Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de enlightenedkitty.

Chapitre trente-cinq.

Des Détraqueurs à Pré-au-Lard ne pouvaient signifier qu'une chose : Voldemort avait fini par les convaincre de changer de camp, et la prison d'Azkaban était maintenant dépourvue non seulement de gardiens, mais aussi de prisonniers, puisque le Ministère n'avait toujours pas mis au point de système de secours pour le cas où une telle chose se produirait.

Hermione se glissa sur le seuil, et regarda d'un côté et de l'autre de la rue pendant que Remus Lupin reculait. Elle ne vit rien, mais le froid ne permettait pas le moindre doute. Quelque part, tout près, il y avait un grand nombre de Détraqueurs. Elle rentra et ferma calmement la porte.

« Est-ce que vous avez un moyen de joindre Dumbledore ? » demanda-t-elle à Aberforth.

« Je peux essayer par la cheminée, » répondit-il. Il se dirigea vers une porte, derrière le bar, et fit signe à tout le monde de le suivre.

Le bureau était en triste état, et une telle couche de poussière recouvrait tout qu'on aurait presque dit de la neige. Hermione essaya de ne rien toucher avec ses robes, de peur que la poussière remuée ne déclenche des crises d'éternuement.

Aberforth, indifférent à la poussière qu'il souleva en attrapant à tâtons le pot de poudre de Cheminette sur le manteau, s'agenouilla au sol et en jeta une pincée dans le feu qui ronflait. Une fois que les flammes furent passées au vert, il plongea la tête en avant et appela, « Albus ? Albus, où es-tu ? »

La sorcière et les sorciers qui se tenaient avec lui dans le bureau n'entendirent pas de réponse, malgré leurs oreilles tendues.

« Albus, ce n'est pas le moment de faire des blagues, » s'impatienta Aberforth. Après un moment, il sortit la tête des flammes et leur dit, « Je ne suis pas sûr qu'il soit là. »

Hermione se rembrunit, réfléchissant un instant. « Est-ce que vous pouvez lui faire passer un message si jamais je… »

Il secoua la tête et lui rappela, « Les barrières de protection de Poudlard empêchent qui que ce soit d'aller plus loin que ça par la cheminée. »

« On ne peut pas être sûrs que si on envoie un hibou, il ne sera pas intercepté, » pensa Remus à voix haute. Hermione hocha la tête.

« Et le Ministère ? » proposa Sturgis. « Est-ce qu'Arthur ne pourrait pas faire quelque chose ? »

« Bien sûr ! » s'exclama Hermione, irritée de ne pas y avoir pensé tout de suite. « Je peux ? » demanda-t-elle à Aberforth. Il accepta, et elle se saisit d'une pincée de poudre de Cheminette qu'elle jeta dans les flammes. Elles virèrent au vert, et elle plongea la tête dedans, appelant, « Ministère de la Magie ! Le bureau d'Arthur Weasley ! »

Elle ferma les yeux pour échapper à l'impression de tourbillonner, et quand elle les rouvrit, ce fut pour voir le bureau d'Arthur Weasley, Vice Ministre de la Magie. Le Vice Ministre en personne était assis derrière son bureau, les doigts jouant avec des prises électriques pendant qu'il étudiait un parchemin posé devant lui.

« Arthur ! »

Il lâcha les prises, surpris, et fixa la tête d'Hermione Granger qui flottait dans sa cheminée.

« Hermione ! Est-ce que tout va bien ? »

« Non, on a des problèmes. Des Détraqueurs à Pré-au-Lard. »

« Des Détraqueurs ? » demanda-t-il, incrédule. « Mais qu'est-ce… Qu'est-ce qui est arrivé à Azkaban ? Et pourquoi est-ce que tu es à Pré-au-Lard ? »

« Je ne sais pas ce qui s'est passé là-bas, mais vous feriez mieux d'envoyer quelqu'un y jeter un œil. On escortait les élèves jusqu'au train, et Albus nous a demandé de nous arrêter chez Aberforth avant de remonter au château. Pour le moment, on est coincés ici, sauf si on décide d'affronter tous les Détraqueurs. »

