Dangerous (We Came Out at Night)
Part XVI: Vérité
Sasuke resta un long moment bouche-bé. Incapable d'aucune parole. Il voulait être en train de rêver, il voulait que ce ne soit que son imagination qui lui jouait un vilain tour. Itachi n'était pas réellement là, en face de lui, à sourire exactement de la même façon qu'il souriait le soir où il l'avait laissé seul. Des millions de questions lui vinrent en tête, se rajoutant au poids des autres qu'il avait déjà depuis longtemps.
Il ravala sa salive une fois qu'il eut retrouvé ses esprits, et secoua la tête en faisant un pas devant.
- Itachi ! hurla-t-il avec rage.
Son frère s'avança et plus il fut près de lui, plus son regard s'assombrit. Sasuke fut pris de frissons désagréables. Ce regard, c'était un regard assassin. C'était un regard de tueur, de tueur cruel et prêt à tuer. Il ferma les yeux et les rouvrit, se faisant un peu plus fort.
- Alors petit frère ? Pas content de me voir ?
Sasuke étouffa un grognement, serrant les poings derrière son dos.
- Je croyais que tu l'aimais bien ton grand frère… continua l'aîné, faussement déçu.
Il ferma les yeux, tentant d'oublier ce passé si troublant, ce passé qui découlait de tant de meurtres et tant de sang innocent versé. Il tenta de laisser passer ces paroles, tant bien que mal, et ce même si dans un sens… Itachi avait raison. Mais il décida d'être malin, et ne pas se laisser marcher sur les pieds.
- En effet, dit-il enfin en soutenant le regard de son aîné. Je l'aimais bien.
Itachi fronça les sourcils et lui tourna le dos pour faire les cents pas dans la chambre. Il alla d'abord près de la fenêtre, et Sasuke put mieux le regarder. Toujours cette silhouette fine et élancée, cette beauté déconcertante qui semblait être héréditaire dans sa famille. Ces cheveux noirs d'ébène, cette peau claire, cette peau couleur de la lune, c'était les même que Sasuke. C'était une ressemblance presque dangereuse. Mais cette démarche, cette façon de marcher, cette façon de le regarder, la cruauté dans ses yeux, l'inhumanité qui émanait de son corps et la méchanceté qui emplissait son âme… Tout ça, ça n'appartenait qu'à Itachi. Et à son père.
- Qu'est-ce que tu viens faire ici ! lança Sasuke, à qui la voix lâchait presque.
Tout son corps était tendu. Il ne savait pas quoi faire, il ne savait même pas s'il réalisait qui il avait sous les yeux. Devait-il le tuer ? Devait-il appeler Naruto en catastrophe pour laisser au blond la vengeance qu'il appréhendait tant ? S'il laissait Itachi s'échapper – parce qu'il n'avait pas la force ni le courage de l'assassiner maintenant – est-ce que le blond lui en voudrait ? Tant de questions… c'était beaucoup trop pour lui…
- Je ne suis pas venu pour te tuer, Sasuke, tu peux respirer.
Le plus jeune sentit la rage lui monter à la gorge, comme s'il allait la vomir d'une minute à l'autre. Il en oublia presque ses deux amis en danger, à l'école…
Puis, comme frappé par la foudre, Sasuke releva la tête. C'était ça ! Cet homme dans son école, il n'était pas là pour le chercher, bien au contraire ! Il était là pour faire diversion, pour qu'Itachi puisse être ici en l'absence de Naruto ! Pour laisser la voie libre à Itachi…
- Alors qu'est-ce que tu veux… ?
Le regard toujours rivé dehors, le dos encore tourné, Itachi ricana amèrement. Sasuke sentit son cœur battre la chamade, peut-être était-il en train de réaliser que, même si son frère lui avait dit le contraire, il était en réel danger à l'instant.
Itachi se retourna et s'avança vers lui. Il sortit l'intérieur de ses poches et ouvrit son veston.
- Tu vois ? Je n'ai aucune arme ni sabre ni rien avec quoi je pourrais te tuer. Je veux simplement parler.
- D'accord, acquiesça Sasuke avec un regard dur, les sourcils froncés et les dents serrées. Mais je n'ai rien à te dire, c'est dommage.
