Chapitre 3

A l'inverse des autres retour à la maison, cette fois, je n'avais pas très envie de repartir au lycée. Qu'allais-je faire si je croisais Jacob ? Est-ce que je devais l'ignorer ou, au contraire, faire comme s'il ne s'était rien passé ? Pas facile puisque je ne savais pas comment, lui, il allait réagir. Je dois arrêter de penser à cette histoire. Je ferai comme d'habitude, s'il est sur mon passage, je le saluerai. Gardons le sourire...

Mis à part ça, sur le chemin du retour, je me suis demandée avec quel garçon j'irais danser au bal.

En seconde, je m'y suis rendue avec Greg, un élève de première. Il était très gentil et il dansait très bien. Assez mignon malgré son appareil dentaire et ses lunettes, blond aux yeux marrons. Je me souviens avoir passé une très bonne soirée.

En première, j'ai eu moins de chance. Celui qui a été tiré au sort, Mike, venait de se faire une entorse au genou gauche, deux jours avant le bal, lors de son dernier match de football de la saison. Il marchait à l'aide de béquilles. Cet élève de première m'a fait fuir au bout d'une heure. Il me prenait pour Cendrillon. Il s'était installé à la table la plus éloignée du buffet, la jambe blessée allongée sur une chaise. Il n'a fait que de me donner des ordres: "Va me chercher à boire !" ou "J'ai faim, dépêche-toi !". En plus, jamais en même temps... J'ai passé une heure à faire la navette. Puis, j'en ai eu marre et je suis allée me coucher.

Qu'allait me réserver le tirage au sort cette année ?

Je suis prête à tout supporter puisque ce sera la dernière fois.

Ca y'est, je suis devant le grand portail de l'établissement. Honnêtement, j'aurais préféré rester chez moi.

Après avoir dit au-revoir à mes parents, je suis descendue de la voiture. Il pleuvait.

J'étais en train de chercher ma carte magnétique, qui sert à ouvrir la porte et que chacun des élèves possède avec un code secret personnel, quand, tout à coup, je n'ai plus reçu aucune goutte de pluie. J'ai relevé la tête et, je n'en ai pas cru mes yeux, c'était Jacob. Il avait un parapluie et me protégeait de l'averse pendant que je cherchais ma fameuse carte.

Je ne sus pas quoi lui dire. Je lui ai souri et je me suis remise à fouiller dans mon sac. Pas moyen de la trouver. Lui, il était toujours là.

- Tu as vérifié dans ta veste ? Me demanda-t-il.

Quelle idiote ! Bien sûr qu'elle était dans ma veste, je la mettais toujours dans la poche intérieure.

- Merci. Je crois que, si tu n'avais pas été là, j'aurais vidé ma valise sur le trottoir.

Il me fit un sourire et sortit, également, sa carte de sa poche intérieure.

J'ai vraiment choisi la même veste que lui, elles sont identiques, sauf que la sienne est plus usée, elle a plus de charme.

- Tu veux que je t'accompagne jusqu'à ton dortoir ? Me proposa-t-il.

- Non, c'est gentil. Il ne pleut pratiquement plus.

Soudain, comme par hasard, un éclair jaillit dans le ciel, accompagné d'un gros coup de tonnerre et il se mit à tomber des cordes d'eau.

- Je crois que tu n'as pas le choix. A trois, on court ! 1, 2, 3 !!!

Ce fut un moment magique. Nous deux sous la pluie, puis seuls dans l'entrée du dortoir des filles avec nos valises. Il referma son parapluie et laissa couler toute l'eau encore dessus.

- Heureusement que tu étais là, sinon je serais encore devant le portail à l'heure qu'il est. Merci !

Jacob rougit légèrement et me répondit en souriant:

- J'étais là au bon moment. Ca m'a permis de te voir avec des frisettes.

Oh la la ! Moi qui étais adepte du brushing et des produits anti-frisotti, il venait de découvrir mon vrai visage. De toute façon, j'adore mes cheveux bouclés, je ne suis pas complexée mais j'apprécie encore plus d'avoir les cheveux un peu plus lisses. Mais, bon, je crois que ce n'est pas le moment de parler coiffure. J'ai la chance d'être dans un endroit sec et intime avec le plus beau garçon de la terre... Que lui dire ?

Panique totale !

Devais-je lui parler de mon attirance pour lui ? Devais-je lui dire de ne plus penser à cette histoire ? Ou devais-je me taire et faire comme si nous étions de simples amis ?

- On se revoit bientôt, bonne nuit !

