Auteuse : YuLu-ChAn
Disclaimer :Rien ne m'appartient évidemment
Résumé : Comment ? Je dirais très difficilement. Oui j'ai eu bien du mal à en arriver là. Mais laissez-moi, moi Draco Malfoy, vous compter cette histoire.
Note de l'auteuse :Et voila un deuxième chapitre, avec un jour d'avance en plus :D Tout ça parce que demain je ne suis pas sur de pouvoir poster donc plutôt que de vous le donner en retard hein ... J'ai relu le premier chapitre et je me suis dis que le peu de review venait peu-être du fait que Draco, étant un adolescent en pleine possession de ses moyens, est très branché cul ... Mais bon pas grave
Ce deuxième chapitre peut paraître un peu sombre à certains passages mais bon je pense qu'ils sont de circonstances vu tout ce que traverse notre petit Dray d'amOur ! J'espère qu'il vous plaira plus que le premier xD Sur ce ...
Bonne lecture !
Chapitre 2
(Version éditée )
Comment je me suis vendu
Je rentre enfin dans mon bel appartement de Londres. La remise des APSPICs ne peut pas se faire par courrier non c'est trop demandé ! Et dire que j'ai du me lever à sept heure pour assister à ça. Dumbledore nous a fait passer par ordre de réussite. Je suis passé deuxième. Et oui, malgré tous mes efforts, je n'ai pas réussi à dépasser les 99,7 % de réussite de Granger. Non, pauvre hère que je suis, je n'ai eu que 99,5 %. Nous n'avons pas battu le record de 99,9 mais ce n'était pas loin. D'un instant à l'autre je m'attends à voir surgir Vif, portant une lettre furieuse de Père. Quelle atroce déception je lui inflige, moi son fils indigne ? Un jour pareil qui plus est ? Oui, un jour si important... Mais bon. J'ai aussi été agréablement surpris de voir que Harry est arrivé troisième, sûrement grâce à un entraînement intensif. Merci Granger je suppose.
Harry. Oui ce n'est plus Potter ou Potty. Depuis la Résolution, oui c'est devenu un nom propre maintenant, je ne pense plus à lui que par son prénom. Penser seulement hein je ne l'appelle pas Harry. D'ailleurs depuis ce jour là, au début de notre sixième année, on s'évite mutuellement. Enfin quand on se croise, on se pourrit toujours autant , il faut garder les apparences sauves. Mais on ne se cherche plus, on ne s'est plus jamais frappé non plus. Une sorte de trêve en somme. Moi ça m'allait parfaitement. Je pouvais continuer à l'observer, discrètement bien entendu. Je pouvais continuer à l'aimer. Et lui a quitté Weasley. D'après les bruits de couloirs, qui selon moi ont été très légèrement exagérés, il lui a dit qu'il ne voulait pas risquer sa vie plus quelle ne l'était déjà et préférait la quitter maintenant. Et elle, les yeux brillants de larme, lui a juré de l'attendre, pour leur amour, avec un grand A s'il vous plaît, jusqu'à ce qu'il revienne auprès d'elle. Très émouvant. Vraiment. Juste un peu trop mièvre à mon goût, les nausées que ça m'a filé en sont la preuve.
Il avait d'ors et déjà commencé la chasse aux horcruxes. Et oui je suis au courant, je les ai entendu en parler lui, la belette et Granger dans la bibliothèque une fois que je le suivais. Je suis au courant de tout ce qu'il faut faire pour détruire Voldemort. Détruire ces objets antiques qui ont appartenu aux Fondateurs. Je sais aussi qu'Harry en a détruit un en deuxième année et que Dumbledore en a eu un autre, une bague, il y a peu et qu'il s'en est sorti de justesse mais sans aucune séquelle permanente. Increvable le vieux, j'vous le dis.
Quand j'y pense, c'était agréable ces deux ans. J'aurais aimé que ça continue. Mais maintenant, Poudlard est fini. Il est temps de mettre mon plan en action. Enfin plan. C'est un bien grand mot. J'ai beaucoup hésité. Espion ou membre de l'Ordre reconnu. Après moultes réflexions, je me suis enfin décidé. Je serai bien plus utile si j'infiltre les Mangemorts. A l'eau la villa sur la côte d'azur ! Je t'aimais bien pourtant. Blaise en a hérité le jour où il m'a dit que lui et Théo avaient eu l'idée de partir loin. Ils ont refusé les clés au début mais finalement, sous les menaces, ils les ont prises. Bien entendu ils me gardent une chambre et je peux les rejoindre quand j'en ai envie. Le nom de la villa est Refuge. Symbolique n'est-il pas ? A l'heure qu'il est ils doivent être en train d'emménager. Je suis rassuré de savoir qu'ils vivront, peu importe ce qu'il va arriver. Ils ont été très surpris d'apprendre que je rejoignais le Lord Noir. Ils me connaissent trop bien, ils savent combien je le trouve con. Mais il est légilimens et si je fais pas gaffe il le saura aussi. Mauvaise option. Malgré les cours d'Occlumencie, où j'ai excellé merci de demander, il va falloir que je fasse très attention à mes pensées.
Ma fenêtre grince et je vois Vif qui rentre dans un grand bruit d'ailes. Il se pose sur l'accoudoir du siège sur lequel je suis assis. Je tends ma main pour prendre l'enveloppe et, trop vite pour que je réagisse, il attrape deux de mes doigts dans son bec et les serre jusqu'à ce que le sang goute sur mon fauteuil. Blanc. Saloperie de piaf. Père a visiblement eu vent des résultats des ASPICs, voilà donc ma punition. Heureusement qu'il doit me garder intact pour ce soir, sinon il serait venu en personne. Et le connaissant, je ne m'en serais pas tiré avec deux doigts un peu amochés. Enfin Vif se décide à me lâcher, et à peine ai-je retiré la lettre qu'il répare comme il est venu, silencieux.
Je soigne mes doigts mordus avant de mettre encore plus de sang sur les meubles. 'Dame Pomme m'a appris un sort pour les écorchures, c'est bien pratique. Je me réinstalle confortablement et je lis la lettre. Bon rien de bien nouveau. Il est tellement nerveux qu'il me répète la même chose depuis une semaine. 'Tu vas être marqué Draco, ne me fais pas honte !', 'Ne le regarde pas dans les yeux et ne parle pas sauf si il t'y autorise', 'Mais réagit bon sang !'. Un peu paniqué sur les bords. Je pose le bouchon de liège qui était joint à la lettre sur la table basse. Il s'activera à 21h et m'emmènera auprès de mon futur maître. Il me reste dix minutes. Je vais vite enfiler ma robe noir. Le masque et la marque viendront compléter ma panoplie après la cérémonie. Voilà on y est arrivé. Dans quelques minutes je ne pourrai plus faire marche arrière. Si je veux prendre mes jambes à mon cou c'est maintenant ou jamais. L'aiguille de ma montre arrive sur 21h. J'attrape immédiatement le bouchon et me sens emporté, tiré par le nombril. Finalement je n'ai pas reculé. Je suis plus Gryffondor que je pensais.