Itachi lâcha un rire et s'avança vers son jeune frère.
- C'est également dommage que j'aie éliminé tout le monde, tu aurais fais une recrue excellente pour…
- Je ne suis pas comme vous ! Ne put s'empêcher d'hurler Sasuke.
- Mais si, murmura l'autre.
Il prit une pause, puis continua en marchant vers Sasuke qui recula inconsciemment, pour finir assis sur la chaise qui était restée là. Il avait complètement oublié ce qui se passait à son école avant que son frère n'apparaisse comme par magie. Itachi se pencha et effleura son visage d'un doigt fin, exactement comme Naruto la nuit où ils avaient entretenues leur première conversation. Sasuke ferma les yeux, impuissant, revivant la terreur qui l'avait submergé, quand il avait réalisé ce jour-là être en présence d'un tueur, un assassin. Mais, et malgré lui, il y avait ce sentiment de sécurité en lui. Itachi était son grand-frère. Pas un meurtrier, pas un vendeur de drogue, pas un violeur. Il était son grand-frère. Celui qui le consolait la nuit, celui qui lui disait d'être sage à la petite école. Pourquoi avoir agit comme ça avec lui, dans ce cas ? Pourquoi avoir fait comme s'il était le frère idéal et gentil si, en réalité, il était assoiffé de son sang ?
- Qu'est-ce que tu veux… répéta Sasuke.
- Tu veux des réponses à tes questions, je me trompe ? demanda Itachi en reculant.
Sasuke rouvrit les yeux et fronça les sourcils sans rien dire. À nouveau, Itachi lui faisait dos. Jamais encore le silence ne parut aussi long et cruel pour Sasuke qui n'entendait désormais plus que son cœur pomper le sang, et la terreur qui l'envahissait.
- Au manoir, chuchota enfin Itachi sans se retourner, sous les lattes du plancher au sous-sol, il y a là tout ce que tu désires savoir. Fais-en bon usage.
Il n'eut à peine le temps de demander un simple et petit pourquoi, qu'Itachi avait disparu, emportant avec lui l'impression de danger et la peur qui tétanisait Sasuke. Ce dernier n'en resta pas moins immobile, et pâle comme un mort, toujours assis sur la chaise. Il ne croyait pas à ce qui venait de se passer, comme si toute son enfance venait de lui retomber dessus d'un coup, mais avec cet amer sentiment de trahison qui brûlait deux fois plus fort l'intérieur de son corps. Ça faisait presque mal.
Mais n'en pouvant plus de se demander pourquoi Itachi ne l'avait pas tuer, pourquoi il était encore en vie et surtout pourquoi son frère avait assassiné ses parents, il se leva et quitta la maison, oubliant l'interdiction du blond à sortir et marcha longuement dans les rues enneigées, jusqu'à atteindre le manoir. Là se trouvait les réponses à ses questions. Là, sans doute, était enfermé les secrets de sa famille. Là, enfin, il saurait ce qui l'attend à l'avenir, s'il vivra ou s'il finira comme ses parents. N'est-ce pas ce que l'on appelait destin ?
Neji tremblait encore, même une fois la cible morte, gisant dans son sang. Naruto était arrivé par derrière, une fois que Yahiko l'eut neutralisé. Il avait tout vu. Une balle dans la tête… Une seule seconde et sa vie était partie…
Kiba aussi avait assisté à cette scène, se répétant intérieurement qu'il aurait tant dû rester assis dans cette classe à écouter la vieille dame donner son cours, bien normalement. Et comme le coup de feu avait attiré l'attention de toute l'école, ils avaient dû partir très vite. Naruto, habitué à cette routine, avait caché le cadavre dans une housse à vêtement qu'il avait dans sa voiture, et l'avait jeté à l'eau, dans une rivière non loin de là. Il ne pouvait pas, comme la dernière fois, laissé le cadavre sur les lieux et ce pour deux raisons. La première : les soupçons pour le dernier meurtre pesaient déjà sur lui. La deuxième : il faisait jour, et ils n'étaient pas dans une chambre d'hôtel cette fois, mais dans une cour d'école. Il serait stupide de faire une telle erreur. Et dans le métier de tueur à gage, les erreurs étaient – trop – souvent fatales.
