- Allez, viens là, mon garçon, lança le vieux M. Molesley au petit garçon.
Stephen trottina derrière le vieil homme dans le jardin à l'arrière du cottage des Molesley.
- Il faut qu'on arrache toutes ces mauvaises herbes, avant de pouvoir planter de nouvelles fleurs. Tu veux bien m'aider ?
- Oui !
Depuis quelques semaines qu'ils avaient fait connaissance, le plus jeune des enfants et M. Molesley senior étaient devenus bons amis. M. Molesley père avait pris l'habitude de venir presque tous les matins au cottage de son fils, pour travailler dans son jardin, et tenir compagnie à Stephen et Beckie. Parfois il emmenait Stephen pêcher ou faire quelques courses au village, pendant que Beckie restait à la maison.
L'enfant et le vieillard commencèrent à travailler au jardin. Stephen semblait avoir un goût particulier pour le jardinage, tout comme son grand-père adoptif, et le vieux M. Molesley était ravi d'avoir quelqu'un avec qui partager son savoir. Beckie avait occupé sa matinée à faire le ménage et à préparer le déjeuner, et quand elle eut terminé, vint s'asseoir sur les marches de l'escalier qui menait au jardin, un livre à la main. À son arrivée, Joseph avait demandé à M. Dawes si elle pouvait emprunter des livres à la bibliothèque de l'école, et depuis que le directeur de l'école avait donné sa permission, on pouvait la trouver la tête penchée sur un livre dès qu'elle avait un moment de libre. Elle lisait tout ce qui lui passait entre les mains, depuis les romans jusqu'aux encyclopédies, des livres d'histoire à ceux de géographie, d'histoire naturelle ou même d'ingénierie. Sa soif de connaissance semblait ne faire aucune exception. Elle ne s'était jamais plaint de son sort depuis son arrivée à Downton, mais Phyllis et Joseph avaient bien remarqué qu'elle semblait s'ennuyer dans sa vie routinière, et qu'elle brûlait de pouvoir retourner à l'école. Ils parlaient souvent de ce sujet le soir lorsque les enfants étaient couchés, cherchant une solution pour lui offrir une éducation plus poussée, en accord avec leurs moyens financiers, qui n'étaient pas énormes.
- Bonjour tout le monde, appela Joseph en entrant dans le cottage, de retour de l'école pour la pause déjeuner, avec le jeune Joseph à sa suite. Vous avez passé une bonne matinée ?, demanda-t-il à Beckie et à son père.
Beckie hocha la tête en silence, et rentra à la cuisine pour servir le déjeuner, tandis que le vieux William Molesley se levait du sol où il travaillait et se frottait les mains l'une contre l'autre.
- Eh bien, ce jeune homme a été assez efficace !, dit-il en désignant Stephen, qui semblait être au paradis, tout occupé à triturer de la terre. Je pense qu'on en fera un bon jardinier ! Maintenant va te laver les mains, mon garçon, avant le repas.
Le garçonnet courut à la cuisine pour se nettoyer, tandis que William venait lentement à la rencontre de son fils.
- Mais j'ai bien peur que Beckie ne soit pas très heureuse de son sort, dit-il tout bas à Joseph.
- Elle s'est plainte ?, demanda Joseph.
- Non, non, pas à haute voix. Mais ça se lit sur son visage qu'elle n'aime pas tellement les travaux ménagers. Elle n'a l'air heureuse que la tête fourrée dans un bouquin, celle-ci.
- Oui, j'ai remarqué, approuva Joseph. J'ai dit à Phyllis que j'essaierai d'en parler à M. Dawes, voir s'il connait des écoles pour jeunes filles qui ne soient pas trop chères.
La voix de Beckie résonna depuis l'intérieur de la maison :
- Le déjeuner est prêt !
