Coucou, encore désolée pour le retard. Je ferais en sorte que ça ne se reproduise plus, et je vais me flageller pour publier toutes les deux semaines ...Bonne lecture.
Chapitre 16 : le chemin de notre secret.
""SR"""
Le désert s'étendait à pertes de vue, je marchais difficilement sur le sable fin, d'un pas saccadé sous un soleil de plomb. Je voyais des îlots de verdure, des lacs, des oasis et puis quand je m'en approchais, ils disparaissaient. Je suis dans un monde d'illusions. Je continue à marcher. J'ai chaud. Une tempête de sable se lève. Je marche à l'aveuglette. J'entends alors une voix, douce, suave, la voix de Potter. Elle me fait frissonner comme à chaque fois. Je le vois. Enfin je crois. Une silhouette se dessine. Je m'approche. Il me dit quelque chose, je n'entends rien. La tempête m'empêche de tout comprendre. Je tends d'avantage l'oreille. Non, ce n'est pas possible !
« Moi aussi je t'haine ! »
Il ne peut m'avoir dit cela. Plus je m'approche de la silhouette plus j'entends autre chose, plus les mots se déforment. Il est tout près et me sourit.
« Moi aussi je t'haine ! »
Pris d'une joie subite, je fais un pas de trop, un pas vers ma déchéance. Et je m'enfonce, je m'enlise. Il se détourne de moi et repart. Mon visage est foudroyé par la peur et l'anxiété. Je m'enfonce toujours, je n'arrive pas à me dégager et à le rattraper. Je crie, je le supplie de venir m'aider. Mais il a disparu. Seule la tempête me répond de son souffle dur et flagellateur, et je continue à m'enfoncer dans les sables mouvements. Pourquoi ? J'ai parcouru un si long chemin dans la douleur, j'ai cherché son amour à travers des déserts de haine. Et quand je l'obtiens enfin, ma mort approche. Ce n'est pas juste, je suis de nouveau seul. Et quand ma tête se recouvre de sable, je ferme les yeux.
Finalement, je suis heureux d'avoir connu un bonheur même s'il est éphémère, et même s'il n'a duré qu'une fraction de seconde...
Dans le désert je me suis enlisé.
En mer, je me suis noyé.
Sur terre je t'ai aimé.
L'obscurité m'entoure, la douleur aussi. Quand je rouvre les yeux, j'ai un vertige et je tombe de ma chaise. Ce n'était qu'un rêve. Le désert, Potter, l'enlisement, ce n'était rien d'autre qu'un rêve. J'essuie vivement les deux petites larmes qui sont apparues sur mes joues. Et j'attends que mon coeur cesse de battre la chamade pour me rasseoir.
Mes yeux se posent sur le lit où se tient Potter, il dort toujours paisiblement.
Je dois avouer que je suis un peu perdu depuis hier. Après le duel, il n'a pas voulu me lâcher, se pelotonnant contre moi. Black a même rigolé, mal à l'aise, en affirmant qu'il ne fallait pas le laisser tomber, sinon il se briserait. Puis le regard fuyant, il est parti avec un «Prends bien soin de cet idiot. »
Personne n'a osé s'approcher de lui, de nous, hormis Lupin qui m'a aidé à le ramener à l'infirmerie. Potter tremblait. Voir la mort a donné à ses yeux quelque chose qui m'a touché.
Je caresse doucement sa main, frôlant de mes doigts sa peau douce. Je ne comprends plus vraiment ce qui se passe entre nous. Des sentiments toujours contradictoires m'envahissent en sa présence, comme si je touchais à la fois l'eau et le feu.
J'entends sa respiration, mes yeux ne peuvent en effet se détacher de ses lèvres où émanent une certaine chaleur. Doucement, je m'allonge à ses cotés, l'enlaçant de mes bras. Peut-être qu'ainsi je ne ferai plus de cauchemars. Cependant, je crois que je l'ai réveillé. Il se retourne et ses yeux plongent dans les miens. Il frôle ma joue de ses doigts, incertains eux aussi de notre avenir. Aucun mot ne peut sortir de ma bouche, je crois que lui non plus. Il s'approche doucement de moi et m'embrasse légèrement, avant de se rendormir en ma compagnie.
Le lendemain matin, je me suis détaché de lui en silence. Je voulais lui demander ce qu'il ressentait, ce qu'il se passait. Si hier il s'est encore une fois de plus joué de moi, si je me suis une nouvelle fois leurré en sa présence. Mais toutes mes questions sont restées dans le non-dit, j'étais incapable de les prononcer. J'avais peur d'entendre sa répondre. Mais au moment où j'allais partir, il me demanda :
« Me laisseras-tu, Severus , parcourir seul ce chemin ? »
Nous avons créé deux chemins,
L'un vers l'amour, l'autre vers la haine
Le destin en forgea un troisième.