Arthur se leva de son bureau pour venir s'accroupir devant la cheminée. « Combien sont-ils ? »

« On n'en est pas sûrs, mais à en juger par le froid qu'il fait, un bon paquet. Combien y en avait-il à Azkaban ? »

« Je n'en suis pas tout à fait sûr. Soixante, soixante-dix. Est-ce que vous avez un moyen de retourner à Poudlard ? »

« Je ne sais pas, » répondit-elle, lentement. « Certainement pas par le chemin habituel. Par un des passages secrets, peut-être. Mais et pour les habitants du village ? On ne peut pas les laisser comme ça avec tous ces Détraqueurs dans la nature. »

« Tu as raison, bien sûr. Evacuez tous ceux que vous pouvez vers Poudlard. Est-ce que vous avez prévenu Dumbledore ? »

« Non, on n'a pas réussi à le joindre par la cheminée. »

Hermione vit un avion en papier violet – un mémo inter-départements – entrer par la porte du bureau. Arthur le saisit en plein vol, et pâlit en lisant le message.

« Qu'est-ce qui se passe ? »

« King's Cross… Ils l'ont attaquée ! Les Mangemorts ! »

« On peut y être en… »

« Non ! » l'interrompit Arthur. « On s'en occupe. Vous, allez voir Dumbledore et mettez-le au courant. »

Arthur se releva sans perdre de temps et sortit de son bureau. Hermione sortit la tête de la cheminée. Elle avait mal aux genoux d'être restée agenouillée sur le sol de pierre.

« J'imagine que vous avez compris les grandes lignes de tout ça, » dit-elle, voyant face à elle des visages plus choqués les uns que les autres. « Je crois que nous ferions mieux de mettre au point un plan pour sortir d'ici. »

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Ron, les yeux écarquillés, bouche bée, donnait à Harry une vision de son sandwich à moitié mâché.

« Ron ! »

Reprenant ses esprits, Ron se dépêcha d'avaler sa bouchée avant de demander, « King's Cross ? Attaquée ? »

« Oui ! » hurla Harry, sans se préoccuper des employés du Ministère qui s'arrêtaient pour le dévisager. « Il faut qu'on y aille tout de suite ! »

« Attends une seconde, on ne peut pas y aller sans prévenir personne, » répliqua Ron, qui trottina jusqu'au poste de contrôle où se tenait Eric Munch, la tête appuyée entre les mains. « Hé, Eric, un mémo et une plume, s'te plaît. »

Le sorcier de garde lui adressa un regard curieux, mais s'exécuta. Lui et Harry regardèrent Ron griffonner sur le papier violet. Une fois qu'il eut fini, il le plia d'une main experte, et donna un coup de baguette en annonçant, « Arthur Weasley, en quatrième vitesse. »

Il se retourna vers Harry. « Papa saura ce qu'il faut faire. »

« Mais il faut qu'on y aille maintenant ! » protesta Harry. « Il va envoyer des renforts, mais ça prendra peut-être trop de temps. Ron, il faut qu'on protège les élèves ! »

Ron céda et ils se précipitaient vers les cheminées de sortie de l'Atrium quand une voix venant des portes dorées menant vers l'intérieur du Ministère les interpella, « Hé, les garçons, vous courez où comme ça ? Vers une pause-déjeuner prolongée ? »

Harry se retourna pour voir Nymphadora Tonks qui approchait d'eux en souriant. Cette fois, ses cheveux étaient noirs, courts, avec des pointes roses.

« Les élèves se font attaquer à King's Cross, » lui expliqua Harry. Il était sur le point de lui demander son aide, mais elle le prit de vitesse.

« Qu'est-ce qu'on fait plantés là, alors ? » demanda-t-elle. Une main dans le dos de chacun, elle les poussa vers les cheminées. « Allez, on bouge ! »

« Attendez ! » l'interrompit Harry, fouillant dans ses robes. « Prenez la potion d'abord. »

Ron et Tonks trouvèrent tous les deux leurs fioles et en avalèrent le contenu. Harry sortit sa baguette et leur fit un signe de tête.

