Bonjour !
Merci de continuer à lire cette histoire,
Lilajolie : J'espère que le chapitre qui va suivre te plaira tout autant, merci pour ta review !
N'hesitez pas à me faire une petite review, c'est très très agréable pour moi de vous lire, et ça m'encourage à continuer !
Bonne lecture !
Chapitre 12 - Jeu
…
Et MERDE !
Se fustigea Eren pour la onzième fois en dix minutes, non sans combattre l'irrépressible envie d'envoyer s'écraser contre le mur le chandelier en étain qu'il astiquait à l'aide d'une chamoisine. Il venait à peine de parvenir à envoyer bouler durablement la petite voix de La Pénible, après un combat acharné de plus de quatre heures. C'était de pire en pire.
C'est vraiment d'être resté à genoux une petite heure qui me fout en vrac à ce point là ?! Se dit le Titan Assaillant en serrant les dents devant ce constat tout bonnement incontrable. Il ne comprenait plus rien. Le caporal ne lui avait pourtant rien fait : ni punition ni quoi que ce soit d'ordre sexuel, pourtant, son esprit s'était de nouveau retrouvé comme désactivé, flottant… Planant. Conclut-il enfin, ré-invoquant la formulation si précise et si juste de son supérieur.
Comment savait-il ça lui ? Se demanda soudainement Eren. Malgré la foire à l'absurde que semblait être devenu leur monde, il n'en était pas au point de croire à la transmission de pensée, et imaginer que Rivaille Ackerman puisse faire preuve d'une empathie à ce point développée lui paraissait d'autant plus invraisemblable. Non, si le Caporal avait si justement employé ce terme quelques heures auparavant, c'est que quelqu'un avait du le lui dire. Quelqu'un qui aurait déjà vécu ce… genre de choses.
Eren avait bien du mal à imaginer que ce type de relation puisse exister ailleurs, et que ce genre d'attrait puisse être si répandu que son supérieur ait eu l'opportunité d'en discuter avec quelqu'un d'autre autour d'une pinte de bière. Non, c'était bien trop particulier. Et en même temps, ce contrat qu'ils avaient tout deux signé provenait bien de quelque part non ? Le titan se trouva immédiatement extrêmement stupide de ne pas s'être posé cette question avant : d'où venait ce fameux contrat ?
Si le Caporal l'avait tout bonnement inventé pour lui, aucune des pages annotées ne se seraient trouvées si usées et jaunies par le temps. De plus, le ton si cérémonieux de son supérieur doublé des quelques formulations incroyablement précises qui lui revenaient en mémoire semblaient sonner comme une sorte de rituel codifié. Mais codifié par qui ? Se demanda le jeune homme en s'asseyant sur le petit lit aux draps impeccablement tirés par ses soins.
Il se rendit soudainement compte qu'il était évident que son supérieur avait déjà vécu ce genre de relation, et que cette dernière avait dû être assez longue et… aboutie jusqu'aux dernières clauses du contrat, voire au delà même de ce qu'il pouvait imaginer. Il était bien trop précis et pédagogue pour ne pas déjà avoir été le dominant de quelqu'un d'autre. Cette évidence le frappa de plein fouet, et il sentit une onde un peu trop désagréable lui parcourir le ventre. Il ne put déceler précisément ce qui lui inspirait cela, mais se rendit compte que ça ne lui plaisait pas d'imaginer le Caporal entretenir ce genre de relation avec quelqu'un d'autre. Du tout.
Eren secoua vivement la tête et se redressa sur ses jambes avant de jeter un coup d'oeil circulaire à la pièce. Il eût un petit sourire satisfait. Pour quatre heures de travail, la propreté impeccable de la petite chambre et le rangement méticuleux qui en organisait chaque parcelle étaient vraiment impressionnants. Il réajusta un dernier livre posé sur le maigre rebord de la petite cheminée d'apparat, et voilà. Il était libre, et quatorze heures sonnaient à peine.
Le titan se gratta le crâne quelques secondes, en se demandant ce qu'il pourrait bien pouvoir faire pendant les cinq heures qui lui restaient avant de rejoindre son caporal dans le grand salon. Un frisson aussi horripilant que délicieux lui parcouru la colonne en se rappelant que pour une fois, et si il avait bien compris, ce ne serait pas une punition qui l'attendrait le soir même, mais tout autre chose. Il essaya de se remettre bien vite du bond atrocement haut qui avait secoué son estomac et sortit de la petite chambre avant d'en fermer précautionneusement la porte.
