Attention! Petite scène violente, au début de la seconde partie!

Chapitre 20 : Un coeur de lion et de serpent

""SR""

Le brouillard embaume le paysage d'une atmosphère lourde, grisâtre et ne dévoile aux passants que quelques ruines et pierres monotones.

L'enfant se pelotonne d'avantage dans les bras de sa mère. Il a peur. Instinctivement, il resserre son emprise, pour que le giron maternel l'enveloppe d'une protection indestructible. De la sécurité, c'est tout ce que demande l'enfant. Et je dois avouer que moi aussi, à cet instant précis j'aurais aimé être à sa place, entouré de bras chauds et réconfortants.

Je suis la mère et l'enfant à travers un chemin caillouteux et lézardé par les intempéries. Nous arrivons à l'endroit tant redouté.

Je regarde la pierre, blanche. Je regarde les lettres, dorées. Et je dépose mécaniquement des fleurs sous son nom.

Dans la noirceur du brouillard

Je t'ai recherché.

Mais plus mes pas avançaient,

Plus tu disparaissais.

La mère reste muette et pose le petit à terre. Celui-ci s'agite tout seul, il ne comprend pas. Sa protection est partie, sa maman le laisse, il doit se débrouiller seul. Il ne sait plus quoi faire. L'endroit est effrayant. Il a peur, il est triste aussi. Il ne comprend pas pourquoi sa mère enlace son parrain et fond en larme, ni ce que signifient les lettres gravées dans le marbre. Doucement il caresse de ses fins doigts la pierre. L'enfant ne peut pas pleurer, car il sent que la pierre est sacrée.

« Je crois qu'il te demande, Narcissa. »

Je ne peux détacher mes yeux des petits bras que tend Draco à sa mère. Elle refoule ses larmes et le reprend dans ses bras rapidement. Je regarde cette scène pour éviter de regarder la pierre si cruelle. Mais mes yeux sont attirés par elle comme en réponse à un appel hypnotisant.

Je l'ai tué, lui aussi. Je ferme les yeux doucement, je ne veux pas revoir son visage. Et pourtant il revient me hanter nuit et jour. J'ai rêvé de lui, le soir de sa mort. J'ai rêvé qu'il venait me chercher, et puis je me suis réveillé au moment où j'ai embrassé mon fantôme.

Alors dans mes doux rêves

Tu m'as recherché

Mais plus tu m'embrassais

Plus je te perdais.

J'entends le petit s'agiter, un étranger s'approche. Je fixe d'un œil redoutable l'importun.

« Rogue

- Lupin... La forêt n'est pas ici »

Ses yeux bifurquent rapidement pour venir se poser sur ma compagne. Il n'a même pas fait attention à ma réplique.

« Narcissa. Tu as l'air bien portante »

Elle semble troublée. Ils ne disent rien, se fixant l'un et l'autre. Je toussote bruyamment pour leur rappeler ma présence et le fait que j'aimerais me recueillir tranquillement devant une tombe sans avoir à supporter cela.

« Lupin, tu as l'air toi aussi d'être en bonne santé. »

Il regarde un instant l'enfant qui suce son pousse tout en l'observant avec ses petits yeux gris.

« Il te ressemble beaucoup. Il a ton visage, tes traits.

- Il a le nez de son père.

- Oui,... en effet... Tu es venu te recueillir avec Rogue ?

- ... Lily était mon amie avant d'être mon ennemie, souffle-t-elle.

- Je vois. »

Il se détourne brusquement vers moi, et me tend une sorte de livre, qu'il a sorti de sa poche et déminiaturisé.

« Hum... voilà. Rogue, je voulais te donner quelque chose. C'est de la part de James...

- ...Un album ?

- Oui, il m'a dit de te le donner si quelque chose lui arrivait. »

Etonné, j'ouvre la première page et... mon cœur s'arrête de battre. Lui... Des photos. Lui... Partout sur les photos... Lui et moi... Nous.

« Comment ?

- Je sais juste que c'est Lily qui les a prises... »

Lui et Moi, en cours, se lançant des regards discrètement. Lui et Moi, se croisant dans les couloirs, en train de se frôler la main. Lui et Moi, sur la tour d'astronomie, se caressant furtivement. Lui et Moi, dans une salle de classe vide, se chuchotant des mots doux. Lui et Moi, dans la salle sur demande, remuant les couvertures d'un lit rouge et vert.

Je ne peux m'empêcher de rougir violemment face à ces photos, face à notre aventure.

