Auteuse : YuLu-ChAn
Disclaimer :Aucun personnage ne m'appartient
Résumé :Comment ? Je dirais très difficilement. Oui j'ai eu bien du mal à en arriver là. Mais laissez-moi, moi Draco Malfoy, vous compter cette histoire.
Note de l'auteuse :Une semaine d'avance rendez-vous compte ! Bande de petits veinards :p Si je poste maintenant c'est parce que vu mon train de vie ici ( à Taiwan huhuhu ) je vais être surbookée Oo Donc à partir d'aujourd'hui ce sera un chapitre par semaine ! Vous êtes heureux vous êtes heureux :D Ce chapitre est mon préféré, je l'ai écris en même pas une après-midi je crois Vous allez sûrement me prendre pour une malade quand vous l'aurez fini xD Je peux pas vous en vouloir -"
Warning :Dans ce chapitre il y a la présence de torture et d'un viol, si vous êtes sensibles à ce genre de récit ne lisez pas ! Envoyez moi un mail, je vous ferez un résumé
Bonne lecture
Chapitre 3
( version éditée )
Comment je me suis battu
Je regarde Blanc partir avec les plans de la prochaine attaque. C'est devenu une habitude. Dés que Voldy a le dos tourné je copie les cartes et me dépêche de les envoyer à l'Ordre. Je fais confiance à Dumbledore pour ne pas contrecarrer toutes les attaques que je lui envoie sinon Voldemort risque de légèrement comprendre que je suis un espion. Mais nos défaites répétés le font déjà enrager et étant la personne qu'il côtoie le plus, c'est moi qui paie les pots cassés. Depuis deux mois qu'il a fait de moi sa pute, sa chose, il en profite bien, surtout comme défouloir. Quand ça arrive il me baise encore plus violemment que d'habitude, jusqu'à me faire saigner, et se casse ensuite tout content. Voldemort prend, il ne donne pas. Bien sur ça l'énerve de voir que je ne bande jamais lors de nos ébats mais au final tant qu'il prend son pied il s'en fout. J'ai rencontré plusieurs personnes qui avaient été violées lorsque j'étais Pion. Elles m'ont toutes parlé de la sensation de souillure et chez certaines ça allaient jusqu'au dégoût d'elles-même. Moi je ne ressens pas ça. Peut-être parce que comme le meurtre de Manon et Julien, je trouve que c'est un sacrifice nécessaire. Peut-être parce que je suis prêt à tout.
On est en Mars et tout va pour le mieux. Je n'ai pas réussi à trouver d'autres textes sur les Horcruxes et je ne sais pas ce que contenaient les autres. J'espère qu'ils les ont traduit au moins.
J'arrive au Manoir grâce à la poudre de cheminette. Père m'a envoyé Vif avec une note me demandant de venir le voir au plus vite. Je ne sais pas ce qui ce passe mais il vaut mieux ne pas le faire attendre. J'apparais dans la cheminée du Grand Salon, là où se déroulaient les recepions que nous organisions avant la déchéance de Père aux yeux du Ministère. Je l'aperçois confortablement installé dans un des nombreux fauteuils en cuirs de la salle. Je le salue et alors que je commence à m'asseoir il se lève brusquement et me frappe au visage. Le premier choc passé, la confusion m'envahit. Père ? Frapper son fils comme un simple moldu ? Ce n'est pas son accès de violence qui m'étonne non. J'ai souvent été puni à coups de Doloris. Mais jamais encore il ne m'a frappé à main nue. Et il ne m'a plus battu depuis que je suis passé Premier ! Quelle idée de défier un supérieur hiérarchique !
Merde. Mon souffle se coupe et je le vois sourire devant mon visage décomposé. Je suis découvert.
« Oui sale traître. Nous savons tout de tes activités, susurre-t-il froidement. Le Maître m'a accordé un moment seul avec toi avant qu'il ne te punisse convenablement. »
Son sourire n'annonce rien de bon. Il faut que je fuis. J'essaie de transplanner mais les barrières du Manoir m'en empêche. Utiliser la poudre de cheminette prendrait trop de temps. Je n'ai plus qu'à me battre. Je sors ma baguette mais Père reste immobile, toujours souriant.
« Expeliarmus ! »
Le sort me propulse face contre terre et ma baguette vole jusqu'à la personne qui m'a jeté le sort. Je me retourne pour voir Mère bloquer l'entrée du Grand Salon, Tante Bellatrix à ses côtés. Quelle jolie réunion de famille ! Elles me regardent avec un dégoût visible. Et oui c'est ce qui se passent quand on déçoit chez les Sangs Purs. On va pas au coin nan, on meurt. Sympa. Des murmures indistincts ramènent mon attention sur Père. Il a écarté les bras et levé la tête, les yeux fermés. Je me concentre un instant sur ce qu'il psalmodie puis quand je comprends ce qu'il fait je n'essaie même pas de retenir mon cri. Le Rejet ! Il va utiliser le Rejet !
Moi qui pensais qu'il n'oserait pas me déshériter. Il va me répudier de la famille Malfoy ! Le Rejet est un rituel qui n'est utilisé que très rarement et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce que peu le connaisse. Ensuite parce que c'est irréversible. Et pour finir parce qu'il nécessite une Chambre des Souvenirs et que très peu de familles en ont encore.
La Chambre des Souvenirs est une salle dans laquelle un membre de la famille à laquelle elle appartient peu convoqué l'âme de ses ancêtres. Dans cette salle se trouve les esprits de toutes personnes ayant appartenu à ma famille depuis sa création et à ma mort, normalement, je les rejoindrais. Elle sert à guider la famille, à la conseiller dans ses alliances, ses actions en général. C'est aussi un moyen de faire perdurer notre âme autrement que grâce aux tableau après notre mort. Et la cérémonie du Rejet va m'en interdire l'accès. Elle va me retirer mon nom. Le Rejet peut se dérouler de trois manières différentes. Dans la première, on ne fait que retirer le nom et ainsi empêcher le renié d'entrer dans la Chambre des Souvenirs après son décès. Dans la deuxième, on fait pareille et on le torture selon un schéma précis pour se venger de l'affront fait à la famille. Et dans le dernier, on finit la torture par la mise à mort. Puisque Voldemort me veut pour lui tout seul ensuite je pense que j'aurais droit à la seconde manière. Joie.
Le Manoir répond à la requête de Père et des mains en pierre sortent du mur pour m'y retenir. Je ne tente même pas de me dégager, c'est inutile. Le chant de Père s'intensifie et des boules de lumières pâles apparaissent dans la salle. Elles sont les âmes de nos ancêtres. Je sais ce qui va se passer maintenant. Je l'ai étudié. Et je ne ferais pas à ma famille le plaisir de les supplier.
Une première lumière s'approche de Père et entre en lui. Mes ancêtres vont prendre un à un le contrôle de son corps pour le venger en me torturant. Il vient vers moi avec un expression neutre tout en continuant de murmurer son incantation. Il pause doucement sa baguette au dessus de mon œil gauche. Il appuie soudain dessus et ma peau se déchire comme si le bois était devenue une lame. C'est peut-être le cas. Il descend lentement sa baguette et le sang coule le long de mon visage et dans mon cou. Il s'approche de plus en plus de ma paupière et moi je panique. Il va le faire !
