Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de enlightenedkitty.

Chapitre trente-quatre.

Albus Dumbledore était assis dans un fauteuil près du feu, les bras croisés sur ses genoux. Ses yeux pâles et sérieux étaient posés sur la tête de Cornelius Fudge au milieu des flammes vertes. Harry et McGonagall étaient assis sur des chaises près du bureau, alors que Remus Lupin et Kingsley Shacklebolt se tenaient debout à proximité. Tous regardaient Dumbledore dominer la conversation, même si parfois ils devaient tendre l'oreille pour entendre la conversation au milieu du pépiement incessant des dizaines de hiboux qui attendaient une réponse du Directeur.

« Oui, vous avez raison de stationner Kingsley ici. Et je dois vous demander également d'autoriser Hermione Granger à rester, je ne serai pas capable de lui trouver un remplaçant convenable dans un délai aussi court que celui que vous nous imposez, sans parler du fait qu'elle sera un atout dans la protection des enfants, puisqu'ils la connaissent déjà tous. »

« Bien sûr, Dumbledore, bien sûr. Shacklebolt et Granger sont évidemment des exceptions. Par contre, vous n'avez pas besoin de Potter, si ? » demanda Fudge, l'inquiétude se lisant sur son visage. « Je crois qu'il nous serait plus utile ici au Ministère. »

« Pas de problème, Cornelius, je vous l'envoie dans les plus brefs délais. »

« Mais Albus… » commença Harry, mais le vieux sorcier le fit taire d'un regard, et Harry dut se contenter d'adresser son regard noir au plancher.

« Et pour les enfants ? J'ai reçu beaucoup de hiboux de parents inquiets. »

« Tout comme moi. Nous renverrons les enfants chez eux demain matin, et il me faudra une équipe d'Aurors pour protéger le Poudlard Express. Bien sûr, j'enverrai également des membres de l'Ordre, mais j'ai le sentiment que plus nous protégerons ces enfants, mieux ce sera. »

« Très bien. Je pense que je peux vous céder une équipe de quatre Aurors, » concéda Fudge. « Ils seront à Poudlard demain matin sans faute. »

« Merci, Cornelius. A six heures et demie, si ça vous va. »

« Bien sûr, Dumbledore. »

« Une dernière chose. Si le pire devait arriver, mes élèves pourraient avoir à se défendre, ce qui provoquerait un surcroît inutile de travail au Ministère si le décret sur la Restriction de la Magie chez les sorciers de premier cycle était toujours en effet. Peut-être qu'une suspension temporaire pourrait être envisagée ? »

Fudge n'était pas chaud pour abonder dans le sens de Dumbledore sur ce point, mais il promit d'y réfléchir. « Pour me moment, je pense qu'il est plus sûr de le maintenir. Nous vous tiendrons au courant de la situation ici. »

La tête de Fudge s'estompa et disparut dans les flammes vertes, et Albus se retourna pour croiser le regard désapprobateur de Harry.

« Harry, je sais que tu voudrais rester ici pour te battre, mais je crois que le Ministère sera mieux équipé pour faire face à une attaque de Voldemort, et qu'il te donnera la meilleure opportunité de le vaincre, » répondit Dumbledore à la question muette qui brûlait les lèvres de Harry. « Une fois que les élèves seront en sécurité loin d'ici, Poudlard fera une cible bien moins tentante. »

Une chouette hulotte voleta dans la pièce par la fenêtre ouverte et déposa une enveloppe rouge, une Beuglante, sur le bureau avant que Harry ne puisse répondre.

McGonagall s'exclama, « Par Merlin, pas une de plus ! »

Dumbledore dégaina sa baguette et un éclair de lumière en émergea quand il murmura, « Silencio. »

Il ouvrit calmement la Beuglante maintenant inoffensive et en lut le contenu. Il laissa tomber la lettre et se frotta les yeux par dessous ses lunettes en demi-lune. « Un autre parent qui veut savoir ce que nous comptons faire à propos de la situation. »

« Comme si nous avions l'intention de faire parader les enfants sur le champ de bataille devant Vous-Savez… oh, d'accord, Voldemort, » répondit-elle avec véhémence. « Mais qu'allons-nous faire ? »

« Je crois que nous devrions envoyer des lettres aux parents pour les rassurer. Leur dire que pour la sécurité des enfants, nous les renverrons chez eux demain matin à la première heure et que les parents doivent prendre leurs dispositions pour venir les chercher à King's Cross à une heure et demie. »

« Je m'occupe de tout ça, » annonça Minerva d'un ton décidé tout en se levant. « Vous parlerez aux élèves ? »

Il hocha la tête. « Au dîner. La plupart d'entre eux auront déjà reçu des nouvelles de leurs parents, et les autres auront entendu des rumeurs et autres variantes de la vérité. »

McGonagall sortit pour aller envoyer des lettres aux centaines de parents, et Albus se tourna vers Lupin. « Remus, est-ce que tu peux aller voir où en sont Severus et Hermione avec la potion ? Et demande-leur de venir nous rejoindre pour le dîner. »

&&&&&&&

Hermione et Severus s'arrêtèrent finalement pour admirer leur travail.