Ton fantôme m'a envoyé un présent

Pour que mes larmes te touchent,

Pour que mes prières nous unissent.

« Comment a-t-elle pu les prendre?

- Je ne sais pas vraiment. Apparemment c'était quand vous étiez ensemble et que Lily vous espionnait... Peut-être un sort d'illusion... Ou peut-être que vous ne l'aviez même pas vue...

- Que veux-tu dire ?

- Dans ce genre de situation, on ne regarde plus ce qui se passe autour de nous. Mais seulement la personne que l'on aime. »

Les yeux du loup convergent vers ceux de mon amie. Je continue à feuilleter... Je continue... à nous regarder...

« Je pense qu'elle vous enviait un peu, et qu'elle a voulu avoir, elle aussi, un peu de bonheur. »

Je ne l'écoute plus, tournant encore et encore les pages. Et puis la dernière photo... me fait lâcher l'album.

Il tombe bruyamment à terre. Mes yeux s'embuent de larmes.

Nous simplement en train de nous embrasser, quelqu'un a écrit un mot en dessous de cette image, je reconnais son écriture fébrile.

« Je t'aime Severus »

Mes jambes se sont dérobées et je me retrouve à genoux devant cette pierre blanche. Je pleure. Pourquoi maintenant ? C'est impossible, il ne peut pas me dire ça, pas maintenant. Depuis le temps que je les voulais, ces mots.

Mais dans ton voyage

Tu as laissé derrière toi

Un cœur vert et argent.

Les images de l'album défilent et je me sens tomber dans les vapes. Dans le brouillard de mes souvenirs, je repense à notre dernière rencontre, dans la cabane hurlante. On se voyait pratiquement un soir sur deux. Je lui donnais des informations, et puis nous passions la soirée ensemble. C'était un rituel, jusqu'à ce que je fasse une erreur en parlant de la prophétie à Voldemort, jusqu'à ce qu'il ne revienne plus, jusqu'à ce qu'il se fasse tuer.

Je pensais que notre relation n'allait pas durer, qu'il s'amusait avec moi. Je croyais qu'en me faisant espion je me libérerais d'un poids, que j'effacerais mes mains rougies par mes meurtres. Et bien entendu c'était en même temps un moyen d'être avec lui. Juste être avec lui...

Et puis un jour il m'a dit : « Et si nous partions loin, Severus, tous les deux, on pourrait se cacher chez les moldus et... » Je l'avais fait taire par un baiser. « Tu es fou, avais-je chuchoté ».

Je le pensais vraiment, mais maintenant... je me sens moi-même idiot de ne pas avoir accepté.

Mes yeux s'ouvrent sur la réalité. Je me retrouve devant sa tombe, seul avec une couverture, serrant fort contre moi l'album photos. Narcissa et Lupin ont disparu. La nuit est presque tombée. Soudain je vois son fantôme réapparaître. Il semble ni triste, ni heureux dans sa forme invisible. Je vois ses lèvres bouger lentement.

« Vis »

Je souris et susurre dans le néant « Moi aussi je t'aime. »

Et la forme imperceptible s'efface doucement tout en me souriant.

Les années ont passé. J'ai vieilli alors que l'album lui est toujours intact, me rappelant ma jeunesse avec lui. Je tourne les précieuses pages, tranquillement assis dans mon fauteuil. Je prie pour lui, pour ses heures passées ensemble et que je n'oublierai jamais. J'ai l'impression qu'il est toujours là à mes cotés et qu'il me surveille.

Mais mon âme mortelle

Te gardera précieusement

Dans son sanctuaire.

« Que fais-tu ? Papa ? »

Je grogne, je hais quand il m'appelle comme ça. Et aussi quand il se jette sur moi, avec son sourire enfantin.

« Arrête de m'appeler papa. Tu as presque 11 ans maintenant. On dit parrain et non papa. Tu as déjà un père, combien de fois dois-je te le rappeler ? »

Le jeune blondin me sourit gentiment. Je ferme rapidement l'album et le mets dans mon coffre. Je ne veux surtout pas que des curieux comme lui, le trouve.

« Je sais, j'ai un père, un papa, et une maman. »

J'entends le doux rire de Narcissa, cet enfant est le seul à faire son bonheur et mon malheur.

« Alors papa Severus, comment vont les potions aujourd'hui ?

- Elles ont la migraine, Cissa, et elles aimeraient travailler en paix. »

Draco me regarde avec ses grands yeux gris, afin de me faire fondre. Je hais ses tactiques pour affaiblir psychologiquement les adultes.

