...

Pour tout avouer, je n'y croyais plus moi-même.

J'ai tellement honte du retard pris pour un truc aussi...court et juste Fluffy que je n'ai même pas osé dérangé Honey Love (Kizzbloo ma Bêta d'amour) pour corriger ce torchon...

Quoiqu'il en soit, j'espère que ça va vous plaire, vous mettre du baume au coeur...J'ai été assez touché en relisant mais bon, il est de notoriété publique à ce stade des choses que je suis une faible.

Allez!

Enjoy!


Cinderella Complex Reverse

Epilogue: Hey! I heard it's time to be happy forever…

so, for once let's try to be mainstream.

Eren

Polichinelle dans le tiroir

Chaque nouveau jour à Utopia apportait son lot de surprises et de déconvenues.

En tant qu'Impératrice ou dans son rôle d'Axe, il ne se passait pas une seule minute sans qu'Eren ne doive exercer son aptitude à réagir face à l'imprévu. Il y avait toujours quelque chose qui réclamait son attention, un nouveau projet à concrétiser, un ancien dessein à faire aboutir, un noble ou un bourgeois à aplatir ou une conspiration à déjouer…Sa vie était déjà si remplie qu'il lui était impossible de l'imaginer plus complète. Diriger Paradise, aux côtés des Eldiens, de ses fidèles amis et alliés, sa vie de couple auprès de Levi : Eren s'estimait comblé. Crevé, souvent à bout de nerfs, mais comblé.

Après son mariage et leur incroyable lune de miel sur les terres d'Etiola (en mode incognito), la reprise d'activité avait été un peu rude. Même si Armin avait fait un excellent travail en évitant l'accumulation de paperasse dans le bureau d'Eren, administrer un Empire n'était clairement pas le genre de boulot où on pouvait prendre un jour de vacances sans en sentir les conséquences pendant les mois à venir. Pourtant, même submergé comme il l'était ces derniers jours, l'Oméga était dans l'incapacité d'éprouver autre chose qu'une étrange satisfaction sereine.

On disait vrai lorsqu'on affirmait qu'il était né pour les intrigues de Cour. Et maintenant qu'il avait en plus le pouvoir et la position qui lui permettait d'évoluer tranquillement dans les eaux troubles de la politique Paradisienne ? Utopia, non, l'Empire, était devenu son terrain de jeu. Levi, de son côté, ne semblait que trop heureux de lui laisser le champ libre, pour gérer le Conseil, les relations internationales, le développement du pays ou les caprices du Culte des Trois Déesses. Et, bien qu'Eren se sente embarrassé de l'entendre dire par une tierce personne, il était bien obligé d'admettre qu'effectivement, depuis son intronisation en tant qu'Impératrice, il était indéniablement 'celui qui portait la couronne'.

De son côté, Levi était enfin lesté de tout ce qui le contraignait dans sa position d'Empereur. L'Alpha avait enfin la liberté d'agir comme bon lui semblait pour régler les questions qui lui tenaient réellement à cœur et contribuer de la meilleure des façons à la prospérité de Paradise. Levi s'occupait de la sécurité interne et externe du pays : réformer l'armée, prévoir les interventions militaires de Paradise à l'étranger (surtout le cas d'Aristie et la rébellion des Tribus dans le Sud), la création d'un nouveau cursus de l'Histoire de l'Empire (réformée, là aussi) ou encore l'aboutissement de son projet de Tours d'observation pour soutenir le pouvoir des Murs contre la menace titanesque...

Actuellement, ce qui occupait le plus clair du temps de l'Empereur, c'était la constitution des forces destinées à les combattre. L'Alpha était au cœur de la formation d'un nouvel Ordre de chevalerie spécial qui avait pour but l'éradication des Fléaux (des monstres nés de l'influence des miasmes titanesques sur des animaux sauvages) et la purification des terres de l'Empire. Cette brigade exceptionnelle était composée d'Eldiens et des meilleurs recrues/Chevaliers de Paradise, ainsi que d'un petit nombre restreint de membres de l'Eglise spécialement formés pour le combat.

Leur vie était donc pleine et mouvementée.

Et c'était assurément l'excuse à laquelle Eren se raccrocherait jusqu'à la mort pour expliquer pourquoi il avait pris autant de temps à se rendre compte du changement.

L'Oméga était un maniaque du contrôle. Il ne déléguait jamais les tâches qu'il estimait vraiment importantes (Armin étant l'exception à la règle) et certains le traitait même de paranoïaque. Et franchement, sous certains aspects ? Eren était même prêt à avouer que cette évaluation objective était probablement vraie. Quand il entrait dans une pièce, qu'il se lançait un défi, il aimait être paré à faire face à toutes éventualités. Il ne faisait confiance à personne d'autre qu'à lui-même pour régler ses problèmes.

Ce jour-là, l'Oméga avait réuni le Conseil restreint, composé des Ducs et des figures les plus importantes de chaque parti politique de l'Empire. L'ordre du jour concernait l'instabilité du Royaume d'Aristie, la décision prise par Levi de finalement porter assistance aux rebelles (décision qu'Eren appuyait à 200%) et à quel point Paradise comptait s'en mettre pleins les poches à la fin du conflit. Même si officiellement, la réunion n'avait pour titre que 'Gestion de crise et déploiement aux frontières du Sud'. En toute sincérité, l'affaire était dans le sac.

