Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de enlightenedkitty. Et la traduction, de moi !

Chapitre vingt-quatre

Après que Harry Potter l'ait raccompagnée à l'infirmerie la veille au soir, Hermione avait dormi dans le bureau de Poppy Pomfresh. Le vendredi matin, elle était allée jusqu'à sa classe pour griffonner des devoirs au tableau pour chacune de ses classes, leur demandant d'aller passer leur heure de cours à la bibliothèque, sans toutefois prendre la peine de prévenir Madame Pince de ce qu'elle faisait. Elle descendit ensuite dans les cachots, remarquant le calme qui régnait dans la salle de classe alors qu'elle passait à côté, et se demandant ce qu'Albus avait trouvé pour occuper les élèves de potions pendant que Severus était absent. Un sourire se forma sur ses lèvres à l'idée de la colère que Severus piquerait en se réveillant.

S'il se réveille, corrigea une voix mauvaise dans sa tête. Le sourire disparut de son visage.

Quand elle arriva au laboratoire, elle se dirigea immédiatement vers les chaudrons, pour voir l'état des potions ; elles étaient restées sans surveillance pendant plus de dix-huit heures. Aucune ne semblait poser problème, et elle les mit en stase, histoire de pouvoir s'en occuper plus tard. Elle ramassa ensuite le dernier carnet de notes que Severus avait utilisé, ainsi que quelques livres sur lesquels elle devait se pencher depuis un moment, et remonta à l'infirmerie. Elle se dépêcha, parce qu'elle n'avait pas eu le temps de voir comment allait Severus avant de sortir, Poppy ne l'avait réveillée qu'un peu avant l'heure de son premier cours.

Tout au fond de l'infirmerie, Poppy avait installé des paravents, et lancé un sortilège qui tiendrait à l'écart les élèves trop curieux. L'infirmière s'occupait de son patient quand Hermione revint.

« Comment va t'il ? »

« Il semble aller un peu mieux qu'hier soir, je pense, » répondit-elle, en prenant son pouls et en vérifiant ses notes. « Oui, son pouls est plus fort aujourd'hui. »

« Bien. Vous lui avez déjà donné une autre dose de potion fortifiante ? »

« Oui, ainsi qu'un verre d'eau. »

« Poppy, vous êtes formidable, » affirma Hermione avec un sourire reconnaissant.

« Je fais simplement ce que je peux, mon enfant. Oh, le Directeur est passé pendant que tu n'étais pas là. Il voulait savoir si tu passerais la journée ici. Je lui ai répondu que oui. »

« Comme s'il ne le savait pas déjà, » marmonna t'elle. Poppy rit.

« Il ne se passe pas grand chose entre les murs de ce château sans qu'Albus Dumbledore ne soit au courant. Mais ne te laisse pas avoir, il n'est pas omniscient. C'est simplement qu'il a beaucoup d'yeux à son service. »

« J'essaierai de m'en souvenir la prochaine fois qu'il me fera le coup. Allez vous reposer maintenant, je prends le relais. Je suis passée par les cachots pour prendre des notes, histoire de m'occuper. »

« Comment vont vos potions ? Tu peux les laisser sans surveillance ? » demanda Poppy.

« Oui, bien sûr. Je les ai tout de suite mises en stase, comme ça, quand je reprendrai mes expériences, ce sera comme si je n'avais jamais arrêté. »

« Parfait. Appelle-moi si tu as besoin de quoi que ce soit, surtout, » dit-elle, avant de retourner à son bureau.

Hermione posa ce qu'elle avait dans les mains sur le fauteuil, et s'assit sur le bord du lit. Elle tendit la main vers le cou du sorcier, sa barbe naissante crissa sous ses doigts comme les piquants d'un porc-épic. Elle trouva sa carotide, et sentit le sang qui battait, mais elle ne s'autorisa pas à tirer le moindre espoir de cette maigre amélioration.

Sa respiration était toujours faible, et, posant une main sur son front, elle le trouva encore moite, même s'il était un peu plus chaud que la nuit précédente. Elle écarta les longues mèches de cheveux qui tombaient sur le visage de Severus.