« Il sera à Serpentard, je ne me fais pas de soucis pour ton fils.

- Oui, je serai un Vert comme toute ma famille ! »

Narcissa soupire

« Lucius l'a tellement harcelé avec ça »

Je fronce les sourcils. L'enfant à l'énonciation de son père se tait par respect. Il lui porte une telle admiration, qu'en sa présence il devient une vraie marionnette. Draco ne sourit jamais en sa présence, avec personne d'ailleurs, sauf avec nous deux, et dans des lieux éloignés de la race humaine.

« Lucius ne changera donc pas...

- Tu sais, il fait tout pour que notre famille reçoive les honneurs de son rang et qu'on ne discrédite pas notre nom en l'associant avec Vous-savez-qui. On se doit d'être irréprochable, surtout Draco...

- Une vie idéale à ce que je vois.

- Je souhaite que tu prennes soin de Draco pour sa rentrée. Son père lui a mis de telles idées dans la tête. Tu feras attention à lui ?

- C'est promis. »

Mais je n'ai pas peur pour lui, cette rentrée m'angoisse pour autre chose. Et cette autre chose est la progéniture de Potter. Car même si je n'oublierai jamais mes sentiments envers son père, je sais qu'en regardant l'enfant de Lily, ma haine envers elle finira par ressurgir sur lui.

Mes pupilles s'arrondissent d'effroi, la chose blonde s'est endormie sur mes genoux. Décidément, je n'attire que les malheurs. Doucement je caresse les petits cheveux blonds, et mes paupières se referment progressivement sous l'effet de la fatigue avec pour dernière image, James Potter me racontant ses folies, ses joies et peurs, son coeur.

Protégé par toi,

Pas à pas, j'avancerai

Priant dans mon coeur

Pour t'aimer à jamais.

""HP""

Je le hais. Sans ménagement je le plaque contre le mur. Je voudrais le voir mort. Je voudrais le voir sans vie, sans sa langue de vipère, sans cette superbe qui l'anime à chaque heure de la journée.

Parler de ma mère de cette façon! Il y a une limite à ne pas dépasser. Et ce sale petit Serpentard l'a franchie. Il va me le payer. Mes amis s'occupent de ses amis, et j'ai pu l'attirer dans cet endroit sombre. Nos coups se superposent mais je prends le dessus, suite à un coup de poing bien placé dans le ventre. Je le tuerai. De mes mains, il va souffrir. Il me suppliera de l'achever. Alors que je resserre la pression sur son cou, je sens quelque chose bouillir à l'intérieur de moi.

« Ça t'excite Potter ?»

Mes yeux s'arrondissent d'étonnement. La chaleur devient suffocante. Je le gifle de son impudence. La jambe de Malfoy se trouve juste entre les miennes. Et il le sent ce désir qui s'anime en moi.

La rage, la haine nous regardent.

Elles pénètrent dans nos entrailles

Afin de brûler nos âmes.

L'empoignant fermement par le col, je me frotte entre sa jambe, son souffle se mélangeant au mien, ma bouche près de la sienne. Je suis comme hypnotisé par le sang qui coule sur le bord de ses lèvres. Je le sens trembler.

« Ça te fait peur, Malfoy de me voir au-dessus ? ».

Ces yeux s'écarquillent d'effroi. Et il essaye de se dégager. Mais je lui ai cassé l'épaule droite, il ne pourra pas se délier de mon emprise.

« Non, Potter arrête ça.»

Il grimace, je vois avec émerveillement une larme glisser sur sa joue endolorie par mes coups. Je la lèche. Je souris méchamment en regardant ses yeux gris orage et ses dents se serrer par la haine. Mes frottements se font plus intensifs, je l'entends gémir de douleur. Cela suffit à me libérer. Je l'embrasse de force dans la jouissance, gouttant son sang, mordant ses lèvres, sa peau. Je le retourne violemment. Il tombe à terre. Je l'oblige à se relever, l'empoignant par les cheveux. Et je le replaque à nouveau contre le mur, dos à moi. Sa nuque est belle. Je crache sur elle, avant de lui chuchoter :

« Tu es fautif de tout ça, Malfoy. Ne t'avise plus d'ouvrir la bouche sinon tes jolies fesses risquent de souffrir.

- Je te hais, Potter. Va te faire. »

Je souris sadiquement à cette remarque.

« Je t'aurais prévenu Malfoy. »

De mes crocs, tu ne pourras t'échapper

Dans mon ventre, tu seras dévoré.

Mais alors que je suis sur le point de descendre mon pantalon, mes oreilles ont tenté d'exploser.