A mon arrivée, je me réceptionne aussi gracieusement que possible. Un bon point pour moi, je ne me suis pas lamentablement ramassé. Je relève la tête pour voir où j'ai atterri et je dois admettre que le lieu correspond parfaitement à l'image que je me suis fait des goûts de Voldemort. Un cimetière, sûrement abandonné vu l'état des pierres tombales. Une sculpture représentant, si je me souviens bien de certains contes moldus dont j'ai entendu parlé, un ange, mais le lierre, la mousse et le temps lui ont donné un aspect lugubre et effrayant. Cela ne me prend que quelques secondes et bien vite j'avance d'un pas et m'agenouille en face du Lord.
« Quel enfant intelligent nous avons là. Tu l'as bien éduqué Lucius bravo. »
Sa voix glaciale et sifflante me dégoutte profondément. Le frisson qui remonte ma colonne vertébrale me secoue les entrailles mais il ne semble pas l'avoir vu. J'ai envie de lever la tête pour voir son visage mais je me retiens. Un doloris ne me tente absolument pas. Des pas feutrés s'approche et des chaussures noires apparaissent devant moi. Docilement, je baise l'ourlet de sa robe, ne m'attardant pas plus que nécessaire. Je me dégoûte. Je veux partir. Mais une image d'Harry me revient et ma détermination s'affermit. Je le fais pour lui. Une main attrape doucement mon menton et des yeux rouges sangs me font face. Ils me sondent, me fouillent sans vergogne. Mais mes secrets sont bien à l'abri, caché au plus profond de moi, il ne les trouvera pas. Il sort de mon esprit et me sourit. Son visage blanc, sa bouche sans lèvres, ses dents jaunes et pointues, son crâne lisse, ses mains longues et fines semblables a des serres le rend à mes yeux aussi ridicule que flippant. Mais ce qui est terrorisant, c'est la présence qu'il dégage, l'aura de magie brut dans laquelle il se déplace. Sa main ne m'a pas lâchée et je sens comme des centaines d'insectes rampaient sous ma peau. C'est l'effet que le pouvoir me fait. On s'y fait vite mais quand je rencontre des gens aussi puissant que le Lord, ce qui n'est pas courant, ma peau me donne l'impression de vouloir se faire la malle et c'est vraiment désagréable.
D'une légère pression il me fait comprendre qu'il veut que je me lève alors je m'exécute. Ça sera toujours comme ça maintenant. Il ordonne et j'agis. Il commence à tourner autour de moi, sa main passant successivement sur mon épaule, dans mon dos, sur ma taille, mon poignet pour finalement se poser sur mon torse, au dessus de mon cœur. Je crois que je le dépasse de quelques centimètres, je le confirme quand son corps se trouve parfaitement droit devant moi. Il laisse sa main sur mon cœur, son pouce traçant de petits cercles sur ma robe. Je garde la tête baissée et mon menton touche presque ma poitrine. Personne ne bouge, personne ne parle et pourtant je sais pertinemment qu'il y a au moins une dizaine de Mangemorts, en cercle autour de nous, qui observe tous mes gestes. A la moindre erreur je vais souffrir c'est sur.
« Tu es prêt, cher ange, ton sang réclame son quota de meurtres, murmure mon Maître. » Le seul problème étant que moi, je m'en passerais bien des meurtres, ça enlève toute crédibilité à son discours. « Je sens l'odeur de ta peur. Mais je ne t'en veux pas, rajoute-t-il, comme m'accordant une grande faveur, ce qui est sûrement le cas en fait. Tu ne connais pas encore le plaisir que cela te procurera. Mais tu apprendras vite j'en suis sur. » Sa main remonte et cajole ma joue, comme on le ferait avec une statue dont on veut voir si elle est aussi douce qu'elle le paraît. « Tu es magnifique, souffle-t-il. J'ai bien fait de marier Lucius et Narcissa, je me doutais que leur progéniture ne pouvait qu'être belle. »
Voilà qui va combler Père. Voldemort me sourit toujours et je suis de plus en plus mal à l'aise. Je m'attendais à tout, qu'on m'oblige à torturer, qu'on me torture ou même qu'on me fasse faire un test écrit qui sait mais pas à ça ! Voldemort me fait les yeux doux. Finalement mourir est peut-être une option envisageable. Il recule soudain, quittant ma joue et tend la main. Comprenant, je remonte ma manche et tends mon bras gauche. Il attrape mon poignet, ses doigts ressemblent vraiment à des serres et ma peau, extrêmement pâle, semble bronzée par rapport à la sienne. Il pose le bout de sa baguette sur une des veines qui courent sous ma peau et d'une voix plus froide que jamais prononce le sort qui va sceller ma vie.
« Morsmordre »
Je grimace quand un liquide gelé s'infiltre dans mon bras, tétanisant mes muscles et glaçant mon sang. Tout d'abord je ne peux distingué qu'une vague tache de noir et de vert, puis les couleurs bougent à nouveau et la Marque des Ténèbres devient clairement visible sur mon avant-bras. J'avais imaginé ça bien plus douloureux mais je ne vais pas me plaindre. La sensation de froid persiste et mes doigts ne répondent pas quand j'essaie de les fermer. Le Lord tient toujours mon poignet. Il passe doucement son autre main sur sa marque, comme pour admirer son œuvre. Apparemment satisfait de son travail il me lâche et m'ordonne tout sourire de rentrer chez moi et de me reposer jusqu'à son appel, qui ne saurait tarder me promet-il. Je m'incline humblement et transplane directement à Prés-au-lard.
Tout c'est passé comme prévu. Bien mieux que prévu même. Maintenant, c'est le moment de proposer mes services à Dumbledore. Je me suis renseigné, la Marque ne fonctionnera véritablement que dans quelques heures, si je vais tout de suite à Poudlard, il ne sera pas au courant. Je traverse aussi vite que possible le parc de l'école, restant dans les ombres. C'est les vacances d'été mais on ne sait jamais. Je suis dans les couloirs et j'arrive vite devant la gargouille qui garde l'entrée du bureau directorial. J'ai plus qu'à trouver le mot de passe et le tour est joué. Je commence à énumérer tous les bonbons et les gâteaux que je connais. Mais non. Cette saloperie ne semble pas décider à s'ouvrir.
« Draco ? »
Merde. J'ai reconnu la voix, mais pour être sur, je me retourne pour voir Severus Snape, Mangemort ayant très certainement assistée à mon intronisation ou étant au courant tout du moins. Et bien je vais mourir. J'ai échoué dans la mission que je m'étais donné. Ça a été rapide. Quoi que je fasse c'est foutu. Si je le tue, je meurs, si je me laisse emprisonner, je meurs, si je fuis, je meurs. Je ne pourrai jamais inventé de mensonges convaincants. Il a l'air aussi choqué que moi. Mais il est le plus rapide à se reprendre et il avance rapidement vers moi. Je suis sur le point de sortir ma baguette quand il lâche ' chocobon ', attrape ma manche et me traîne jusqu'au bureau. Alors là je suis perdu. Il est sensé me donner aux Mangemorts, me tuer sur le champs à la limite. Pas me conduire auprès du tueur de Grindelwald, du chef de l'Ordre du Phoenix !
