Chapitre 18 : Des mains rouges

Attention, scènes violentes, un peu gore

"""LM"""

La neige tombe violemment au-dehors. Les flammes qui étouffent les maisons ne cessent cependant de s'étendre, le feu atteignant la forêt dont les sentiers mènent à la cime de la majestueuse montagne. Dans une de ces petites maisons paysannes, j'ai une dernière mission à accomplir pour faire partie de l'armée de l'ombre.

La potion que m'a donnée mon coéquipier n'a plus aucun effet. La réalité m'apparaît alors, plus effroyable que jamais. J'ai beaucoup de mal à respirer. L'atmosphère est pesante et m'étouffe. Mes mains tremblent dans l'obscurité de cette petite pièce qui devait être bien chaleureuse… avant.

L'enfant gît inerte sur le sol au coté de son père. Je ne sais plus si c'est moi qui les ai tués ou mon coéquipier, c'est l'effet de cette potion. Elle vous donne un instinct sanguinaire, on ne voit plus ce que l'on fait. On ne sent plus rien. On devient juste des animaux traquant leurs proies et s'amusant avec. La femme du logis regarde ses mains lentement se liquéfier hurlant et courant, avant de se précipiter sur un mur et de s'éteindre à jamais.

Quelque chose en moi s'est brisé.

Lestrange est assis sur la table de la cuisine, balançant ses pieds d'avant en arrière, regardant le spectacle. Il a enlevé son masque. Il sourit comme un enfant qui a eu ses cadeaux de Noël. Il me montre du doigt le berceau, dans le coin de la pièce. Il y a du sang dessus, probablement celui du père. Des cris. Je pointe ma baguette. Je ferme les yeux. Le berceau flambe.

Lestranges et moi nous nous précipitions à l'extérieur . Il me tapote l'épaule, comme si on était de bons vieux camarades de route. J'ai fait comme si c'était le cas.

De cette femme, je n'oublierais jamais son regard.

De son regard, je n'oublierais jamais la mort.

Pourquoi déjà tout ce sang sur mes mains ? Ah oui, je devais débarrasser la planète de ces sangs impurs. Le discours du maître me l'a rappelé. Plein de hargne, cet homme aux yeux rouges, d'ogre m'a ouvert les yeux sur un monde rempli d'horreur.

J'ai lu ces livres, j'ai écouté ces discours, ces témoignages où les sorciers étaient tués par des moldus, assassinés, brûlés, écorchés vifs ou enterrés vivants. Ils ne nous aiment pas, alors détruisons-les. Nous restons reclus, cachés de peur que les moldus nous tuent. Eh bien, tuons les avant ! On est plus fort qu'eux de toute façon. D'autres se moquent de nous en envoyant leurs enfants à l'école des sorciers, ils veulent détruire notre monde, se l'approprier.

Il faut les détruire...Oui, les détruire...

Mais de cette femme je n'oublierais jamais son regard.

Mais de ce regard, je n'oublierais jamais les flammes.

Le lord m'avait à la bonne, il m'appréciait. Je faisais figure d'exemple. Blond aux yeux gris, au sang pur, riche, aux manières aristocratiques irréprochables, j'avais toutes les qualités requises pour être mis en avant dans cette guerre que l'on menait contre les moldus et leurs partisans. Je devais être irréprochable, ainsi que ma famille, mes amis et surtout ma future épouse.

« Il faudra rapidement un mariage et des enfants...non un enfant, pas plus...il ne faut pas que ta fortune soit divisée à cause de quelconques héritages... cela fait, tu seras mon second Malfoy ! »

J'ai fini par oublier le regard de cette inconnue,

J'ai fini par oublier les flammes de la mort.

Mais un jour, son visage est revenu.

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« Lâche-moi Lucius, lâche-moi ! ».

Je traîne Narcissa jusqu'à ma chambre. Elle a dépassé les limites...je les ai vu. Je la gifle. Elle me regarde furieuse, et tente aussi de me gifler, mais je retiens son bras. Je le broie...

« Lâche-moi, gémit-elle. »

J'ai envie de la tuer. Tous ceux qui m'étaient proches ont fini par me trahir. Severus et maintenant elle, je suis furieux.

« Pourquoi ? Pourquoi fricoter avec cette immonde créature? »

De vrais petits lapins en chaleur. C'était répugnant. Oh jusque-là avec qui elle couchait, je m'en fichais. Mais maintenant les choses ont changé. Je dois être irréprochable, elle aussi...Et puis un sang de bourbe, quel affront !

« Traîtresse ! Je t'interdis de le revoir...

- Je fais ce que je veux.

- Tu seras bientôt ma femme, je t'interdis, tu m'entends ! »

Elle rigole, et me marche sur les pieds. Je lui lâche son bras.

