Les yeux de la vérit
Série : Tree House Stories #3.
Couple: Véronica/Roxton (dah !)
Rating : PG-13. Mais je crois qu'il n'y a pas grand chose de traumatisant.
Résum : Véronica et Malone vivent avec leurs deux enfants. Mais leur fille, Elizabeth, a un petit quelque chose de Roxton…
Note : Bon là. Attention. Comme d'habitude, je ne suis pas responsable des dommages cérébraux causés à certains d'entre-vous. J'avais idée de plus la développer, mais je me contente de faire un Tree House Story… la développer, ce serait un peu fou !
Alors, je vous avertis ! La prudence est recommandée lors de la lecture de cette courte fic.
*-*-*
Véronica, assise sur son perron, regardait son mari jouer avec son fils, Lionel. Les dernières années avaient été les plus heureuses de sa vie. Il avait lui avait fallu s'habituer à la vie mondaine à Londres, à donner des conférences et des entrevues, mais elle le choc des premières années passé, la vie mondaine s'était révélée plus facile que prévue.
Bien sûr, elle avait un tempérament très vif et elle avait encore le besoin de courir et de se battre, comme elle le faisait dans la jungle, mais elle s'habituait. Et Malone et elle voyageaient beaucoup avec leurs enfants.
Elle vivait à Londres et avait abandonné la jungle. Bizarrement, aucun des explorateurs n'avait été surpris.
Ce jour-là, Challenger vint rendre visite au couple Malone. C'est la petite Elizabeth, haute de ses neuf ans, qui vint avertir sa mère.
- Maman, c'est M. Challenger qui vient vous rendre visite.
- Quoi ? Vraiment ? fit Véronica surprise en se levant.
La grande blonde se mit debout et se dirigea vers l'entrée, suivie d'Elizabeth.
En voyant les deux filles de la maison se diriger vers lui, Challenger sourit. Véronica avait une longue robe blanche, les cheveux tirés par l'arrière et ses escarpins frappaient le sol avec un bruit sourd. Sa fille quant-à-elle, aussi blonde que la femme, suivait avec un sourire tout aussi grand. Elle avait de beaux grands yeux noisette, de belles joues roses et sa simple robe bleue lui allait à ravir.
Pendant un instant, Challenger ne fut plus aussi sûr de sa raison de sa visite.
Véronica aborda un air très ravi de voir son ami.
- Challenger ! Je suis très heureuse de vous voir ! Que me vaut l'honneur de votre visite ?
- Bonjour Véronica. Hum, il nous faut parler.
En voyant l'air grave de Challenger, Véronica fronça les sourcils, soudainement alarmée.
- Voulez-vous que j'aille chercher Ned ?
- Non. Non. C'est à vous que je dois parler.
- Elizabeth, fit Véronica, va jouer dans ta chambre. Tu viendras nous rejoindre avec ton père et ton frère plus tard d'accord ?
Elizabeth était jeune, mais elle comprenait que ce qui se passait n'était pas d'un très bon augure. Elle acquiesça et monta tranquillement les marches pour se rendre à sa chambre. Véronica et Challenger allèrent s'asseoir dans le salon.
Le cœur battant d'inquiétude, Véronica dirigea tout son attention sur Challenger, qui ne semblait pas dans son état normal.
Il prit une grande inspiration, ayant peur de ce qu'il allait affronter.
- Véronica, vous savez que je suis un scientifique et que je ne cesse de me renseigner sur les nouvelles découvertes…
- Euh… oui. Et alors ?
- J'ai pris connaissance des dernières découvertes en génétique dernièrement. Voyez-vous, on a découvert que les gênes qui contiennent la couleur des yeux proviennent des parents. Et que si les parents ont les yeux pâles, verts ou bleus si vous préférez, l'enfant ne pourra avoir les yeux bruns.
- Je ne vois pas où vous voulez en venir.
- Véronica, je ne vous apprends rien en vous disant que vous avez les yeux verts et que ceux de Malone sont bleus.
- Non, en effet, répliqua la blonde qui commençait à perdre patience sous le coup de la panique.
- Les yeux d'Elizabeth sont d'un brun marron, presque noir. Et c'est votre fille…
Véronica cligna plusieurs fois des yeux et s'assit dans le fond de son siège. Elle regarda quelques secondes l'homme de science et ferma les yeux, songeuse. Elle se mordit la lèvre inférieure, visiblement perdue dans ses pensées.