Il fit quelques pas dans le couloir désert, errant quelque peu avant de brusquement tourner la tête vers la grande fenêtre qui occupait tout le mur du fond du couloir qu'il arpentait. L'extérieur. À quelques pas de là où il se trouvait, séparée par une mince paroi de verre et quelques mètres de hauteur, la liberté. Eren fléchit inconsciemment ses genoux, prêt à bondir, mais un craquement à peine audible le fit sursauter. Il resta figé quelques secondes, jetant de rapides coups d'oeil dans toutes les directions contenues dans son champ de vision, à l'affut du moindre mouvement, puis se retourna vivement, prêt à se jeter sur le moindre intrus qui se tiendrait derrière lui. Rien.
Le titan se redressa, et prit quelques instants pour calmer les vagues d'adrénaline qui lui parcouraient les membres, toujours dos à la fenêtre. Au bout de quelques secondes, il ressentit de nouveau l'envie dévorante de tourner la tête vers la grande source de lumière qui lui irradiait le dos, mais se ravisa. Ce n'était pas encore le moment. Il sentait que ses jambes étaient encore trop faibles pour piquer un magistral sprint jusqu'à l'océan avec le bataillon aux trousses, et son instinct lui dictait que Rivaille ne lui aurait pas laissé son après-midi de libre par pure charité. Il devait s'attendre à ce que le titan y voit une opportunité de s'échapper, peut être même que c'était un test. Eren sentit son sang se mettre à bouillir mais esquiva habillement la crise de nerf que lui inspirait le petit jeu de son supérieur. Le titan prit une grande inspiration. Bien. Il attendrait.
Sans un regard en arrière, Eren marcha nonchalamment vers sa chambre, y entra et ferma la porte derrière lui avant de s'y adosser. Un peu plus et tout se serait fini dans un bain de sang. Il souffla profondément l'air vicié contenu dans ses poumons, comme pour se vider de cette opportunité perdue. En y réfléchissant bien, il était évident que le caporal devait être aux aguets à chaque seconde de la journée, même (et surtout) lorsqu'ils ne se trouvaient pas dans la même pièce. Eren soupira une nouvelle fois. Il devait forcément jouer le jeu suffisamment longtemps pour que son supérieur baisse sa garde, quitte à ce qu'il le réduise au silence avant de partir.
Le titan se redressa, prit une grande inspiration pour se remettre les idées en place et avança vers la grande fenêtre de sa chambre afin d'admirer la vue du parc. Quoi qu'il doive se passer dans les jours qui allaient venir, il fallait qu'il garde le contrôle, à tout prix.
…
Dix-neuf heures moins le quart sonnèrent un peu trop vite au goût d'Eren, qui quitta son fauteuil moelleux et s'étira quelques secondes après avoir mis fin à sa lecture. Il se sentait plutôt calme grâce à ce petit temps de repos, même si de temps à autres au fil de l'après midi, de petites flèches d'angoisse s'étaient logées momentanément au creux de son ventre dès lors qu'il se mettait à penser à l'entrevue avec son Caporal le soir même. Le titan renifla en se giflant mentalement, et décida d'aller prendre une douche rapide avant d'y aller.
Lorsqu'il poussa finalement la grande porte de la pièce de plaisance, il ne lui restait pas moins de deux minutes pour se mettre en position. Eren soupira et s'avança dans le salon en se répétant de rester calme, que rien de ce que pourrait lui faire le caporal ne le fera changer d'avis de toute façon, et qu'il ne lui restait qu'à prendre son mal en patience, sans trop se concentrer sur ce qui allait se passer. Facile.
Le titan choisit son tapis préféré, celui avec de longues branches de frêne entortillées et ponctuées ça et là de petits boutons de fleurs blanches ressemblant à des perce-neiges sur un fond gris-vert terni par le temps, et se mit à genoux en plein milieu. Il eut un petit sourire en se rendant compte que c'était presque confortable en comparaison du parquet dur et froid des appartements du caporal, et essaya tant bien que mal de reprendre la même position qu'il était parvenu à tenir durant la matinée. Il écarta les jambes en essayant de ne pas trop y penser plus avant, s'assit à moitié sur ses talons et creusa son dos avant de redresser la tête. Il étira une dernière fois ses bras avant de les croiser dans son dos, pile au moment où la porte s'ouvrit.