Je ne comprends vraiment rien. Il entre sans frapper et me tire a sa suite. Dumbledore paraît à peine surpris de nous voir débarquer à l'improviste, son sourire bienveillant toujours collé aux lèvres.
« Bonjour mes enfants, commence-t-il avec une étincelle que je trouve foncièrement perverse dans les yeux, voulez-vous un bonbon au citron ? »
Vraiment c'est ça la terreur de Voldemort. Ça l'a toujours pas mal discrédité à mes yeux il faut l'avouer, avoir peur d'un vieux rabougri accro au glucose c'est pas super. Sev' ne prête pas attention à ce qu'a dit le directeur et me force à m'asseoir avant de s'effondrer sur le siège à coté de moi. Dumbledore prend un air grave, que je trouve plus de circonstance. Il demande à mon parrain si tout s'est produit comme ils l'avaient prévu, si j'avais bien été marqué et moi je tombe sur le cul. Snape. Snape est un espion. Alors là si je m'y attendais. Enfin façon de parler parce que non je ne m'y attendais pas du tout. Je me tourne vers lui et j'ai l'impression de le voir pour la première fois. Ça aurait du me sauter aux yeux !
« Oui, il a été marqué, répond il sombrement avant de se redresser totalement. Et le retrouver devant votre bureau était une chose à laquelle je ne m'attendais pas je dois dire. »
Il finit sa phrase en me regardant, le sourcil levé. Ça veut dire répond en Snapien. J'ai toute une encyclopédie sur lui et je pense pouvoir me targuer de dire que je suis l'une des personnes qui le décrypte le mieux.
« Je pourrais te retourner la question Sev' mais je pense que nous savons tous ce qui se passe. »
Je lui ai répondu sans sourciller et je suis fier de moi. Mon cœur bat à deux cent à l'heure mais mon masque tient bon.
« Vous avez donc compris que Severus était un espion au compte de l'Ordre du Phoenix n'est-ce pas ? Demande Dumbledore.
-Oui, je viens juste.
-Et pourquoi êtes-vous venu ici, Monsieur Malfoy, il est aujourd'hui évident que votre allégeance ne va pas dans le même sens que la notre, reprend le vieux avec un regard appuyé sur mon bras. »
Ça y est, le questionnaire commence mais je m'y attendais. Autant être sincère.
« Je suis venu vous proposer de devenir un espion. Je ne pensais pas que vous en aviez déjà un, j'ajoute en fixant Sev', dont les épaules se tendent.
-Juste après avoir été marqué ? »
Dumbledore a l'air étonné mais Parrain a compris. Il me regarde furieux et pendant un instant je me demande si il va me frapper. Il décide finalement de se défouler sur son accoudoir et je soupire, soulagé. Sev' m'en veut, ça se voit, et il lâche d'une voix hargneuse :
« Tu voulais être espion avant même d'être marqué hein gamin ? Tu avais prévu de rejoindre le Lord puis de venir ici n'est-ce pas ?
-Est-ce vrai ? s'exclame Dumbledore surpris. »
J'ai réussi à le surprendre. Cette expression ne lui va pas du tout d'ailleurs. La première personne que je croise, je lui raconte tout et surtout je me vante d'avoir réussi a surprendre le grand Albus Dumbledore. Non, je vais peut-être pas tout raconter ça risquerait de gâcher tous mes efforts. Je me rends compte du silence qui plane dans la pièce depuis quelques secondes et je hoche la tête. Je profite du moment pour ajouter que je ne veux personne d'autre au courant, deux c'est déjà une de plus que prévu. Je rajoute qu'ils ne doivent pas prendre contact avec moi, que c'est moi qui fixerait l'heure et le lieu des rendez-vous. Et aussi que je ne veux être au courant d'aucun de leurs secrets ! Mon occlumentie est loin d'être assez puissante pour risquer quoi que se soit. Mes secrets c'est une chose mais ceux de l'Ordre ...
Ils sont étonnés que je pose de telles conditions mais ils disent en voir le bien fondé.
« Puis-je vous demandez pourquoi ce soudain revirement ? »
Et maintenant la question. Quelle tête il ferait si je répondais : « Il se trouve que je suis follement amoureux du Survivant et j'ai décidé de l'aider à tous prix à zigouiller Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. » Mwuahahahahaha et si j'le faisais ? Non ? C'est franchement tentant pourtant j'vous jure. Mais non à la place je lui lance « Non vous ne pouvez pas. » froidement et je me tais.
Dumbledore s'avance sur son siège, son sourire malsain et ses yeux pétillants de retour, et me tend la main. Je la sers pour sceller notre accord et me lève pour les quitter le plus vite possible. Je ne suis pas sensé être à Poudlard contrairement à Sev' et si ma Marque s'active alors que je suis ici tout est foutu.
Une fois la grille du collège passée je transplane dans mon appartement londonien. Je me déshabille, semant mes vêtements sur mon passage et rentre dans la cabine de douche. J'ouvre le robinet d'eau chaude à fond et m'assois sur le carrelage. La vapeur monte vite et crée un véritable cocon autour de moi. J'ai réussi. La première étape est terminée.
Oh putain j'ai réussi ! Je serre mes bras autour de moi. Je tremble malgré l'eau bouillante qui tombe sur mon visage. Un peu trop bouillante d'ailleurs, je veux pas finir comme un écrevisse. C'est mieux. L'eau est chaude mais je peux rester en dessous sans risquer de me brûler. J'ai du mal à croire que ça ait été si simple. Si facile ! J'ai berné Voldemort ! J'en reviens pas. Et leurs têtes Merlin leurs têtes ! Rien qu'y repenser me fait éclater de rire. Je ris, je ris, je ne m'arrête plus. L'eau de la douche a pris un étrange goût sallé et mes joues me font mal d'être si tirées par mes rires. Je passe la main dans mes cheveux pour les chasser de mes yeux et je tombe nez à nez avec la Marque. Le crâne souriant et le serpent d'un vert immonde font vraiment tache sur ma peau laiteuse. J'ai envie d'attraper le gant de toilette et de frotter dessus jusqu'à ce qu'elle parte, mais ça ferait suspect. Alors je la fixe. Comme si mon regard allait la faire fuir peut-être. Quel idiot je fais.
Je me relève lentement, parce que bon un vertige et hop coucou le mur ! Mais tout va bien. Je prends mon shampoing et essaie de me détendre. La tension dans mes épaules diminue quand je retourne sous le jet puissant de l'eau. La douce odeur de pomme verte, mon parfum préféré, flotte dans l'air. Quand je me sens enfin propre, je sors, noue une serviette moelleuse autour de ma taille et me plante devant le miroir. Avec un simple sort sans baguette, oui j'ai enfin appris et seul en plus, je fais disparaître la buée. Mon reflet me fait un petit coucou de la main. Une inspection s'impose.