Il passe sur mon sourcil, le sectionnant et commence à trancher la peau fine qui protège mon œil. Je me retiens de crier en me mordant la langue jusqu'au sang alors que ma paupière se sépare en deux et qu'il attaque la partie inférieure. Je ne peux plus fermer mon œil et je vois le sourire mauvais qui brille sur le visage de Père. Qui que soit la personne qui le possède pour le moment, le spectacle lui plaît. Sa baguette descend jusqu'à la moitié de ma joue, laissant derrière elle un sillon sanglant. Sa baguette se poste au dessus de mon œil. Je bloque ma respiration et attends. D'un léger mouvement, Père attire l'œil hors de mon orbite. La douleur est atroce. Mon cerveau n'arrive plus à gérer toutes les informations. Des sueurs froides coulent dans mon dos et la nausée se fait de plus en plus forte. Mon œil pend lamentablement sur ma joue. Il l'attrape et avec un couteau que je n'avais pas encore remarqué, sectionne violemment le nerf qui reliait encore mon œil au reste de mon corps. J'entends quelqu'un hurler et je comprends que ce doit être moi. Je ne sens rien d'autre que cette brûlure insupportable qui ravage ma tête. Je suis douloureusement conscient du vide dans mon orbite. Je respire trop vite, il faut que je me calme ou je vais m'évanouir. Je force ma respiration à prendre un rythme plus régulier. Cela semble contrarié mon bourreau qui fait maintenant la moue. Voir Père faire la moue comme un gamin de quatre ans est perturbant je dois dire. Malgré la douleur toujours pressante, je n'arrive pas à retenir un ricanement et Père fronce les sourcils. Il se relève, furieux, et se prépare à me donner un coup de pieds lorsqu'une boule plus lumineuse que les autres lui fonce dessus. Il entre en lui, chassant la précédente.
Ils sont si pressés de me détruire qu'ils se battent entre eux ? C'est trop d'honneur.
Mes mains retombent quand mes liens disparaissent, mais je reste prostré sur le sol. Hein ? Je lève la tête, et de mon seul œil valide, analyse ce qui se passe. Des lumières se sont réunis devant Mère et Tante Bellatrix de façon tellement compact qu'elles forment un mur et les empêchent de s'approcher. Père me regarde bizarrement. Lentement il lève sa baguette. Quel sort ça va être ? Doloris ou Cartarus ? J'aime bien Cartarus moi, y'a bien plus de sang. Je le fixe, pour essayer de lire sur ses lèvres le sort qu'il va me lancer mais à la place il prend sa baguette à deux mains et, violemment, la brise sur son genoux. Ensuite il s'écroule sur le sol, inerte. Je le fixe, perplexe. Quelqu'un peut m'expliquer ? Comme pour me répondre une des bulles lumineuses vient flotter juste devant mon visage et, quand je prends une inspiration tremblante, se faufile dans ma bouche et entre en moi.
« T'es dans un sale état gamin. »
Grand-père ? Ça y est je suis fou, j'entends la voix d'Abraxas dans ma tête. Qu'on m'achève !
« Ne dis donc pas de sottises Draco. C'est moi qui vient de prendre ton corps. »
Ah. Et pourrais-je savoir ce qui se passe ? C'est pas du tout sensé se dérouler comme ça.
« Nous avons débattu pendant que Julia t'arrachait l'œil et nous pensons que tu es plus digne de notre clémence que Lucius. C'est pourquoi nous nous sommes retourné contre lui. A ton tour d'exécuter le Rejet gamin. »
Re-ah. Bien sur débattre avant qu'on ne m'estropie n'était pas une option valable, il fallait le faire pendant. La pression vous comprenez ça motive pas mal. Je crois que je divague un peu non ? Dîtes le moi surtout je ne voudrais pas paraître trop étrange.
La voix de Grand-père continue à résonner dans ma tête, pendant les minutes suivantes, alors qu'il guide ma main dans les premiers gestes du rituel. Ensuite quelqu'un d'autre prend sa place. Je ne sais pas vraiment ce que je fais, je suis juste leurs indications, je suis leur pantin. Je n'ai toujours pas ma baguette, qui se trouve entre les mains de Mère, alors je dois m'accommoder du poignard que Père a avec lui et de mes mains. Je me sens tout engourdi, comme endormi. Peut-être que tout ça n'est qu'un mauvais rêve après tout. D'un instant à l'autre mon réveil va sonner et moi je vais le pulvériser sur le mur. Peut-être bien oui. Je suis si calme, si détendu. Ça ne peut être qu'un rêve.
Mais le brouillard qui m'entoure s'estompe déjà et je retrouve la vue, que je ne mettais pas rendu compte avoir momentanément perdu. Désorienté, je tourne sur moi même et observe la pièce.
Rouge. Tout est rouge. Sur les murs, des traînées de sang. Sur le sol des marres. Le sang imbibe mes vêtements. Et il y a quelque chose de bizarre dans ma main. Je l'amène au niveau de mon œil, que je plisse pour mieux voir. Un mot s'impose à moi et je lâche prestement la chair rouge et sanguinolente. Un cœur. J'essuie mes mains que ma robe, ce qui n'arrange strictement rien. L'odeur métallisée est étouffante. J'ai chaud. Une masse informe couverte de rouge gît au centre de la salle. Les boules lumineuses disparaissent lentement. Une petite voix me dit qu'il faut que je m'en aille mais je ne l'écoute pas. Je crois qu'en fait je ne comprends pas ce qu'elle dit. Je mets un pied devant l'autre et à chaque pas la certitude qui me taraude grandi. Mais il faut que je le vois. Oui il le faut. Je suis devant. Je me penche un peu pour mieux voir. Des longs fils platines sont attachés à un objet ovale et rouge. Ses cheveux. Son visage. Ses yeux ne sont plus là. Sa bouche est ouverte dans un cri de douleur silencieux. Sa peau a été arrachée. Il n'a plus rien d'humain. Et c'est moi qui l'ai fait. Je recule précipitamment. Je me plie en deux quand mon estomac se contracte violemment et vomis. Je me vide plusieurs fois de suite. Je me sens mieux.
« Stupefix ! »
La voix de Tante Bellatrix me fait sursauter et je ne bouge pas assez vite pour éviter son sort. Les âmes de ma famille ont totalement disparut et leur protection avec. Pétrifié, c'est le cas de le dire, j'assiste impuissant au spectacle larmoyant de ma mère se jetant sur Père pour le supplier de revenir à la vie. Je ne pense pas que ça serve à grand chose mais si elle a vraiment envie de jouer les Gryffondors pourquoi pas. Et voilà que maintenant elle se dirige vers moi en hurlant. Elle a le temps de m'envoyer quelques coups de poings bien senti au visage avant que ma tante la retienne difficilement. A bout de patience, elle la stupéfixe elle aussi. Bellatrix vient vers moi. Elle me fait léviter et elle sort dans le jardin, moi à sa suite. J'en profite pour admirer le ciel. Une dernière fois. Les étoiles brillent forts. Je vais mourir. Nous passons les imposantes grilles ouvragées et immédiatement elle attrape mon bras et transplane. La nuit étoilée fait place à un plafond de pierres noires.
Je tombe lourdement sur le sol, libéré de tout sort, et me fais mal à l'épaule. Et un bleu un. Un filet de sang continu de couler de mon œil gauche absent. Je me lève sur un coude et tente de me mettre debout.
