Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de Enlightenedkitty. Je ne fais que traduire…

Chapitre six.

Hermione fixait la carte, l'esprit en ébullition. Si Snape n'était qu'à quelques kilomètres, ça voulait dire que Voldemort était là lui aussi, ce qui signifiait que Dumbledore s'était trompé et que c'était un piège après tout. Et que Snape devait avoir de sérieux problèmes.

Merde.

Levant les yeux, elle vit que l'homme qu'ils avaient repéré précédemment était toujours là, mais maintenant il avançait vers elle.

Merde !

Elle décida que la meilleure chose à faire était de Transplaner jusqu'à Poudlard pour en parler avec Dumbledore. Il saurait quoi faire. Elle ferma les yeux et se concentra, mais rien ne se passa. Confuse, elle rouvrit les yeux et vit la ruelle blafarde et enneigée, et l'homme qui avançait vers elle. Une fois encore, elle essaya de Transplaner, et une fois encore rien ne se passa.

Merde, et re-merde !

Elle commença à avancer rapidement vers le mur qui séparait la communauté magique du monde moldu, en réfléchissant à sa situation. Elle était dans une ville peu accueillante qu'elle ne connaissait pas, quelque chose l'empêchait de Transplaner, un homme la suivait, Snape était peut-être déjà mort, et elle n'avait pas le moindre moyen de contacter qui que ce soit. Ses options étaient pour le moins limitées.

Une chose à la fois, il fallait d'abord qu'elle se débarrasse de cet homme qui lui donnait la chair de poule. Elle traversa le mur, et plongea dans une autre rue. Elle se dit qu'elle avait deux possibilités : la Métamorphose, ou un Sortilège d'invisibilité. Elle choisit la deuxième, qui lui permettrait de continuer à se servir de sa baguette. Approchant d'un autre croisement, elle ralentit un peu, s'assurant que son poursuivant voie dans quelle rue elle s'engageait.

Dès qu'elle eut tourné, Hermione murmura son sort d'invisibilité et fit rapidement un pas de côté, pour qu'il ne lui rentre pas dedans par inadvertance. Elle leva sa baguette, et attendit.

« Stupéfix ! » s'écria t'elle dès qu'il fut bien dans son champ de vision.

Le sort le frappa en pleine poitrine, et il s'écroula immédiatement. Elle se précipita vers lui, le traîna dans la ruelle, et murmura un rapide sortilège qui dissuaderait les moldus, ou les créatures magiques les plus faibles, de s'approcher. Ensuite, elle se débarrassa de son sortilège d'invisibilité, et pointa sa baguette vers l'homme, murmurant un autre sort. Une corde solide sortit de l'extrémité de sa baguette et alla s'enrouler autour de la silhouette inconsciente étendue au sol. Elle sortit son kit de potions, et sélectionna la petite fiole marquée 'Véritasérum', quelque chose dont elle ne pouvait se passer en tant qu'Auror. Elle en administra trois gouttes à l'inconnu avant de ranger le reste avec soin, et de pointer de nouveau sa baguette vers lui.

« Enervatum ! »

L'homme grogna et essaya de lutter contre ses liens. Hermione l'aida à s'asseoir. Il la regarda, inexpressif, les yeux un peu vitreux.

« Qui êtes-vous ? » interrogea t'elle.

« Sergei Kirpichov. »

« Pourquoi est-ce que vous me suivez ? »

« On m'a demandé de vous suivre, vous et votre compagnon. »

« Qui vous l'a demandé ? »

« Vasily Borodin. »

« Vasily ? » elle fouilla dans sa poche pour y trouver une copie de la photo que Snape lui avait donnée avant qu'ils ne partent. « Est-ce que vous parlez de lui ? »

Ses yeux fixèrent la photo un moment avant qu'il ne réponde, « Oui. »

Mais bordel, qu'est-ce qui se passe ?

