Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de Enlightenedkitty.
Chapitre vingt-neuf
« Bien, qui peut me dire quelles sont les différences entre un loup classique et un loup-garou ? » demanda Hermione à ses Serdaigle de troisième année.
Quand elle avait préparé cette leçon sur les loups-garous pour les élèves de troisième année, elle avait souri en se souvenant qu'au cours de sa troisième année à elle, elle avait pu en observer un au moment où elle apprenait à les reconnaître. Elle se demanda ce que faisait Remus Lupin maintenant. Elle ne lui avait pas parlé depuis le début de l'été, bien avant que les cours ne reprennent.
Un élève, le plus intelligent de tous ses troisième année, leva la main et expliqua, « Le loup à un plus long museau, alors que le loup-garou… »
La porte de la salle de classe s'ouvrit à la volée, claquant si violemment contre le mur qu'un tableau tomba au sol, sous les cris de son occupant. Hermione, qui était en train de passer entre les rangées de tables, se retourna pour faire face à l'intrus, surprise de reconnaître Severus dans l'encadrement de la porte.
« Est-ce que je peux vous aider, Professeur ? » demanda-t-elle prudemment, reconnaissant la pure furie qui se lisait sur son visage.
« Que s'est-il passé dans les cachots ? »
Il parlait à voix dangereusement basse, et les élèves assis au fond de la classe se penchèrent en avant, tendant l'oreille, mais tous furent suffisamment prudents pour ne pas croiser l'œil de leur Maître de Potions livide.
« Quoi ? Dans les cachots ? »
« Nous devrions peut-être continuer cette discussion dehors, » dit-il, balayant les élèves de ses yeux noirs, « loin des oreilles indiscrètes. »
Severus tourna les talons, ses robes virevoltant derrière lui. Après avoir indiqué à ses élèves de continuer à lire le chapitre qu'ils étaient en train d'étudier, Hermione le suivit dans le couloir, et ferma la porte derrière elle.
« Bon, qu'est-ce qui se passe ? Je ne suis pas revenue dans les cachots depuis ce matin, avant les cours. »
« Quelqu'un a détruit le laboratoire. »
« Comment ? »
« Toutes les potions ont été répandues, et la réserve de Mortalis a disparu, tout comme mes notes. »
« Hein – mais comment est-ce que c'est possible ? Comment est-ce que quiconque… »
« Ce n'est pas le plus important pour le moment. »
« Est-ce que tu as prévenu Albus ? » Il secoua la tête. « Dans ce cas, nous ferions mieux d'y aller. »
« Et tes élèves ? »
« Un instant. » Hermione ouvrit la porte, et annonça. « Il faut que j'aille voir le Professeur Dumbledore. Retournez à votre Salle Commune jusqu'à ce que l'on vous appelle. Et je veux cinquante centimètres de dissertation sur la façon de reconnaître un loup-garou d'un loup ordinaire, pour le prochain cours. »
Les Serdaigles commencèrent à ranger leurs affaires, grommelant contre la dissertation. Hermione se retourna vers Severus, annonçant, « ça les occupera un moment. Allons-y. »
Ils remontèrent les couloirs rapidement, ne ralentissant que quand Severus donna le mot de passe à la gargouille. Ils montèrent l'escalier en spirale. Hermione sursauta en voyant Dumbledore apparaître à sa porte. Le Directeur semblait extrêmement confus.
« Hermione ? Severus ? »
« Quelqu'un s'est introduit dans… »
Dumbledore tituba pendant un ou deux pas, et Severus et Hermione se précipitèrent tous les deux quand ils s'écroula. Sa tête cogna contre le sol de pierre avec un craquement affreux.
« Albus ! » s'exclama Hermione, s'agenouillant et essayant de trouver son pouls au milieu de toute cette barbe blanche. « Il faut que nous l'emmenions chez Poppy ! »
Pendant qu'Hermione prenait soin du sorcier inconscient, Severus observait le bureau. Une chaise était renversée, des papiers jonchaient le sol. Quelques portraits des anciens Directeurs avaient la toile roussie, mais aucun de leurs occupants n'était visible. Fumseck était introuvable.
« Tu l'emmènes. Je crois que la personne qui a attaqué Albus est la même que celle qui a saboté le laboratoire, et qu'elle est toujours dans le château. »
« Mais tu ne peux pas y aller seul ! Si quelqu'un s'est montré plus fort qu'Albus, tu n'as pas la moindre chance ! »
Severus la regarda pendant un moment, debout face à elle, et elle put lire dans son regard que sa détermination ne faisait qu'aller croissante.