« Doloris »
J'hurle. A m'en exploser les tympans, j'hurle. Je n'ai plus conscience de mon corps, de mes sentiments, de mes pensées, tout ce qui existe dans mon monde c'est la douleur. Et tout s'arrête. J'avale une grande goulée d'air et me recroqueville sur moi même, tremblant. J'entends mon sang battre dans mes tempes. Je suis seul dans la salle, avec Voldemort bien entendu. Tante Bella est sorti sans que je le remarque.
« Tu me déçois beaucoup Draco, vraiment beaucoup. Tu dois être puni, dit-il froidement. Non seulement tu me trahis mais en plus tu me prives d'un de mes meilleurs Prétendants ? C'est vraiment très – il ponctue ce mot d'un nouveau Doloris qui me laisse au bord du malaise – méchant de ta part. »
Il est juste au dessus de moi. Je suis sur le ventre et si quelqu'un nous voyait, il penserait sûrement que je me prosterne devant lui. Je lui crache sur les chaussures et je lève la tête pour lui sourire narquoisement. Il me shoote dans le menton. Maintenant je suis sur le dos. Il écrase son pied sur mes cotes et le craquement que j'entends ne peut dire qu'une chose. Vive les côtes cassées ! Il recommence encore, encore et encore. Mes poumons sont en feu. Je crois bien qu'une de mes côtes fracturées en a transpercé un. Ça expliquerait pourquoi je me mets à cracher du sang. Il ne semble pas prêt à s'arrêter, ça doit l'éclater de me voir comme ça.
Quand la pluie de coups s'arrête, j'ouvre l'œil, parler au singulier est désagréable mais il va bien falloir que je m'y fasse, et vois Voldemort s'agenouiller prés de moi. Si mes jambes me répondaient encore c'est là que je me mettrais à courir. Il m'attrape par le col et me soulève jusqu'à lui avant de m'embrasser à pleine bouche. Il y met la langue Merlin ! D'habitude on ne s'embrasse jamais, il me baise et il part. Ma lèvre inférieure se fend après qu'il se soit acharné dessus en la mordillant, ajoutant le goût du sang à notre baiser. Il s'allonge sur moi et je n'arrive pas à l'en empêcher. Je tente de le frapper, mais ma main ne fait qu'effleurer sa joue. Il me sourit méchamment. Il me retourne et plaque violemment mon visage contre le sol. Il baisse mon pantalon et s'enfonce tout de suite en moi. Il me pilonne en gémissant, une main autour de ma taille et l'autre qui appuie toujours mon visage par terre. Pourquoi est-ce si différent ? Je crie de douleur sous son intrusion violente. Pourquoi est-ce que cette fois la vague de dégoût ne repart pas comme d'habitude ? Des larmes de honte et de haine coulent sur mes joues. Pourquoi ? Mon visage s'écorchent contre les dalles rugueuses. Pourquoi ? Ses ongles sont enfoncés dans ma peau. Pourquoi ma résolution ne suffit-elle plus ? Est-ce que je suis en train d'abandonner ? Il jouit longtemps et la souillure de mon corps n'a d'égale que la haine pur qui coule dans mes veines. Il m'a violé.
Il se relève et se rhabille, me laissant vulnérable sur le sol. Je suis si faible que je n'arrive même pas à remonter mon pantalon. Il fait venir des Mangemorts et leur ordonnent dans m'enfermer dans les cachots et d'y placer une alarme magique. Ça se déclenchera dés que quelqu'un utilisera la magie dans le cachot où je serais. C'est pas moi qui le ferait c'est sur. Ils ne prennent pas la peine d'utiliser la magie, m'attrapant chacun par un bras et me traînant derrière eux. Des Pions très certainement. Je crois bien que je reçois quelques coups supplémentaires pendant le trajet mais je suis tellement engourdi que je le sens à peine. On me jette au sol et j'entends vaguement ' Attends j'vais m'assurer que cet abruti pourra pas se tirer '. Quelques secondes plus tard, ma jambe émet un craquement que je juge monstrueux et je m'évanouis enfin.
Je me réveille, sûrement à cause de la douleur. Et oui, me voilà dans les cachots, grands standings je dois dire. Une couchette en paille dans un coin de la pièce de quatre mètres sur quatre. Parfait pour tourner en rond pendant des heures, j'approuve. Je le ferais encore plus si je pouvais marcher, mais ma jambe cassée risque de me gêner si j'essaie. Ensuite un pot de chambre à ma disposition personnelle s'il vous plaît. Le devant de ma cellule étant fait de simple barreaux, une vue imprenable sur le cachot d'en face m'est offerte. Apparemment un crasseux quelconque est en train d'y pourrir. Aucune classe vraiment. Il ne peut donc pas moisir avec dignité ? Navrant. Je me traîne, lentement mais sûrement comme dirait l'autre, jusqu'à mon lit. Je me hisse dessus et quand enfin j'y parviens une quinte de toux me fait cracher, non pas mes entrailles comme je m'y attendais, mais du sang. J'ai froid et surtout, oui surtout j'ai sommeil. Mais je pense que si je m'endors je ne me réveillerai pas. Je ne veux pas dormir ! Sur le plafond, des petites aspérités forment des dessins. Je m'amuse à y reconnaître un chaton, un lapin, le nez de parrain qui me fait bien rire avant de m'arracher un cri de douleur, mais aussi un œil. Il ne me quitte pas cet œil. Il reste fixer sur moi et je le lui rends bien. Je ne sais pas combien de temps je reste comme ça, à menacer le plafond du regard. Des minutes, des heures, des jours. Je n'ai pas la notion du temps ici. Personne ne donne de repas, il n'y a pas de fenêtre pour que je me fis à la lumière du soleil, même pas de goutte qui tomberait régulièrement pour que je compte les secondes ! Rien d'autre que moi, l'œil et le pauvre vieux qui pourrit. J'me demande comment il peut s'appeler.
« Draco ! »
Draco ? Non ça ne lui irait pas, il n'est pas assez aristocratique. Je pencherais plus pour Paul. C'est beau Paul.
« Draco je t'en supplie réponds moi ! »
On ne peut pas me laisser tranquille avec Paul non ? C'est mon pote lui.
« Merde Draco réagis ! »
Sev' ? Paul a la même voix que Sev'. C'est marrant.
Une main se pose sur mon épaule et je gémis. Ça fait mal merde ! Paul n'a pas bougé, il est toujours enchaîné à son mur. Je vois une forme reliée à la main. Je crois qu'elle me parle. Je la vois sortir sa baguette et je lui attrape vivement la main, bredouillant qu'il y a une alarme. A mes propres oreilles, ça ressemble seulement à un grognement mais la forme semble avoir compris car elle range sa baguette. Elle se lève et fait les cent pas dans la pièce. J'avais bien dit qu'elle était parfaite pour tourner en rond ! Cette démarche me rappelle vaguement quelqu'un. La voix qui jure aussi. Je crois bien que c'est Sev' en fait. Oui c'est lui ! L'espoir gonfle ma poitrine et je respire soudain plus librement. Il est venu me sauver ! L'œil ne me regarde plus, il a disparu. Sev' revient vite vers moi et s'assied sur ma paillasse.