Jacob me fit la bise et repartit en courant sous la pluie. Plus la peine de me creuser les méninges, le prince charmant s'en est allé... Je l'aime, qu'ajouter de plus ?

En arrivant dans la chambre, j'ai tout raconté à Rosalie. Elle n'en revenait pas et m'a dit que je ne devais pas baisser les bras. Elle est certaine que Jacob a des sentiments pour moi. Je n'y crois pas trop, je suis sûre qu'un autre garçon aurait fait la même chose que lui, peut-être qu'il ne serait pas entré jusque dans le couloir du dortoir mais un ami, comme Eric, aurait réagi pareil. Enfin, je pense...

************

- Mademoiselle Swan ?!!

Cette grosse voix me sortit de mes pensées. Monsieur Tulque, mon professeur de math, me fit sursauter. Il tapa avec sa grosse main sur ma table. Mon coeur avait fait un bond de dix mètres à l'intérieur de moi. J'étais pratiquement endormie pendant son cours. En fait, je ne me sentais pas très bien. Je devais être malade.

- Mademoiselle Swan, vous vous sentez bien ? S'inquiéta mon professeur.

J'avais l'impression de ne plus être dans mon corps. Je ne pouvais ni parler, ni bouger. Tout tournait autour de moi. Un sentiment étrange m'envahissait. Monsieur Thulque ordonna à Alice et Lionel de m'emmener voir l'infirmière. C'était bizarre, je ne tenais pas sur mes jambes, Lionel dut me porter jusqu'à l'infirmerie.

Je ne me rappelle plus de ce qui s'est passé après avoir été déposée sur le lit.

Lorsque je me suis réveillée, j'étais toujours dans la pièce de repos, à l'infirmerie. J'avais l'impression d'aller nettement mieux.

- Bonjour, Bella ! Tu es enfin réveillée...

L'infirmière avait l'air soulagée. J'ai tenté de m'asseoir mais je n'y suis pas parvenue. Mes bras et mes jambes étaient comme de la pâte à modeler, on aurait dit une marionnette, sauf que personne ne tenait les ficelles.

- Tu te rappelles que le Docteur Rémy est venu t'ausculter ? Me questionna-t-elle.

- Non. Mais je me sens beaucoup mieux. Je peux retourner en cours ?

- Tu rigoles, j'espère ?! Tu viens de dormir plus de 24 heures. Quand tu es arrivée ici, tu faisais 9 de tension et 40° de température. Tu dois rester une semaine au lit. Je vais t'installer une télévision et demander à ta copine de chambre de te ramener des affaires. Repose-toi.

C'est écoeurant !!! Je ne pourrais pas voir Jacob. En fait, j'avais dû attraper froid dimanche soir, quand je suis restée sous la pluie. cet instant a été tellement grandiose que je devais payer le surplus de bonheur. Rien n'est gratuit !

Non, je plaisante.

Ca arrive à tout le monde d'être malade. Sauf que là ça tombe mal, mes parents vont venir me chercher puisque les vacances de Pâques débutent ce week-end. Je suis vraiment maudite !

Cette semaine plus les deux semaines de vacances, ça fait trop pour mon coeur. Il va souffrir de ne pas voir Jacob pendant aussi longtemps. Il ne me restera plus que deux mois pour profiter de sa présence.

D'habitude, je dois voir Jacob environ dix petites minutes par jour. C'est déjà peu alors trois semaines...

Rosalie m'apporta des vêtements de rechange et mes bouquins pour que je puisse réviser. Les examens arrivaient à grand pas.

- Je me suis inscrite sur la feuille du bal. C'était le premier jour mais, dans la file de la cantine, j'ai entendu une fille qui disait à Eric qu'elle voulait inviter Jacob. J'ai laisse mon repas sur place et j'ai couru noter mon nom en face du sien. Il n'a rien râté, cette blonde était affreuse. M'avoua-t-elle.

- Merci ! Tu es géniale. J'en conclus donc que je suis encore élue Reine...

- Oui. 86% des voix en ta faveur.

- Tant pis, j'aurais la surprise de mon cavalier après les vacances. Tu as vu Jacob depuis que je suis ici ?

- Non. Si je le vois, je lui dirai que tu es malade. Il viendra peut-être te voir.

- Pas la peine. Mon père vient me chercher à 16 heures. Je rentre à la maison. Je suis déjà en vacances à cause de ce microbe !

- Tu vas me manquer. Soupira mon amie.

- Toi aussi.


S'il y a des ressemblances avec d'autres histoires, ce n'est pas fait exprès, je l'ai écrite en 2001 ! Et je ne change rien, pas même la conjugaison...

Twikiss