Dangerous (We Came Out at Night)
Part XIII: Promesse
- Mais où étais-tu passé ? s'écria Juugo.
Sasuke le contourna pour entrer dans sa maison. Il n'était pas surpris par cette réaction mais par le fait que Juugo était sur le seuil de sa maison à attendre. Attendre quoi au juste ? Il préférait ne pas se le demander, et poussa la porte de sa vieille maison. Naruto lui avait permit d'aller chercher quelques affaires pour les prochaines semaines, à condition qu'il traine son revolver bien entendu.
- Je n'étais pas si loin, répondit-il simplement en pénétrant à l'intérieur.
Juugo soupira en suivant son ami jusqu'au premier étage, dans sa chambre. Le plus jeune vida ses tiroirs, trouva un sac et y mit ses vêtements. Juugo le regarda en silence, pas certain que c'était vrai. Il se souvenait très bien ce blond qui avait kidnappé son ami ce soir là. Puis un mois s'était écoulé sans nouvelles…
- Tu n'as rien ? demanda Juugo après un moment.
Sasuke – qui se promenait ici et là dans la chambre – s'arrêta et se retourna vers son ami.
- Est-ce que j'ai l'air d'aller mal ?
- Les apparences sont souvent trompeuses.
- Tu délires.
Sur ce, Sasuke lui tourna le dos à nouveau pour s'agenouiller près de son lit, y prenant ses couvertures et tout ce qui allait avec. Juugo ne dit rien, même s'il se demandait où il avait l'intention d'aller avec tout ces trucs, puis alla s'asseoir sur le lit, cherchant les yeux de son ami, caché sous ses longues mèches noires.
- Je te connais comme si je t'avais fais, tu sais.
- Eh bien bravo.
- Je sais que quelque chose ne va pas, ça se voit dans tes yeux, expliqua Juugo.
- Neji m'a fait le même sermon, lâcha Sasuke en le regardant enfin. Et Juugo fut surpris d'y voir, malgré lui, l'étincelle de sincérité dans les yeux de son compagnon. Tu pourrais abréger s'il te plaît ?
Juugo ne dit rien. Sasuke demeura silencieux également et après un petit moment dans lequel ils se regardaient, il retourna à sa tâche. Son sac était presque plein, il lui manquait une brosse à dent, un savon et c'était sans doute tout ce qu'il avait. Son mp3 et son portable – ceux que sa mère lui avait acheté à son dernier anniversaire – trainaient sur son bureau, il les prit et, s'empêchant de penser à la possibilité que ces engins aient été achetés avec de l'argent volé, les fourra dans son sac et posa celui-ci près de l'escalier dans le hall d'entrée.
Juugo était resté sur le lit, réfléchissant, ne s'étant pas rendu compte que son jeune ami était parti de la chambre. Il se demandait tout plein de chose. Qui était cet homme blond qui l'avait menacé de mort, ce soir là, dans la rue ? Où était-il passé pendant ces quatre semaines ? Est-ce que Neji était au courant ? Il ne comprenait plus rien décidément… Et puis il savait quand Sasuke allait mal, ça se voyait dans ses grands yeux noirs, et puis sa façon de dire que tout allait bien, alors que c'était tout le contraire et Juugo le connaissait trop bien pour ne pas s'apercevoir de détails comme ceux-ci – si petits soient-ils.
Quand le jeune Uchiha revint dans la chambre, il sembla surpris.
- T'es encore là ? murmura-t-il comme s'il avait peur de briser une quelconque ambiance relaxante du matin.
Après quoi, Sasuke se dirigea vers son armoire sur deux pattes et y prit un vieux manteau – depuis la mort de ses parents et la fugue de son frère, il n'avait plus les moyens de s'acheter des vêtements signés ou de dernière mode.
- Ouais, je vais abréger.
- Quoi ?... Ah, ouais.
Il mit un moment à se souvenir de ce qu'il avait dit pendant lequel Juugo s'était levé et approché. Avec la carrure imposante et large de Juugo, Sasuke n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qu'il était à côté de lui. Il ne fit que fermer les portes de son armoire en un nuage de poussière et ses cheveux s'élevèrent au vent que c'eut produit.
- Dis-moi ce qui t'es arrivé, Sasuke. C'est assez abrégé à ton goût ? Parce qu'en réalité j'ai beaucoup plus de questions.
Un petit moment s'écoula, puis le brun se tourna vers le blond.
- Tu ne me croirais pas de toute façon.
- Tu peux toujours essayer.
- Bon d'accord.
Sasuke enfila son manteau, comme s'il n'avait pas l'intention de parler pendant des heures – et c'était le cas – faisant clairement comprendre à Juugo qu'il n'était pas d'humeur à bavarder.
- Je … je suis devenu le complice d'un… tueur à gage.
Juugo resta un moment immobile, pris par surprise, figé, incrédule, les yeux grands ouverts. Sasuke le fixait sans grande attention, l'air absent ou complètement ailleurs. Et en effet, il pensait à autre chose… jusqu'à ce que la voix grave et dure de Juugo le tire de ses rêveries.