Je me suis retourné surpris de le voir éveillé, avec une certaine force de conviction dans le regard et dans la voix ; alors qu'hier et cette nuit, il était si fragile dans mes bras.
Nos yeux se fixent, mais cette fois, nos regards sont différents. Nous avons tous les deux changé.
« Tu sais quand j'ai regardé dans le vide, je n'ai vu qu'une seule personne. »
Il ne devrait pas briser notre haine commune, ce n'est pas digne d'un Gryffondor.
« Quand j'ai côtoyé la mort, je n'ai entendu qu'un seul nom. »
Ma tête tourne, je ne veux plus être assommé par ce flot de paroles, qui peut-être n'est qu'un simple piège, un simple moyen pour me casser en mille morceaux.
« Arrête ! Tu as eu peur c'est tout.
- Je n'ai pas eu peur de tomber, j'ai eu peur de perdre tout ce que j'avais…et tu sais… »
Il sourit un peu mélancoliquement.
« J'ai toujours eu peur de perdre ceux que j'aimais. Crois-tu que j'arriverais à garder celui qui a la place d'or dans mon esprit ? »
Je n'ai pas su répondre. Mes jambes se dérobent. Il me retient, je retombe dans le lit, et glisse à ses cotés. On regarde tous les deux le plafond blanc de l'infirmerie. Il me tient la main fermement.
« Que veux-tu ? Je souffle.
- Je veux qu'on sorte ensemble. »
J'ai un rictus amer. Des images du passé resurgissent.
Ce troisième chemin, tu as voulu l'emprunter
Car il est parsemé d'embûches et de précipices,
Car ni la haine, ni l'amour ne le connaissent.
« Tu veux me faire tomber ?
- Je veux que nous tombions ensemble, Severus.»
Il place ma main sur son cœur. Je me demande alors si je peux le lui arracher et le garder pour moi seul. Je souris comme un idiot à cette idée. Tout n'est qu'illusion. Avec lui, je me méfie du présent et de l'avenir. Mais puisqu'il me propose l'impossible, pourquoi pas.
Mais donnez-moi encore cette illusion
D'être bercé dans les griffes du lion.
« Très bien, si l'on tombe ensemble …Mais avant…
- Je sais…avant tu dois régler certaines choses…Tu reviendras alors ? »
Je n'ai pu que lui répondre un « Bien sûr. », avant d'affronter ce que j'avais décidé d'abandonner, c'est-à-dire mes amis. Je me suis dégagé de lui. D'un baiser, je l'abandonne entre les mains de l'infirmière.
En arrivant près de la chambre de préfet de Lucius, je me suis arrêté. Une malle se tenait dans le couloir. La mienne. Je l'ai ouverte. Et ce que j'y ai vu m'a fait fondre en larmes. Toutes mes affaires étaient en cendre, ou à moitié brûlées. Lucius a décidé de m'oublier apparemment. J'ai l'impression de l'avoir trahi. Mais son attitude me donne l'impression d'avoir été aussi utilisé par lui. Il m'a offert son amitié, que pour une seule chose. Et cette chose, j'ai fini par la confier à Potter.
Je me suis donc réinstallé dans mon dortoir. Je n'ai pas de remords, je savais que son amitié n'était que mirage. Mes camarades ont exprimé la joie de mon retour, par des accolades un peu dures, et des croches pieds. Mais je les ignore, et ils décident de faire de même.
Potter est sorti de l'infirmerie quelques jours après, et Lucius fut renvoyé pour utilisation de magie noire. Je crois qu'il a réussi à garder sa fonction de préfet, mais je n'en suis pas sûr. De toutes façons, les vacances sont dans deux jours, il n'aura rien manqué.
J'ai croisé Potter dans le couloir, il ne m'a rien dit, il m'a juste souri. Ce sourire était une promesse entre nous, une promesse de se revoir et peut-être de ne faire qu'un.
La pluie de mon cœur s'est reposée dans tes griffes,
Tu as cherché à la recouvrir d'un doux sourire.
""JP""
Ces vacances ont passé rapidement, à la rentrée, j'avais peur que tout ce qui s'était passé ne se soit envolé.
Cette nuit-là, de nombreuses étoiles illuminaient le ciel. Il les regardait avec attention. Je me suis approché doucement de lui, sans un bruit. Et je l'ai enlacé par derrière. On est resté assez longtemps dans cette position sans un mot, regardant la nuit calmement. J'aime cette chaleur auprès de moi. J'ai espéré alors qu'elle ne me quitte plus. Et soudainement, j'ai humé ses cheveux, il s'est brutalement retourné et il m'a regardé avec ses magnifiques yeux noirs, interrogateurs.
