Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de enlightenedkitty. Une traduction benebu.

Chapitre trente et un

Harry essaya d'ouvrir les yeux, mais ses paupières lourdes refusèrent de coopérer au début. Il parvint enfin à lever la tête du sol de quelques centimètres avant que son cou ne rechigne à l'effort. Sa tête cogna contre le plancher, faisant ricocher la douleur dans le moindre recoin de son crâne. Une vague de nausée le surprit, et il tourna la tête de côté à temps pour cracher une substance laiteuse, qui ne ressemblait à rien qu'il se souvenait avoir avalé. Il grimaça en sentant le liquide traverser le fin tissu de sa chemise – c'était tiède, un peu collant, définitivement inconfortable.

Il roula la tête, pour fixer à nouveau le plafond. Son souffle était court et haché. La pièce était dans le noir, le seul éclairage était un faible rai de lumière qui passait entre les rideaux, mais il était dans son salon, il reconnaissait les formes sombres de ses meubles. Il n'avait pas la moindre idée de la raison pour laquelle il était par terre, essayant de ne pas se vomir dessus. Il ne savait même pas quel jour on était. Il essaya de bouger ses doigts et ses orteils, mais sans succès.

« Drago ? » chuchota-t-il faiblement. Sa voix se perdit dans le noir.

Harry resta allongé au sol, perdant et reprenant connaissance. Des silhouettes inquiétantes apparaissaient par intermittence, dans ces instants imprécis pendant lesquels il n'aurait su dire si ses yeux étaient ouverts ou non, s'il était éveillé ou en train de rêver.

Enfin, le brouillard qui encombrait son esprit commença à se dissiper, et il fut capable de se concentrer suffisamment pour rouler sur un côté, et de là, parvenir à se dresser à genoux. Il flageola et retomba à quatre pattes, haletant à cause de l'effort. Après un moment, il fut capable de se traîner vers le canapé, ne s'arrêtant que brièvement pour se frotter l'épaule, qu'il avait cognée dans un pied de table.

« Lumos, » murmura-t-il, et quelques bougies s'allumèrent, baignant la pièce dans une faible clarté.

Après plusieurs tentatives infructueuses, il parvint à se hisser sur le canapé, et s'arrêta le temps de reprendre son souffle, et de faire l'état des lieux de sa condition physique. Son estomac grondait et se soulevait, sa tête le lançait, il avait mal à l'épaule à cause du pied de table, et il ne savait pas où étaient ses lunettes. Plissant les yeux, il balaya la pièce du regard pour essayer de localiser les lunettes, mais il ne les vit nulle part.

« Drago ? » appela-t-il une fois de plus. Cette fois, sa voix était suffisamment forte pour emplir la pièce, mais il ne fut pas surpris de ne pas recevoir de réponse, à cause du calme inquiétant qui régnait dans l'appartement. Harry décida de ne pas prendre le risque de se déplacer sans ses lunettes, et les appela d'un accio.

Un bruissement dans la chambre à coucher l'informa que c'était là-bas qu'elles se trouvaient. Il répéta le sort, et fut cette fois récompensé, l'objet en question volant jusqu'à sa main tendue. Il les glissa sur son nez, ignorant la fissure d'un des verres, et se mit à la recherche de sa baguette. Tapotant sommairement ses poches, il confirma qu'elle n'était pas sur lui, et il finit par la voir, sur le sol de la cuisine.

« Accio baguette. »

Au mur, la pendule indiquait une heure. Harry se frotta le visage, et se redressa sur le canapé, tentant de comprendre ce qui venait de se passer. Il se souvenait parfaitement bien de la nuit dernière : le retour du Ministère, en balai, avec les documents nécessaires. Drago qui lui avait posé des questions sur tout son plan, dès son retour. Leur dispute, ensuite, et la réconciliation qui avait suivi, après laquelle il s'était endormi sans problème.