Dans l'heure de travail effréné qui avait suivi l'arrivée de Potter dans les cachots, ils étaient parvenus à préparer la Mortalis Fallax pour une distribution de masse dans de petites fioles destinées à être portées autour du cou, comme Hermione l'avait suggéré. Elle et Harry avaient Métamorphosé les quatre-vingt et quelques fioles de tailles et de formes diverses qu'ils avaient trouvées à droite et à gauche dans les cachots en flacons de taille plus ou moins identiques, pendant que Severus préparait la potion afin qu'elle puisse se conserver pour une courte durée. Dumbledore avait fait appeler Harry, laissant à Severus et Hermione le soin de placer un Sortilège protecteur sur les fioles afin de les protéger de toute casse accidentelle, tout en conservant à la potion ses propriétés.

Un coup à la porte, et Remus Lupin passa la tête dans l'entrebâillement.

« Hermione, Severus, » les salua-t-il. « Albus voudrait des nouvelles de la potion avant le dîner. »

« Elle est prête, » répondit Hermione. « Nous avons soixante-seize doses en tout. »

Remus entra plus avant dans le laboratoire, et commença à en faire le tour, les yeux emplis d'une intense curiosité.

« Depuis combien de temps est-ce que vous travaillez sur cette potion tous les deux ? » demanda-t-il.

Les yeux de Severus croisèrent ceux d'Hermione, et elle crut y lire un sourire quand elle répondit à Lupin par dessus son épaule, « Depuis environ six ans maintenant, je dirais. »

Il les rejoignit près des fioles prêtes et ajouta, « Oh, et Albus insiste aussi pour que vous soyez présents au dîner. »

« Pourquoi ? Il a besoin de soutien moral ? » grommela Severus. Hermione réprima un éclat de rire. « Il va faire une annonce aux élèves, et il aime que tous les professeurs soient présents quand il le fait afin d'afficher leur solidarité. Vous l'avez forcément remarqué vous aussi. »

Elle le regarda avec étonnement, mais Lupin hocha la tête. « Je crois que j'ai eu une ou deux occasions de constater ça. »

« Bon, eh bien nous devrions y aller dans ce cas ; il est presque sept heures, » conclut Hermione, avant de se retourner vers Severus avec un sourire malicieux. « Et puis, je suis sûre que tu auras une foule d'opportunités de retirer des points en chemin. C'est une bonne chose que de nombreux membres de l'Ordre aient décidé de rester, les élèves risquent d'avoir besoin d'un peu plus de… consignes que d'habitude. »

« Formidable, moi qui rêvais justement d'avoir à nouveau des enfants sous ma responsabilité, » marmonna Remus.

« Et moi qui croyais que tu étais le Professeur de Défense Contre les Forces du Mal le plus populaire de toute l'histoire de Poudlard, » s'étonna Severus, sa voix toujours veloutée, mais manquant de son mordant habituel.

Hermione fut aussi surprise que Remus de voir un sourire ironique sur le visage de Severus, mais le loup-garou se remit rapidement et rit. « Je ne saurais pas dire. Je suis sûre qu'Hermione est très douée aussi pour enseigner la Défense Contre les Forces du Mal. »

Elle haussa les épaules et rétorqua, « J'ai suivi vos cours, et les élèves ne s'y endormaient pas comme ils le font pendant les miens. »

« Personne ne s'endort pendant mes cours, » intervint Severus non sans une certaine fierté.

Hermione contra, « C'est parce que tu leur retirerais cinquante points aussi sec, et qu'ils le savent bien ! »

Le sourire ironique réapparut, et Severus commenta, « Il faut bien que je tire des bénéfices du fait que les petits salopiauds me détestent. »

Hermione leva les yeux au ciel et secoua la tête. Ils quittèrent les cachots pour remonter vers la Grande Salle. A l'intérieur, Albus avait conjuré plusieurs tables rondes qui s'inséraient entre la table des professeurs et les tables de chacune des maisons. Autour de ces tables se trouvaient principalement des membres de l'Ordre. Remus alla se joindre à eux alors que Severus prenait sa place habituelle au bout de la table du côté Serpentard, et Hermione trouva une place libre entre Vasily Borodin, le professeur d'Arithmancie, et Madame Bibine.

Le dîner fut simple : du poulet rôti, des pommes de terres à l'eau, des petits pois, des carottes, et des éclairs et du pouding pour le dessert. Hermione discuta Quidditch avec Bibine autant qu'elle put le supporter avant de commencer à discuter avec Vasily des dernières théories de l'Arithmancie. Il fut surpris de savoir qu'elle se tenait au courant de ce qui se faisait en la matière même si elle n'avait pas souvent l'occasion d'en trouver des applications pratiques.

