Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, et l'histoire de enlightenedkitty.

Chapitre trente-six.

Alors qu'elle se précipitait vers l'endroit où Sturgis Podmore était étendu au sol, inconscient, Hermione pouvait sentir les doigts glacés du Détraqueur dans son dos ; elle eut l'impression que tout son bonheur était aspiré hors de son être. Elle se prit les pieds dans une pierre dépassant du sol, et fit un vol plané, déchirant son jean au niveau du genou, sous ses robes. Sa baguette roula au sol à un ou deux mètres d'elle, pendant que le Détraqueur continuait à flotter au dessus d'elle. Elle chercha sa baguette à tâtons, ignorant la douleur de ses paumes qui avaient été griffées dans sa chute, et le sang qui lui coulait le long de la jambe, mais au moment où elle trouva la baguette de bois, elle entendit une voix derrière elle qui hurlait,

« Spero Patronum ! »

Elle sentit le cerf la frôler plus qu'elle ne le vit, sachant avant de se retourner qui elle allait trouver derrière elle.

« Harry ! » s'écria-t-elle, n'ayant jamais dans sa vie été plus contente de voir Harry Potter devant elle. Ses cheveux noirs partant dans tous les sens et ses yeux verts lançant des éclairs, il se tenait là, la baguette levée.

« Tout va bien, Mione ? »

Alors qu'elle se relevait et époussetait vaguement ses vêtements, Remus Lupin émergea d'une ruelle. « Hermione, tout va bien ? » Il s'arrêta, et fixa Harry, comme stupéfait. « Harry ? Quand est-ce que tu es arrivé ? »

« Il y a quelques minutes. Ron et Arthur sont là également. Et Tonks aussi. Je crois que nous avons débarrassé les ruelles adjacentes des Détraqueurs. »

« Nymphadora ! » s'exclama Remus. « Mais qu'est-ce qu'elle… Je pensais que vous deviez tous rester au Ministère ! »

« Oui, en fait… Disons que j'ai un peu dit ses quatre vérités à ce salaud pompeux de Ministre qui voulait m'empêcher de venir ici. »

« Mais et pour King's Cross ? » intervint Hermione. « Qui s'occupe de la situation là-bas ? »

« Ça y est, c'est réglé. En fait, McGonagall et Flitwick ne devraient pas tarder à revenir à Poudlard. »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Trente, trente-cinq Mangemorts sont sortis de nulle part juste au moment où je Transplanais vers le Ministère. Je suis tombé sur Ron et Tonks tout de suite en arrivant, et ils sont revenus avec moi. On en a neutralisé un bon nombre, et le reste a Transplané quelque part, rappelé par Voldemort. »

« Il y a eu des victimes ? » demanda Remus d'un ton hésitant.

Hochant la tête avec solennité, Harry répondit, « Neuf élèves, et au moins autant de parents. Et Emmeline a été tuée. »

Hermione laissa échapper un juron sonore, et Remus baissa la tête. Emmeline Vance avait fait partie du premier Ordre ; c'était une grande sorcière, et également une amie.

Hermione s'agenouilla auprès de Sturgis, essayant de le ranimer. Lentement, le sorcier revint à lui, mais il était si faible qu'il ne parvint pas à se relever au début.

« Quelqu'un aurait du chocolat ? »

« Non, mais Honeydukes est juste au coin de la rue, » répondit Harry. « J'imagine qu'ils ne nous en voudront pas si je leur en emprunte un peu. »

Harry disparut vers le magasin de bonbons, et Ron et Arthur arrivèrent.

« Mione, » dit Ron, la serrant rapidement dans ses bras. « Tout va bien ? »

Elle acquiesça. « Et toi ? »

« Je m'amuse comme un petit fou, entre les Mangemorts et les Détraqueurs. »

« Qu'est-ce qui s'est passé à ton bureau, Arthur ? » demanda Remus.

« Eh bien, deux ou trois petites choses, en effet. Harry a envoyé balader le Ministre, avant de partir en le plantant là. De mon côté, j'ai attaché et bâillonné Fudge, lancé un Oubliette à son assistante avant de l'envoyer à l'autre bout du Ministère, et, tant que j'y étais, je me suis accordé les pleins pouvoirs en tant que Ministre. »

Hermione et Ron le regardaient, les yeux écarquillés, leurs visages partagés entre l'horreur et l'admiration.

