Chapitre 3

J'avançais. Un pas après l'autre. Je ne savais pas si j'étais sur Terre, ou même à quelle époque je me situais. Soudainement j'entendis un bruit qui venait de derrière une colline. Je m'avançai doucement, pour tomber nez à nez avec un épouvantail. J'avais cru qu'il avait bougé, mais ce devait être le vent. Un épouvantail ne peut pas être vivant, n'est-ce pas ?

Mais cet épouvantail m'avais néanmoins donné un indice. Je n'allais pas voir débarquer des hommes des cavernes. Comment je pourrais communiquer avec les autochtones ?

Je vis alors un chemin et l'empruntai. Il me semblait voir un bâtiment au loin. Avec des humains ! Donc j'étais sur la Terre ou sur une planète avec des humanoïdes. Des humanoïdes avec des vêtements style début du XX° siècle. Si j'avais de la chance, je n'étais pas sur la Terre pendant la Première Guerre mondiale. Je ne pensais pas que le Bad Wolf avait ce genre d'humour.

« bonjour ! »

Anglais ! Les autochtones parlaient anglais ! Je n'étais pas perdue. Maintenant, il fallait que j'essaies de savoir où j'étais et quand.

« bonjour Madame… »

« Joan Redfern et vous êtes ? »

« Rose Tyler. J'ai une question un peu étrange à vous poser. En quelle année sommes-nous ? »

« C'est une blague, n'est-ce pas ? »

« J'aimerais pouvoir vous dire oui. Mais je ne sais vraiment pas en quelle année nous sommes. »

« Vous vous appelez Rose ? Rose, où ai-je entendu ce nom ? Non ! Ce n'est pas possible ! »

« Pardon ? »

« Son dessin dans son journal des Choses Impossibles. Non, je ne peux pas y croire ! »

« Pardon ? »

« Vous vous répétez mademoiselle. »

« C'est que j'aimerais bien comprendre de quoi vous parlez. »

« Très bien, suivez-moi, je vais vous raconter. »

Je me demandais qui était cette femme et ce dont elle pouvait parler. Un journal des Choses Impossibles, qu'est-ce que cela pouvait-il être ? Néanmoins, je la suivis. Elle ne paraissait pas menaçante et de toute façon, il fallait bien que j'aille quelque part. Je n'allais pas rester plantée au milieu d'un champ à tenir compagnie à un épouvantail. Elle n'arrêtait pas de se retourner et de me jeter des coups d'œil. Je n'étais jamais venue à cet endroit avec le Docteur auparavant, elle ne pouvait donc pas me connaître. Nous n'étions pas dans le domaine de Torchwood. Je ne reconnaissais pas le bâtiment.

Nous approchions de l'édifice qui s'avérait être un collège. Joan Redfern m'emmena directement au cuisine, à l'arrière du bâtiment.

« Voulez-vous du thé ? »

« Non, merci »

« Donc vous vous appelez Rose Tyler. C'est une étrange coïncidence et je ne crois pas à cela, d'autant plus que vous ne savez pas en quelle année nous sommes. Sur ce point, je peux vous éclairer, nous sommes le 12 juillet 1919. »

« 1919… »

« En effet, nous venons de sortir d'une guerre atroce, horrible, … Mais quelques années avant, j'ai connu une autre guerre. Une guerre peut-être encore plus étrange. Asseyez-vous mon discours risque d'être long. »

Elle me raconta qu'elle avait été nurse à l'école Farringham où elle avait rencontré un professeur, John Smith. John Smith !? Je me reconcentrais sur son récit pour ne pas en perdre une miette. Ce dernier avait une femme de chambre appelée Martha Jones. Ils semblaient proches. Elle travaillait pour la famille de John Smith depuis plusieurs années. Puis les choses allant, John Smith et Joan commencèrent à se voir autrement que comme de simples collègues. J'avais beau avoir eu des doutes, elle ne pouvait pas parler de mon Docteur. Il n'était pas du style à tomber amoureux d'humains, j'en avais fait l'amère expérience. Enfin, peut-être tombait-il amoureux, mais il ne pouvait avouer ses sentiments, fichu règlement des Seigneurs du temps ! Il fallait que je reste fixée sur son histoire. Joan me dit qu'il lui prêta alors un livre qu'il avait écrit, enfin plutôt un journal appelé « Journal des Choses Impossibles ». Il parlait de choses impossibles qu'il voyait dans ses rêves : une sorte de boîte bleu (une boîte bleue ?!), des hommes de métal ( ?!) et une certaine jeune femme qui se nommait Rose. Je ne le croyais pas, elle avait bien rencontré le Docteur. Mais pourquoi pouvait-il l'aimer ? Comment ? De plus, je ne savais pas combien de temps avait passé pour lui. Peut-être avait-il eu le temps de m'oublier ? Joan dut remarquer mon état de choque et arrêta de parler. Elle me regarda fixement, comme si elle sondait mon âme. Elle soupira.

« Donc vous êtes bien sa Rose Tyler ? »

« Comment avez-vous connu le Docteur ? »

Nous nous arrêtâmes et sourîmes. Nous avions parlé en même temps.

« Oui, j'ai connu le Docteur. Ne vous inquiétez pas, je n'aime pas cet homme. J'ai pu aimer John Smith, mais pas un homme qui amène mort et chaos. »

« Je ne vous comprend pas. Vous ne parlez pas de la même personne ? »

« Non, il avait mis son âme de Seigneur du temps, si je me souviens bien, dans une montre et était devenu un homme normal, mon John Smith. Mais ils sont arrivés et ils ont tous détruits en tuant les enfants et John a dû disparaître pour laisser la place à ce Docteur. Il m'a proposé de venir avec lui, mais je n'ai pas pu accepter. Je, nous, … Je n'aurais pas pu me regarder dans une glace si j'étais partie avec un homme comme cela. Bien sûr, des fois, je regrette. Je me dis qu'il doit y avoir un peu de John Smith quelque part, caché au fond de lui, mais ma vie était ici. »

J'étais sur sa piste. Enfin, j'étais plutôt bloquée en Angleterre, à un endroit où il était passé. Je ne sais pas pourquoi le Bad Wolf m'avait emmené ici. Il voulait peut-être que j'apprenne quelque chose, mais quoi ? Quel le Docteur Humain pouvait s'offrir une vie que le Docteur ne pouvait avoir ? Qu'il courrai toujours après les aliens ? Le sifflement recommença à bourdonner dans mes oreilles, il fallait que je sache avant de repartir.

« Pourquoi… »