« Draco écoutes moi. Il faut que tu te transformes en renard d'accord ? Le sort ne le détectera pas et je pourrai te sortir d'ici. S'il te plaît Draco fais un effort ! »
Comment il est au courant ? Bon, c'est peut-être pas le moment de se poser la question. J'essaie de me transformer mais c'est difficile. Les ricanements sarcastiques de Paul me déconcentrent. Enfin mes os malmenés se transforment et se déplacent. Ma peau se recouvre de fourrure blanche par vagues. Mes oreilles s'allongent ainsi que mon museau. J'ai réussi. Je veux rire au nez de Paul mais je n'arrive qu'à glapir. Sev' m'enroule aussi délicatement que possible, pas assez à mon goût, dans sa cape et quitte les donjons d'un pas rapide. Chaque secousse me fait souffrir le martyre. Je mords dans le tissu pour étouffer mes gémissements aigus, il manquerait plus qu'on se fasse prendre maintenant.
Nous arrivons dans le Hall, seul endroit de la forteresse d'où on peut transplanner. Parrain me dit que ça va secouer un peu, merci je le sais, je suis un renard pas un abruti. On se retrouve soudain dehors, dans l'air frais de mars. Il fait nuit et une demi-lune éclaire la rue bordée de maisons où nous sommes. Sev' farfouille dans une de ses poches et en sort un papier qu'il me colle sous le nez. 'Le quartier général de l'Ordre du Phoenix se trouve 12 square Grimmaurd, Londres'. Ça me fait une belle jambe de le savoir tiens. Il l'agite devant moi et je me répètes mentalement ce qui y est écrit, ainsi qu'une insulte bien senti pour Sev' qui me prend décidément pour un con. Je sens la terre trembler légèrement et Parrain reprend sa marche. On monte un escalier, quatre à quatre vue comment je suis ballotté. Une porte claque violemment.
« Lupin ! Hurle Severus. Lupin ramènes toi tout de suite dans le salon ! »
Des cris stridents retentissent immédiatement après, me labourant les oreilles. Je les rabats sur mon crâne mais cela n'aide pas mon nouveau mal de tête à disparaître. Nous quittons la salle où se trouve l'hystérique et je me retrouve vite allongé sur un canapé moelleux mais qui sent le vieux. On m'enlève la cape des épaules et le peu de chaleur que j'avais réussi à emmagasiner disparaît. Je grelotte.
« Qu'est-ce qui te prends Snivelus ? Ça va pas de gueuler comme ça quand tout le monde dort ?
-J'en rien à faire que vous dormiez, j'ai besoin de votre aide.
-Quoi ? Répètes s'il te plaît ? J'ai attendu ça toute ma vie ! Supplies moi encore allez ! »
Boum. Règle numéro un : Ne pas énerver Severus en situation de crise. La personne qui l'a chambré doit avoir mal au nez. Elle s'en plaint bien fort d'ailleurs. Je ne sais pas qui c'est mais ce gars est un marrant. Un suicidaire aussi.
« Severus ? Que ce passe-t-il ? Dit quelqu'un-je crois bien que c'est le loup-garou qui nous a servi de professeur.
-Faîtes venir Pompom tout de suite. Et Albus aussi.
-Pourquoi tu fais tout ce grabuge pour un stupide renard ? »
Re-boum. Règle numéro deux : Ne pas me critiquer devant Parrain. Vraiment aucun tact.
« Ce stupide renard comme tu dis, était notre espion le plus précieux, murmure dangereusement Sev', plus menaçant que jamais. Et il est en train de crever parce que l'autre psychopathe s'en est rendu compte. Alors tu vas bouger ton cul bien vite et aller me chercher Pompom et Albus compris ! »
Wouhou tout ça pour moi ! Et bien c'est réconfortant. A qui le tour de me jeter des fleurs ? Ne vous gênez pas surtout.
« L'espion ? Celui que nous avons rencontré en Janvier ? »
Granger. Donc Weasel est là. Et Harry aussi.
« Oui Granger mais pour le moment ce n'est pas vraiment le plus important. »
Le canapé s'affaisse et un main se pose sur mon dos, me faisant une fois de plus gémir de douleur. La-men-table.
« Gamin, il faut que tu redeviennes humain. Allez sinon nous ne pourrons pas te soigner ! »
C'est quoi cette manie de m'appeler gamin ? Et en plus non. Pas envie. Je fais une sieste et après tu me demandes c'que tu veux d'accord ? Et puis j'ai froid moi. Je veux dormir.
« Oh que non tu ne vas pas dormir. »
Ah parce que mosieur utilise la légilimencie sur moi ? Ça ne va pas se passer comme ça ! Je tente de remettre en place mes murailles d'Occlumencie. Et échoue. Trop fatigué pour ça aussi. Des mains glissent sous mes pattes avant et me soulèvent. Abruti ! Mes côtes !
« Désolé. »
Sev' me pose sur ses genoux et me frictionne très doucement le dos. La chaleur de sa main est apaisante et mes tremblements diminuent. Je me blottis un peu plus contre lui et enfouie ma tête dans sa robe. Mais il m'en empêche et la repose sur sa cuisse, pour que je ne puisse pas m'assoupir. Avec un effort surhumain je lève le regard vers lui et l'observe. La ride sur son front est la seule preuve de son inquiétude et la main qui me caresse sa seule marque d'affection. Mais c'est déjà plus que ce à quoi je m'attendais. Il a toujours était là, depuis que je suis tout petit. Il soignait les bleus que Père me faisait avec sa canne. Il est là pour moi. Mais il n'est pas du genre démonstratif. Je fais passer toute ma gratitude dans mon œil unique et vu comment il grogne je pense qu'il a compris. L'étalage de sentiment c'est vraiment pas son truc.
Il me demande à nouveau de me transformer. Mais je n'ai plus de force, vraiment. Je tourne la tête et regarde les gens dans la salle. Salle lugubre à souhait. Sur le canapé et les sièges autour, des membres de l'Ordre en pyjamas nous observent comme si une deuxième tête nous étaient poussées. Mais bon voir le Terrible Professeur de Potion cajoler un renard presque crevé ça doit être étrange je l'admets. Il grogne encore. Et bah si tu veux pas entendre sors de ma tête hein ! Harry est assis entre ses deux meilleurs amis et les trois me fixent attentivement. Et oui qui suis-je ? Tel est la question très chers. Si vous le devinez vous aurez le droit de me poupouiller. Oui je sais je suis trop bon. Dans tous les sens du terme. La main de Sev' se fige sur mon dos et j'essaie de toutes mes forces de l'imaginer rougir. Je ris, chose dur à faire quand on est pas humain, et manque de m'étouffer.
« Mais qu'est-ce qu'il fout ce clebs ? Siffle Parrain entre ses dents en reprenant son geste.
-Albus et Pompom doivent dormir c'est normal que ça lui prenne un peu de temps, essaie de le calmer Lupin. »
Je commence à avoir vraiment sommeil. Peut importe ce que dit Sev' je vais dormir un peu. Juste un peu. Sa prise sur moi se raffermit très légèrement et ça suffit pour me réveiller totalement. Saches Sev' que ça va pas marcher éternellement ton truc.
« Tu ne me laisses pas le choix, me mumure-t-il. Lupin, tu pourrais utiliser le sort qui force un animagus à reprendre forme humaine ? Demande-t-il plus haut.
