Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de enlightenedkitty. Je ne fais que traduire.
Chapitre sept
Snape gémit et ouvrit les yeux dans le noir. Il roula un peu sur le côté, sentant le sol sale et froid sous lui. Il ferma de nouveau les yeux, la tête dans un étau. Un haut-le-cœur souleva son estomac vide. Après que cette nausée soit passée, il se força à s'asseoir. Seule une faible lumière parvenait dans la pièce, passant sur les pourtours de la porte.
Il évalua son état, essayant de déterminer l'exacte étendue de ses blessures. Après qu'il se soit évanoui la première fois, quelqu'un, Malefoy ou Pettigrow, l'avait réveillé d'un Enervatum, afin que Voldemort puisse lui envoyer un autre Doloris. Ensuite, la deuxième ou la troisième fois, on l'avait laissé tomber dans les pommes sans plus le déranger. Sa cheville gauche le lançait, et avait l'air gonflée, et il essaya un simple sort pour la soulager, mais rien ne se produisit. Il fronça les sourcils, ne sachant si le sort avait échoué parce qu'il n'avait pas sa baguette, ou parce qu'il y avait une barrière anti-magie dans la pièce. Il essaya de nouveau, concentré, mais une fois de plus sans résultat.
Il se leva prudemment, laissa échapper un cri et manqua de tomber quand il appuya son poids sur sa cheville. Il se concentra pour laisser passer sa douleur, avant de parvenir à boitiller jusqu'à la porte. Il pressa son oreille sur le bois, mais n'entendit rien. Il retourna vers le mur, toujours en boitillant, s'assit lentement, et se mit à réfléchir.
De toute évidence, Voldemort le gardait en vie pour une raison ou une autre, même si Snape ne pouvait pas totalement écarter la possibilité que ce soit tout simplement pour le torturer plus encore. Quelqu'un viendrait l'interroger dans peu de temps, même s'il n'avait rien d'intéressant à dire, puisque que Dumbledore le gardait volontairement ignorant de certains faits, dans l'éventualité d'une telle situation. Non pour la première fois, Snape se réjouit de la prévoyance de Dumbledore.
Il resta assis au sol, rassemblant ses forces, et finit par s'assoupir.
Il se réveilla en sursaut quand la porte s'ouvrit à la volée, claquant, et laissant entrer une lumière aveuglante. Son cerveau repartit à plein régime, et finalement il se concentra sur la silhouette de Lucius Malefoy et d'un autre Mangemort, Avery probablement. Tout son corps le lançait, même si la douleur était plus supportable maintenant.
« Réveille-toi, Severus ! J'ai quelque chose pour toi ! » cria Lucius avec un rictus mauvais. « Attrape-lui les bras. » Avery se saisit des bras de Snape, et l'immobilisa pendant que Malefoy sortait une petite bouteille en avançant vers eux. « J'ai bien peur que nous ne devions avoir une sérieuse conversation, Severus. »
Il essaya de se libérer d'Avery, qui ne l'en tint que plus fermement. Malefoy attrapa Snape par la nuque et porta la bouteille à ses lèvres, le forçant à boire. Snape toussa, essaya de cracher, mais il sentit que le breuvage commençait à faire effet, que ses défenses mentales cédaient peu à peu. Il retomba sur Avery, qui le laissa percuter le mur. Son esprit analysait machinalement la composition de la potion, disséquant chaque élément du goût.
Trop de sang de dragon, pas assez de plumes de Jobarbille. On dirait que Drago perd la main pour les potions, ou alors Lucius a eu ça ailleurs.
Lucius fit un pas en avant, souriant. « Comment te sens-tu, Severus ? »
Sa bouche s'ouvrit contre sa volonté, malgré son désir de garder le silence. « J'ai peur. » Il faillit ajouter qu'il n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie, mais il se rendit compte qu'il était capable de dire une vérité partielle sans se sentir forcé de dire la vérité toute entière.
« Bien. Quand as-tu commencé à travailler pour Dumbledore ? »
« Quand Voldemort est mort, j'ai commencé à travailler à Poudlard. » Même s'il y avait déjà un moment que j'espionnait pour lui.
« En tant qu'espion ? »
« Oui. » Et Maître de Potions, n'oublions pas.
« Est-ce que tu as fait ça pour échapper à Azkaban ? »
« Oui. » Entre autres.
« Quels sont les plans de Dumbledore, en ce moment ? »
« Je n'en sais rien. » C'est la vérité. Dumbledore et sa saleté d'Ordre du Phénix. Je suis toujours le dernier au courant de tout.