- T'as raison, j'te crois pas.
- Regarde… tu verras bien… marmonna-t-il en tournant la cheville dans sa direction, relevant son pantalon.
Les yeux de Juugo s'agrandirent de stupeur, tandis qu'il s'accroupit au sol pour regarder de plus près la blessure presque complètement guérie.
- Tu t'es fais tiré dessus ?
- …
- Sasuke, insista Juugo en levant la tête.
- Eh bien oui, c'est évident, non!
Juugo soupira et se redressa, se remit debout.
- Qu'est-ce qui t'es arrivé, exactement ? Il t'y oblige ?
- Non ! C'est que… en faite… c'est une longue histoire, mais Naruto n'y est pour rien si je n'ai pas pu marcher pendant les quatre dernières semaines.
- Naruto ? Alors c'est son nom ?
- Oui… tu le connais ?
Juugo sembla réfléchir un moment. Effectivement, son regard s'était illuminé dès que Sasuke avait dit le prénom de Naruto, comme s'il avait déjà entendu quelque part, comme s'il le connaissait déjà va savoir. Sasuke grogna en tirant sur le tee-shirt du blond.
- Dis, tu le connais oui ou non ? S'enquit-il, légèrement énervé.
Juugo ravala sa salive et tourna enfin les yeux vers Sasuke, après avoir fixé le sol pendant quelques secondes.
- Ça me fait penser, commença le blond, quelques jours après ta disparition, un vieillard a été retrouvé mort dans l'une des chambres du bar... celui où je travail et où tu… où tu fais… Enfin tu sais ! Et il y a eu une enquête.
- Et puis quoi ? s'écria Sasuke, impatient.
- Le principal suspect est un certain Naruto… Tu traîne avec lui si je comprends bien ?
- C'est plus compliqué que ça ! lança le brun en contournant Juugo pour se diriger vers l'escalier, qu'il dévala à toute vitesse.
Juugo s'empressa de le suivre, l'attrapa juste avant qu'il ne quitte définitivement sa maison. Il lui tint le poignet et Sasuke se retourna.
- Garde le secret, je t'en pris… c'est important…
- Seulement si tu me promets de m'appeler quand tu auras besoin d'aide, murmura Juugo.
Sasuke réfléchit un moment, puis retira doucement son poignet prisonnier de la grande main de son garde du corps. Un tout petit sourire se dessina sur ses lèvres, amusé.
- D'accord… c'est promis.
Sasuke poussa la porte de toutes ses forces pour entrer. Il appela Naruto tout en se dirigeant au salon qui était tout de suite après le petit couloir étroit qu'on appelait hall d'entrée. Il s'arrêta cependant quand il vit que non seulement le blond était là, au salon, mais il y avait aussi Neji et Yahiko, exactement comme la veille. Il fronça les sourcils et Naruto se tourna vers lui, arrêtant une discussion qui avait l'air sérieuse.
- Tiens, te voilà ! s'exclama Naruto en souriant.
- Tu arrives juste à temps, lança Yahiko, assis confortablement dans le divan.
Sasuke le regarda, regarda ensuite Neji puis revint au blond. Il ravala sa salive et tenta de reprendre son souffle – il avait couru visiblement. Il s'avança tout en défaisant son manteau, pour finalement le laisser tomber par terre. Il s'en fichait, pour le moment.
- Naruto, commença-t-il, j'ai quelque chose à te dire.
Le sourire moqueur du blond s'élargit, et Sasuke eut la désagréable impression qu'il revoyait le tueur des premiers jours, celui qui le méprisait et le traitait de gamin, et non celui qui…
Il secoua la tête, s'obligeant à ne pas – encore – revenir au soir où ils avaient faillis faire l'amour.
- Eh bien oui, acquiesça le concerné en s'approchant. Quel est le problème ?
Sasuke hésita un moment, avant de tirer Naruto par le col et l'entraîner à l'étage. Le blond ne protesta pas, amusé à l'idée d'être kidnappé dans sa propre chambre. Il regarda avec amusement le jeune Uchiha refermer la porte derrière lui avant de s'approcher.
- Bah dit donc, tu veux me violer ou quoi ? Rigola le blond.
Il fut d'autant plus souriant quand il vit la jolie couleur écarlate sur les joues normalement pâles de Sasuke.
- M…Mais Non ! Balbutia ce dernier, plus que jamais embarrassé.
Disons qu'il ne s'attendait pas à quelque chose du genre, lui qui était venu pour lui dire qu'il était recherché par les policiers.
- Dommage, murmura Naruto, retenant de près un rire.
- Tu … tu savais qu'on ... que les policiers ils… t-te soupçonnent pour … pour … avoir tué…
Sasuke détourna le regard, réalisant que les mots se mêlaient dans sa bouche et qu'il bégayait une fois de plus. Il prit une pause, respirant bruyamment – ne sachant même pas pourquoi il était effrayé tout à coup. Il voulut reprendre mais Naruto parla à sa place, plus sérieux cette fois-ci. Il n'osa pas le regarder.