Sans savoir pourquoi, Eren ferma les yeux immédiatement, en essayant de garder la tête la plus droite possible et de tenir la position sans tanguer. Il n'osa pas les rouvrir alors que des pas de plus en plus proches se firent entendre, jusqu'à ce qu'un silence assourdissant ne prenne place. Il était à côté de lui, Eren en était certain, tout comme il était certain qu'il le regardait sous toutes les coutures, il pouvait presque sentir le regard lourd et froid de son supérieur couler sur lui. Le silence dura encore, jusqu'à ce qu'un claquement de langue fasse sursauter le titan, suivi d'une voix grave :
« Pourquoi as-tu les yeux fermés ? »
Eren serra les dents. Il passa le plus vite qu'il put en revue toutes les réponses possibles, mais se résigna :
« Je ne sais pas Caporal. » Répondit-il simplement, attendant avec une certaine appréhension ce que son supérieur allait répondre.
Mais le silence s'éternisa, si bien qu'Eren se demanda au bout d'une bonne minute si l'autre ne s'était pas éclipsé sans qu'il s'en aperçoive, et il eut une fulgurante envie de rire à s'imaginer seul, dans cette immense pièce et dans cette position, à attendre la réponse d'un type absent. Il était à deux doigts d'ouvrir les yeux pour s'assurer du départ de son supérieur lorsqu'un intense frisson lui vrilla chaque organe de son corps l'un après l'autre. Une main froide venait de saisir le bas de son visage pour lui relever la tête, déclenchant une brusque inspiration de surprise chez le titan, qui garda les paupières résolument fermées.
« Ne relâche pas la position tant que je ne te l'ai pas dit. Et si cela te met plus à l'aise, tu peux garder les yeux fermés. » Prononça la voix froide de son supérieur.
Plus à l'aise ? Se dit Eren en serrant les dents. Il n'avait pas besoin d'être « plus à l'aise ». Tout allait parfaitement bien.
« Enlève ta chemise. » Ordonna le Caporal d'une voix qui parut plus lointaine au titan, dont les joues commencèrent immédiatement à chauffer. Bon d'accord, peut être que ne pas voir son supérieur à cet instant lui épargnait un peu de gêne.
Le titan s'exécuta, non sans un soupir de résignation, et souleva le bas de sa chemise pour la passer au dessus de sa tête et la laissa tomber par terre à côté de lui. Un frisson lui parcouru le haut du corps et le fit légèrement se vouter.
« Tiens la position. » Commanda la voix profonde de Rivaille et Eren se redressa instantanément, en cambrant son dos le plus possible.
Mais bordel comment il fait ça ? Se demanda le titan en essayant de repousser l'onde d'agacement qui menaçait de se transformer en colère s'il ne la contrôlait pas vite. Il n'avait même pas eu le temps de penser que son corps avait agit par lui-même, presque contre sa volonté, obéissant aux mots de son supérieur instinctivement. C'était presque terrifiant, et il fallait qu'il apprenne à résister à cet effet, mais Eren n'eut pas le temps d'y penser plus longtemps puisque son supérieur reprit la parole :
« Tu es superbe comme ça. Je pourrais m'assoir dans un coin de la pièce et te regarder toute la nuit. »
Eren déglutit difficilement. Il allait vraiment le laisser comme ça toute la nuit ? Avant que le titan n'ait fini de passer en revue toutes les options qu'il avait pour se sortir de ce pétrin, deux petit mots le firent se détendre d'un coup :
« Safe Words ? » Prononça le caporal de son ton si sérieux.
Le titan se retint de souffler de soulagement sous la sensation du poids qui venait de s'enlever de ses épaules.
« Sina, Rose et Maria. » Répondit-il promptement.
« Bien. » Reprit la voix de son supérieur. « Garde les bien en tête, et utilise-les sans hésitation à la seconde où tu en ressens le besoin. » Continua t-il d'un ton sans appel.