« On voit bien que vous ne m'avez pas connue en tant qu'élève, » expliqua-t-elle avec un sourire. « Le professeur Vector, qui vous a précédé, pourrait certainement attester de mon amour pour l'Arithmancie. »

Une fois qu'il fut clair qu'un certain nombre d'élèves avaient fini leur dessert, Albus se leva et s'éclaircit la gorge. Les conversation se turent rapidement dans la Grande Salle, les cuillères restant en l'air, immobiles, à mi-chemin de leurs destinations.

« Je sais que nombre d'entre vous ont entendu des rumeurs et des chuchotements dans les couloirs et les salles communes aujourd'hui concernant Voldemort, et malheureusement, certaines d'entres elles sont vraies. »

Des murmures coururent le long des tables jusqu'à ce qu'il reprenne la parole.

« Voldemort a en effet attaqué les Autorités Magiques françaises et Beauxbâtons, et il y a eu de nombreux morts d'un côté comme de l'autre. Il est maintenant possible que lui et ses partisans attaquent notre Ministère ou même Poudlard. »

Des discussions excitées éclatèrent, mais Dumbledore ne les fit pas taire immédiatement, attendant simplement qu'elles se calment avant de reprendre. « Vous rentrerez tous chez vous demain matin, vous y serez plus en sécurité en cas d'attaque. Vous pourrez emporter uniquement un petit sac avec vous, nous n'avons pas le temps de nous encombrer de bagages. Evidemment, vous pourrez également emmener vos animaux familiers. »

« Et en ce qui concerne les Sortilèges de Réduction ? » demanda une fille de Serdaigle, une des plus âgées, et Hermione dût dissimuler un sourire quand les regards de Ron et Ginny croisèrent le sien, parce que c'était exactement le genre de question qu'elle aurait posée elle-même. « Est-ce que nous pouvons nous en servir ? »

Dumbledore hocha la tête et répondit, « Oui, vous pouvez utiliser la magie que vous avez apprise ici au cours de votre apprentissage à Poudlard. Vous pourrez également en faire usage si une situation se présente dans laquelle vous devriez vous défendre vous et votre famille. »

Quand Dumbledore se tut cette fois-ci, la pièce demeura silencieuse, les élèves réalisant à quel point la situation était véritablement sérieuse.

« Est-ce qu'il y a d'autres questions ? »

McGonagall, qui était arrivée en retard pour le dîner, lui chuchota quelque chose et Dumbledore hocha la tête.

« Un certain nombre de sorcier et de sorcières vont demeurer à Poudlard, » annonça-t-il, en désignant les tables qui étaient devant lui. « Vous devrez les traiter comme vous traiteriez un professeur. Ils auront également le pouvoir de vous retirer des points.

« Maintenant, pour ceux d'entre vous qui s'inquiètent de la fin de votre année scolaire… » quelques rires répondirent à son sourire, ainsi que quelques sourcils froncés de la part des élèves les plus sérieux « … n'ayez aucune inquiétude. Vous recevrez un hibou de ma part, ou de celle du Professeur McGonagall, contenant des instructions en vue de votre retour à Poudlard pour finir votre année. Les élèves de cinquième et de septième année disposeront de plus de délais supplémentaires pour préparer leurs examens.

« Maintenant, je vais tous vous prier de retourner à vos dortoir et de préparer vos sacs. Je vous suggère également de vous coucher de bonne heure, car les calèches vous attendront demain matin à six heures et demie, pour un départ prévu à sept heures pile. » Il regarda les élèves par dessus ses lunettes en demi-lune, donnant l'impression qu'il regardait chacun d'entre eux individuellement pendant ce court instant. « Je conseille à chacun d'entre vous d'être là à l'heure. »

Remerciés, les élèves sortirent de la Grande Salle avec moins de bruit que d'habitude, murmurant entre eux. Les professeurs restèrent plus longtemps, tout comme les membres de l'Ordre et Albus, toujours debout, s'adressa à eux une fois les élèves sortis.

« J'ai discuté avec le Ministre, et j'ai obtenu que Kingsley et Hermione restent ici tous les deux. »

Severus lança un regard vif à l'autre bout de la table d'où Hermione lui répondit en levant les sourcils avant d'accorder à nouveau toute son attention au Directeur.

« Il nous fournira également une escorte de quatre Aurors pour accompagner les élèves jusqu'au Poudlard Express, puis jusqu'à Londres. Certains d'entre vous iront également : Minerva, Emmeline, Remus, Sturgis, Hermione et Filius.

« J'ai également été informé que la Mortalis Fallax est prête à être distribuée, et tout le monde devra passer dans les cachots et s'adresser aux Professeurs Snape ou Granger pour recevoir sa dose, ainsi que les instructions correspondantes. Je demanderai aux membres de l'escorte du Poudlard Express de rester un peu afin que nous réglions les détails pour demain matin. Les autres, vous êtes libres de partir, à moins que vous ne soyez de garde tout de suite. Et j'attends de tous les professeurs qu'ils soient présents demain matin pour nous aider avec les élèves. »

Tout le monde se leva, et Snape attrapa doucement le coude d'Hermione quand elle passa pour lui murmurer, « Je t'attendrai. »

Elle descendit de l'estrade de la table des professeurs pour retrouver Emmeline Vance, Sturgis Podmore et Remus qui attendaient patiemment. Dumbledore, McGonagall et Flitwick lui emboîtèrent le pas, et Harry resta également, ayant finalement abandonné l'espoir de convaincre le vieil homme de le laisser rester à Poudlard.

