Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de enlightennedkitty.

Chapitre seize

« Lisez la dédicace, » lui dit Hermione en continuant à tourner en rond devant la cheminée.

Il tourna les quelques premières pages du livre, et lut à voix haute, « A L., qui ne m'en a jamais cru capable. »

« Je vous laisse trois chances de deviner qui est 'L'. »

Il y eut un long silence, jusqu'à ce que Severus dise finalement, « Nous devrions montrer ça à Albus, il saura quoi faire. »

« Je l'espère, » soupira Hermione en s'écroulant dans un fauteuil, la tête entre les mains, « parce que moi je ne vois vraiment pas. »

Il la regarda, vit combien elle était désemparée, et décida d'aller seul chercher Dumbledore. « Attendez-là, je reviens. »

Il sortit rapidement de la pièce, sans qu'elle ne lève les yeux. Quelques minutes plus tard, Severus approchait de la gargouille de pierre qui montait la garde devant le bureau de Dumbledore. Il donna le mot de passe, ce qui lui permit d'accéder à l'escalier, mais n'obtint aucune réponse quand il frappa à la porte du bureau – d'ailleurs, cette porte était fermée à clé. Ensuite, il descendit au bureau de McGonagall, au premier étage, mais elle non plus n'était pas là. L'air contrarié, il croisa les bras et resta un moment dans le couloir à réfléchir. Quelques instants plus tard, Rusard apparut.

« Bonjour, Professeur Snape. » Il y eut un moment de flottement, le temps que Rusard jette un regard sceptique à la tenue de Severus, qui se souvint alors qu'il portait toujours les vêtements qu'Hermione avait Métamorphosés pour lui. Sagement, Rusard s'abstint de tout commentaire. Au lieu de cela, il demanda, « Vous cherchez le Professeur McGonagall ? »

« Le Directeur, en fait. »

« Je crois qu'il est parti en vacances, vu que c'est Noël et tout. C'est le Professeur McGonagall qui commande jusqu'à son retour. »

« C'est vrai. »

En y repensant, il semblait se souvenir qu'Albus avait mentionné au petit-déjeuner qu'il comptait rendre visite à ses neveux et nièces, mais Severus n'y avait pas prêté attention.

Sans un autre mot pour le concierge, Severus reprit le chemin des cachots, l'air contrarié. Albus semblait toujours prendre des vacances quand on avait le plus besoin de lui, et il ne pouvait pas prendre le risque de discuter d'une chose pareille avec quiconque, même Minerva. Il n'avait toujours pas décidé ce qu'il allait bien pouvoir dire à Hermione quand il arriva à la porte du laboratoire.

Severus s'arrêta dans l'encadrement de la porte, l'observant en silence. Elle était repliée sur elle même, toujours dans le même fauteuil. Elle avait passé les bras autour de ses genoux, et lui tournait la tête. Il s'approcha doucement d'elle, et elle le regarda, le visage plein de larmes, même si elle ne semblait plus pleurer maintenant.

« Albus est parti, » dit-il calmement. « Pour les vacances. Il ne reviendra pas avant que Noël ne soit passé. »

Ces mots suffirent à faire couler ses larmes à nouveau. Elle pleurait tranquillement, le visage au creux de ses bras. Il resta assis en silence. Il avait l'impression qu'il aurait dû faire quelque chose, n'importe quoi pour qu'elle se sente mieux, mais il ne savait pas quoi faire. Elle arrêta de sangloter, et dit, d'une voix nouée.

« J'ai peur qu'il lui soit arrivé quelque chose. Qu'il soit mort. »

Severus aurait voulu approcher, la serrer contre lui, la protéger de toute cette douleur, mais il resta assis, à la regarder.

« Et puis je me dis que ça pourrait être pire, et qu'il a peut-être… »

Hermione se tut, incapable de finir sa phrase. Les larmes roulèrent de nouveau sur ses joues, et il ne put la regarder pleurer plus longtemps. Il s'agenouilla sur le sol et écarta doucement les bras d'Hermione de ses genoux, pour pouvoir lui tenir les mains, mais elle passa les bras autour de son cou et se laissa glisser au sol, pour poser la tête contre son épaule. Il surmonta son étonnement et l'attira contre lui. D'une main, il lui caressait le dos, alors que son autre main lissait ses cheveux, se prenant dans les boucles, pendant qu'il la berçait doucement.

