Chapitre vingt et un

Hermione n'alla pas à Pré Au Lard ce jour-là finalement, que ce soit pour acheter une Pensine ou pour prendre le thé avec Ginny Weasley. Quand elle l'appela par la cheminée, Ginny était sur le point de partir pour l'entraînement, et ne serait pas de retour avant la fin de l'après-midi.

Elle prit un long bain dans sa somptueuse baignoire, où elle pensa à Severus et à ce qu'elle allait lui dire plus tard. Elle refusait de l'éviter, peu importait combien elle avait peur de le voir. Elle avait affronté pire, des Mangemorts dans la force de l'âge, et des sorciers et sorcières de treize ans, alors elle pouvait bien faire face à un Maître de Potions avec qui elle avait couché dans un moment d'égarement.

Ron nous tuera, moi d'abord, Severus ensuite. Harry se contentera probablement d'en rire, il trouvera toute cette histoire très drôle, j'en suis sûre.

Elle s'enfonça dans les bulles chaudes, allongeant ses jambes sur toute la longueur de la baignoire. Elle ne pouvait toujours pas croire ce qui était arrivé. Elle avait passé la nuit avec Severus Snape, l'imbécile graisseux qui la terrorisait quand elle avait onze ans, qui lui faisait encore une peur bleue douze ans plus tard, et elle ne savait toujours pas ce qu'elle allait pouvoir lui dire.

Eh bien, je ne peux pas nier que j'aime bien Severus, et que j'apprécie sa compagnie, décida t'elle. Mais c'était une erreur de coucher avec lui. Je pourrais peut-être le lui dire, avec tact. Mais il risque de s'énerver. Ou alors, il sera soulagé de savoir que je n'attends pas que nous poursuivions une relation. Par la barbe de Merlin !

Ça faisait trop de choses à penser pour le moment. Ses doigts et ses orteils étaient tout ridés, et elle sortit finalement de l'eau qui refroidissait. Elle enveloppa ses cheveux d'une serviette, et en utilisa une autre pour se sécher, avant d'aller dans sa chambre pour enfiler un jean et un pull vert foncé, et d'attraper sa cape.

Hermione décida d'aller à Londres voir ses parents, chose qu'elle n'avait pas faite depuis longtemps. Ce n'était pas qu'elle ne les aimait pas, bien au contraire. Mais de plus en plus, elle avait l'impression qu'ils n'avaient rien en commun, à part leur parenté. Comme on était le 31 décembre, ses parents avaient fermé leur cabinet pour la journée, et ils sortirent tous les trois dîner au restaurant. Quand la conversation se tarit, ils se dirent au revoir, et Hermione alla dans le Chemin de Traverse, où elle flâna chez Fleury et Blotts, pour finalement y acheter deux livres. Ensuite, elle s'arrêta à la boutique de Florian Fortarôme, où elle commanda un énorme sundae au chocolat qui fit des merveilles pour son moral.

Elle Transplana à la limite de Pré Au Lard et décida d'aller voir Severus maintenant plutôt que d'attendre. Ses pensées se bousculaient pendant qu'elle remontait le sentier couvert de neige, les poings enfoncés dans les poches de sa cape, mais elle n'avait toujours rien trouvé à lui dire quand elle arriva à la porte d'entrée, et elle prit une profonde inspiration avant de commencer à descendre les escaliers menant aux cachots. Chacun de ses pas résonnait trop fort sur les pierres, et elle remonta le couloir désert avec la même gêne qu'elle aurait éprouvée en traversant une foule qui la regardait. Arrivée à la porte, elle hésita, son courage l'abandonnant.

Allez, Granger, tu peux y arriver.

Elle prit une autre profonde inspiration, et tourna la poignée. Elle le chercha du regard, il était dans son fauteuil habituel, un gros livre entre ses mains fines. Severus leva les yeux quand la porte se referma.

Hermione cessa de respirer quand leurs yeux se rencontrèrent, jusqu'à ce qu'une douleur près de son cœur la force à remplir ses poumons à nouveau. Elle réussit à prononcer un bref « Salut. »

« Bon après-midi, » répondit-il d'un ton plus doux qu'à son habitude. « Tout s'est bien passé à Pré Au Lard ? »

« Oh, je suis allée à Londres. » Elle avança vers l'autre fauteuil en expliquant, « j'ai rendu visite à mes parents, et je suis passé chez Fleury et Blotts finalement. »

Il la suivit du regard, ses yeux noirs et indéchiffrables, et elle s'assit.

« Qu'avez-vous acheté ? »

Elle avait déjà oublié les titres et dût regarder les livres pour lui répondre. « Euh… Une Nouvelle Appréciation de l'Education Magique en Europe… » il eut un reniflement moqueur « … et Théorie de la Métamorphose Transubstancielle. »

« Alors comme ça vous envisagez de prendre la place de Minerva ? » demanda t'il de sa voix basse, avec un petit sourire.

