« Lumos, » marmonna Severus en essayant de se redresser dans son lit. A en juger par les draps chiffonnés, il avait passé la nuit à se retourner et à s'agiter. Il attrapa la montre qu'il avait laissée sur sa table de nuit et afficha une mine contrariée ; il était presque onze heure et demie. Il ne pouvait pas se souvenir avoir dormi plus de sept heures d'affilée sans avoir eu recours à une potion somnifère. Il jeta ses jambes hors de son lit, cherchant ses pantoufles des pieds. Enfilant une robe par dessus son caleçon de soie noire, il se traîna jusqu'à la salle de bains. Son corps lui semblait particulièrement raide ce matin.

Après avoir soulagé sa vessie, Severus se déshabilla et se regarda devant le miroir en pied. Il observa son reflet d'un œil critique. Il était trop maigre, trop pâle. Son torse et ses bras étaient couverts de cicatrices, tant à cause des Doloris que des coups. Son regard remonta vers ses cheveux brillants, sans forme, et aux cernes qu'il avait sous les yeux. Il avait l'air vieux. Il faisait plus que ses quarante-deux ans.

Incapable de supporter sa propre image plus longtemps, il mit la douche en marche et se glissa dessous quand la vapeur commença à s'élever. Il ferma les yeux pendant que l'eau chaude lui ruisselait dessus. Quelques minutes plus tard, il attrapa le savon et commença à se frictionner. L'eau le réveilla lentement, et son cerveau se remit à fonctionner normalement. Soudain, la réalisation de ce qu'il avait fait la veille au soir, dans ce moment de faiblesse, le frappa. Dumbledore s'était probablement attendu à ça. Et Severus avait réagi exactement comme prévu.

Il s'était excusé auprès de Granger, lui avait même parlé du fait qu'il avait choisi Voldemort, plutôt que d'aller à Berkeley. Elle ne s'était pas mise en colère contre lui, mais au contraire avait essayé de le réconforter. C'était à ce moment que Severus avait battu en retraite, s'éloignant de sa présence et retrouvant ses manières habituelles, avec peut-être un peu moins de cruauté.

Il s'adossa à la pierre fraîche et évalua ses options. Il pouvait toujours prétendre que rien ne s'était passé. Qu'il l'avait tout simplement invité à travailler sur la potion, rien de plus. Rappeler à Granger qu'il était Severus Snape, et qu'il ne ressentait rien pour personne. Mais il savait que ce n'était plus vrai à présent.

Hier, alors qu'elle se tenait devant lui, à soigner les blessures que Potter lui avait infligées, il avait été extrêmement conscient de sa proximité. Elle sentait le propre, avec un soupçon de lavande. Il avait senti ses doigts chauds et délicats quand ils s'étaient posés sur sa peau, son souffle doux alors qu'elle murmurait ses incantations. Severus avait été captivé par sa simple présence, et il s'était retrouvé à la fixer sans réserve.

Malgré tous ses efforts, Hermione Granger essayait toujours de le protéger. Elle l'avait sauvé des Mangemorts. Et encore maintenant, elle avait soigné les blessures que lui avait infligées son partenaire et meilleur ami, même si Severus les avait bien cherchées. Il se demanda si elle ne continuait pas à le protéger par loyauté envers Albus. Ce ne serait pas surprenant, puisque Dumbledore obtenait toujours ce qu'il voulait.

De la patience, mon œil !

Il coupa l'eau et tendit la main pour attraper la serviette qui flottait vers lui.

L'empathie dont elle avait fait preuve pour la Tour d'Astronomie était plus que son simple devoir. Elle était restée silencieuse et l'avait laissé parler, et elle lui avait pris la main juste au moment où il avait eu besoin de ce minimum de contact humain. Et il avait vu la déception dans ses yeux quand il s'était éloigné, et levé, et son air blessé quand son habituel air hautain avait repris le dessus. Elle en avait trop vu, et il avait réagi automatiquement en la repoussant.

C'était probablement la chose la plus sage à faire, conclut-il en finissant de se sécher et en retournant s'habiller dans sa chambre. Il sortit l'un de ses habituels costumes noirs, et décida que la meilleure habitude à adopter était de nier purement et simplement que l'incident ait jamais pu se produire. Il se contenterait d'agir comme si rien ne s'était passé, et continuerait à être aussi sarcastique que d'habitude. Il finit finalement de se boutonner, trouva ses chaussures, et enfila ses robes. Il se sentait en pleine possession de ses moyens quand il alla déjeuner.

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Hermione parcourait paresseusement les rangées de livres chez Fleury et Blotts, dans le Chemin de Traverse. Elle devait voir Ron à midi pour déjeuner, mais elle avait toujours un peu de temps à tuer avant. Elle s'était déjà arrêtée chez l'Apothicaire pour faire le plein d'ingrédients pour potions. Maintenant, elle voulait s'acheter quelques livres, puisqu'elle ne l'avait pas fait depuis des mois.