Severus la serrait contre lui, et il avait perdu toute notion du temps. Ses genoux commençaient à lui faire mal, mais il avait souffert bien pire. Elle semblait si fragile entre ses bras qu'il avait peur de la lâcher. Il plongea le visage dans ses cheveux, et lui embrassa le dessus de la tête, comme s'il l'avait déjà fait des milliers de fois.

Finalement, ses sanglots se calmèrent, elle ne fit plus un bruit, le visage toujours caché dans ses robes, mais elle ne s'écarta pas. Sa respiration se fit plus régulière, et il pencha la tête pour voir son visage ; il fut un peu surpris de constater qu'elle s'était endormie. Il bougea un peu afin de pouvoir attraper sa baguette dans sa poche, glissa une main sous ses jambes, et essaya lentement de se relever sans la réveiller, murmurant un sort pour l'aider dans ses efforts. Il la porta dans les couloirs jusqu'à sa salle de classe, son bureau, où il murmura les incantations qui déverrouillaient l'accès à ses quartiers.

Pendant un moment, il se demanda s'il devait l'installer dans son lit, mais il se rendit compte que ça pourrait la mettre dans une situation gênante au moment où elle se réveillerait. Il la déposa donc prudemment sur le canapé de cuir. D'un 'Accio', il attrapa une couverture dont il la couvrit ; elle ouvrit les yeux, mais il la rassura, écartant ses cheveux de son visage, et elle se rendormit. Il alluma un feu, puis s'assit dans un fauteuil d'aspect confortable, extrêmement surpris de voir que la pendule posée sur le manteau de la cheminée indiquait déjà trois heures de l'après-midi.

Le regard perdu dans les flammes dansantes, Severus réfléchit aux implications de la découverte d'Hermione. Il avait eu raison après tout, quand il lui avait dit il y avait des semaines de cela que quelque chose était arrivé à Potter, ou qu'il était maintenant allié à Voldemort. Il espérait vraiment que sa première hypothèse soit la bonne, parce que si Potter avait rejoint le Seigneur des Ténèbres…

Il ne voulait même pas terminer cette idée. On ne pouvait nier que Potter soit un sorcier puissant, mais quand même… il ne pouvait pas imaginer Potter utilisant ce pouvoir pour faire le mal.

Il regarda Hermione qui s'étirait, mais elle se contenta de tourner la tête, et ne se réveilla pas. Il savait qu'elle allait voir les Weasley pour Noël, et que Potter était supposé y être. Peut-être qu'ils pourraient l'y confronter et essayer d'y voir un peu plus clair.

Si seulement Albus était là.

Il aurait pu écrire au Directeur et espérer une réponse rapide. Il se rendit compte qu'en fait, c'était la seule solution s'il voulait une réponse d'Albus, mais il ne voulait pas envoyer tant d'informations par hibou, surtout sur un sujet aussi sensible qu'une possible défection de Harry Potter. Si quelque chose devait arriver à Potter, ça démoraliserait complètement leur camp.

Non, la seule chose qu'il pouvait faire était d'accompagner Hermione chez les Weasley et d'essayer d'y obtenir des réponses.

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Hermione se réveilla au son d'un feu qui craquait dans une pièce autrement assez sombre. Elle cligna plusieurs fois des yeux, ne reconnaissant pas ce qui l'entourait. Elle vit alors Severus endormi dans un fauteuil.

Probablement ses quartiers.

Elle se leva et approcha de lui, murmurant, « Severus ? » Comme il ne répondait pas, elle lui posa doucement la main sur l'épaule. « Severus ? »

Il sursauta, le regard fou, et Hermione tressaillit. Son visage s'adoucit immédiatement quand il vit que c'était elle.

« Quelle heure est-il ? Combien de temps est-ce que j'ai dormi ? » marmonna t'il. Se rasseyant, elle secoua la tête. Jetant un œil à la pendule, il y lut six heures et quart. « Comment vous sentez-vous ? »

Elle poussa un soupir tremblotant. « Je ne sais pas. Un peu mieux, je pense. »

« Est-ce qu'il vous faut quelque chose ? Vous avez faim ? soif ? n'importe quoi ? »

Sa sollicitude, et la compassion qu'elle lut dans son regard, la prirent par surprise, et elle fut submergée par les souvenirs du début de l'après-midi. Elle se remit à pleurer, ses larmes roulant silencieusement. Severus fut à ses côtés en une seconde, et pour la deuxième fois de la journée, il la prit dans ses bras, sa main appuyant gentiment le visage d'Hermione contre son cou. Ses sanglots étaient plus calmes cette fois, comme s'il ne lui restait presque plus de larmes.