Le titan hocha la tête, et inspira profondément en attendant la suite, mi-soulagé, mi-stressé par l'idée de pouvoir utiliser ses Safe Words durant la soirée. Les battements de son coeur se firent soudainement erratiques lorsqu'il entendit les pas légers de son supérieur se rapprocher à nouveau, et s'arrêter à quelques centimètres de lui. Quelque chose de froid et très doux entra en contact avec sa joue gauche, le faisant sursauter. Ça ressemblait à de la soie qui, posée sur sa joue, commençait a descendre lentement le long de son cou, s'arrêtant quelques secondes sous sa pomme d'Adam et traçant de lents aller-retours sur ses clavicules, semant derrière elle de douces vagues de frissons qui firent tourner la tête du titan quelques secondes. Eren se mit à respirer plus fort lorsque ce qu'il avait maintenant identifié comme une boucle de soie se mit à descendre encore plus, glissant sur son plexus, empruntant le chemin d'une de ses côtes afin de remonter dans son dos, alors que l'homme qui se tenait auparavant devant lui fit le tour de son corps agenouillé afin de se placer derrière lui.
Il est en train de me caresser avec un ruban ? Réalisa difficilement le titan, incapable d'imaginer cette scène se produire. Il avait bien envie d'ouvrir les yeux afin de s'assurer de ce constat complètement absurde, mais se ravisa sous l'effet d'une autre vague de frissons, suscitée par le trajet du morceau de soie, qui venait de se poser dans le creux de ses reins, avant de remonter lentement le long de sa colonne vertébrale, jusqu'à la naissance de ses cheveux. Quelque chose secoua les muscles de ses cuisses, et des frissons remontèrent jusqu'à ses mâchoires, déclenchant une sorte de grognement que le titan ne put retenir, alors que le ruban se mettait à descendre la ligne de son biceps droit. Eren ne pouvait pas la voir, mais il savait que son corps était recouvert de chair de poule. La caresse s'arrêta, et le titan se surprit à avoir très envie qu'elle continue.
Deux mains chaudes se mirent à encercler les poignets d'Eren, et les sourcils de ce dernier se froncèrent lorsqu'il sentit que le ruban se mettait à s'enrouler autour de ses avants bras. En quelques secondes et quelques frictions du tissu sur ses poignets, le titan sentit que ses mains se trouvaient liées l'une à l'autre, comme tenues par un noeud de corde. Il agita ses mains en réflexe, pour éprouver la solidité de l'attache, et se rendit compte que bien qu'aucune douleur due au serrage du lien ne se manifestait, il ne pouvait absolument pas s'en libérer. Un léger pic d'angoisse se fit sentir, juste au moment ou une voix lasse se fit entendre :
« Essaie de te détendre, je veux juste que tu te tiennes tranquille. Ce n'est pas une punition. »
Eren essaya d'obéir aux ordres de son supérieur, même s'il se sentait particulièrement vulnérable dans la position dans laquelle il se trouvait, avec l'homme qui venait de l'attacher juste derrière lui. Il souffla silencieusement, en entendant Rivaille revenir devant lui. Il eut l'impression que son visage était en train de prendre feu et se demanda si cette sensation était due à la position dans laquelle il se trouvait, ou simplement au regard de son supérieur qu'il sentait sur lui.
« Ouvre la bouche. » Prononça la voix suave de Rivaille, déclenchant une sorte de haut-le-coeur chez Eren.
Ce dernier prit quelques secondes avant d'obéir, en s'auto-exaspérant de sentir sa lèvre du bas trembler sous l'appréhension. À peine commençait-il a se sentir vraiment stupide dans la position pour le moins humiliante dans laquelle il se trouvait qu'il l'oublia immédiatement sous le contact chaud des doigts du Caporal sur sa joue. Le contact se changea en caresse légère, qui parcouru la ligne de sa mâchoire, l'arrondi de son menton, et s'arrêta sur sa lèvre inférieure. Le titan ne put retenir le soupir tremblant qui sortit de sa gorge, en sentant deux doigts redessiner sa lèvre en appuyant légèrement dessus, augmentant l'ouverture de sa bouche.
« Je me demande à quel point cette zone est érogène. » Articula le caporal d'une voix légèrement plus rauque, en continuant ses lents aller-retours d'une commissure à l'autre des lèvres du titan.
Eren se dit qu'il était étrange de sous-entendre qu'une bouche pouvait être érogène, avant qu'une gerbe de chaleur n'éclate dans son torse lorsque les deux doigts, qu'il venait d'identifier comme le majeur et l'annulaire de son caporal, entrèrent dans sa bouche et se mirent à lui caresser la langue. Sans pouvoir s'en empêcher, il se mit à la bouger, lapant légèrement les doigts de Rivaille. Il l'entendit lâcher une brève expiration, comme un mélange de surprise et d'autre chose qui contracta immédiatement le bas-ventre du titan.