A regrets, Hermione se leva pour s'asseoir dans le fauteuil. Elle tourna un moment les pages des notes qu'il avait prises, pour finalement les reposer et prendre un livre. Elle commença à lire, mais ses yeux se tournaient sans arrêt vers le lit, comme si Severus risquait de se sauver en douce de l'infirmerie si elle ne vérifiait pas constamment sa présence. Après une heure à essayer de comprendre le texte qu'elle ne lisait qu'à moitié, elle finit par abandonner et resta assise, silencieuse. Regardant Severus, elle laissa libre cours aux pensées qui se bousculaient dans son esprit, refusant d'en sortir malgré ses efforts.

Elle se rendit compte qu'elle en savait très peu sur l'homme étendu devant elle, malgré tout le temps qu'ils avaient passé ensemble à travailler sur la potion. Il n'avait jamais parlé de lui, et elle n'avait pas non plus posé de question. Elle se demanda si quelqu'un d'autre qu'Albus le connaissait réellement.

Elle regarda les draps se soulever et retomber au rythme de sa respiration, hypnotisée par ce mouvement. Elle était venue à Poudlard non pas l'esprit ouvert, mais avec les mêmes préjugés envers son ancien Professeur de Potions que ceux qu'elle avait du temps où elle était élève. Et coucher avec lui n'y avait rien changé.

Et maintenant, je n'aurai peut-être plus jamais l'occasion de le connaître, pensa t'elle, furieusement. Je me fous complètement de lui, jusqu'au moment où il est sur le point de mourir. C'est tellement typique !

Ses yeux piquèrent, et elle essuya une larme traîtresse, reniflant. Elle reprit le livre posé sur ses genoux, et força son regard à rester dessus, mais les mots et les lettres se mélangeaient sur la page. Le livre lui échappa des mains, et tomba au sol. Elle se pencha en avant, la tête dans les mains, soudain submergée par une vague de désespoir.

&&&&&

Hermione faisait les cent pas dans le couloir du troisième étage comme un tigre en cage, allant et venant, fusillant du regard les élèves qui passaient simplement parce qu'ils la regardaient dans les yeux. Poppy l'avait mise à la porte de l'infirmerie, plus tôt dans l'après-midi, parce qu'elle ne pouvait pas s'occuper de la frustration grandissante d'Hermione en même temps qu'elle soignait sept Gryffondors et Poufsouffles de quatrième année qui avaient avalé des feuilles d'alihosty alors que le Professeur Chourave leur avait clairement expliqué qu'il ne fallait pas le faire. Poppy avait du mal à les contenir, ils couraient dans tous les sens dans l'infirmerie en poussant des cris hystériques.

Hermione était en colère. Ça l'avait prise d'un coup, une furie incontrôlable, et elle savait que c'était irrationnel, que sa colère n'avait même pas de cible, à part peut-être le Mangemort qui avait failli tuer Severus, mais Harry s'était occupé de lui avant qu'elle ne puisse rien faire. Alors au lieu de ça, elle était en colère contre elle-même, contre Poppy, contre tout le monde, même contre Severus, parce qu'il avait pris la potion sans lui en parler, mais en vérité, principalement contre elle-même, parce qu'elle ne pouvait rien faire de plus pour empêcher Severus de mourir.

Un Serpentard de deuxième année remontait le couloir, les mains dans les poches et le pas lourd. Hermione l'interpella hargneusement. « Vous n'avez rien de mieux à faire que de traîner dans les couloirs, Monsieur Rosier ? »

« J'allais voir Madame Pomfresh, » répliqua t'il, surpris de la réprimande.

« Alors circulez. »

Rosier s'exécuta. Tête baissée, il pressa le pas vers l'infirmerie, croisant Albus Dumbledore qui en sortait. Celui-ci vit Hermione au bout du couloir et avança vers elle. L'entendant approcher, elle se retourna pour l'accueillir, le visage fermé.