Historia n'avait pas changé, elle était une Sainte dans l'âme et les injustices subies par les minorités d'Aristie avaient suffi à la convaincre qu'il fallait renverser le Roi tyrannique de son trône. Tout ce qui intéressait le parti Neutre représenté par le père d'Hitch, c'étaient les avantages commerciaux et les conditions d'échanges de services/ technologie entre Paradise et les futurs dirigeants d'Aristie. Quant aux Impériaux ? Ils ne traînaient la patte que parce qu'Erwin estimait que Levi prenait des risques inconsidérés en éparpillant ses forces armées beaucoup trop prématurément après son intronisation : le Duc de l'Est craignait que ses ennemis n'en profitent pour attaquer sur un autre front.

Trois heures plus tard, le débat commençait enfin à avancer dans le sens d'Eren : Erwin était vraiment un adversaire redoutable quand il s'y mettait, l'Oméga commençait à sincèrement plaindre les Aristocrates qui s'étaient longtemps heurtés à sa résistance. Des serviteurs vinrent leur apporter des rafraîchissements et de quoi grignoter alors qu'Eren exposait avec conviction : « …vous oubliez que les Eldiens ont fonctionné pendant des siècles comme une tribu nomade ! Je pense pouvoir affirmer avec confiance que je saurais toucher Onyankopon ! » Une servante venait de poser devant lui tasse d'infusion fruité et une coupelle pleine de biscuits en tout genre. L'odeur doucereuse de la décoction se mariait délicieusement à l'effluve de beurre et fécule chaude. Eren fronça les sourcils, levant une main pour se saisir d'un biscuit alors qu'il renchérissait avec enthousiasme : « Je suis sûr qu'il n'est pas aussi 'barbare' et 'impitoyable' qu'on veut bien vous le faire croire ! Après tout, j'ai été dans sa position auparavant avec les Eldiens et je sais que parfois, avoir l'air sanguinaire est le seul moyen de… » Il s'interrompit brutalement. Une étrange sensation était en train de lui retourner l'estomac.

C'était sinueux et violent. Un haut le cœur lui remonta brutalement dans le gosier. L'Oméga eut à peine la présence d'esprit de se bloquer la bouche d'une main avant d'être forcé de se tourner sur le côté de sa chaise. La poussée était si forte qu'il n'eut d'autre choix que, plié en deux, de régurgiter absolument tout ce qu'il avait eu le malheur d'avaler depuis la veille. Un vent de panique souffla bien vite dans la salle de réunion. Mikasa était en train d'hurler qu'on aille chercher immédiatement le médecin Impérial. Alors qu'Eren, entre deux jets de vomis, se surprit à penser : ''Et merde. J'aurais dû voir venir …'' Quand enfin, il put se redresser sans plus craindre de se recouvrir de dégueulis, il croisa le regard pétillant d'Erwin. Contrairement au reste de l'assemblée qui s'empressait d'essayer de savoir si l'Impératrice avait été empoisonnée, le Duc de l'Est était resté vissé à son siège.

Ce n'était certainement pas parce que la santé d'Eren l'indifférait. Non, il n'y avait qu'à voir le scintillement particulier de ses iris céruléennes pour comprendre que si Erwin s'était retrouvé scotché à sa place, c'était pour une tout autre raison. L'Oméga s'essuya la bouche d'un revers de manche, pris le temps de vriller du regard l'offensante infusion fruitée et pensa avec amertume : ''Il ne va jamais me laisser l'oublier celle-là…'. Depuis le retour de Eren, l'Oméga, le Duc de l'Est et Armin s'étaient lancés dans ce que Levi aimait appeler ''une partie d'échec pour psychopathes''. Un simple 'jeu' où ils 's'amusaient' plus ou moins à prédire certains évènements importants, certaines réactions de leurs ennemis ou alliés, et à contrecarrer les prédictions faites par l'autre…

Eren aurait voulu pouvoir réfuter le terme 'psychopathes' de l'appellation mais il n'estimait plus en avoir le droit après aujourd'hui. Quel genre de personne découvrait en pleine réunion qu'il était enceint et pensait en premier lieu qu'il venait de perdre une partie ? L'Oméga poussa un soupir : tant pis pour toutes les manières drôles ou touchantes qu'il avait imaginées pour faire l'annonce de sa grossesse. Il y aurait sûrement une prochaine fois pour les mettre en pratique. Une fois cette pensée parasite complètement passée. Une soudaine bulle de joie lui explosa dans la poitrine. Il s'imaginait déjà la tête et la réaction qu'aurait Levi quand 'le bouche-à-oreille' dont les nobles s'avéraient (pas si étonnamment que ça) les champions toutes catégories confondues, lui parviendrait au sujet de cet incident.

Un large sourire lui fleurit sur les lèvres et un léger éclat de rire lui échappa à la plus grande surprise du public inquiet qui l'entourait tandis que les serviteurs s'empressaient de nettoyer la salle. Très vite, face à leurs airs ahuris, l'éclat se mura en véritable cascade de rire. Et sans plus d'explications, Erwin Smith se joignit joyeusement à son fou rire. Eren allait très certainement devoir dire adieu à son voyage diplomatique pour rencontrer le chef des rebelles d'Aristie, mais pour l'heure, ça n'avait absolument plus aucune importance.

Est-ce qu'Armin ne cherchait pas de toutes les manières une occasion d'emmener Annie en lune de miel ?

Livaï

Polichinelle dans le tiroir

Livaï avait l'impression d'avoir attendu ce moment toute sa vie.