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À Downton Abbey, la famille Bates vivait ses derniers jours de service, tandis que la fin du mois de septembre approchait. Ils avaient déjà déménagé toutes leurs possessions de leur cottage vers les appartements du Grantham Arms, et les travaux de modernisation des chambres étaient quasiment terminées. Ils avaient gardé la précédente cuisinière, et embauché un nouveau serveur ainsi qu'une femme de ménage. Tout était donc bien sur les rails pour l'ouverture à la mi-Octobre. Cet après-midi-là à l'office, Anna était assise à la table, tricotant un petit cardigan pour bébé, tout en surveillant Lily qui raccommodait un chemisier de Lady Mary. Baxter était installée en face, en train de polir des bijoux appartenant à Lady Grantham.
- Alors, Anne, est-ce que tout va bien à l'hôtel ?, demanda Phyllis avec un sourire aimable. Etes-vous excitée ?
- Oui, merci Mlle Baxter ! Tout va très bien. Nous sommes presque prêts. Plus que quelques retouches finales. Les deux prochaines semaines vont presque ressembler à des vacances !
- N'êtes-vous pas trop triste de quitter le château ?
- Hmm, oui, un peu, répondit Anna avec un sourire doux-amer. Mais les choses ne peuvent durer éternellement, il faut avancer dans la vie…
Un moment de silence passa, et Anna demanda :
- Et pour vous, Mme Baxter ? Comment cela se passe-t-il avec les enfants ?
- Oh, plutôt bien, je pense. Le petit Joseph va à l'école avec M. Molesley, Stephen reste à la maison avec Beckie, et le père de M. Molesley leur rend visite presque tous les jours. C'est Beckie qui m'inquiète un peu…
- Oh ? Pourquoi ? A-t-elle du mal à surmonter le décès de sa mère ?
- Oui, peut-être un peu, mais ce n'est pas mon inquiétude principale, non. Elle semble un peu… éteinte. Elle fait ce que nous lui demandons, mais elle ne parle quasiment pas, et elle ne semble pas s'épanouir. Sauf quand elle peut aller à la bibliothèque de l'école pour emprunter des livres. Elle regrette énormément de ne pas aller à l'école.
- Quel âge a-t-elle, rappelez-moi ?
- Quinze ans. Elle est donc trop âgée pour l'école du village. Nous faisons des recherches, avec M. Molesley, pour trouver un moyen de lui offrir une éducation plus poussée, mais les écoles pour jeunes filles des environs sont si chères…
- Je comprends… Elle doit se sentir frustrée. Peut-être pourrait-elle travailler à la maison avec M. Molesley, et M. Dawes pourrait lui faire passer les examens, comme cela a été fait pour Daisy ?
- Peut-être… Mais je crois qu'elle aimerait vraiment fréquenter une véritable école.
- Oh, attendez… Vous souvenez-vous de mon amie Gwen Harding, qui est venue en visite au château avec son mari il y a environ deux ans ? Elle fait partie de la direction d'une école pour jeunes filles de la classe ouvrière. Lady Edith et Lady Rosamund font partie des sponsors de cette école. Gwen sera là la semaine prochaine pour notre pendaison de crémaillère, je l'ai invitée. Vous pourriez parler avec elle, voir si elle pourrait prendre Beckie ?
- Oh, euh, eh bien, oui, pourquoi pas. Mais, où est cette école ?
- Elle s'appelle Hillcroft, c'est à Surbiton.
- Où cela se trouve-t-il ?
- Un peu au sud-ouest de Londres, je crois.
- Oh, mon Dieu, c'est affreusement loin d'ici !
- Oui… Mais si Beckie y tient vraiment…
- Je préfèrerais qu'on puisse trouver quelque chose qui soit plus près d'ici…
- Je suggère seulement que vous discutiez avec Gwen, ensuite M. Molesley et vous pourrez décider ce que vous souhaitez. Peut-être Gwen pourra-t-elle vous indiquer d'autres écoles plus proches.
- C'est très gentil à vous Anna, merci.
- Et vous, alors ? Comment vous sentez-vous, en épouse et mère adoptive ?
- Oh, moi…
Phyllis hésita un court instant, comme si elle n'osait pas formuler ses pensées à voix haute.