Mes cheveux sont devenus presque totalement blancs depuis un an. Depuis que je suis devenu animagus en fait. Ah oui, je ne vous ai pas raconté ! En patrouillant dans la réserve une nuit, j'en ai profité pour fureter un peu. Et là je tombe sur, devinez quoi, un manuel pour devenir animagus ! Écrit par un groupe de gens aux noms bizarres, comme Prongs, Wortmail et Moony. Étrange, surtout leur humour un peu con, mais d'excellents professeurs. En quatre mois, j'ai réussi à faire ce que beaucoup mettent au moins un an, un an et demi à accomplir. Je suis devenu animagus. Un magnifique renard polaire si vous voulez tout savoir. Mon pelage est d'un blanc pur et quand je suis redevenu humain mes cheveux s'étaient considérablement éclaircies. Les élèves m'ont regardé étrangement le lendemain et Pansy a encore plus essayé de me coincer dans une salle vide. Mes yeux sont gris perle. Une couleur simple mais qui je trouve à un charme fou. Mes lèvres sont fines et mes amants ont toujours complimentés leur rose pâle qui ressort étonnamment sur ma peau. J'ai pas mal grandi, j'ai atteint le mètre quatre vingt-cinq. Blaise me dépasse toujours avec ses deux mètres trois mais bon on peut pas tout avoir dans la vie. Le quidditch m'a plutôt bien entretenu et mes muscles saillent joliment. Oui je suis beau. Que voulez-vous je me suis promis de toujours être honnête avec moi même !
Je sors de la salle de bain et retourne dans le salon pour pouvoir aller chercher des vêtements dans ma chambre, mais quand je passe à coté du canapé je remarque l'enveloppe noir qui flotte au milieu de la salle. Un sceau rouge la ferme et dessus je reconnais la Marque des Ténèbres. A peine entré dans les rangs que je reçois déjà des ordres. Je l'attrape d'un geste brusque et la lit. Des quartiers privés m'attendent au manoir de mon Maître et je suis invité à y emménager le plus tôt possible. En gros ramène ton cul vite fait. Ok. Je vais m'habiller, revêtant la tenue traditionnelle du mangemort, d'une pression sur le crane de mon bras fait apparaître mon nouveau masque et le mets. Je dois avoir une sale dégaine fringué comme ça. Je miniaturise tous mes meubles et les mets dans ma poche. J'aurai préféré rester ici. Mais je n'ai pas le choix. Je me concentre sur le lien qui me relie au Seigneur des Ténèbres et dés qu'il est clair je transplane.
Je me trouve dans un hall sombre, sans aucune fenêtre, éclairée ça et là par quelles torches ensorcelées. Un mangemort se dirige immédiatement vers moi et me fait signe de le suivre. Je ne sais pas comment il a pu me reconnaître mais poser la question me ferait paraître vraiment idiot. On parcoure tout un dédale de couloirs avant d'arriver devant une porte. Il me tend une clé, me dit que je dois me sentir flatté pour un Pion d'avoir mes propres appartements et me laisse planté là. Alors comme ça c'est pas courant qu'un Pion, mangemort au plus bas de l'échelle, loge dans cette forteresse. Et bien, je suis rentré dans les faveurs du Maître plus facilement que je l'imaginais. Je rentre dans mes appartements qui sont sobres, eux aussi sans ouverture vers l'extérieur. J'agrandis toutes mes affaires au fur et à mesure que je traverse les pièces et je commence enfin à me sentir chez moi. Je m'assois et rédige une note rapide au Lord pour le remercier de sa générosité. Je joue au lèche botte mais si ça marche pourquoi pas. Je la donne à mon hibou, un grand duc albinos que j'ai baptisé Blanc dans un moment d'inspiration, qui s'envole et disparaît dans une trappe au plafond que je n'avais pas encore remarqué. Il est très tard maintenant, ou très tôt ça dépend du point de vue. Je vais me coucher, épuisé par cette journée, mais je jette tout de même quelques sorts pour prévenir toutes intrusions. Je m'allonge et m'enroule dans mes couvertures, puis sombre dans un sommeil paisible.
Une alarme stridente me réveille en sursaut. Je me mets à l'insulter, certain que quelqu'un est venu me tourmenter. Mais je me rappelle où je suis, tout à coup parfaitement éveillé. J'enfile les vêtements que j'ai laissé tomber aux pieds du lit, pose mon masque sur mon visage et m'élance dans le couloir. Une note m'y attend et j'y lis que je dois me rendre sans attendre dans le hall où je suis arrivé quelques heures plus tôt. Je m'y précipite, avec la certitude de me perde à un moment ou un autre dans ce labyrinthe de couloirs sombres, mais finalement j'y arrive sans encombre. Une véritable pagaille y règne, ça crie de tous les côtés et je ne sais pas quoi faire. L'alarme cesse d'un coup et le silence est immédiat. Je vois les Pions se mettre en ligne et je suis le mouvement. Un Supérieur, qu'on distingue grâce à sa robe plu sophistiquée que les nôtres, arrive et nous dit qu'une nouvelle bataille va commencer. Nous devons détruire un village, dont le nom m'échappe totalement. Nous avons comme d'habitude le droit de piller, violer, torturer, tout tant que ça se voit. Dés que les aurors débarquent on se casse. Pas compliqué mais quand je sais qui fait parti des Pions, Crabbe et Goyle en sont de bons représentants, je me dis que c'est pas plus mal. La marque se met soudain à brûler et l'image du village s'impose à moi. Sans plus attendre, je transplane avec mes confrères.
Tout est paisible. Il fait encore nuit, il ne doit pas être plus de 5h du matin. Les gens dorment encore, il fait toujours nuit. Et ils vont tous mourir. Le Supérieur qui nous accompagnent nous fait signe de nous disperser et il rajoute avec un sourire que le village est assez grand pour que nous ayons une maison chacun. Les rires gutturaux qui s'élèvent ne présagent rien de bon.
Je quitte le groupe et étudie les différentes maisons. J'arrive au bout de la rue et me décide finalement à entrée dans celle de l'impasse. Elle a un étage, sa façade est crème. Elle ressemble à toutes les autres mais c'est la famille de celle là que je vais tuer. D'un alohomora j'ouvre la porte et entre. Tout est éteint. J'inspecte rapidement le rez-de-chaussée. Il n'y a personne, juste un mot. Un mot du père de famille qui travaille de nuit d'après ce que j'ai compris. Il embrasse Manon, sa femme, et Julien, leur fils.