-Oui, bien sur. Mais, reprend-il hésitant, le procédé est plus douloureux que si il le faisait lui-même. »
Voilà pourquoi il ne l'a pas demandé avant. Mais bon, il a raison, je n'ai plus assez de force pour faire quoique se soit et question douleur, je suis plus à ça prés. Il sent mon assentiment et donne le feu vert à Lupin après m'avoir calé dans ses bras. Ce dernier sort sa baguette, se concentre quelques secondes et lance le sortilège. Dès que le rayon mauve me touche, la certitude que je ne vais pas y survivre me vient. Mes os cassés bougent trop brusquement, mes muscles fatigués se transforment trop vite. C'est un comique Lupin ! Il pouvait pas dire que ça allait me tuer plus simplement ? Dés que ma bouche redevient humaine, une longue plainte m'échappe. A bout de souffle je me laisse aller dans l'étreinte rassurante de Sev'. Je suis assis sur ses genoux, la tête dans son cou. Il se lève, moi dans ses bras, puis m'allonge délicatement sur le canapé.
« Malfoy ! »
Et oui. Surpris ? Visiblement oui. Personne n'avait deviné. Zut alors. Dommage pour vous, vous pourrez pas me touchez ! Je tourne la tête et regarde à nouveau les personnes présentes dans la pièce. Ils ont tous la bouche grande ouverte, imitation parfaite d'une carpe hors de l'eau. Toute la famille Weasley a considérablement pâlie. J'ai entendu parler des exploits de Père et Greyback sur l'un de leur fils. Sev' pose un linge mouillé sur mon front et mon mal de tête s'atténue. Je ferme les yeux et respire profondément. La main de Sev' serre la mienne pour me soutenir et je sais combien ça lui coûte. Je lui souris. Merlin je dois vraiment avoir une sale tête pour qu'ils me fixent comme ça.
« Vous mentez. Ce gars ne peut pas être de notre côté. C'est impossible ! S'écrie la plus jeune des Weasley-que je n'avais pas encore remarquée.
-Et pourtant c'est bel et bien le cas Miss, répond calmement le Directeur de Poudlard, qui daigne enfin arriver.
-Merlin Malfoy, mon petit, vous avez une mine affreuse ! S'exclame l'infirmière en se précipitant vers moi. »
Elle pousse Severus sans ménagement mais il se laisse faire sans protester. Il sait qu'elle connaît son travail.
« 'jour 'Dame Pomme, ça faisait longtemps, dis-je difficilement entre deux respirations. »
C'est la première fois que je parle depuis mon arrivée ici et cela semble réveiller les membres de l'Ordre jusque là silencieux. J'entraperçois Dumbledore leur faire signe de patienter et Sirius Black, mon cousin vient s'appuyer contre le canapé où est assis son filleul. Il est pas sensé être crever lui ? Je m'apprête à poser la question mais 'Dame Pomme passe sa baguette qui brille d'une lueur bleu pâle au dessus de moi en me disant de ne pas bouger, et son regard, lui, me dit de ne rien faire du tout. Je me tais donc et garde ma question pour plus tard. Plus elle remonte vers mon visage, plus 'Dame Pomme blêmit, spécialement quand elle arrive au dessus de mon bassin. Sa main tremble un peu et je vois des larmes perler aux coins de ses yeux. Elle sait. J'espère que ça va pas faire ça à tout le monde hein, une personne qui pleure je peux gérer, mais plus ça risque d'être dur.
« Severus, que s'est-il passer ? Demande Dumbledore gravement.
-Il a été découvert avant-hier. On ne m'a mis au courant qu'au cours de l'après-midi quand des Mangemorts se sont vantés de l'avoir frappé. »
Serait-ce tes dents que j'entends grincer Sev' ?
« J'ai fait au plus vite pour le sortir des cachots et j'ai laissé des indices qui feront penser qu'il s'est échappé seul, termine-t-il d'une voix redevenu neutre.
-Vous auriez mieux fait de le laisser là-bas ce sale Mangemort ! S'écrie à nouveau la rouquine.
-Miss Weasley, un peu de tenue je vous prie, la corrige MacGonagall en fronçant les sourcils. Tout comme nous vous ne connaissez pas les détails de cette histoire, ne le jugez pas trop hâtivement.
-Je n'ai pas besoin de connaître les détails ! Ce gars est comme son père ! »
Comme mon père ? Je commence à rire silencieusement mais bien vite mes gloussements augmentent pour finir par devenir un fou rire incontrôlable alors que cette phrase résonne dans ma tête. Comme mon père ?! Alors là c'est fort ! Je me tiens les côtes, qui au passage font des craquements sinistres à chacun de mes hoquets. Des larmes coulent de mon œil unique. Je continue à me tordre de rire sous le regard effaré de tout le monde. Ils doivent sûrement croire que je suis fou. C'est peut-être vrai. Est-ce que j'imagine la lueur horrifiée et paniquée dans les yeux d'Harry ? Mes poumons maltraités décident que le moment de protester est venu et je commence à tousser, éclaboussant de sang le canapé, le tapis et 'Dame Pomme. Elle m'oblige à me rallonger et reprend son inspection silencieuse.
« Qu'y a-t-il de si drôle Monsieur Malfoy ? me demande Lupin, perplexe.
-Oh pas grand chose, dis-je en m'essuyant les joues et la bouche, c'est juste ce que Weasley a dit.
-Justement je ne vois pas en quoi c'est amusant, répond il les sourcils froncés.
-Il est mort, dis-je. »
Un silence glacé suit ma phrase. Je suis doué pour mettre l'ambiance.
« Quoi ?
-Je l'ai tué, dis-je, les yeux plongés dans ceux du lycan, le défiant de me démentir. J'ai tué mon père. »
Si je me levais pour danser la lambada, ils ne s'en rendraient certainement pas compte vu leur état de choc.
« Quand ? M'interroge Dumbledore.
-Juste avant m'être fait emprisonner. Il se trouve au Manoir Malfoy si vous voulez vérifier, j'ajoute lentement. »
Ça me dit trop rien qu'ils voient ce carnage mais si c'est la seule manière de les convaincre.
« Je ne pense malheureusement pas qu'il soit sur d'aller au Manoir, pour aucun de nous. »
Et bien si. Je suis le dernier Malfoy, celui qui a été jugé apte à poursuivre la lignée. Le Manoir ne répond plus qu'à moi. Je me concentre un instant et trouve la connexion qui me relie à lui. Ma propriété et vide de toute vie. Je modifie quelques sorts pour que plus aucun Mangemort non autorisé puisse y pénétrer et relâche mon souffle, ouvre les yeux et dis :
« Maintenant vous pouvez. J'ai bloqué l'accès aux porteurs de la Marque, ainsi qu'à ma mère. Le Manoir vous laissera entrer si vous y allez. »
Ma voix n'est plus qu'un souffle. 'Dame Pomme porte une fiole contre mes lèvres et me dit qu'il s'agit d'une potion qui ressoudera mes os rapidement. Elle me dit aussi sur un ton d'excuse qu'il faut que je reste éveillé pendant au moins une dizaine de minutes encore, le temps que mon organisme accepte tous les composants du médicaments et pour vérifier que je ne fais pas de réaction allergique. Manquerait plus que ça. J'acquiesce, mais ferme tout de même les yeux. Elle positionne une nouvelle compresse au dessus de mon orbite vide et je sens la plaie se refermer. Elle a du imbibé le tissu de potion. Elle pose une couverture sur moi et se relève.
« Comment va-t-il Pompom ?