« Tu ne sais pas ? Comment peux-tu ne pas savoir ? »
« Dumbledore ne me laisse entendre que de fausses informations, pour que je ne puisse pas trahir ses secrets. » A quoi est-ce que tu t'attendais ?
Malefoy fronça les sourcils. « Pourquoi est-ce qu'Hermione Granger travaille à Poudlard ? »
« Harry Potter s'est disputé avec Cornélius Fudge, et il a envoyé Granger à Poudlard en punition. » Granger ! Ma punition… ou ma pénitence.
« Il n'y a pas de plan secret en ce moment qui impliquerait Poudlard dans une campagne contre Voldemort ? »
« Je ne sais pas. »
Malefoy fit une grimace et se détourna pour faire les cents pas. « Est-ce que tu sais la moindre chose, espèce de petit merdeux pathétique ? » marmonna t'il. « Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? »
« Tu pourrais me laisser m'enfuir, et on oublierait tout ce qui vient de se passer. » Oups, ça m'a échappé.
« Tu te crois drôle, pas vrai ! » écuma Malefoy. Il traversa la pièce et frappa Snape du revers de la main. Sa tête cogna violemment contre le mur, et le sang se mit à couler de l'entaille qu'il avait au dessus de l'œil droit. Il s'écroula, à quatre pattes, et Malefoy lui donna des coups de pied dans les côtes, sa respiration se faisant plus courte et haletante. « Avery, attends-moi dehors. »
Avery haussa les épaules et quitta la pièce en fermant la porte derrière lui. Lucius afficha un sourire mauvais, se débarrassa de ses robes, et se mit à avancer vers Snape.
« Il y a bien longtemps que j'aurais dû avoir cette conversation avec toi, Severus. »
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Hermione cheminait prudemment vers le vieux château, restant dans les ombres et les creux du paysage, utilisant ses sens félins exacerbés pour éviter toute rencontre. Elle se glissa dans la maison derrière un Mangemort. Elle le suivit dans la cuisine, et se cacha sous une table, dans un coin.
« Où est-ce que tu étais ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Ce crétin qui prétendait être Vasily l'a laissé s'échapper. Ne t'inquiète pas, nous la retrouverons. »
« Elle ne doit pas s'échapper, c'est important, Dmitri. »
« Je comprends. Et son compagnon ? »
« Ne t'en fais pas pour lui. Lucius s'occupe de lui en ce moment, dans les cachots. »
« Excellent. Et pour mon fils ? »
« Il est ici aussi. Il dort. »
« Je voudrais le voir. »
« Plus tard, peut-être. Le Seigneur des Ténèbres voudrait te voir, au sujet des réjouissances de ce soir. »
« Bien sûr. Tout a été préparé à l'avance, évidemment. »
Elle entendit leurs pas s'éloigner, et commença à chercher l'accès aux cachots. Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver le long passage qui descendait sous le château. Elle descendit lentement le couloir sinueux, jusqu'à ce qu'elle se retrouve dans une impasse. Elle laissa ensuite ses oreilles la guider, et elle passa la tête avec précaution au bout du couloir à sa droite, où elle vit un homme immense appuyé contre le mur à l'autre bout. Elle regarda ensuite de l'autre côté, mais il n'y avait rien, seulement un couloir vide. Elle recula la tête, pour réfléchir.
Malefoy devait être dans la pièce, et celui-ci montait la garde. Elle ne savait pas combien d'autres pouvaient être à l'intérieur avec Malefoy, elle devrait donc se débarrasser de celui-ci sans alerter les autres sur sa présence. Ça demandait un peu de réflexion.
Elle passa de nouveau la tête au bout du couloir, et miaula. Le Mangemort la regarda, et quand elle miaula une nouvelle fois, il fronça les sourcils. Elle se mit à avancer vers lui, remuant la queue comme en signe d'invitation. Il commença à avancer lui aussi, et elle revint sur ses pas en courant. Elle se métamorphosa, la baguette levée quand il tourna dans le couloir.
« Stupéfix, stupéfix ! » dit-elle tranquillement. Les deux sorts le touchèrent avant qu'il ne puisse réagir. Il tomba, son corps fit un petit bruit sourd en touchant le sol. Elle avança rapidement, et se préparant à combattre, elle pointa sa baguette vers la porte en énonçant doucement, « Alohomora.»
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Malefoy pausa au milieu d'un coup de poing en entendant le bruit, regardant la porte par dessus son épaule. Il retourna les yeux vers le visage ensanglanté de Snape, voyant un sourire commencer à s'y dessiner.