« Albus ne s'attendait pas à être attaqué, moi si. Emmène-le chez Poppy, et préviens les autres professeurs. Il faut que nous l'arrêtions avant qu'il ne s'échappe. »
« D'accord, mais je t'en prie, sois prudent, » l'implora-t-elle, incapable d'empêcher sa voix de trembler.
Il hocha rapidement la tête, et s'éloigna rapidement, sans un regard en arrière, descendant les escaliers deux marches à la fois.
Hermione sortit rapidement sa baguette, et marmonna, « Mobilicorpus. »
Elle descendit les escaliers et s'engagea dans les couloirs, Albus flottant doucement à ses côtés. Son esprit cherchait frénétiquement à comprendre comment tout ça avait pu se produire. Que quelqu'un parvienne à prendre Albus par surprise, c'était tout bonnement inconcevable, ce qui signifiait que ça devait être quelqu'un qu'il connaissait, et qu'il s'était attendu à voir, sinon la personne n'aurait même pas pu entrer dans le château.
Elle entendit des voix dans un couloir adjacent aux escaliers menant au troisième étage. Des élèves, réalisa-t-elle rapidement. Tout aussi rapidement, elle lança un sort pour dissimuler Dumbledore à leurs yeux, elle ne tenait pas à créer une vague de panique. C'étaient deux Poufsouffles qui descendaient l'escalier. Hermione leur demanda de retourner à leur Salle Commune, et d'y attendre des instructions de leur Directrice de Maison.
Quand elle parvint à l'infirmerie, Poppy s'occupait d'un garçonnet couvert de vigne vierge. Hermione manœuvra donc pour installer le corps invisible sur un lit, et conjura des paravents pour les isoler.
Alors qu'elle passait derrière le paravent et voyait ce qui semblait être un lit vide, Poppy demanda, « Tu n'as pas amené quelqu'un, Hermione ? »
Hermione annula son sortilège, et la silhouette de Dumbledore apparut, toujours inconsciente.
« Oh Merlin ! » s'exclama Poppy. « Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Il s'est écroulé, à la porte de son bureau, » expliqua Hermione, s'écartant pour que la médisorcière puisse venir prendre ses constantes. « Nous arrivions pour lui parler quand ça s'est produit. Son bureau a été dévasté, et la même chose est arrivée dans les cachots. Il faut que je trouve les autres professeurs. »
« Vas-y, je m'occupe de lui. »
« Il a une entaille, là, à la tête, » indiqua Hermione, montrant la tempe gauche d'Albus et la trace de sang séché, « à l'endroit où il s'est cogné, et des bleus au niveau du cou également. J'ai fait ce que j'ai pu, mais vous devriez… »
« Hermione Granger ! Je sais comment m'occuper de mes patients dans mon infirmerie ! » La pointe de colère qui avait teinté sa voix fut remplacé par de la férocité quand elle ajouta. « Va plutôt trouver celui qui lui a fait ça ! »
Hermione se précipita de l'infirmerie à la salle de classe de Sortilèges, où le Professeur Flitwick était occupé à expliquer les Charmes de Réjouissance aux Gryffondors de cinquième année en prévision de leurs BUSEs. Tous les élèves la regardèrent avec curiosité quand elle traversa la salle et se pencha pour discuter avec le petit professeur.
« Il y a eu un incident. J'ai besoin que vous m'aidiez à rassembler tous les professeurs devant l'entrée principale. »
« Mais et les élèves ? » demanda-t-il, interloqué.
« J'ai renvoyé les miens à leur Salle Commune. Je propose que nous fassions la même chose avec toutes les classes jusqu'à ce que nous sachions ce qui se passe. »
Flitwick acquiesça, et annonça, « Mesdemoiselles, Messieurs, retournez à votre Salle Commune jusqu'à ce que le Professeur McGonagall vous donne des instructions. »
Il y eut des murmures parmi les élèves, de toute évidence, ils se demandaient ce qui pouvait bien se passer, mais ils n'en rangèrent pas moins leurs affaires pour partir.
« Je m'occupe des étages supérieurs, vous rassemblez tout le monde en bas, et je vous retrouve dans l'entrée dans dix minutes, » lui enjoignit Hermione. Ils se séparèrent.