-Mal, quelle question ! S'emporte-t-elle. Excusez moi, souffle-t-elle juste après. Mais qu'on puisse faire ça à un enfant, ça me ..., elle ne finit pas sa phrase, la voix étranglée. »
Merci bien j'ai dix-huit ans, bientôt dix-neuf !
« Expliquez nous, la pousse doucement le Directeur.
-Une fracture au tibia droit, au moins quatre côtes cassés et plusieurs autres fêlées. Un poumon perforé. Son œil gauche a été ... Il a été arraché, lache-t-elle d'une voix un peu trop haut perchée, des exclamations épouvantés suivant sa déclaration. Et il a été violé, finit-elle dans un sanglot. »
Une personne en pleurs. Deux maintenant vu les bruits sur ma droite. Et soyons fou une troisième les rejoint ! Un mouchoir ?
« Qui ? »
Qui veut un mouchoir ? Pas moi merci. Euh j'ai du louper quelque chose là. J'ouvre lentement mon œil. Harry est debout au côté de mon canapé. Et bien oui, il est imbibé de mon sang donc logiquement il est à moi ce canapé. Harry est blême et ces poings sont serrés. Je l'aime tellement.
« Qui quoi Potter ? »
Ma voix déraille sur son nom. Méchant, Draco méchant !
« Qui t'as fait ça ? Repète-t-il d'une voix sourde.
-Comme si ça t'intéressait vraiment, je ricane. »
Merlin faites que ça l'intéresse pitié. J'ai tant besoin de lui. Si seulement il me prenait dans ses bras et me disait que le cauchemar est fini. Mais je vois qu'il est blessé par ce que je lui ai dit. C'était le but mais quand même, ça fait mal. Je me sens obligé d'ajouter :
« Je ne veux pas de ta pitié Potter. Je suis un grand garçon, je m'en sortirai. »
Ça ferait plus vrai si une de mes côtes ne sortait pas encore de ma peau, si ma jambe ne formait pas cet angle bizarre, bien que beaucoup moins par rapport à il y a quelques minutes. Oui là on pourrait peut-être me croire. Et en plus j'ai envie de pleurer. De pleurer et de hurler toute ma peur. J'ai eu si peur Merlin.
Sans douceur Harry s'assoie à côté de moi. Il vient de flinguer son pantalon, sauf si il trouve que les taches de sang ça fait brancher. Je vois ses mains s'approcher de moi et je lève instinctivement les mains devant mon visage pour me protéger. De quoi ? J'en ai aucune idée, je contrôle plus rien. Je me donne en spectacle, les gens présents ne pourront plus me regarder sans revoir cette scène où je suis si pathétique. Si facile à abattre. Un mot de travers et je sombre. Paul était silencieux, lui. Pas comme Harry. Ça le fait hésiter une seconde mais il se reprend vite. Il attrape mes poignets pour les éloigner de ma tête, les lâche puis pose ses mains de chaque côté de mon visage. Il me force à affronter son regard et pose une nouvelle fois sa question.
« Qui ? »
Mais qu'est-ce qu'il veut que je fasse merde ? Que je lui réponde clairement ? Très bien, il va avoir droit à tous les détails si c'est ce qui l'interesse ! Il va tout savoir ! Et tant pis pour lui, il n'avait qu'à se la garder sa curiosité malsaine !
« Qui Potter ? Tu veux savoir qui ? redis-je, un brin hystérique quand il acquiesce. Mon père m'a arraché l'œil. Ma mère s'est acharnée sur mon visage. Voldemort m'a envoyé des Doloris et m'a violé sur le sol de la Salle du trône. Des Pions m'ont tabassé et cassé la jambe pour que je puisse pas m'échapper. »
Mes mains se sont poser sur les siennes. Je tremble. Je crois que c'est ce qu'on appelle le contre-coup. Ma voix est trop aiguë, mes yeux me piquent. Le visage d'Harry pâlit d'avantage à chacune de mes phrases. Ce n'est pas assez. Je veux qu'il comprenne. Qu'il sache tout ce que j'ai subi. D'autres vont entendre mais je m'en tape. Tant que lui il entend.
« Et si tu veux tout savoir, je ricane, c'est pas la première fois que Voldemort me prend. Et non, j'ajoute devant son air horrifié, ça fait des mois que je suis sa pute, que j'écarte les cuisses pour lui. Alors non Potter, je n'ai pas besoin de ta pitié ou de ta tristesse. J'ai réussi à gérer sans toi avant, je vois pas pourquoi ça changerait maintenant, dis-je froidement en retirant ses mains de mon visage. »
Rien n'est plus faux que ça. Si j'ai tenu, c'est en pensant à lui. Si il me prend dans ses bras je suis guéri. Si il m'abandonne en disant que je le dégoûte je me brise. C'est aussi simple que ça.
Il ne fait rien. Il reste les bras ballants à me fixer. Puis sa main revient vers moi et glisse sur ma joue mouillée. Je pleure ? Et merde, oui je pleure. Tuez moi, je vous en supplie. Je me suis assez humilié comme ça. Je suis sauvé par 'Dame Pomme, qui écarte doucement Harry et me tend une nouvelle fiole. Une potion de sommeil sans rêve me dit-elle. Tant mieux sinon je ne dormirais pas du tout. Je l'approche de mes lèvres mais ma main tremble tellement que l'infirmière est obligé de m'aider, ce qu'elle fait sans un mot. Mes muscles se détendent un à un et la dernière chose que je vois ce sont les yeux de celui que j'aime briller avec une lueur à laquelle je n'ose croire.
Je vis dans une confusion totale les jours suivants, uniquement ponctués par la prise des potions infectes de 'Dame Pomme, la présence rassurante de Sev' et un regard vert. Je crois bien qu'il vient me voir pendant que je dors, mais je ne suis pas sur. Je ne suis de rien du tout en fait, peut-être que c'est juste mon imagination et ma fièvre qui me font le voir assis à mon chevet.
Quand enfin je me réveille, lucide cette fois, il n'y a personne en tout cas. La pièce est totalement dans le noir, si ce n'est la chandelle sur ma table de chevet. Je suis nu sous les couvertures et j'ai le réflexe débile de ramener les couvertures contre moi quand je m'assois. Prudemment je laisse mes jambes pendre sur le bord du lit. Il me reste quelques bleus sur le torse donc ça ne doit pas faire bien longtemps que je suis là. Mes côtes et ma jambe ne me font plus mal, preuve que la potion a bien agi. Je me lève lentement, prêt à me rattraper aux tentures du lit au moindre vertige. Si mes jambes sont un peu molles, je peux quand même tenir debout. Je me risque à faire quelques pas et me félicite d'y arriver assez facilement. J'inspecte la salle et me dirige vers la porte où est écrit ' salle de bain '. La lumière s'allume seule quand je pousse la porte et m'éblouit un moment. Le carrelage froid sous mes pieds me donne la chair de poule et je me frotte les bras en frissonnant lorsque j'entre. Je me fige devant mon reflet. J'approche de la glace, m'arrêtant à cause de l'évier qui se trouve en dessous. Une fine cicatrice traverse verticalement la gauche de mon visage, passant par mon œil. Ma paupière est légèrement bombée, comme si mon œil était juste fermé mais j'appuie doucement dessus et je sens le vide en dessous. Mes paupières sont soudés entre elles. C'est ... Ce n'est pas si moche que ça finalement. Bien sur le côté adonis parfait a disparue et mon champ de vision est considérablement réduit mais ça me donne un style rebelle ou vétéran. De toute façon je n'ai pas le choix.