Les doigts suivirent le côté gauche de sa langue sur toute la longueur, avant de caresser sa gencive, et d'atteindre l'intérieur de sa joue. Eren sentait à présent les jointures anguleuses des premières phalanges du caporal contre sa lèvre supérieure, et une fébrilité dévorante le prit lorsqu'il réalisa que son supérieur avait ses deux doigts entièrement plongés dans sa bouche. Sa langue se mut une nouvelle fois, éprouvant la douceur de l'intérieur du majeur de Rivaille, et remontant jusqu'à la rugosité du bout de son doigt. Le titan sentit les deux intrus se contracter dans sa bouche, et en profita pour incliner la tête vers le haut, afin de passer sa langue entre les deux doigts fins. Le caporal laissa de nouveau échapper un soupir à peine audible qui fit l'effet d'un jet d'alcool sur le feu qui commençait à embraser les reins du titan.
Eren ne se rendit compte d'à quel point il était excité que lorsque le caporal ôta sa main de l'intérieur de sa bouche, et ne put s'empêcher d'accompagner le mouvement avec sa tête, comme pour garder ces doigts en lui. Ses oreilles bourdonnaient si fort qu'il n'entendit presque pas le ricanement rauque de son supérieur, et dû se concentrer pour comprendre la phrase qui lui fut prononcée :
« Je sens que je vais avoir du mal à m'empêcher de prendre cette bouche dès que j'en aurais l'occasion… »
Le titan sentit une nouvelle gerbe brulante affluer dans son ventre en détruisant tout sur son passage à l'entente de ces mots articulés par cette voix si suave. Il réalisa avec surprise qu'il bandait comme il n'avait jamais bandé dans sa vie, et se demanda comment c'était possible pour si peu. Une nouvelle affirmation de la voix rauque au dessus de lui manqua de le faire s'évanouir :
« Je vais te faire jouir Eren. Mais avant je veux que tu me fasses une promesse. »
Eren sentit immédiatement son sexe se durcir de plus belle sous son pantalon d'uniforme. Sa tête lui tournait atrocement fort. Une promesse ? Excité comme il l'était, il était même capable de lui en faire trente. Il hocha la tête, sans même pouvoir imaginer à quoi s'attendre.
« Je veux que tu restes avec moi pendant toute la durée du contrat. Je ne veux plus t'espionner dans le couloir en me préparant à te tailler en pièces si tu décides de passer par cette foutue fenêtre. Je te laisserai partir où tu veux sans chercher à te retenir, mais seulement au bout de ces trois mois. » Demanda Rivaille sombrement.
Le titan fut tellement pris de court par cette requête qu'il ouvrit instantanément les yeux, et battit plusieurs fois des paupières pour se débarrasser du rideau de flou qui l'empêchait de voir nettement l'homme devant lui.
Rivaille avait posé son genou gauche par terre, et soutenait son coude sur celui de droite. Il s'était quelque peu vouté, afin que son visage soit parfaitement au même niveau de celui d'Eren. Ses yeux étaient plus sombres qu'à l'accoutumée et ses sourcils étaient froncés. Sans pouvoir s'en empêcher, le titan fit couler son regard sur tout le visage de son supérieur, s'arrêtant sur l'arrête délicate de son nez, l'ombre fine encadrant ses mâchoires anguleuses, la moue qui ourlait ses lèvres. Pendant un instant, il eut envie de se débarrasser du ruban qui lui entravait les bras, afin de passer sa main sur ce visage si sérieux qui le transperçait de ses yeux froids. Un léger rictus déforma les lèvres fines devant lui, avant de s'ouvrir pour asséner :
« Tes pupilles n'arrêtent pas de se dilater. Je ne pensais pas te faire autant d'effet. »
Eren se mit à rougir encore plus et eut du mal à déglutir. Sa bouche était si sèche et sa gorge si serrée par le désir qu'il ne savait pas si il pouvait parler sans que sa voix ne se transforme en jappement éraillé. À la réflexion, il ne savait en fait pas vraiment quoi dire de toute façon. Une part de lui avait envie d'envoyer ce petit homme se faire foutre avec son contrat et ses punitions, mais il était à deux doigts de se laisser emporter par une autre qui était capable de tout promettre au Caporal en échange d'une nouvelle caresse. Il détourna son regard de l'homme posté devant lui, et se mit à réfléchir quelques instants.
