CHAPITRE XIV

S'aimer ? – Partie 2

*

Le soleil était enfin apparu derrière les nuages, illuminant Seattle d'une lumière dorée de printemps qui donnait au parc où j'étais installée avec Edward des lueurs bucoliques.

Nous étions assis à même le sol, Edward adossé à un arbre et moi confortablement calée entre ses jambes. Nous ne parlions pas, nous savourions simplement le moment qu'il nous était donné de passer ensemble. Les doigts d'Edward se perdaient à tour de rôle dans l'herbe courte et dans mes cheveux tandis que je feuilletais un recueil de William Blake que je venais juste d'acquérir.

- Je suis sorti avec peu de filles qui préféraient la prose de Blake à ma conversation, me fit remarquer Edward.

Il posa doucement un baiser sur ma tempe et je sentis le sourire amusé qui était dessiné sur sa bouche.

- Sa prose est sans conteste meilleure que ta conversation, le taquinai-je.

- Swan : 14. Cullen : 0, comptabilisa Edward en soupirant.

- Arrête de me tendre des perches… Et puis, c'est ta faute… Tu n'aurais pas dû m'emmener faire les bouquinistes de Pike Place Market… Ca faisait tellement longtemps que je n'avais pas vu tant de livres ; il n'y a pas de librairie digne de ce nom à Port Angeles…

Il rit doucement.

- Carlie dans un magasin de jouet est plus gérable, commenta-t-il.

Je lui mis une petite tape sur la cuisse en guise de représailles.

- Te fous pas d'ma poire, ronchonnai-je en me replongeant dans ma lecture.

Il sourit et ses bras se nouèrent autour de mes hanches, me serrant plus fort contre lui tandis que sa bouche se posait en des dizaines de petits baisers sur ma joue, mon cou et ma clavicule. Il blottit ensuite son visage dans le creux de mon épaule pour inspirer mon odeur à plein poumon.

Je fermais les yeux et laissai reposer ma joue contre sa tête. J'étais bien, je me sentais vivante, entière, heureuse et sereine comme je ne l'avais jamais été. Edward se comportait comme le mec parfait ou presque. J'aurais été injuste de dire qu'il ne s'était jamais montré doux et tendre envers moi, néanmoins les démonstrations d'affection n'étaient pas son fort, il avait pourtant été très affectueux durant toute l'après-midi et je savais que ce n'était pas entièrement naturel pour lui.

J'étais touchée qu'il fasse tant d'efforts. Il n'avait pas parlé de ses sentiments, mais il s'était évertué à me les prouver, et c'était finalement mieux. Je ne savais pas exactement comment j'aurais réagi s'il m'avait dit de vive voix qu'il m'aimait. Je n'étais pas tout à fait au clair avec mes propres émotions. J'avais des sentiments pour lui, incontestablement, mais le fait que nous puissions envisager une relation sérieuse me mettait légèrement mal à l'aise. Ca me semblait juste surréaliste, et je savais que cette après-midi ne pourrait pas se terminer sans que nous parlions de cela à cœur ouvert.

Je posais mon livre sur l'herbe à côté de nous et mes doigts allèrent se perdre dans les mèches cuivrées d'Edward. Il releva doucement la tête et le sourire sincère qu'il m'offrit à ce moment là m'alla droit au cœur, lui aussi semblait heureux.

- Pourquoi m'avoir emmené ici, demandai-je en blottissant contre son torse.

- Je me sens chez moi ici… Chaque lieu est lié à un souvenir, bon ou mauvais, proche ou lointain… J'aime cette ville… J'y ai vécu tant de choses… J'avais envie de te faire partager ça, expliqua-t-il pensif.

- Tu as habité ici ?

- Je n'ai jamais vécu qu'ici avant d'arriver à Forks...

- Pourquoi avoir quitté Seattle pour Forks si tu aimes tant vivre ici…

Il haussa les épaules.

- Nous avons toujours été une famille très soudée. Mais, il y a deux ans, mon père a eu besoin de faire une pose. Être un chirurgien réputé ne lui laissait pas beaucoup de temps pour lui… Il désirait quitter l'agitation constante des hôpitaux de Seattle pour quelque chose de plus tranquille… C'est comme ça que mes parents sont arrivés à Forks. Quelques mois plus tard, Jasper a appris qu'il était envoyé en Irak… Nous savions que cela risquait d'arriver, mais Alice en a vraiment été bouleversée… Jasper avait besoin de savoir qu'elle serait proche de sa famille et entourée en cas de problème… Rose et Emmett vivaient à Chicago à ce moment là, et moi, je pataugeais dans mes propres problèmes, alors, ils ont déménagé pour Port Angeles afin de se rapprocher de Carlisle et Esmé. En moins de six mois, la presque totalité de ma famille s'est retrouvée à Forks ou dans ses alentours. Donc, quand cette place c'est libérée, je n'ai pas vraiment réfléchi, surtout que j'étais sans emploi. J'avais besoin de changer d'air et de les retrouver…

- Je comprends…

Il me serra plus fort contre lui.