Une barbe de trois jours couvre ma mâchoire. Je passe ma main dessus et les poils tombent instantanément dans le lavabo grâce à un sort. Mes cheveux sont gras, pas autant que ceux de Sev', merci Merlin, mais suffisamment pour que je me sente obligé de prendre une douche. Je rentre dans la cabine et me mouille rapidement. Je me frictionne la tête avec le premier shampoing que j'attrape, à la mangue, puis me frotte le corps. Je me rince et sors dégoulinant. Je prends une des serviettes qui pend prés de la porte et me sèche grossièrement. Je l'enroule ensuite autour de ma taille et en prend une autre que je pose sur mes épaules pour que mes cheveux ne me gouttent pas dans le dos. Je retourne das la chambre en espérant y trouver de quoi m'habiller.
Je stoppe après quelques pas quand je vois Harry debout prés de mon lit. Il se retourne vers moi en entendant la porte de la salle de bain se fermer et me fixe la bouche ouverte durant ce qui me semblent des minutes. Je sens son regard parcourir mon corps et s'arrêter sur la serviette qui couvre ma taille, faisant battre mon cœur furieusement dans ma poitrine. Mon visage reste impassible mais je ne peux m'empêcher de sourire quand ses joues se teintent de rouge et que ses yeux remontent à la rencontre du mien. Gêné, il se racle la gorge avant de dire :
« Heureux de te voir enfin réveiller. Ça fait cinq jours que tu dors, m'explique-t-il. Je t'ai apporté de quoi manger, enchaine-t-il en me montrant le plateau dans ses mains. »
Il le pose sur ma table de chevet et reprend en regardant ses pieds :
« Je vais prévenir Madame Pomfresh que tu es réveillé et lui dire de t'amener des vêtements. »
Sans me laisser le temps de répondre il se précipite dehors et ferme, presque claque, la porte derrière lui. D'accord ... Haussant les épaules je me remets sous les couettes et commence à manger les croissants et les quartiers de clémentine sur le plateau. Je mâche lentement, conscient que mon estomac a besoin de se réhabituer à la nourriture solide après six jours de jeûne.
'Dame Pomme entre en courant, sa trousse pleine de potions cliquetant quand elle s'arrête brusquement. Elle me regarde, j'hausse un sourcil, incertain. Elle sourit soudain d'une oreille à l'autre et viens s'asseoir sur le lit. Elle me raconte comme elle s'est inquiétée de ne pas voir la fièvre baissée comme prévu, craignant un infection. Quand je lui demande, elle me dit que Severus a repris son rôle d'espion sans encombre et que le Lord Noir est persuadé que j'ai réussi à m'échapper à cause de l'incompétence des Pions qui m'ont enfermé. Après m'avoir soigneusement ausculté sous toutes les coutures elle dit que j'ai récupéré à une vitesse inespérée, m'applique une crème sur les derniers bleus qui me restent et qui disparaissent sous ses doigts. Elle me dit que malheureusement elle ne peut pas faire disparaître la cicatrice de mon visage. Mais je le savais déjà, la blessure a été faite lors d'un rituel et la magie utilisée sur la plaie empêche de la faire partir. Je ne pourrais pas non plus utiliser de faux oeil, mais un repensant à Fol'oeil je me dis que c'est pas plus mal. 'Dame Pomme m'annonce avec une joie évidente que je suis totalement remis, qu'avec une bonne nuit de sommeil et des repas appropriés je serais sur pied dés demain. Me surprenant moi même, je réponds à son sourire, et sincèrement en plus. Pas plus déstabilisée que ça, elle se relève en passant une main dans mes cheveux mouillés. Elle me dit qu'elle reviendra me voir plus tard dans la journée, m'apprenant par la même qu'il est 8h du matin. Elle pose une potion sur le plateau et me dit de la prendre quand j'aurais fini de manger, pour m'aider à digérer, et de dormir un peu. Après un dernier sourire elle repart.
Je m'exécute comme un bien-heureux, me sentant dans un véritable cocon de quiétude. Être protéger, chouchouter comme ça me plaît. Beaucoup. Il faut que je trouve un moyen de prolonger ça. J'avale la potion d'une traite, me bouchant le nez pour ne pas trop sentir son goût infâme. Je me recouche, remontant les couvertures jusque sous mon menton et m'endors paisiblement, ne craignant même pas les cauchemars qui pourraient m'assaillir.
On me secoue doucement et une voix me demande de me réveiller. J'enfonce ma tête dans l'oreiller pour essayer d'échapper à la lumière de la pièce et renonce quand la personne insiste. Je m'assoies sur le lit. Lupin est en train de poser une robe sur la chaise contre le mur à côté. Il a l'air plus en forme que lorsqu'il nous faisait cours. La pleine lune est sûrement loin.
« L'Ordre voudrait te parler de certaines choses, me dit-il après m'avoir saluer. Habille toi et rejoins nous dans le salon. »
Il me fait un petit signe de la main, pour me dire de me dépêcher je crois, et sors. Et bien pour la peine je vais prendre tout mon temps ! Non mais, qu'est-ce que c'est que ces manières. Je me lève, enfile les vêtements lentement et vais dans la salle de bain. Je n'ai pas de gel pour me plaquer les cheveux en arrière, je suis obligé de les laisser aller librement, ce qui m'horripile. Ce n'est pas confortable du tout ! Et ça me chatouille atrocement la nuque, toutes ces mèches. Mais pas le choix.
Je sors de ma chambre, ferme a porte et m'arrête. Je veux bien y aller au salon. Mais c'est où ? En haussant les épaules je commence à descendre l'escalier. Je dois être dans la bonne direction, des éclats de voix me parviennent par la porte entre ouverte a fond du couloir. En m'approchant je reconnais tout de suite celle de 'Dame Pomme. J'avance encore un peu et distingue mieux ce qu'elle dit :
« ... en état pour supporter votre interrogatoire ! Laissez le donc se reposer encore quelques jours ! »
Oh je suis donc le sujet de conversation. Avant que quiconque puisse lui répondre j'entre dans la pièce et le silence se fait. Y'a écrit ' fermez la sur mon front ' ou quoi ? J'ai l'envie idiote de remonter dans ma chambre pour vérifier mais me retiens en gardant mon masque d'indifférence. Tout l'Ordre est assis autour d'une table ronde. Je repère vite Lupin, Black le revenant, le golden trio et 'Dame Pomme début devant sa chaise, les poings sur la table et le visage furieux. En me voyant elle se dirige vers moi, pose une main sur mon front et l'autre sur mon poignet. Je lui lance un regard étonné mais elle ne répond pas. Après quelques secondes elle soupire, agacé. C'est si mal que ça que j'ai guéri ?
« Très bien Albus, mais au moindre signe de fatigue je le ramène dans sa chambre, dit-elle. »
Il hoche la tête en souriant comme si cela allait de soit. Il me désigne une chaise vide, comme par hasard entre Harry et sa rouquine. Je m'installe dignement, ignorant les regards peinés, horrifiés, haineux et autres qui me suivent, croise mes mains sur la table et attend qu'il pose sa première question. Sev' est absent et sa non-présence me met mal à l'aise.
