Oui je suis affreuse, horrible de vous avoir fait autant patienter... Bon ce chapitre est plus long, et j'espère que ça suffira à me faire pardonner !
Pas de spoiler du tome 7, vous pouvez être tranquille là-dessus (de toute façon je ne l'ai pas lu, j'attends la version française). L'histoire se passe au début de la sixième année pour le chapitre 20, et donc pour ce chapitre 21 ou épilogue, on se trouve bien plus tard : pendant et après la guerre.
Pipasole : Merci beaucoup pour tous ces compliments. Je pensais qu'avec la mort de James, tu allais me décapiter. Mais je suis contente que tu es aimé l'idée de l'album et aussi le fait que Harry/Draco ne commettent pas les mêmes erreurs que leurs aînés. La boucle est bouclée comme dirait ma béta. L'épilogue est loin d'être triste, même s'il commence difficilement, j'espère que tu apprécieras cette fin autant que le reste.
Merci à mes deux bétas, Naviek et Dalou, qui m'ont presque suivie jusqu'au bout.
Je dédicace ce chapitre à Morghana, qui comme moi, ne supporte pas la mort de Sirius... Bonne lecture à tous !
Chapitre 21 ou épilogue : Être à tes cotés
""NM""
Une pluie drue s'abattait sur les maisons de la rue Square Grimmaud, faisant fuir les quelques Moldus qui ont eu l'impudence de sortir à cette heure si tardive. Ces Moldus ne connaissaient pas leur chance, ils ne se préoccupaient pas d'une guerre bien plus tenace que leur monde : la guerre contre Voldemort. La Guerre, sangsue de la race humaine a su rapidement dicter nos vies sans demander notre consentement. Mais parmi tous les sorciers forcés d'y participer, j'avais la chance d'en être presque évincée. Je n'assistais pas vraiment aux grandes batailles et réunions. Je menais un autre combat, beaucoup moins dangereux, mais néanmoins utile : je m'occupais des blessés et du ravitaillement des troupes. J'étais condamnée à la réclusion dans l'ancienne maison des Blacks et je m'en accommodais plutôt bien.
Dans ce lieu caché, on retrouve principalement les membres de l'Ordre du Phénix : les plus proches amis du Survivant, leurs parents, quelques Aurors,... Quand l'un d'entre eux était blessé, pour plus de sûreté, on nous l'amenait ici secrètement. Une seule infirmière, Mme Pomfresh, nous aide, moi et Molly à gérer la situation. Les autres sorciers ou Aurors qui luttaient contre Voldemort étaient en général emmenés à St Mangouste.
Et comme à chaque soir, alors que je sais que tant d'hommes et de femmes dorment affaiblis dans la pièce jouxtant la mienne, j'ai cette sensation de solitude qui m'envahit lentement. La solitude, mêlée à cette indicible peur de mourir seule sans avoir la chance de revoir mon fils. La seule chose qui permet à mon esprit embrumé de se détendre, c'est de murmurer ces simples mots dans l'inconnue de la nuit : « je t'aime ». Peut-être que ces mots sont là pour me rassurer, avec cette idée qu'un jour le néant, à qui je chuchote ces mots, me réponde à son tour.
La nuit sauvage me cantonne dans la peur
De ne plus revoir l'amour
De ne plus te revoir un jour.
Si quelqu'un m'entendait, il rirait méchamment de mon égoïsme. Tant d'autres souffrent alors que je suis là à me morfondre sur ma petite personne. Seulement que faire d'autre, si ce n'est rechercher une minuscule poussière de réconfort. Je sais que c'est inutile car la réalité reste là, figée devant mes yeux. Et ce soir, je n'arrive pas à dormir à cause de son regain de cruauté : hier, on nous a rapporté deux blessés et un mort.
Car je savais qu'elle était là,
La Mort tout près de nous
Tout près de toi.
« Madame, êtes-vous un ange ? »
Une jeune fille aux longs cheveux blonds me regardait de ses yeux pétillants, remplis d'une lueur que j'aurais comparée à la folie.
« Les anges sont si beaux, avec leurs ailes et leurs cheveux blonds. On dit qu'ils vous emmènent au Paradis. Suis-je morte ? Vous savez, j'ai déjà vu des Détraqueurs et des Sombrales... Mais ils ne sont pas aussi beaux que vous, les anges, avec vos si grandes ailes.