Naruto avait demandé à Neji d'emmener Kiba quelque part et de faire le vide, d'oublier ce qui venait de se passer car tout les deux avaient l'air profondément secoué. Exactement comme Sasuke, la première fois. Tout pâle, tremblotant et terrorisé.
Yahiko et lui entraient maintenant chez eux, le premier se dirigeant automatiquement à la cuisine, pour faire taire son ventre qui criait famine, tandis que Naruto partit à la recherche de son ténébreux.
- Sasuke ? Appela-t-il en entrant dans son bureau, là où il était censé être.
Il fronça les sourcils. L'ordinateur était encore allumé, la chaise tournée vers la porte et le micro gisant au sol. C'était plutôt étrange, ça. Il se dirigea donc vers la chambre qu'occupait Sasuke, rien non plus. Il jeta un coup d'œil dans la salle de bain mais rien là non plus. Il commença à paniquer, et descendit au rez-de-chaussée, où Yahiko mangeait un sandwich en regardant la télé. Sasuke n'était nulle part, pas même dans la cuisine, ni dans le salon.
- Où est-il ? Lâcha le blond en se plantant devant son cousin.
- Qui cha? Marmonna le rouquin, la bouche pleine.
- Sasuke.
- Il est pas là ?
- Non.
- Ah bon ? Chest étrange cha.
Il avala enfin sa bouchée et posa son sandwich sur la petite table à café. Il se leva et fit le tour des chambres, sous le regard ennuyé du blond qui venait à peine de passer par là.
- Il est nulle part, tu vois pas ? S'impatienta-t-il.
- Ola, on se calme !
Naruto ferma les yeux et inspira profondément en se dirigeant vers le hall d'entrée. Il y ouvrit le placard avec rage, reprenant son manteau qu'il venait de déposer en arrivant. Yahiko le suivit en soupirant.
- Où vas-tu ?
- Le chercher.
- Mais tu ne sais même pas où il est !
- Il doit être chez lui… dans sa maison. Il y va parfois.
Yahiko ne rajouta rien, ne fit que regarder le blond partir avec inquiétude. Il était plutôt paniqué, celui-là. Inquiet et en colère. C'était plus qu'évident maintenant : son cousin était amoureux du jeune garçon aux cheveux d'ébènes. Il le lisait si bien dans ses yeux azurs, et dans son comportement. Sa manie de le protéger alors que lui-même était en danger, son fort besoin de l'obliger à ne pas sortir pour rester en sécurité à l'intérieur. Tout ça pouvait être bien mignon, mais ça pouvait tout aussi bien lui retomber sur le nez, et Yahiko le sentait. Quelque chose – ou quelqu'un, va savoir – était arrivé ici pendant que Naruto et lui n'étaient pas là. Quelque chose sentait étrange, et ce n'était pas une odeur. Non. C'était comme une présence. Une présence étrangère dont la marque était restée dans l'air, prisonnier de ces quatre murs. Quelque chose que Yahiko n'arrivait pas à expliquer.
Il ne fit qu'hausser les épaules, une fois seule, et de retourner dévorer son sandwich en pensant à la journée qu'il avait vécue. Une journée qui prenait fin.
Dehors, le ciel rose et orangé dessinait un crépuscule parfait.
- Vous n'êtes pas sérieux ! C'est une blague, c'est ça ?
Ino était debout en plein milieu de la chambre, tremblante et incrédule. Hinata était assise sur le lit, près de Kiba, essayant de le ramener parmi eux. Il était si livide depuis quelques heures, comme un mort. Il était constamment ailleurs, il ne répondait plus. Neji était à peu près pareil, et Ino semblait ne pas croire à leur histoire.
En effet, Neji et Kiba avaient enfin dit la vérité aux deux filles. L'histoire de tueur à gage et Sasuke, sa famille, la Mafia Japonaise et tout ce qui s'en suivait. Elles avaient peur pour leur ami, et c'était sans doute pour cette raison qu'elles ne croyaient aucun mot. Mais le comportement de Kiba leur prouvait le contraire.
- Vous mentez, continua la blonde d'une voix tremblante, n'est-ce pas ? C'est une blague… hein ?
Kiba se releva brusquement.