« Non, il se trouve juste que j'apprécie toujours la Métamorphose, » continua t'elle, ne remarquant pas que son sourire se transformait en rictus. « Spécialement au niveau moléculaire, en comparaison avec la physique. »

« Fascinant. »

« C'est vous qui avez posé la question. » Il grommela et revint à son livre. Après quelques instants, elle demanda, « Est-ce que vous avez avancé aujourd'hui ? »

« J'ai passé plusieurs heures à la bibliothèque, à chercher dans les livres de la Réserve des informations sur la racine de Saint Jean. Malheureusement, je n'ai rien trouvé de probant. »

« C'est une idée intéressante, en fait. J'y jetterai peut-être un œil plus tard, » dit-elle, et il acquiesça. « Dans combien de temps la prochaine potion sera t'elle prête à être testée ? »

« Pas avant que les cours ne reprennent, le deuxième mardi, je pense. »

« Zut. Je voulais prélever un échantillon pour y ajouter une infusion de jus de mandragore. »

« J'y avais pensé moi aussi, » commenta Severus sans lever les yeux de son livre, « mais je doute que ça fonctionne. »

« Tant que nous n'aurons pas essayé, nous aurons des doutes. Et puis, il ne m'en faudra qu'une dose. »

« Très bien. »

Le silence se fit entre eux, et Hermione s'assit, laissant ses doigts courir sur ses livres, jetant de temps à autre un regard à Severus. Il était plongé dans sa lecture, et ne la remarqua pas. Elle ne s'était certainement pas attendue à ce qu'il soit aussi disposé à discuter, et se demanda brièvement si elle devait aborder le sujet de la nuit dernière. Elle y renonça rapidement.

Elle alla voir ce que donnait la Mortalis Fallax, les quatre chaudrons. Pendant le temps où ils avaient travaillé séparément dans le laboratoire, ils avaient chacun commencé leurs chaudrons, pour pouvoir faire leurs expériences. Elle jeta un œil au chaudron de Severus, vit qu'il contenait une substance orange-rouge, et ramassa ses notes.

« Severus, c'est normal que ce soit orange ? »

« Hein ? » aboya t'il, tournant vivement le regard vers le chaudron derrière lequel elle était.

« Je ne pense pas qu'elle devrait être de cette couleur, pas après que vous ayez ajouté les œufs de tarentule aujourd'hui. »

Il se leva en sursaut de son fauteuil et traversa la pièce, les yeux lançant des éclairs quand il vit qu'elle disait vrai, et que quelque chose avait contaminé la potion. Il fusilla le chaudron du regard, et Hermione reconnut ce regard, parce qu'elle y avait eu droit tant de fois qu'elle avait renoncé à les compter. Il tourna les talons, dans un grand claquement de robes, et sortit de la pièce en trombe, claquant la porte derrière lui.

Hermione fixa la porte, avant de hausser les épaules et alla s'occuper de sa propre potion, qui était vert foncée et bouillonnait tranquillement. Elle regarda ses notes, et vit qu'il était temps d'ajouter les scarabées broyés. Attrapant le bol, elle en préleva le dosage requis, avant de remuer, satisfaite de voir apparaître des tourbillons bleutés.

La porte s'ouvrit à la volée et Severus revint, une petite fiole à la main. Il alla jusqu'à son chaudron et y versa deux gouttes du liquide clair. Il pâlit en voyant la potion siffler et éclabousser.

« Merde ! »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda t'elle prudemment depuis l'autre côté de la pièce.

Il l'ignora. Sortant sa baguette, il murmura un Sortilège de refroidissement avant d'attraper le chaudron pour aller le retourner sans ménagement dans l'évier derrière lui. La potion maintenant ruinée déborda sur la pierre, éclaboussa le sol.

« Vous vous sentez mieux maintenant ? » demanda Hermione en approchant de lui. « Maintenant que vous en avez mis partout ? »

Il la regarda de travers, sortit sa baguette s'accroupit en murmurant 'Detergeo'. Une lumière bleue s'échappa, et la potion orange disparut. Il répéta l'opération pour nettoyer l'évier et se retourna vers elle, le regard vif. « Satisfaite ? »

« Est-ce que vous allez me dire ce qui s'est passé ? » demanda t'elle.

« J'ai contaminé la potion, et elle ne me servait plus à rien. »

« Merci, ça, je l'avais compris. Comment l'avez-vous contaminée ? »

« C'était… Je me suis coupé le pouce en découpant les chenilles, et je ne me suis pas rendu compte qu'elles avaient été contaminées avant de les ajouter. » Il ne la regardait pas en parlant, et elle était surprise qu'il lui raconte une chose pareille. « Il n'y a pas eu de réaction immédiate, alors je me suis dit que c'était peut-être une quantité négligeable, et que ça ne changerait rien au résultat. »

« Le sang a dû réagir avec les œufs, mais pas avant. Je me demande pourquoi, » s'interrogea t'elle, et Severus la regarda, surpris qu'elle ne lui fasse pas de reproches pour cette erreur.