- Comment t'appelles-tu ?
- Luna Lovegodd...
- C'est un joli nom.
- Ah vous trouvez ! J'en suis fière moi aussi. Je suis née un soir de pleine lune, à l'heure où les lucioles chantent et les loups crient. Si vous entendez un loup, je vous en prie, écoutez-le. Leurs cœurs sont plus fragiles que les autres. Si on les brise, ils viennent murmurer leur détresse dans la nuit noire, afin que la lune réapparaisse dans toute sa rondeur et les réconforte de sa lumière.»
Je la voyais refermer les yeux tout en souriant, alors que ses blessures à la jambe et au front la faisaient sans doute souffrir. Je m'étais rapidement attachée à cette jeune fille un peu extravagante que je soignais avec une délicatesse que je ne me connaissais pas.
« Vous savez, je n'ai jamais été bon à rien... à rien... rien. Les potions... Les potions de Rogue... elles explosaient toutes ! Mais j'ai réussi des sorts avec Harry... Harry... et les plantes... elles seules me comprennent... Mais j'ai pas pu... la meurtrière de mes parents... elle était devant moi, avec son rire aigu... je n'ai même pas pu la tuer de mes mains... Je voulais qu'elle souffre. Et ma rouquine, si belle avec ses joues rouges... que je n'ai pas su protéger... Je suis un déchet de la vie. S'il vous plaît Madame, ne vous occupez pas de moi. Laissez-moi mourir... Je ne mérite pas de vivre... s'il vous plaît... »
Le garçon avait de la fièvre et délirait dans mes bras, alors que son sang s'échappait doucement de son ventre. Je lui avais donné une part de ma magie pour refermer ses plaies, une trop grande part selon les autres sorcières qui étaient à mes côtés.
« Il y a beaucoup de gens aux bords de la mort, siffla Pomfresh. Ne vous épuisez pas avec un seul d'entre eux.
Oui mais ce garçon veut devenir Guérisseur. »
Et je croyais en lui comme j'ai toujours cru en mon fils. Quand Draco est arrivé devant moi, serrant dans sa main la main de notre ennemi, tout en me lançant des regards apeurés, je savais qu'il était tant de fuir loin du manoir des Malfoy et de briser ce que Lucius avait créé autour de nous c'est à dire la Mort et la Haine. Ces deux ombres envahissaient notre vie comme une maladie latente. Il fallait haïr les Moldus, tuer «leur race », imposer notre grandeur,... Et cette utopie macabre ne finissait plus, elle empirait chaque jour. Il fallait y mettre un terme. Lucius en prison, plus rien n'empêchait Draco et moi de nous mettre sous la protection de Dumbledore… même si je ne l'aimais pas vraiment.
La seule chose que j'avais demandée à Draco au moment de rejoindre les Aurors, c'était de rester à l'abri avec moi, hors des combats sanglants. J'ai honte aujourd'hui de ce que j'avais exigé à ce moment-là, même si Potter m'avait soutenu dans cette idée, car je savais qu'il ne tiendrait pas sa promesse et qu'il voudrait se battre aux cotés de celui qu'il aime. Je voulais juste le protéger.
Même le cocon que j'ai créé
S'étranglait à mesure
Que les jours de paix s'effilaient.
Alors que je commence enfin à plonger au pays des rêves, l'alarme retentit, gonflant mes yeux de stupeurs. Hier, c'était Neville, Luna et Ginny qui étaient à l'origine de l'alerte. Mais aujourd'hui...
Me levant rapidement, je me précipite vers l'entrée de la maison, suivant les autres sorciers jusqu'à la pendule. À la place du portrait de ma tante (décollé par un decolle-tout des jumeaux Weasley) une pendule géante indiquait l'état de santé de chacun des membres de l'Ordre. Plus les aiguilles allaient vers la droite, vers les couleurs sombres, plus l'état de santé de la personne indiquée était mauvais.
Aujourd'hui, l'aiguille pointe vers le rouge, frôlant le noir. Le noir signifie la mort. Je sursaute en apercevant le nom d'une personne que je redoutais d'affronter jusqu'alors.
Molly souffle : « Harry va être fou s'il voit ça !
- Le problème, dit Pomfresh, ce n'est pas ça...