En réalité, il n'avait commencé à nourrir l'idée/l'envie de fonder une famille qu'après avoir rencontré Eren. Mais il lui était difficile de se souvenir de 'l'Avant Eren'. Quelle personne était-il lorsqu'il n'envisageait le mariage et avoir une descendance que comme un mal nécessaire ? Comme Farlan se plaisait si bien à lui faire remarquer, Livaï n'avait clairement pas fait l'expérience de ce qu'était une famille unie pendant son enfance. En vérité, à la base, il ne savait même pas à quoi était censé ressembler un couple fonctionnel…Et s'il devait être parfaitement honnête, il suffisait de prendre un léger recul pour voir qu'avec leurs personnalités, Eren et lui ne lui semblaient pas être taillé du bois dont sont faits 'de bons parents'.

Et dés les premières semaines de la grossesse, l'Alpha n'avait eu que davantage de raisons de s'inquiéter.

Ils se trouvaient calmement installés dans le kiosque du jardin impérial, à siroter un bon thé et à dévorer des pâtisseries pendant l'une des rares pauses qu'ils s'autorisaient. Quand tout à coup Eren avait interrompu leur quiétude en réclamant de but en blanc : « Ça me fait penser, est-ce que je peux rendre visite à Dinah et Sieg ? » Livaï allait porter la tasse de thé à ses lèvres quand il se figea, incrédule. Il lança en direction de l'Oméga un regard empli d'incertitudes et demanda : « Qu'est-ce qui, dans ce moment précis peut foutrement te faire penser à eux ?! » Après avoir goulument croqué dans un chou à la crème, Eren haussa les épaules et rétorqua : « Quand je vivais avec eux à Shinganshina, cette veille mégère adorait me faire leur servir le thé et des pâtisseries. Une fois, j'ai eu la bêtise de manger les restes qu'ils n'avaient pas terminé après avoir débarrasser leur plateau. Elle l'a découvert et à décider pour me punir de mettre au pain moisi et à l'eau croupie pendant deux semaines. » Il l'avait annoncé avec nonchalance et sans jamais cesser de s'empiffrer de sucreries.

L'Alpha se loua silencieusement d'avoir rendu la mort de ces deux merdeux aussi horribles que possible. Livaï avala calmement une goulée de thé. Orange cannelle. Son favori. Sûrement parce qu'il lui rappelait l'odeur de son Oméga. Eren, occupé à macher sa bouchée, l'observait fixement. Puis tout à coup, face à son mutisme, l'Oméga déglutit et demanda sans détour : « Est-ce qu'ils sont morts ? » Livaï marqua une pause. Une étrange angoisse lui avait coincé la gorge alors qu'il s'entendait répondre : « Oui. » Il y eut une courte pause.

L'Alpha était beaucoup plus nerveux qu'il ne s'y serait attendu. Une part de lui avait même imaginé qu'ils pourraient passer leur vie sans qu'Eren ne se demande ce qui était arrivé à ses tortionnaires. L'Oméga était après tout du style à brutalement tourner la page sans regarder en arrière lorsqu'il jugeait un problème réglé. Eren plissa soudain les yeux et s'enquit avec gravité : « Il reste de la tarte à la myrtille ? Je ne sais pas à quoi va ressembler notre gosse, mais je jurerais que dans l'état actuel des choses, il essaie d'être à 50% une baie sauvage. » Halluciné et plus amusé qu'il n'était prêt à l'admettre, Livaï jeta un rapide coup d'œil sur l'impressionnante variété de mets coincés sur les plateaux qu'on leur avait présenté. Comme si les serviteurs cherchaient à nourrir une armée. Il finit par trouver une part de tarte à la myrtille et par doucement la glisser vers l'Oméga qui fondit sur sa proie comme un oiseau de chasse.

Livaï savait qu'il aurait dû être soulagé du manque flagrant d'intérêt de son partenaire. Mais c'était vraiment une situation trop irréaliste pour qu'il la laisse simplement passer. Il racla la gorge et demanda, estomaqué : « Tu ne vas vraiment rien me demander de plus ?! » Eren avait une tâche de myrtille au coin des lèvres lorsqu'il pencha la tête sur le côté, feignit de réfléchir un moment et l'interrogea : « Est-ce que tu les as tués personnellement ? » Il était déjà arrivé que Farlan cite cette exécution pour tempérer les décisions de Livaï et le mettre face à la sombre folie qui se tapissait dans les coins les plus obscurs de sa psyché. L'Alpha évita de regarder son compagnon dans les yeux et répondit franchement : « Oui. » Eren continua sur sa lancée : « Est-ce qu'ils ont souffert ? » Un nouveau silence. Puis Livaï soupira : « Oui. » L'Oméga acquiesça tout simplement de la tête en affirmant : « Bien. » Après quoi, il s'était à nouveau attelé à démolir sa part de tarte.

Cette brève conversation avait suffi à ce que Livaï angoisse un peu plus au sujet de capacité à devenir parents.

Il avait plus ou moins inconsciemment compter sur Eren pour être le pilier, le guide de leur parentalité. Cependant, l'Oméga avait-il seulement vraiment profité d'un foyer digne de ce nom ? Ses parents étaient décédés bien trop tôt et le reste de sa vie, en plus de son secret, l'avait forgé pour qu'il devienne celui qu'il était aujourd'hui. Une remarque Impératrice. Toutefois, est-ce qu'un seul d'entre eux serait à même d'assurer le bien-être mental et/ou émotionnel de leur progéniture ?!