« Je vous retrouve là-bas. »

Il entra dans la cheminée et annonça, « Voie neuf trois-quart ! »

Il arriva de l'autre côté de la voie neuf trois-quart, le Poudlard Express les dissimulait à la vue des combats qu'il pouvait entendre derrière le train. Apparemment, un certain nombre de parents et d'élèves avaient battu en retraite dans le train, il pouvait voir des visages effrayés aux fenêtres. La Marque des Ténèbres flottait, noire et sinistre dans l'air, au dessus de tout.

Ron et Tonks émergèrent rapidement derrière lui, et ils avancèrent avec précaution vers l'avant du train silencieux. Des sorts les frôlèrent, éclairs de lumière qui avaient manqué leur cible ou ricoché sur des sortilèges protecteurs pour filer dans le vide. Harry tendit le cou et découvrit le chaos. L'air était obscurci, ponctué d'éclairs de lumière lorsque des sorts quittaient les baguettes, et de nombreux corps d'adultes comme d'enfants jonchaient le sol, trop nombreux pour qu'il puisse les compter.

Il repéra un groupe de cinq Mangemorts à sept ou huit mètres de là qui lançaient des sorts aux parents et aux élèves. Il fit un signe en cette direction, et Ron et Tonks acquiescèrent. Ils avaient déjà leurs baguettes en main, et n'attendaient que l'occasion de s'en servir. Harry fit un nouveau signe de la tête, et ils émergèrent de derrière le train, un sort sur les lèvres de chacun.

« Expelliarmus ! » hurla Harry, et trois baguettes s'envolèrent, tandis que Ron et Tonks s'écrièrent tous les deux, « Stupefix ! »

Deux des Mangemorts s'écroulèrent immédiatement, et les trois qui restaient firent volte-face, de toute évidence surpris de cette attaque venant de derrière. L'un d'entre eux essaya de ramasser une baguette au sol.

« C'est Potter, » s'écria-t-il.

« Attention, on se contente de le pétrifier ! » répondit un autre. « Le Seigneur des Ténèbres le veut vivant. Tuez les autres ! »

Le troisième se tourna vers Ron, et lança un éclair de lumière verte, mais Ron plongea au sol, contra avec un Petrificus Totalis, et le Mangemort s'effondra. Harry et Tonks neutralisèrent les deux autres, et emprisonnèrent leurs cinq opposants d'un rang serré de corde.

« Ne bougez pas de là, » marmonna Ron en ramassant leurs cinq baguettes qu'il fourra dans une poche de ses robes.

Harry aperçut Yori Sato, l'une des Aurors du train, qui parait le sort d'un Mangemort, mais celui-ci lança un Avada Kedavra avant qu'elle n'ait le temps de se ressaisir, et elle tomba sur le quai. Harry n'eut pas le moindre mal à riposter par le même sort, et le Mangemort en question s'écroula lui aussi. Harry s'agenouilla aux côtés de Yori, et elle battit des paupières, ayant pris sa potion dès que les combats avaient commencé.

« Ça marche vraiment alors, » chuchota-t-elle alors qu'il l'aidait à se relever.

« Fais attention, » lui conseilla-t-il. « Tu ne peux en prendre qu'un de plus si tu veux continuer à te battre. Après le troisième, tu ne seras plus bonne à rien… »

« Attention ! » s'écria-t-elle, repoussant violemment Harry. Un sort lui frôla l'épaule, et Yori leva sa baguette, « Stupefix ! »

Un autre Mangemort tomba au sol, et comme leurs alentours immédiats étaient dégagés, Harry prit le temps de faire un rapide point de la situation. McGonagall était à l'autre extrémité du quai, ses cheveux noirs s'échappant de son traditionnel chignon. Elle parait un sort avant de contrer avec l'un des siens, et semblait s'en être tirée sans dommage jusque là. Britt Oudekirk et Dwaine Garvey se tenaient entre des Première Année terrifiés et quatre Mangemorts qui leur livraient un combat sans merci. Un sort frappa Dwaine et il tomba lourdement juste au moment où Tonks abattait l'un des quatre. Yori se précipita vers eux.