Elle essayait de se décider entre un nouveau livre d'Arithmancie, Les Nombres Ne Mentent Jamais, et La Magie Noire A Travers Les Ages, un épais volume historique, quand quelque chose dans le rayon potion attira son regard et la fit s'arrêter. Prolongez la Vie de vos Potions, de Myra Goodflea. Elle attrapa le volume et le regarda avec intérêt. Elle avait travaillé sur les conservateurs de potions pour Harry au printemps dernier, et elle était curieuse de connaître les autres théories. Et puis ce pourrait peut-être être utile pour la Mortalis Fallax.

Elle décida finalement d'acheter les trois, puis alla jusqu'au Chaudron Baveux. Elle avait encore quelques minutes d'avance, mais Ron n'avait jamais été ponctuel. Elle trouva une table près de la porte et commença à lire son livre de potions. Elle n'avait lu que quelques pages quand Ron entra.

« Ne me dis pas que tu es en train de lire ! » la taquina t'il alors qu'elle se levait pour l'embrasser.

« Est-ce que tu sais seulement lire, Weasley ? »

« Alors, comment vas-tu ? » demanda t'il en s'asseyant dans le siège d'en face. « Est-ce que Snape te cause toujours des problèmes ? »

« Oh, j'ai failli oublier ! Harry est venu me rendre visite hier soir, tu sais ? Ils se sont battus ! »

« Harry et Snape ? Purée, j'aurais voulu être là ! Je parie que c'était de la faute de Snape. »

« Eh bien, il a dit que Harry était responsable de la mort de Lily. »

Le visage de Ron devint aussi rouge que ses cheveux étaient roux, et il grogna, « C'est moi qui le frappe la prochaine fois. »

« Calme-toi, Harry ne l'a pas raté. En fait, je ne pense pas que Snape ait frappé Harry une seule fois, » expliqua t'elle. « Et quelque part dans tout ça, je me retrouve à aider Snape à travailler sur une potion. »

« Ne le fais pas, 'Mione. C'est toujours le crétin graisseux, et on ne peut pas lui faire confiance. »

« En fait, je crois qu'Albus est derrière tout ça, et si c'est le cas, je n'aurai pas vraiment d'autre choix que de l'aider. »

« J'aurais quand même voulu voir ça, » murmura Ron en souriant. « Harry mettant une bonne raclée à ce salaud. »

Hermione secoua la tête. « Qu'est-ce c'est que cette manie des hommes de se taper dessus ? »

Un jeune sorcier vint prendre leur commande, et après qu'il se soit éloigné, Hermione demanda, « Comment va ta mère ? »

« Elle insiste toujours pour que je me marie et que je lui donne des petits-enfants, bien sûr, » répondit-il en riant. « Oh, et elle m'a dit de te rappeler que tu es attendue au Terrier pour Noël. Harry aussi, s'il peut se libérer. »

« Bien sûr que je viendrai. » Elle marqua une pause, avant de demander. « En parlant de Harry, il s'est sauvé drôlement vite hier après le dîner. Est-ce qu'il t'a dit quoi que ce soit sur ce qu'il faisait ? »

« Est-ce que tu rigoles ? J'ai arrêté de lui demander. Il n'a même pas voulu me dire où il habitait, il m'a seulement donné un moyen de le joindre en cas d'extrême urgence.»

« Vraiment ? Il ne m'a rien dit, » dit-elle, très contrariée.

« J'ai tout par écrit quelque part à l'appartement, quelque chose du genre envoyer un message adressé à une femme poste restante à Vienne ? Ou peut-être à Hambourg, je ne sais plus, l'un des deux. Enfin bref, quelqu'un vient chercher le courrier et le fait suivre. »

« Pourquoi tout ces secrets ? » demanda Hermione. « Il se passe quelque chose de bizarre. »

Ron haussa les épaules. « Je ne sais pas, mais au Ministère, ils continuent de dire qu'il est en mission en Allemagne, quelque chose à propos de vampires en cavale. »

« Harry chassant des vampires ? Bien sûr. Vois ce que tu peux trouver au Ministère, et je chercherai du côté de Dumbledore. Je suis sûre qu'il est impliqué là dedans jusqu'au cou. »

« D'accord, je parlerai à papa et je verrai s'il sait quelque chose, mais Fudge ne lui dit pas grand chose, même s'il est son Vice Premier Ministre. »

Leur repas arriva, et Ron se jeta dessus comme s'il n'avait pas mangé depuis des mois. Hermione le regarda avec amusement, et rit même quand il leva les yeux vers elle et lui demanda, la bouche pleine, « Qu'est qu'il y a de drôle ? »