« Il ne semble pas y avoir d'amélioration notable de son état. »

« Et vous pensez que je ne suis pas déjà au courant ? » lâcha t'elle, le fusillant un instant du regard, avant de détourner les yeux vers un point sur le mur, derrière lui. Albus se contenta de la regarder, et ça ne fit que la mettre plus en colère encore. « J'ai fait tout ce que je pouvais, et il ne s'est rien passé. Je ne peux plus supporter cette… cette incertitude rampante ! »

« Il faut que vous soyez patiente, Hermione. »

« Pourquoi ? » demanda t'elle, d'une voix de plus en plus stridente. « Parce que ceux qui attendent bien sagement sont toujours récompensés ? Je ne suis plus une enfant, je sais que les choses ne finissent pas toujours bien. »

Elle savait qu'il continuait à la regarder, elle pouvait sentir sa compassion qui se dégageait de chacun de ses pores, plus puante encore que de la bile, mais elle gardait les yeux fixés plus loin, parce qu'elle savait qu'elle craquerait si elle croisait son regard. Soudain, il posa une main sur son épaule, et elle se tourna enfin vers lui.

« Mon enfant, vous avez raison, et dans des circonstances différentes, si nous parlions d'un autre homme, je ne me permettrai absolument pas de vous dire que les choses finiront par s'arranger. » Il marqua une pause, et les coins de ses lèvres se relevèrent en un petit sourire quand il poursuivit. « Cependant, je connais Severus Snape depuis plus d'années que je ne peux me souvenir, et je suis sûr de moi quand je dis qu'il sera très mécontent si vous n'êtes pas là quand il se réveillera. »

Hermione regarda au fond des yeux bleus d'Albus, et sut qu'il lui disait la vérité, que Severus se réveillerait, il n'y avait pas à en douter. Elle ne retint pas les larmes qui coulèrent sur ses joues quand elle s'autorisa enfin à croire que Severus survivrait. Albus la serra dans ses bras, et elle plongea son visage dans sa barbe blanche. Après quelques minutes, une fois ses sanglots calmés, il s'écarta et lui adressa un grand sourire.

« Si vous vous sentez d'attaque, je crois que Poppy ne refuserait pas un coup de main avec ces quatrième année hystériques. »

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Elle marchait à l'aveuglette dans la brume, un brouillard si dense qu'il dissimulait tout, sauf le dos de Harry qu'elle suivait.

« Drago est mourant, tu ne te souviens pas ? »

« Malefoy ? »

« Rien ne peut le sauver, pas même moi. »

« Drago ? »

Il disparut, et Hermione lui courut après, bras tendus devant elle, jusqu'à ce qu'enfin elle le retrouve, debout devant un grand lit, dans le brouillard. Elle était sur le point de lui faire des reproches pour s'être sauvé comme ça quand elle remarqua Drago dans le lit. Il n'avait que la peau sur les os, comme une espèce de créature morte-vivante. Elle eut le souffle coupé quand il tourna le regard vers elle, ses yeux étaient hantés, ses cheveux rien de plus qu'une perruque bon marchée accrochée à son crâne.

« Je meurs, » dit-il, dans un râle. « Tu ne te souviens pas ? »

Sous ses yeux, la peau de Drago commença à se racornir et se décomposer, ses cheveux blancs disparaissant, ne laissant que les os, une main tendue vers Harry qui la prenait et s'étendait sur le lit à côté du squelette.

Hermione se redressa d'un coup dans son lit, le souffle coupée, abasourdie. Elle regarda autour d'elle. Une faible bande de lumière filtrait de l'infirmerie sous la porte du bureau de Poppy, et elle se calma une fois qu'elle eut reconnu l'endroit où elle était. Elle jeta un coup d'œil à sa montre, consternée de voir qu'elle n'avait dormi que quelques heures.

Les rêves devenaient plus forts et plus bizarres à chaque fois qu'elle dormait. Poppy lui avait offert de prendre de la potion Nuit Sans Rêves tout à l'heure, quand Hermione lui avait fait part de ses difficultés à dormir. Après plusieurs minutes à peser le pour et le contre, Hermione décida finalement de prendre la potion, afin d'être reposée pour le moment où elle prendrait son tour au chevet de Severus plus tard dans la nuit.

Sa décision prise, elle alla jusqu'au cabinet protégé, derrière le bureau de Poppy, et répéta le mot de passe que la sorcière lui avait donné. Elle trouva facilement la potion, en versa la dose recommandée, et l'avala en une seule gorgée, avec un petit rot. Elle parvint à retourner jusqu'à son lit avant que le sommeil ne l'envahisse, mais elle dormait déjà avant que sa tête ne touche l'oreiller.