« Harry ira avec vous jusqu'à King's Cross, mais ensuite, il devra Transplaner au Ministère. » Albus tourna les yeux vers le minuscule professeur de Sortilèges, et demanda, « Filius, je pense que tu es capable de dissimuler le train aux regards ? »

« Bien sûr, bien sûr ! Quelques sortilèges de Réflexion-Déflexion devraient faire l'affaire ! Je m'en occuperai demain matin à la première heure ! »

« Je peux vous aider, Filius, si vous le désirez, » proposa Emmeline.

« Merci ! » s'exclama Flitwick, « J'apprécierais votre aide, et je crois me souvenir que vous étiez plutôt douée pour les sortilèges ! »

« Dans ce cas, vous irez directement à la gare tous les deux demain matin. Les autres, vous resterez avec les élèves et les calèches. Je veux que tout le monde soit reposé pour demain, » dit Dumbledore, et Hermione fut certaine que les yeux bleus demeuraient sur elle bien plus longtemps qu'il n'était nécessaire pour appuyer son propos, « reposé, mais préparé également. C'est tout. »

Harry attendit qu'Hermione le rattrape juste avant la porte, et lui demanda, « Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Etre préparé ? »

Hermione secoua la tête. « Qui sait ? »

Ils dépassèrent Colin et Dennis Crivey qui s'étaient tous les deux portés volontaires pour rester à Poudlard. Ils discutaient avec animation avec Hagrid juste devant la Grande Salle. Les jumeaux Weasley n'étaient pas loin, en train de comploter quelque chose avec un sixième ou septième année de Gryffondor.

Hermione soupira et dit, « Je suppose que je devrais faire quelque chose contre ça. »

Harry rit et lui rappela, « Le bon vieux temps. »

« Tu sais quoi, je crois que je vais laisser Rusard s'en occuper plus tard, » proposa-t-elle avec un sourire. Ils prirent le chemin des cachots sans intervenir dans la transaction en cours. « Je ferais mieux d'aider Severus à distribuer ces fioles. Il va devenir irritable s'il doit discuter avec tant de monde à lui tout seul. »

Harry lui sourit. « Alors, vous vous êtes réconciliés ? »

Elle afficha un sourire candide et concéda, « Nous sommes convenus d'une cessation des hostilités, à la satisfaction des deux parties. »

« Une cessation des hostilités ? » Il rit. « Si c'est comme ça que tu tiens à l'appeler. Comme tu seras probablement occupée ce soir, je vais descendre chercher ma potion, et j'irai proposer à Hagrid de boire un verre. »

« Fais attention. Tu ne tiens pas à faire un concours de beuverie avec un demi-géant alors que tu dois être debout à six heures et demie. »

« Oh, je n'aurai qu'à te demander de me préparer une potion contre la gueule de bois demain matin. »

Elle s'esclaffa. « Je n'aurai pas besoin de la préparer, parce que je suis suffisamment prévoyante pour en avoir toujours sous la main, prête à l'emploi immédiatement. »

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Hermione se réveilla tôt et se glissa discrètement hors du lit pour ne pas déranger Severus qui ronflait doucement. Elle se dépêcha d'aller se doucher, et il était près de six heures quand elle sortit de la salle de bains, prête, et vêtue d'un jean gris et d'une chemise de coton blanc. Severus s'étira, et se redressa, appuyé sur un coude.

« Tu dois y aller, » dit-il, d'un ton lourd de sommeil.

Elle s'approcha du lit pour se percher près de lui, écartant de la main gauche une mèche de cheveux qui tombait sur le visage de Severus. Il lui saisit le poignet, et y déposa un baiser, marquant la peau fraîche d'Hermione de sa langue, et elle pencha les lèvres vers lui. Il s'emmêla les doigts dans ses boucles de cheveux et l'attira plus près.

Finalement, Hermione mit fin au baiser, et à en juger par la passion qui brillait au fond de ces yeux noirs, il était temps. Il se redressa abruptement, et la contourna pour se lever, dans l'intention de se rendre à la salle de bains. Il s'arrêta une fois à la porte, et lui adressa un regard perçant.

« Je t'attendrai, » affirma-t-il, avant de se retourner et de fermer la porte derrière lui.

Hermione fixa un moment la porte, puis, en souriant, elle attrapa ses robes et sa baguette, et sortit des quartiers de Severus. Elle s'arrêta au laboratoire pour prendre quelques fioles supplémentaires de potion pour les Aurors, et en profita pour vérifier une fois encore qu'elle avait bien la sienne sous sa chemise.