Mais il ne parvenait pas à se souvenir de quoi que ce soit après ça, ni de pourquoi il s'était réveillé par terre et tout habillé. Ou, alors que ses yeux se posaient sur l'endroit où il avait laissé le sac plein de la potion de Snape et des papiers concernant Poudlard, pourquoi le sac n'était plus là. Dès qu'il eut pleinement réalisé que le sac avait disparu, il vit un morceau de papier au sol, devant la porte. Harry se leva d'un bond, et, attendant que le léger malaise qui empêchait ses jambes de fonctionner convenablement soit dissipé, il traversa la pièce aussi vite qu'il l'osa. Il ramassa le papier d'un geste vif, et le lut immédiatement, si vite que ses yeux eurent du mal à comprendre les mots qu'il lisait. Alors que le papier lui glissait de la main, son autre main se tendit vers le mur, et il ne fut pas loin de s'effondrer, criant,

« Drago, non ! »

Les effets de la potion devraient se dissiper en début d'après-midi. Tu devrais partir dès que tu liras ces mots. Il va venir, et rien ne l'arrêtera avant qu'il ne te retrouve. Je sais que tu m'aimes, mais j'espère qu'un jour tu comprendras combien moi aussi je t'aime.

&&&&&&

Les cours traînèrent en longueur toute la matinée, jusqu'à ce que l'heure du déjeuner arrive enfin. Hermione dut faire un effort pour ne pas courir jusqu'à l'Infirmerie. S'attendant à entrer dans une pièce tranquille pour discuter avec Poppy, Hermione fut surprise de se retrouver au beau milieu des vociférations de la Médisorcière et de Severus Snape, près du lit où était étendu Dumbledore, indifférent au vacarme tout proche.

« Réveillez-le ! » hurlait Severus à Poppy qui, à son crédit, ne cillait pas, et n'avait pas reculé d'un pouce malgré la silhouette imposante qui la toisait.

« Severus, c'est hors de question ! Dans l'état où il est, ça pourrait lui être nocif d'être réveillé de force ! » protestait la petite sorcière, tapotant du doigt le torse de Severus pour ponctuer son argument.

Ni l'un ni l'autre ne remarquèrent son arrivée, alors elle avança, et se joignit à la bagarre, expliquant, « Poppy, nous avons besoin de lui parler, sinon nous ne vous le demanderions pas. »

Les deux visages se tournèrent vers elle, tous deux d'abord surpris. Puis Severus se renfrogna et corrigea, « Ce n'était pas une demande. » Il se retourna, et fixa le corps inconscient de Dumbledore.

« Si, c'en est une, » le contredit Hermione, ignorant le regard mauvais qu'il adressa à son profil. « Parce que Poppy saura comment le réveiller au mieux. Mais il faut que nous lui parlions, Poppy, ce n'est pas une option, et nous avons besoin de votre aide. »

Poppy adressa un regard noir à Severus, qui le lui rendit à l'identique. Finalement, elle soupira, et céda. « Je n'aime pas ça, je tiens à le dire, mais je pense que vous comprenez bien tous les deux à quel point son état est sérieux. » Sévèrement, elle regarda successivement Severus et Hermione, avant de soupirer et d'annoncer, « Je vais chercher le philtre. »

Hermione regarda la sorcière se diriger vers le bureau avant de se retourner vers Severus. « Tu es parti bien vite ce matin. »

Il lui adressa un regard calculateur avant de répondre, d'une voix dénuée de la moindre émotion, « J'avais des choses à faire. »

« Bien sûr, je n'en doute pas, » répondit-elle calmement, croisant les bras.

Un silence inconfortable s'installa entre eux alors qu'ils s'entre-regardaient, et il ne fut brisé que quand Poppy revint avec une fiole de Philtre de Réveil du Verreux, mais elle était trop distraite pour s'apercevoir de la tension qui régnait entre les deux professeurs.

« Nous y voilà. J'ai besoin que l'un d'entre vous lui tienne la tête. »

Severus était le plus près, et il s'approcha de Dumbledore, lui soulevant doucement la tête alors que Poppy lui ouvrait la bouche et lui donnait à la cuillère le dosage préconisé. Severus reposa la tête du Directeur sur l'oreiller, et tout le monde attendit impatiemment que la potion fasse effet, mais rien ne se passa pendant la première minute.

« En combien de temps cette potion agit-elle ? » demanda Severus, son impatience de plus en plus visible dans sa façon de croiser et décroiser les bras sans arrêt.