« Est-ce qu'il y a eu des Mangemorts dans la région récemment ? Des sorciers en robes noires portant des masques ? »

« J'en ai vus beaucoup. Nous ne savons pas qui ils sont, et ils nous font peur. Ils ont dit que si on vous parlait à vous ou à votre ami, ils nous tueraient nous et nos familles. »

« Est-ce que Dmitri Borodin est impliqué dans tout ça ? »

« Les hommes en robes noires habitent chez Dmitri. »

« Est-ce que vous avez vu Vasily avec ces robes noires ? »

« Non. Vasily déteste les robes noires, et il déteste son père parce qu'il est l'un d'entre eux. C'est pour ça que son père le cherche, parce qu'il refuse de rejoindre les robes noires. »

« Est-ce que vous m'emmènerez jusqu'à Vasily ? »

« Oui. Je dois vous amener à lui avant que vous ne parliez à sa famille. »

Si elle pouvait parler à Vasily, il pourrait peut-être l'aider à régler toute cette affaire. « Très bien. Menez-moi à lui maintenant. »

Elle murmura quelques mots, et les cordes qui l'attachaient glissèrent et disparurent. Il se leva et s'éloigna, se retournant pour s'assurer qu'elle le suivait. Après quelques bifurcations, ils arrivèrent dans une rue bordée de maisons quelconques. Il en désigna alors une en particulier, une maison blanche à deux étages. La peinture s'écaillait et la pelouse n'était pas entretenue. Ils montèrent quelques marches vers le porche.

Sergei frappa deux coups à la porte d'entrée, qui s'ouvrit quelques instants plus tard pour révéler une petite femme blonde, d'une quarantaine d'années. « Sergei Fyodorovich, où est-ce que tu étais passé ? Tu as vu l'heure ? Est-ce que c'est elle ? La femme anglaise ? »

« Oui, c'est elle. Je les ai suivis elle et son compagnon, mais lui est reparti. »

« D'accord, » répondit la femme, en ouvrant grand la porte pour laisser Hermione et Sergei entrer dans la maison. Passant à côté d'un escalier, elle les mena vers un petit salon, où elle demanda à Hermione de les attendre. Sergei la suivit ensuite à l'étage.

Hermione inspecta la pièce. Deux fauteuils usés jusqu'à la corde, et un canapé tout aussi fatigué faisaient face à la cheminée allumée. Quelques photos de famille en noir et blanc, inanimées, étaient accrochées au mur. A part ça, la pièce était vide. Elle s'assit et fit la seule chose qu'elle pouvait faire : elle attendit.

&&&&&&

Snape regarda rapidement autour de lui après avoir Transplané. Il se tenait dans une cour, couverte de neige. L'endroit lui paraissait familier, mais il avait visité des tas d'endroits comme celui-ci ces neuf dernières années. Il vit quelques silhouettes en noir qui parlaient en chuchotant, le dévisageant, et une autre silhouette qui avançait à grands pas vers lui, Lucius Malefoy.

« Lucius, » salua t'il d'un ton sourd.

« Severus, mon vieil ami, » répondit-il, son dégoût tout aussi apparent. « Il veut te voir immédiatement. »

Il hocha la tête, chassant toute pensée de son esprit, et suivit Lucius à l'intérieur de la propriété. Ils montèrent à l'étage et Lucius s'arrêta devant une grande porte.

« Attends, » ordonna t'il à Snape avant d'entrer.

Snape attendit patiemment, et Lucius réapparut quelques instants plus tard pour lui faire signe d'entrer. La pièce était très vaste, peut-être une salle de bal se dit Snape, et il y avait un grand nombre de chaises et de tables un peu partout. Il suivit Lucius à travers la pièce sombre, parvenant finalement à distinguer la forme du Seigneur des Ténèbres dans un grand fauteuil. Peter Pettigrow se tenait à ses côtés, les regardant tous les deux approcher.

« Severus, c'est tellement aimable à toi de venir nous rejoindre, » siffla Voldemort, et Snape sentit les yeux rouges le transpercer.

« Monseigneur, » répondit Severus en s'agenouillant pour baiser le bas de la robe de Voldemort, avant de faire un pas en arrière et de se relever.

« Quelles nouvelles m'apportes-tu de Poudlard ? »

Snape passa rapidement en revue les informations que Dumbledore avait accepté qu'il transmette en tant que désinformation, choisissant de répéter quelque chose que Voldemort saurait probablement déjà. « Il y a beaucoup de remue-ménage au Ministère, entre Fudge et Dumbledore, et également Potter. La rumeur dit que Potter va essayer de renverser le Ministère et qu'il est la marionnette de Dumbledore. »

Voldemort regarda Snape avec attention, sans rien dire. Ce fut Pettigrow qui répondit le premier.