Il ne vit ni Flitwick ni Emmeline Vance, mais certains des parents se battaient, tout comme certains des élèves les plus courageux parmi les plus âgés. Cinq d'entre eux avaient acculé une paire de Mangemorts qu'ils avaient désarmés. Harry se lança vers eux.

« Incarcerus. » Une corde étreignit les deux Mangemorts, et Harry se retourna vers les élèves. « Bon travail. Maintenant, je voudrais que vous assuriez la sécurité dans le train. »

« Mais on peut se battre ! » protesta l'un d'entre eux, un Gryffondor bien sûr. Harry ne put s'empêcher de se souvenir de la façon dont Ginny, Neville et Luna s'étaient battus sur le sujet avec lui en cinquième année…

« Non, ma responsabilité première, c'est de vous mettre en sécurité, mais vous pouvez protéger les autres élèves dans le train. » Quelques uns lui lancèrent un regard décidé, l'air contrarié, comme s'ils étaient sur le point d'essayer d'insister, mais ils obéirent finalement quand il leur cria, « ALLEZ-Y ! »

Les élèves coururent vers le train, et Harry se retourna pour voir un Mangemort qui chargeait en direction de Ron. Harry lança un sort qui le fit trébucher, et Ron le Stupefixa. Des cordes sortirent de la baguette de Ron et s'enroulèrent autour de la silhouette inconsciente.

Soudain, la vingtaine de Mangemorts qui restaient grimacèrent, et Transplanèrent. Harry remarqua que la Marque des Ténèbres brûlait sur l'avant-bras gauche de l'un des Mangemorts capturés.

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Ron, le souffle court, trottant vers Harry. « Ils se barrent ? »

« Regarde, » répondit-il, désignant la Marque des Ténèbres. « Il les rappelle. »

Une vive douleur au niveau de sa cicatrice le fit tressaillir, et Ron s'en inquiéta. « Quoi ? »

Harry secoua la tête, massant d'une main l'éclair brûlant à son front. Il attendit que la douleur se dissipe avant de répondre. « Je pensais qu'il était en colère tout à l'heure, mais maintenant… il est dans une rage noire. »

« Comment ça, tout à l'heure ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Harry lui raconta le rêve qu'il avait fait dans le train, et Ron le regarda, pensif. « C'est peut-être une bonne chose qu'il soit en colère. »

« Ouais, McGonagall m'a dit la même chose, mais je ne sais pas. »

Clopinant vers eux à cause d'une entaille à la cuisse gauche qui saignait, Andrew McKay leur dit, « Content que tu sois revenu, Harry, et avec du renfort, pas moins. » Il se tourna vers Nymphadora qui venait tout juste de finir de vérifier les cordes qui attachaient les Mangemorts capturés. « Tonks, va t'assurer qu'il ne reste personne dans le train. »

La sorcière aux cheveux noirs et roses hocha la tête et monta dans le Poudlard Express.

« Alors, où est-ce qu'ils sont allés ? » demanda McKay, sans s'adresser à quiconque en particulier. Une idée traversa soudain l'esprit de Harry.

« Pourquoi est-ce qu'on ne regarde pas ? » lança-t-il. A leur surprise, Harry avança vers le Mangemort inconscient le plus proche, et attrapa son avant-bras gauche.

Il frôla des doigts la Marque des Ténèbres, et une image lui apparut, une prairie qu'il ne reconnaissait pas. Il se retourna vers Ron et secoua la tête.