« HARRY JAMES POTTER, ELOIGNE-TOI TOUT DE SUITE DE MALFOY. »

La voix de mon professeur propage en moi un immense frisson de glace. Je me rhabille rapidement, repoussant Malfoy loin de moi. Il glisse, il tombe. Je me fige en voyant Remus le rattraper.

« Tu vas me suivre à l'Infirmerie. Pas un mot tu m'entends. »

Pétrifié, je m'exécute. Mais apparemment Draco s'est évanoui. Je regarde son corps et ses cheveux blonds en bataille voler dans les airs suite à un sort de Levicorpus.

Ton impitoyable présence me poursuivra

Coeur de Serpent, tu veux me détruire.

« Retrouve-moi après que Pomfresh t'ait soigné, dans mon bureau, Harry, et ne fait pas de bêtise entre temps. »

Après mes soins et les regards inquisiteurs de Pomfresh, je pars rejoindre Remus. Il n'aurait pas dû voir ça. Mes mains frappent fébrilement à la porte, j'entre de manière hésitante.

« Assis toi Harry. »

Je me place sur une chaise juste en face de lui. Il me regarde un moment avant de parler calmement.

« Harry, je sais que tu hais Malfoy. Et je comprends qu'il te perturbe. Mais Harry, tu allais commettre une chose... abominable.»

Je ne peux plus bouger. Je n'arrive plus à affronter le regard de Remus. J'ai si honte.

« Tu es différent de ton père, Harry. J'en suis sûr. Même si Rogue proclame la connerie génétique. Je suis sûr que tu es différent.

- Je ne comprends pas.

- Ton père était incapable d'exprimer ses sentiments sans passer disons par des plaisanteries, par la violence ou par des gestes sans fondements.

- Je... tu veux dire que mon père était...

- Aveugle dans sa jeunesse, inconscient à l'âge adulte. Dis-moi, Harry, que penses-tu de Blaise Zabini?

- Un crétin imbu de lui-même, craché-je.

- Et pourquoi ? Parce qu'il traîne avec Malfoy ? Parce qu'il l'approche de trop près ? Parce que depuis que Zabini est dans sa bande, Malfoy ne s'occupe plus de toi ?

- C'est faux Malfoy m'a attaqué ! Il a critiqué ma mère et...

- En es-tu sur Harry ? »

Je le revois dans les couloirs, avec ces deux malabars, Goyle et Crabbe, et puis le sale Zabini. Il lui caressait doucement l'épaule tout en rigolant. Et Draco lui souriait doucement, d'un sourire que je ne lui connaissais pas, tendre, doux, amoureux.

« Alors Malfoy, content que papa soit en prison ? »

Bien entendu son masque de froideur et son rictus amer n'étaient que pour moi. Il a abandonné son sourire à l'autre idiot, pour me fixer avec haine.

« Moi au moins je n'ai pas une sale sang-de-bourbe comme mère.» Et puis tout s'est emballé. Je nous revois dans les couloirs, lui contre moi...

Nos insultes, nos cris pleuvent.

Ton sourire, ton rire m'étouffent.

Mon désir, ma haine t'enlisent.

Et je sens comme une bourrasque s'infiltrer dans mes entrailles. Mes yeux se mettent à déverser des larmes sur mes joues.

« Je... je ne voulais pas...

- Harry, je t'en prie... Ecoute ton coeur, et non le reste. Tu ne hais pas tant que ça Malfoy...

- C'est faux... c'est une vipère.

- Et si la vipère s'intéressait à quelqu'un d'autre, que ferais-tu ? »

Je souris faiblement, essuyant mes larmes.

« Je me transformerais en rat pour qu'elle me mange. »

Je sens Remus m'enlacer.

« Tu vas aller le voir. Tu vas t'excuser. Tu vas te faire pardonner, quitte à devenir son larbin. Mais si tu ne m'obéis pas ou si tu fais la moindre bêtise, tu auras affaire à Rogue. Imagine un peu qu'ils vous aient trouvé à ma place. Tu serais sûrement mort à l'heure qu'il est. »

Je hoche la tête tout en frémissant d'horreur à l'idée que Rogue sache. Il me déteste déjà alors si j'avais touché à son protégé, il m'aurait probablement crucifié. D'un pas lent, je me dirige dans mon dortoir attendant la nuit noire. Pas question que je fasse honneur à la vipère de m'excuser en présence de sa bande de crétins. Attendant patiemment dans mon lit, rideaux fermés, je me repasse comme un couplet ma discussion avec Remus. « Je ne hais pas tant que ça Malfoy ? », mais pourquoi m'a-t-il dit ça ? Bien sûr que je le hais, depuis notre première rencontre. Mon refus de lui serrer la main, c'était comme une réaction d'autodéfense à la vermine serpentarde.