- Je… Je vais bien, mais… pour être tout à fait honnête, je suis un peu frustrée également. Je suis ici toute la journée, de l'aube au crépuscule, et j'apprécie ce travail, vraiment, mais je ne les vois jamais… Ce sont mes neveux, mais en réalité c'est M. Molesley qui les élève. Je pars le matin alors qu'ils sont à peine réveillés, et quand je rentre, en général les deux garçons sont déjà endormis… Et je ne vois pas énormément M. Molesley non plus. Et une demi-journée de congé par semaine n'est pas franchement suffisante pour rattraper tout ça.
- Je vois. Je comprends. Je n'aurais pas pu assumer ces heures si j'avais dû laisser Johnny à quelqu'un d'autre. J'ai eu de la chance qu'il soit accepté ici à la nursery, où je peux passer le voir plusieurs fois par jour. Autrement je ne serai pas restée. Alors, pensez-vous partir ?
- Je ne sais pas encore. Il faudrait que je trouve un autre emploi, car sinon cela serait compliqué du point de vue financier. Nous aurions du mal à vivre à cinq sur le seul salaire de M. Molesley. Il entretient déjà son père, voyez-vous. Et trouver un autre emploi à Downton… C'est un petit village, et je ne suis qualifiée que comme femme de chambre… Je ne sais pas vraiment quoi faire au final…
- Peut-être qu'une opportunité se présentera. Comme cela a été le cas pour nous et le Grantham Arms. Attendez et vous verrez.
Le gong retentit pendant qu'Anna parlait, et Baxter lui répondit d'un sourire tandis qu'elles rangeaient leur ouvrage pour monter s'occuper de leur Lady respective.
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- Alors, Anna, prête à m'abandonner ?, taquina Lady Mary alors qu'Anna la préparait pour le dîner. Plus que quelques jours…
- Oh, ne parlez pas comme ça, Madame…, reprocha Anna avec respect. Vous me faites culpabiliser. Je serais tout près, au village, et vous savez que vous pourrez venir me rendre visite n'importe quand, dès que l'envie vous en prendra. Et nous avons fait installer le téléphone à l'hôtel, donc vous pourrez même me téléphoner si vous en avez besoin !
- Bon à savoir, dit Lady Mary. Et je ne fais que plaisanter, Anna, je suis très heureuse pour vous et M. Bates, en réalité.
- Merci, Madame. Je suis très heureuse également. Mais mon travail ici me manquera.
- Merci à vous de nous avoir invités à votre pendaison de crémaillère.
- Je suis ravie que vous puissiez venir. Je me suis dit que cela sera plus gai d'organiser une pendaison de crémaillère à l'hôtel plutôt qu'une fête d'adieu au château. Si nous avions fait ça, je sais très bien que j'aurais passé le plus clair du temps à pleurer, dit-elle avec un petit rire.
- Oui, il est fort possible que moi aussi. Je suis bien d'accord avec vous. Regardons vers l'avenir, pas en arrière.
- Et M. Bates était d'accord avec moi également.
- M. Bates est-il jamais en désaccord avec vous, Anna.
Anna rit.
- Oui, bien entendu que cela arrive, Madame, de temps à autre.
En voyant l'expression amusée sur le visage de Lady Mary, elle dût admettre :
- Oui, d'accord, pas souvent, je vous l'accorde.
Les deux femmes rirent de bon cœur. Ce n'était un secret pour personne à Downton que Bates vénérait son épouse et ne lui dirait jamais non.
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Deux jours plus tard, John ouvrait le courrier du jour dans les appartements du Grantham Arms. Il commença à lire une lettre, et Anna le vit froncer les sourcils, avant de s'exclamer :
- Oh non !
- Quoi donc, chéri ?, demanda Anna, inquiète.
Elle était assis près de lui, occupée à donner son diner à Johnny.
- C'est de la part de Mlle Stone.
- Notre future femme de ménage ?
- Eh bien, plus maintenant. Elle ne viendra pas finalement.
- Quoi ?! Mais pourquoi ?