« Papa ! Maman va te tuer ! »

Arthur haussa les épaules, « C'était ce qu'il y avait à faire, et je suis certain que Molly sera d'accord avec moi, étant données les circonstances. J'ai donné l'ordre à la moitié des Aurors de venir à Poudlard, et à la moitié de la police ministérielle de venir ici. Le reste monte la garde au Ministère. »

Un instant plus tard, Harry réapparut, le souffle court, plusieurs tablettes de chocolat à la main. Il en cassa des morceaux pour chacun, en expliquant, « J'ai laissé quelques gallions sur le comptoir. »

« Est-ce que tout le monde a été évacué ? » demanda Arthur.

Remus hocha la tête. « Pour autant que nous puissions en juger. Il y en a quelques uns que nous avons trouvés trop tard ; les Détraqueurs étaient arrivés avant nous. Les autres ont soit été envoyés à Poudlard par le passage secret qui part de Honeydukes, soit Transplané vers des endroits plus sûrs. »

Deux hurlements retentirent, et le groupe se précipita comme un seul homme vers la Cabane Hurlante pour découvrir en s'engageant dans la rue trois Détraqueurs qui tournaient autour des silhouettes étendues de Tonks et d'un autre sorcier. Alors qu'ils levaient tous leurs baguettes, un lion d'argent chargea et attaqua les trois Détraqueurs, les faisant déguerpir à grands cris. Le lion fit un autre passage autour de Tonks et du sorcier, comme pour les garder en cas d'autre attaque, avant de se dissiper et de disparaître.

Harry courut vers eux, sortant le chocolat de ses poches et en distribuant un morceau à chacun. Il sourit à Tonks, admiratif.

« Sympa le Patronus, Tonks ! »

« Merci, mais ce n'était pas le mien, » répondit-elle, glissant un morceau de chocolat dans sa bouche.

« Dans ce cas à qui… »

« C'est le mien. »

Tout le monde se retourna pour voir Neville Londubat debout au bout de la rue, grand et maigre, les mains dans les poches et un sourire timide sur son visage poupin.

« Mais qu'est-ce que tu fais là, Neville ? » demanda Hermione, incrédule.

« J'ai entendu parler de ce qui se passait au Ministère, et j'ai décidé de venir donner un coup de main, » répondit-il, alors que Harry lui tendait la main pour le saluer. « Il paraît que tu as dit à Fudge d'aller se faire foutre ? »

« Ça se sait déjà ? »

Neville rit. « Je travaille au service de la Régulation des Plantes, probablement l'un des endroits les plus ennuyeux de tout le bâtiment, et j'en ai déjà entendu parler. Evidemment ! C'est le Ministère, il n'a fallu que quelques minutes pour que tout le monde soit au courant ! »

« Et pour Fudge ? » demanda Arthur, nerveux. Pour la première fois, il semblait s'inquiéter de ce qu'il avait fait au Ministre.

« D'après ce que j'ai entendu, quelqu'un l'a trouvé ligoté et bâillonné dans son bureau, même si personne ne parvient à deviner qui a pu lui faire ça, » répondit Neville en souriant, regardant un Arthur nerveux dans les yeux. « Et il paraît que la personne qui l'a trouvé l'a laissé là où il était sans même le détacher. »

« Tu veux rire ? » souffla Arthur, alors que Harry et Ron éclataient de rire tous les deux, mais Neville disait la vérité. Apparemment, il n'y avait pas que les sorciers et les sorcières loyaux à Dumbledore qui s'étaient lassés du règne de Cornelius Fudge en tant que Ministre.

Hermione aperçut le sorcier anonyme que Tonks avait protégé qui Transplanait, même si Tonks elle restait assise au sol avec Remus, accroupi près d'elle, une main lui agrippant gentiment l'épaule. Hermione ne put s'empêcher de sourire en voyant la tendresse qui se lisait sur le visage de Remus.