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Le sang lui battait dans les tempes, comme les coups d'un tam-tam tribal incessant joué par des sauvages invisibles. Severus força ses yeux à s'ouvrir. Plongé dans une nuit d'encre, il se demanda si ses paupières avaient réellement fonctionné, jusqu'à ce qu'il commence à distinguer des ombres dans l'obscurité. Tournant la tête, il parvint à déterminer qu'il était dans un lit, dans une sorte d'hôpital. Il essaya de bouger ses bras et ses jambes, mais ils refusèrent de coopérer. Regardant de l'autre côté, il vit une silhouette sombre affaissée dans un fauteuil, des mèches folles s'échappant en toutes directions.

« Hermione, » essaya t'il de dire, mais sa langue était trop lourde, et lui donnait l'impression de remplir complètement sa bouche. Il ne parvint qu'à émettre qu'une espèce de magma de syllabes.

Hermione se réveilla en sursaut à ce bruit, et resta bouche bée en le voyant en train de la regarder. Elle se pencha et alluma la bougie de la table de chevet.

« De l'eau, » parvint-il à demander, d'une voix traînante mais compréhensible.

Elle se leva d'un bond et versa un verre d'eau. Severus essaya de lever le bras pour saisir le verre, mais ses muscles étaient trop faibles pour qu'il puisse faire plus que de soulever les draps de quelques centimètres, et il fut incapable de se redresser.

« Voilà, » murmura t'elle, s'asseyant sur le bord du lit, et soulevant doucement sa nuque pour qu'il puisse atteindre le verre qu'elle tenait dans son autre main.

Il but rapidement, comme un homme errant dans le désert depuis des semaines, et s'étouffa un peu avec. Hermione remit le verre sur la table, reposa sa tête sur l'oreiller, avant de lui essuyer la bouche du revers de sa manche, mais elle ne se leva pas du lit.

« Attention, buvez doucement. »

La bouche moins sèche, Severus réalisa qu'il pouvait parler, même si sa voix habituellement si soyeuse sonnait à ses propres oreilles comme un coassement de grenouille.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Nous étions au match de Quidditch de Ginny, et nous nous sommes fait attaquer par des Mangemorts. »

« Je me souviens de ça, mais tout le reste est flou. »

« Pas étonnant. Vous avez été frappé par trois Avada Kedavra. »

Sa voix se brisa quand il demanda, « Trois ? » Hermione hocha la tête. « J'imagine que la potion fonctionne, alors. »

« Apparemment. Comment vous sentez-vous ? »

« J'ai l'impression que la mort aurait été préférable. »

« J'espère bien que non, parce que Poppy et moi avons travaillé très dur pour vous empêcher de mourir. » Elle sortit sa baguette et annonça. « Détendez-vous, je vais prendre vos constantes. »

Severus regarda Hermione qui s'affairait au dessus de lui, passant sa baguette d'un point à l'autre de son corps, les yeux résolument fixés sur ce qu'elle faisait, et son cœur se gonfla. Il était déjà passé près de la mort avant, si souvent qu'il avait cessé de compter, mais c'était la première fois qu'il était sincèrement heureux d'avoir été épargné. Hermione se redressa, satisfaite des résultats obtenus, et remit sa baguette en place.

« Je vais prévenir Poppy que vous êtes réveillé, » annonça t'elle, avant de disparaître derrière le rideau.

Concentrant toutes ses forces, Severus se redressa un peu, parvenant à appuyer ses épaules contre la tête de lit. L'effort l'avait essoufflé, et il ne pouvait pas se soulever plus haut, même si sa position actuelle n'était pas très confortable. Poppy fit son apparition à ce moment-là.

« Severus ! C'est tellement merveilleux de te voir réveillé ! » s'exclama t'elle. « Hermione est allée prévenir Albus. »

Il grimaça, et admit à contre-cœur, « J'ai besoin d'aide pour m'asseoir. »

Elle l'aida à s'installer, plaçant un oreiller contre ses reins pour plus de confort. Se tournant vers la table de chevet, elle attrapa une bouteille opaque.

« Je pense qu'il est temps de prendre un peu plus de potion fortifiante. »

Severus accepta la potion avec reconnaissance, il pouvait la sentir se ruer jusqu'à ses muscles et leur donner de la force. Il repoussa les couvertures, et mit pied à terre.