- Et qui aurait pu croire que Forks se révélerait si… pleine de surprises, souffla-t-il en posant un baiser dans mon cou.

Je souris au sous-entendu.

- C'en est presque paradoxal, souffla-t-il.

- Vraiment ?

- Il n'y a eu personne dans ma vie depuis… depuis Tanya, autant dire un bail. Et lorsque je me décide à poser le regard sur une femme, c'est peut-être une des seules pour qui je ne suis pas autorisé à éprouver quelque chose… Je t'ai presque détestée pour ça…

- Tu ne semblais pas vraiment me porter dans ton cœur au début…

Il hocha la tête.

- C'est parce que je te plaisais ?

- J'avais décidé de garder mes distances avec toi bien avant de te connaître… Je ne savais pas qui tu étais ni si je pouvais te faire confiance… J'avais peur que ma vie privée se retrouve une nouvelle fois étalée sur la place publique...

Il fit une brève pose avant de reprendre.

- Et puis tu t'es révélée plus que digne de confiance… Mais tu me plaisais et c'était vraiment difficile à accepter…

Je rougis légèrement.

- Je crois qu'au final, il n'y a rien à faire contre ça, soupira-t-il avant de poser ses lèvres dans mon cou. J'ai besoin de toi auprès de moi…

- Qu'allons-nous faire justement ? Je veux dire… Pour toi et moi… Comment ça va se passer ?

Je tournai légèrement la tête pour capter son regard et je vis qu'il s'était un peu assombri.

- Je n'ai rien de sérieux à t'offrir, Bella. Je peux te dire que je regrette mon comportement, que ça ne se reproduira pas, que j'ai compris mes erreurs, et que je vais m'améliorer mais… Je n'en reste pas moins un professeur de ton lycée, père qui plus est… Ce que nous faisons est parfaitement illégal…

- J'en suis consciente, mais ne me dis pas que tu m'as emmenée jusqu'ici et que tu t'es tant ouvert à moi pour m'annoncer que nous ne devons pas nous revoir !

- Non ! Ce que j'essaye de t'expliquer c'est que je suis prêt à m'engager vis-à-vis de toi, à faire des efforts pour que ça fonctionne entre nous, mais je ne suis pas en mesure de te proposer autre chose qu'une relation que tu vas devoir cacher à tous.

- C'est ce que j'ai fait jusqu'ici, non ? De plus, ce n'est qu'une question de mois… J'en ai bientôt fini avec le lycée…

- Je sais mais… tu mérites mieux que ça, tu…

- Edward, ce n'est pas plus mal pour le moment… Ca nous laisse un peu de temps pour voir venir, non ?

- J'imagine que oui, admit-il.

- Ca me convient… dans un premier temps…

- Mais…

- Chuut, murmurai-je avant de poser un baiser sur ses lèvres. Embrasse-moi, tu m'as manqué cette semaine, tu sais ?

Il s'exécuta. Ses mains posées sur mes hanches glissèrent sous mon chandail et caressèrent longuement la peau de mon ventre avant de remonter doucement et de s'emparer de mes seins qu'il massa délicatement.

Je me sentis automatiquement devenir brûlante. Des vagues de chaleur irradiaient depuis mon bas ventre et se répandaient dans mon corps d'une manière délicieuse. Il pressa mes seins un peu plus fort dans ses paumes tandis que sa langue se faufilait entre mes lèvres.

- Hum, oui. Tu m'as manqué à bien des points de vue, soufflai-je avant de l'embrasser de nouveau.

- Je vais remédier à ça, mais tu vas devoir être très discrète, murmura-t-il entre deux baisers.

Ses mains quittèrent mes seins et il ôta sa veste pour la déposer sur moi comme un garçon l'aurait fait pour protéger son amoureuse du froid. Un éclair de réalisation me frappa. Est-ce qu'il comptait réellement me toucher en plein milieu de ce parc même pratiquement désert ? Cette idée m'angoissait et m'excitait à la fois.

- Ne t'inquiète pas, personne ne remarquera rien, dit-il comme s'il avait perçu mon trouble.

Ses mains passèrent dans mon dos et dégrafèrent d'un mouvement habile mon soutien-gorge avant de revenir sous la veste. Elles se glissèrent de nouveau par-dessous mon pull et mon sous-vêtement pour prendre mes seins nus en coupe. Ses doigts trouvèrent mes tétons et les caressèrent gentiment avant de les pincer un peu durement, un gémissement de plaisir m'échappa aussitôt. Edward tira un peu dessus avant de les pincer une nouvelle fois. Mes hanches se mirent à se balancer instinctivement.

- Doucement, ma belle, ne bouge pas de trop.

Ses mains reprirent mes seins en coupe et les pressèrent dans leurs paumes.

- Oh, Edward.

- Chuut…

Ses mains quittèrent mes seins pour descendre sur mon ventre, mes hanches et le haut de mes cuisses avant de remonter à l'intérieur d'elles et de se frotter sur mon entre-jambe cachée par la veste. Edward déboutonna mon jeans et j'haletai de surprise.