Neuf minutes plus tard, alors que le bruit des élèves bavardant entre eux tout en regagnant leurs Salles Communes se faisait moins assourdissant, elle redescendait les escaliers, suivie de près par le professeur Sinistra, la dernière qu'Hermione avait trouvée puisque son bureau était dans la Tour Nord. C'était aussi la seule qu'elle avait pu mettre au courant, le temps qu'elles retraversent le château.
Alors qu'elles redescendaient les escaliers jusqu'au rez-de-chaussée, Hermione fut soulagée de voir que Severus s'y trouvait déjà, comme tous les autres professeurs, ainsi que Rusard et Madame Pince, mais à l'exception de Trelawney. Hermione avait trouvé la salle de Divination vide, et décidé de ne pas perdre de temps à essayer de la trouver, puisque de toute façon elle devait être au courant de tout ce qui se passait depuis bien longtemps. Quelqu'un avait même pensé à réunir les fantômes de Poudlard, ainsi que Binns, et ils flottaient tous près du groupe.
« Mais qui aurait bien pu faire ça ? » demandait Minerva alors qu'Hermione et Sinistra se joignaient à eux. Les autres professeurs hochaient la tête, comme pour approuver sa question. « Et pourquoi ? »
« Je ne connais pas les réponses à ces questions, » répondit brièvement Severus. « Mais nous devons fouiller le château et appréhender le coupable. Plus nous perdons de temps, plus il aura de chances de s'échapper. »
« Il a raison, » intervint Hermione malgré les murmures. Tout le monde se tut immédiatement pour écouter l'experte en matière d'attrapage de sorciers qui ne voulaient pas se faire prendre. « Il faut que nous agissions, maintenant. Je propose que nous fouillions le château en petit groupes. »
Les professeurs opinèrent du chef, et elle continua. « Très bien, formez des paires. Sauf vous, Hagrid. Avec Crockdur, vous patrouillez à l'extérieur. Et voyez si vous pouvez avertir Firenze. Rusard, vous prévenez les tableaux, et vous leur demandez de chercher eux aussi. Nous les utiliserons comme moyen de communication si quelqu'un trouve quelque chose. »
Hagrid et Rusard lui adressèrent tous les deux un signe de tête avant de disparaître, pendant que les professeurs se répartissaient en groupes : Anne et Vasily, Flitwick et Chourave, McGonagall et Bibine, Sinistra et Pince – ce qui laissait Severus et Hermione ensemble.
« Ne vous séparez pas à moins d'y être obligés. Si vous trouvez quelque chose, prévenez le portrait le plus proche. Anne, Vasily, vous prenez le septième étage et les tours. Minerva, Madame Bibine, les cinquième et sixième étages ; Professeurs Flitwick et Chourave, le troisième et le quatrième s'il vous plaît ; enfin, Professeur Sinistra et Madame Pince, le premier et le second. Severus et moi fouillerons le rez-de-chaussée et les cachots. Une fois que vous êtes certains que vos étages sont sûrs, allez aider les autres. » Elle se tut un instant, et les regarda un à un avant de reprendre. « Je vous en prie, faites bien attention. La personne qui a fait ça n'hésitera pas un moment à faire du mal à n'importe lequel d'entre vous. »
Les professeurs montèrent les escaliers, ne laissant dans l'entrée que Severus, Hermione, et les fantômes qui flottaient.
« Que souhaitez-vous que nous fassions, Hermione ? » demanda Nick Quasi-Sans-Tête, venant se placer face à elle, et se tordant les mains.
« Je voudrais que l'un d'entre vous garde la porte d'entrée, et un autre la sorcière borgne dans le couloir du troisième étage. Les autres, fouillez les salles de classe. »
Ils s'éparpillèrent, et, remarquant que Severus la regardait, elle demanda avec méfiance, « Quoi ? »
« Tu as bien organisé les choses, » répondit-il, la surprenant avec un compliment. « Nous y allons ? »
Hermione le suivit dans la Grande Salle, qui était vide, et étrangement silencieuse. Elle la condamna d'un sort après qu'ils eurent déterminé que personne ne s'y cachait.
« Qui a bien pu faire ça, à ton avis ? » demanda Hermione à voix basse alors qu'ils remontaient le couloir du rez-de-chaussée, sécurisant les quelques salles de classes au fur et à mesure.