« Severus, » l'arrêta Poppy d'une voix sévère, « il est hors de question que tu quittes ce lit. »

« Par tous les dieux, femme, je veux seulement me tenir un peu debout, » protesta t'il, mettant peu à peu plus de poids sur ses jambes.

Il se tint debout un moment, avant de vaciller dangereusement. Poppy passa un bras autour de sa taille et le guida sous ses draps.

« Tu resteras ici tant que je le voudrai, » déclara t'elle, le ton et le regard implacables. Il comprit qu'elle ne céderait devant aucun argument. « Nous étions tous très inquiets pour toi, surtout Hermione. Elle ne t'a pas quitté un instant. »

Il leva les yeux vers elle, mais elle était occupée à border les couvertures qu'il avait écartées.

« Quel jour sommes-nous ? »

« Dimanche. »

Il avait l'esprit en ébullition. Il était là depuis l'attaque, jeudi, et Hermione était tout le temps restée avec lui, manquant ses cours ?

« Tu as soif ? »

Il hocha la tête, et Poppy lui tendit un verre d'eau. Il finissait de boire quand Albus Dumbledore entra derrière le rideau, portant des robes vert émeraude par dessus une longue robe de chambre grise. Hermione le suivait. Les yeux de Severus s'attardèrent un moment sur ceux de la jeune femme, avant qu'il n'accorde toute son attention au vieux sorcier qui s'était assis sur le lit près de lui.

« Severus ! »

« Monsieur le Directeur. »

« Comment te sens-tu ? »

« J'ai connu pire. » Il plissa les yeux avant d'ajouter, laissant transparaître un sourire ironique, « mais je suis sûr que mon apparence n'est pas pire que d'habitude. »

Poppy eut un claquement de langue désapprobateur, alors qu'Albus et Hermione s'esclaffaient, même si tous étaient soulagés de voir qu'il retrouvait un semblant de sens de l'humour.

« Oh, Severus, tu es dur avec toi-même, je suis sûr que ces dames en attesteront, » contesta Albus avec un grand sourire, le regard traînant sur Hermione.

Elle rit, mal à l'aise, regardant Severus, qui l'observait avec un intérêt non dissimulé. Toussotant, elle affirma, « Albus a raison. » Elle fut contente de voir Poppy approuver d'un signe de tête, avant qu'elle ne se glisse de nouveau vers son bureau.

Severus s'arracha à la contemplation d'Hermione pour se retourner vers Albus et lui demander, « Est-ce que quelqu'un d'autre a été blessé dans l'attaque ? »

« Charlie Weasley est mort, et Arthur et Ginny ont tous les deux été transportés à Sainte-Mangouste. Ginny est sortie, mais Molly pense qu'Arthur y est encore pour au moins une semaine. »

Severus prit une inspiration, sifflant entre ses dents, et grimaça. « J'imagine que nous ne savons pas qui a mené cette attaque, si ? »

Albus secoua la tête, mais Hermione affirma, « Je pencherais assez pour Malefoy, surtout après cette visite qu'il a faite à Poudlard. »

« C'était trop mal organisé pour venir de Drago, » contra Severus. « Il est très précis et méthodique, et aurait profité d'un moment où j'étais plus ou moins seul pour venir m'attaquer, au lieu de venir quand j'étais littéralement entouré de sorciers et de sorcières bien entraînés. Je miserais plutôt sur Pettigrow. »

« J'aurais tendance à partager l'avis de Severus, » intervint Albus. « Drago n'aurait pas échoué. »

« Vous avez probablement raison, » convint-elle. « Mais tout ça ne nous dit toujours pas pourquoi ils ont décidé de nous attaquer. »

« Nous étions probablement une opportunité trop tentante pour qu'on la laisse passer : Albus, Potter, Arthur Weasley, sans parler de vous, une fille de moldus. »

« N'oubliez pas de vous compter, un espion qui a été découvert et qui a survécu. »

« Je suis presque déçu que Voldemort ne se soit pas donné la peine de me réclamer vivant, » marmonna-t-il.