Je monte les marches une à une, lentement. J'ouvre la première porte. C'est la salle de bain. A trois pas se trouve la deuxième et dernière porte de l'étage. Je m'en approche à pas feutrés. J'entre. Il y a un lit deux place et une forme respire doucement. Manon. Un berceau se trouve prés du grand lit. Je vais me poster à coté. Julien. Sûrement un an. Il porte une grenouillère bleu. Un hurlement strident retentit au loin et je sursaute violemment. Les festivités commencent. Le cri a réveillé Manon qui s'assoie sur le bord du lit les yeux encore embués de sommeil. Et là elle me voit. Ses yeux s'écarquillent démesurément. Ils font le voyage entre moi, forme sombre et cauchemardesque, et le berceau. Elle se lève précipitamment, attrape son bébé avant de se réfugier dans le coin de la pièce le plus proche. Elle crie les mêmes phrases inlassablement :
« Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? Ne vous approchez pas ! Ne touchez pas à mon enfant ! Allez vous en ! Qui êtes-vous ? »
Encore et encore ses cris résonnent dans le silence. Par la fenêtre de la chambre, la lumière rouge d'un incendie éclaire la scène. Julien pleure bruyamment dans les bras de Manon. Il doit avoir peur. Moi aussi. Les hurlements continuent dehors. Je ne comprends rien de ce qui se passe. Mais en fait il n'y a rien à comprendre je crois. Je dois les tuer. Manon pleure aussi maintenant. Ces larmes coulent sans bruit et vont se perdre dans la touffe brune de son bébé. Ces mots ... Ces cris emplissent l'espace entre nous, ils m'empêchent d'avancer. Je lève ma baguette. Ces cris ne veulent plus rien dire. Ce ne sont que des sons sans signification, des aboiements. Elle n'est pas intelligente, ses yeux ne brillent pas de l'étincelle du savoir. Elle grogne elle ne parle pas. C'est un animal. Je ne peux pas tuer un humain. Mais je peux tuer un animal. Ces animaux doivent mourir pour que je puisse accomplir ma mission. Pour que Voldemort crève. Ils doivent disparaître. C'est un sacrifice nécessaire. Les mots franchissent mes lèvres et le moldu s 'effondre dés qu'il est touché par le rayon vert. Le petit se tait et fixe le cadavre devant lui. Il murmure alors un mot qui aurait ravie ces parents quelques heures plus tôt.
« Maman. »
Julien commence a secoué sa mère. Il ne pleure plus. Je le fais à sa place. Ce n'est pas un humain. C'est un moldu, un animal. Il doit mourir. A nouveau un rayon vert traverse la pièce et c'est au tour du petit de s'effondrer. J'ai tué.
Je sors de la maison dans un état second. Je plane. Je vois des animaux courir dans les rues. Leurs bouches sont grandes ouvertes comme si ils criaient. Mais pourtant je n'entends qu'un tambour. Boum, boum, boum. Un rythme lent et rassurant. Le rythme de mon cœur. Ma marque me brûle, signe de ralliement. Je me retrouve à nouveau dans ce hall noir. Le Supérieur nous félicite pour notre efficacité et nous dit d'aller nous reposer. Les Pions se donnent de grandes clacs dans le dos et se gratifient les uns les autres. Ceux à ma droite discutent du viol d'une fillette de trois ans. Ceux à gauche de la torture d'un vieil homme. Ils disparaissent ensuite. Ils rentrent rejoindre leur femme, leurs enfants.
Moi je retourne dans mes appartements. Sans me déshabiller je me couche sur les draps et m'endors. Je cauchemarde et me réveille avec les larmes aux yeux. Je ne veux plus dormir, pas si je dois revoir la maison beige. Non je ne veux pas. Mais je dois le supporter. Je dois dire que j'ai aimer ça. Que je veux recommencer. Et j'y arrive. Quand Père me convoque pour me féliciter je lui souris fièrement. Quand un Supérieur me complimente sur le dernier sort d'écartèlement que j'ai utilisé je le remercie. Quand dans une bataille on me dit de torturer le gamin de huit ans en face de moi je m'exécute avec le sourire. Les mois passent et je ne suis d'aucune utilité à l'Ordre. Je ne suis qu'un Pion, je n'ai pas de plan, pas accès au section importante de la Forteresse, comme je l'appelle. Je n'ai même pas revu le Maître depuis mon arrivée.
On est en Janvier maintenant, ça fait sept mois que je suis utilisé et je commence à devenir fou. Ça n'avance pas ! Je reste un Pion et j'ai beau m'efforcer d'être le plus parfait des Mangemorts rien n'y fait. Je suis le plus haut gradé des Pions, je les dirige durant les attaques quand il n'y a pas de Supérieurs.
L'alarme qui m'est devenu si familière commence à résonner. Sans me précipiter je me rend au Hall des enfers. J'ai appris qu'il s'appelait comme ça il y a quelques mois. Poétique je trouve mais un peu glauque tout de même. Quand j'arrive les discussions diminuent et les Pions me saluent tous, avec plus ou moins de respect. Je suis du même rang qu'eux mais je suis le plus puissant d'entre eux. Et entre nous c'est la loi du plus fort. Je suis le chef, ils n'aiment pas le reconnaître mais c'est la vérité. Un Supérieur arrive et commence à nous expliquer en quoi consiste notre nouvelle mission. Mais alors que je vais transplanner il met la main sur mon épaule et m'annonce que je ne participerai pas aujourd'hui. Il ajoute que le Maître veut me voir sur le champ dans son bureau privé.
Mon cœur bat la chamade quand il me guide jusqu'à l'aile privée du Maître. Soit il va me tuer soit enfin mes efforts vont toucher leurs fruits. On arrive devant une large porte d'ébène. Le Supérieur me souhaite bonne chance à mi-voix. Sympa comme gars faudra je trouve son nom pour le remercier plus tard.
Je toque et immédiatement la porte s'ouvre. J'entre dans un bureau très éclairé, comme par la lumière du soleil. Tous les meubles semblent être en bois brut et précieux, donnant une certain chaleur à la pièce. Un épais tapis beige couvre la quasi totalité de la salle. Voilà qui est assez inattendue je dois dire. J'aurais plus vu des chaînes pendus aux murs, quelques squelettes de ci de là. Mais je suis presque sur que les cachots ressemblent à ça par contre.
« Bonjour Draco. »
La voix vient de ma droite et j'ai le réflexe de me mettre à genoux tout de suite devant mon Maître. Il est debout, appuyé sur un grand bureau en chêne massif d'après moi. Il a les bras croisés. Je ne peux pas voir son expression mais je suis certain qu'il a le même petit sourire que lors de notre dernière rencontre.
« Bonjour Maître. »
Ouuh la touche d'adoration que j'arrive à y mettre ! Je suis sur que mon talent de comédien me rapporterait beaucoup si j'en faisais mon métier.
« Ne reste donc pas prostré comme cela, cher enfant, viens t'asseoir avec moi. »
Disant cela, il se dirige vers deux fauteuils en face de l'imposante cheminée de la pièce. Je le suis et m'installe à sa suite.
