racine des cheveux. Nous étions trop occupés pour entendre les coups frappés à la porte. Nous nous étions même montrés plutôt bruyants et c'était probablement pour cette raison que nous n'avions rien entendu. Rosalie avait peut-être même surpris les cris que j'avais poussés…

Je jetai un bref regard paniqué à Edward qui fixait le sol avec obstination. La gêne et la culpabilité se lisait nettement sur son visage.

Ses yeux croisèrent brièvement les miens. Il avait honte. Honte de ce que nous venions de faire.

Fin du chapitre XII

Voilà, désolée pour le retard, mais j'ai énormément de choses à prévoir pour l'instant étant donnée que mes activités d'animatrice reprennent ce jeudi pour tout un moi entier et que les camps ne se préparent hélas pas en un claquement de doigts. J'ai dû laisser mes activités d'écriture sur le côté.

De plus, j'ai eu de grosse difficultés à écrire ce chapitre dont je ne suis absolument pas satisfaite, mais soit. Vous avez probablement assez attendu.

Je tiens tout de même à rappeler à certaines personnes qui se sont montrées insistantes, que ma politique à toujours été de publier dès que le chapitre était écrit et corrigé, je ne vous fais jamais attendre pour le plaisir, et non je ne vous oublie pas, je pense même beaucoup à vous, mais il m'arrive d'avoir une vie …Plutôt chargée même en ce moment.

Je remercie ceux qui se sont inquiétés et qui m'ont encouragé, merci beaucoup, mais ce n'était pas grand-chose, juste un manque de temps et un chapitre pas très plaisant à écrire.

Pour Forks Summer Camp, il faudra attendre. Ca viendra quand ça viendra, j'y travaille.

Un grand merci pour les PM et les reviews, je n'ai pas eu le temps d'y répondre, car bien souvent je les ais lu très tard le soir. Toutes mes excuses.

Un grand merci,

Shez.