- Non ce n'est pas une putain de blague ! C'est la vérité ! Ce blondinet l'a tué sous nos yeux ! Il a tué un humain ! Il … lui a tiré dessus…
D'abord forte et colérique, la voix de Kiba diminuait, pour devenir aussi basse et tremblante que celle d'Ino. Puis il se laissa tomber sur le lit à nouveau, cette fois-ci se prenant le visage à deux mains. Hinata l'enlaça tristement.
- Sasuke va bien au moins, chuchota-t-elle, c'est l'important non ?
- Oui c'est vrai, s'enquit Neji. Sasuke va bien.
Kiba releva la tête.
- Tu l'as vu ?
- Euh…. Ouais.
Le silence s'installa dans la chambre, et les quatre adolescents n'osèrent le briser. C'était de la folie. Il y avait à peine un mois, ils étaient tout les cinq ensemble, à aller à l'école comme tous les autres jeunes de leur âge. Et puis du jour au lendemain, l'un d'entre eux se retrouvait au milieu des crimes et des meurtres, entre les mains d'un tueur à gage.
Après un long moment, Kiba se releva, encore sous le choque. Il se dirigea vers la porte et Neji se leva à son tour.
- Où vas-tu…
- Je vais tirer Sasuke de toute cette histoire… J'en ai marre de tout ça. Si ce blond veut le garder plus longtemps en 'otage' alors il devra dealer avec moi.
- Kiba, fit Neji, reste ici, tu veux.
- Et quoi ? Tu veux que Sasuke risque sa vie encore une fois ? Tu me l'as dit toi-même ! Il est en danger de mort !
Hinata et Ino se lancèrent un regard, impuissantes.
- Pour l'instant, il est en sécurité, affirma l'Hyûga.
- Ah ouais ? Comment peux-tu en être aussi certain ?!
- Parce que je le sais, c'est tout.
Kiba se mit en colère. Comment Neji pouvait-il ne pas être inquiet pour leur ami, alors que celui-ci était en danger. Mais Neji avait une raison pour ne pas vouloir laisser Kiba filer comme ça. C'était Hiashi Hyûga, la raison. Le père d'Hinata. C'était lui qui compliquait tout, et qui les obligeait à ne rien faire pour tenter d'aider Sasuke. Et si Neji – un membre du clan Hyûga – tentait quoique ce soit pour aider Sasuke – un membre du clan Uchiwa – ce serait lui et ses amis qui en paieraient le prix. Et Neji ne voulait pour rien au monde perdre ses amis, et sa cousine, laquelle était si précieuse à ses yeux. Et puis Sasuke était en sécurité avec Naruto. Il le savait.
Naruto arrêta sa longue marche lorsqu'il arriva enfin au manoir. Il hésita un moment : la porte était grande ouverte. Comme la nuit était tombée, la lumière de l'intérieur attira son attention et il décida d'entrer. Quelque chose lui disait qu'il y avait quelqu'un à l'intérieur, et sans doute la personne qu'il voulait que ce soit.
Il se dirigea donc à pas de course vers la cuisine, le grand salon. Il monta les escaliers avec des jambes tremblantes, fit le tour des chambres en appelant son disparu. Puis il redescendit, déçu. Où pouvait-il bien être ? Il entendit alors un petit bruit. Des sanglots. Qui venait d'en bas. Il chercha longtemps la porte qui menait au sous-sol et finit par la trouver. Il l'ouvrit et dévala les marches, pour enfin se retrouver en bas.
Sasuke était là, au sol. Trois lattes du plancher étaient enlevées, et quelques papiers et enveloppes traînaient autour du ténébreux. Celui-ci pleurait et le cœur du blond bascula douloureusement.
- Sasuke ?
Le concerné se retourna lentement, puis lorsqu'il vit Naruto, il lui tourna le dos à nouveau. Naruto remarqua une feuille blanche entre ses mains. Une lettre, peut-être ? Il décida de s'approcher, de se pencher et de relever Sasuke qui se laissa faire. Le blond lui retira la feuille des mains, doucement, et le prit ensuite dans ses bras pour le consoler.
- Ça va, chuchota-t-il, je suis là.