« La délibération à l'air difficile. » Prononça le haut-gradé légèrement moqueur avant de reprendre plus sérieusement : « Je pense que ton plan se déroulerait mieux si tu n'avais pas tout le bataillon sur ton dos dans la seconde suivant ton départ. Tout ce que je te demande en retour c'est de me donner ces trois petits mois. »
Eren cligna des yeux. Le Caporal était vraiment prêt à le laisser partir ? C'était une opportunité inespérée à ce stade. Cependant, dans l'état actuel des choses, trois mois lui semblaient être une éternité…
« De plus ces trois mois seront loin d'être ennuyeux. » Reprit Rivaille en se redressant et en se déplaçant derrière Eren, sans que ce dernier ne s'en rende compte, absorbé par ses pensées.
Si le Caporal lui proposait cela, c'était qu'il devait avoir une idée en tête, mais le titan avait du mal à mettre le doigt dessus. Il devait forcément penser que quelque chose changerait au bout de ces trois mois, peut être même qu'il planifiait de le faire changer d'avis sur son départ pour Mahr, mais le titan ne voyait vraiment pas ce qui pourrait le faire renoncer à son plan à ce point là. Un gémissement incontrôlable lui érafla la gorge lorsqu'il sentit la main du Caporal se poser sur son entre-jambe.
« Ton corps répond de lui-même. » Murmura la voix grave tout près de son oreille. « Mais j'ai besoin que tu me promettes de rester… »
Eren serra les dents à s'en faire mal et essaya d'éloigner sa tête de cette voix qui semblait pouvoir effacer toutes ses pensées. Un tremblement le secoua de la tête aux pieds lorsque son supérieur caressa toute la longueur de son cou du bout de son nez, avant de prononcer, à quelques millimètres de son oreille :
« Je sens que tu en meurs d'envie… » Eren sentit les doigts augmenter leur pression entre ses cuisses, et ne put s'empêcher de les écarter encore plus. « Et j'ai très envie de t'entendre gémir plus fort… » Poursuivit la voix grave, déclenchant un soupir saccadé d'envie chez le plus jeune.
Il devenait de plus en plus difficile pour le titan d'aligner deux pensées cohérentes. Il sentait son pouls battre à ses tempes, et avait l'impression qu'il pourrait faire n'importe quoi, à ce moment précis, pour continuer à sentir ces doigts le torturer pendant des heures. Il se mordit les lèvres pour étouffer un nouveau gémissement lorsqu'il sentit la langue de son supérieur laisser une trainée humide juste en dessous de son oreille.
« Laisse-moi te toucher plus fort Eren… » Prononça Rivaille dans un souffle rauque.
Le titan sentit ses dernières barrières voler en éclat, et hocha la tête. Il sentit son supérieur se tendre derrière lui, et la main qui caressait l'intérieur de ses cuisses se mit à déboutonner son pantalon, avant de l'ouvrir à la va-vite et de saisir l'érection presque douloureuse du titan qui gémit sourdement sous la sensation de cette main sur lui.
Une deuxième main vint empoigner ses cheveux et les tirer légèrement, de sorte à basculer sa tête en arrière alors qu'un autre gémissement franchissait la barrière de ses lèvres. Eren cligna des yeux, tentant sans succès de garder une vision nette sur la pièce autour d'eux, dont les lignes se faisaient chevrotantes à mesure que le plaisir irradiait l'intérieur de ses cuisses. Il pivota sa tête sur le côté pour pouvoir apercevoir son supérieur, mais ne put soutenir longtemps les yeux sombres de Rivaille fixés sur son visage alors qu'il augmentait le rythme de sa main sur son sexe.
« Ouvre la bouche. » Commanda la voix profonde, et Eren n'eut d'autre choix que d'obéir, en fermant les yeux sous les ondes de plaisir qui l'emportaient.