- C'est quoi, alors ?
- Vous savez ce qu'il est... et je ne sais pas si on va pouvoir le soigner... »
Un étrange criaillement retentit dans mon cœur suite aux paroles de l'infirmière. Cette angoisse, qui jusque-là s'est terré au fond de mes entrailles, refait brusquement surface. Je m'assieds fébrilement sur une chaise, tentant de contenir cette soudaine anxiété. Et puis j'ai attendu. Ils ne l'ont amené que deux heures après l'alarme et son état était effroyable. On ne distinguait plus la peau, tant le sang encore liquide la recouvrait. Molly a dû me mettre sous calmant pour que mes tempes cessent de tambouriner.
La Mort te tient dans ses bras.
Cette maîtresse de la vieNe pouvait t'éloigner de moi.
Molly me chuchote « Il était dans un groupe qui attaquait une des planques des Mangemorts. Je... je suis désolée. Il a l'air de beaucoup compter pour vous. Mais la pleine lune est pour ce soir. On ne peut pas le soigner, sans risquer de mettre en danger les autres membres de l'Ordre. Il n'aurait jamais dû les accompagner.
- Où est-il ?
- Il est cloisonné dans une pièce aménagée pour son état. Et... croyez bien qu'on a tous peur pour lui... Est-ce que ça va ? Est-ce que vous voulez boire quelque chose ? »
Il risque la mort et personne ne veut le sauver. J'ai supplié ces bandes d'incapable de l'aider, ne serait ce qu'un petit peu. Mais ils ont tous refusé, sauf Molly qui a accepté de lui donner une potion contre la douleur. J'entends un des Aurors marmonner à l'infirmière que Potter rentrera dans deux jours. J'ai eu une nausée. Si le gamin avait été là en ce moment même, Lupin aurait été soigné.
Ils ont peur de se faire tuer comme les lâches qu'ils sont. Un rire sans joie anime mes lèvres. Mais à quoi je pense ! Moi aussi j'ai toujours eu peur de lui, n'est-ce pas ?
Car la peur de la mort...
J'avais peur de lui et je le détestais car il avait omis de me révéler ce qu'il était au moment où l'on était ensemble. Je me suis sentie trahie. Il aurait pu me tuer, il aurait pu tuer Severus et même Lucius. Je le sentais comme une menace. À chaque fois qu'il s'approchait d'un de mes amis, ou encore de mon fils, j'avais envie de lui jeter un sort mortel pour qu'il s'éloigne de nous à jamais. Et pourtant... et pourtant quand je me plongeais dans ses yeux, il avait toujours cette douceur dans le regard qui évanouissait à chaque fois mes pires craintes.
Car la peur du loup...
« On dit toujours qu'un animagus peut-être un compagnon fort utile pour un loup en détresse, me dit alors Luna. »
...S'étaient anéantis aux sons de mes cris.
Ce nouvel espoir me fait légèrement sourire. Luna avait un don pour trouver des solutions aux problèmes les plus insolubles. Résolue, je me précipite dans la réserve, préparant une mixture contre les blessures. Bien entendu, elle sera inefficace contre les blessures trop graves. Mais il sera en partie soulagé et cela amorcera un processus de guérison.
Avant que la nuit ne tombe, je me dirige lentement vers les sous-sols. D'un envoûtement, l'Auror qui surveillait les lieux, s'endort sur sa chaise. Mon coeur jouant la fanfare, j'inspire lentement avant d'entrer dans la pièce faite de pierres froideset dans laquelle trône une cage en fer. Au milieu, j'aperçois Lupin, encore sous forme humaine, étendu inconscient sur une couchette. Lentement, j'ouvre la cage et je m'approche de lui. Avec une grande délicatesse, je soigne les plaies apparentes. La nuit tombée, je m'éloigne de Remus et me concentre pour prendre la forme de mon animagus.
Des cris que tu connais bien, le loup,
Puisque ce sont ceux de ta bien-aimée louve.