Fort heureusement, à mesure que les mois passaient et que le ventre de l'Oméga s'arrondissait, quelques lueurs d'espoir avaient commencé à briller dans la nuit noire de ses sombres pensées.

Par un bel après-midi ensoleillé, Eren et Livaï avaient décidé de s'octroyer un moment de tranquillité à deux, au pieds de l'Autel Sacré du Sanctuaire. Le constant flot d'énergie primordiale les y enveloppait de sérénité. La tête posée sur le ventre rebondi de son Oméga, Livaï avait fermé les yeux depuis une bonne quinzaine de minutes. Sans vraiment dormir, mais pas non plus tout à fait éveillé, l'Alpha profitait de l'indolence de l'instant pour somnoler.

Après le retour des Eldiens, le premier lieu à avoir subi une purification de fond en comble avait été la Forêt des Origines. L'urgence de parvenir à maintenir Chronos, le Roi des Titans, prisonnier de son sommeil éternel avait précédé tout autre impératif. Avec les efforts conjugués de Livaï, Eren, quelques Anciens Eldiens et une bonne poignée des meilleurs Chevaliers de l'Ordre Sacré affilié au nouvel Empereur, ils avaient vite fait de nettoyer les Fléaux et les miasmes de la Forêt. Une fois cette tâche accomplie, il avait suffi de quelques mois avant que la majorité du peuple Eldien n'élisent domicile dans la Forêt des Origines. Et seulement quelques semaines après leur arrivée pour que le Sanctuaire retrouve toute sa splendeur d'antan.

Mis à part Eren, Livaï, Keith Shadis et Sheila, la plus puissante Ancienne d'Eldia qui assumait aujourd'hui le rôle de Prêtresse, personne n'avait accès à l'Autel Sacré et ses environs. C'était paradoxalement le lieu où gisait en profondeur le cadavre du Roi Titan et l'endroit où la force des Déesses s'exprimait le plus librement. Un véritable paradis pour Eren et Livaï qui, par leur ascendance, jouissait l'un et l'autre d'une des influences énergétiques du territoire sacré. Un chemin en pierre blanche menait au milieu du bassin d'eau claire qui se trouvait au centre du Sanctuaire. Le sentier mystérieux était apparu après l'accomplissement du rituel de purification et seuls Eren et Livaï pouvaient traverser l'étrange barrière magique qui s'était formée pour bloquer le passage d'éventuels intrus vers l'ilot central.

L'Autel Sacré se trouvait au bout de ce chemin. L'arche de pierre ivoirine et ses cristaux lumineux avaient récupéré leur brillance originale. Plus la moindre tâche de corruption rougeâtre ne compromettait la beauté immaculée de la construction. Au-delà de la plateforme que formait l'Autel, les nénuphars géants qui flottaient dans l'eau limpide resplendissaient d'un vert vibrant de vitalité. Tout autour de l'étang, un impressionnant parterre fleuri complimentait l'herbe verdoyante. Le chant des oiseaux conférait au lieu une atmosphère féérique. Des lapins et quelques mulots paissaient tranquillement sans se préoccuper de rien d'autre que de se remplir la panse. Les profondeurs du bassin luisaient, leur lumière tamisée était traversée par les ombres mouvantes des quelques poissons colorés qui y vivaient.

Livaï ouvrit lentement les yeux et contempla en silence le jade éclatant du lierre qui enlaçait la pierre blanche de l'Autel. A présent, grâce au cours dispensés par Eren, il pouvait lire les inscriptions formées par les cristaux magiques : ''Car au Cœur est le tout et qu'au Cœur tout revient''. La fontaine, à l'origine construite par les premiers pontifes de l'Histoire avait été détruite. Et l'endroit avait atteint un état de paix sublime. Eren affirmait qu'il s'agissait de l'effet de l'union des trois peuples primordiaux selon les termes du Pacte passé le jour où l'Axe avait accepté d'aider les Humains à se débarrasser des Titans.

L'union des trois peuples primordiaux.

L'aboutissement du Pacte. Leur enfant était l'absolu cristallisation de l'harmonie auquel avaient aspiré les Déesses depuis la création du monde tel qu'ils le connaissaient. C'était une vérité indéniable, mais c'était très loin d'être tout ce que représentait ce beau ventre arrondi aux yeux de Livaï. Il se souvenait avec vivacité du rêve étrange qui lui avait empoigné le cœur après sa première nuit avec Eren. Des petites mains potelées de l'enfant qui, dans son imagination lui avait saisi le visage avec force avant de lui planter un baiser baveux sur le front. Le sentiment dont il avait rêvé avait depuis longtemps surpassé l'intensité de la sensation onirique qu'il avait eu à l'époque.

L'instinct de protection et la possessivité étaient complexes à appréhender.

Plus la grossesse d'Eren progressait et plus il était difficile pour l'Alpha de contrôler la pulsion qu'il éprouvait : cacher son Oméga et leur futur enfant dans un lieu secret dont il serait le seul à avoir accès. L'Alpha tourna légèrement la tête. Il ignorait si Eren dormait ou non. L'Oméga avait tendance ces derniers temps à somnoler à n'importe quelle heure de la journée. Il suffisait d'un peu de confort pour qu'Eren se laisse aller à faire une micro-sieste. La joue pressée contre le ventre ferme de son amant, Livaï s'autorisa à légèrement frotter la joue contre la peau tendue qui s'offrait à lui. Pour des raisons de confort, parce qu'ils étaient au cœur de l'été et que l'Oméga terminait déjà son cinquième mois de grossesse, il portait une tenue traditionnelle Eldienne qui laissait son abdomen à découvert. Ce qui au départ avait choqué la Cour et fasciné Livaï, était à présent une image parfaitement courante à Paradise, maintenant que presque toutes les femmes enceintes se permettaient de porter ce genre de vêtement révélateur avec fierté.