« Je ne sais pas, ils se regroupent, probablement, ce qui veut dire qu'il faut qu'on sorte tout le monde d'ici avant qu'ils ne décident de revenir. »

Pendant que Harry parlait, des sorciers et sorcières en robes bleu nuit débarquèrent sur le quai, dépassant le guichet des tickets et la chaise vide du garde, les occupants habituels de ces sièges ayant été les premières victimes de l'attaque des Mangemorts. Juste derrière la Police Ministérielle on distinguait les Guérisseurs de Sainte-Mangouste dans leurs robes couleur citron vert.

McGonagall vint les rejoindre. Un bleu noirâtre se formait sur son front, et ses robes étaient éclaboussées de sang. L'air bouleversé qu'elle affichait semblait répondre aux craintes de Harry et des autres Aurors. Ses mots ne firent que les confirmer.

« Neuf élèves ont été tués, » annonça-t-elle. Sa voix craqua alors qu'elle luttait pour rester maîtresse de ses émotions. « Heureusement, les autres étaient encore dans le train, ou ont réussi à remonter s'y réfugier. »

« Merde, » souffla Ron.

« Laissez-moi deviner. Pas un seul Serpentard, » rumina Harry d'un ton sourd.

Elle hocha la tête. « En fait, ceux que nous suspections d'avoir des liens avec les Mangemorts ont disparu, avant l'attaque ou pendant, je n'en sais rien. »

« Combien de parents ont été tués ? » demanda McKay.

« Je ne sais pas, mais au moins autant. »

« Quel putain de désastre, » dit McKay, secouant la tête. « Si seulement Fudge avait accepté d'envoyer plus de monde. J'ai essayé d'insister, mais… »

« Nous savons tous comment le Ministre aime faire les choses, » l'interrompit Harry, la colère brûlant au fond de ses yeux verts brillants. « Mais au moins, ils n'ont pas attaqué pendant qu'on était en route. On aurait été faits comme des putains de rats. »

Quelques hochements de tête lui répondirent. Tonks émergea du train, Flitwick sur ses talons. Le petit sorcier semblait secoué, mais ne montrait pas trace de blessure visible.

« Le train est OK. Juste quelques gamins effrayés, et plus d'un parent dans le même état, d'ailleurs. »

« Où est Emmeline ? » demanda McGonagall à Flitwick, puisque c'était elle l'autre membre de l'Ordre qui lui avait prêté main forte avec les Sortilèges d'Invisibilité.

Il répondit, au bord des larmes. « Elle… elle y est restée. Elle a entendu du vacarme dehors et elle est allée voir. Un Avada perdu l'a touchée avant qu'elle ne puisse prendre la potion. »

McGonagall eut une inspiration surprise, et serra ses mains sur son cœur, cette fois-ci incapable d'arrêter les larmes qui lui montèrent aux yeux et coulèrent le long de ses joues alors qu'elle murmurait, « Emmeline ! »

Pendant que Flitwick faisait de son mieux pour la consoler, Harry et Ron échangèrent un regard sombre.

« Il faut qu'on retourne au Ministère et qu'on parle à ton père, rapidement. J'ai comme l'impression que tout ça pourrait n'être qu'une diversion. »

Ron haussa les sourcils. « Dans ce cas, on ferait mieux d'y aller. »

McKay les tranquillisa. « Allez-y tous les trois. On peut se débrouiller sans vous. »

Avec trois 'crac', ils Transplanèrent vers le Ministère, et se lancèrent immédiatement dans l'Atrium, passant devant Eric, le sorcier de garde, courant vers les ascenseurs. Harry appuya avec insistance sur les flèches montantes. Finalement, un ascenseur arriva et ils se précipitèrent à l'intérieur, Tonks faisant signe d'attendre à un sorcier qui essayait de monter avec eux, pendant que Ron appuyait sur le bouton du premier – les bureaux de l'administration – tout en chuchotant discrètement quelque chose au panneau de commande.

« Qu'est-ce que c'était, Ron ? » demanda Tonks.