Il s'éclaircit la gorge, et prit une expression plus neutre. « C'est curieux, mais je ne pense pas que ça porte à conséquence. Je vais devoir recommencer ma potion. »

« Les accidents, ça arrive. Ne vous en faites pas. »

« Mais si, je m'en fais. C'est une perte de temps et d'ingrédients. »

« C'est l'école qui paie pour les ingrédients, et du temps, vous en avez. » Il se renfrogna, et elle sourit, avant d'ajouter d'un ton rieur, « ce n'est pas comme si vous aviez une invitation pour le réveillon du Nouvel An. »

Son air maussade se fit plus prononcé, et il avança vers la table des ingrédients. « J'imagine que vous en avez une, » ironisa t'il.

« Eh bien, Anne m'a invitée à prendre un verre avec elle, Vasily, et quelques amis aux Trois Balais. Si vous voulez m'accompagner, je suis sûre qu'ils n'y verront pas d'objection. »

Il lui lança un regard lointain depuis l'autre côté de la pièce. « Merci, mais ce sera non. M'enivrer en compagnie d'inconnus, ça ne m'intéresse pas. »

« Alors que diriez-vous de prendre un verre avec moi ? Plus tard dans la soirée ? » demanda t'elle, les yeux baissés. Après un long silence, elle leva les yeux, vit ses épaules basses, et pensa qu'il ne lui répondrait pas.

« Oui, » finit-il par dire au couteau et aux chenilles qui étaient devant lui sur la table. « Je prendrai un verre avec vous. »

« Bien. Dans ce cas, j'irai à Pré Au Lard avec Anne, et je reviendrai ici avant minuit. »

Il se concentra sur la découpe de ses chenilles, sans plus dire un mot. Hermione réalisa que Ginny devait être rentrée chez elle maintenant, et qu'elle pourrait lui parler par la cheminée. Elle s'excusa et remonta jusqu'à son bureau.

Hermione lança une pincée de poudre de cheminette dans l'âtre, et plongea la tête dans les flammes une fois qu'elle virèrent au vert. « Vingt et un, Wellington Park, » annonça t'elle, fermant vivement les yeux quand les cheminées se mirent à défiler devant elle.

Quand le mouvement s'arrêta, elle rouvrit les yeux pour voir un salon charmant, où l'on remarquait un canapé vert émeraude, derrière une table d'acajou. Sur la table, un vase en cristal contenait un énorme bouquet de roses rouges.

« Ginny ? »

« C'est toi, Hermione ? » demanda une voix étouffée sur sa gauche. Soudain, Ginny Weasley apparut, et vint s'asseoir sur le coin de la table. « 'Mione ! Comment ça va ? »

« Oh, ça pourrait aller pire. Et toi, ça va ? Dis-moi un peu qui t'a envoyé ces roses magnifiques ? »

Ginny rougit, les joues en feu. « Eh bien, elles viennent de Neville. »

« Neville ? » Hermione en couina presque. « Mais tu ne m'as jamais rien dit à propos de Neville ! »

« Euh, c'est parce qu'il n'y a pas longtemps qu'on sort ensemble, et je ne voulais pas nous porter la poisse ou quoi que ce soit, » expliqua Ginny en souriant. « Oh, Hermione, il est tellement merveilleux. Je ne parviens pas à croire que je ne l'ai jamais regardé quand nous étions à Poudlard. »

« C'est vraiment génial, Ginny ! J'ai toujours su qu'il avait un faible pour toi. »

« C'est vrai ? Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ? »

Hermione sourit en répondant, « A l'époque, personne d'autre que Harry n'existait à tes yeux. »

« Tu dois avoir raison, » admit-elle. « Oh, avant que j'oublie, j'ai la date de mon premier match avec les Canons. C'est le deuxième jeudi de février, et Harry et Ron seront là. Je compte sur toi pour inviter les Professeurs Dumbledore et McGonagall, évidemment. »

« Je ne manquerai ça pour rien au monde ! Et Albus et Minerva non plus, j'en suis sûre ! »

« Alors, de quoi est-ce que tu voulais me parler ? » interrogea Ginny, et Hermione se souvint de la raison pour laquelle elle avait appelé. « Tu avais l'air assez perturbée ce matin. »

« Je dirais même que j'étais très perturbée, en fait. » Ginny leva les sourcils, et Hermione soupira. « Ginny, il faut que tu me promette de ne pas répéter ce que je vais te dire à Harry ou à Ron, sinon je vous tue tous. »

« Bien sûr, tu peux me faire confiance. »

Elle prit une profonde inspiration, et les mots lui échappèrent avant qu'elle ne puisse rien faire. « J'ai couché avec Snape la nuit dernière. »

« Hermione Granger ! » s'exclama Ginny, l'air à la fois horrifiée et incrédule. « Dis-moi que c'est une plaisanterie. Une plaisanterie de très mauvais goût, d'ailleurs ! »