Profitant du fait qu'Eren était sûrement en train de dormir et donc, ne pourrait certainement pas se moquer de lui et son 'sentimentalisme mielleux', Livaï posa un rapide baiser sur le ventre de son partenaire. Il venait à peine de reposer la tête avec précaution quand il sentit le mouvement contre son visage. L'Alpha se redressa d'un coup, aussi effaré qu'émerveillé, les yeux écarquillés. Il posa la paume contre le ventre d'Eren, à l'affut, et presque immédiatement, un coup bref lui frappa la paume. Il entrouvrit la bouche, avec l'envie de dire quelque chose, l'impression qu'il était peut-être censé faire une remarque, sans pouvoir trouver quoi dire pour exprimer ce qu'il ressentait.

Ce fut cet instant précis que choisit Eren pour exploser de rire.

Confus et légèrement froissé, Livaï bougonna : « Ça te fait rire ? » Pour bien marquer le coup, l'Oméga rit encore quelques minutes, essuya la larme qui lui coulait au coin de l'œil à l'aide d'un doigt et répliqua enfin : « Oh ! Tu aurais vu ta tête ! C'était juste énorme ! On aurait dit que tu avais l'impression que le bébé allait te bondir au visage après avoir tailladé son chemin dans mes entrailles… » Livaï, déjà parfaitement offensé, s'offusqua : « Ce n'est pas du tout ce que j'imaginais ! » Eren se calma enfin.

L'Oméga l'observa un moment, l'œil brillant, puis il se redressa un peu pour quitter sa position allongée. Se mouvoir avec grâce semblait être un exercice de plus en plus compliqué pour Eren, ce qui devait sans aucun doute l'irriter au plus haut point, même s'il se cachait bien de l'exprimer à haute voix. Et on devait bien le lui concéder, jusqu'ici, l'Oméga réussissait avec brio à éviter de se plaindre. Livaï en arrivait presque à souhaiter qu'il fût un peu plus geignard de nature. Assister Eren, dans n'importe quelle tâche que ce fût, était toujours un exercice de patience et de détermination. Même s'il s'agissait de l'aider à mieux supporter son quotidien pendant la grossesse, ou offrir de lui apporter du réconfort.

L'Oméga acheva enfin sa contemplation silencieuse, il avança la main vers son époux et lui caressa une joue du bout des doigts. Il avait retrouvé son sérieux quand il s'excusa : « Désolé. Je ne devrais pas me moquer. » Après quoi, il saisit la main de Livaï et la plaça savamment sur une zone de son ventre. Quelques coups répondirent à la présence froide de la paume de l'Alpha. Fasciné, Livaï caressa la peau de son compagnon avec révérence. Un léger sourire, plein d'affection flottait sur les lèvres d'Eren quand leurs regards se croisèrent à nouveau. L'Oméga déclara avec émotion : « Tu vas être un père génial ! » Livaï baissa les yeux, incertain de l'émotion qui lui comprimait la poitrine. Il avait le bout des oreilles brûlant.

Eren ajouta alors : « Certes, je sens déjà que ce gamin va te faire lui manger au creux de la main, mais au moins, il aura un parent sur deux de fonctionnel avec toi dans l'équation ! » L'Alpha haussa un sourcil, un léger sourire lui flottait aussi sur les lèvres quand il s'exclama : « Oh ! Alors tu as conscience d'être anormal ? Quelle révélation ! Je dois admettre que je suis aussi impressionné qu'au premier jour, par ton incroyable sens analytique… » L'Oméga accueillit sa remarque faussement acerbe avec un sourire amusé.

Un poisson bondit un instant hors de l'eau, le clapotis de son action détourna légèrement leur attention.

Il faisait beau. Dans cet espace paisible, coupé du reste du monde, rien ne semblait pouvoir les atteindre. Livaï caressa de nouveau le ventre de son époux avec tendresse. Bon père ou non, Sina seule pouvait le prédire. Mais il aimait à croire que ses pouvoirs titanesques lui avaient, peut-être, fait don d'autre chose qu'une promesse de folie, de capacités destructrices et d'un physique extraordinaire. Alors peut-être que le rêve qu'il avait fait ce soir-là était prophétique.

Peut-être qu'au final, Livaï avait raison de croire qu'ils allaient être foutrement heureux tous les trois.

**C*i*N*d*I*r*E*l*L*a**C*o*M*p*L*e*X**

Livaï

Two kilos and eight hundred grams: The weight of the universe

Près de neuf mois d'attente, et pourtant au moment fatidique, Livaï s'était retrouvé à paniquer comme si l'accouchement de son Oméga était une surprise.

Rien ni personne n'aurait pu l'empêcher de se trouver aux côtés d'Eren pour l'occasion. L'Alpha avait eu beau se renseigner au préalable, il avait tout de même trouvé que la naissance avait pris beaucoup trop de temps pour être tout à fait normale. Trois heures de labeur, de cris de douleur et de tension nerveuse. Vers le début du travail, Eren lui avait presque broyé la main mais Livaï ne pouvait pas s'en moquer plus que ça. Quand tout fut terminé, qu'Hanji annonça la naissance de la première Princesse, il était si soulagé qu'il en eut le vertige. Le cri perçant de l'enfant retentit dans toute la chambre et l'Alpha sentit le moment exact où absolument tout le corps médical présent s'était détendu.