« Je voudrais qu'on soit ensemble, loin des regards… »
Il a hoché la tête sans un mot, il m'a pris par la main et il m'a encouragé à m'asseoir à ses cotés. Nous regardons toujours tous les deux les étoiles.
J'en désigne intérieurement une au hasard, et j'y vois la vie, la lumière, lui. Mais je n'oserais jamais lui dire toutes les choses extraordinaires que je vois quand je suis en sa présence.
« Tu sais que j'aurais dû aller à Serpentard. Mais quand Malfoy a débarqué à la gare, insultant Sirius et Remus, j'ai décidé d'aller à Gryffondor.»
J'ai voulu entamer la conversation, j'ai voulu donner un élan à notre relation, en dévoilant des secrets qui sont restés jusque-là cachés. Il me regarde étonné et me répond quelque chose dont je ne m'attends vraiment pas.
« J'aurais dû aller à Durmstrang. Mais mon père me trouvait trop idiot pour faire mes études parmi ceux qu'il appelait les meilleures races. »
Je n'ai jamais voulu apprendre à le connaître, lui apparemment en savait bien plus sur moi, que moi-même. Et pourtant je l'ai toujours observé. On a ainsi parlé toute la nuit, ainsi que les nuits suivantes…..
Mon âme a rencontré la tienne
Sans me connaître,
Sans t'aider à m'aimer,
Tu es resté à mes cotés.
Il y a pourtant une chose que je n'ai jamais osé lui demander. Pourquoi m'a-t-il aimé ? Pourquoi veut-il encore de moi ? Après tout ce que je lui ai fait.
Mais je n'ai pas envie d'entendre la réponse. Je veux profiter de l'instant présent avec lui et surtout je souhaite ne pas le perdre, ni dans les bras d'un autre que moi, ni dans ma mort. Et j'ai peur d'elle. J'ai peur qu'elle refasse surface comme lors du combat avec Malfoy. Je ne veux pas qu'elle me sépare de lui.
Dans la noirceur de la mort
J'ai vu ta lumière
Je l'ai maintenue fermement en main
Pour qu'elle nous donne un nouveau souffle,
Pour qu'elle nous emporte sur un nouveau chemin.
On a eu cependant, Severus et moi, beaucoup de mal à s'apprivoiser, à se confier. Je ne pouvais pas non plus m'empêcher de le taquiner pour le voir bouder ou s'énerver. Ses yeux en colère, aimant ou pétillant de larmes quand je lui disais que je l'adorais, étaient tout pour moi.
Mais je ne lui ai pas tout dit.
Cela faisait déjà deux mois que nous sortions ensemble, on était encore au stade de l'embrassade passionnée. On ne se voyait qu'en cachette, à l'abris du regard des autres. Personne ne connaissait nos rencontres nocturnes, et les railleries de quelques élèves et de Malfoy m'indifféraient.
Je n'osais pas allé plus loin avec Severus, de peur de le faire souffrir. Mais le désir était là omniprésent. J'avais envie de le toucher, de l'aimer, de ne faire qu'un avec lui. J'avais aussi envie qu'il soit en moi, qu'il me fasse sien. J'essayais aussi de contrôler certaines pulsions, comme celles d'assassiner tous ceux qui s'approchaient de lui. Ça m'a demandé beaucoup de courage, et Remus m'a donné une potion de patience, afin de m'apaiser. Je me sentais parfois si faible en sa présence.
Alors un jour, je lui ai donné rendez-vous à la salle sur demande. Je lui ai fait comme on dirait dans certains pays « la totale », avec dîner, chandelles, roses. Vous allez trouver que je suis ringard, mais je voulais que notre union se scelle dans une atmosphère chaleureuse et romantique. D'ailleurs, la première chose qu'il a dit en entrant « Tu es vraiment un Gryffondor. Mais dis-moi, où se cache ton coté Serpentard ? »
Et lorsque j'ai fait apparaître un lit, il eut ce petit rictus. Si autrefois celui-ci m'énervait, ici il m'a fait fondre.
Je me suis doucement approché de son oreille, le sentant frissonner, tout en lui murmurant « Sauf que, cette fois, je veux que ce soit toi qui mène la cadence Severus ».
Il pâlit considérablement, ce qui me fait esquisser un petit rire victorieux. Il ne s'attendait pas à cela apparemment. Doucement, je tire sur sa cravate verte et l'amène à partager avec moi ce lit que j'ai fait vert et rouge, pour unir ces couleurs même dans la décoration.