Elle secoua la tête et baissa les yeux vers le parquet. « J'imagine que c'est aussi mauvais que ça en a l'air. »

« Alors, tu vas me dire ce qui s'est passé ? » demanda Ginny, avec une pointe d'impatience. « Ce n'est peut-être pas si grave que ça. »

« Merci, Gin, mais je crois que si. Alors, je l'ai embrassé… » - elle ignora le regard de Ginny – « la veille du jour où nous sommes venus au Terrier. J'étais bouleversée, et je n'aurais pas dû le faire, et nous avons fait comme s'il ne s'était rien passé. Ensuite, après que j'ai disparu avec Harry, il était en colère, véritablement furieux contre moi. »

« Crois-moi, on l'a remarqué. »

« Il m'a évitée pendant presque une semaine, mais je l'ai coincé hier soir, et nous nous sommes disputés, et réconciliés, et je l'ai encore embrassé, et j'ai passé la nuit avec lui. »

« Et aujourd'hui, qu'est-ce qui s'est passé ? Tu lui as parlé ? »

« En partant ce matin, nous n'avons pas vraiment discuté, mais là je reviens du laboratoire, et tout semblait revenu à la normale. »

« Il a semblé normal ? »

Hermione y réfléchit pendant un moment avant de répondre. « En fait, il m'a même paru plus agréable que d'habitude, même s'il a piqué sa crise à cause d'une potion fichue. Nous devons prendre un verre ensemble pour le réveillon du Nouvel An. »

« Un verre ? Hermione Granger, est-ce que tu essaies de coucher avec lui une seconde fois ? »

« Non ! » s'écria t'elle en regardant attentivement son amie. « Pourquoi est-ce que je ferais ça ? »

« Eh bien, tu ne sembles pas si horrifiée que je l'aurais souhaité pour quelqu'un qui a couché avec une telle patate graisseuse… Est-ce qu'il te plait ? » Hermione se mordilla la lèvre inférieure, mais ne répondit rien. « Il te plait, alors. »

« Il est tellement intelligent, Ginny. Même ses sarcasmes sont raffinés, et… »

« … et c'est un salaud fini qui aime torturer les enfants, » répliqua Hermione. « N'oublie pas ça. »

« Il est différent quand on apprend à le connaître. »

« Si tu le dis, Hermione, » concéda t'elle, même si son regard disait bien qu'elle n'était pas tout à fait convaincue. « Je crois que quoi que tu fasses, il faudra que tu sois prudente avec Snape. »

« Tu as raison, je sais. »

Elles demeurèrent silencieuses un moment, jusqu'à ce qu'une lueur malicieuse apparaisse dans le regard de Ginny. Elle demanda, « Alors, c'était comment ? »

Hermione rougit jusqu'à la racine des cheveux et s'étrangla, « Hein ? »

« Oh, allez, 'Mione ! » Un sourire coquin éclaira son visage entier alors qu'elle continuait, « Tu ne peux pas venir me raconter quelque chose d'aussi incroyable, et penser que je ne vais pas chercher à savoir si Snape est un bon coup ! »

« Il est doué, très doué, » admit finalement Hermione, les joues toujours roses.

Soupirant, Ginny conclut, « Eh bien, si tu couches encore avec lui, j'imagine que tu peux l'inviter pour le match. »

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Drago avait l'air content de lui, en approchant des grilles de Poudlard. Il se retourna vers Archibald Bole, l'un de ses contacts au Ministère. C'était Bole qui lui avait arrangé cette inspection de dernière minute de Poudlard, un 31 décembre. En fait, Drago était assez impatient de se retrouver face à face avec Snape, et de revoir Granger, aussi, pour savoir comment tenait le sortilège d'amnésie.

Il passa une main dans ses cheveux blond-blancs, en arrivant devant les marches menant aux grandes portes de chêne. Il était habillé à la dernière mode aujourd'hui, il portait sa longue cape noire sur un pantalon large et un pull à col en V, vert foncé, par dessus une chemise blanche dont il avait ouvert le col. Il remerciait Merlin de ne pas avoir hérité du goût de Lucius en matière de mode, il ne jurait que par les cols hauts et les costumes. Les moldus étaient peut-être incapables de faire de la magie, mais leur mode était mieux, et il n'avait pas peur de l'admettre.

Il ouvrit les portes à la volée, Bole sur ses pas, et entra dans le château, se tenant droit comme un i. Albus Dumbledore et Minerva McGonagall descendaient les escaliers juste en face de lui.