« Nous savons déjà ça, Snape. C'est dans la Gazette du Sorcier tous les jours. »

Snape lui adressa un air mauvais, et se retourna vers Voldemort, disant, « Monseigneur, peut-être que je pourrais convaincre Dumbledore de… »

« De quoi ? » l'interrompit la voix glaciale. « De te donner plus de fausses informations à venir me répéter ? »

Il sait.

Le cœur de Snape se serra dans sa poitrine alors qu'il réalisait la situation, même si son attitude ne trahit pas ses émotions. Peut-être qu'il pouvait toujours s'en sortir. « De fausses informations ? Monseigneur, je ne ferais jamais volontairement une chose pareille. Si je reçois de Dumbledore pareilles informations, je le tuerai de mes mains. »

« C'est une chose que tu aurais dû faire il y a des années, Severus, » intervint Malefoy. « Sans ce vieux fou, le Ministère se serait écroulé il y a bien longtemps. »

« Mais Monseigneur… »

« J'adorerais jouer ce genre de jeu avec toi, Severus, malheureusement je n'en ai pas le temps. » Il marqua une pause, plissa ses yeux rouges en levant sa baguette vers Snape. « Tu avais tellement de potentiel, et pourtant tu l'as gâché. Je vais aimer ça. Endoloris. »

Le moment sembla étrangement irréel à Snape. Le temps ralentit, et il regarda Pettigrow, ce stupide Queudver, qui riait. Snape se souvint de la chance qu'il avait eu il y avait toutes ces années de tuer Pettigrow, et de la façon dont il l'avait laissée passer à cause de sa haine pour Harry Potter. Malefoy, le sournois et vicieux Malefoy. Combien de fois avait-il prétendu être l'ami de ce salaud ? Combien de fois avait-il fermé les yeux sur ce que faisait son salaud de fils ? Et il regarda son soi-disant maître, Voldemort, ses yeux rouges qui contrastaient avec son visage pâle, les narines palpitantes alors qu'il affichait ce sourire mauvais.

Snape pensa à Dumbledore – son ami, son seul véritable ami – et à McGonagall – dont il appréciait la compagnie de temps en temps, s'il était tout à fait honnête avec lui même – et à Poudlard – à ses chers cachots, sa seule véritable maison. Si c'était ça, sa vie qui défilait devant ses yeux, il ne voulait pas la voir, parce qu'il l'abhorrait plus encore que Voldemort et tous ses Mangemorts réunis.

Le Doloris faisait toujours souffrir Snape plus que ce à quoi il s'attendait. Chaque nerf de son corps hurla de douleur, et il tomba à genoux, utilisant tout son sang-froid pour ne pas hurler, pour ne pas demander grâce. Il tomba en avant, prit appui sur ses bras, le front touchant le sol, sentant approcher la quiétude de l'inconscience. Mais brutalement la douleur lancinante s'arrêta pour ne laisser qu'une souffrance assourdie qui le balayait par vagues. Il roula sur le côté, essayant de reprendre son souffle, l'estomac retourné.

« Quelles nouvelles de Dmitri ? » demanda Voldemort.

« Rien encore, Monseigneur, » répondit Lucius. « Il a mis en place le piège, et ce n'est qu'une question de temps avant qu'elle ne morde à l'hameçon. »

« Severus, dis-moi où est la fille, et j'envisagerai de te tuer immédiatement, pour t'épargner cette douleur. »

Hermione.

« Je vais te donner un moment pour te décider. »

Une autre vague de douleur le traversa, et Snape hurla, et se roula en boule avant que l'obscurité ne l'emporte.

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Hermione s'affaissa dans son fauteuil, se sentant soudain très fatiguée. Elle leva une main pour masser sa nuque nouée, étouffant un bâillement. Elle se leva d'un bond quand Vasily Borodin entra dans la pièce.

« Hermione Granger, » dit-il, en la regardant attentivement. Elle prit le temps d'en faire autant, puisqu'elle n'en avait pas eu l'occasion plus tôt dans la semaine. Il était grand, bien plus grand qu'elle, et il avait des épaules larges et solides. Ses cheveux noirs n'étaient pas noirs finalement, mais d'un brun très foncé, et il avait les yeux d'un bleu glacier. Elle regretta qu'il n'ait pas été son professeur d'Arithmancie, et se demanda combien d'élèves – garçons et filles – suivaient ses classes juste pour son physique à tomber par terre.