Son cœur saignait à chaque larme qu'elle versait. Il lui caressait les cheveux en murmurant à son oreille des paroles de réconfort. Ce qui lui faisait le plus mal, en la voyant pleurer, c'était qu'il savait combien elle était courageuse, il avait pu le mesurer à chaque fois qu'elle avait essayé de le protéger, mais il ne pouvait rien faire pour dissiper ses peurs.

Hermione ne pleura pas longtemps. Après quelques minutes, elle s'écarta pour le regarder, les yeux rougis. Comme toujours, elle fut incapable de lire quoi que ce soit dans ses yeux d'un noir d'acier, à part une intensité qui provoqua une drôle de sensation au niveau de son estomac. Il remit une boucle de cheveux en place derrière l'oreille d'Hermione, et laissa sa main reposer sur sa nuque.

Le souffle coupé, Hermione eut soudain envie de l'embrasser. Elle prit une petite inspiration, et se décida, s'avança, ses lèvres cherchant timidement celles de Severus. Il écarquilla les yeux, surpris, et elle sentit sa main se crisper sur sa nuque, mais il ne s'éloigna pas. Encouragée, elle entrouvrit la bouche, caressant doucement celle de Severus de sa langue. Il capitula et, laissant échapper un gémissement, la serra contre lui alors que leur baiser se faisait plus profond.

Alors que leurs langues dansaient, il l'attira plus près, sentant les rondeurs de ses hanches, de ses seins, tout ce qui faisait d'elle une femme, se presser contre lui, pour mieux le tenter. Il avait envie, besoin d'elle. Il glissa une main sous son pull, ses doigts dessinant des cercles dans son dos, et il sentit son inspiration surprise.

Si seulement Potter pouvait me voir en ce moment, se dit-il dans un sourire carnassier.

Severus se figea, écarquilla les yeux alors que la situation lui revenait en mémoire, et s'écarta d'Hermione. Son air confus et blessé lui fit mal, mais il l'ignora, sachant qu'ils devaient s'arrêter avant qu'il ne l'aide à faire une bêtise.

« Vous êtes bouleversée. Nous ne devrions pas faire ça. »

Hermione se sentit trahie, parce qu'elle avait senti la passion dans son baiser, le désir dans ses mains. Mais il avait raison ; elle était bouleversée en ce moment, et ce ne ferait qu'ajouter à son trouble. Certainement qu'en des circonstances normales, elle n'aurait pas provoqué ce baiser. Les genoux un peu faibles, elle remit de l'ordre dans ses vêtements.

« Vous avez raison, Professeur, évidemment, » dit-elle, et jamais il ne l'avait entendu parler d'un ton si glacial. « Par où je sors ? »

« Attendez, Hermione, » murmura t'il, mais elle l'ignora et commença à se mettre à la recherche de la porte. Il soupira profondément, son air maussade refit surface. « Cette porte-là, » dit-il, en tendant un bras.

Hermione sortit sans un mot. Après un moment, Severus alla jusqu'à l'armoire à l'écart du feu pour y prendre un bouteille de Vieil Ogden et un verre, avant de revenir vers le canapé. Il se versa une dose généreuse de whisky pur feu, qu'il avala en une gorgée, avant de s'en resservir un second qu'il but aussi sec. Il s'adossa au fond du canapé, passant les mains sur son visage.

Comment est-ce qu'il avait pu laisser ça se produire ? Elle était bouleversée, et ne l'avait embrassé que parce qu'elle était seule et effrayée, rien de plus. Il n'aurait jamais dû tenter de la réconforter. Son estomac se serra quand il se souvint sans le vouloir du toucher de ses lèvres.

Comment avait-elle pu penser qu'il ne la désirait pas ? Il lui avait fallu tout son sang-froid pour la repousser et ne pas lui faire l'amour là, sur le canapé, tant il en avait eu envie. Il aurait dû coucher avec elle puisque de toute évidence c'était ce qu'elle voulait. Etant plus jeune, il l'aurait fait, sans se préoccuper de son état émotionnel.

Il grogna et jeta son verre vide dans le feu. Il attrapa la bouteille de whisky pur feu et but une gorgée. Il se leva, les jambes tremblantes, et alla à sa chambre, tenant toujours fermement sa bouteille.

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Hermione était en furie quand elle retourna à ses quartiers, toujours vexée d'avoir été repoussée, et parce qu'il avait simplement eu raison de lui faire remarquer qu'elle était bouleversée, un fait qu'elle n'avait absolument pas pris en compte avant de l'embrasser. Quand elle avait regardé dans ses yeux sombres, elle avait cru y lire du désir, mais maintenant, elle se demandait si elle ne s'était pas trompée.