« Tu as sérieusement besoin de revoir tes manières à table si tu veux un jour trouver et garder une petite amie. »

« Au fait, et cette sorcière de Poudlard ? Tu ne m'avais pas dit qu'il y avait une prof qui n'avait que quelques années de plus que toi. »

Elle leva les yeux au ciel, exaspérée. « Je ne t'arrange pas de rendez-vous avec mes collègues, Ron. »

« Je ne te demande pas de nous arranger un rendez-vous, » protesta t'il entre deux bouchées. « Je veux seulement que tu nous présentes, l'air de rien. »

« Non. »

« S'il te plait ? »

« Ne supplie pas, c'est pathétique. »

« Vraiment, quelle amie tu fais, » marmonna t'il. « Je t'arrangerais le coup avec n'importe lequel de mes potes. »

« Merci, mais je n'aime pas faire de baby-sitting quand je sors, » répondit-elle. « Et puis, ça me va tout à fait d'être célibataire. Je n'ai pas de temps pour une relation amoureuse. »

« Tu veux dire que tu lis trop pour en avoir le temps. »

« Non, » répondit-elle vivement. « Je travaille avec Snape sur une potion vraiment importante, et quand je ne ferai pas d'expériences, je serai probablement à la bibliothèque en train de faire des recherches sur le sujet. »

« Tu vois ? C'est ce qui arrive quand Harry ou moi ne sommes pas dans le coin – tu redeviens accro au travail ! »

« Et alors ? Ca m'occupe. »

« Tu te souviens de ce qui s'est passé il y a deux ans quand Harry et moi sommes allés aux Etats-Unis à la poursuite de cette sorcière ? Tu te souviens ? » demanda t'il sur un ton qui montait de plus en plus.

« Oui, » grommela t'elle.

« Tu te souviens que tu n'as pas dormi chez toi pendant deux semaines, que tu n'as peut-être même pas dormi ? Que tu as failli te faire tuer par ce Mangemort, comment est-ce qu'il s'appelait déjà ? Edwin, Edgar… »

« Edward Hodgkiss. »

« Exactement ! Parce que tu ne nous a pas attendus comme tu étais supposée le faire. Parce que tu voulais avancer un peu plus dans ton travail pendant que Harry et moi n'étions pas là. » Il se tut et la regarda attentivement, avant de reprendre. « Je m'inquiète pour toi ; tu as mauvaise mine. Tu devrais quitter Poudlard, redevenir une Auror. Ce n'est pas la même chose sans toi. »

« Tu as raison, » admit-elle après un moment. « Je sais que tu as raison. Enseigner est bien plus difficile que je ne l'aurais jamais cru. Mais je ne peux pas partir maintenant, pas tant qu'Albus a encore besoin de moi. »

Ron soupira. « J'avais peur que tu dises ça. Alors au moins, promets-moi que tu ne vas pas aller traîner à l'étranger sans me le faire savoir. »

« C'est promis. »

Ils continuèrent à manger en silence, jusqu'à ce que Ron commence à parler de Quidditch. Hermione lui fit une description des équipes de Poudlard cette année. Jusque là, Serdaigle dominait, grâce à une combinaison incroyable de Poursuiveurs et un Attrapeur de talent, mais Serpentard était juste derrière.

« Et Gryffondor ? Comment est-ce qu'ils se débrouillent ? » demanda Ron.

« Derniers. Minerva dit que c'est la pire équipe qu'on ait eue depuis qu'elle est Directrice de Gryffondor. »

« Ouille ! »

« Tu devrais venir voir le match Serdaigle contre Serpentard en février. Ça devrait être passionnant. »

« Et puis tu pourrais me présenter à – comment elle s'appelle, déjà ? » demanda t'il avec un sourire innocent.

« Non, » répondit Hermione en regardant sa montre. « Il va falloir que j'y aille bientôt. »

« Oui, il faut que j'aille m'occuper de la paperasse à propos de la sorcière que j'ai coffrée la semaine dernière. Regarde un peu ça, » dit-il, en relevant sa manche droite pour révéler une marque d'un vert pétant sur son avant-bras.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« J'ai été touché par un sort qui a rebondi, je ne sais pas exactement quoi. Les médisorciers m'ont dit que ça ne m'avait rien fait de particulier, mais cette chose ne disparaîtra jamais ! » Quand Hermione se mit à rire, il protesta, sur la défensive. « C'est pas drôle ! J'ai une énorme cicatrice verte sur le bras ! »

« Je crois que tes chances de trouver une fille viennent de s'améliorer, » dit-elle, se levant et rassemblant ses affaires tout en continuant à rire. « Les filles adorent les cicatrices, tu te souviens ? Peut-être que tu pourrais te faire faire un tatouage ou quelque chose pour aller avec. »

« Ouais, très drôle, » marmonna Ron. Il se leva et serra Hermione dans ses bras pendant un moment. « Si tu as besoin de changer d'air un week-end, n'importe quand, je suis là. »

« Merci, Ron. Fais attention à toi. Et passe le bonjour à ta mère, » dit-elle en se dirigeant vers la sortie menant au Chemin de Traverse.