Hanji était la seule à avoir gardé la tête froide, déjà occupée à prodiguer les soins nécessaires au bien être de l'Oméga en couche. Livaï, assis au plus près de son compagnon avait le cœur battant, pas vraiment remis de l'intense émotion qui lui anesthésiait actuellement l'esprit. A ses côtés, la longue chevelure d'Eren lui collait au visage à cause de la transpiration. L'Oméga était pâle et visiblement exténué. La tête posée sur l'oreiller trempé de son lit, il reprenait à peine son souffle. Mais son regard était brillant, vif et concentré alors qu'il observait les gestes méticuleux des sages-femmes qui pratiquaient les premiers examens du nourrisson : motricité, réactivité, pesée, mesures… Livaï lui dégagea le visage d'un geste tendre et se pencha pour lui poser un baiser sur le front. Un léger sourire étira les lèvres d'Eren alors qu'il serrait doucement la main qu'il n'avait toujours pas libéré de son étreinte.

L'Oméga ne lâcha la main de Livaï que lorsque la sage-femme vint poser délicatement le nourrisson emmailloté dans ses bras tendus. L'Alpha observa avec émotion la manière qu'avait eu le visage de son partenaire de s'illuminer de l'intérieur lorsque son regard vert océan se posa sur le petit corps indolent lové contre son torse. Quoique faisait Hanji, s'était apparemment terminé car dans la seconde qui suivit, elle déclara avec enthousiasme : « Félicitations ! Vous avez une belle petite fille de deux kilos et huit cents grammes ! Elle fait environ cinquante centimètres, possède dix doigts, dix orteils et n'a absolument aucun problème physique notable ! » Livaï lui jeta un coup d'œil. Il avait détecté un léger craquement dans sa voix et fut à peine surpris de voir qu'elle avait le regard humide en dépit du large sourire qui illuminait ses traits.

Sa chevelure était encore plus en bataille que d'ordinaire, ses lunettes montées sur le haut de son crâne et même si on l'avait débarrassée de ses gants opératoires, quelques taches de sang subsistaient sur ses manches. Une énorme vague de reconnaissance empoigna le cœur de Livaï. Il n'était toujours pas capable de trouver les mots justes dans ce genre de situation mais leurs regards se croisèrent et, en tant qu'amie de longue date, il sut qu'Hanji savait à quel point il la remerciait. Pour sa présence, son expertise. Son amitié et sa loyauté. Hanji s'essuya rapidement une larme du revers de la manche puis demanda avec énergie : « Alors, quel nom doit-on inscrire sur le registre de naissance de la première Princesse ? » Eren cessa alors de contempler sa fille avec émerveillement et releva la tête vers Livaï.

Ils s'étaient déjà mis d'accord depuis des mois sur deux prénoms, un de fille et un de garçon. Livaï répondit donc avec confidence : « Elle s'appelle Cassie. » Hanji acquiesça puis quitta la pièce afin de continuer à accomplir ses devoir de Médecin impérial et annoncer la nouvelle à l'assemblée de nobles, d'amis et de membres de la famille qui attendaient impatiemment dans la salle adjacente. Les sages-femmes s'activaient autour d'eux à nettoyer et aérer la pièce.

Sans un mot, Eren tapota l'avant-bras de son Alpha pour attirer son attention. Quand Livaï lui fit face, il lui tendit le nourrisson avec détermination. Tout d'abord trop nerveux pour esquisser le moindre mouvement, Livaï tendit enfin les bras pour recueillir sa fille. Il était impossible d'anticiper l'effet que cet instant allait avoir sur le reste de sa vie avant qu'il ne le vive.

Après la mort de Kuchel, Livaï avait commencé à porter le poids de la couronne impériale. Celui de Paradise et des millions de vie qui ça impliquait. Après avoir rencontré Eren, il avait trouvé quelqu'un avec qui partager ce poids, quelque chose qui avait allégé l'écrasante réalité qui pesait sur ses épaules. Un miracle, un soulagement. Et porter la couronne ne lui avait plus sembler si terrible. Mais ça ? Ces deux kilos et huit cents grammes ? Ils avaient l'incroyable pouvoir de changer l'axe de son monde. Ce poids qui n'était rien, devint tout à coup, absolument tout. Une certitude inébranlable lui empoigna férocement le cœur. Livaï serait capable d'absolument tout, si ça signifiait que cette enfant pouvait vivre dans les meilleures conditions possibles. Brûler un pays, faire remonter l'eau d'un cours de rivière dans le sens inverse, absolument rien ne devenait impossible si ça assurait le bonheur et la sécurité de Cassie.

L'Alpha lui effleura le nez du bout du doigt, observa avec attention la façon qu'elle avait de le plisser, visiblement dérangée. Sa moue et les longs cils de ses yeux fermés. Elle était encore, naturellement, légèrement boursouflée. Et la touffe sombre de cheveux qui collaient à son crâne était humide et soyeuse. Livaï se surprit à penser qu'il n'y avait définitivement pas un être plus parfait au monde. Et qu'il était impossible qu'il fût plus heureux qu'à l'instant durant tout le reste de sa vie. Son cœur était si gonflé d'émotion qu'il avait l'impression d'être sur le point d'imploser…

Eren ricana, fatigué mais satisfait.