« Avery ? » appela Malefoy, remontant le bras pour ajuster son prochain coup de poing à Snape. « Pourquoi est-ce que tu souris ? »
Snape était prêt cette fois, et il saisit le poing de Malefoy avant qu'il ne touche son visage, plantant ses ongles dans sa peau, savourant l'air choqué de Malefoy.
« Parce que je vais aimer ça. »
Il tordit violemment le bras de Malefoy, le forçant à se retourner, et passa son autre bras autour de sa gorge. Malefoy se mit à lutter, ses mains tirant sur le bras de Snape, essayant de se libérer. Snape raffermit sa prise et tourna, entendant la nuque craquer. Il le lâcha, et regarda le corps de Malefoy tomber au sol.
Il inspira profondément et s'appuya contre le mur, soudain épuisé, la montée d'adrénaline quittant son corps. Il prit soudain conscience d'une autre présence dans la pièce, de quelqu'un qui le regardait depuis la porte. Il leva les yeux, se fichant de savoir si c'était un autre Mangemort, de savoir s'il allait vivre ou mourir, de savoir quoi que ce soit. Puis soudain, il réalisa qu'il voulait vivre, tout au moins assez longtemps pour faire entendre à Dumbledore son opinion pour l'avoir mis dans une situation qui faisait finalement qu'il devait encore sa vie à un Gryffondor.
« Miss Granger, » dit-il, avec autant d'ironie qu'il put en rassembler, « c'est tellement noble, courageux et Gryffondor de votre part d'être venue à mon secours. »
Hermione se tenait là, un peu choquée, ne parvenant pas à croire qu'elle venait de voir son ancien Professeur de Potions tuer un autre sorcier, et à mains nues encore. Elle ressentait un drôle de mélange d'admiration et de dégoût, assaisonné d'un peu de compassion aussi. Son accueil l'aurait mise en colère en temps normal, mais à ce moment là, quand elle regarda dans ses yeux noirs, elle vit ce qu'il y avait derrière ses mots. Elle le vit lui, le vit vraiment. Et elle comprit.
« Ça fait plaisir de voir que même en train de vous vider de tout votre sang, vous n'avez pas perdu vos sarcasmes, Snape, » répondit-elle, en essayant de ne pas trop sourire. « Bon, vous êtes prêt à sortir d'ici oui ou non ? »
« Bien sûr que je suis prêt, petite imbécile. »
« Il faut qu'on le cache d'abord. »
Elle retourna dans le couloir pour léviter Avery dans la pièce. Quand sa tête franchit le seuil, elle cogna contre le sol. Hermione fronça les sourcils en voyant ses épaules tomber également, et remarquant qu'elle ne parvenait plus à le bouger.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
« Il y a une espèce d'aura anti-magie dans cette pièce. »
« Alors vous feriez mieux de m'aider. »
Il appuya prudemment son poids sur sa cheville, et jura entre ses dents, « Ouille ! Par les couilles de Merlin ! »
« Ce n'est pas grave, je peux m'en occuper, » dit-elle, traînant tant bien que mal Avery dans la pièce. « Je crois que Vasily est là lui aussi. J'ai entendu Dmitri parler à l'étage. »
« Et je suppose que nous devrions faire un minimum d'efforts pour le retrouver, » répondit-il à contrecœur. Il s'agenouilla prudemment devant Malefoy et lui fouilla les poches, cherchant la baguette de Lucius, et il y trouva également la sienne. Il se rendit compte que Malefoy avait dû la lui prendre plus tôt. Il se releva lentement, ignora le regard inquiet d'Hermione quand il gémit. « Très bien, allons chercher Monsieur Borodin et rentrons chez nous. »
« Oui, monsieur. »
Ils sortirent de la pièce, et Hermione lança un sortilège complexe sur la porte, un sortilège qu'elle avait perfectionné au cours des années. C'était un verrou en trois parties, qui lançait également un sortilège d'interférence avec la mémoire à court terme. Une personne seule ne pouvait pas en venir à bout. Les meilleurs qu'elle ait lancés n'avaient pas pu être brisés par moins de cinq sorciers ou sorcières. Admirant son travail, elle se métamorphosa à nouveau en chat gris, et s'élança dans le couloir, s'enfonçant plus profondément dans les cachots. Snape boitilla derrière elle, laissant une certaine distance entre eux. Il avait réalisé qu'elle jouait les éclaireuses sous sa forme animale.