- C'est ce qui te fait peur ? Ces idiots en uniforme ?
- Idiots ? S'étonna Sasuke. Je… je croyais que ta famille … ton père était… policier non ?
Le visage du blond s'assombrit pendant un instant et Sasuke cru avoir fait une grosse erreur – il n'était pas censé savoir ça, après tout. Il baissa la tête, honteux, jusqu'à ce que Naruto reprenne la parole.
- Depuis que mon père n'est plus là pour les surveiller, ces idiots ne sont plus qu'une bande… d'idiots, quoi.
Lentement, un sourire se dessina sur le visage de Sasuke.
- Et qu'est-ce qui te fais dire ça ? demanda-t-il d'une toute petite voix.
Le sourire du blond réapparu sur son visage, et Naruto reprit d'une voix amusée.
- Tout simplement parce qu'ils ne m'ont pas encore attrapé !
Il se mit à rire ensuite, encore et encore, seulement qu'un petit ricanement, comme s'il riait d'une blague quelconque qu'il s'était mentalement racontée. Mais il s'arrêta quand il vit le regard fiévreux et sombre de son interlocuteur. Il soupira intérieurement et s'approcha.
- T'en fais pas, lança-t-il, je suis un professionnel, ils n'arriveront jamais à m'arrêter.
- Comment peux-tu en être aussi certain, marmonna le jeune Uchiha en baissant les yeux.
- Parce que ça fait des années et des années que je tue sans que personne ne me soupçonne !
- Tu parle comme si tu avais quarante-cinq ans…
- Eh bien peut-être, qui sait ! lança le blond avant d'éclater de rire.
Un long silence s'installa alors dans la pièce. Au bout d'un long moment, mal à l'aise, Sasuke poussa un long et profond soupir qui se transforma en grognement.
- Je n'ai pas envie de finir mes jours en prison, moi !
- Ça n'arrivera pas, l'interrompit Naruto.
- Tu m'énerve.
Lâchant un petit rire, Naruto fit un pas devant.
- Et pourquoi donc ?
- Parce que tu sais toujours tout ! Tu m'énerves !
Naruto se remit à rire doucement, faisant grogner Sasuke qui se dirigea vers la seule petite fenêtre de la pièce. Il s'appuya sur le rebord et se mit à tambouriner avec ses doigts nerveusement en regardant dehors. Tout était blanc, il oublia pendant l'espace d'une minute ce qui l'entourait – Naruto, par conséquent.
Le blond s'approcha du brun, peut-être un peu trop, et alla entourer son corps par derrière, posant ses doigts sur le bord de la fenêtre. Lorsque son torse toucha le dos de Sasuke, celui-ci sursauta mais ne dit rien. Il sentit cependant son cœur accélérer et ce fut la même chose du côté de Naruto, qui enfouit son visage dans les cheveux de jais du jeune Uchiha. L'odeur était si sereine qu'il en respira une seconde fois.
- Naruto… marmonna le plus jeune en se retournant, restant quand même dans le cercle protecteur des bras du blond.
Sasuke fut surpris de voir ce désir brûlant dans son regard. Il revoyait ses yeux fiévreux et humides de l'autre soir, et il s'y perdit un moment.
- Je ne laisserai jamais qui que ce soit te mettre derrière les barreaux, murmura le blond en ne le lâchant des yeux d'une seconde. Et crois-moi, tant et aussi longtemps que je serai en vie, personne ne mettra la main sur toi, je… j'ai envie de te protéger, Sasuke, continua-t-il en longeant une mèche noire le long de sa tempe avec deux doigts.
- Alors fais-le… chuchota Sasuke, complètement dans les vapes, aspiré dans le regard azur de celui qui faisait maintenant battre son cœur à une vitesse incroyable.
- Je le ferai, c'est promis…
Les mains du blond encadraient le visage pâle de l'Uchiha et celui-ci reprit ses esprits quand il vit les lèvres de Naruto s'étirer, et il rougit en devinant un sourire naître.
- Pourquoi es-tu si… protecteur envers moi ? Balbutia-t-il toujours perdu dans les perles océans de son tueur.
Comme il s'y était attendu, Naruto se mit à rire. Un rire doux et enfantin, un rire qui mit le brun dans tous ses états. Mais le blond ne riait pas de lui – il semblait rire parce qu'il avait honte ou quelque chose du genre. Ce fut l'impression qu'eut Sasuke et en baissant les yeux, il essaya de se faire tout petit, sentant encore le corps du blond tout près du sien.
- Ça peut paraître ridicule… enfin, peut-être que ça l'est… commença Naruto en admirant la neige dehors par-dessus l'épaule de Sasuke. Une chose est sûre, continua-t-il en le regardant enfin dans les yeux, c'est que je suis lamentablement tombé amoureux de toi.
à Suivre...