« Professeur Dumbledore, c'est un tel plaisir de vous revoir, » salua t'il d'une voix basse, un sourire relevant les coins de sa bouche alors qu'il s'arrêtait pour leur dire bonjour. « Et le Professeur McGonagall, également. Quelle agréable surprise. »

« Drago, » dit le vieux sorcier, baissant la tête pour regarder Drago par dessus ses lunettes, alors que McGonagall se tenait juste derrière lui. « Je dois dire que je ne suis pas vraiment surpris de vous voir ici. »

« Professeur Dumbledore, je suis Archibald Bole, l'inspecteur en chef du Ministère concernant la nutrition, » se présenta Bole. « Je crois que vous avez été informé de ma visite. »

« Bien sûr, Monsieur Bole, j'ai reçu votre hibou il y a à peine quelques instants. »

Dumbledore fit un signe de tête à McGonagall alors qu'il guidait son visiteur vers les cuisines. Drago adressa un sourire moqueur à la Directrice de Gryffondor, avant de lui lancer par dessus son épaule.

« Même si vous revoir a été des plus agréable, Professeur, je pense néanmoins que je vais aller rendre une petite visite à mon ancien Directeur de Maison, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. »

« Mais pas du tour, Monsieur Malefoy. En fait, je pense que je vais vous accompagner. Je ne voudrais pas que vous vous perdiez en chemin, » répondit-elle, en lui souriant tranquillement.

Il s'était attendu à une escorte quelconque à l'intérieur de l'école, il ne fut pas perturbé par la décision de McGonagall et continua son chemin, le Professeur sur ses talons.

C'était quasiment irréel de voir combien ce décor lui semblait familier, alors qu'il n'était pas revenu dans les cachots depuis qu'il avait eu son diplôme. Il s'arrêta d'abord à la salle de classe de Snape, mais elle était vide, et il n'y avait pas de lumière dans le bureau attenant. Il continua dans le couloir, vers la vieille salle de classe transformée en laboratoire, dans laquelle Drago avait reçu d'innombrables heures de cours du soir de Snape, sur des potions de magie noire, ou des travaux qui dépassaient le niveau des ASPICs de potions – des leçons dont il faisait maintenant profiter Harry Potter.

Il ouvrit la porte, la laissant cogner contre le mur de pierre, et Hermione se leva d'un bond de son fauteuil devant la cheminée.

« Malefoy ! » s'exclama t'elle. « Bordel, mais qu'est-ce que tu fais là ? »

« Oh, c'est simplement une inspection de routine du Directeur de la Nutrition, rien d'extraordinaire, » expliqua t'il de sa voix traînante. Ses yeux froids inspectaient la pièce, prenant mentalement note de tout ce qu'il voyait. « Tu prévois un bon réveillon pour le Nouvel An, Granger ? »

Elle l'ignora, et traversa la pièce pour se tenir entre lui et les potions.

« Hermione, je vais aller chercher Severus, » annonça McGonagall depuis la porte.

« Mais quelle bonne idée. Nous pouvons tout à fait faire notre propre petite fête tous ensemble, ici dans les cachots. »

Drago se mit a tourner dans la pièce, comme un vautour au dessus de sa proie, tout en se maintenant juste hors de sa portée, et Hermione resta avec lui, ne le laissant pas un instant obtenir la moindre information. Il se retourna vers une autre table, et s'arrêta devant le carnet de notes de Severus, qui était resté ouvert à la page où il avait enregistré ses derniers résultats sur la Mortalis Fallax. Il laissa glisser son doigt sur le papier.

« Accio ! » s'écria t'elle, attrapant sans difficulté le carnet qui vola vers elle.

« Alors comme ça, on travaille sur des potions non déclarées ? Est-ce que le Ministère est au courant des petites… expériences qui ont lieu ici ? »

« Pourquoi est-ce que tu ne demandes pas à tes lèche-bottes au Ministère, Malefoy ? » lança Hermione. « Ce n'est pas pour ça que tu les paies ? »

« Du calme, du calme, Granger, » la calma t'il en souriant. « Je suis curieux, c'est tout. Je suis plutôt surpris que tu aies accepté de travailler avec Snape, pour commencer. »

Elle ne répondit rien, se contenta de lui adresser un regard mauvais. Drago remua sa baguette, derrière son dos, et un chaudron explosa de l'autre côté de la pièce.

« Merde ! » s'exclama Hermione en se précipitant. Elle ne vit pas Drago attraper discrètement une fiole et la plonger dans le chaudron qui était devant lui. Il la referma ensuite, avant de remettre fiole et baguette dans une poche intérieure de sa cape.

Il se glissa jusqu'à elle et se moqua, « Tu devrais faire plus attention à tes potions. »

La porte s'ouvrit brusquement et Severus entra en trombe, les robes volant derrière lui, et Minerva sur ses talons. Drago se retourna, un sourire mauvais éclairant son pâle visage, et il traversa la pièce pour se placer devant Severus. Hermione abandonna son chaudron par terre, et vint se placer à côté de Drago.