- Ecarte un tout petit peu les cuisses, me demanda-t-il avant de glisser une de ses mains froides dans ma culotte.

Je m'exécutai tout en essayant de rester discrète comme un de ses doigts plongeait entre mes lèvres intimes. Il s'occupa d'abord de mon clitoris, traçant des cercles délicieux sur cet endroit sensible. J'essayais de garder un air détendu, mais j'étais devenue littéralement brûlante et j'avais bien du mal à me pas bouger ni gémir.

Il pinça mon bouton gonflé avant de laisser glisser son index entre mes lèvres pour trouver ma fente humide alentour de laquelle il laissa trainer son doigt.

- J'aime te sentir si chaude et mouillée, me murmura-t-il tout en continuant de titiller mon entrée.

Ces mots alimentèrent le feu qui avait pris entre mes jambes. J'aimais les mots tendres d'Edward, mais j'estimais aussi ceux qu'il prononçait juste pour m'exciter.

Il m'enfonça le bout de son doigt avant de le retirer aussi vite et je gémissais de mécontentement. Son doigt remonta stimuler mon clitoris et il dit :

- Tu aimes ça, Bella ? Tu aimes l'idée que je te touche dans un lieu publique, demanda-t-il de sa voix suave avant de pincer une nouvelle fois mon clitoris gonflé de plaisir entre ses doigts.

- Oh, oui !

Il me pinça encore.

- Oh, mon dieu.

Son index et son majeur glissèrent jusqu'à mon entrée.

- Dis-moi ce que tu veux, Bella.

Il appuya ses doigts sur ma fente toute prête à les accueillir.

- Dis-le-moi et je le ferai…

- Je veux tes doigts, haletai-je.

- Bien… Ne bouge surtout pas.

Il me les enfonça aussi profondément qu'il le put. Ses doigts se mirent à aller et venir loin en moi, et bientôt ils heurtèrent une première fois mon point G.

- Oh, oui, là.

Edward vint faire butter ses doigts encore une fois sur cet endroit magique, puis encore une autre.

- Est-ce toujours mes doigts que tu désires ? Ne voudrais-tu pas que ça soit autre chose qui te pénètre en ce moment ?

- Oh, si, gémis-je au bord de la jouissance.

- Dis-moi quoi.

- Oooh…

Il sortit ses doigts de moi et m'en remis trois aussitôt.

- Dis-le Bella.

Je savais que cette petite conversation salace visait uniquement à me faire jouir plus vite, nous devions être rapides si nous ne voulions pas attirer l'attention, et Dieu savait à quel point cela fonctionnait.

- Ton sexe…

- Encore, dis-le encore, ordonna-t-il en m'enfonçant ses doigts plus brutalement.

- Je veux… ton sexe…

Il me retira ses doigts avant de me les remettre rapidement et profondément, mon orgasme explosa en moi tandis qu'Edward en étouffait les sons en m'embrassant. Mon sexe se contracta sur ses doigts et quand j'eus fini de jouir, il me les retira délicatement.

Edward me rhabilla prestement tandis que je revenais sur terre, puis il me serra dans une étreinte tendre.

- Oh mon dieu, soupirai-je avant de lui offrir un baiser paresseux.

Nous éclatâmes de rire en réalisant ce que nous venions de faire. Edward reposa tendrement sa bouche sur la mienne avant de murmurer :

- Je tiens tellement à toi…

- Moi aussi, répondis-je en me blottissant dans ses bras.

Fin du chapitre XIV

Hello, voilà la suite, j'avais en réalité coupé le chapitre, car j'hésitai à inclure ou pas certains éléments…

Je vous le poste en espérant qu'il vous plaira.

J'ai reçu quelques reviews dont les auteurs me demandaient ce qu'était FSC… FSC est l'abréviation de Forks Summer Camp, une autre de mes fics dont les lecteurs impatients attendent sagement la suite… XD

Merci pour toutes vos reviews, j'espère que ce chapitre répond à quelques interrogations et que celles qui ont trouvés les réconciliations un peu légères sont satisfaites. Mais je tiens à dire qu'il ne s'agissait pas non plus de quelque chose de gravissime, juste un mal entendu dont les conséquences ont permis à Edward de réaliser ses sentiments et donc l'obliger à s'ouvrir.

Je sais que certains d'entre vous attendent impatiemment la partie où on parlera un peu plus de Tanya. Je ne pense pas qu'Edward soit déjà prêt à parler de ça…

Pour ce qui est de Jacob, vous verrez. Il va intervenir plus loin dans l'histoire… Les ennuis ne font que commencer, on peut dire que la première partie de l'histoire vient de s'achever. Elle visait principalement à les mettre « en couple » si je puis dire, maintenant elle va viser à tester ce couple, lol.

Je tiens également à m'excuser, je n'ai pas beaucoup de temps et répondre aux reviews est compliqué pour moi pour l'instant. Mais que ça ne vous empêche pas d'en laisser, j'essaye de faire une réponse synthétique ici-même.

Merci encore,

SHEZ