Sasuke s'accrocha à ses épaules, puis pleura encore un moment, jusqu'à ce qu'il se calme, quelques minutes plus tard. Il baissa la tête et essuya son visage, honteux d'être aussi faible devant le blond. Ce dernier ne dit rien, attendit en vain. Le silence était long, et quand il eut la force d'enfin parler, Sasuke lui tourna le dos et partit sans rien dire. Naruto poussa un long et profond soupire, alors que ses yeux étaient tristes. Même s'il refusait de se l'avouer, tôt ou tard, la mort allait frapper. Sasuke ou lui ? Yahiko peut-être ? Quelqu'un allait mourir. Itachi était beaucoup trop dangereux, et cruel, et sans pitié, et il en passait encore. Jamais depuis qu'il savait tuer, il n'avait eu ce mauvais pressentiment.
Sasuke, de son côté, monta les escaliers à toute vitesse et atterrit dans la chambre de son frère. Son ancienne chambre. Il détruisit tout, vidant les tiroirs, éparpillant les vêtements ici et là, poussant les autres meubles par terre. La rage l'habitait, la peine et la douleur aussi. La vie était si injuste, et il aurait préféré mourir plutôt qu'apprendre ce lourd passé. Ce passé qui l'unissait lui, un adolescent normal – du moins, ce qu'il croyait avoir été pendant 17 ans – à un clan meurtrier et assassin.
Quand il fut vidé de ses forces, il s'écroula sur le lit, des larmes encore brûlantes sur les joues, et ne tarda pas à s'endormir.
Naruto apparu au cadre de la porte, l'expression toujours aussi triste sur le visage. Il s'approcha et prit la couverture qui gisait au sol pout la poser délicatement sur le corps du brun. Il lui embrassa le front tendrement pour ensuite y poser le sien.
- Pardonne-moi… chuchota-t-il. Pour tout ce que je te fais subir...
Il quitta la chambre sans regarder en arrière. Il s'arrêta au salon, s'écroula à genoux avant d'avoir atteint le canapé. D'une main tremblotante, il prit la lettre qu'il avait enlevée des mains de Sasuke quelques minutes auparavant, et l'ouvrit.
Il ferma les yeux et inspira profondément avant de lire à voix basse…
Mon cher Sasuke, si tu lis cette lettre, c'est que je dois être morte. S'il te plaît, ne pleure pas mon chéri, lis jusqu'au bout, tu y verras plus clair.
D'abord ton père. Je vais te parler un peu de lui. Je sais que durant ton enfance, il était distant et jamais présent, mais tu étais tout petit, tu ne t'en rendais pas compte. Moi je le savais. Et même si je savais quel genre d'homme il était, et que sa famille était cruelle et ne vivait que pour l'argent, je suis tombée amoureuse de lui. Et c'est à ce moment là que les choses se sont dégradées. Mais ce n'est qu'après qu'il m'ait violée que j'ai compris qu'il était comme son père et comme le père de son père, comme sa famille. J'ai été aveuglée par sa beauté, j'ai été stupide. Mais toi, Sasuke, mon petit garçon… J'ai toujours su que tu ne serais pas comme lui, que tu ne serais jamais comme lui. Je l'ai espéré avec Itachi mais Fugaku avait déjà décidé de son avenir avant même qu'il ne vienne au monde. Mais toi tu n'étais pas dans ses plans. Et j'ai pris soin de toi comme le trésor le plus précieux au monde, parce que tu étais la seule chose que j'avais et que ton père n'avait pas l'intention de me voler.
Je suis également désolée de t'apprendre cela, mais à l'instant où j'écris ces lignes, je sais que je vais mourir. Si tu trouve cette lettre, c'est que ton frère t'a sans doute retrouvé, malgré les efforts que j'ai mis pour le convaincre de ne pas te faire de mal.
Je te demande une seule chose mon chéri, et non ce n'est pas de me pardonner. Mais plutôt de pardonner à ton frère, si tu trouve la force nécessaire. Il n'a jamais vraiment demandé à être ce qu'il est, je crois qu'il est ce qu'il doit être, et non ce qu'il veut être. Et si je ne me trompe pas, tu aimes beaucoup ton grand-frère pas vrai ? Tu n'es qu'un enfant, et tu vois le bien où il n'y en a pas, ou que très peu.
Ta maman qui t'aimeras toujours, peu importe le choix que tu décideras de faire.
Mikoto U.
à Suivre.....