Elle monta vers la Grande Salle et rejoignit Dumbledore et une poignée d'autres professeurs qui étaient parvenus à se réveiller suffisamment tôt pour prendre leur petit-déjeuner avec les élèves, ainsi que deux tiers desdits élèves qui papotaient nerveusement devant des assiettes d'œufs et de bacon et des bols de porridge seulement à moitié mangés.

Hermione ne put avaler qu'une tasse de café fort, alors elle s'assit aux côtés de McGonagall et observa les élèves. Lentement, les minutes s'écoulèrent jusqu'à ce qu'il soit six heures vingt. Elle quitta alors la Grande Salle pour s'avancer vers les portes principales. Apparemment, les Aurors venaient d'arriver, et ils se tenaient tous les quatre juste devant les portes, discutant calmement avec Sturgis Podmore, un grand sorcier aux cheveux blonds et aux yeux vert pâle.

Hermione approcha du groupe et salua tout le monde d'un signe de tête. Elle connaissait tous les Aurors : Britt Oudekirk, un grand sorcier aux cheveux bruns, la trentaine. Yori Sato, une sorcière petite et mignonne qui venait du Japon. Elle avait quelques années de plus qu'Hermione. Andrew McKay était un Auror chevronné, aux cheveux poivre et sel et doté d'une voix de stentor. Enfin, il y avait un sorcier maigrichon et nerveux du nom de Dwaine Garvey.

Elle leur tendit à chacun une fiole en disant, « Prenez ça s'il se passe quoi que ce soit. Ça vous protégera de trois Avadas – mais après le troisième, la mort vous semblera peut-être une meilleure option. »

Britt murmura alors qu'il faisait tourner la fiole entre ses doigts, « Alors comme ça, ça existe vraiment. »

« Je t'avais dit que c'était possible de vaincre l'Avada, » dit Yori, ignorant Britt qui levait les yeux au ciel en sa direction.

Andrew interpella, « Hermione, je pense que tu as une meilleure vision de la situation ici. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? »

« Je pense que nous devrions nous séparer, un de nous toutes les quelques calèches le temps d'arriver à la gare, et la même chose dans le train. Les préfets pourront nous aider également. »

Les Aurors hochèrent tous la tête, approbateurs, et sortirent pour guetter l'approche des calèches, pendant qu'Hermione restait à l'intérieur pour attendre les élèves. Certains d'entre eux étaient déjà là, regardant ce qui se passait.

Quelques minutes plus tard, Britt passa la tête à l'intérieur et annonça, « Les calèches sont arrivées. »

Lui et Hermione ouvrirent en grand les lourdes portes et commencèrent à cornaquer le nombre croissant d'élèves vers l'extérieur dans la clarté du petit matin. Le soleil était obscurci par des nuages gris qui laissaient craindre la pluie. Elle répartit les élèves de façon à ce qu'il y ait un préfet par voiture, avec un Auror ou un membre de l'Ordre tous les quatre véhicules.

Il était presque sept heures du matin, et les professeurs passaient le château au peigne fin à la recherche d'élèves manquants. Hermione attendait en compagnie de Harry et Remus que Minerva leur confirme qu'aucun élève n'avait été oublié. Finalement, Minerva apparut, tirant par l'épaule un Poufsouffle de seconde année, et elle fit signe à tout le monde qu'ils allaient pouvoir partir. Harry courut jusqu'à la calèche de tête pendant qu'Hermione et Remus montaient dans les deux dernières.

Aussitôt qu'elle se fut installée avec son groupe d'élèves, la calèche démarra d'un bond, et ils se mirent en route vers Pré-Au-Lard. Elle ne put se débarrasser de sa nervosité pendant qu'ils progressaient entre les arbres, mais elle repoussa son anxiété pour regarder par la fenêtre. Le trajet normalement rapide lui semblait plus long et plus dangereux que jamais, mais la calèche ralentit bientôt, et c'est sans incident qu'ils parvinrent à la gare.

Les élèves descendirent des calèches et prirent la direction du quai et du train qui les attendait pour les ramener à Londres. Hermione réprimanda un groupe de Cinquième Année qui bousculaient des élèves plus jeunes, mais dans l'ensemble, le groupe embarqua sans perdre de temps à bord du Poudlard Express, et bientôt ne restèrent sur le quai que les adultes, Flitwick et Emmeline Vance exceptés.

« Filius et Emmeline montent dans le train afin d'entretenir les sortilèges d'invisibilité, tout comme les Aurors, Monsieur Potter et moi-même, » expliqua Minerva. « Bien sûr, Filius, Emmeline et moi reviendrons à Poudlard. Tous les autres rentrent au Ministère. »

« Et nous trois, alors ? » demanda Sturgis. « Est-ce qu'on retourne à Poudlard ? »

Minerva secoua la tête. « Albus m'a demandé ce matin d'envoyer quelqu'un voir son frère avant de revenir à l'école. »

« Aberforth ? » demanda Hermione. « Mais pourquoi ? »

« Il n'a pas voulu me le dire. Il s'est contenté de murmurer quelque chose dans sa barbe à propos de chèvres et de sortilèges d'invisibilité. »

Sturgis répondit avec une grimace, « Dans ce cas, j'espère qu'Aberforth saura pourquoi on est là. »

« C'est l'idée, je crois, » dit Minerva en se retournant vers le train. « Vous savez où le trouver, bien sûr. »

« J'en ai une petite idée, » admit Hermione.