Elle essaya de garder son calme, mais la panique et l'angoisse lui revinrent vite. Elle avait voulu l'oublier. Il y avait à peine trois ans qu'elle avait finalement réussit à passer par-dessus. Trois sur neuf, presque dix, c'était peu. Six ans de tourmente, de remords dissimulés sous des airs heureux forcés.
Quand elle fixa de nouveau Challenger, ses yeux brillaient de larmes. Celui-ci eut une expression de pitié.
- Je… j'ai fait tout ce que j'ai pu pour l'oublier Challenger, je vous en pris…
- Véronica, qui est le père ?
- Challenger, implora-t-elle, les sanglots perçant sa voix.
- Véronica, je suis désolé. Mais pensez à Malone…
- Mais vous pensez que je ne pense pas à lui !? Vous vous imaginez quoi !? Que c'est plaisant de faire croire à son mari que l'enfant de son meilleur ami est le sien !
Elle en avait trop dit. C'était sortit tout seul, sous le coup de la colère et de la honte. Challenger avait les yeux écarquillés de terreur.
- Oh mon Dieu… c'est…
- Écoutez-moi, ne sautez pas aux conclusions… cela s'est passé après le terrible cataclysme qui a faillit ravaler la planète, vous vous souvenez ?
- Oui, répondit le scientifique, la colère présente dans sa voix.
Véronica prit une grande inspiration et calma les sanglots et les sursauts de colère qui menaçait de la faire trembler. Elle prit son courage à deux mains pour raconter toute l'histoire.
*-*-*
Seuls, prisonniers de la caverne depuis une journée et demie, Véronica et Roxton ne voyaient plus clair. Ils ne pensaient qu'à manger, à se laver, à retrouver Marguerite et Malone…
Ils ne savaient plus trop comment ils avaient atterri là dedans, mais ils y étaient et faibles, manquant d'oxygène.
Véronica avait essayé trois fois d'utiliser ses pouvoirs pour ouvrir une brèche dans la grotte, mais rien à faire. Cette-fois là, se promit-elle, ce serait la dernière et la bonne. Ou elle y laisserait sa peau.
Quand Roxton la vit se lever, il fit de même et empoigna son bras.
- Véronica, vous allez vous tuer ! Cela suffit ! Arrêtez !
- Si je ne fais rien, nous mourrons de toute façon ! J'ai été capable d'arrêter la fin du monde, mais je n'arrive pas à faire une stupide brèche !
- Vous êtes affaiblie. Vous avez dépensé toute votre énergie pour arrêter ce cataclysme. Vous avez beau être la protectrice, il vous faut vous ménager.
- Mais nous allons mourir ! Nous avons fouillé partout ! Il n'y a rien pour nous sortir d'ici ! Je vous en pris Roxton ! Je ne veux pas me laisser mourir… si je meure ce sera en combattant.
- Nous trouverons une autre solution…
- Non ! Poussez-vous !
Elle le poussa aussi violemment que ses muscles engourdis le pouvaient et regarda l'entrée bloquée par d'immenses pierres. Elle leva ses mains vers ses cailloux en question et se concentra. De la lumière commença à émaner de ses mains, mais tout de suite, elle tomba sur le sol, frôlant l'inconscience.
Elle s'était poussée à bout physiquement. Son corps ne réagissait plus, son cœur battait à peine et ses poumons la brûlaient tellement qu'elle aurait souhaité ne plus en avoir.
En entendant sa respiration saccadée, Roxton se précipita sur Véronica. Elle était étendue sur le sol, prête à laisser l'ange de la mort venir la chercher. Elle ne voulait juste plus combattre tant elle souffrait physiquement et cela se voyait dans son visage.
Roxton n'osa pas la toucher.
- Véronica, tenez bon…
Elle ouvrit les yeux.
- Je… je crois que c'est fini maintenant. J'ai fait ce que j'avais à faire. Désolée, j'aurais voulu vous aider…
- Ne dites pas cela, dit doucement Roxton en touchant la joue de la blondinette.
Au contact de la peau de l'homme, quelque chose d'étrange se produisit. Elle ressentit comme un choc. Un regain d'énergie. Roxton le sentit aussi.