« Juste un petit mot de passe que papa m'a donné. Il t'emmène directement à l'étage que tu as demandé sans s'arrêter pour personne d'autre. »

En quelques instants, la cabine s'arrêta et ils étaient sortis avant même d'entendre l'annonce de leur étage. Ils étaient dans un couloir qui se prolongeait à droite et à gauche, et Ron se tourna vers la droite.

« Par là, » indiqua-t-il, ce qui n'était pas nécessaire puisque les deux autres savaient également où se trouvait le bureau d'Arthur Weasley, mais ils lui emboîtèrent néanmoins le pas dans les méandres des couloirs qui les menèrent finalement à une lourde porte de noyer ornée d'une plaque d'or indiquant, Vice Ministre de la Magie, Arthur Weasley.

Ron ouvrit la porte, lança un salut à l'assistant personnel d'Arthur, un vieux sorcier pas commode prénommé Philip, puis continua son chemin vers le bureau, ignorant Philip qui lui criait de s'arrêter. Entrant en trombe dans le bureau, Ron s'arrêta net. Harry lui rentra dedans, et Tonks, sur leurs talons, percuta Harry, manquant de les faire tomber tous les trois. Harry tendit le cou pour voir pourquoi Ron s'était immobilisé, et son cœur se serra. Le bureau était vide.

« Si vous vous étiez arrêtés pour m'écouter, j'aurais pu vous dire que Monsieur Weasley est maintenant en conférence avec le Ministre. Je vous suggère de ne pas les déranger. »

« C'est ce qu'on va voir, » répondit Ron.

Immédiatement, ils rebroussèrent chemin hors du bureau et à travers les couloirs, repassant devant les ascenseurs et empruntant d'autres couloirs encore jusqu'à ce qu'ils parviennent au bureau de Fudge.

« Laissez-moi m'en occuper, » leur dit Harry.

Il ouvrit la porte du bureau, et un grand sourire éclaira son visage quand il reconnu la sorcière assise derrière son bureau.

« Lydia ! Quel plaisir de vous revoir, et si rapidement ! »

Son visage devint rouge comme une betterave jusqu'à la racine de ses cheveux blonds, et elle s'extasia, « Bonjour, Monsieur Potter. »

« J'ai entendu dire qu'Arthur Weasley était ici en ce moment, avec le Ministre. Est-ce que c'est vrai ? »

Elle hocha la tête et répondit, « Oui, mais je ne pense pas que ce soit le bon moment pour… »

« Oh, ça va aller. J'ai des informations dont ils ont besoin tous les deux. »

« Eh bien… » Elle s'interrompit, détournant les yeux de Harry pour les poser sur Ron et Tonks, qui venait de renverser une plante verte avec le bord de ses robes. La sorcière naturellement maladroite tâtonnait pour redresser le pot et remettre dedans la terre qui s'était renversée. « Si vous pensez qu'ils ont besoin de cette information… »

« Lydia, s'il se met en colère, j'en prendrai l'entière responsabilité. »

Elle acquiesça, et Harry frappa à la porte, l'ouvrant sans attendre de réponse. Cornelius Fudge, derrière son bureau, et Arthur, assis en face du Ministre, levèrent des regards surpris face à l'intrusion soudaine de Harry.

« Harry, si tu veux bien m'excuser, je suis en pleine discussion avec le Vice Ministre pour le moment, » lui lança Fudge, en même temps qu'Arthur demandait, « Qu'est-ce qui s'est passé à King's Cross ? »

Harry ignora Fudge dans les grandes largeurs, accordant son attention à Arthur pour lui répondre. « Nous avons capturé certains des Mangemorts, mais le reste s'est sauvé après avoir été convoqué par Voldemort. Il doivent se regrouper maintenant. »

« Si c'est le cas, il y a de grandes chances que ce soit à Pré-au-Lard. »

« Pré-au-Lard ! » s'écria Ron. « Mais je pensais qu'ils devaient attaquer le Ministère en premier, et pas Poudlard ! »

« C'est ce que nous pensions nous aussi, » répondit son père, se frottant le crâne de la main.

« Mais pourquoi est-ce que vous pensez qu'il irait là ? » demanda Harry, essayant désespérément de se faire une image globale de la situation.