Tes sifflements de vipère,

Je les éteindrai un jour.

La lune venue, j'enfile ma cape d'invisibilité et me dirige vers l'infirmerie. Au fond je vois un lit à baldaquin. Je tire les rideaux pour y découvrir un Malfoy endormi et peu vêtu. Je sens le rouge me monter aux joues. Il ne porte qu'un simple caleçon. L'ensemble de son corps est recouvert soit par des bandages soit par des potions fluorescentes.

J'ai cette vilaine chose appelée conscience qui s'agite à l'intérieur de mon esprit. J'ai peut-être frappé un peu trop fort, il y a beaucoup trop de contusions. Et merde, j'aurais dû... qu'est ce que j'aurais dû d'ailleurs ? Il le méritait !

Tes soupires d'humain,

Je les tuerai un jour.

Soudain je le vois bouger, et je m'approche de lui. Il semble si détendue. Je ne peux m'empêcher de lui prendre la main. Elle est brûlante à mon grand étonnement. Je le regarde, longtemps. C'est amusant, tout chez lui est finement sculpté : que ce soit les cils, les lèvres, même le torse. En tout cas il a de plus belles jambes que Ginny. Je dépose ma main sur son front. Il n'a pas vraiment de fièvre on dirait. Alors que ma main se détache de lui. Je sens la main de Draco vivement m'agripper. Ses yeux nuageux se posent sur moi, me faisant frissonner.

Mais ce jour là tu l'as poignardé,

Ce coeur de lion si fragile.

« Qui êtes-vous ? »

Il regarde un moment mes mains et semble choqué voire effrayé.

« Potter ! Qu'est-ce que tu fais là ? »

Je finis par me dégager de sa poigne, et j'enlève ma cape d'invisibilité. J'affronte les orbes grises avec toute l'impudence d'un Gryffondor.

« Pardon. »

Voilà c'est parti, un combat de regard a lieu. Mais il finit par soupirer. Au lieu de se moquer de moi, il ferme les yeux et détourne la tête.

« Casse-toi, souffle-t-il»

Je fronce les sourcils d'incompréhension : pourquoi ne me rabaisse-t-il pas ? Pourquoi n'en profite-il pas ? Je ne comprends pas.

« Va-t'en, répète-t-il. »

Il m'énerve.

« Non. Je veux me faire pardonner. »

Il me regarde à nouveau comme si j'étais un fou.

De tes yeux tu as su me transpercer

Pour que je te l'offre sur un plateau.

« Demande moi ce que tu veux. »

Il semble hésiter.

« Laisse moi tranquille Potter. »

J'ai l'impression que la nervosité a pris possession de mon corps. Je m'agenouille devant lui, serrant cette main si douce, si chaude.

« Je ne peux pas, soufflé-je. »

J'y dépose un baiser.

« Je ne peux pas, répèté-je »

Je revois Zabini et son sourire. Je voudrais tant que ce sourire soit pour moi.

« Dis moi ce que tu veux, murmuré-je .»

Je voudrais être aussi une vipère, et non un rat. Je voudrais être tout simplement avec lui.

Il ne me répond pas, me fixant avec cette étrange lueur dans le regard. Désespéré, je m'approche de ses lèvres et les embrasse de force. Elles ont un goût fruité, amer. Il me repousse.

Refusant mon coeur,

Tu refuses ma vie.

« Je te hais, siffle-t-il »

Je m'approche de lui une étrange fureur au ventre.

« Mais moi aussi Malfoy, je t'haine.»

Il me regarde étonné de ma réplique, une larme coule de son visage, suivie de milliers d'autres. Et à ce moment là je comprends tout. Lui et Moi... nous sommes pareils.

Mais dans la lueur de la nuit

Tu me l'as à nouveau repris.

Je le prends dans mes bras, faisant attention à ses blessures.

« Crétin je t'aime aussi. »

Ce coeur de lion qui t'est soumis.

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Attention, il y a encore un chapitre, qui peut aussi se faire passer pour un épilogue... Ceux qui n'aiment pas les histoires qui finissent mal, restez jusqu'à la final! Sinon vous pouvez vous arrêter là .

Sinon à la base le passage de Harry se passe en début de sa sixième année.

à bientôt!