Un cri inhumain retentit alors que ma transformation s'achève avec succès. Alarmée, je me réfugie rapidement à l'autre bout de la pièce, les oreilles tombantes. Je le vois alors se transformer à son tour, hurlant de douleur. Je ferme les yeux, tentant de ne pas m'enfuir d'effroi. Les ouvrant de nouveau, je croise les siens. Un frisson me parcourt violemment face à son regard sans vie. Je jappe doucement et je m'approche de l'animal qui ne cille pas face à mon pelage de louve. Allongé sur le sol, il semble fatigué par le sang qui m'accule encore son pelage. Je lape doucement les plaies que je n'avais pas eues le temps de soigner. Ma patte plonge dans le reste de mixture, je tapote doucement ses blessures. En recroisant son regard, je sens comme une étincelle de reconnaissance. Après un travail de long haleine, je m'effondre à ses côtés, épuisée, reposant ma tête sur sa patte.
Une louve épuisée par la vie,
Mais qui s'est encore dire: je t'aime
Au coeur de la nuit.
Et pour la première fois de ma vie, j'étais simplement heureuse d'être là, juste là, à ses cotés, avec cet espoir que j'avais peut-être réussi à le sauver.
Une nuit où la lune frêle
S'arrondit de lumière
A la vue de nos deux cœurs
Enfin réunis.
""SB""
Une sensation de bien-être m'envahissait progressivement. Plus je m'élançais vers l'avant, plus mon esprit s'apaisait et se détendait. J'avais l'impression de flotter… non, de voler. Et pourtant je ne sentais ni mon corps ni mes jambes, ni mes mains,... Mais tout allait bien, mes joues touchaient sans toucher réellement quelque chose de cotonneux, de vaporeux, de doux, de puissant... Je ne savais plus vraiment qui j'étais, ni où j'étais. J'avais l'impression de passer à travers l'eau et les flammes. Mes yeux restaient clos, mais mon âme semblait libre comme l'air. Alors que j'avais le sentiment d'approcher une source de lumière, je sentis comme un mouvement, une pression à l'arrière qui m'empêchait de continuer. Je voulais continuer. La lumière était si belle. Mais pourtant cette pression était là, elle grandissait si bien que je ne pouvais atteindre la lumière. J'essayais de me débattre mais en vain, car je me sentais comme emporté. Je m'éloignais d'elle, de la si douce lumière. L'horrible pression me ramenait, je ne voulais pas revenir. Mais la pression était plus forte.
J'ai cherché à fuir à travers la lumièreToute une vie passée dans une galère.
Et mes yeux s'ouvrent. Je vois alors ma main droite serrée par la main de ma cousine Narcissa, ma main gauche par Severus. Harry tient mon pied droit et un jeune blondin mon pied gauche. Une partie des membres de l'Ordre sont là et me regardent comme hypnotisé. Lentement je vois mon filleul relever la tête affichant un sourire heureux : « Tu es revenu… », avant de tomber dans les vapes.
L'explication me vient, suite à mon réveil à St Mangouste. Étonnamment, personne n'a tenté de m'arrêter et de m'envoyer à Azkaban. Tout le monde me regarde, me serre dans les bras, me cajole, me souhaite la bienvenue, et je les regarde tous en me disant qu'ils sont tous complètement fous.
Arrivé au chevet de mon filleul, il me saute à la gorge tout en pleurant à chaudes larmes. Remus réussit à me dégager de lui et à m'entraîner en dehors de tout ce remue-ménage envers ma personne.
« Sirius... Je ne pensais jamais plus te revoir. »
J'ai cherché à me détacher de la vie,
A oublier mes amisDans les profondeurs de l'éternité...
J'attends calmement que les crises de larmes de Remus cessent pour lui poser la question fatidique :
« Mais qu'est ce qu'il se passe enfin ? »
Il me regarde apparemment étonné.
« On te croyait tous mort. Tu es passé à travers le voile... Tu ne te souviens pas du combat au ministère ? »
Je réfléchis... Oh bout de quelques minutes la scène me revient progressivement en mémoire... Impossible...
« Comment ?
- Eh bien, M. Weasley nous a expliqué que l'arcade était une sorte de passage vers le royaume des morts. Bien entendu, personne ne pouvait y accéder. En général, on l'utilisait en présence d'un médium pour connaître certaines prophéties, ou parler avec des défunts. Mais c'était extrêmement rare. Le jour de la bataille finale, Voldemort a proposé à Harry de te ressusciter d'entre les morts à partir de l'arcade, s'il rejoignait son camp.
- Attends depuis combien de temps je suis sensé ne plus être là ? Et Harry a vaincu ?