« Bien sûr. N'oublie pas de m'envoyer un hibou pour le match de Quidditch. Et ne travaille pas trop dur ! » lui lança t'il.

Elle Transplana à la sortie de Pré Au Lard et se mit en marche vers Poudlard. Elle arriva rapidement et se dirigea directement vers les cachots. Snape lui avait demandé de passer après le déjeuner, et il était déjà presque deux heures. Elle se dirigea tout de suite vers le laboratoire plutôt que son bureau. Hermione s'arrêta devant la porte et prit une profonde inspiration. Elle ne savait pas à quoi s'attendre de la part de Snape aujourd'hui, mais elle voulait être calme, quelle que soit l'humeur qu'il aurait.

Elle frappa rapidement et entra sans attendre de réponse. Snape était assis dans un fauteuil de cuir marron, près du mur du fond, devant un feu crépitant. Il était en train de lire quelque chose, mais il ferma le livre et leva vivement les yeux quand elle entra.

« Professeur, » dit-il, d'une voix basse et veloutée. « Je vois que vous avez déjeuné tard. »

« Désolée, j'étais à Londres, » répondit-elle, en posant ses livres sur une table vide. « Je suis venue directement. »

« Très bien. J'imagine que la méthode la plus prudente serait de commencer par vous faire lire les notes que j'ai accumulées jusqu'à maintenant. »

Snape se leva et avança jusqu'à un bureau dans un coin de la pièce. Hermione le suivit et attendit patiemment. Il se tourna vers l'une des bibliothèques derrière le bureau pour en extraire neuf volumes, épais chacun d'un bon centimètre et demi. Il les posa sur le bureau.

« Il y a tout, depuis la première fois que j'ai préparé cette potion il y a cinq ans. »

Hermione saisit le premier et avança vers le feu. Il n'y avait qu'un fauteuil, mais elle ne voulait pas risquer la colère de Snape en prenant son siège, alors elle chercha dans ses poches jusqu'à ce qu'elle trouve un bouton, qu'elle transforma en un deuxième fauteuil identique. Elle ne vit pas le petit sourire qui monta aux lèvres de Snape le temps d'un instant. Alors qu'elle commençait à lire, il se dirigea vers la potion qui bouillonnait doucement. Absorbée dans ses notes méticuleuses, elle ne le vit pas examiner les livres qu'elle venait d'acheter à Londres.

« Prolongez la Vie de vos Potions ? » demanda Snape d'un ton un peu moqueur.

« Hein ? Oh, oui. Je voulais en savoir plus sur les conservateurs. J'ai fait quelques expériences de mon côté, et je voulais confronter mon travail à d'autres idées. » Elle le regarda avec curiosité examiner le livre. « Vous pouvez le lire, si vous voulez. »

Snape revint vers son fauteuil libre le livre à la main. La pièce demeura silencieuse alors pendant qu'ils lisaient tous les deux en silence. Une heure plus tard, Hermione en était au troisième volume, et Snape était toujours en train de lire le livre sur les conservateurs.

« C'est étrange, » murmura t'il.

« Quoi ? » demanda Hermione, levant les yeux de ses notes.

« Ce conservateur utilise du sang de Chimère. »

« Du sang de Chimère ? Faites-moi voir, » demanda t'elle en se penchant vers lui. Snape fronça les sourcils mais lui passa le livre. « Mais qu'est-ce que… ? C'est la potion que j'ai préparée pour Harry ! » Son froncement de sourcils s'accentua, et elle enchaîna. « J'avais des problèmes pour l'empêcher de coaguler au moment où je l'ajoutais à la potion, alors j'ai diminué la quantité d'écailles de Dragon, et j'ai ajouté du sang de Chimère. »

Snape continua de la dévisager, puis annonça finalement, « j'ai déjà vu cette potion auparavant. »

« De quoi est-ce que vous parlez ? »

« On me l'a envoyée, au début de l'été, quand je travaillais encore pour Voldemort. »

Hermione ne pouvait pas y croire. « Hein ? Mais comment est-ce que ce serait possible ? Ce conservateur n'existait pas avant que je le crée ! »

« Je n'en doute pas. Votre conservateur n'est pas compatible avec toutes les potions, et quelqu'un m'a demandé mon aide pour l'adapter au Polynectar. »

« On vous a demandé votre aide ? Un Mangemort ? » Il acquiesça, et ce fut sur un ton presque suppliant qu'Hermione lui demanda, « Mais qui ? Qui vous a demandé de l'aide ? »

« Drago Malefoy. »