« Bien, il faut qu'on retourne à Poudlard, » dit-elle, détournant le regard de Tonks et Remus. « Arthur, est-ce que vous êtes entré en contact avec Dumbledore ? »

« Non, en fait. Il n'y a pas eu de réponse quand j'ai appelé son bureau, et je n'ai pas voulu prendre le risque qu'un hibou soit intercepté par… »

Avec une exclamation de douleur, Harry s'écroula au sol, ses lunettes tombant pour rebondir plus loin dans la rue. Hermione se jeta immédiatement au sol près de lui, cherchant du bout des doigts à trouver un pouls dans son cou.

« Harry, ça va ? Est-ce que tu m'entends ? »

Ron la rejoignit par terre, et secoua un bon coup l'épaule de Harry. « Harry, allez, mec, réveille-toi. »

« Attention, Ron, » le sermonna-t-elle. « On ne sait pas ce qu'il a. »

« Il va se réveiller dans une minute, ça lui arrive tout le temps. »

« Il s'évanouit tout le temps ? » demanda Remus, quittant Tonks pour venir se tenir près d'Arthur. « Est-ce qu'il a consulté quelqu'un à ce sujet ? »

Ron haussa les épaules et Hermione grimaça, l'air contrarié. « Probablement pas. Si je ne suis pas là pour m'assurer qu'il prenne soin de lui, ce n'est pas Ron qui va s'en occuper. »

Avant que Ron ne trouve une réponse, Harry grogna et ouvrit les yeux. Ses deux mains volèrent jusqu'à son front et sa cicatrice en forme d'éclair.

« Harry, qu'est-ce qui se passe ? » demanda doucement Hermione, tandis qu'elle et Ron l'aidaient à s'asseoir. « Est-ce que tu as vu quelque chose ? »

Harry écarta les mains de son front, et adressa à Hermione un long regard perçant. « Il tient Albus. »

« Comment est-ce que tu sais que ce n'est pas une autre… »

« Une autre ruse ? C'est ce que je me suis dit moi aussi. Mais après avoir vu Voldemort dans la Grande Salle, j'ai entendu la voix de Snape dans ma tête. »

« Severus ? Mais qu'est-ce… »

« Il était en train de hurler, à cause d'un Doloris. Voldemort le tient, Hermione, il les tient tous les deux, Snape et Dumbledore. »

Hermione en eut le souffle coupé, et Ron s'impatienta, « Ben, qu'est-ce qu'on attend… »

Harry prit une profonde inspiration, et poursuivit, « Ce n'est pas tout. Je crois que Drago est toujours en vie, et qu'il est là-bas avec eux. »

Elle resta bouche bée pendant que Ron les regardait l'un et l'autre sans comprendre.

« Malefoy ? Mais c'est un Mangemort ! »

« C'était l'espion, Ron ! Franchement ! »

« L'espion ! Mais pourquoi est-ce que personne ne m'avait rien dit à moi ? »

« Ron, ferme-la ! » grommela Harry, et il s'exécuta, baissant la tête avec obéissance.

« Harry… je pense que ça pourrait encore être un piège, » dit Hermione, haussant le ton quand Harry commença à protester. « Voldemort sait que tu as une tendance à vouloir jouer les héros. »

« Je ne joue pas les héros, » protesta-t-il avec colère.

Ron hocha la tête et la soutint doucement. « Elle a raison, mec. »

« Attendez, pourquoi est-ce qu'on se dispute, » interrompit Remus en regardant Hermione. « Tu as la Carte ! Je t'ai vue avec ce matin ! »

« Bien sûr ! Comment est-ce que j'ai pu l'oublier ? »

Elle fouilla les poches intérieures de ses robes jusqu'à ce qu'elle trouve le parchemin qu'elle fourra entre les mains impatientes de Harry.

Il tapa sa baguette contre le document en murmurant, « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. »

Le plan du château se coula sur le parchemin, mais demeura curieusement vierge de tout nom. C'était comme si le château était complètement vide. Harry tapa de nouveau sa baguette sur le papier, répétant la formule. Toujours rien. Il leva d'abord les yeux vers Hermione, qui haussa les épaules, abasourdie, puis vers Remus, dont le visage était aussi pâle que le parchemin que Harry tenait entre ses mains.