« J'ai entendu beaucoup à propos de tes exploits Draco, je suis très satisfait de toi, vraiment, dit-il avec son sourire toujours collé aux lèvres et qui s'agrandit après que je l'ai remercié timidement. Tu es un Mangemort encore plus assidu que je l'espérais. Tes Supérieurs me disent depuis plusieurs semaines déjà de te faire grader et je dois dire que cette idée me plaît beaucoup. Mais je pense que tu as suffisamment fait tes preuves, reprend-il en se penchant vers moi. Que dirais-tu de devenir dés maintenant un Premier ? »
Je reste bouche bée devant sa proposition et le dévisage bêtement. Enfin c'est mon impression intérieur, lui ne voit que mon masque habituel, auquel je donne un air surpris et remplie de gratitude pour l'occasion. Premier. Jamais je n'ai imaginé pouvoir atteindre un tel rang ! Même Père et Snape ne le sont pas ! Ils sont Prétendants depuis des années, à leur plus grand dam. D'ailleurs il me semble que cela fait longtemps que le seul Premier est Greyback, ce loup-garou décérébré. Merlin je ne pouvais pas rêver mieux. Je m'empresse d'accepter son offre, le remerciant mille fois pour son geste.
« Mais c'est bien normal, bel ange, bien normal. Tu mérites tout à fait ce poste, rit-il, ce son est vraiment très étrange je trouve, on dirait qu'il tousse ou encore qu'il a le hoquet. »
Je me retiens difficilement de sursauter quand une main vient se poser sur ma cuisse et commence à la caresser doucement. Je ne dis rien, me contentant de sourire à cet homme que j'exècre.
« A partir de maintenant tu ne combattras plus, contrairement à Fenrir qui lui ne fait que ça. Tu m'aideras à préparer les plans de bataille et à recruter de nouveaux Pions. Tu feras aussi des recherches pour moi et pour cela tu auras libre accès à ma bibliothèque personnelle. »
Mon cœur manque un battement. La collection de livre du Lord est réputée pour être plus complète encore que celle de Poudlard. Et il l'a complétée avec ses propres écrits ! Si il y a un endroit avec des informations sur les Horcruxes, c'est bien là. Il m'offre le couteau pour le tuer. Vraiment je suis un petit veinard. Il faut que je me lance dans les jeux de hasard un de ces jours. Il me dit qu'il est encore tôt et que si l'envie me prend, je n'ai qu'à aller visiter sa bibliothèque. Il s'excuse de ne pouvoir m'y accompagner, mais conquérir le monde n'est pas un travail facile. Je le remercie et dis que je vais suivre ses conseils sur le champs. Il m'explique qu'une fois arriver je n'aurais qu'à poser la main sur la porte pour qu'elle s'ouvre. Sa main monte dangereusement haut sur ma jambe, mon ventre se tord à cette idée, mais il l'enlève avant d'aller trop loin. Il me fait signe de partir et je m'empresse d'obéir.
Son comportement me rend de plus en plus nerveux. Je lui plais ça crève les yeux, et ce que Voldemort veut, Voldemort a. Mais y penser maintenant ne m'avancera à rien, peut importe les plans que je peux échafauder. Je suis les indications que mon Lord m'a donné et pénètre dans un bibliothèque surdimensionnée. Elle est absolument immense ! Ça va me prendre des années pour trouver ce que je cherche ! Je vagabonde dans les rayons, lisant certains titres pour essayer de voir comment sont classés les livres. Mais je ne vois aucune logique dans tout ça. Pas d'ordre alphabétique, ni chronologique vu l'état des couvertures. Ils ne sont pas classés par auteur et quand je vois ' 1000 manières différentes de tuer douloureusement ' et ' L'art de la transe méditatoire ' côte à côte je comprend qu'ils ne sont pas non plus rangés par sujet. Quelle pagaille ! Il y a une table ronde entourée de chaises, comme celle de Poudlard, au milieux de la salle. Je m'y assoies et essaie de comprendre comment peuvent être ranger les ouvrages de cette bibliothèque. Mais j'ai beau y penser, je trouve toujours que ça n'a aucun sens ! J'enrage du mauvais tour que m'a joué Voldemort. Comment vais-je réussir à savoir où sont planqués ces putains d'Horcruxes !
Une pile de livres apparaît sans bruit devant moi. Alors là je comprends vraiment rien. Je lis le titre du premier et reste soufflé. 'Créer des Horcruxes' par Paul Quine. 'Comment avoir la vie éternelle' par Lucie Straub s'étale sur le deuxième. Les cinq livres qui sont apparus traitent des Horcruxes ! Je comprends soudain comment fonctionne la bibliothèque de Voldemort. Il suffit de penser à un sujet et tous les livres qui sont à rapport avec apparaissent. Je teste ma théorie en pensant aux potions, sujet suffisamment neutre et apprécié du Maître pour qu'il y est des livres dessus ici. Une vingtaine de piles se trouvent à présent sur la table. Et bien c'est ingénieux je le reconnais. Très pratique. D'une seule pensée je fais disparaître les guides de potions. C'est que c'en serait presque amusant en plus ! Mais non il faut que je me concentre, c'est sérieux. Je prends le premier livre sur les Horcruxes. Je préfère jeter un sort dessus, pour être sur que Voldemort ne sera pas au courant que je l'ai consulté. Je l'ouvre et commence ma lecture. Les différents rituels et sacrifices nécessaires à la réalisation d'un Horcruxe sont monstrueux. Et lui l'a fait six fois. Quel monstre. Combien de personnes a-t-il tué pour les créer ? Des dizaines au moins.
Je finis la lecture du premier livre, qui ne comportait que quelques pages, et attrape le deuxième. Je l'ouvre et un papier glisse sur mes genoux. Je le prend et le lève pour le lire. Mais il n'y a dessus que des traits continus qui serpentent sur toute la largeur de la feuille avant de s'arrêter et de reprendre en dessous. Sûrement un brouillon ou des dessins fait dans un moment d'ennui. Mais c'est Voldemort qui l'a fait pas de doute. Pourquoi aurait-il fait ça ? Je ne l'imagine vraiment pas la tête posé sur son bras en train de gribouiller du charabia sur son parchemin. Des petits serpents qui plus est. Mais ... serait-ce possible ? Ça serait logique quelque part, personne à part lui ne peut le lire. Il aurait écrit en Fourchelang ? Je sens l'excitation monté en moi quand j'en fais une copie et commence à imaginer un moyen sur de contacté l'Ordre. Harry pourra le lire ! Peut-être bien que ce n'est pas important mais on ne sait jamais. Je feuillette le livre mais n'y trouve rien de plus que dans le premier. Je retourne les autres et trouve encore deux bouts de parchemins écrit en Fourchelang. Je les duplique puis les remets à leur place. Je vais enfin pouvoir aider Harry. Je vais enfin faire avancer sa cause. Enfin.
