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Chapitre 4
Mes parents avaient pris une semaine de vacances chacun, en alternance, afin que je ne sois pas seule à la maison. C'était sympa mais j'aurais préféré être au lycée. Je m'ennuyais quand même malgré leur présence. Mon père avait fait installer Internet, il y a trois mois. Heureusement ! Alice et Rosalie m'envoyaient des mails tous les jours, parfois nous nous parlions en direct sur MSN pendant des heures. Cette invention était super. Internet me sauve la vie...
Chez moi, mon meilleur copain s'appelle Emmet. Nous nous voyons durant les vacances parce que ses parents ont divorcé. Dès qu'il vient chez son père, il passe me voir et nous nous faisons des sorties. Aujourd'hui, comme je suis complètement guérie, il m'a invitée au cinéma. Nous sommes allés voir American Pie 3: Le mariage. J'ai adoré.
Sur le chemin du retour, je lui ai raconté mon coup de foudre pour Jacob. Il m'a confié une chose à laquelle je n'avais pas pensé. Etant donné que Jacob venait d'avoir 16 ans, il était tout à fait possible qu'il ne soit jamais sorti avec une fille. C'est peut-être vrai... Il doit certainement avoir des appréhensions, comme tout le monde. De plus, vu que je suis plus âgée et que j'ai plus d'expérience, il doit avoir un peu peur de se rendre ridicule.
Il faudrait que je présente Emmet à Rosalie. Ils feraient un beau couple. Lui, il est très grand (1.95m), de beaux yeux bleus et des cheveux blonds frisottants coupés très courts. Et, elle, elle est juste un peu plus petite que moi (1.65m), des cheveux blonds clairs très longs, un teint de porceleine et de grands yeux bleu ciel.
Oh, oui, ils feraient un très joli couple.
En ce qui me concerne, je préfère continuer à penser que Jacob n'est pas amoureux de moi. Je ne me ferai pas de fausses joies deux fois de suite.
Emmet m'aidait beaucoup pour mes révisions. Il était incollable en philosophie et en mathématiques. Lui, il avait passé son baccalauréat l'année dernière. Il avait sauté une classe.
En troisième, le proviseur avait pris rendez-vous avec ses parents afin de leur expliquer que leur fils avait d'énormes capacités intellectuelles et que, s'ils n'émettaient pas d'objection, Emmet passerait directement en première parents étaient très fiers de lui. Ce fut l'une des rares fois où ils tombèrent d'accord depuis leur séparation. Il fallait ajouter qu'Emmet avait obtenu 20/20 en mathématiques au brevet des collèges et que sa moyenne annuelle était de 19,25. Il avait toujours été en tête de classe depuis le cours préparatoire. Il savait lire à 4 ans !
Au lycée, tous me prennent pour un phénomène parce que je suis première depuis la seconde, mais ils ne connaissent pas mon ami Emmet. S'il était dans l'établissement, personne ne ferait attention à moi.
Plongée dans la rédaction de fiches-résumé, je n'entendis pas le téléphone sonner. Emmet décrocha.
- Bella, c'est pour toi. Me dit-il en me passant le combiné.
Me levant de mon siège, je l'interrogeais du regard pour savoir qui c'était. Il haussa les épaules en guise de: "Je ne sais pas".
- Oui, allô ?!
- Bonjour, c'est Jacob.
Mon visage s'illumina de joie. Emmet m'observait avec un grand sourire, il avait deviné l'identité de mon interlocuteur.
- Bonjour ! Ca me fait plaisir de t'entendre. Lui répondis-je, très émue par son appel.
- J'ai eu ton numéro par ta copine. Elle m'a dit que tu étais très malade et que tu étais rentrée chez toi. Je voulais prendre de tes nouvelles avant mais j'étais en voyage. Ca va mieux ?
- Oui, merci. Le virus est reparti avec la pluie !
Vu le silence qui régna pendant quelques secondes, je crois que Jacob n'avait pas compris ma touche d'humour.
- Tu seras de retour après les vacances ?
