Nouvelle semaine, nouveau chapitre ! Vous allez peut-être trouvez cela étrange, mais bon, j'aime me détacher des codes de la série...
Chapitre 7
Froid. Dur. Humide. C'étaient les premières sensations que je perçus en reprenant conscience. J'ouvris les yeux. J'étais allongée dans une cave. Rectification, j'étais allongée dans une cave froide, dure et humide… Une personne était debout de l'autre côté des barreaux, il me regardait avec une certaine distance, comme si j'étais un hamster dans une cage. Lorsque je croisai son regard, j'eus une désagréable impression. Cet homme semblait être le diable personnifié. Je n'aurais peut-être pas dû passer à travers la faille. Jack avait raison. Le Docteur aurait fini par revenir à Cardiff pour pouvoir profiter de l'énergie de la faille...
« Rose, Rose, Rose, on a enfin fini de se balader dans le temps ? C'est que vous êtes difficile à attraper. »
« Comment me connaissez-vous ? Qui êtes-vous ? Et où suis-je ? »
« Tant de questions et vous aurez si peu de réponses, quel dommage… Pour commencer, tout être qui s'intéresse un tant soit peu au Docteur se doit de vous connaître. Il paraît intouchable, tel un Dieu sur son nuage, mais il a ses points faibles. Avoir passé dernièrement un an avec lui a ses avantages. Après, la deuxième question. Qui suis-je ? Un ami ou un ennemi, c'est à vous de voir, mais étrangement ces derniers temps, je n'ai pas eu un grand succès. Et pour finir où sommes-nous ? Nulle part et partout en même temps. Nous sommes en constant déplacement dans le temps et l'espace. C'est une chose assez pratique que j'ai inventée. Mais il manque une question, je me sens l'âme généreuse, je vais vous répondre même si vous ne me l'avez pas posée. Pourquoi êtes-vous ici ? J'avais juste besoin d'un leurre au bout de ma canne. Je reviendrai bientôt, en attendant, profitez-en pour vous reposer.»
Et il partit. Je n'étais pas vraiment avancée. Je ressentais quelque chose d'étrange en sa présence, comme si mes sens et mon cerveau pensaient différemment. D'un côté, j'étais effrayée, j'avais déjà ressenti cela, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Et d'un autre côté, je me sentais presque attirée par cet homme. Cela ne m'était jamais arrivé, enfin pas de cette façon, et m'effrayait quelque peu. Qu'étais-je en train de devenir ?
Je décidai de me lever pour faire le tour de ma cellule qui n'avait en réalité rien d'une cave. En effet, mon geôlier avait été généreux, j'avais accès à une minuscule fenêtre à barreaux. J'essayais de regarder à travers, mais mon regard ne pouvait se fixer sur un point. Nous étions bien dans un mouvement perpétuel. Cette vision me donnant mal à la tête, je décidai d'explorer le reste. Le reste, grand mot pour décrire les cinq mètres carrés restants. Il y avait un lit en fer dans un coin et une petite table avec un broc d'eau. Tout cela était aussi classieux que dans un hôtel très bon marché.
Pendant que j'étais plongée dans mes réflexions l'homme revint et m'intima de le suivre, ce que je fis sans résistance. Je ne comprenais pas l'état dans lequel j'étais en sa présence, comme si mes pensées et mes actions ne m'appartenaient plus. Ce n'étais pas comme avec le Bad Wolf où je me sentais envahie par une puissance étrangère, c'était quelque chose de plus fin, de plus sournois.
Les jours passèrent. Ils étaient tous identiques. Mon gardien venait me chercher et passait plusieurs heures à me regarder, me sonder. Etrangement, je m'habituais de plus en plus à son contact. Ma sensation de gêne que j'avais pu ressentir au début avait totalement disparu, j'en venais même à me demander comment j'avais pu ressentir cela. Il était devenu toute ma vie. Je n'imaginais pas un avenir ailleurs qu'ici, loin de lui. Un jour, notre routine changea et il décida de m'adresser la parole.
« Et si vous me parliez du Docteur… »
« Le docteur ? Quel docteur ? J'en ai eu plusieurs à ... Où j'habitais déjà ? Je ne sais plus, qu'importe. »
« Je pense que vous serez bientôt prête. »
« Prête pour quoi ? »
« Vous verrez, je pense que vous apprécierez. A partir de maintenant, vous serez libre de vos mouvements. Allez où vous voulez. »
C'était la première fois qu'il me parlait depuis notre première rencontre. Mes souvenirs d'avant ce jour étaient complètement brouillés, mais cela ne m'inquiétais pas. Avec lui, je me sentais en sécurité, ce que j'avais fait avant ne m'importait plus.
Il partait. Je ne voulais pas qu'il me laisse seule. J'avais envie de l'appeler, mais je savais qu'il n'apprécierait pas. Il était le maître à bord : quand il décidait quelque chose, il fallait suivre.
En jetant un coup d'œil par la fenêtre, je remarquai que nous nous étions arrêtés. Je pus apprécier le paysage. Nous étions aux abords d'une grande ville, mais pas une ville de mon époque. Je ne voyais pas de grands immeubles ou même de voitures. Rectification, il y avait bien des voitures, cependant elles étaient tirées par des chevaux.
« Bienvenue Rose dans votre nouveau chez vous ! Planète Terre, Europe, France, Paris, pour plus d'exactitude. Et si je regarde bien la Tour Eiffel, je dirais que nous sommes en 1887. Fin juin, début juillet. »
« J'ai toujours rêvé d'aller à Paris. Tant de culture, de romantisme. J'aurais aimé y aller avec, avec… Comment s'appelle-t-il déjà ? Je deviens tête en l'air, j'oublie tout. »
« Ce n'est pas grave, tant que vous restez avec moi. Vous le voulez n'est-ce pas ? »
« Oui, pour toujours. »