Je renvois vite les livres dans leurs rayonnages, de peur que quelqu'un me surprenne avec alors que j'examine mes possibilités. Je fais aussi apparaître quelques ouvrages que les poisons, sujet qui m'a longtemps passionné. Il faut que j'envoie Blanc à Sev' avec un message. Crypté bien entendu. C'est mon parrain et un Mangemort en plus donc ça ne paraîtra pas suspect. Oui c'est la meilleur chose à faire.
« Je vois que tu as trouvé ton bonheur Draco. »
Lord Voldemort se trouve juste devant moi, et je ne l'ai pas remarqué avant qu'il parle. Vraiment bravo pour la vigilance Dray. Je vérifie discrètement mes murs d'Occlumentie, il ne faudrait pas qu'il se rende compte de ce que je prévois. Je lui réponds en baissant les yeux, lui disant que oui, je suis comblé par ce que j'ai trouvé, combien je suis impressionné par la quantité de savoir il a réussi à réunir ici. Il me répond en étendant les jambes sous la table, les appuyant contre les miennes l'air de rien, qu'en soixante-dix ans il a eu tout le temps de fouiller chez quelques libraires connus pour trouver tout ça. Il me propose de me faire visiter plus amplement et j'accepte, bien forcé. Il met sa main sur ma taille et n'a pas l'air d'avoir envie de l'en retirer pour le moment. Je le laisse faire. Nous marchons en silence entre les allées et il me montre de temps à autres un ouvrage particulièrement rare qu'il a déniché il y longtemps de cela. Soudain, il s'arrête, me forçant à stopper avec lui.
« Tu es un Premier maintenant cher ange et il y a une chose que j'ai envie de partager avec toi. Ce n'est pas chose courante que je sois bavard profites en. »
Son sourire ne le quitte jamais ou quoi ? Le Seigneur des Ténèbres n'est-il pas sensé tirer la tronche ?
« Beaucoup se demande pourquoi je m'acharne ainsi sur Harry Potter, murmure-t-il mon oreille en se rapprochant, souriant à mon sursaut quand il prononce le nom de celui que j'aime. Et tu vas avoir droit d'entendre ce secret. Bien entendu tu ne pourras en parler à personne, dit-il en fronçant ses sourcils inexistants et en plaçant sa main sur ma joue. Il y a une prophétie, souffle-t-il, une prophétie qui dit que l'un de nous doit tué l'autre. Nous ne pouvons survivre tant que l'autre vit. »
C'est... Je peux pas y croire. C'est tellement con ! Comme si Dumbledore a moins de chance d'envoyer ce connard six pieds sous terre qu'Harry ! Faut pas abuser. Mais ça en explique des choses. L'attitude du vieux envers Harry, la façon dont l'Ordre se repose sur lui. Mais quelle bande d'abrutis ! Ils vont m'entendre, ah ça oui.
La main de Voldemort qui se pose dans mes reins me ramène bien vite sur terre. Il se trouve face à moi, ses yeux plongés dans les miens. Son autre main vient se poster sur ma nuque. Il se colle à moi, essayant d'imbriquer nos corps. Il appuie sur ma nuque et me force à baisser la tête. Merlin je veux mourir. Mes lèvres se posent sur les siennes sans délicatesse. Il m'embrasse pendant quelques secondes avant de se reculer. Son sourire est plus présent que jamais. Il se retourne et part comme si il ne s'était rien passé. Je m'adosse au rayon derrière moi une main sur la bouche. Une vague de nausée que je réprime par un miracle inattendue me prend. La tête me tourne et la seule phrase que j'arrive à formuler est ' putain de merde '. Je me suis fait embrasser par Voldemort. Par un homme qui a tué des milliers de personnes et qui en est plus que fier. Par l'ennemi juré de Harry.
Je sors de la bibliothèque et me précipite dans mes appartements. Je ne cours pas mais c'est pas loin quand je ferme enfin la porte de mes quartiers. Mes mains tremblent quand j'écris la lettre pour mon ancien prof' de Potion. Je leur donne rendez-vous au chaudron baveur dans trois heures, ça laisse le temps à Blanc de les trouver et à eux de venir. Et ça me laisse trois heures pour faire une sieste jusqu'à 20h. Histoire de pas arrivé là-bas totalement paniqué.
Après avoir explosé mon réveil sur le sol, j'enfile une robe et je mets la capuche. J'ajoute un sort pour que personne ne puisse voir à l'intérieur, quand bien même on mettrait un lumos à quelques centimètre de mon visage. J'en mets un autre pour que ma voix soit plus grave, il vaut mieux ne pas prendre le risque qu'on m'identifie grâce à elle. J'hésite un moment à transplaner là bas mais utiliser le réseau de cheminée serait plus simple finalement. En plus j'ai une cheminée dans mon salon.
Je prends une pincée de poudre de cheminette, me place dans le feu et dis haut et fort ' chemin de traverse '. Je suis pris dans un tourbillon de couleurs et je garde mes bras serrés le long du corps, pour éviter toutes collisions mal venue. Je suis propulsé dans la salle enfumée du Chaudron Baveur. Les sorciers ne se retournent même pas vers moi, apparemment habitués aux énergumènes dans mon genre. Je trouve une table dans le fond, où il fait suffisamment sombre pour dissuader la plupart des personnes de venir discuter de la pluie et du beau temps. Je commande une Bierreaubeurre en attendant que Parrain ou Dumbledore arrivent. En parlant du loup ...
Sev' vient d'entrer dans le bar. Il parcoure la salle des yeux, me repère vite et me rejoint en slalomant entre les tables. Il s'assoie directement à coté de moi et boit sans demander dans ma chope. Voilà qui ne lui ressemble pas du tout. Je l'interroge du regard avant de me rappeler qu'il ne peut pas me voir. Je lui demande tout bas ce qui l'a énervé à ce point.
« Le golden trio semble persuadé de la nécessité de les mettre au courant de ton identité, chuchote-t-il excédé. Ils m'ont tanné pour m'accompagner et j'ai eu du mal à les en dissuader. Je hais les Gryffondors. »
La véhémence de son ton me fait pouffer et il me lance son regard le plus noir. Qui n'a strictement aucun effet.
« On n'a pas eu de nouvelle de toi pendant longtemps, continu-t-il après m'avoir volé une autre gorgée. La vie de Pion te passionne tant que ça ? Demande-t-il avec un sourire mauvais.
-Si tu veux tout savoir je ne suis plus un Pion depuis plusieurs heures déjà, je rétorque vivement. Et oui, je ricane devant son air étonné, je suis monté en grade. Et sache pour ta gouverne qu'à partir de maintenant tu dois obéir à tous mes ordres. »
Oh ! Que ces mots sont doux à dire, grand Merlin, j'aime tellement ça.
« Tu es Premier ! S'exclame-t-il aussi discrètement que possible.
-Et oui, dis-je du ton hautain et velouté des Malfoys. Et il m'a permis des consulter sa bibliothèque. J'y suis allé cet après-midi et j'y ai trouvé ça. »
Je lui tends les copies de parchemins que j'ai fait plus tôt dans l'après-midi. Il paraît d'abord perplexe puis il lâche comme si il s'agissait d'une évidence.