« Parce que Hermione m'a passé un coup de cheminée il y a une vingtaine de minutes, et elle était là-bas, coincée par les Détraqueurs, ceux qui gardaient Azkaban. »

Harry laissa échapper un juron, et, regardant Fudge, Tonks l'interrogea. « Que font les prisonniers ? »

Fudge refusa de répondre, alors Arthur expliqua, « Quelques uns sont restés, ceux qui n'ont pas de relation avec Voldemort ou ses partisans, parce qu'ils n'avaient pas de moyen de s'en aller. »

« Génial, » marmonna Ron. « Ça nous en fait plus à combattre. »

« Et qu'est-ce que vous faites au sujet de Pré-au-Lard ? » insista Harry, remontant ses lunettes le long de son nez. « Est-ce que vous avez envoyé quelqu'un ? »

Arthur secoua la tête. « Je lui ai demandé d'évacuer toutes les personnes qu'elle pouvait, et de faire son rapport à Dumbledore en lui expliquant la situation. »

« Mais vous ne pouvez pas la laisser se battre toute seule contre tous ces Détraqueurs ! Il devait y avoir au moins cinquante Détraqueurs à Azkaban, sans parler de ceux qui échappent au contrôle du Ministère ! »

« Aucun Détraqueur n'échappe au contrôle… » commença Fudge, mais Harry le fit taire d'un regard foudroyant.

« Vous savez que c'est faux, » dit-il d'un ton glacial. Le Ministre pâlissait à vue d'œil. Harry se retourna vers Arthur qui essayait de le rassurer, « Elle est avec Remus et Sturgis. »

« Ecoutez, je pense que vous avez peut-être raison sur le fait qu'ils se rassemblent à Pré-au-Lard pour une attaque sur Poudlard, je crois que ça se tient. Voldemort est vraiment très en colère à propos de quelque chose, et il a rappelé tous ses Mangemorts de King's Cross, même s'ils étaient toujours en supériorité numérique par rapport à nous. Il est peut-être suffisamment désespéré pour rassembler toutes ses forces, et mettre en place une attaque monstre sur Poudlard. Si c'est le cas, Hermione ne peut certainement pas faire face à ça, que ce soit avec ou sans Remus et Sturgis. Elle va avoir besoin de notre aide. »

Arthur regarda Harry dans les yeux pendant un long moment, le temps de décider ce qu'il allait faire, jusqu'à ce que Fudge décide de rappeler son autorité de Ministre de la Magie. Se levant de son fauteuil, il posa les mains sur son bureau se tournant vers Harry avec une expression sévère.

« Je vais envoyer quelqu'un à Pré-au-Lard immédiatement, mais toi, Harry, tu resteras là, comme Dumbledore et moi en sommes convenus précédemment. Il n'a pas besoin de ton aide pour protéger Poudlard, et tu le sais très bien. »

Ron prit une brève inspiration en reconnaissant l'air de pure furie qu'affichait Harry. Il avait déjà eu à subir ce qui suivait cette expression, et ce n'avait pas été beau à voir.

« Ma meilleure amie est en danger, tout comme Poudlard l'est peut-être, et je n'ai pas l'intention de risquer l'un ou l'autre pour sauver votre gros cul. »

« Harry, » commença Fudge. « Si jamais tu y vas, je serais forcé d'entamer contre toi une procédure disciplinaire… »

« Allez vous faire foutre, Fudge, » lança Harry par dessus son épaule en franchissant à grandes enjambées la porte restée ouverte, passant devant une Lydia bouche bée qui avait été témoin de la conversation.

Ron regarda Fudge, puis son père, avant de hausser les épaules et de suivre Harry. Tonks fit de même, et ils le retrouvèrent en train de faire les cent pas devant les ascenseurs.

« Harry, Ron, attendez ! » les interpella la voix d'Arthur au bout du couloir. Un instant plus tard, il arrivait, un peu essoufflé. « Je viens avec vous. »