« Je ne tiens pas à spéculer pour le moment. Quand Albus se réveillera, il pourra nous apporter ses lumières sur la situation. »
Ils finirent de fouiller le rez-de-chaussée en silence et descendirent dans les cachots. Severus rompit le silence, proposant, « Tu vas voir la cuisine, et la Salle Commune des Poufsouffles, je m'occupe de celle des Serpentards, et je commence à vérifier les salles de classe. »
« Mais j'ai dit aux autres de ne pas se séparer ! »
« Il y a peu de risques que le coupable redescende dans les cachots, c'est un étage sans issue. »
« D'accord, » concéda-t-elle après un moment de réflexion. Tournant les talons, elle alla voir les Poufsouffles.
Hermione donna le mot de passe d'urgence des professeurs, qui ouvrait la porte de toutes les Salles Communes, et rangea sa baguette avant d'entrer. C'était la première fois qu'elle entrait dans la Salle Commune d'une autre Maison. Ce n'était pas très différent de celle de Gryffondor, aux couleurs près, et elle se demanda pourquoi elle s'était attendu à ce qu'il en soit autrement. Les Poufsouffles qui étaient dans la pièce abandonnèrent tous ce qu'ils étaient en train de faire pour la dévisager – des livres tombèrent, des pièces d'échecs furent lâchées au milieu d'un coup, les conversations s'interrompirent. Hermione s'éclaircit la gorge.
« Excusez-moi, mais est-ce que l'un d'entre vous aurait vu quelque chose qui sort de l'ordinaire ? » Sa question ne reçut que des regards perdus pour toute réponse. « Des visiteurs imprévus, ou quoi que ce soit de bizarre ? »
Quelques élèves secouèrent la tête, et elle se força à afficher un sourire confiant.
« Dans ce cas, merci pour votre aide. Le Professeur Chourave viendra bientôt vous voir. »
Elle se tournait pour partir quand une Poufsouffle, une septième année prénommée Amanda, lui demanda, « Qu'est-ce qui se passe, Professeur Granger ? Est-ce qu'il est arrivé quelque chose ? »
« Nous sommes en train de nous en occuper en ce moment même, mais tant que vous restez dans votre Salle Commune, tout ira bien. Le Professeur Chourave viendra vous voir dans peu de temps, et elle sera en mesure de vous donner des instructions. »
Hermione repassa la porte avant d'avoir à répondre à d'autres questions, sortant immédiatement sa baguette alors qu'elle avançait vers les cuisines. Elle chatouilla la poire, et ouvrit la porte avec précaution.
« Miss Hermione ! » Une exclamation joyeuse l'accueillit, et Dobby se précipita vers elle, s'agrippant à ses jambes avant qu'elle ne puisse le repousser. « Dobby espérait que tu viennes le voir ! »
« Dobby, est-ce que tu as vu quelqu'un ici aujourd'hui ? Quelqu'un qui ne serait pas un professeur ou un élève ? »
L'elfe de maison fronça les sourcils. « Non, Miss. Dobby a seulement vu des autres elfes aujourd'hui. Est-ce qu'il y a un problème, Miss ? »
« Il y a un intrus dans le château, et nous essayons de le retrouver avant qu'il ne s'échappe. Alors si tu vois quelqu'un, n'importe qui, qui ne soit pas un professeur, je veux que tu l'arrêtes, et que tu envoies chercher un professeur. »
« Oui, Miss, » répondit l'elfe, hochant la tête d'un air grave.
« Même s'il s'agit de Harry Potter. »
« Mais Maître Harry ne ferait jamais… »
« N'importe qui, Dobby. »
« Oui, Miss, » répéta-t-il, les yeux écarquillés, effrayé devant la perspective de devoir retenir Harry Potter prisonnier. « Si je vois n'importe qui, même Maître Harry, je vous appelle, Miss. »
« Merci, Dobby. »
Hermione rebroussait chemin vers la porte, refusant la nourriture que l'elfe lui proposait, toujours en plein désarroi, quand Severus entra en trombe.
« Dépêche-toi. Quelqu'un a été vu au troisième étage, et un professeur a été attaqué. »
Elle se précipita à sa suite. Ils se ruèrent dans le couloir, jusqu'à l'immense escalier de marbre remontant dans le château pour monter les marches deux à deux. Alors qu'ils arrivaient au deuxième étage, Chourave descendit vers eux à toute vitesse. Ses yeux fous trahissaient la frayeur qu'elle avait ressentie.