Livaï ne daigna même pas quitter sa fille des yeux pour lui accorder une seconde d'attention. Une part de lui savait déjà ce que l'Oméga allait dire d'une minute à l'autre. Eren ne le fit pas languir et déclara avec amusement : « Tu es un vrai tendre. Tes ennemis auraient sûrement l'impression d'être sous l'effet d'un hallucinogène puissant s'il pouvait voir la tête que tu tires actuellement ! » Comme convenu, Livaï l'ignora, entièrement absorbé par sa mission : détailler chacun des membres du nourrisson, ses orteils, ses doigts, sa main ridiculement petite, ses oreilles légèrement pointues…

Il s'estimait entièrement comblé, incapable d'accepter encore plus d'amour ou d'affection.

Mais l'Histoire prouva que contrairement à ses attentes, ce genre d'amour n'était absolument pas quantifié. Livaï éprouva exactement la même chose à la naissance de Graham deux ans plus tard ou après l'accouchement de Kelcy encore deux ans plus tard. Et quand Eren lui annonça qu'ils n'auraient définitivement pas plus de trois enfants, (prétextant même que trois étaient un chiffre divin et qu'essayer de le dépasser serait sûrement faire insulte aux Déesses), Livaï fut étonné de penser qu'il était légèrement déçu de ne plus pouvoir expérimenter ce sentiment si particulier.

Fort heureusement, élever les trois petits monstres qui partageaient à la fois ses gènes et ceux d'Eren, était un exercice qui avait très vite fait de démontrer qu'une fois de plus, son Oméga avait fait preuve d'une sagesse infinie en décidant que trois enfants était déjà plus qu'assez.

Eren

Two kilos and eight hundred grams: The weight of the universe

C'était peut-être étrange à dire mais, Eren n'avait vraiment pris conscience de sa parentalité qu'après au moins deux mois suivant la naissance de Cassie.

Et, à bien y réfléchir, il n'y avait rien d'étonnant à ça.

L'accouchement était certainement l'évènement le plus traumatique qu'il eut jamais vécu. Il avait beau aimer sa fille, (plus que sa vie), il n'arrivait pas à comprendre qu'on puisse vouloir d'autres enfants au point de s'infliger cette torture plus d'une fois. Se rétablir d'un tel traumatisme prenait un peu plus de quarante cinq jours pour le corps en bonne santé d'un Oméga aussi jeune qu'Eren. Et c'était loin d'être une mince affaire. Entre les exercices à faire pour rétablir l'élasticité de son canal, les crampes censées servir à réduire sa taille et éviter l'hémorragie d'après naissance, la fatigue et les douleurs musculaires, Eren avait la fâcheuse impression que tous les parents du monde s'étaient bien gardé de parler des réelles conséquences d'un accouchement pour éviter l'extinction de l'espèce.

Heureusement, Levi s'était avéré être le type de père qui s'investissait à 300%.

Eren avait donc eu tout le loisir de récupérer. Même si les deux à trois semaines qui avaient suivi l'accouchement avaient été les plus frustrantes de son existence. Eren était resté cloué au lit et l'allaitement était une épreuve beaucoup moins charmante que le laissait entendre les racontars des nourrices et autres sage-femmes : horaires chaotiques, douleur et inflammation, on était très loin du glamour dépeint dans les tableaux d'artistes sur la maternité. Il était néanmoins vrai que nourrir Cassie était, véritablement, un moment spécial. De communion. Qui lui rappelait pourquoi à la base, on pouvait finalement avoir envie de se torturer à donner naissance. Surtout lorsqu'elle posait sur lui son regard vert d'eau envoûtant en tétant et qu'il avait l'impression de voir son âme reflétée à travers ses iris. Brillante et chaude.

Quoiqu'il en était, la révélation de réellement être devenu un parent, lui était tombée dessus un peu par surprise.

Ce soir-là, Livaï était exténué et quand Cassie s'était mise à pleurer, Eren lui avait indiqué d'un geste de la main qu'il allait s'en occuper. L'Alpha s'était immédiatement rendormi et Eren s'était dirigé vers la nursery. Comme il faisait bon dehors et qu'il craignait que les pleurs du bébé ne finissent par réveiller Livaï, l'Oméga choisit d'aller s'installer sur le balcon avant de commencer à nourrir Cassie. La brise était douce, les feuillages tanguaient dans la nuit et dès qu'elle eut sa source de nourriture délicatement placée entre les lèvres, la petite s'était immédiatement calmée. Eren avait fermé les yeux pour profiter, encore un peu groggy au réveil.

La petite main de Cassie s'était soudain collée sur son torse, chaude et moite. Surpris, Eren avait baissé les yeux. Dans la pénombre, à peine éclairés par les rayons lunaires, il était impossible de distinguer le regard de l'enfant. Mais sur le coup, une irrésistible de vague d'affection avait déferlé dans le cœur de l'Oméga. Il avait glissé une main dans l'épaisse chevelure noire échevelée et soyeuse qui lui caressait l'avant-bras. Son poids contre son torse, sa manie d'agiter le pied légèrement quand elle se nourrissait…

Eren s'était soudain rendu compte qu'il avait mis au monde un être vivant à part entière. Un nouvel individu qui allait développer une personnalité, des habitudes. Une personne qu'il allait connaître, comme sa poche. Qui lui appartiendrait autant qu'elle se suffirait à elle-même. Un lien indéfectible.