- Je dirais trois ans. Et oui il a vaincu, enfin je te raconterais ça plus tard... Et donc après la bataille, Harry et Draco ont entamé des recherches sur l'éventualité de te ramener parmi nous. Et finalement c'est dans un livre de magie noire, appartenant aux Malfoy que l'on a trouvé la solution.
- Les Malfoy...
- Oui... Pour les incantations, il nous fallait alors un spécialiste de la magie noire, Rogue, ensuite on avait besoin des personnes du même sang, Narcissa et Draco, et enfin quelqu'un qui possédait un très grand pouvoir, Harry. Tout cela combiné à la volonté et à l'amour que te portait chacune des personnes, on a pu te ramener. Si tu avais vu leurs enveloppes corporelles filer dans l'arcade pour t'en ressortir. J'en ai eu une peur bleue... C'était très risqué, surtout que tu avais disparu depuis trois ans. Ils ont eu beaucoup de mal à te retrouver. Tu sais jusqu'à maintenant je n'ai jamais été pour d'utiliser un livre de magie noire et j'ai tenté de les dissuader... Mais comme tu sembles en bonne santé...
... »
Mais c'était sans compter sur ton pouvoir,
Qui était bien plus fort que la mort,
Qui était bien plus imperceptible,
Que le doux chant des âmes.
Sous le choc, je me mets à enlacer Remus pour rechercher une forme de réconfort.
« Et tu vas me dire que Rogue, Narcissa et Draco m'aimaient suffisamment pour me voir revenir ? Je demande en tremblant.
- Apparemment, Harry avait la force de t'aimer pour quatre, me sourit Remus après que je l'ai relâché... Et puis Rogue et Narcissa ne te détestent pas tant que ça. Draco a appris à te connaître à force d'être aux côtés d'Harry.
- J'ai du mal à y croire... Et la guerre est finie comme ça ! Je... c'est impossible... Harry, il...
- Il a vaincu aux côtés de Draco... cette force si belle que l'on appelle l'amour a fini par gagner contre la haine.
- Harry et Draco... Draco c'est...
- Ils sont fiancés.
- Stop... je... attends que j'ai déjà digéré le fait que la guerre soit finie avant de me dire ça. »
Remus se met à rire doucement. Je suis tombé au paradis. Oui, peut-être que je suis mort et que je suis tombé dans un monde où tout est bien qui finit bien. Non... ce serait trop beau...
« Il y a eu beaucoup de morts ?
- Eum... Remus penche la tête, il n'y a que Ginny Weasley, et Fol'Oeil que tu connais...
- Oh...
- Inutile aussi de te dire que tu as été innocenté pour les crimes dont on t'accusait... et...
- SIRIUS ! »
J'entends soudainement Harry m'appeler et je me précipite à ses cotés. Apparemment, il va plutôt bien... enfin j'ai beaucoup de mal à le savoir vu qu'il me serre à nouveau dans ses bras. Celui que je suppose être Draco me regarde attentivement depuis un autre lit.
« Est-ce que Rogue et Narcissa vont bien ? Je lui demande tout en fixant ses prunelles grises.
- Ils vont bien me rassura-t-il. Enfin d'après les guérisseurs. »
Il a une voix calme et posée, exactement comme celle de Lucius. Sauf que Draco à la capacité de sourire contrairement à son père. Je me dis alors que sa mère lui a peut-être donné une partie de ses qualités. Narcissa n'a jamais été la meilleure cousine que j'ai eue, si on l'a compare à Tonks bien sûr. Mais il y a avait une certaine forme de sagesse et une absence de cruauté qui faisait d'elle une personne différente des autres Blacks. Mais c'était une Serpentarde malgré tout et j'ai toujours eu ce mélange de crainte et de respect quand on était ensemble, dans notre jeunesse. En réalité, j'avais toujours le sentiment qu'elle essayait de m'ignorer ou de m'évincer.
« Mais, où est parti Remus ? Il était avec moi, il y a cinq minutes ! »
Harry se dépelotonne de moi, pour afficher un sourire ironique.
« Oh, il doit traîner dans l'hôpital, du côté de la chambre de Narcissa Malfoy.
- Je t'interdis de dire cela, Harry !
- Pourquoi, Draco ? Je suis sûr qu'il n'y a rien de mal à être au chevet de Narcissa.