Ce n'était ni de l'amour, ni même de l'attirance. Bien sûr que tous deux étaient beaux et attiraient les gens de l'autre sexe physiquement, mais cette fois, cela n'y était pour rien. C'était totalement dû aux pouvoirs de Véronica, chose qu'elle comprit plus tard et qui l'a dégoûta.
Sentant le regain d'énergie, Roxton plaça sa main sur l'abdomen de Véronica et cette fois ils sentirent en eux toute la douleur disparaître. Véronica regarda l'homme qui était plutôt prêt d'elle et elle eut peur.
Il le sentit et recula, et immédiatement, la souffrance physique revint, plus accablante encore. Véronica chercha la main de Roxton qui était agenouillé à côté d'elle. Dès qu'elle la sentit, elle sentit de nouveau le bien-être. Elle ne voulait plus mourir. Elle voulait sortir, peu importe quel en était le prix.
Pour s'éloigner du cauchemar, elle devait considérablement se rapprocher de Roxton.
L'homme comprit aussi. Il hésita, mais il se dit qu'il voulait aussi sortir vivant de la grotte. Plus tard, il le regretta pourtant…
Il prit la main que Véronica venait de lui offrir. Il fit glisser son autre main sur le bras de la jeune femme qui inspira et expira comme si c'était la première fois. Pour lui aussi, il se sentait renaître. Il laissa sa main découvrir lentement le corps de la femme de la jungle. Ses lèvres, sa gorge, sa poitrine, son abdomen, ses hanches, ses cuisses…
Doucement, il fit glisser ses lèvres jusqu'à celles de Véronica, se demandant ce qu'il faisait. Il l'embrassa furtivement d'abord et comme il commençait à changer d'idée, la douleur revint.
Véronica sentait bien qu'ils n'étaient pas dans leur état normal, loin de là, et qu'il aurait plus prudent de cesser sur-le-champ. C'est ce que leurs consciences souhaitaient. Pourtant, une fois le premier baiser échangé, un désir brûlant éclata en eux. Ils sentaient que s'ils ne l'apaisaient pas, la mort les prendrait plus vite.
C'était faux bien sûr.
Ils s'embrassèrent de nouveau, avec plus d'attrait et cette fois Véronica fut prise d'une peur véritable. Elle aurait voulu avoir la force de résister. C'était Roxton qu'elle venait de laisser s'étendre sur elle bon sang ! Mais elle continua de l'embrasser et le laissa l'embrasser dans le coup, sur la poitrine…
Ils furent bientôt nus et plus collés que jamais ils n'auraient pu l'imaginer. Leurs corps sales, brûlants de désirs ne faisaient plus qu'un. Ils ne pensaient plus aux conséquences, ils ne pensaient plus qu'à assouvir cette soif qui avait grandi en eux, même s'ils avaient tenté de la renier.
*Quand j'ai compris qu'après avoir fait l'amour avec lui j'étais rassasiée et pleine d'énergie, j'étais dégoûtée. Pourtant, c'est qui nous a permis de rester en vie. C'est l'enfant en moi qui déjà usait de ses pouvoirs pour nous faire sortir de la grotte quelques heures plus tard.
Puis, j'ai aussi compris que c'étaient mes pouvoirs de protectrice qui avaient allumé en nous ce désir et ce tel plaisir. J'étais écœurée.*
Roxton entraîna Véronica plus profondément dans la jungle avant de s'arrêter et de la regarder fixement dans les yeux.
- Véronica ! Cet enfant est le mien !
- Ned croit qu'il en est le père et je crois que c'est mieux ainsi.
- Quoi !?
- Roxton ! J'aime Ned de tout mon cœur ! Et vous aimez Marguerite aussi, n'est-ce pas ?
- Plus que tout, murmura-t-il.
- Nous avons fait une terrible erreur. Une terrible erreur qui nous a sauvé…
- Je trouve cela plutôt ironique.
Il était en colère.
- Je vous en supplie Roxton ! C'est avec Ned que je veux vivre, c'est avec lui que je veux me marier. Et ne dites pas que vous ne voulez pas en faire autant avec Marguerite.
- C'est vrai. Mais l'enfant que vous allez avoir sera mon fils ou ma fille…
- Et le mien.
- Oui. Mais vous vous vivrez avec.