Elle s'éclaircit la gorge. « Vasily Borodin. »

Il s'assit sur le canapé, à distance d'elle. « Je suppose que vous voulez savoir ce qui se passe ? » Elle acquiesça, le laissant continuer. « Je suis arrivé ici tard, mardi soir, et mon ami Sergei Fyodorovich m'a intercepté avant que je ne puisse aller chez mon père. Il m'a dit que ma maison n'était pas sûre à cause des Mangemorts. »

« Alors vous êtes là depuis mardi ? »

« Oui, je me cache, mais mon père est à ma recherche. »

« S'il sait que vous êtes là, pourquoi a t'il envoyé ce hibou à Dumbledore ? » se demanda t'elle à voix haute, et Vasily haussa les épaules. « Merde ! C'est parce qu'il savait que Dumbledore enverrait Snape à votre recherche ! »

« Snape ! Il est là ? »

« Oui, et il court un grave danger. Je crois qu'il est entre les mains de Voldemort, maintenant. »

Vasily acquiesça lentement, mais avant qu'il ne puisse répondre, Sergei était de retour. « Vasily, il faut qu'on se dépêche si on doit partir bientôt. »

« Partir ? Où allez-vous ? Il faut qu'on retrouve Snape ! »

« J'ai bien peur que de sauver le professeur Snape ne soit pas sur la liste des choses à faire aujourd'hui, » affirma sournoisement Vasily en sortant sa baguette pour la pointer vers elle. « Mais rassurez-vous, vous n'allez pas tarder à le rejoindre. »

Elle le regarda, surprise. « Mais, que… »

« Le Seigneur des Ténèbres désire votre présence, et je serai récompensé en revenant avec vous. »

Comment est-ce que tu as pu être aussi stupide ! Tu es entrée dans leur piège sans réfléchir ! Se reprochait-elle intérieurement. Ce n'est pas le moment, tu ferais mieux de réfléchir à la façon dont tu vas t'en sortir.

Sergei avait l'ait aussi surpris qu'Hermione, et il protesta, « Mais Vasily, tu ne peux pas être avec les robes noires ! »

L'autre russe eut un sourire mauvais, une lueur traversa ses yeux bleus, et il tourna sa baguette vers son ami. « C'est là que tu te trompes. Avada Kedavra. »

Une lumière verte sortit du bout de la baguette de Vasily, et Sergei s'écroula immédiatement. Pendant cette brève distraction de Vasily, Hermione sortit sa baguette de la poche de sa veste et la dirigea vers lui.

« Expelliarmus ! » s'écria t'elle, attrapant sans problème sa baguette qui vola vers elle. Elle fit un pas de côté quand il se leva et se mit à avancer vers elle. « Stupéfix ! »

Le sort le frappa à l'épaule, le faisant retomber sur le canapé. Elle savait qu'il n'était pétrifié que momentanément, et elle se précipita vers la porte, pendant que Vasily appelait la femme en essayant de se relever.

« Alohomora ! » cria t'elle, pointant sa baguette vers la porte d'entrée. Elle entendit la femme dans les escaliers, et lança un autre Stupéfix sans regarder, continuant à courir. Elle arriva à la porte et tâtonna un instant, réussissant finalement à l'ouvrir.

Aussitôt le seuil franchi, elle se Métamorphosa et plongea dans la haie, courant jusqu'à la maison voisine, ou elle s'arrêta, se retournant pour voir ce qui se passait. Vasily sortit un moment, regarda des deux côtés de la rue, parla avec colère à la femme qui l'avait rejoint sur le porche, avant qu'ils ne se rentrent tous les deux, en claquant la porte.

Elle attendit quelques minutes avant de traverser la pelouse. Elle se dirigea vers l'est, vers la sortie de la ville. Elle savait qu'elle était seule maintenant, et qu'il fallait qu'elle retrouve Snape. Elle savait aussi qu'elle s'aventurait totalement à l'aveuglette, sans vraiment savoir à quoi elle allait devoir faire face. Hermione rassembla tout son courage de Gryffondor en trottinant, simple chat gris ordinaire qui courait dans la rue à la nuit tombée.


merci à alys, Maria, Camerata, Lucie , et la lectrice pour leurs reviews. benebu