« On devrait voir des effets maintenant, » répondit Poppy, agitant nerveusement sa baguette au dessus de Dumbledore, et fronçant les sourcils devant les résultats obtenus. « Il y a quelque chose qui ne va pas si cette potion ne le réveille pas. »

« Est-ce qu'on a réussi à déterminer ce qui n'allait pas chez lui, finalement ? » demanda Hermione, se mordillant la lèvre inférieure, passant en revue dans son esprit les différents indices.

Poppy répondit, « J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un sort, mais maintenant… Je n'ai jamais vu cette potion échouer à réveiller quelqu'un qui avait été victime d'un sort. Peut-être après tout qu'il s'agissait d'une potion. »

« Severus, est-ce que ça ressemble à une potion que tu connais ? De magie noire ou pas ? »

« Pas d'après ce que j'ai vu et ce que Madame Pomfresh m'a raconté, mais tu ne peux pas t'attendre à ce que je me souvienne des effets de toutes les potions qui aient jamais été concoctées, » aboya-t-il, foudroyant Hermione du regard avant de tourner les talons, pour se diriger vers la porte à grandes enjambées dans un envol de robes. « Informez-moi immédiatement s'il y a le moindre changement, » lança-t-il par dessus son épaule, sans un regard en arrière.

Hermione fixa le seuil, jusqu'à ce que la porte vienne claquer violemment. Elle se retourna vers Poppy et haussa les épaules pour toute réponse au regard curieux de la Médisorcière. Elle n'était pas vraiment d'humeur à présenter des excuses pour le manque de politesse du comportement de Severus, alors elle sortit, et alla chercher quelque chose à manger avant que les cours ne reprennent.

L'après-midi traîna en longueur, et à chaque bruit de pas à proximité de sa classe, elle espérait qu'on lui viendrait lui donner des nouvelles de Dumbledore, mais jamais cela ne se produisit. Quand son dernier cours fut terminé, elle se dépêcha de retourner à l'Infirmerie pour discuter avec Madame Pomfresh, mais la Médisorcière n'avait pas de bonnes nouvelles.

« Ça a empiré, » chuchota-t-elle à Hermione alors qu'elles se tenaient au pied du lit de Dumbledore. « Son rythme cardiaque a ralenti, et sa température baisse. Je crois que le Philtre interfère avec ce qui l'a mis dans cet état. »

« Est-ce que vous lui avez donné quoi que ce soit d'autre ? »

« Non, bien sûr que non. J'ai prévenu Severus dès que j'ai remarqué les changements, et il travaille sur quelque chose en ce moment. »

Après avoir laissé à la Médisorcière l'instruction de la faire appeler si jamais l'état de Dumbledore se dégradait encore, Hermione descendit dans les cachots pour voir ce que faisait Severus, puisque Poppy n'avait pas été capable de le lui dire avec précision.

Elle entra dans le laboratoire sans frapper, comme elle le faisait depuis plusieurs mois maintenant, et fut estomaquée de se retrouver victime d'un des caractéristiques regards noirs de Severus.

« J'ai déjà bien assez de problèmes comme ça, » siffla-t-il depuis sa table, continuant de remuer son chaudron, « Je n'ai pas le temps de t'ajouter à la liste. »

Elle se figea au milieu de la pièce, le regardant dans les yeux.

« Je te demande pardon ? » répondit-elle, ne sachant pas vraiment d'où venait cette conversation, ni où elle allait. « Poppy m'a dit que tu travaillais sur quelque chose pour Albus, et je voulais savoir si tu avais besoin de quoi que ce soit. »

Il continua à soutenir son regard, jusqu'au moment où sa potion réclama son attention, lâchant, « Je n'ai besoin de rien, alors si c'est tout ce que tu voulais, je te demande de me laisser, tout de suite. »

La facilité avec laquelle il la congédiait lui resta en travers de la gorge, et la mit en colère.

« En fait, je voulais te parler de la façon dont tu m'as crié dessus devant Poppy ce midi. C'était absolument inutile, et je n'ai pas apprécié que tu me parles sur ce ton. »

Pendant un long moment, Severus continua à accorder l'intégralité de son attention au chaudron qu'il avait devant lui, avant de lentement lever ses yeux pleins de venin contenu vers elle.