« Il y a quelqu'un là-haut ! Il a eu Filius, et il m'a manqué de peu ! Je ne sais pas s'il est toujours en vie ! »
Hermione attrapa la professeur sous le choc par les épaules, et essaya de la calmer. « Est-ce que vous allez bien ? Est-ce qu'il vous a touchée ? Est-ce que vous avez pu le voir ? Où est-ce qu'il était ? »
Elle secoua la tête, ses mèches grises volant dangereusement en tous sens, et elle s'écria, « Je ne peux pas y retourner ! Je ne sais pas me battre ! Je ne peux pas, je ne peux pas ! »
Severus se renfrogna, et dit d'une voix bourrue, « Nous perdons du temps. Laisse là partir, avant qu'il ne s'échappe. »
Avec un signe de tête pour Chourave, dont le regard sembla refléter le soulagement de ne pas avoir à faire face à l'intrus une seconde fois, Hermione entreprit de monter au troisième étage, suivie de près par Severus, alors que Chourave quant à elle descendait vers le premier. La baguette d'Hermione était glissante de sueur, et quand ils marquèrent une pause sur le palier du troisième étage, elle en profita pour l'essuyer rapidement sur ses robes, pendant que Severus attendait ses instructions.
Elle s'accroupit et passa la tête dans le couloir, essayant de se montrer aussi peu que possible, mais le corridor était désert, et un silence lourd régnait partout. Elle se recula, et s'engagea dans le couloir, faisant signe à Severus de la suivre alors qu'elle allait inspecter une salle de classe dont la porte était ouverte, vers le milieu du couloir. Elle se glissa près de la porte en silence, regrettant de ne pas avoir eu la présence d'esprit de récupérer la Carte des Maraudeurs en allant prévenir les professeurs.
Ils s'arrêtèrent avant la porte, tous les deux collés contre le mur, à l'extérieur de la salle de classe. Hermione fouilla ses poches à la recherche de quelque chose, n'importe quoi, et finit par trouver une plume. Un murmure plus tard, la plume se transforma en un petit miroir coudé, du genre de ceux que ses parents devaient utiliser dans leur cabinet dentaire. Elle tendit le miroir. Il ne lui offrit pas une vue parfaite de la pièce, mais apparemment, aucun intrus ne les y attendait.
Elle passa sa tête à la porte, et eut une petite inspiration de surprise en voyant le corps de Flitwick étendu au sol.
« Quoi ? » demanda Severus, toujours derrière elle.
« J'ai trouvé Flitwick. »
Elle le sentit avancer afin de regarder au dessus de son épaule, et ce fut au même moment qu'ils découvrirent tous les deux le deuxième corps.
« Chourave ! »
Impossible qu'il s'agisse de quelqu'un d'autre. Avant qu'Hermione ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Severus s'était rué dans le couloir, et descendait les escaliers en quatrième vitesse.
Hermione se tourna vers le portrait magique le plus proche, un petit sorcier quelconque, et lui cria. « Préviens McGonagall ! Qu'elle vienne ici ! Dis-lui que des professeurs sont blessés ! »
Hermione s'élança à la suite de Severus, se rapprochant un peu plus de lui à chaque étage qu'ils descendaient, jusqu'à le rattraper au rez-de-chaussée, pour jaillir au soleil éclatant de l'après-midi, de l'autre côté de la Grande Porte.
« Hermione ! » les interpella Hagrid, depuis le sentier menant au lac. Elle courut vers l'homme immense et son énorme chien, qui tanguait vers elle. « Le Professeur Chourave m'a demandé de vous dire qu'il fallait qu'elle parte. Elle m'a dit que vous alliez m'expliquer. Elle était rudement pressée. Elle avait même un balai avec elle. »
« Merde ! » s'exclama-t-elle, en arrivant devant le demi-géant. Ses poumons la brûlaient d'avoir autant couru, et elle était en colère contre elle-même de ne pas avoir vu clair dans une telle tactique de diversion. Severus arriva quelques secondes après elle, le souffle court, et gratifia Hagrid d'un regard mauvais.
« Et ça ne vous a pas semblé bizarre, Hagrid, qu'un professeur s'en aille à un moment pareil ? »
« Ben… »
« C'était l'intrus, espèce d'imbécile ! » hurla-t-il, les yeux lançant des éclairs. « La véritable Chourave n'aurait jamais osé quitté le château, et certainement pas pendant que nous sommes dans un tel état d'urgence ! »
« Calme-toi, on s'est fait avoir nous aussi, » lui rappela Hermione, en posant une main sur son bras pour le retenir. Ça fonctionna. Il se détourna pour fusiller du regard le château.