« Ahh, Professeur Snape. C'est tellement bon de voir que vous vous… portez si bien. »

« Malefoy, » répondit-il de sa voix la plus soyeuse – Hermione y reconnut le danger. Il était tout aussi en colère de l'apparition soudaine de Drago qu'elle l'était elle-même. « A quoi est-ce que je dois ce… déplaisir ? »

« Je suis simplement venu ici avec Archibald Bole, vous devez vous souvenir de lui, et je me suis dit que ce serait gentil de ma part de venir rendre visite à mon cher ancien Directeur de Maison, afin que nous puissions nous remémorer ensemble le bon vieux temps où j'étudiais à Poudlard. » Il plissa ses yeux gris, et eut un petit sourire. « Et parler de mon père, Lucius. Lui, vous ne pouvez pas l'avoir oublié. »

« Bien sûr que non, Drago, je ne compte pas oublier ton père, jamais. » Ses lèvres se pincèrent, avant qu'il ne les retrousse en un petit sourire vicieux. « Ni la sensation de son cou se brisant sous mes mains. Mon seul regret, c'est qu'il soit mort si rapidement. »

Drago siffla entre ses dents, plongeant la main dans sa cape pour y saisir sa baguette, mais Hermione fut plus rapide. Elle avait sa baguette contre le cou de Drago le temps qu'il tende la main vers Snape. Elle leva les yeux et vit que McGonagall pointait également sa baguette sur lui.

« Je ne crois pas, Malefoy, » siffla Hermione. « Je pense qu'il est temps que tu nous laisses. »

Avec un regard qui n'était que pur venin, Drago avança vers la porte, ses yeux lacérant successivement Severus et Minerva quand il passa. Ils le suivirent jusqu'à la Grande Salle, où Dumbledore discutait amicalement avec Bole.

« Encore merci pour votre visite, » dit Dumbledore, pétillant du regard en direction de Drago. « Je ne doute pas que tout ait été parfaitement en ordre. »

« Oui, évidemment, » répondit l'homme du Ministère. « Je n'en attendais pas moins de vos elfes de maison si compétents. Monsieur Malefoy, il y avait autre chose ? »

« Non, j'en ai fini ici, » cracha t'il, regardant Dumbledore d'un air de profond dégoût, avant de tourner les talons et de se diriger vers la sortie à grands pas. L'inspecteur les salua rapidement et se lança à sa poursuite.

Les quatre personnes restantes les regardèrent partir et restèrent silencieux pendant un moment.

« Il s'est montré très intéressé par la potion, » dit finalement Hermione.

« C'est le contraire qui aurait été étonnant, » murmura Dumbledore. « Deux esprits brillants qui travaillent ensemble sur une potion secrète. En fait, je suis surpris que Monsieur Malefoy ne nous ait pas rendu visite plus tôt. »

« Il n'y a aucun doute à avoir, Voldemort en sera informé d'ici quelques heures, » dit Severus, fronçant les sourcils alors qu'il fixait la porte d'entrée.

« Merlin, j'ai horreur que tu fasses ça ! » s'exclama Minerva.

« Que je fasse quoi ? » demanda Severus, feignant l'ignorance.

« Tu sais exactement quoi, » répliqua t'elle. « Certains d'entre nous ne sont toujours pas habitués à entendre son nom. »

Dumbledore se racla la gorge, et tous les yeux se tournèrent vers lui alors qu'il regardait successivement Severus et Hermione. « J'imagine que vous avez compris que vous devrez maintenant redoubler d'efforts sur la potion. Le temps est maintenant devenu un élément crucial. » Ils acquiescèrent tous les deux. « Peut-être qu'il serait utile d'alléger votre temps d'enseignement. »

« Et à qui pensez-vous pour assurer mes cours ? » demanda hargneusement Severus, avec une vigueur qui surprit Hermione – elle avait toujours cru qu'il méprisait l'enseignement et détestait ses élèves parce qu'ils lui volaient le temps qu'il aurait pu passer avec ses propres potions.

« Moi, évidemment, » répondit Dumbledore, le regard pétillant.

« Non ! Je vous l'ai déjà dit, il est hors de question que vous mettiez les pieds dans mes cachots ! Il n'y a personne dans ce château qui soit suffisamment compétent pour assurer ne serait-ce que les cours des première année ! »

« Calme-toi, Severus, ce n'était qu'une suggestion. » Son regard bleu se tourna vers Hermione. Un petit sourire se devinait derrière sa barbe blanche. « Est-ce que vous avez les mêmes sentiments possessifs au sujet de vos cours, Professeur Granger ? »

Hermione étouffa un rire quand elle jeta un œil à Severus. Il lui répondit par une grimace renfrognée, avant d'adresser le même air contrarié à McGonagall, qui se contenta de hausser les épaules.

« Non, pas du tout. Je pense que quasiment n'importe qui pourrait assurer les cours de première et seconde année. »

« Est-ce que vous seriez offensée si je me proposais de le faire, dans ce cas ? » demanda t'il, le regard pétillant de nouveau. Il ignorait Severus qui le fusillait du regard.