La main quitta l'ancrage dans ses cheveux pour venir lui attraper le bas du visage, serrant ses doigts sur sa mâchoire alors qu'Eren sentit la langue de Rivaille lécher sa lèvre supérieure. Il gémit en ouvrant ses lèvres encore plus alors que le Caporal serrait sa main autour de lui et plongeait sa langue dans sa bouche. Eren crut qu'il allait mourir sous toutes ces sensations, l'étau qui tenait sa tête en place, le tiraillement de ses bras tenus immobiles par le laçage de soie, la langue de Rivaille fouillant sa bouche et ses doigts brûlants serrant par à-coups son sexe qui pulsait jusque dans sa tête. Il avait presque du mal à respirer tant son corps était tendu jusqu'à la rupture, il sentait qu'il allait bientôt partir et serra sans réfléchir les dents sur la lèvre inférieure de Rivaille, qui poussa un grognement sourd.
Mais juste avant que la jouissance ne le prenne de plein fouet, tous les mouvements sur son corps s'arrêtèrent net, lui arrachant un gémissement de frustration. Il sentit la joue contre la sienne s'étirer sous un sourire, et gémit de plus belle lorsque la main du Caporal quitta son entrejambe qui tremblait d'excitation. Il sentit que Rivaille était en train de se lever, et une onde de panique le secoua lorsqu'il se dit que son supérieur allait le laisser comme ça. Il secoua sa tête dans tous les sens en essayant de se libérer de ses entraves, mais une botte se posa sur sa cuisse, le faisant lever les yeux.
Le caporal le surplombait de toute sa hauteur, les yeux presque noirs et un rictus déformant sa bouche. Eren sentit son coeur battre encore plus vite si c'était possible, et ne put faire autre chose que lui envoyer un regard interrogatif, les yeux brouillés par l'envie. Rivaille reposa son pied par terre, et s'agenouilla de nouveau devant le titan, en ne le quittant pas des yeux. Il resta là quelques secondes sans rien dire, dans le silence de cette grande pièce, uniquement troublé par les respirations tremblantes d'Eren, qui n'arrivait pas à redescendre de l'excitation qui lui vrillait les entrailles.
« J'ai envie de te voir pour cette première fois. » Prononça le Caporal d'une voix si sourde qu'elle fit frissonner le titan agenouillé devant lui.
Eren sentit une goutte de sueur perler à la naissance de ses cheveux et descendre le long de sa nuque. Il était à deux doigt de déchirer ce foutu ruban qui lui emprisonnait les mains pour se finir lui-même, et ce, même sous le regard de son supérieur. Cette pensée lui contracta de nouveau l'entrejambe et il se mordit la joue pour ne pas gémir une nouvelle fois d'envie et de frustration.
« Tu veux jouir ? » Demanda la voix rauque d'un ton un peu moqueur qui fit se serrer les dents d'Eren.
Ce dernier hocha la tête une nouvelle fois, et vit les mâchoires de son supérieur se tendre sous ses joues. Rivaille fléchit ses genoux, et posa sa main sur le torse du titan qui frissonna au contact. Une pression soutenue le força à descendre son dos, étirant les muscles de ses cuisses alors qu'il basculait en arrière. Son Caporal se rapprocha de lui en restant à genoux, le surplombant en ne le quittant pas des yeux alors que ses doigts voyageaient sur les clavicules du titan.
« Demande moi de continuer. » Ordonna Rivaille dans un souffle.
Eren se sentait complètement pris au piège du regard d'acier qui le transperçait. Ses cuisses le tiraient atrocement alors que son dos était cambré à l'extrême, cette position augmentait la tension de ses muscles, et envoyait des pics de douleur et de plaisir mélangés dans tout son corps. Il souffla douloureusement, et prononça d'une voix rocailleuse rendue tremblante par l'excitation :
« S'il vous plait… »
Il aperçu à peine le sourire débauché de son supérieur, qui retourna sa main pour râper du plat de ses ongles le ventre du titan, descendant jusqu'à son aine brûlante pour serrer son érection entre ses doigts. Eren poussa un son guttural en renversant sa tête en arrière alors que les va-et-vient sur son membre se firent plus soutenus. Rivaille serrait par moment si fort ses doigts que des pointes de douleur lui irradiaient tout le bassin, l'excitant plus qu'il ne l'avait jamais été. Le titan n'arrivait plus à respirer correctement, tant les soupirs et les gémissements prenaient possession de sa gorge alors que le rythme accélérait encore, il ne savait pas combien de temps il pourrait encore tenir sous les assauts presque insupportables de plaisir qui lui vrillaient le corps tout entier. Il sentit Rivaille se pencher encore plus vers lui, prenant son visage dans sa main libre pour le forcer à le regarder.