« Est-ce que c'est tout ? »

« Non, ce n'est pas tout. Je veux que tu me donnes des réponses ! Je veux savoir ce qui se passe entre nous ! »

« Je crois qu'en ce moment, des choses plus importantes requièrent mon attention, » répondit-il tranquillement. Dans son ton, elle distingua l'accent de danger qu'il n'avait pas utilisé à son encontre depuis plusieurs mois maintenant. « Comme je le disais, si c'est tout ce que tu voulais… »

Hermione eut la même impression que s'il avait traversé la pièce pour la gifler. Sans un mot, elle sortit. Severus la regarda partir avec seulement une pointe de culpabilité. Il savait qu'il se montrait incroyablement dur avec elle même si elle n'avait rien fait de mal, mais il n'avait ni l'énergie ni l'envie de se lancer dans une discussion qui promettait d'être longue sur ce qui se passait entre eux.

Il abandonna toute prétention de travailler sur la potion, et se laissa tomber dans son fauteuil, douloureusement conscient que celui d'Hermione était vide, pour ressasser ses idées noires. Tout arrivait en même temps : Dumbledore, la potion perdue, qu'il travaillait dur à préparer de nouveau, Hermione, Harry Crétin Potter. Il ramassa le livre qu'il avait utilisé dans ses recherches sur l'état de Dumbledore, et se força à se concentrer sur les pages.

&&&&&

Se sentant à l'étroit à l'intérieur du château, Hermione se retrouva finalement dehors, dans la clarté du soleil qu'atténuaient les nuages. Elle erra sans but, et finit par se retrouver près du terrain de Quidditch, où elle s'installa pour regarder distraitement l'équipe de Gryffondor à l'entraînement. Ses pensées alternaient entre l'état de Dumbledore, et la personne qui avait pu lui infliger ça, et sa propre situation avec Severus, ce qui ne faisait que la mettre en colère, puisque le premier sujet était bien sûr le plus important, comme Severus lui-même lui avait si gentiment fait remarquer. Avec une grimace en direction du terrain de Quidditch dans la lumière dorée de cette fin d'après-midi, elle se leva et reprit la direction du château.

Hermione se figea en voyant une silhouette familière se traîner le long du chemin. Harry la vit au même moment, et infléchit sa direction pour venir à sa rencontre. Plongeant la main dans ses robes, elle sortit sa baguette, la tenant contre elle, dirigée vers le sol dans ce qu'elle espérait être une pose non menaçante, tout en lui faisant comprendre qu'elle était prête à lui faire face.

Il ralentit, gardant délibérément les mains baissées, écartées de son corps. Il s'arrêta à quelques mètres d'elle.

« J'ai l'antidote, » annonça-t-il. « Pour Albus. »

« Comment est-ce que tu l'as eu ? » demanda-t-elle.

« Drago, » expliqua-t-il simplement. La voyant froncer les sourcils, il ajouta. « On a donné une potion à Albus – »

« Tu as donné ? »

« Oui, c'est moi qui l'ai donnée, » admit-il, résigné. « C'est une potion que Drago avait préparée pour Voldemort, et bien sûr, il a créé l'antidote qui correspond. »

Elle ne savait pas quoi penser. Elle fixait le sorcier dont elle avait longtemps cru qu'il était l'un de ses amis les plus proches. C'était Harry qui avait attaqué Albus, Pomona Chourave, et Filius Flitwick. Connaître enfin la vérité, ou tout du moins, une partie de la vérité, ne rendait pas la chose plus facile à accepter. Elle se rendit compte que malgré tout, elle avait toujours gardé un petit espoir que Harry n'ait rien à voir dans cette histoire, même si les preuves contre lui s'accumulaient.

« Comment est-ce que je peux te faire confiance, Harry ? »

« Je vais tout te dire, toute l'histoire. Donne-moi du Véritasérum, je le prendrai. »

Une fois encore, elle le regarda. Son instinct lui soufflait qu'il disait la vérité, sinon, il ne serait jamais revenu, mais après tout ce qui était arrivé…

« Où est l'antidote ? Donne-le moi. » Rapidement, elle ajouta, « Ta baguette, aussi. »

Doucement, il sortit sa baguette de la poche intérieure gauche de ses robes, et la lui tendit, poignée dirigée vers elle. Plongeant la main dans une poche droite, il en sortit un flacon qu'il passa également à Hermione.

« Allons-y. »

Elle dissimula sa main sous ses robes, mais garda une prise ferme sur sa baguette, qui était pointée sur Harry. Il hocha la tête et marcha vers le château. Entre eux régnait un silence terrible.