Dans le sceau que nous scellons
J'ai cherché la promesse
D'un chemin parsemé de tendresse.
Il a commencé par dévorer mon cou, j'ai fait de même avec le sien. Nos vêtements se sont enlevés d'eux-mêmes, ils voulaient nous laisser seuls en tête-à-tête. Il est descendu plus bas, combien de fois ai-je rêvé de cet instant là ? J'ai senti sa bouche s'amuser avec mon sexe, mes gémissements en demandaient d'avantage. Et quand j'ai senti ses doigts me pénétrer, j'ai compris la souffrance que je lui avais imposée. J'ai eu mal, pas seulement physiquement, mais aussi moralement. J'ai esquivé une larme, c'était à mon tour de souffrir. Mais Severus a voulu me montrer le Paradis plutôt que l'Enfer, m'embrassant pour me consoler et au bout de quelques mouvements, j'ai senti un plaisir incontrôlable m'envahir. Le voir se mouvoir en moi, a été un instant inoubliable, notre jouissance la scellée. Mais je n'aurais jamais arrêté ici notre amour, car à mon tour j'ai cherché à me fondre en lui, dans la douceur mêlée à un peu de violence comme il me l'avait si bien montrer et que jusque là je n'avais jamais su lui donner.
Je n'ai jamais été quelqu'un de vraiment simple et lui non plus. Nous nous sommes de nombreuse fois disputés pour des broutilles, puis retrouvés dans la passion. Mais je n'ai jamais réussi à lui dire trois mots si simples, et lui ne me les a jamais redits.
On avait encore peur l'un de l'autre.
Personne ne pensait que notre histoire était réel, tout le monde évitait de nous regarder comme des amants, et ne voyait encore que des ennemis. Il faut dire qu'on ne se montrait pas. Seules les rumeurs pouvaient nous trahir.
Mais un jour, elle est venue me voir. Je l'avais presque oublié. Elle connaissait ma relation avec Severus. Je ne lui avais rien dit. Mais j'ai vu dans ses yeux qu'elle avait deviné.
« James, je me demandais, si tu étais toujours attiré par moi ? »
J'ai regardé Lily Evans avec peu de conviction. Ses cheveux roux sont devenus fades, sa peau d'un rose fané, sa bouche était si pâle, ses yeux verts étaient sans vie. Je ne l'aimais plus, et je ne sais pas vraiment si je l'ai déjà aimé. Mais je comprends ses interrogations, je l'ai tellement harcelé pour qu'on sorte ensemble, et maintenant je l'évite comme du tue mouche.
« Je suis désolé. C'était juste un béguin, sans plus.
- Tu l'aimes, n'est ce pas ?
- Je crois.
- Tu sais que vous n'auriez aucun avenir ensemble, sans enfants, sans mariage. Les gens vous haïront, et vous risqueriez d'être en marge de la société.
- Je le sais, mais comment changer des sentiments ?
- Tu pourrais sortir avec une fille ou te marier avec une femme, et toujours le voir en cachette?
- Pourquoi Lily, tu veux te marier avec moi ?»
J'ai rigolé un peu trop rapidement, pensant que ce n'était qu'une blague. Mais quand j'ai vu la douleur dans ses yeux, je me suis tue.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? Ne me dis pas que j'ai raison ? »
Elle s'est brutalement retournée, et elle est partie en courant. Je n'ai pas su quoi faire pour l'aider. Mais je n'avais qu'une personne en tête et ce n'était pas elle.
Enveloppé par ta présence…
Mais un jour tout à changé. C'était lors d'un quelconque dîner. J'avais bu un jus de potiron un peu bizarre, qui m'avait fait tourner la tête. Et sans le vouloir, alors que je n'admirais que lui, et son magnifique sourire, mes yeux se sont détournés. Et puis, j'ai posé mon regard sur elle. Et je n'ai pu les détacher. C'était comme si j'étais envoûté par elle. Mais en même temps j'étais tiraillé de l'intérieur, pour le regarder lui.
…J'ai su que je t'aimais.
Mais une puissance sans non m'a fait voir la réalité. Je n'ai pu détacher mes yeux de ses cheveux roux si soyeux, son teint de rose si frais, ses lèvres étaient rougies par la joie, ses yeux de jade éblouissaient les miens. Plus rien d'autres n'avait alors de l'importance.
Ces simples mots d'amour,
Je n'ai jamais réussi à te les dire
A temps.
J'étais tombé amoureux de Lily Evans.
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Pitiez ne me tuez pas...attendez la suite...
à bientôt...