- Je t'interdis !
- Oh, je souris. Je vois. Lucius est toujours en prison ? Je demande sachant que le blondin devenait vert de rage.
- Il est soigné à St Mangouste, dans la même section que les parents de Neville... Il est devenu un peu fou à cause de l'enfermement.
- Je te signale, Potter que l'on dit "personne qui a juste quelques déficiences mentales". Mais il s'en sort bien. On constate des améliorations. Et l'hybride n'est sûrement pas avec ma mère !
- Oui... oui bien sûr... Lucius va mieux surtout depuis que Neville fait son stage dans cette section.
- Qu'insinues-tu par-là, Potter ?
- Mais rien du tout, chéri... Tu constateras que Lucius a parlé la dernière fois qu'on lui a rendu visite. Et il m'a même insulté, ce qui est un net progrès.
- Cela n'a rien à voir avec Londubat.
- ... Oui bien entendu...
- Bon, je crois que je vais vous laisser...
- Sirius... non... je...
- Je reviendrais... J'ai quelqu'un à aller voir... Et promis, je reviendrais. »
Et comme un ange, tu as volé
dans l'inconnu de la mort,
Afin de me ramener
Auprès de ceux que j'aimais.
J'embrasse doucement Harry sur le front. Et après un clin d'oeil au blond qui semble exploser de rougeur, je me dirige vers une autre chambre. Y entrant, je remarque qu'effectivement Remus est auprès de Narcissa toujours endormie. Les sourcils froncés mon louveteau semblent se concentrer sur son visage pour qu'elle se réveille.
« Je croyais qu'elle allait bien.
- Oui... potion de sommeil d'après le guérisseur... Bon je vais vous laisser seul à seul. »
Remus sort précipitamment et mes yeux peuvent affronter enfin avec véhémence les yeux onyx qui me scrutent comme si j'étais un déchet en putréfaction. Ah oui : « Il ne me détestait pas vraiment » comme disait si bien Lunard. Il doit y avoir erreur.
Ton visage voilé par le froid
Ne peut me dérouterDu chemin que tu m'as tracé...
« Black, tu t'es trompé de chambre. Celle de la cicatrice n'est pas ici. »
Je souris face à sa voix mal assurée et je m'avance nonchalant vers le lit. Je m'approche doucement de son visage. Et je me délecte de ses crispations et de son regard de tueur. Je lui chuchote un «merci » avant de l'embrasser sur la joue. Apparemment, je l'ai choqué. Et c'est exactement ce que je voulais après une absence de plus de trois ans. Je suis reparti sans un autre regard, mais avec un « Rétablis-toi bien. » et un simple « Au revoir. ».
Ce ne sera pas ma dernière approche avec Rogue. J'avais besoin d'abord de retrouver mes repaires… d'abord auprès de mon filleul et de son époux, ensuite auprès de mes amis et enfin de la société. J'avais manqué beaucoup de choses. Mais le fait que Hermione soit devenue sous-secrétaire de la protection des droits des elfes et autres créatures ne m'étonna point. Apparemment, Harry étudiait toujours le métier d'Auror en compagnie de Draco et Ron. L'école de Poudlard, qui avait été détruite pendant la guerre, était en partie reconstruite à mon arrivée. Et Dumbledore eut la gentillesse de me proposer le poste de professeur de défense contre les forces du mal.
Je n'ai eu ainsi aucun mal à accéder aux appartements de Severus. J'y ai déposé ce jour là une rose. Le jardin des Blacks qui fournissaient des roses noires immortelles, avaient fini par dépérir car il n'était plus entretenu. Et une rose même immortelle, si elle n'est pas nourrie et aimée finit par mourir. Mais à ma plus grande surprise, il restait une rose d'un blanc pur, dont les pétales illuminaient la terre morte du jardin. Subjugué, je l'ai nourrie de magie, avant de l'emmener à Poudlard.
...Car j'ai fait un pacte avec une rose,
De te poursuivre à jamais,
Même dans cette autre vie.
Soutirant au directeur le mot de passe des appartements de Severus, j'y pénètre légèrement angoissé. Nos relations ont toujours été tendues et je l'ai traité avec mépris lorsque nous étions tous les deux ensemble au sein de l'Ordre. Dumbledore ne m'avait jamais expliqué pourquoi il croyait en lui et j'ai toujours cru qu'il était un espion pour Voldemort, abusant de la crédulité du directeur de Poudlard. Apparemment je me suis trompé.