- Bien sûr ! Je ne vais pas râter le bal. Tu y vas avec qui ?
C'était juste pour savoir s'il n'y avait pas eu de changement.
- Je crois que c'est avec ta copine, celle qui m'a prévenu de ton absence. C'est dommage que les garçons n'ont pas le droit de choisir. Mais, bon, c'est la règle. Et, toi, tu y vas avec qui ?
- Je ne sais pas encore. A cause de ce vote ridicule, je dois attendre le verdict du tirage au sort. J'aurais la surprise en revenant au lycée.
- C'est bête, je ne savais pas qu'il y avait un tirage pour avoir l'honneur de danser avec toi !
J'étais trop contente de l'entendre me dire cette phrase. Ca voulait peut-être dire qu'il aurait voulu m'inviter.
- J'y ai le droit tous les ans ! Mais, je prends mon mal en patience, ça s'arrêtera bientôt.
- C'est vrai que tu ne seras plus là en septembre. Tu me manqueras beaucoup. M'avoua-t-il.
Je ne savais plus quoi répondre. Etait-ce une déclaration ?
J'avais envie de lui dire que ça ne tenait qu'à lui, que s'il acceptait de sortir avec moi, nous pourrions nous revoir très souvent. Malheureusement, les mots n'osaient pas franchir mes lèvres.
- Bon, je vais te laisser à tes occupations.
- Je suis en train de réviser avec un copain. Lui répondis-je, sans réfléchir.
- Excuse-moi de t'avoir dérangée. A bientôt, Bella !
Je n'eus pas le temps de répondre, qu'il avait déjà raccroché. Emmet me regardait avec pitié. Pourquoi ne lui avais-je pas dit que je révisais avec mon meilleur ami ? Il devait s'imaginer des trucs complètement faux...
Je ne pus fermer l'oeil de la nuit. Je contemplais le poster de Jacob, accroché au-dessus de mon lit. Alice avait agrandi la photo trouvée par Rosalie sur internet. Lorsque mes parents l'avaient vu, je leur avais dit que c'était un nouveau chanteur. Je n'avais pas osé leur avouer la vérité. Je n'aurais pas pu leur expliquer que c'était la photo du garçon que j'aimais à sens unique, que ce n'était pas réciproque. J'avais déjà l'impression de donner cette version à toutes les personnes de mon entourage, alors, si je continuais, je crois que j'allais devenir folle !
Je ne revenais toujours pas que Jacob m'ait téléphonée. Il s'était inquiété pour ma santé et il m'avait même fait comprendre qu'il aurait aimé m'accompagner au bal. Enfin, je crois que c'était ce qu'il avait voulu dire...
J'étais si contente qu'il pense à moi !
Dernier jour de vacances, Emmet était venu me dire au-revoir ce matin. Puis, j'ai passé l'aprés-midi à ranger mes affaires ainsi qu'à préparer mes sacs pour demain. J'étais tellement heureuse de repartir. Peut-être qu'il y aura encore un peu de pluie et que Jacob sera là avec son parapluie.
Etant donné que je n'avais pas suffisamment dormi ces dernières nuits, je rêvais éveillée. De toute façon, la chaine météo n'avait pas annoncé le pluie pour la semaine. J'allais pouvoir réviser dans l'herbe, sous un arbre, à l'abri du soleil...
**************
J'adore le mois de mai !
L'établissement se transformait en paradis à cette période. Déjà que c'était un chateau rénové et modernisé mais, en plus, nous avions la chance d'avoir à disposition un parc très fleuri et une piscine.
Le couvre-feu était retardé. Nous avions la permission de nous balader, dans l'enceinte du lycée, jusqu'à 20 heures et les lumières des dortoirs devaient s'éteindre avant 22 heures. En fait, nous gagnions une heure sur tous privilèges.
Ce qui était encore plus génial c'était que, pour le bal, les filles étaient habillées par les élèves de l'école de stylisme. Les garçons, eux, recevaient un tailleur, et son équipe, qui leur confectionnait des costumes selon leur goût. Ils avaient le droit de choisir la couleur, la matière du tissu et d'y ajouter une petite touche personnelle, une fantaisie.