- Elle vient de se fiancer. Elle veut suivre son futur époux.
- Ah. Eh bien je me verrais mal lui reprocher ça…, dit Anna avec un sourire.
- Mais ça nous met en difficulté. Comment allons-nous gérer sans femme de ménage, et toi enceinte de six mois ? Tu ne peux pas faire tout le travail toute seule !
- On va trouver une solution.
Anna retourna au diner de Johnny, avant de reprendre :
- En fait, j'ai peut-être une idée.
- Ah oui ?
- Mme Baxter, enfin Molesley m'a dit l'autre jour qu'elle trouvait les heures trop longues au château, et qu'elle était un peu frustrée de ne pas pouvoir passer plus de temps avec son mari et ses neveux.
John l'observa avec curiosité.
- Tu veux engager Mlle Baxter ?! Mais elle ne voudra pas être femme de ménage dans un hôtel, alors qu'elle est femme de chambre personnelle de la Comtesse actuellement… Et nous ne pourrons jamais la payer autant que les Grantham.
- Je sais. Je pensais qu'elle pourrait être plus qu'une simple femme de ménage. Elle pourrait nous aider dans la gestion de l'hôtel aussi. On peut toujours lui offrir le poste, nous verrons bien ce qu'elle en dit.
- Si tu veux…
Mais John semblait sceptique devant l'idée d'Anna.
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- Alors, qu'en dites-vous ?; demanda Anna à Phyllis le lendemain matin.
- Euh…, hésita Phyllis. Merci beaucoup de votre proposition, Anna. Mais il me faut un peu de temps pour y réfléchir.
- Ce n'est pas seulement un emploi de femme de ménage que je vous propose. Plutôt assistante de gestion. Cependant, oui, comme il n'y aura pas de femme de ménage à proprement parler, nous devrons nous occuper de ça nous-mêmes. Et je suis navrée de ne pas pouvoir vous offrir le même salaire qu'ici. Mais vous travaillerez avec des amis, et vous serez de retour chez vous tous les jours en fin d'après-midi. Vous aurez toutes vos soirées avec votre famille, et un jour de repos complet par semaine. Et vous pourrez venir avec Stephen jusqu'à ce qu'il ait l'âge d'aller à l'école. Nous aurons nos propres enfants, de toute façon.
- Je dois dire que vos arguments sont intéressants. Je dois en parler avec M. Molesley.
- Faites donc. Mais s'il vous plait, ne tardez pas trop, car si nous devons chercher quelqu'un d'autre, il nous faudra le faire rapidement. Nous ouvrons dans deux semaines…
- Oui, d'ailleurs, à ce propos, même si j'acceptais votre offre, je ne pourrais pas commencer dans deux semaines… J'ai un mois de préavis ici, et je ne veux pas quitter Madame la Comtesse avant qu'elle n'ait trouvé quelqu'un pour me remplacer.
- Si vous acceptez l'emploi, nous trouverons une solution d'intérim. Je peux même me débrouiller toute seule pendant quelques semaines. Malgré ce qu'en pense M. Bates, je vais très bien, je peux travailler. Oh, je sais, ajouta Anna, vous pourriez proposer à Beckie de venir nous aider pendant un temps, jusqu'à ce que vous soyez disponible. Cela la sortirait un peu de la maison, et elle pourrait gagner un peu d'argent.
Phyllis sourit devant l'enthousiasme de son amie à résoudre la situation à sa façon.
- Vous avez tout prévu, n'est-ce pas ? J'aime comme vous êtes déterminée à organiser les choses comme vous l'entendez !
- Oui, M. Bates vous dirait que je suis têtue. Et peut-être qu'il aurait raison… Bref, pourriez-vous me donner une réponse demain ?
- D'accord, je vous le promets. Et encore, merci pour la proposition. Je suis très touchée.
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Le lendemain, la famille Crawley était réunie dans le salon avant le diner. La Comtesse Douairière et Isobel Crawley étaient venues diner. Lord Grantham, Lady Mary et Tom Branson discutaient des affaires du domaine, quand Lady Grantham fit son entrée.