« Tu as aidé à fabriquer ce truc, alors dis-moi ce qui cloche. Pourquoi est-ce que la Carte ne montre rien ? »

Une fois son souffle retrouvé, Remus commença à expliquer, « On a décidé de fabriquer la Carte du Maraudeur, enfin, Sirius et James ont décidé, en fait, après avoir trouvé un livre dans la bibliothèque… »

« Est-ce que tout ce bla-bla est nécessaire ? » demanda Harry, une grimace déformant son beau visage.

« Oui, Harry, ça l'est. Et voilà pourquoi : l'une des barrières de protection de Poudlard repère chaque personne du château, et nous avons trouvé d'après ce livre comment refléter ce sortilège sur la Carte, afin qu'elle nous montre la position de tout le monde sur une carte du château qu'on avait dessinée. »

« Et qu'est-ce que ça a à voir avec le fait que la Carte ne marche plus ? »

Exaspérée, Hermione intervint, « Harry, si la Carte ne donne plus de noms… »

« Les barrières de protection de Poudlard doivent avoir cédé, » compléta Ron pour elle. Il sembla aussi surpris de sa réponse que toutes les autres personnes qui se tenaient avec lui, mais il remplaça rapidement son air de surprise par un visage fier. « Je suis pas aussi idiot que ce que vous croyez tous. »

« Mais non, Ron, évidemment, » le rassura Hermione par habitude, les questions surgissant dans son esprit plus vite qu'elle ne pouvait les canaliser. « Mais si cette barrière-là a été désamorcée… »

« Alors il est probable que d'autres aient été brisées également, » finit Harry d'un ton sombre.

« Mais ça peut également vouloir dire que la barrière anti-Transplanage n'est plus en place, » intervint Arthur. « L'un d'entre nous devrait essayer de Transplaner là-bas. »

« J'y vais. »

« Non, moi, j'y vais, » le contredit Ron, acquiesçant à la proposition de son père avant de se tourner vers Harry. « Tu ne peux pas aller Transplaner à l'aveuglette alors que tu es l'acteur-clé de notre victoire dans cette bataille. J'y vais. »

Les épaules basses, Harry soupira avant d'adresser à son meilleur ami un regard maussade. « Fais bien attention alors. »

« Où est-ce que je vais ? »

Passant rapidement en revue les différentes options qu'ils avaient, Hermione répondit rapidement. « Essaie la salle de bains des préfets au cinquième. Je doute que tu y trouves des Mangemorts. »

Ron lui répondit par un drôle de regard, mais demanda à son père, « Qu'est-ce qui se passera si j'essaie de Transplaner et que la barrière est toujours en place ? »

« Rien, » répondit Arthur. « Si la barrière est toujours en place, tu ne seras pas capable d'arriver à destination. Pendant un moment, tu auras l'impression d'avoir réussi à Transplaner, mais tu reviendras ici quasi-instantanément. »

Il hocha la tête, et après un rapide coup d'œil pour Harry et Hermione, annonça, « Je reviens tout de suite, alors. »

Ron ferma les yeux de toutes ses forces, et disparut de leur vue. Tout le monde retint son souffle en attendant qu'il revienne. Quand deux minutes se furent écoulées sans signe de Ron, l'inquiétude descendit sur le groupe. Arthur marmonnait tout seul, se reprochant d'avoir laissé son fils se précipiter vers un danger inconnu, Hermione se tordait les mains, Harry faisait tourner sa baguette entre ses doigts, pendant que Remus, Tonks, et Sturgis discutaient à voix basse, un peu à l'écart.

« Je vais voir, » annonça Harry une fois que cinq minutes furent passées. « Il lui est arrivé quelque chose. »

« Harry, s'il est arrivé quelque chose à Ron, tu ferais une connerie phénoménale en allant le rejoindre, » le prévint Hermione.

Remus, qui avait depuis rejoint le groupe, ajouta, « Sans toi, on ne peut pas gagner. »

Harry les foudroya tous les deux du regard, ainsi qu'Arthur qui hochait la tête pour les soutenir.

« Je ne peux pas rester là à me tourner les pouces alors que Voldemort détient Albus, Drago, et maintenant peut-être Ron… »

Un craquement brutal l'interrompit, et Ron Weasley apparut devant eux, essoufflé. Le soulagement se lut sur le visage d'Arthur.

« Ron ! Merlin merci ! »

« Peut-pas-aller-au-cinquième-étage, » haleta Ron, appuyant les mains contre ses genoux.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » s'écria Harry.