Attendant que les escaliers s'alignent convenablement, elle se rendit compte qu'elle avait faim. Elle envisagea de descendre dans la Grande Salle, puisqu'il était toujours l'heure de dîner, mais elle ne se sentait pas d'attaque pour une conversation. Elle appellerait un elfe de maison quand elle serait chez elle. Les escaliers s'arrêtèrent enfin, et Hermione parvint à ses quartiers quelques instants plus tard.

Elle appela un elfe de maison, qui disparut immédiatement vers les cuisines, avant de revenir quelques instants plus tard avec plusieurs autres elfes. Ils disposèrent un mini-festin sur sa table, et Hermione s'y attaqua sans façons. Une fois qu'elle fut rassasiée, les elfes reparurent pour débarrasser.

Hermione alla jusqu'à sa bibliothèque, cherchant quelque chose qui lui permettrait de se changer les idées, mais elle ne trouva pas un livre qu'elle avait envie de lire. Elle tourna en rond devant la cheminée pendant un moment, son esprit bouillonnant de tout ce qui s'était passé dans l'après-midi. Elle ne pouvait toujours rien en croire. Soit Harry était passé dans le camp de Voldemort, soit il lui était arrivé quelque chose de grave. Et puis elle avait embrassé Snape ! Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ?

Fatiguée de ses quartiers trop étroits, elle décida d'aller marcher dans le château. Elle sortit, attrapant ses robes au passage.

Il était bien plus de minuit quand Hermione revint dans ses quartiers, toujours aussi agitée. Elle se mit en pyjama et s'allongea, sans toutefois parvenir à s'endormir. Après plusieurs heures à regarder le plafond, elle sombra finalement dans un sommeil agité, plein de rêves de Mangemorts qui dansaient, mais les deux seuls qu'elle pouvait reconnaître étaient Harry et Severus.

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« Hermione, » appela une voix lointaine. « Hermione, réveille-toi ! C'est encore lui ! Je lui ai dit de s'en aller, mais il a refusé ! Il a dit que c'était urgent. Hermione ! »

Hermione parvint finalement à poser les yeux sur Lucinda, la sorcière dont le portrait gardait sa porte, debout sur une colline et entourée de chèvres.

« Hermione ! »

« C'est bon ! Je suis réveillée ! »

« C'est encore le professeur Snape. Il ne veut pas partir. »

Elle s'assit et se frotta les yeux. « D'accord, d'accord, je vais m'en occuper. »

Jetant ses jambes hors de son lit, elle regarda son réveil et étouffa une exclamation. Il était presque une heure, et elle avait dit à Molly Weasley qu'elle serait au Terrier vers midi !

« Entrez, » cria t'elle, énervée parce qu'elle devait s'occuper de Snape alors qu'elle était déjà en retard. Après l'après-midi de la veille, elle ne voulait plus le voir en face pendant au moins une semaine – elle n'était pas sûre de pouvoir se retenir de le gifler.

« Professeur ? »

« Je suis à vous dans une minute, » répondit-elle avec humeur, cherchant sous son lit le jean qu'elle portait la veille. Elle l'enfila et attrapa un tee-shirt. Elle remonta rapidement ses cheveux en chignon, et fit irruption dans son salon pour y trouver Severus qui attendait patiemment. « Deux matins d'affilée, professeur. A quoi est-ce que je dois cet honneur ? »

« Vous aurez sans aucun doute remarqué que nous ne sommes plus le matin. » Son regard était dur, mais sa voix n'avait pas son habituel ton coupant. « Je pense qu'il serait prudent que vous n'alliez pas chez les Weasley seule. »

« Alors maintenant c'est moi qui ai besoin de protection ? » demanda t'elle d'un ton moqueur.

« Je ne parlerais pas tant de protection que de renfort. Pensez à ce que nous savons : soit Potter a été compromis, et il est mort ou prisonnier, et dans ce cas quelqu'un, peut-être Malefoy, se fait passer pour lui ; soit il travaille pour Voldemort, ce qui serait encore pire. » Il ignora son air mauvais, et conclut, « Quoi qu'il en soit, vous ne devriez pas être seule. »

Il avait raison. Il avait toujours raison, et ça la mettait en rogne. Elle le bouscula pour attraper sa besace de cuir. Retournant dans sa chambre, elle sortit des vêtements de rechange qu'elle mit dans le sac. Elle prit aussi un pull vert, qu'elle passa au dessus de son tee-shirt. Ensuite, elle mit dans son sac ses divers cadeaux de Noël.