Alors qu'ils regardaient Minerva monter, le train disparut de leur vue, une voiture à la fois, jusqu'à ce qu'ils n'aient plus la moindre preuve de son existence. Même la vapeur et le bruit disparurent.

Hermione se retourna vers Remus et lui demanda, « la Tête de Sanglier ? »

Il hocha la tête. « Allons-y. »

Ils entrèrent dans Pré-Au-Lard, et Hermione s'émerveilla de voir le village si calme, même à sept heures et demie du matin. Ils atteignirent la Tête de Sanglier sans croiser quiconque.

La porte d'entrée était fermée quand Hermione tourna la poignée. Elle frappa, d'abord timidement, puis plus fort, n'ayant pas obtenu de réponse. Un bruit de verre brisé parvint de l'intérieur, et quelqu'un marmonna un juron. La porte s'ouvrit à la volée pour révéler un homme aux cheveux et à la barbe longs et gris. Il ne semblait pas vraiment ravi de les trouver sur son perron d'aussi bon matin.

« Mais que diable pouvez-vous bien vouloir ? Nous ne sommes pas ouverts ! »

Hermione fronça les sourcils, interrogeant Remus qui se contenta de hausser les épaules. « Albus nous a envoyés. »

Immédiatement, les yeux bleus se posèrent sur elle et Hermione ressentit une curieuse sensation en réalisant qu'ils étaient parfaitement identiques à ceux d'Albus, sauf qu'ils ne pétillaient pas.

« Et pourquoi est-ce que je devrais vous croire ? Je ne connais aucun d'entre vous ! »

« Je vous ai rencontré une fois, dans le premier Ordre, » dit Remus, et le vieil homme le dévisagea, mais n'afficha aucun signe qu'il le reconnaissait.

« Je ne me souviens pas de vous. Si vous venez de la part d'Albus, vous devriez pouvoir le prouver. »

Hermione repensa à ce que McGonagall leur avait dit, et soudain les pièces s'assemblèrent, et elle balbutia, « Vous travaillez sur les Sortilèges d'Invisibilité appliqués aux chèvres ! »

Aberforth fit un pas en arrière, visiblement choqué, mais il se remit rapidement et leur fit signe d'entrer.

« Bien sûr, vous venez de la part de mon frère. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? » demanda-t-il une fois que les trois autres membres de l'Ordre furent entrées. Il regardait Hermione avec curiosité.

Hermione regarda Remus et Sturgis, mais ni l'un ni l'autre ne semblaient décidés à prendre part à la conversation, alors elle expliqua, « Nous espérions que vous sauriez pourquoi nous sommes là. Albus s'est contenté de nous envoyer ici. »

« Mais pourquoi est-ce qu'il a bien pu faire ça ? » marmonna le vieil homme, se frottant la joue à travers son épaisse barbe grise.

« Peut-être que vous aviez quelque chose à lui dire, quelque chose que vous n'auriez pas pu lui communiquer par la cheminée ? » proposa Hermione. Il réfléchit à cette proposition, mais secoua finalement la tête, repoussant l'idée. « Quelque chose que vous auriez vu ou entendu ici ? »

Ses yeux brillèrent, et il s'exclama, « Oui, oui, c'est ça ! Je me souviens maintenant ! »

Aberforth leur désigna une table de la main, et ils prirent place, Remus et Hermione face à lui pendant que Sturgis restait debout, bras croisés, l'air vaguement impatienté par le frère apparemment moins compétent de Dumbledore.

« C'était jeudi, je crois, et ils étaient trois, cachés sous leurs capuches, je n'ai pas vu leurs têtes. Deux hommes et une femme, d'après les voix. Je n'ai entendu que des phrases par-ci par-là, mais des trucs intéressants quand même. L'un des hommes a dit que les choses arrivaient beaucoup plus tôt que prévu, et que la France serait la première. »

« Les Mangemorts ont attaqué la France hier. Quoi d'autre ? »

« C'est ça qui m'a véritablement inquiété : j'ai entendu la femme dire, 'L'école va tomber, et il tuera personnellement le vieux fou.' »

Hermione tourna les yeux d'Aberforth vers Remus. Il la regardait d'un air concentré.

« Est-ce que ça veut dire qu'ils attaqueront Poudlard en premier ? »

Hermione secoua la tête et répondit, « Je n'en sais rien. »

« Nous devrions retourner voir Dumbledore et le mettre au courant, » intervint Sturgis, et Remus hocha la tête, marquant son accord.

Alors qu'ils se levaient et approchaient de la porte, Hermione se retourna vers Aberforth et lui tendit une fiole de potion, en expliquant, « Prenez cette potion si des Mangemorts se montrent. Elle vous protégera de trois Avadas. »

Il la remercia et leur ouvrit la porte, mais alors qu'ils s'apprêtaient à sortir, Remus s'arrêta net dans l'encadrement de la porte.