« Est-ce que tu vas bien ? » demanda Hermione, posant une main contre son épaule.

Il hocha la tête et se redressa.

« Tu avais raison, Mione. Il n'y avait personne dans la salle de bains des préfets, alors je suis sorti dans le couloir… »

« Ron ! »

« Espèce d'imbécile ! »

Ignorant leurs protestations, il continua, « Et quand j'ai entendu des voix, je me suis glissé dans une salle vide, le bureau de quelqu'un, apparemment. Je me suis caché là pendant quelques minutes, et j'ai discuté avec l'un des portraits, un sorcier espagnol ou quelque chose. Il m'a dit que le château avait été envahi par les Mangemorts peu après que les élèves en soient partis. Il pense qu'il y a toujours plusieurs groupes qui se battent dans le château – des professeurs et l'Ordre – et il y a également une énorme bataille qui fait rage à l'extérieur. Apparemment, ce seraient les Aurors que tu as envoyés, papa. »

« Et après ? » demanda Harry. « Pourquoi est-ce que tu es revenu si essoufflé ? »

Ron eut l'air un peu contrit pendant un instant, mais expliqua, « Eh bien, les voix se sont éloignées et je suis sorti et… »

« Quel idiot ! Pourquoi est-ce que tu n'as pas tout simplement re-Transplané ici ? » demanda Hermione.

« J'étais inquiet pour Ginny ! Elle était là-bas ce matin, et le sorcier a dit qu'il pensait qu'il y avait des gens cachés dans la Salle sur Demande, et c'était juste à un étage de là, au bout du couloir… Mais dès que j'ai tourné au bout du couloir, deux Mangemorts m'ont vu et ont commencé à m'envoyer des sorts. Je n'ai pas eu le temps de Transplaner, alors il a fallu que je me débarrasse d'eux avant. »

Une fois que Ron eut fini, il jeta un regard expectatif à Harry qui passait une main dans ses cheveux noirs en bataille.

« S'il y a un groupe dans la Salle sur Demande… » commença-t-il, avant de se tourner vers Hermione. « Où est-ce qu'on peut aller au sixième étage, au juste ? »

Elle y réfléchit un moment avant de répondre. « Il y a un grand placard à balais. Je pense qu'on pourrait tous tenir dedans. » Elle tourna rapidement sur elle-même pour compter tout le monde. « Sept… Je ne suis pas sûre. »

« Et la Tour de Gryffondor ? » demanda Ron. Plusieurs d'entre eux hochèrent la tête. « Est-ce que la Grosse Dame ne tiendra pas les Mangemorts à l'écart ? Après tout, elle n'a pas laissé passer Sirius pendant notre troisième année. »

« Probablement, » convint lentement Hermione. « Et c'est au même étage que la Salle sur Demande. Je pense que nous devrions utiliser un Portoloin, plutôt que de Transplaner chacun de notre côté. »

Remus approuva cette idée. « Il y a bien longtemps que je ne suis pas allé à la Tour de Gryffondor. »

« Tenez, » dit Arthur, tendant la main pour leur donner ce qu'Hermione et Harry soupçonnèrent fort d'être la bougie d'allumage d'une voiture.

Hermione la prit et la tapa de sa baguette. « Portus. »

La bougie trembla et émit un éclair de lumière bleue avant de s'immobiliser dans la paume d'Hermione. « Très bien. Tout le monde ? »

Les autres se groupèrent autour d'elle, et placèrent un doigt sur le petit cylindre de métal. Quelques secondes plus tard, sept crochets invisibles les saisirent par l'estomac pour les aspirer vers le château.

&&&&&

Severus était étendu, roulé en boule sur le côté. Sa respiration était hachée, mais il refusait de crier malgré les coups de pied dans le dos que lui donnait Pettigrow. Au lieu de cela, il ferma les yeux, espérant perdre conscience, tout en sachant que ça ne lui apporterait qu'un répit temporaire.

« Ça suffit, Queudver, » intima Voldemort.