Il la regarda en silence depuis la porte de la chambre. Elle était en colère, il le voyait, mais elle n'essayait pas de s'en cacher. Il se demanda combien de cette colère est-ce qu'il avait provoquée. Il vint se placer derrière elle.

« Hermione, » souffla t'il, posant les mains sur ses épaules. « Je sais que vous êtes en colère, et vous en avez parfaitement le droit. Mais ne laissez pas cette colère vous empêcher de voir combien notre situation est précaire. »

Ceci dit, il tourna les talons et sortit de ses quartiers. Elle resta figée sur place pendant un moment. Par tous les dieux, elle avait horreur de ça quand il avait raison. Elle attrapa son sac et sa cape, et sortit à sa poursuite, courant dans le couloir. Elle le rattrapa sur l'escalier de marbre du premier étage.

« Professeur, » appela t'elle, un peu essoufflée. Il se retourna pour la regarder. « J'apprécierais que vous veniez au Terrier avec moi. »

Il la regarda un long moment, les yeux plus sombres que de coutume. Elle commença à penser qu'il refuserait de venir, mais il acquiesça solennellement. « Quand partons-nous ? »

« Maintenant, en fait. J'ai dit à Molly que je serais là il y a une heure déjà. »

« Très bien. Laissez-moi le temps de rassembler quelques effets. »

Elle le suivit dans les cachots, restant derrière, à distance, pour ne pas avoir à lui parler. Elle se sentait vraiment désorientée, à cause de ce qui s'était produit la veille. A chaque fois qu'elle pensait à Harry, elle ne pouvait s'empêcher de penser à la façon dont Severus l'avait réconfortée, et à leur baiser, et à chaque fois elle en avait des frissons. Mais il l'avait blessée en la repoussant, même si elle pouvait voir maintenant que c'était en pensant à elle qu'il avait pris cette décision.

Quand il passa par la salle de classe pour aller à ses quartiers, elle ne le suivit pas, mais alla au laboratoire pour vérifier les potions. La Mortalis avec le stabilisant pour la Belladone serait prête à être testée pour le Nouvel An, et elle était impatiente de voir ce que ça allait donner. Ils travaillaient depuis des mois sans qu'il y ait eu de réel progrès, et elle se disait qu'il avaient droit à une avancée depuis le temps.

La potion semblait en bon ordre, et elle avança vers le chaudron de Véritaserum. Elle remarqua immédiatement que Severus avait pensé à la mettre en stase, parce qu'elle avait oublié de le faire elle-même. Elle sortit une fiole de verre, et la remplit soigneusement de potion.

La porte s'ouvrit et Severus dit depuis la porte. « Bien, c'était justement ce que je venais faire. Je suis prêt. »

Hermione referma la fiole et la glissa dans sa cape. Elle avançait vers la porte, puis s'arrêta, réfléchissant. « Est-ce que vous croyez… » commença t'elle, avant d'hésiter. Il la regarda avec attention. « Est-ce que vous pensez que nous devrions prendre aussi de la Mortalis avec nous ? »

Il sursauta à sa suggestion, surtout parce que lui-même n'y avait pas pensé, mais aussi à cause de l'acceptation qu'il y avait dans sa voix.

« Je pense qu'étant données les circonstances, prendre de la Mortalis serait des plus sage. » Il avança vers un placard, et révéla en l'ouvrant plusieurs fioles de Mortalis conservées en stase. Il en prit deux, et lui en tendit une. « N'oubliez pas, il faut jusqu'à trente minute pour que la potion fasse effet. »

Elle hocha la tête, et ils sortirent de la pièce, Severus érigeant les barrières de protection après eux. Ils remontèrent vers la porte d'entrée, et sortirent sous une petite averse de neige. Ils marchèrent en silence jusqu'à un endroit d'où ils pouvaient Transplaner.

« Est-ce que vous savez où nous allons ? »

« Non. »

« D'accord. Ne bougez pas, » dit Hermione en passant les mains autour de ses épaules. Alors qu'il posait les mains autour de sa taille, elle se souvint soudain de la façon dont il l'avait attirée contre lui, et frissonna. Elle ne pouvait pas continuer à y penser si elle ne voulait pas les faire Transplaner en plusieurs morceaux. Elle évita de regarder son visage, et détourna la tête en visualisant le Terrier dans son esprit.

Avec un 'pop', ils disparurent.