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Sturgis derrière lui. « Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Il fait froid, » murmura Lupin, et un courant d'air glacé entra dans la pièce pour prouver ses dires.

« Oh non, » chuchota Hermione.

Remus se retourna vers elle et la fixa d'un regard sombre. « Des Détraqueurs. »

&&&&&&

Harry était assis dans l'une des voitures de tête, tapant impatiemment du pied alors qu'il regardait par la fenêtre le paysage qui accélérait. Il n'y avait que cinq élèves avec lui, tous des garçons, des cinquième ou sixième années apparemment. Ils parlaient tranquillement de Quidditch et de filles et de l'école, et pas du fait qu'ils rentraient chez eux ou de Voldemort. Harry se rembrunit.

Quelque part, il aurait voulu revenir au temps où il était élève, quand il n'avait pas à s'inquiéter de grand chose d'autre que Cho Chang ou Drago ou de son prochain match de Quidditch, ou même du cours double de Potions avec les Serpentards, quand il se souvint que même là, il devait s'inquiéter de Voldelmort. Il se remit à regarder par la fenêtre.

Le train en aurait encore pour quelques heures avant d'arriver à Londres, alors Harry se laissa glisser sur son siège pour une sieste. Il s'assoupit rapidement, faisant abstraction sans problème les discussion dans son compartiment. Il avait l'impression qu'il venait tout juste de fermer les yeux quand il se retrouva soudain dans une pièce faiblement éclairée. Il était en colère, tellement en colère qu'il ne pouvait rien faire d'autre que de serrer plus fort sa baguette entre ses doigts squelettiques et la pointer vers une silhouette qui se tordait au sol. Lançant Doloris sur Doloris, se rapprochant de plus en plus près de sa victime au fur et à mesure, il fut enfin capable de reconnaître la voix qui hurlait…

Avec un cri perçant, Harry tomba de la banquette, à genoux, tenant à deux mains son front et sa cicatrice qui le lançait.

« Va chercher McGonagall ! » cria l'un des garçons à un autre qui disparut rapidement du compartiment. Le premier garçon s'accroupit et regarda Harry. « Est-ce que vous allez bien, Monsieur Potter ? Est-ce que je peux faire quelque chose ? »

La douleur s'atténua, et Harry s'adossa à la banquette, une main toujours posée sur sa cicatrice pendant qu'il se soutenait de l'autre. Sa respiration ralentit finalement et il essaya de sourire aux quatre élèves qui le regardaient avec inquiétude.

« Ça va aller, merci. »

« C'est votre cicatrice, Monsieur ? » demanda un autre. Harry hocha la tête. « Ma mère m'a dit que vous saviez quand Vous-Savez-Qui est en colère. »

« Ta mère à raison. Apparemment, Voldemort n'est pas très content en ce moment. »

Minerva se précipita dans le compartiment, suivie du garçon qui était allé la chercher.

« Harry, est-ce que tout va bien ? » demanda la sorcière, incapable de dissimuler dans sa voix l'inquiétude qu'elle ressentait.

« Oui, ça va, » répondit-il en se levant lentement, prenant appui sur le siège. « Mais je crois que ça me ferait du bien de me dégourdir les jambes. Peut-être de boire un jus de citrouille, aussi. »

Il fit un signe de tête en direction de la porte et elle hocha la tête, le précédant dans le couloir. Harry ferma la porte derrière lui. McGonagall le regardait, curieuse, alors qu'il continuait à frotter la cicatrice en forme d'éclair qu'il portait au front.

« J'étais endormi, puis je me suis retrouvé en Voldemort, et Drago y était, et je lançais Doloris sur Doloris sur lui, encore et encore, et j'étais vraiment en colère, mais pas à cause de Drago – à cause de quelque chose d'autre, quelque chose qui ne se passe pas comme prévu. »

« Est-ce que c'était réel, ou est-ce que c'était une vision ? »

« Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est qu'il est vraiment en colère contre quelque chose. »

« Si c'est le cas, c'est peut-être une bonne nouvelle pour nous. »

« Peut-être, » répéta-t-il, même s'il était loin d'en être convaincu. « Vous préviendrez Albus ? »

« Dès que nous serons de retour à Poudlard, » lui promit-elle.

McGonagall retourna à son compartiment, mais Harry de son côté choisit de marcher un peu dans le couloir, en partie à la recherche du chariot de friandises, mais aussi pour calmer son anxiété. Il ne savait pas si ce qu'il avait vu était réel ou non, si Voldemort jouait avec lui à cause de sa trahison, ce qui était fortement probable, mais en même temps, il savait que Drago allait mourir. Voldemort avait été très clair sur ce point, mais de toute façon Drago, sans la potion qui lui donnait des forces, n'aurait pas survécu beaucoup plus longtemps. Harry réprima l'envie de cogner son poing dans le mur un bon coup.