- Vous n'allez jamais croire ce qui vient de se passer !
- Quoi ?, demanda Isobel, inquiète.
- Baxter vient de me présenter sa démission.
- Comment ?!, s'exclama Lord Grantham. Je croyais qu'elle ne voulait pas partir ?
- Baxter, c'est votre femme de chambre ?, demanda Isobel, quelque peu soulagée que la nouvelle ne soit pas si mauvaise, au final.
- Oui. Et vous ne devinerez jamais où elle s'en va !
- Je sais où elle va, dit Lady Mary. Anna me l'a dit.
- Où ?, demanda la Douairière.
- Elle va travailler au Grantham Arms, avec les Bates !, dit Lady Grantham.
- Donc, vous me dites que nous perdons notre valet et nos deux femmes de chambres en même temps ?!, s'exclama Robert.
- On dirait bien…, répondit Lady Grantham en faisant la moue.
- Attendez, si je comprends bien, pointa la Douairière, les Bates ont débauché votre femme de chambre, Cora ? C'est absolument scandaleux !
- Non, Grand-Mère, coupa Lady Mary, qui de toute évidence ne tolérait pas que qui que ce soit parle mal d'Anna. Ce n'est pas du tout comme ça que ça s'est passé. Baxter souhaitait partir, parce qu'elle voulait pouvoir passer plus de temps avec sa famille. Anna lui a simplement offert un autre emploi, parce que l'employée qu'ils avaient recrutée leur a fait faux bond au dernier moment.
- Oui, pour être tout à fait honnête, ajouta Lady Grantham, Baxter m'avait dit quand ils ont recueilli les enfants, qu'elle allait essayer de rester, mais qu'elle n'était pas certaine que cela fonctionnerait. Eh bien il se trouve qu'elle pense que ça ne fonctionne pas. Comme le dit Mary, elle veut pouvoir passer plus de temps avec son mari et les enfants.
- Qui peut lui en vouloir pour cela ?, demanda Isobel d'un ton rhétorique.
- Oui, enfin, on voit bien que ce n'est pas vous qui allez devoir lui trouver une remplaçante, dit la Douairière avec une moue pincée.
- Mais elle m'a assuré qu'elle ne partirait pas avant que j'aie trouvé quelqu'un, dit Lady Grantham.
- C'est le moins qu'elle puisse faire, conclut Violet.
- Mais elle va être femme de ménage, alors ? C'est tout de même un pas en arrière pour elle, non ?, pointa Lord Grantham. Sans parler du moins bon salaire.
- Elle dit qu'elle préfère moins d'argent et plus de temps en famille, expliqua Cora.
- Un choix tout à fait sage, à mon avis, dit Isobel.
- Quoi qu'il en soit, je vais la regretter, elle a été la meilleure femme de chambre que j'aie jamais eue, conclut Lady Grantham tristement.
Thomas Barrow entra dans le salon à cet instant, et annonça :
- Le diner est servi, Madame.
- Très bien, allez, tout le monde, passons à table, dit Lady Grantham en se levant.
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Au Grantham Arms, maintenant fermé, Anna et John s'installaient au lit.
- Est-ce que tu réalises que demain est notre dernier jour en service ?, s'émerveilla Anna.
- Non, absolument pas, rit John. Ce jour est enfin arrivé.
- Je suis tellement heureuse…
- Moi aussi, dit-il en l'embrassant sur le sommet du crâne.
- Et tu vois, Phyllis a accepté l'emploi. Tout est arrangé.
- Tu est toujours là pour sauver la situation…
- Qu'est-ce que tu m'avais dit, déjà ? Je crois que c'était : « Là où je ne vois que des problèmes, tu vois des possibilités ».
- Et cela s'est encore une fois avéré vrai. Que ferais-je sans toi, Mme Bates…
Anna pouffa, et le regarda d'un air coquin :
- Je préfèrerais savoir, ce que tu peux faire avec moi, répliqua-t-elle en glissa une main sous sa chemise de pyjama.