Le Seigneur des Ténèbres était assis à la table des Professeurs, dans le fauteuil de Dumbledore, et regarda avec triomphe Pettigrow s'écarter de Snape. Il tourna ses yeux rouges vers le Directeur. Le sang séché lui avait coulé de la bouche, et ses yeux bleus étaient éteints. Ligoté à une chaise, on s'était assuré qu'il ait une bonne place pour voir ce qui se passait. A chaque coup, à chaque sort, Dumbledore tressaillait, et Severus ne pouvait supporter de regarder le vieil homme et la douleur qui se lisait à chaque fois dans ses yeux.

« J'ai des plans pour Severus. Ainsi que pour Monsieur Malefoy. Nous commencerons les festivités une fois que Potter et ses amis seront arrivés. »

Forçant ses yeux à retrouver une vision claire, Severus tourna la tête et vit la silhouette immobile de Drago étendue au sol, près de la table de Serpentard. Il était surpris que Malefoy soit toujours en vie, compte tenu de tout ce qu'il savait au sujet de sa maladie, mais d'un autre côté, le Seigneur des Ténèbres connaissait très probablement le remède qu'il lui fallait, et le gardait en vie de façon délibérée afin de pouvoir l'achever sous les yeux de Harry. L'esprit de Severus, engourdi par plusieurs séries de Doloris, déduisit lentement ce que ça pouvait impliquer, et réalisa qu'il avait les mêmes plans le concernant, prévoyant de l'assassiner devant Hermione. Il préférerait se tuer lui-même tout de suite pour leur épargner cette peine à tous les deux, mais il ne disposait pas de cette option. Cependant, si Potter était en chemin, ça lui laissait toujours une faible lueur d'espoir auquel il refusait de trop croire.

« Comment est-ce que tu te sens, Dumbledore, maintenant que j'ai pris ton petit château ? Tu te rends compte, bien sûr, que je vais tuer Potter avant de t'achever ? » se moqua Voldemort, un sourire diabolique traversant son visage aussi blanc qu'un crâne. « Je suis persuadé que tu ne voudrais pas manquer ça – la défaite finale de Harry Potter. »

Le cœur lourd, Dumbledore regardait Severus qui luttait pour ne pas s'évanouir. Ce serait plus facile pour le jeune homme de se laisser sombrer dans l'inconscience, dans le néant. Il soupira en posant le regard sur la Grande Table, à laquelle Voldemort était assis, triomphant. A un mouvement de son poignet, la table disparut, et Voldemort descendit de l'estrade, et avança vers Dumbledore.

« Qu'est-ce que tu ressens, maintenant, Albus ? Tu te dis que peut-être, si tu m'avais apporté un peu plus d'attention, plus de respect quand j'étais élève, tout ceci ne serait jamais arrivé ? » ironisa-t-il, ses yeux rouges lançant des éclairs de colère.

Albus lui adressa un regard empli de compassion. « Non, Tom. Je crois qu'aucun degré de respect ou d'attention n'aurait pu te détourner de ta destinée. »

« Tu seras témoin de ma destinée ce soir même ! » s'écria Voldemort, sortant sa baguette pour la pointer droit sur le Directeur. « Mais je pense que tu mérites de souffrir un peu avant que ça n'arrive. Endoloris ! »

Albus ne cria pas, mais se tordit de douleur sur sa chaise. Incapable de regarder son plus vieil ami souffrir, Severus rassembla ses forces et se redressa à genoux, indifférent à Pettigrow qui lui balançait son pied botté, jusqu'à ce que celui-ci entre en collision avec sa mâchoire, ensuite, miséricordieusement, tout devint noir.

&&&&&

Harry s'appuya contre un mur du premier étage, observant le groupe de plus ou moins une quinzaine de sorciers et sorcières qui se tenaient devant lui.

« Qui a été touché par un Avada jusqu'à maintenant ? »

Une douzaine de mains se levèrent, y compris celles d'Hermione et de Ron.

« Deux fois ? »

Près de la moitié des mains se baissèrent, n'en laissant que cinq en l'air.

« Qui n'a pas été touché du tout ? »

Harry leva une main, comme cinq autres personnes.