« Je verrais qui je veux, quand je veux….. Lupin n'échappera pas à la règle ! »

Tout un tas d'insultes se envahissent ma tête, mais aucune ne peut vraiment qualifier toute la honte que j'éprouve à être son mari. Je la frappe à nouveau, elle tombe sur le lit. Mes mains se pressent contre son cou. J'aimerais la tuer. Ils me veulent tous du mal. Elle aussi, elle est exactement comme Severus. Une amie, tu parles. Une future épouse. Quelle horreur ! Elle mérite la mort. Alors que mes doigts se resserrent sur leur prise, je vois une larme perler sur sa joue, je remonte à ses yeux.

Je revois les yeux de cette inconnue. Son visage se superpose au sien. Je lâche prise effaré. Je regarde mes mains, du sang.

Le sang de ma victime coule en moi.

« Mes mains, je souffle…. »

Je ris comme si le diable me dévorait les entrailles.

« Mes mains...»

Je continue à rire et je m'effondre, je pleure. Je la sens s'approcher de moi.

« Par Merlin, Lucius….que se passe-t-il ? Tu me fais peur…..LUCIUS…. »

Un spasme, puis plus rien. Je ne l'écoute plus. Je regarde les traces rouges sur son cou, oui rouge... .je regarde à nouveau mes mains. Du sang coulait sur mes mains, comme si j'étais blessé. Le père de famille, je l'ai étranglé, je l'ai tabassé... L'enfant je l'ai torturé avec Lestrange. Comme un flash-back...tout me revient en mémoire comme un flash-back.

Le sang de mes victimes est en moi.

« Tu...tu ne comprends pas,...mes mains...mes mains sont rouges...

- Lucius...

- Cissa...qu'est ce que je dois faire. Cissa ? Dis-moi ce que je dois faire, Cissa...

- Tch tch je suis là...arrête de pleurer. »

Je la regarde un moment, et puis tout s'envole. Ma tête me fait mal, elle tourne.

« Tu ne comprends pas Narcissa, j'ai tué. »

Et puis tout s'éteint, j'ai perdu connaissance.

Mon réveil s'est passé sans douleur. Du blanc encore du blanc, je regardais précipitamment mes mains. Le sang avait disparu. Je me lève doucement. Je tire les rideaux. Je remarque rapidement que deux autres lits à baldaquin ont les rideaux fermés. Mais des chaussures dépassent de l'un d'eux, celles de Severus. Je ne réfléchis pas plus longtemps et j'ouvre le rideau. Severus est là, endormi paisiblement. Je m'assois à ses cotés, il a de nombreux bandages. Que lui est-il arrivé ? Il ouvre ses yeux d'onyx et me scrute longtemps.

« Pardonne-moi, me souffle t il. »

Depuis le temps que j'attende ces mots, pour pouvoir le rabaisser ensuite. Je le hais tellement. Mais alors pourquoi mes yeux ne peuvent plus se détacher des siens.

« Tu es pardonné. »

L'absolution m'est-elle permise ?

Je suis resté à ses cotés. Pomme-pas-fraîche a voulu me garder car selon elle j'étais «en crise d'ados post-suicidaire ». Je n'ai pas voulu la contrarier. Cela fait quelques jours que nous sommes à l'infirmerie. Severus n'a pas voulu me dire ce qu'il lui était arrivé. Mais Narcissa, je crois, a fini par le savoir. Elle venait tous les jours nous rendre visite.

« Un hibou Lucius...c'est pour Severus.

- Tchhhh sale bestiole il dort ! »

Je m'empare de son courrier sous l'oeil irrité du volatile. Narcissa hausse un sourcil

« De toute façon, Severus a le bras empaillé (1), il ne pourra pas le lire.

- Qu'est-ce que ça raconte ? »

Non, le sang est toujours là.

Je rigole.

« Lucius ?

Si tu savais Narcissa...elle contient des mensonges, de la fourberie. »

Mais avant qu'elle ne puisse dire un mot. Une petite flamme jaillit de ma baguette. Je rigole à nouveau. Severus est définitivement à moi. Je me fige. Mon sourire se fait démentiel. Cette flamme ressemble au feu qui a embrassé le village, au sang de ses occupants. Je suis hypnotisé. Je tourne ma tête vers Narcissa qui me regarde horrifiée.

« Pourquoi l'as tu brûlé ?

- Tu ne vois pas Narcissa, mais regarde...

- Quoi ?

- Mes mains, elles sont rouges »

Et je ne ferais rien pour l'effacer.

""RL""

Doucement, je caresse sa cuisse si douce, mes mains remontant doucement. J'hume son odeur avec délectation, laissant sur sa peau des traces de mes touchers, de mes morsures, de mes baisers. Elle me rend complètement fou. Je ne peux plus me passer d'elle. Mes sens se sont amplifiés ces derniers temps, je sais ce que cela signifie. La lune, elle arrive, elle me pourchasse. Mais je m'en fiche. Je suis dans un couloir sombre, avec elle. Plus rien n'a d'importance. Ma main glisse un peu trop vite sur ses fesses, je la sens gémir dans ma bouche. Mais ma langue continue son combat acharné contre la sienne. Son odeur, je l'aime tellement. Il est indescriptible. Peut-être est ce un goût sucré, un goût de fleur, ou encore un goût salé. Je n'en sais rien, ma bouche dévale son cou, ma langue susurre des mots doux aux creux de sa poitrine. Je veux tout goûter, je veux tout dévorer. Ses jambes m'enserrent, je la soulève. Je l'aime tellement. Je la pénètre. C'est chaud, c'est brûlant. Elle est ma passion.

