Chapitre deux

Je me calmais, regardais le mur et me concentrais. Je ne savais pas comment faire appel au Bad Wolf qui était en moi et je savais encore moins comment le contrôler pour ouvrir la faille. Je pouvais pousser plus loin dans les inconnus. Si j'arrivais à ouvrir la faille, où allais-je me retrouver ? Il y avait une infinité de mondes parallèles. Comment saurais-je quand je trouverais le bon ? Et dans l'optique où je trouverais le bon monde, comment trouver le Docteur ? Il pouvait être partout que ce soit dans le temps ou dans l'espace…

Je me sentais désabusée. Je voulais me lancer dans une entreprise impossible. Tant de paramètres devaient être pris en compte pour espérer le retrouver. Je ne savais pas si je pouvais garder espoir… Peut-être Pete avait-il raison depuis le début ? Je devais l'oublier et rester avec Mickey, le si gentil Mickey… Non ! Je ne pouvais pas penser cela. J'avais été liée au Tardis, je pourrais le retrouver !

C'était avec cet espoir que je me rendis tous les jours dans la salle de la faille. Mais il ne se passait toujours rien : plus de frissons, plus d'obscurité. Mon entourage ne savait pas comment réagir. Devait-il se réjouir que je retrouve une activité qui me donnait envie de me lever tous les matins ou alors devait-il s'inquiéter que cette activité ne finisse par me détruire si elle n'aboutissait pas ?

Aujourd'hui, le jour noir avait fini par arriver. Cela faisait un an que je traînais ma carcasse dans cet univers. La journée avait commencé normalement, rien ne supposait que cela allait m'arriver. Mes parents m'avaient royalement ignorée pendant que je déjeunais, puis Mickey m'avait emmenée à Torchwood. Sur tout le chemin j'avais eu l'impression d'entendre un sifflement strident.

« Mickey, arrête ta voiture, elle doit avoir un problème. Quelque chose siffle. »

« Tu es sûre ? Je n'entends rien. Tu vas bien ? Si tu veux, je te ramène chez toi. On peut comprendre qu'aujourd'hui, tu décides de ne pas aller travailler. »

« Non, je dois y aller, c'est aujourd'hui ou jamais. Je ne peux pas continuer sans lui. Il était toute ma vie, Mickey. Je suis sûre que tu peux comprendre ça. »

« Bien sûr que je le peux. Une personne représentait la même chose pour moi avant qu'elle ne parte on ne sait où… »

« Je suis désolée vraiment désolée de t'… »

« Ce qui est fait est fait. Comment voulais-tu que je rivalise face à un extraterrestre ? »

« Merci Mickey, merci d'être toi. »

Mickey était un ange. Je ne sais pas pourquoi il était comme cela avec moi. Enfin, je me doutais que son comportement découlait de ce que nous avions pu vivre ensemble. Mais pourquoi était-il toujours aussi gentil avec moi alors que je l'avait plus ou moins quitté pour un autre ?

Pendant que je pensais à lui, mes pas m'emmenèrent à la salle sans que je m'en rende compte. Je me sentais dans un état second. J'étais là, mais je n'arrivais pas à me concentrer, comme si mon esprit voulait sortir de mon corps ou plutôt comme si mon esprit était poussé hors de mon corps par quelque chose de plus puissant. Le Bad Wolf commençait à prendre le dessus. Je voyais mon corps s'activer, mais je n'étais qu'une simple spectatrice. Mon corps ne m'appartenait plus.

Je vis mes mains s'approcher du mur blanc. Je m'attendais à ce qu'elles s'arrêtent sur la surface rugueuse, mais, à mon grand étonnement, elles passèrent au travers. Qu'était en train de faire le Bad Wolf ? Et soudainement tout devint noir, la lumière avait disparu. J'allai vers l'inconnu.

Le sifflement avait disparu, mais ce n'était pas pour cela que la lumière était revenue. Je ne savais pas où j'étais, ce que je devenais. Etais-je toujours en vie ? Dans cette étrange affaire, il y avait au moins un point positif : l'étrange présence avait disparu. J'étais de nouveau maîtresse de moi-même. Mais bon, être maîtresse de moi-même dans cet endroit inconnu ne m'était pas d'un grand réconfort, j'aurais presque préféré que le Bad Wolf soit toujours là pour me guider. Presque.

J'avais une étrange impression. C'était comme si j'avançais dans du coton, du coton noir dans le cas présent. Cependant il fallait que je continue d'avancer, je ne pouvais pas rester sur place jusqu'à la fin de temps. Pas après pas, j'avais l'impression que l'obscurité diminuait. Puis cette impression se mua en certitude quand le noir ambiant commença à se changer en gris, puis progressivement, je vis apparaître un champ. Où étais-je ? Que devais-je faire ? Je ne le savais pas.