Traversant un vestibule, rempli d'étagères à potion, j'arrive dans une chambre, de couleur vert sombre, éclairée par un mince filé de lumière. À mon grand étonnement, je remarque que les roses noirs que je lui avais offertes pendant notre scolarité reposaient dans un vase rouge et or, sur une commode auprès de son lit. Avec une certaine vénération, je dépose au centre la rose blanche, dorénavant protégée par les roses noirs. Alors que je m'émerveille devant ce tableau, mes yeux se figent sur le cadre posé juste en dessous. Une photo de Severus et James. Une sueur froide me prend. J'ai la désagréable impression de trahir James et qu'il me regarde avec froideur depuis son cadre. Alors que je suis sur le point de m'enfuir, rempli de remords, j'entends la porte d'entrée pivoter.
Rapidement, je me transforme en chien et je me cache sous son lit. J'attends, le souffle court. Je vois alors le lit s'affaisser. Ma respiration se bloque et soudainement, je l'entends parler.
« Merci pour les fleurs. »
Je reste un moment silencieux avant de me transformer en homme Il a compris, il a toujours su. Je me glisse sous les draps. Et je l'observe dos à moi, avant de l'enlacer fermement sans tenir compte de la porter de mes gestes, respirant son odeur.
En te serrant près de moi
J'essaye d'oublier la peur
Que le fantôme de ton cœur
Revienne à la vie pour toi.
« Je te donnerais peut-être un shampooing à la rose la prochaine fois, je souffle.
Ce que tu peux être généreuse, Circée... »
Je souris doucement contre sa nuque, j'avais oublié cette époque où j'étais son petit chien. J'aurais dû rester avec lui et l'empêcher d'aller vers le mauvais coté.
« M'affubler d'un prénom féminin... je suis sûr que tu l'avais fait exprès.
- Peut-être…
- Tu ne le vois pas, mais je suis complètement nu, Severus. »
Il se retourne rapidement les yeux effrayés. Je me mets à pouffer. J'étais habillé bien sûr.
« T'es qu'un crétin Black.
- Mais moi aussi Severus, je t'aime »
Mais contrairement à cette Ombre,
Mon corps et mon cœur vibraient
Sans savoir pourquoi l'amour...
Fourrant mon nez dans ses cheveux, mes paupières me poussent à m'endormir le sourire aux lèvres, serrant dans mes bras celui que j'avais toujours détesté et désiré. Mais à bien y réfléchir, je préférais l'aimer que le haïr, même si je sais que son cœur ne me donnera que la place de second, après celle de James. Je n'ai pas de regrets et je ne veux pas en avoir. Je souhaite simplement rester à ses cotés pour le protéger. James d'ailleurs le sait très bien et n'hésite pas à me faire un clin d'œil du haut de son cadre. Apparemment, il apprécie lui aussi la présence de l'unique rose blanche de cette chambre, qui m'illumine par ses pétales un futur plus féerique.
...L'avait soudain comblé
Par ta présence à ses cotés.
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FIN
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Je sais, c'est dur. Moi-même j'ai eu beaucoup de mal à finir cette histoire. Et je trouve presque ce passage bâclé par rapport au précédant. Mais je voulais vous donner une fin heureuse, qui laisse envisager beaucoup de choses, proche de l'amour et loin de la haine.
Vous n'êtes pas obligé de croire au retours de Sirius, il est peut-être mort, et il rêve qu'il est auprès de Severus... Je crois que c'est Vendetta qui a deviné pour Sirius ! Bravo !
Je ne pense pas arriver aux 100 reviews, mais j'ai été contente de voir que cette histoire a été appréciée.
Je remercie donc tous ceux qui m'ont mis ou ont mis cette histoire dans leur favoris. Mais surtout je fais un gros poutoux à tous ceux qui m'ont soutenus à travers leurs reviews, en particulier Pipasole, Zelda-sama, Kokoroyume, Lotis et Lola, Vendetta et Belial qui ont presque toujours été présent pour m'encourager.
Pour la peine, je ferais d'autres Severus/James, dans un registre un peu moins dramatique.
A très bientôt j'espère...