« D'accord. Ceux qui ont été déjà touchés deux fois, vous entrerez en dernier. Si vous êtes touchés une fois de plus, vous y survivrez certainement…» – Il se tourna vers Hermione pour qu'elle le lui confirme – « …mais votre vie ne tiendra qu'à un fil, et vous ne pourrez certainement plus nous aider, alors restez sur vos gardes. »

« Est-ce que nous allons attaquer V-Vol-… nous allons l'attaquer ? »

« Franchement, Ron, » le tança Hermione. « Ce n'est qu'un nom. »

« Dès que l'autre groupe sera arrivé. »

Ils attendirent, pas exactement patiemment, l'arrivée du groupe d'Arthur. Ils surveillaient toutes les directions. Ils avaient trouvé huit personnes dans la Salle sur Demande, comme le sorcier du tableau l'avait suggéré à Ron. Celui-ci avait failli se faire décapiter par un sort que sa sœur avait adroitement dirigé vers lui quand il avait passé sa tête à la porte. Après avoir sécurisé les cinquième, sixième, et septième étages, ils avaient trouvé d'autres petits groupes, et s'étaient séparés en deux équipes d'environ quinze personnes, dans l'intention de se retrouver au premier étage pour se regrouper avant de tenter d'entrer dans la Grande Salle.

Harry tressaillit quand une vague de douleur transperça son front. Il frotta sa cicatrice de sa main libre.

« Qu'est-ce qui se passe ? » chuchota Hermione.

« Je ne sais pas. »

Un soudain vacarme leur parvint depuis le couloir menant au second, et tous se tournèrent, baguettes levées, prêts à lancer un sort à quiconque montrerait le bout de son nez.

« Tonks ! » s'écria quelqu'un, et quelques moments plus tard, la sorcière apparut, trébuchant au bout du couloir.

« Je vais bien, » marmonna-t-elle, alors que Sturgis se précipitait pour l'aider à se relever. « Je me suis seulement pris les pieds dans une dalle qui dépassait. »

Arthur et le reste de son groupe arrivèrent également quelques secondes plus tard.

« Harry. Les troisième et quatrième étages sont sûrs, et j'ai trouvé quelques renforts qui se cachaient, » annonça-t-il, désignant Anne, la professeur d'études moldues, et Hestia Jones, une sorcière de l'Ordre.

« Quel est le plan, Potter ? » demanda Maugrey Fol-Œil en arrivant à leur hauteur.

« Voldemort est dans la Grande Salle, avec Dumbledore, Snape, et Drago Malefoy. Il est probable que Peter Pettigrow y soit également, il reste rarement éloigné de son maître, mais nous ne sommes pas sûrs du nombre de personnes qu'il pourrait y avoir avec eux. »

« Harry, » proposa rapidement Hermione, « pourquoi est-ce que tu n'essaies pas d'atteindre Severus ? »

Il hocha la tête. « Je peux tenter le coup. »

Se relaxant, Harry ferma les yeux et concentra ses pensées sur Snape. Il le trouva rapidement, mais il lui fallut un moment pour le convaincre de revenir à la conscience avant que Severus n'accepte de laisser Harry entrer dans son esprit.

Il était étendu sur le dos dans la Grande Salle, en face d'un Voldemort siégeant dans le fauteuil de Dumbledore. Pettigrow se tenait loyalement aux côtés de son maître, tout comme deux Mangemorts anonymes. Il tourna le regard vers Dumbledore, effondré sur sa chaise, certain de voir briller un éclair au fond de ses yeux quand leurs regards se croisèrent. Près de là, Drago était étendu, immobile. Il roula de côté afin de faire face aux grandes portes, gémissant et se recroquevillant en position fœtale à la fois à cause de la douleur, et pour distraire Voldemort de ce que faisait Harry. Quatre autres Mangemorts à la porte, et trois autres sur les côtés.

Harry ouvrit les yeux et battit rapidement des paupières.

« Il y a dix Mangemorts, plus Voldemort. Quatre à la porte, trois du côté des fenêtres, et trois autres à la Grande Table avec Voldemort. On entre par les portes, on les enfonce, et peut-être que ça nous débarrassera d'un ou deux Mangemorts, ensuite, on s'occupe des autres. »

Il marqua une pause et les regarda un à un.

« On y est. Baguette prêtes, tout le monde. Il se peut qu'il y ait plus de Mangemorts dans le Hall d'entrée. »

Baguette levée et tête haute, Harry se dirigea vers l'escalier de marbre.

(à suivre…)