« Fourchelang. J'aurais du m'en douter. »
Et là tout bascule. A la table d'à coté, pourtant vide à première vue, une exclamation retentit et quelqu'un apparaît comme par magie, c'est le cas de le dire. Un quelqu'un baraqué, roux, au visage couvert de tâches de rousseur et sans le sou. Weasley. Putain de merde.
« Weasley ! Crie Sev' en attrapant le dénommé par le col avant de le jeter sur une chaise prés de nous. Potter, Granger sortez de sous cette cape tout de suite, avant que je ne vous jette un sort. »
Ce n'est pas une menace en l'air. Il a envie de le faire. Un léger bruit d'étoffe plus tard, deux autres personnes apparaissent. Granger a l'air peinée d'avoir participer à ça, ou peut-être juste de s'être faite prendre. Harry lui envoie un regard de reproche à son meilleur ami qui semble penaud. Il n'a pas changé ces derniers mois. Ses yeux sont toujours du même vert hypnotisant, ces lèvres du même carmin. Et mon cœur bat toujours à cent à l'heure quand je le regarde. Je ne me rends compte que maintenant du manque qui grandit en moi depuis que je ne l'ai pas vu. Sa présence m'apaise plus que je ne le voudrais. Il faut que je reste sur mes gardes.
« Je t'ai dit tout ce que je savais Sev' il vaut mieux que je parte maintenant, dis-je rapidement en commençant à me lever.
-Attendez, s'écrie la brunette. Attendez, repète-t-elle plus bas après le regard d'avertissement de Severus. Dites nous qui vous êtes s'il vous plaît.
-Miss Granger, si Albus et moi-même avons jugé préférable de garder cette information secrète c'est pour une bonne raison ! la coupe Parrain. Alors ne posez pas de question et laissez le partir !
-Mais nous avons le droit de savoir Professeur ! Cette fois c'est Harry qui s'insurge. Nous faisons parti intégrante de l'Ordre et il est normal qu'on nous mette dans le secret. Et si je veux accomplir la prophétie il faut bien que ...
-Silence Potter ! »
Il semble sur le point d 'exploser. Sur le coup je ne comprends pas pourquoi puis je me rappelle que j'ai dis ne pas vouloir être au courant des affaires de l'Ordre. Pour ne pas dévoiler d'informations à Voldemort par mégarde.
« C'est bon Sev', dis-je, je suis au courant pour la prophétie. Il me l'a dit, je continue devant son regard. »
Il connaît bien Voldemort lui aussi et il sait qu'il y a anguille sous roche. Il veut me poser des questions et finalement je remercie mentalement les Gryffys d'être venu, ils m'évitent un interrogatoire pénible.
Je les regarde et ils ont l'air effarés que je sois au courant. Ça doit être quelque chose de bien gardé au sein de l'Ordre.
« N'essayez plus de trouver mon identité, vous ne faites que me mettre en danger. »
Je le dis froidement, pour ne pas les supplier comme mon instinct de survie me le demande. Mais si je l'écoutais cet instinct de merde, j'aurais rejoint Théo et Blaise depuis perpète moi ! Je salue Sev' de la tête puis sors du bar. Si je peux sortir de la Forteresse avec la poudre de cheminette, je ne peux y entrer qu'en transplanant. Je me trouve un instant plus tard au centre du Hall des enfers et m'empresse d'entrer dans mon salon, un feu joyeux éclairant la pièce d'une lueur tamisée.
« Enfin rentré à ce que je vois. »
La voix de mon Maître retentit comme un coup de tonnerre dans le calme de mon esprit. Je sursaute violemment avant de me rappeler de mes manières et de m'incliner devant lui.
« Allons plus de ça entre nous mon beau, tu es un Premier, nous sommes sur un pied d'égalité. »
C'est faux, nous le savons tous les deux. Il se trouve assis sur le canapé blanc en face de la cheminée. Moi je me trouve juste en face de lui. Il s'est mis à son aise, les jambes croisées, les bras sur le dossier et il m'observe avec un sourire carnassier.
« J'ai beaucoup réfléchi en t'attendant tu sais. Il y a bien longtemps que je n'ai pas goûté aux plaisir de la chaire, mon empire me prend trop de temps. Et cela ne me dérangeait pas vraiment avant que je te rencontre. Ta beauté a ravivé la flamme du désir en moi. Il est temps de prendre tes responsabilités et d'y remédier, finit-il en écartant les jambes et en pointant son érection naissante. »
Quoi ?! Il veut que je ... que je le suce ? Merlin c'est une blague, un mauvais rêve ! Il fronce les sourcils puis se détend en rajoutant :
« Bien entendu, tu peux refuser. Mais si tu refuses, je me verrais obliger de te ramener à ton précédent statut. Et bien oui, les Premiers doivent montrer l'exemple aux Pions et aux Supérieurs et si tu me désobéis quelle image auront de moi mes sujets ? »
Quel ... Mais quel connard ! Il me fait du chantage ! Ma place contre une pipe ! Plus même. Il veut faire de moi sa pute. Et je dois accepter. Merlin je dois accepter ! Sinon je perdrai à jamais la chance d'aider l'Ordre ! Mon calme revient en même temps que cette conclusion. Je dois le faire. Sinon tous mes efforts seront gâchés. Je dois le faire.
Je m'agenouille devant lui. J'écarte délicatement les pans de sa robe. Il n'a rien en dessous. Sa virilité est tendu, impatiente sous mes yeux. Je me penche et après un ultime doute, le prends dans ma bouche. C'est absolument écœurant. Répugnant. Je l'ai déjà fait avant, mais dans des circonstances plus propices, avec des partenaires bien plus attrayants et surtout avec de meilleurs motivations. Sa main vient se poser sur ma tête et il m'impose le rythme qu'il veut. Je suis la cadence. Mes va et vient semblent le combler car très vite il jouit dans ma bouche. Je relève la tête et avale. Je ne pense pas qu'il apprécierait que je crache sa précieuse semence sur les dalles de mes appartements. Avant de partir il m'embrasse, comme dans la bibliothèque.
Il me laisse seul avec mon dégoût de moi même et ma haine. Je le tuerais. Je me vengerais de tout ce qu'il m'a forcé à faire. Oui je le ferais. Pour moi. Et pour Harry.
Ce jour là je lui ai vendu mon corps ... Mais mon cœur lui était loin, à l'abri entre ses mains.
Note de fin :
Prochain chapitre : Comment je me suis battu
Allez dites moi tout ce qui vous passe par la tête ! N'importe quoi ça me fera plaisir ! Chivouplai :'[ Même si vous aimez pas dites moi pourquoi. La suite Mardi 4 Septembre ! ( déjà T.T ) Je serais à Taiwan à ce moment là ... :D
Merci de m'avoir lu !