Il avait continué de lui caresser la tête et commencé à monologuer : « Je ne sais pas vraiment comment m'y prendre, tu sais ? Il va falloir que tu me laisses un peu de temps et commettre des erreurs avant que je puisse m'en sortir. Je m'excuse d'avance. Mais tu vois, tes grands-parents, paix à leur âme, sont morts beaucoup trop vite pour que je puisse vraiment prendre exemple sur eux quant à la manière d'élever un enfant. » Il s'était souvenu de leurs rires, de ce qu'il ressentait quand ils étaient tous les trois, réunis. Et il avait continué : « Mais je me souviens qu'ils s'aimaient, vraiment. Et sur ce plan, là ? Ton père et moi, on assure. Donc, ce sera déjà ça de pris pour ton développement, non ? » Il avait marqué une courte pause.

Il souriait légèrement quand il poursuivit : « Une autre bonne nouvelle. Si tu prends ne serait-ce qu'un peu de mon caractère ? Tu iras loin dans la vie, personne ne pourra t'arrêter. » Il l'avait observé un moment puis avait déclaré : « Tu ressembles tellement à ton père que c'est difficile d'imaginer que tu puisses te comporter comme moi ! Tu peux lui faire confiance, tu sais ? Je l'ai choisi ! Il sait tout faire ! En revanche, évite de l'énerver, il est super flippant quand il s'énerve. » Il avait pris une inspiration puis avoué à voix basse : « Tu n'as pas encore conscience de ce que je vais t'avouer, et c'est sûrement pour ça que c'est plus facile à dire : tu es ma plus belle réussite. Et, si en grandissant, il t'arrive de douter, rappelles-toi que tu es ma fille. On est plutôt bon quand il s'agit d'obtenir ce qu'on veut dans la famille… » Il l'avait serré un peu plus fermement dans ses bras.

Il lui restait tant de choses à accomplir. Mais si, finalement Cassie pouvait hériter d'un monde meilleur, d'un monde où elle trouverait bon de vivre, tous les sacrifices n'étaient pas si coûteux en définitive.

**C*i*N*d*I*r*E*l*L*a**C*o*M*p*L*e*X**

The Legendary Paradise Empire

Il était une fois, l'Empire de Paradise.

Une terre digne des plus grands contes, des plus folles légendes. Un territoire empli de magie véritable, où le peuple vivait heureux sous la coupe d'une famille impériale privilégiant le progrès, l'éducation et le bien-être social. Où l'armée était si puissante qu'aucun autre pays n'osait ouvertement se déclarer leur ennemi. Une terre d'acceptation où chacun, quelque fusse son origine, sa classe sociale, était considéré. La patrie qui offrait les meilleures perspectives : l'école pour tous, l'obtention de richesse et/ou de gloire selon le mérite… Il était possible d'y rencontrer des créatures mythiques ou des monstres, ses forêts luxuriantes abritaient de nombreux Esprits et les aventuriers les plus téméraires pouvaient y chercher des trésors anciens d'une valeur inestimable. C'était un pays d'Histoire, de culture, puissant et rayonnant.

L'empyrée terrestre.

Pourtant, ce n'était ni de son impressionnante Académie ou de ses victoires militaires dont on parlait en premier lorsqu'on parlait de Paradise.

Non, ce qu'on retenait vraiment de l'Empire, ce qui s'était définitivement inscrit dans la mémoire collective, c'étaient les histoires concernant le légendaire Empereur Livaï et son encore plus légendaire Impératrice Eren. On parlait de leur rencontre, lors de la fameuse Sélection ayant lieu au palais impérial. On parlait de la disparition de l'Oméga Jaëger, de son retour nimbé de mystère et de magie après le couronnement de son amant. De l'incroyable et immense jardin que l'Empereur avait offert à sa moitié pour fêter leurs cinq ans de mariage. Du fait que l'Impératrice avait fait tomber la neige par magie pour fêter les trente ans de son époux. On chantait l'inébranlable loyauté et le respect qui les unissaient : le premier Empereur à refuser de se constituer un harem, un choix aberrant à l'époque.

La légende la plus répandue et la plus incroyable concernait le fait que de leur vivant, ils disparaissaient toujours un mois par an. Même dans les plus lointaines contrées on se racontait des histoires narrant les aventures inédites du couple impérial le plus puissant du monde quand, d'avis commun, ils jouaient les mercenaires afin de combattre, sans restreinte, toutes les injustices qui croisaient leur chemin.

A Paradise, même longtemps après que le couple impérial se fut éteint, on continuait de raconter leurs exploits. On continuait de croire que leurs âmes veillaient sur l'Empire. Par ailleurs, il était de notoriété publique que tout habitant de Paradise, en cas de danger, ou face à l'injustice, s'il faisait les offrandes nécessaires aux trois Déesses, pouvait bénéficier de l'aide de deux mystérieux condottières impériaux masqués.

Une fois le mal vaincu ou l'affront réparé, ils disparaîtraient dans la nuit, main dans la main.

The END


TADAAAAAM

Alors qu'en avez-vous pensé? Il ne manque au tout qu'un passage hot qui m'a tellement torturé que j'ai décidé de le cut...Je le regrette et j'aurais peut-être à un moment donné la foi et le courage d'écrire une sorte d'extra smut avec les 4 pages que j'avais déjà commencé à écrire...

Sinon, quelle petite histoire vous a le plus plu? Qu'est-ce que vous auriez aimé voir? Etiez-vous touché?

J'espère que ce petit épilogue va pouvoir aider à leur dire au revoir comme il se doit. Et que j'ai pu vous offrir quelques lignes de rêveries satisfaisantes!

Plein de love, Maman Chat