Je ne possède aucun des personnages de la série TV.

Un recueil de textes courts sur l'univers de l'Agence tous risques (A-Team) nous plongeant dans un instant ou une pensée des protagonistes de l'histoire

Ce texte a été publié pour un défi bromance et j'ai décidé de le publier dans son fandom pour plus de lisibilité.

Saison 5 Episode 10

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


Des émotions qui débordent

Futé était désemparé, en colère, bouleversé par ce que Looping venait de lui dire. Il savait, il savait que cet homme était son père, mais il ne lui avait rien dit. Pire ! Il en avait parlé à Stockwell, à ce salopard qui les manipulait pour en faire ses pions, les menaçant du peloton d'exécution s'ils ne l'aidaient pas.

Futé était désespéré. Il se sentait abandonné, trahi, mais quand il le repoussa un peu fort et que son ami s'écroula par terre, il se sentit honteux aussi… son cœur se serra devant ses explications. Looping n'avait jamais été aussi lucide, mais il le savait bien qu'il n'était pas vraiment fou lui… et il avait raison. Il avait laissé une chance à son père de lui dire lui-même la vérité. Il avait appelé Stockwell parce qu'il avait les bases de données pour vérifier. Ce n'était pas contre lui, c'était pour lui qu'il ne lui avait rien dit.

Un long frisson remonta le long de son échine. C'était injuste de s'en prendre à lui. Ce n'était pas lui qui l'avait abandonné… Non lui, il était ce meilleur ami, ce frère trouvé dans l'enfer du Vietnam et qui avait toujours été là pour lui… comme aujourd'hui… En parvenant à contenir une partie des émotions qui se déchaînaient en lui, il fit un pas dans sa direction et murmura pour s'excuser.

- Ecoute Looping…

En face de lui, son ami baissa les yeux sur sa casquette, la triturant tout en répliquant.

- Ah non ! Ce que j'ai toujours aimé chez nous deux, c'est que lorsqu'on se dispute, il n'y a pas besoin de grands mots d'excuse. Alors ne le fait pas.

Non, Looping ne pouvait pas le laisser faire de toute façon. Il ne pouvait pas le laisser s'excuser pour ça, pour tous ses traumatismes de gosses qui étaient remontés d'un coup à la surface avec brutalité, jaillissant sans qu'il ne puisse les contrôler. Il était touché d'ailleurs de voir à quel point son ami continuait d'en souffrir avec la même douleur qu'au premier jour, même s'il n'en parlait jamais. Mais il le comprenait, ne pas connaître ses parents, être rejeté, déposé comme un paquet à l'âge de cinq ans devant la porte d'un orphelinat, tellement traumatisé qu'il n'en connaissait plus son nom… ça ne pouvait pas s'effacer ces choses-là. Alors non, il refusait de l'entendre s'excuser…

Futé garda la bouche ouverte. Les mots d'excuse venaient tout seul, mais Looping ne voulait pas les entendre et lui qui avait misé toute sa vie sur son sourire et ses mots ne savait plus quoi faire. Il ne pouvait pas s'excuser de cette manière, cependant, il se sentait de plus en plus mal de l'avoir rejeté et de lui avoir parlé comme il venait de le faire. Il ne voulait pas s'en prendre à lui. Il était son ami, son frère et il fit un pas vers lui, hésitant sur chaque mot qu'il prononça sans le regarder dans les yeux.

- D'accord… Je… Je ne dis rien… mais est-ce que tu m'autorises ?

Looping ne répondit pas et Futé finit de se rapprocher de lui. Il passa un bras derrière son cou et lui donna une accolade… une accolade fraternelle qui était bien plus parlante que tous les mots qu'il pouvait lui dire. Murdoch sentit ses hésitations, ses tremblements et noua ses bras en retour autour du corps de son ami tout en se penchant sur lui. Futé frissonna un peu plus, mais fut touché qu'il ne le rejette pas et un dernier tremblement eut raison de sa volonté. Les larmes lui montèrent aux yeux sans qu'il ne puisse les retenir. Il plaqua son front contre l'épaule de son ami et les laissa couler silencieusement. Comment il pouvait encore avoir aussi mal à l'âge qu'il avait ? Comment il pouvait pleurer la mort d'un père qui l'avait rejeté ? Qui n'avait pas eu le courage de lui parler ?

Même sans le moindre sanglot, Looping comprit qu'il pleurait et resserra ses bras autour de son ami, posant doucement sa main sur sa nuque. Il était touché qu'il se laisse aller dans ses bras, cela prouvait qu'ils étaient toujours frères et que cette affection qu'il avait l'un pour l'autre était différente de tout le reste. Montrer ses failles et ses douleurs étaient difficiles pour Templeton Peck, il ne le faisait pas devant n'importe qui et le murmure qu'il laissa échapper entre deux sanglots, lui confirma.

- S'il te plaît, on ne dit rien aux autres pour le moment.

Looping hocha la tête.

- Je ferais ce que tu voudras, pas de soucis, Futé.

- Tu comprends, il est mort de toute façon, ça ne changera rien.

- Sauf que tu as une sœur…

Dans ses bras, il sentit son ami frémir. Une sœur… Un mot étrange qu'il ne pensait jamais prononcer pour lui. Une sœur… C'était pourtant vrai. Helen était sa sœur, sa petite sœur…

- J'ai une sœur…

Un sanglot plus dur le fit trembler.

- Oui et elle est là, vous vous entendez déjà, tu as enfin une famille tu sais.

- J'en ai déjà une, je vous ai, vous…

- Alors on va dire qu'elle s'agrandit.

Futé sourit et se détacha doucement des bras de son ami. D'une main, il essuya ses dernières larmes sur ses joues et se recomposa un visage plus présentable sur lequel resta néanmoins une ombre.

- S'il m'a suivi même de loin, est-ce que tu crois qu'il savait ce qu'on pouvait vivre dans cet orphelinat ?

- Je ne sais pas, souffla Looping, comprenant entre les mots de son ami que tout n'avait pas été aussi idyllique qu'il aimait le dire quand il en parlait ; cela n'aurait pas dû l'étonner de toute manière.

- Parce que tu sais… il y avait aussi des jours terribles.

- J'imagine que personne ne le sait vraiment tant qu'il n'est pas rentré dedans.

- C'est vrai… On retourne vers les autres ?

Looping ouvrit la bouche, étonné, mais Futé avait reprit son air normal et taquin, il était vraiment doué pour se cacher derrière un masque, pour enfouir ses douleurs et ne les garder que pour lui. Alors il hocha la tête.

- Oui, on y retourne.

Toute cette histoire n'était pas encore terminée.