« Tout d'abord je tiens à vous dire que je suis heureux de vous voir rétabli jeune homme, dit-il de sa voix si compatissante. Vous avez sûrement des questions et je voudrais y répondre avant de vous poser les nôtres. »
Tactique d'approche amical. Comme d'hab. Mais il a raison.
« Il y a bien une chose qui m'a surpris. Lui, dis-je en montrant mon cousin du doigt-ne me dîtes pas que c'est impoli je m'en contrefous-, n'est-il pas sensé être passer à travers le voile ? »
Black me regarde bizarrement, comme si il ne savait pas quoi penser de moi. La réponse de Dumbledore me surprend énormément :
« En effet Monsieur Malfoy, mais six mois plus tard votre parrain a trouvé un moyen de ramener sirius parmi nous. »
Sev' doit être sur un petit nuage maintenant que Black a une dette de vie envers lui. Oh oui, il doit jubiler.
« Avez-vous réussi à traduire les textes que je vous ai fait parvenir ? je demande me rappelant soudainement des parchemins écrits en Fourchelang.
-Oui et nous avons détruit la coupe de Poufsouffle ainsi que la broche de Serdaigle grâce à eux. »
Si on compte les deux Horcruxes déjà détruits, ils n'en restent plus que trois. Et sachant que Nagini et Voldemort en font parti, il n'y en a qu'un à trouver. Bien.
« Vous ne voulez rien savoir d'autre ? »
Je pense que faire un scandale sur leur comportement vis à vis de la prophétie et d'Harry serait mal venu. Ce qui me décide a le faire bien entendu.
« Et bien si en fait. J'aimerais savoir pourquoi vous croyez ce qu'une vieille folle déglinguée vous a raconté à propos de Voldemort et de Potter ? »
Ça t'en bouche un coin admets le Dumby ! Je me rends compte que j'ai dis son nom sans frémir. Personne n'a de champagne sous la main ? Il me regarde et semble réfléchir à ce qu'il peut bien me dire. Je ne lui en laisse pas le temps.
« Comment pouvez-vous imaginer qu'un gamin comme lui, j'ajoute en montrant Harry, pourrait définitivement défaire le plus grand Mage noir du siècle ? Sans vouloir t'offenser, dis-je à Harry quand je le vois ouvrir la bouche, j'ai senti le pouvoir du Lord à pleine puissance plusieurs fois et bien que tu sois plus fort que la moyenne tu es encore loin derrière lui il faut le dire.
-Qui te dis que je ne cache pas ma magie ? Me demande-t-il agressif.
-Parce que, dis-je en roulant des yeux, j'ai eu droit l'entraînement habituel des Sangs Purs.
-Hein ? Lache-t-il bêtement.
-Il a raison Harry. Les Sangs Purs subissent dés leur plus jeune âge un entraînement qui leur permet de jauger le pouvoir d'une personne rien qu'en la voyant, explique Black devant les visages perplexes de l'assemblée. »
J'avais oublié que la plupart des personnes présentes sont des nés moldus ou des Sang-melés. Ils ne connaissent pas nos coutumes. Harry se renfrogne. Je me tourne vers Dumbledore, attendant qu'il reprenne la parole.
« Il y a des données à prendre en compte qui conforte la prophétie Monsieur Malfoy. Des données, me coupe-t-il en levant la main, que je ne souhaite pas communiquer et qui ne vous regarde nullement. »
Mais quel ... ! C'est à mon tour de me renfrogner. Je m'appuie sur le dossier de ma chaise sans rien dire.
« Où se trouve Severus ?
-En mission pour Voldemort. »
Donc pas disponible pour le moment. Merde.
« Si vous avez fini, nous allons vous poser nos propres questions. »
De mauvaise grâce je lui fais signe de continuer.
« Nous sommes allés dans votre Manoir comme vous nous l'avez proposé et le spectacle qui nous y attendait nous à plutôt surpris je dois dire. Nous avons une vague idée de ce qui a put se passer mais nous voudrions vous l'entendre dire. »
Une fille au cheveux roses bonbon et plusieurs autres, dont Black et Lupin, ont le teint légèrement verdâtre, ce qui me fait penser qu'ils sont allé chez moi. Petites natures. Je commence mon explication, comme si je faisais un rapport à un supérieur, me doutant bien qu'une simple phrase ne leur suffira pas. Autant tout leur dire maintenant, ça sera plus vite fini.
« Père m'a convoqué au Manoir pour me punir de ma trahison. Il a essayé d'utiliser le Rejet sur moi mais les esprits ont jugés que je méritais plus la vie que lui et se sont retourné contre lui. »
Fin de l'histoire. Seul Black, la fille aux cheveux rose, Mc Gonagall, les parents Weasley, Granger à mon agréable surprise et Dumbledore semblent avoir compris. Les autres se regardent entre eux, vérifiant qu'il ne sont pas les seuls incultes de la salle.
« C'est donc bien vous qui l'avez tué, conclut le directeur.
-Albus c'est impossible ! Vous avez vu l'état du corps, personne ne peut faire ça à mains nus ! S'écrie un homme musclé à la peau noir.
-Le Rejet le permet Kingsley. »
Et le voilà qui se lance dans un cours sur les rituels ancestraux. Je n'écoute que vaguement, la fatigue revenant peu à peu. Je n'y tiens plus et baille aussi discrètement que possible. Mais rien n'échappe à l'œil aiguisé de 'Dame Pomme je devrais le savoir depuis le se lève et vient poser sa main sur mon épaule.
« Il est épuisé Albus. Comme convenu il retourne se coucher, n'est-ce pas ? »
A cet instant je pense que même Voldemort n'oserait pas la contredire. Dumbledore ne dit rien et opine.
« Je te raccompagne. »
Harry a bien dit qu'il me raccompagnait ? Je le regarde comme si il était fou, pendant que Weasel s'étouffe avec sa salive. Il se lève et avance vers la porte avant que je puisse refuser. Je le suis en silence et quitte le salon après lui. Nous remontons jusqu'à ma chambre sans nous parler. Je pose la main sur la poignée quand il prend la parole.
« Désolé pour l'autre jour. »
Il regarde le mur, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon moldu, les joues roses. Je prépare ma réplique et mon sourire sarcastique classique mais il me coupe :
« J'aurais pas du insisté comme ça c'était idiot de ma part, fait-il en frappant du pied une pierre imaginaire. Maintenant que je sais qu'on est du même côté, je pense qu'il faudrait qu'on apprenne au moins à se supporter et pour nos débuts j'ai pas assuré, admet-il en grimaçant. »
Il avance d'un pas vers moi et me tend la main. Celle qu'il m'avait refusée quand nous étions enfants. Il me tend la main.
Comme dans un rêve, je me vois la serrer, peut-être un peu trop longtemps. Nous ne sommes pas amis, pas encore. Mais grâce à cette trêve c'est possible. Oui. Et je ferais en sorte que ça devienne plus.
Ce jour là j'ai décidé de me battre ... me battre pour son cœur.
Note de fin :
Prochain chapitre : Comment je me suis rendu
Verdict ? Haine, amour, colère ... Vous ressentez quoi ? J'ai essayé de faire transparaître le mal-être de Draco et ses délires de mon mieux, j'espère que ça rend bien. Dites moi tout ! Même que vous avez mangé des croissants au petit déjeuner ( y'en a pas ici ... Ce matin c'était sandwich au bacon et à l'œuf ... Miam u.u )
Je veux des reviews, lâchez vous !