- Croyez-vous que je m'apprête à vivre une vie joyeuse et gaie ? Je suis tourmentée par les remords nuit et jour ! Je vais avoir un enfant pour un homme qui n'en est pas le père mais qui en est convaincu ! Et j'aurai vos regards désespérés, à chaque fois que je vous vois je ne… Oh mon Dieu. Qu'avons-nous fait…
Elle s'accota à un arbre et baissa les yeux avant de laisser couler quelques larmes. Roxton en eut le cœur déchiré mais n'osa pas la toucher.
Ils s'apprêtaient à faire croire au monde qu'ils étaient heureux et au comble du bonheur alors qu'ils se promenaient près du précipice.
- Il y a une solution, fit Roxton doucement, ne croyant pas ses propres paroles.
- Je ne veux rien dire, répliqua Véronica devinant la pensée du chasseur. Vous avez trouvé le chemin pour Londres et je vous suivrai. Avec mes pouvoirs, je ferai en sorte que les trois autres ne se posent pas trop de questions sur mon cas de protectrice… Je brimerai ensuite mes pouvoirs, ceux de l'enfant et je les donnerai à quelqu'un d'autre.
- Pourquoi ?
- Mes pouvoirs ont déjà assez causé de dégâts. Et comme Ned croit que je suis enceinte de lui, je vous suivrai à Londres. Je m'arrangerai…
- Pour qu'ils ne se posent pas de questions. Mais…
- Nous ne dirons rien ! Roxton ! Je sais que vous voulez voir grandir l'enfant mais, je me sens déjà assez coupable, je vous en pris ! J'ai l'impression d'avoir planter un couteau dans le dos de Ned ! N'est-ce pas votre cas pour Marguerite ?
- Cela me hante tout le temps.
- Et si nous le disons, vous imaginez la réaction des autres et des gens à Londres ? Le coureur de jupon a réussi à se farcir une pucelle de la jungle !
Roxton fut frappé par cette phrase et laissa une expression de dégoût apparaître sur son visage.
- C'est ainsi que vous le voyez ? fit-il, blessé.
Jamais, jamais de la vie, il n'avait couché avec Véronica pour accrocher un autre « trophée » à sa collection, comme la métaphore de la jeune femme le disait. D'accord, une barrière d'âge, de société différente et d'éducation totalement à l'opposée les séparait et il lui aurait été facile de profiter, en effet. Mais jamais cette idée ne lui avait effleuré l'esprit.
D'accord, il ne l'aimait pas pour vivre avec en amour. Ce qui s'était passé dans la grotte était loin d'être clair aussi. Sauf que, non, ce n'était pas pour profiter d'une petite fille naïve. Et puis, il était loin de penser que Véronica était une petite fille naïve !
La jeune blonde soupira.
- Non.
Les larmes avaient séché sur ses joues et elle se redressa, relevant la tête, fièrement.
- Nous sommes bien punis, je trouve. Je crois que si être tombée enceinte de vous nous a sauvé la vie, cela possède un revers de la médaille plutôt douloureux.
- Très bien alors. Nous assumerons les conséquences, si c'est ce que vous souhaitez. Mais ne croyez-vous pas que nous trahissons encore plus Malone et Marguerite en ne disant rien ?
- Ce qu'ils ne savent pas ne peut leur faire du mal.
*-*-*
Challenger soupira après le récit de Véronica et ne put s'empêcher de jeter un regard à la photo de la petite famille parfaite. Les parents bien britanniques et les enfants souriants. Mais la fille pourtant…
Il pensa à John Roxton, sa femme, qui s'avérait être Marguerite, et leur fils, Charles William.
Quand il reporta son regard sur le visage dur et fort de Véronica, il en fut attristé. Il avait considéré, à l'époque du Tree House, les quatre jeunes comme ses enfants. Comment pouvaient-ils être si malhonnêtes et se faire autant souffrir ?
Il acquiesça, en signe de silence. Et il adopta le comportement que Véronica et Roxton avaient adopté depuis plus de neuf ans.
Il sourit à Malone, aux enfants. Il fit semblant d'être heureux, que tout allait bien dans sa vie. Mais il avait tellement mal pour Véronica. Et encore plus mal pour Malone et Marguerite. Et il pensait à Roxton qui devait être torturé de ne pas vivre avec sa fille.
Il laissa le temps passer et effacer doucement cette information… comme les deux autres avaient fait pour réussir à se bâtir une vie malgré tout.