Alors qu'ils atteignaient les portes, Harry se tourna vers elle et lui demanda, « Est-ce que nous allons à l'Infirmerie ? »

« Non. Descends vers les cachots. »

Il lui adressa un petit sourire, qui ne souleva qu'un coin de ses lèvres, mais n'atteint pas ses yeux, le cœur n'y étant pas. « J'imagine que tu vas me prendre au mot pour cette histoire de Véritasérum, hein ? Je ne te blâme pas. »

Sa patience ne tenant plus qu'à un fil, elle lui répondit sèchement. « Je vais le faire, oui, mais je pense que l'état de Dumbledore est un sujet un peu plus urgent pour le moment. »

Harry baissa la tête, acquiesçant. Il la précéda vers les cachots, suivant ses instructions pour parvenir au laboratoire.

Severus était debout, dos à la porte, travaillant sur une autre potion. Entendant la porte s'ouvrir à la volée, il se retourna immédiatement pour enguirlander quiconque osait l'interrompre. Il ne put s'empêcher de rester bouche bée en voyant Potter dans l'encadrement de la porte, Hermione sur ses talons, mais il se remit quasi-instantanément, et se comporta comme s'il s'était attendu tout du long à voir Potter apparaître.

« Assieds-toi, » lui ordonna Hermione, désignant les fauteuils. Il obéit, et une corde émergea de la baguette d'Hermione pour le maintenir en place, même si tout le monde dans la pièce savait que ce n'était qu'une contrainte dérisoire si Harry désirait réellement s'échapper.

Traversant la pièce vers Severus, elle lui mit la bouteille d'antidote dans la main. Il l'examina, d'un air soupçonneux.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? »

« Quelque chose qui est supposé guérir Albus. »

Il haussa un sourcil, et dirigea son regard vers Harry, avant d'accorder de nouveau son attention à Hermione, pour lui demander avec perfidie. « Comment est-ce que tu sais que c'est bien ce qu'il prétend que c'est ? »

« A ton avis, pourquoi est-ce que je suis là ? » s'énerva-t-elle, irritée qu'il cherche à la prendre en défaut. « Est-ce que tu penses vraiment que je vais aller donner une potion inconnue à Albus, juste parce que Harry m'a dit que ça allait le guérir ? »

Il plongea ses yeux noirs dans le regard d'Hermione, et elle lui rendit un regard tout aussi féroce, avant de se retourner vers Harry.

« Parle-lui de la potion. »

Harry poussa un petit soupir, et, sans les regarder ni l'un ni l'autre dans les yeux, raconta, « C'est Drago qui l'a créée, pour Voldemort. Elle met sa victime dans le coma, un coma dont on ne peut pas se réveiller. Voldemort ne voulait pas qu'il prévoie d'antidote, mais il l'a fait quand même. Je crois qu'il a commencé à développer une conscience, finalement. »

« Contrairement à toi, » lança Hermione à voix basse.

Severus sortit une fiole de Véritasérum de ses poches, et avança vers Potter.

« Il n'y a qu'une seule façon d'être sûr. »

&&&&&&

Dix minutes plus tard, Poppy et Hermione se tenaient près de Dumbledore à l'Infirmerie, alors que Severus faisait les cent pas de l'autre côté du lit, au pied duquel était perché Harry. Retenant leurs souffles, il attendaient un signe que l'antidote faisait effet.

« Combien de temps est-ce que nous sommes supposés attendre, Potter ? » grogna Severus.

Harry haussa les épaules. « Drago m'a simplement dit que c'était l'antidote. »

La Médisorcière vérifia les constantes, et confirma, « Son rythme cardiaque s'accélère, et sa température remonte. »

Soudain, les yeux bleu électrique s'ouvrirent.

« Albus ! » s'écria Poppy.

Un léger sourire éclaira son visage, alors que son regard se posait d'abord sur Poppy, puis sur Hermione et Severus, pour s'arrêter sur Harry, toujours assis au pied de son lit, bras croisés, et l'air triste.

Dumbledore ouvrit la bouche, et ils se penchèrent tous vers lui pour l'entendre chuchoter, « Est-ce que Drago a contrarié tes plans ? Je m'étais dit qu'il le ferait. »