Elle trottinait, passant devant les portes de pièces vides, ralentissant au moment de changer de direction, puis reprenant son rythme. Elle s'arrêta soudain, entendit Snape en faire autant, et elle renifla prudemment. Elle s'approcha d'une porte, écouta attentivement, avant de revenir vers Snape et de se transformer de nouveau.
« Il y a quelqu'un dans celle-là, seul. Nous devrions essayer. »
Il hocha la tête. « Ne vous en faites pas, Miss Granger. Je vous couvre. »
Levant les yeux au ciel, elle retourna dans le couloir, et se glissa discrètement jusqu'à la porte. « Alohomora. » Remerciant les dieux d'avoir appris ce sort tant d'années auparavant, elle saisit la poignée, ouvrit la porte, la baguette prête.
Vasily Borodin était assis sur un petit lit de camp, dans un coin de la pièce. La confusion se lisait sur son visage. Elle repassa la tête vers le couloir et fit signe à Snape qu'il pouvait venir.
« Vasily, c'est Hermione. Hermione Granger. » Il la dévisagea, perdu, et elle ajouta. « Nous nous sommes rencontrés brièvement mardi matin. Au petit-déjeuner, à Poudlard. Je suis la nouvelle professeur de Défense contre les Forces du Mal. »
Il cligna des yeux plusieurs fois, secouant légèrement la tête, avant de se reporter son attention sur Snape qui venait d'apparaître à la porte. « Snape ? »
« Remarquable sens de l'observation, Borodin. »
« Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Vous êtes salement amoché. »
« On m'a lancé le Doloris à plusieurs reprises, avant de me donner une bonne dose de Sérum de Vérité, et j'ai été battu par Malefoy, » répondit Snape, hargneusement.
« Et ? » encouragea Hermione.
Snape la regarda férocement, et sa voix avait un arrière-ton glacial quand il compléta, « ensuite je l'ai tué et Granger est venue me libérer. »
« Combien de cette potion vous a t'il donné ? » demanda t'elle.
« Je ne sais pas, mais je n'ai aucun des symptômes de l'overdose. »
« Combien de temps pensez-vous que ça va durer ? »
« Je ne saurais pas dire. Mais je pense que nous devrions en discuter après nous être échappés. Les Mangemorts peuvent se lancer à notre poursuite à tout moment. »
« C'est vrai, c'est vrai. » Elle se retourna vers Vasily. « Vous allez bien ? Pouvez-vous marcher ? »
« Oui, je vais bien. Quelques bleus, mais rien de grave, » répondit-il en se levant, avançant vers la porte.
Hermione se dit qu'il était aussi bel homme que son imposteur l'avait été, même si lui était en moins bonne forme. Alors qu'il approchait, elle tendit la main, plaçant la paume sur sa poitrine. Il s'arrêta, l'air interrogateur.
« Que m'avez-vous dit l'autre jour, au petit-déjeuner ? » demanda t'elle, en le fixant avec attention.
Il sourit un peu. « Ma foi, professeur, je crois bien ne pas vous avoir adressé la parole. Veuillez pardonner mon impolitesse. »
« Mais non, ce n'est rien. Et pardonnez-moi d'avoir douté de votre identité, » répondit-elle en souriant. « J'ai déjà eu une mauvaise surprise avec vous aujourd'hui, et ça me suffit. Une dernière chose, invenio. »
« A quoi est-ce que ça sert ? »
« Ça me permet de savoir où vous vous trouvez, si jamais nous venions à être séparés. »
« C'est bon, vous avez fini ? On pourrait peut-être se mettre en route maintenant, » intervint Snape, sans cacher son extrême irritation.
Elle le regarda avec inquiétude. « Est-ce que vous voulez que j'essaie de soigner… »
« Non ! » interrompit-il violemment, un éclat dangereux dans le regard. « Pas maintenant. Peut-être plus tard, quand nous serons en sécurité. Pour le moment, je peux marcher. »
Elle hocha lentement la tête, et quand ils arrivèrent au bout du couloir, elle demanda, « Et maintenant, où allons-nous ? On remonte ? »
« Attendez, il y a une sortie directe, elle mène dans les forêts à l'est du château, » proposa Vasily. « Ma sœur et moi l'avons trouvée quand nous étions enfants, mais je pense que nous sommes les seuls à la connaître. Les cachots n'ont pas été utilisés régulièrement depuis les années 1800. »
Hermione regarda Snape, qui se contenta de hausser les épaules. « D'accord, allons-y. »
Maria, merci pour ta review. De mon côté, j'aime bien le prénom Dmitri, mais avec le rôle qu'il a dans cette fic… pas de chance, je dirais. benebu