« Bien sûr que non, Monsieur le Directeur, » répondit-elle. « D'avoir ces quelques heures supplémentaires pour travailler sur la potion me rendra service, au contraire. »

« Très bien. Il faudra que nous en reparlions avant que les cours ne reprennent. »

« Si vous en avez terminé, il faut que je retourne dans les cachots pour déterminer ce que Malefoy peut y avoir vu. »

« Severus, attendez. Je devais vous parler de quelque chose à tous les trois, » dit Hermione. Dumbledore et McGonagall échangèrent des regards interrogatifs en le voyant revenir sur ses pas à contrecœur. « J'ai parlé à Ginny Weasley cet après-midi, et elle nous a invités à son prochain match de Quidditch, en février. »

« Formidable ! » s'exclama McGonagall. « Bien sûr que nous irons ! »

« Parlez pour vous, » ironisa Severus. « Je ne vois pas le moindre intérêt à voir jouer une équipe si mauvaise simplement parce qu'une Weasley en fait partie. »

« Harry et Ron seront là également, » ajouta Hermione.

« Alors c'est réglé. Hors de question que j'y mette les pieds. »

« C'est tellement injuste ! » dit-elle en se retournant vers lui, les poings serrés sur ses hanches. « Vous devriez arrêter de vous comporter comme un enfant dès qu'il est question de mes amis ! »

Severus se hérissa visiblement, et répondit d'un ton plus sourd, les yeux lançant des éclairs, « Vos amis devraient apprendre à se comporter en adultes au lieu de toujours se prendre pour des adolescents ! »

« Peut-être que si vous ne vous moquiez pas d'eux encore maintenant, ils seraient plus gentils avec vous ! »

Dumbledore les regardait se chamailler avec un grand sourire, remarquant que Severus la traitait avec plus de ménagements que n'importe qui d'autre, même si ce n'était que de peu. Il croisa le regard de McGonagall et ils partagèrent un air amusé. Quand finalement Severus et Hermione se calmèrent, il toussota discrètement.

« Severus, je pense que ce serait une expérience bénéfique pour toi. Je dois te demander de venir assister au match de Quidditch de Miss Weasley. »

« Vous me le demandez, ou vous l'exigez ? » siffla t'il, avec un regard haineux qui aurait pétrifié le plus vaillant des cœurs.

Dumbledore ne répondit rien, se contentant de sourire, avant de se retourner vers McGonagall. « Eh bien, Minerva, que dirais-tu d'aller finir notre thé ? »

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Hermione alla aux Trois Balais avec Anne et Vasily, et ils y retrouvèrent six ou sept autres sorciers et sorcières de Pré Au Lard et de Londres. Elle but avec eux, jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'il était bien plus de onze heures. Elle s'excusa, et malgré les moqueries du groupe sur le fait qu'elle les quittait avant qu'il ne soit minuit, elle ne leur donna pas la raison pour laquelle elle s'en allait.

Elle se dépêcha de retourner à Poudlard, bien serrée dans son manteau, se concentrant sur le chemin à suivre et le fait de tenir debout. Un talon se coinça entre deux pierres, et elle vacilla pendant une longue seconde, jusqu'à ce que finalement il se libère. Elle dût encore tituber sur quelques pas avant de retrouver son équilibre. Ses deux verres de whisky pur feu faisaient leur effet maintenant qu'elle s'était mise à marcher.

Elle arriva finalement au château, ses chaussures glissèrent un peu quand elle traversa le hall d'entrée, et elle s'arrêta le temps de les retirer. Elle poursuivit sa route vers les cachots. Ses bruits de pas étaient atténués puisqu'elle cheminait vers le laboratoire ses chaussures à la main. Elle ouvrit la porte pour découvrir la pièce vide, et ses épaules s'affaissèrent, quand elle vit un morceau de parchemin sur son fauteuil.

« Accio, » lança t'elle impatiemment. La note pliée sauta dans la main qu'elle tendait, et elle la lut.

Si vous tenez toujours à prendre ce verre, rejoignez-moi dans mes quartiers. Utilisez le livre noir usé de la seconde étagère.

Elle se tourna immédiatement vers les bibliothèques, et repéra le livre en question. Elle ne l'avait jamais remarqué auparavant, et elle se demanda s'il était muni d'un sort chargé d'éloigner l'attention de lui. Il faudrait qu'elle pose la question à Severus. Elle tendit la main avec hésitation, puis passa un doigt sur la tranche fatiguée du livre. Elle fit un pas en arrière quand les bibliothèques se mirent à glisser de côté.

Elle entra dans le couloir et tourna à gauche, vers les quartiers de Severus. Elle s'arrêta devant sa porte, prit une profonde inspiration, se préparant.

Je ne vais pas coucher à nouveau avec lui. Je ne le ferai pas. Je ne peux pas.

Elle frappa à la lourde porte de bois, doucement d'abord, puis, n'obtenant pas de réponse, elle frappa plus fort. Elle tendait la main vers la poignée quand la porte s'ouvrit.