Il trouva la gentille vieille sorcière du chariot de friandises, et lui acheta une poignée de Chocogrenouilles et du jus de citrouille, avant de retourner s'asseoir dans son compartiment à l'avant du train. Il parvint à sourire aux élèves quand il entra dans le compartiment, et leur offrit à chacun une Chocogrenouille. Ils le remercièrent avec effusion.

Il reprit sa place sur la banquette et regarda par la fenêtre, perdu dans des pensées orageuses. Il avait beau retourner la situation dans tous les sens, il ne parvenait pas à trouver un moyen plausible d'atteindre Drago. Il ne faisait aucun doute que Voldemort le gardait près de lui, mais il ne savait pas où le Seigneur des Ténèbres se cachait en ce moment. D'abord, il lui faudrait retrouver Voldemort, puis le tuer sans se faire tuer en représailles par les Mangemorts, et après cela, prier pour retrouver Drago vivant. Il ne donnait pas cher de leur chance à l'un comme à l'autre de survivre à un tel plan.

Après un silence prolongé de sa part, les garçons – des Serdaigles, se présentèrent-ils – l'entraînèrent dans une conversation sur le Quidditch, que ce soit en professionnel ou à Poudlard, puisque Harry était toujours considéré comme le meilleur Attrapeur de ces dernières années, et bientôt le train entra dans King's Cross. Il donna aux élèves l'instruction de rester dans leur compartiment pour le moment, avant d'aller voir Minerva.

Il la trouva tout à fait à l'avant du train, en train d'appuyer sa baguette contre un disque de métal accroché au mur. Quand elle prit la parole, sa voix résonna dans toutes les voitures.

« Votre attention s'il vous plaît. Comme vous pouvez le voir nous sommes entrés en gare. Veuillez s'il vous plaît descendre du train dans le calme et la discipline. Souvenez-vous que vous recevrez une lettre qui vous dira quand revenir à l'école. » Elle marqua une pause, et posa les yeux sur Harry. « Et je vous en prie, soyez prudents. »

Ecartant sa baguette du disque, elle poursuivit tranquillement, « Albus m'a dit pour Drago Malefoy. »

Harry déglutit, et il eut le temps de se demander ce que le Directeur avait bien pu lui dire exactement car les élèves commençaient à sortir des compartiments et à descendre sur le quai.

« Combien vous en a-t-il dit ? » demanda-t-il.

« Un peu. Je sais qu'il était l'espion qui travaillait avec vous et que Voldemort l'a découvert. Pendant tout ce temps, j'ai cru qu'il avait suivi les pas de son père, mais il travaillait pour nous. »

Harry hocha la tête en silence alors que Minerva adressait un signe de la main à un groupe de Gryffondors qui passaient.

« On dirait que je me suis trompée sur Monsieur Malefoy finalement, » dit-elle, une note de tristesse perceptible dans sa voix.

« Je crois que nous l'avons tous fait, » répondit Harry, se sentant soudain très seul. « Tous, sauf Dumbledore. »

McGonagall lui adressa un regard sagace, et affirma, « Je crois qu'Albus possède le don de voir chacun de nous comme nous sommes réellement, et de savoir de quoi nous sommes réellement capables, peut-être mieux encore que nous ne le savons nous-même. »

Il pensa à la façon dont Dumbledore lui avait pardonné pour avoir été si près de trahir tout ce pour quoi il avait travaillé. Au peu de surprise qu'il avait montré en découvrant que Drago avait minutieusement saboté le plan qu'Harry avait initié pour sauver sa propre vie.

« Je pense que vous avez raison, » admit-il, s'autorisant un sourire triste. « Bon, il faut que j'aille au Ministère. Fudge doit probablement piquer sa crise à l'heure qu'il est. »

« Bien sûr. Soyez prudent, Harry, » l'implora Minerva, parfaitement consciente qu'il pourrait se retrouver face à face avec Voldemort à tout moment. Elle le serra dans ses bras, brièvement et résolument.

Harry quitta le train et alla voir les quatre Aurors qui regardaient les retrouvailles des parents et des enfants.

« Je vais voir Fudge. Vous avez la situation en main, pas vrai ? »

Andrew McKay lui fit signe qu'il pouvait y aller, « Bien sûr, on s'occupe de tout. Tu ferais mieux d'y aller avant que Fudge n'envoie une expédition pour te retrouver. »

« Je vous vois au bureau. »

Alors qu'il se concentrait mentalement sur l'Atrium du Ministère, il entendit un cri, et un éclair de lumière verte fusa devant lui, faisant craquer l'air, mais Harry tournait déjà, s'éloignant de la gare ; quand le monde s'immobilisa à nouveau, il était dans un grand hall d'entrée plein de sorciers et de sorcières qui revenaient de leur déjeuner.

« Harry ? Qu'est-ce qui se passe ? » l'interpella la voix reconnaissable entre toutes de son plus vieil ami, la bouche pleine. Harry se retourna pour trouver Ron, un sandwich à la main.

« Ron ! Vite, ils attaquent King's Cross ! »