« Viens. Maintenant. » Ordonna t-il d'une voix sourde.
Eren eut l'impression que sa tête allait imploser, et ne put détourner les yeux du visage de l'homme qui le dominait, il se perdit en gémissements incohérents et saccadés alors que son corps se tendait sur le tapis. Il ne put s'empêcher de hurler sous la jouissance qui lui ravagea le corps pendant de longues secondes, projetant des lames de plaisir dans chacun de ses muscles alors qu'il venait dans la main de son supérieur.
Il sentit tout son corps le lâcher d'un coup, s'écroulant sur lui même alors qu'il cherchait à reprendre son souffle, des millions de fourmis commençant à grimper sur chacun de ses membres engourdis.
Le titan cligna des yeux, tentant difficilement de récupérer une vision normale, et sentit un poids étrange sur son épaule. Il tourna sa tête sur le côté d'où provenait ce poids, et son nez se trouva enfoui sous une cascade de cheveux noirs. Il comprit que le Caporal venait de poser le front sur son épaule, et semblait reprendre son souffle, son dos se soulevant au rythme de sa respiration. Mais avant que le titan ne puisse complètement réaliser ce qu'il se passait, Rivaille se redressa et s'assit à côté de lui, avant d'entourer le ventre du titan de son bras gauche, et qu'Eren ne le sente trifouiller quelque chose dans son dos. En quelques secondes, il sentit que ses poignets étaient libérés de l'entrave de soie, et ses bras retombèrent comme deux masses de chaque côté de son corps.
Le Caporal enroula son bras en bas du dos du titan, le soutenant alors qu'il le basculait sur le côté pour qu'il puisse étendre ses jambes. Se faisant, il fit reposer la tête d'Eren sur son torse, passant sa main gauche sous ses genoux pour les remonter doucement, apaisant légèrement la sensation de fourmis qui lui parasitait les jambes. Le titan essaya de calmer sa respiration en la calquant sur celle de son supérieur, et se rendit compte qu'il était parcouru de tremblements. Tout son corps lui faisait l'effet d'une corde de violoncelle pincée par un enfant turbulent. Il essaya de forcer sur ses muscles pour faire cesser ce frémissement, mais l'effet inverse se produisit, et il se mit à trembler des pieds à la tête.
« Eren. C'est normal. Concentre toi sur ta respiration et ça va passer. » Murmura Rivaille doucement en passant sa main dans ses cheveux.
Le titan grogna en enfouissant sa tête dans la chemise de son supérieur, dont le torse se souleva comme s'il ricanait silencieusement. Les fourmis lui remontaient jusqu'au niveau de ses oreilles maintenant, et sa tête lui tournait si fort qu'il avait l'impression que la pièce toute entière s'était mise a tanguer. Il poussa un gémissement d'inconfort lorsque son support se mit à bouger, et sursauta lorsqu'il sentit un tissu frotter son aine et le bas de son ventre pour le nettoyer.
Rivaille jeta le tissu souillé à l'autre bout du tapis, et enlaça le corps encore tremblant du titan. Il commença à décrire de lents cercles apaisants sur le haut de son dos et eut un petit sourire lorsqu'il sentit le titan se détendre petit à petit.
Au bout de quelques minutes, les respirations d'Eren devinrent profondes, et Rivaille baissa les yeux vers lui, en écartant quelques mèches de cheveux de son visage pour le regarder. Ses yeux étaient clos, il dormait à poings fermés. Le caporal reboutonna son pantalon le plus délicatement qu'il pouvait, avant de s'accroupir et de passer un bras sous les genoux de l'homme endormi sous lui. Il ramena le buste du titan contre son propre torse et poussa sur ses jambes pour se redresser, portant Eren dans ses bras.
Il sortit de la grande pièce et traversa le couloir, les yeux toujours fixés sur son subordonné. Au moment de le coucher, il hésita à le déshabiller pour qu'il soit plus à l'aise pour dormir, mais se ravisa. Chaque chose en son temps. Juste avant de partir pour le laisser dormir avant d'écrire son rapport, Rivaille resta quelques secondes débout à côté du lit, avisant le jeune homme endormi.
« J'espère que tu tiendras ta promesse Nekko. » Murmura t-il, avant de se détourner et de partir en fermant la porte.
À bientôt pour la suite !