Pourquoi dans un couloir ? On s'en fiche. On n'est pas des bêtes, on est des animaux, des animaux fous. Je suis ses caprices, j'impose les miens. Depuis deux semaines et quelques jours, cette mélodie nous emporte. On ne s'arrête plus. Elle m'embrasse avec ferveur, je la prends avec dévotion. Mais quand le plaisir vient, il nous emporte tous les deux. Vers la déchéance ? Je ne pense pas. Je suis peut être fou, je suis peut être vivant avec elle. Je ne veux pas que ce tango fiévreux cesse. Et pourtant la lune arrive. Au galop, elle est là. Je la sens qui s'approche mais je ne peux rien faire pour l'en empêcher. Elle va me capturer et me séparer d'elle. Je le sens.

Ce tourbillon de plaisir m'empoisonne.

La lune m'espionne.

Quoique pour l'instant, le seul qui se précipite sur nous, après notre débat sulfureux, se nomme Malfoy. Il a eu au moins la décence d'arriver trop tard. Mais je résisterais au coup de poing d'un Serpentard alors que la lune, elle, est bientôt là. Elle s'amuse de moi. Elle arrive. Elle, elle me fait peur.

Ça y est, elle a frappé à ma porte. Je cours. Je la sens. Non pas la lune, Narcissa. Quand je cours dans la forêt, je la sens. Je hurle à la mort, je l'aime tellement. Même la douleur d'une transformation ne me fais plus mal. Etre loin d'elle est la pire des tortures. Je me sens fort mais parfois aussi si faible.

Mais il a fallu qu'il vienne, oui il fallut qu'il soit blessé par moi, il a fallu que Rogue regarde mes crocs. Il a fallu que mon meilleur ami me trahisse, pour que je perde tout.

Le sang de ma proie goutte dans mon estomac.

La lune se moque de moi.

« Qui t'a fait ça Severus ? »

J'étais derrière le rideau, je priais pour qu'il ne dise rien. Je priais comme un damné. Elle ne devait pas savoir. Je veux la préserver de ça. Je la veux elle, je veux qu'elle m'aime aussi.

Mes pas me guident. J'ouvre le rideau. Severus me fusille du regard avec toute sa haine. Je flanche quelque peu. Je ne me souviens pas de l'avoir blessé, je ne me souviens pas d'avoir déchiré son bras, je ne me souviens pas de cette griffe sur son torse. Je regarde mes mains, rouges...et à ce moment là tout me revient en mémoire. Flash-back sur flash-back je me souviens.

Le sang coule sur ma bouche et mes griffes.

La lune m'étouffe.

« Je suis désolé. »

Elle me regarde, elle ne comprend pas. Il me pointe du doigt et avec tout le dégout qu'il puisse avoir.

« Sale loup-garou sort d'ici !»

Les mots sont partis, ils m'ont transpercé. Elle me regarde horrifiée.

« C'est faux, répète-t-elle, c'est faux ! »

Elle regarde mes mains, elle regarde les blessures de Severus...Ses yeux me tuent. Ils me haïssent

« Tu as blessé mon ami.»

Ces mots raisonnent dans ma tête.

« Tu es dangereux. »

Ces mots détruisent les murs autour de nous.

« Tu es un monstre. »

Ces mots étouffent mon coeur et mon âme.

« Je te hais Lupin !»

Je cours, je cours, je cours. Ces mots me poursuivent.

« Monstre, monstre, monstre. »

Mes mains...le sang coule sur mes mains. J'ai déchiré la chair humaine. Et elle était délicieuse.

Loup, j'aime l'homme.

Homme, je hais le loup.

Loup, je mange l'homme.

Homme, je tue le loup.

Je me précipite dans la douche. Ça ne part pas, ça ne part pas. Du sang, partout, du sang. Je pleure, ça ne part pas. J'entends du bruit, je me retourne. Sirius enfonce la porte de la salle de bain.

Le sang de mes proies est en moi.

« Qu'est-ce qui se passe, pourquoi ces cris ? Remus, que fais-tu là ? »

J'avais hurlé ? Je ne m'en souviens plus. Je suis un monstre. Sirius me regarde. Une serviette m'entoure et m'enlace.

« Je suis désolé.

- Je suis un monstre...Regarde mes mains !

- Non c'est moi le monstre, c'est moi le responsable.

- Mais tu ne vois rien Sirius...

- Quoi ?

- Mes mains, elles sont rouges. »

Et je ne peux rien faire pour l'effacer.

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(1) Severus a une fracture au bras

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Voilà nos deux monstres ont été touchés par ma vilainie... Alors verdict?

Mais si vous voulez vraiment savoir si c'est un happy end ou pas, demandez le moi. Je consentirais à vous le dire personnellement (après 18 chapitres, je suis gentille), pour les autres taisez vous! lol

allez à bientot...kiss kiss