« Bonsoir, » dit-elle, la gorge soudain sèche en le voyant, debout devant elle, en pantalon noir et chemise blanche. Les premiers boutons de sa chemise étaient défaits, et elle pouvait apercevoir son torse pâle. Oubliée, la veste sévère qu'il portait habituellement avait été jetée sur une chaise. Quand il leva un sourcil, étonné de la voir tenir ses chaussures à la main, Hermione sourit timidement.

« Bonsoir. »

« Je suis désolée d'arriver si tard, j'ai perdu la notion du temps. »

« L'idée m'a traversé l'esprit que vous étiez restée à Pré Au Lard avec vos… amis. » Ses yeux sombres miroitaient comme des charbons ardents, et l'estomac d'Hermione se noua.

« Je sais, j'avais l'intention de revenir avant onze heures. » Elle sourit et leva un sourcil, pleine d'espoir, avant d'ajouter, « Mais il reste toujours quelques minutes avant minuit, si vous voulez toujours que nous buvions ce verre. »

Severus s'écarta sans un mot pour la laisser entrer, la suivit jusqu'au canapé sur le bord duquel elle s'assit, regardant le feu qui crépitait dans la cheminée. Il s'assit à ses côtés, et elle put sentir ses yeux toujours fixés sur elle, avant qu'il ne se tourne vers la bouteille de whisky et les verres placés sur la table devant eux, pour les remplir généreusement.

Elle le remercia, et ils levèrent leurs verres.

« A ce qu'il reste des vacances et du temps à passer loin des élèves, » proposa t'elle, remarquant qu'un petit sourire traversait le visage de Severus.

« Je peux boire à ça. »

Hermione but une gorgée, fit rouler le liquide sur sa langue avant de le laisser lui brûler la gorge. Elle prit une seconde gorgée ensuite. Elle sentit l'alcool lui passer dans le sang, ses doigts et ses orteils fourmillèrent.

« J'aurais aimé que vous veniez avec nous ce soir, » dit-elle. « Vous vous seriez peut-être amusé. »

Il eut un petit rire, un son abrupt et sans humour. « Je me serais attendu à ce qu'avec votre intelligence affûtée comme un rasoir et votre instinct d'Auror, vous ayez remarqué mon aversion pour la socialisation depuis bien longtemps. Vous me décevez, Hermione. »

En entendant prononcer son prénom, Hermione leva les yeux vers ceux de Severus, et elle fut surprise de voir le sourire content de lui qu'il affichait. Elle s'autorisa un petit sourire avant de retourner son attention à son verre. Elle but une autre gorgée, sa tête bourdonnait. L'horloge de la cheminée sonna minuit et elle se tourna vers lui.

« Bonne année, » dit Hermione.

Severus la regarda, la regardait en fait depuis un moment, de ses yeux noirs intenses, et son bras passa derrière le dos du canapé alors qu'il se glissait plus près d'elle.

« Je crois qu'un baiser est traditionnel, » murmura t'il de sa voix soyeuse, « pour accueillir la nouvelle année. »

Elle ne put s'empêcher d'acquiescer, elle avait perdu l'usage de la parole au moment où leurs regards s'étaient croisés. Il se pencha, ses lèvres frôlèrent celles d'Hermione, et il glissa une de ses mains dans ses cheveux, l'attirant doucement à lui. Le baiser se fit plus profond et elle passa les bras autour du cou de Severus, emmêlant ses doigts dans ses cheveux. Elle pouvait sentir le whisky sur sa langue, et elle tourna la tête en sentant sa main courir le long de son dos.

A travers le brouillard de son esprit, Hermione se souvint de la promesse qu'elle s'était faite plus tôt, et s'écarta de lui. Il l'interrogea du regard alors qu'elle glissait un peu plus loin sur le canapé.

« Je pense qu'il est temps que j'aille m'allonger. Je ne me sens pas très bien, » ajouta t'elle voyant son air sceptique. « Je suis désolée. »

« Est-ce que vous voulez que je vous raccompagne à vos quartiers ? » demanda t'il, une pointe d'inquiétude dans la voix.

« Non, je pense que je vais y arriver, merci. Et merci pour le verre. »

Le regard de Severus se voila, et il glissa à son tour plus loin sur le canapé. « De rien. »

Elle sortit avec un petit « Au revoir », et il entendit la porte se refermer doucement derrière elle. Il finit son verre de whisky et s'en servit un autre, tout aussi bien tassé.

Il vaut mieux qu'elle soit partie. Coucher avec Granger était une erreur que je ne répéterai pas.

Cette pensée tourna en boucle dans son esprit pendant qu'il buvait son verre devant la cheminée qui crépitait. Peut-être qu'en continuant à se le répéter, il commencerait à y croire.

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Il y a longtemps que je ne l'ai pas dit, mais le cœur y est à chaque fois : Maria, merci pour tes reviews.