Malgré ces privilèges, nos parents ne payaient pas plus cher l'école. Les prix, à l'année, égalaient ceux des autres établissements privés. La différence c'était qu'une personne inconnue faisait des dons très généreux, depuis une vingtaine d'années en spécifiant que cette somme devait servir au confort et aux loisirs des élèves. Il se murmurait que cette personne était une femme ayant été scolarisée ici. Mystère !
Je pourrais rester des heures assise sur l'herbe, au soleil. Ce que j'aimais, par dessus tout, c'était de m'isoler en plein milieu du mini labyrinthe. A cet endroit, il y avait un vieux saule pleureur, je m'y installais dès qu'il faisait beau, notamment après le repas du soir. J'apportais un livre ou, comme aujourd'hui, mon lecteur CD.
Je pensais à Jacob, que je n'avais pas encore vu depuis mon retour, il y a trois jours.
J'espérais simplement qu'il ne s'imaginait pas qu'Emmet était mon petit copain. Ce serait entièrement de ma faute puisque je m'étais mal exprimée au téléphone.
Pas la peine de me mettre des idées en tête, il pouvait croire ce qu'il voulait...
En sortant de ma cachette, je l'aperçus. Il se promenait seul.
- Bonsoir, Jacob ! Ai-je crié pour qu'il m'attende.
Il se retourna et s'arrêta. J'étais arrivée près de lui avec un grand sourire et je lui fis la bise.
- Ca va ? M'a-t-il demandée d'un air absent.
- Moi, oui. Toi, par contre, je ne pourrais pas en dire autant. Tu as un problème ?
Il baissa la tête et enfonça ses mains dans les poches de sa veste en jean. Il était triste. Devais-je insister afin de connaitre ce qui le préoccupait ou le laisser dans son silence ?
- En fait, j'ai l'impression d'être passé à côté de quelque chose et je ne sais pas comment faire pour tenter de changer la situation. M'avoua-t-il.
S'il osait me parler d'une fille, je l'achève !
Ce serait le coup de grâce. Non seulement il ne voudrait pas de moi mais, le pire, ce serait qu'il m'explique qu'il est amoureux d'une autre fille...
- Tu peux me donner plus de détails ?
- Tu sais, j'ai du mal à exprimer ce que je ressens et ce n'est déjà pas facile de reconnaitre ses erreurs, alors, si je te racontais, j'aurais encore plus peur de ta réaction. Quoique ton avis pourrait être intéressant sur ce problème, mais...
Il coupa net et resta silencieux. Même si j'allais m'en mordre les doigts, je ne pouvais pas le laisser se torturer ainsi. Il avait besoin de se confier et j'étais là !
- C'est à propos d'une fille ?
Jacob rougit et me regarda droit dans les yeux.
- Ouai. Elle est merveilleuse ! Le problème c'est qu'elle a un copain et que je n'ai plus aucune chance avec elle.
Mon coeur fit des bonds, à cause de la jalousie qui me conummait de l'intérieur. Pourtant, je devais me contrôler et essayer de le réconforter.
- C'est une de tes anciennes copines ?
- Non. Mais elle aurait pu être ma plus belle histoire. Je n'ai pas encore vécu le grand amour.
- Tu es amoureux d'elle ? Demandai-je, un peu gênée.
- Je crois. Me répondit-il en détournant son regard de moi.
- Tu lui as dit ce que tu ressentais pour elle ?
- Non... Murmura-t-il.
- Bella ?!!
Nous nous étions retournés tous les deux en même temps. Plongée dans la discussion, je n'avais pas prêté attention au groupe de garçons qui était assis sur les bancs, face à la piscine. Celui qui venait de m'appeler, c'était Edward. Le garçon avec lequel j'étais sortie quatre longs mois. Nous nous étions quittés à cause de sa possessivité. Je n'avais pas eu de coup de foudre pour lui, comme pour Jacob, mais je l'avais follement aimé. Nous étions restés en bon terme après la rupture.