« Sincèrement, je vous comprends. Qui ne voudrait pas être torturé avant d'être envoyé à une mort horrible ? » répliqua Hermione, la voix dégoulinante de sarcasme. « Heureusement que vous avez décidé de prendre la potion avant que nous ne partions, même si je suis un peu perplexe. Pourquoi est-ce que vous n'en avez pas parlé, ni à moi, ni à personne ? »

Il haussa les épaules. « Je n'ai pas pris la potion parce que je m'attendais à une attaque. Je l'ai prise chaque jour depuis un mois pour vérifier si je trouverais des contre-indications à un usage quotidien. Je n'en ai pas trouvées, à part une augmentation de température de quelques dixièmes de degrés. »

« Oh, » dit Hermione, détournant le regard, décontenancée.

Poppy réapparut soudain, une bouteille de potion Nuit Sans Rêve à la main.

« Ça suffit pour les visites. Mon patient doit se reposer, c'est un ordre, » les informa t'elle.

Albus sourit, et prit congé. « A vos ordres, Madame. Severus, je repasserai te voir plus tard. » Il lui donna une tape sur le bras avant de se lever. Avec un signe de tête pour Poppy et Hermione, il avança vers le rideau. « Mesdames, bonne nuit. »

Poppy se retourna vers Severus essayant de lui mettre la fiole de potion dans les mains, mais il la repoussa.

« Poppy, jamais je n'ai pris aucune de vos potions somnifères, et je ne compte pas commencer ce soir ! »

La sorcière croisa les bras et le fusilla du regard, mais Severus, en tant que champion toutes catégories du regard noir, était immunisé. Il leva un sourcil. Finalement, elle céda et se tourna vers Hermione.

« Tu veux bien rester, dans ce cas ? Pour t'assurer qu'il ne se sauve pas en douce ? »

« Euh, je… je ne sais pas, je n'y avais pas vraiment réfléchi, » balbutia Hermione, regardant la sorcière, puis le lit depuis lequel Severus l'observait attentivement. « Je ne suis pas sûre que nous ayons encore besoin de le surveiller… qu'est-ce que vous en pensez ? »

« Vous pourriez peut-être me tenir compagnie un moment, » dit-il continuant de la regarder dans les yeux. Hermione se rendit compte qu'elle avait la bouche sèche.

« Mais pas trop longtemps, attention, Severus, » prévint gaiement Poppy en se dirigeant vers le rideau. « Bonne nuit, mes enfants. »

Hermione s'assit dans le fauteuil, se mordillant la lèvre inférieure, alors que les yeux noirs de Severus la dévoraient.

« Poppy m'a dit que vous étiez restée depuis jeudi, » dit-il, après un instant.

« Oui, la plupart du temps, » répondit-elle, hésitante, comme doutant de la direction qu'allait prendre la conversation. « Je vous ai ramené du stade. Je suis sortie à quelques reprises, pour aller vérifier les potions, distribuer des devoirs à mes élèves, ou me dégourdir les jambes, ou encore ne pas tuer Poppy – ou lui éviter de devoir me tuer – mais c'est tout. »

« Merci. »

« D'être restée ? » demanda t'elle, une note de surprise dans la voix. Il acquiesça. « Mais qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre ? »

« Vivre normalement votre vie, comme j'aurais cru que vous feriez. »

Elle baissa les yeux vers ses mains. « Je… je n'aurais jamais pu faire ça. J'étais si inquiète… »

La contemplant en silence, alors qu'elle regardait ses mains, le lit, la fenêtre, tout, sauf lui, il réalisa qu'elle n'avait pas pu partir pour la même raison qu'il était content qu'elle soit restée. Son cœur explosa en un millier de morceaux, coupants comme du verre, qui lui déchirèrent les entrailles. Il ne pouvait plus ignorer plus longtemps ce qu'il ressentait, il était si las de prétendre que ça ne l'atteignait pas. Peut-être que c'était la proximité de la mort, mais il se fichait de laisser glisser son masque d'indifférence.

« Hermione, » murmura Severus, d'une voix douce et basse. Elle leva ses yeux bruns vers son regard d'onyx. « Approche. »

Elle lui obéit sans se poser de question, ses jambes la propulsant vers lui sans attendre d'en recevoir l'ordre de son cerveau. Celui-ci se réveilla finalement, et elle chancela à côté du lit. Severus sentit son hésitation, et lui prit doucement le poignet, l'attirant vers le lit. Elle s'assit près de lui, une myriade d'émotions se succédant sur son visage. Il posa son autre main contre sa joue.