« Nous ferions mieux de prévenir les autres. Et de trouver ce que nous allons pouvoir dire aux élèves. »
Severus se mit immédiatement en route vers le château, et sans prendre la peine d'attendre qu'elle réponde, lui lança par dessus son épaule, « Je vais prendre des nouvelles de Dumbledore. »
Hermione, après avoir rassuré et réconforté un Hagrid dans tous ses états, retourna également au château, le demi-géant sur ses talons. A l'intérieur, les professeurs s'étaient rassemblés, Chourave et Flitwick compris. Tous les deux semblaient un peu désorientés, mais n'avaient rien de grave, puisqu'ils avaient simplement été pétrifiés.
« Je n'ai rien vu. » racontait Chourave, « J'ai vu Filius s'écrouler, et le temps que je me retourne, il m'a eue moi aussi. »
« Qu'est-ce qui s'est passé, Hermione ? » demanda McGonagall. « Severus a laissé entendre qu'il s'agissait d'un imposteur ? »
« Oui, quelqu'un a pris l'apparence du Professeur Chourave, et nous a trompés, Severus, Hagrid et moi. Du Polynectar, j'imagine. »
« Est-ce que vous pensez qu'il va revenir ? »
« Tant que nous ne savons pas avec certitude ce qu'il est venu chercher ici, c'est difficile à dire. Rester sur nos gardes ne serait pas une mauvaise idée. »
« Très bien, » répondit McGonagall, prenant avec assurance la tête des opérations. « Je veux un professeur supplémentaire pour chaque ronde cette nuit. »
Chourave demanda, « Et pour les élèves ? Qu'est-ce qu'on va leur raconter ? »
« Nous devrions leur dire la vérité. C'est ce qu'Albus attendrait de nous. »
« Mais toute la vérité, Minerva ? » contra Flitwick. « Ça va simplement les effrayer. »
Hermione intervint rapidement. « Il a raison. Je pense que nous devrions leur dire qu'il y avait un intrus, et qu'il est parti maintenant, mais rien d'autre, surtout pas au sujet des professeurs et du Directeur. »
« Nous leur dirons qu'il est malade, et que je le remplace jusqu'à ce qu'il aille mieux, » proposa Minerva, les regardant successivement. « Ce ne serait pas seulement mauvais pour les élèves, mais également pour l'ensemble de la population magique de savoir que quelqu'un a été capable de blesser Albus Dumbledore, et pour cette raison je dois insister pour que cette information reste dans le château, sans exception. » Tout le monde acquiesça, et elle continua. « Pomona et Filius, allez dans vos Salles Communes, et expliquez à vos élèves ce qui s'est produit. Ce sera tout. »
Après que McGonagall les ait remerciés, Hermione monta à l'infirmerie, pour voir Dumbledore et Severus. Principalement Severus, elle avait besoin du réconfort que lui procurait sa simple présence. Elle le, les trouva derrière le même paravent où elle avait laissé Dumbledore plus tôt, et un seul coup d'œil lui suffit pour voir que son état n'avait pas beaucoup changé depuis.
Severus était assis, très droit, sur la chaise, à côté du lit. Les bras croisés et la tête baissé, il regardait le sol, l'air mauvais. Il ne signala qu'il était conscient de sa présence qu'en tournant légèrement la tête vers elle.
« Comment va-t-il ? Qu'a dit Poppy ? »
Elle dut tendre l'oreille pour entendre le grondement sourd par lequel il lui répondit, « Poppy ne sait pas ce qu'il a, et son état n'a pas changé depuis que tu l'as amené ici. »
« Pourquoi est-ce que cet – cet individu aurait blessé Dumbledore comme ça, pour se contenter de pétrifier Flitwick et Chourave ? »
« Ce qui est plus important encore, » contra-t-il, « c'est de savoir qui a bien pu faire ça à Albus Dumbledore. Il a été pris par surprise. C'était forcément quelqu'un qu'il connaissait, en qui il avait confiance. »
Hermione ne répondit rien. Elle resta là, le regard plongé dans les yeux noirs qui la transperçaient, et le nom qui n'avait cessé de l'inquiéter depuis des semaines lui échappa.
« Harry. »