« Hermione, » répéta t'il. Ses mots glissaient contre sa peau comme du velours liquide, la réchauffant de leur toucher.

Elle inclina la tête, et il fit glisser son pouce le long de sa joue. Les yeux d'Hermione se gonflèrent de larmes. Il l'attira doucement contre son torse, la prit dans ses bras alors que les larmes coulaient librement sur son visage.

« J'ai cru que j'allais te perdre, » chuchota t'elle entre deux sanglots, et il la serra plus fort. Il pouvait sentir ses larmes transpercer sa maigre chemise de nuit, gouttes chaudes contre sa peau froide.

« Chut, chut. Tout va bien, je ne vais nulle part, » murmura t'il contre ses cheveux, ses lèvres frôlant les boucles. « Il faudrait plus d'une centaine de Mangemorts pour m'éloigner de toi. »

Hermione sanglota de plus belle, et glissa un bras autour de lui pour le serrer, fort. Son poignet lui rentrait dans les côtes, mais Severus n'en avait rien à faire. Il n'y fit même pas attention, étendu qu'il était sur un matelas inconfortable de l'infirmerie, caressant distraitement les cheveux d'Hermione, et remerciant les dieux d'avoir une fois de plus été épargné.

Il sentit Hermione s'endormir. Elle respirait doucement, régulièrement, et il continua de la serrer contre lui. Il essaya de rester éveillé, il y avait tant de choses qui se bousculaient dans son esprit comme des lucioles affolées. La potion, Hermione, ses cours, mais surtout la potion… il fut incapable de lutter et il s'assoupit.

Soudain, il sentit le lit bouger, et il se réveilla d'un coup, craignant qu'Hermione ne s'en aille. Au lieu de cela, il croisa le regard pétillant d'Albus Dumbledore, et se renfrogna.

« Mais qu'est-ce que vous faites là, bordel ? » siffla t'il. Le vieux sorcier répondit par un grand sourire.

« J'avais du mal à dormir, alors je me suis dit que j'allais venir prendre des nouvelles de l'invalide et de sa garde-malade, tout simplement. » Il marqua une pause et regarda le couple par dessus ses lunettes. Severus tenait Hermione dans ses bras, et elle avait la tête appuyée contre son torse. Albus sourit. « Les choses s'arrangent, à ce que je vois. »

« Je suis persuadé que vous êtes aux anges, pas vrai ? Il y a une éternité que vous attendiez cela. »

« Que j'attendais quoi ? de te voir heureux ? Eh bien, oui, je l'avoue. »

Severus prit un air plus maussade encore, et baissa les yeux vers la femme endormie dans ses bras.

« Le bonheur ne dure jamais. »

« Ça ne veut pas dire qu'il ne vaut pas le coup. »

« Oui, oui, ça va. Pas besoin de recommencer à me citer du Tennyson. »

« Je suis content que tu aies enfin remarqué ce que je voulais te dire. »

« Est-ce que vous avez une vraie raison d'être venu ici ? »

« Comme je te l'ai dit, je voulais simplement voir comment tu allais. »

« Alors, ouste ! Sortez d'ici avant que Poppy et tout le reste de l'école n'apprenne la nouvelle. »

« D'accord, » dit Albus en se levant, ses yeux bleu pétillants. Il avança jusqu'au rideau. « Mais tout le monde l'apprendra bientôt. Après tout, qui a déjà vu Severus Snape amoureux ? »

Severus grogna, une vibration sourde qui fit trembler le lit, mais le vieil homme était déjà parti, et il était toujours trop faible pour pouvoir le pourchasser. Il grimaça et se promit de défendre vigoureusement sa réputation de terreur de l'école, quoi qu'il se passe entre lui et Hermione.

Mais Severus ne vit ni Poppy à la porte de son bureau, une mains sur la bouche, dissimulant un sourire à pleines dents quand Albus approcha, ni le clin d'œil du Directeur à la Médisorcière.

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Maria, merci pour toutes ces reviews que tu m'as laissées un peu partout. Moi aussi j'ai pensé à vous, beaucoup. benebu.