Chapitre 5
- Salut, Jacob ! Bonjour Bella ! Nous lança Edward en s'approchant de moi.
- Bonsoir, Edward. Lui répondit Jacob. Je te laisse. A demain ! Ajouta-t-il à mon attention.
- Si tu veux, je n'ai pas cours de 10 h à 11 h, on peut se retrouver quelque part. Lui proposai-je.
- Comme tu veux, mais je ne suis libre qu'à partir de 10h30.
- Je t'attendrai sous le saule pleureur. D'accord ?
- J'y serais !
Je le regardai partir et j'avais le coeur en miettes. Même de dos, je le trouvais craquant.
- C'est ton petit ami ? Me questionna Edward.
- Non, il n'a pas voulu.
- Il est trop jeune pour comprendre son erreur. Il s'en rendra compte dans quelques mois.
- Dis-moi, Edward, ça fait longtemps que je ne t'ai pas croisé, tu as quitté le lycée ?
- Oui. J'étais en échange scolaire. Je suis parti six mois au Canada. Personne ne te l'a dit ?
- Non !
La voix du proviseur adjoint se fit entendre, il annonça qu'il était l'heure de regagner les dortoirs.
- Je voulais t'annoncer, en personne, que j'étais ton prince pour le bal.
- Ouah, quelle surprise ! Tu as eu le temps de voter pour moi ?
- Grâce à internet. Pas trop déçue ? Me demanda-t-il.
- Non. Ca ne pourra pas être pire que l'année dernière, enfin, j'espère... Il faudra prévoir une date pour le choix de la musique et le déco.
- Pas de problème, j'ai hâte d'y être !
Il m'accompagna jusqu'à la porte du dortoir. Alice et Rosalie m'attendaient à l'entrée, je leur souris afin de leur faire comprendre que j'arrivais.
- Tu sais, Bella, je ne fais que de penser à toi depuis notre rupture. Je m'en veux vraiment pour ce qui s'est passé.
- Il n'y a rien eu de grave, tu ne m'as pas trompée.
- Non, mais la séparation n'était probablement pas la meilleure solution.
Si nous ne rentrions pas dans les cinq minutes, les surveillants, qui passaient pour fermer les portes à clé, allaient nous sanctionner.
- On en reparlera. Lui dis-je en entrant.
- Ok, bonne nuit !
Les filles me posèrent mille et une question sur ma promenade en compagnie de Jacob et sur la déclaration d'Edward. Rosalie n'en revenait pas que je sois sortie avec lui. Vu qu'elle était arrivée en septembre, elle ne l'avait pas encore aperçu. Néanmoins, elle le trouvait parfait.
Je fis un rêve bizarre cette nuit-là. Il y avait Jacob et Edward qui se battaient pour moi parce que je ne voulais pas choisir, je voulais sortir avec les deux en même temps. C'est vrai qu'ils sont beaux, avec deux styles très différents.
Edward est classique dans son look, bien que, parfois, il surprend. Par exemple, ce matin, il est venu me dire bonjour au petit-déjeuner. Toutes les filles se sont retournées sur son passage. Il était vêtu d'une chemise noire cintrée et d'un jean droit délavé. Il avait du style aussi dans la coiffure, avec sa tignasse cuivrée désordonnée. Pour clore le portrait, j'ajouterai qu'il mesure 1.85m, qu'il est mince et pas trop musclé, juste ce qu'il faut où il faut, et qu'il a des yeux vert émeraude impressionnants !
Franchement, je ne pouvais pas nier les sentiments que j'avais à son égard. Comme ça faisait plusieurs mois que je ne l'avais pas eu en face de moi, je ne pensais plus à lui... J'étais un peu troublée mais mon coup de foudre pour Jacob était bien trop important pour que je retombe dans ses bras.
Jacob, lui, on le remarquait plus. Tout d'abord, ses cheveux noir corbeau illuminé son regard sombre et son bronzage. Son goût vestimentaire était très original. Par exemple, il avait toujours une manche un peu remontée, jusqu'au milieu de l'avant bras, et l'autre manche descendait au poignet. Moi, j'adore ! Rien ne passe inaperçu dans sa personnalité, que ce soit son sourire, sa démarche ou sa façon de s'habiller. Je le trouvais parfait, même si les filles n'étaient pas aussi enthousiasmées par lui que par Edward.
Pourtant, à l'inverse d'Edward, Jacob ne désirait pas sortir avec moi.
En ce moment, j'étais sous le saule. Il était 10h35. Je l'attendais. Je devais vraiment être amoureuse pour le laisser me parler d'une autre fille.
Ah, le voilà !
- Bonjour ! Me lança-t-il.
J'avais ôté mon casque de mes oreilles et éteint ma musique. Je me levai pour lui faire la bise. Puis, nous nous assîmes, l'un en face de l'autre.
- Alors, ça va mieux qu'hier ? Lui demandai-je.
- Je dirai que c'est encore pire.
Pas franchement bavard ce garçon. Phrase courte et regard perdu dans le vide, il devait être très épris de cette fille pour être dans cet état.
- J'ai eu connaissance de l'identité de mon cavalier pour le bal. Lui dis-je afin de relancer la conversation.
- Je sais. Les garçons ne parlent que de ça dans le dortoir. C'est avec Edward que tu y vas ?
J'acquiesçais de la tête et il ajouta:
- Tu es sorti avec ?
Je ne pouvais pas lui mentir, tous le savaient ici.
- Oui, l'année dernière. Je l'ai complètement oublié depuis notre rupture.
- Lui, il parait qu'il est encore raide dingue de toi.
- C'est ce que j'ai pu comprendre. Mais, arrêtons de parler de moi. Et, toi, cette fille ?
- Pas grand chose. C'est un coup de coeur sans conséquence. Elle a trop de monde autour d'elle. Elle n'a pas besoin de moi.
Il était très défaitiste. Sa timidité devait le bloquer. Nous avions quand même mis plusieurs mois avant de discuter en toute amitié, à défaut d'autre chose.
La cloche de 11 heures retentit.
- On fait la route ensemble ? Ai-je proposé.
- Désolé, j'ai sport. On se verra peut-être ce soir.
- Tu sais où me trouver ?
- Oui. Ici, après le diner. C'est noté.
Je me levai le laissant là, sur place. je remis mon casque sur les oreilles et rebranchai ma musique.
Ce soir-là, Jacob ne vint pas me voir. Il ne devait pas avoir besoin de me parler. Tant pis...
***************
Le bal était dans une semaine. Les préparatifs allaient bon train. Je devais m'occuper de la musique pour cette grande soirée. D'ailleurs, Edward n'allait pas tarder à arriver.
Je n'avais pas parlé à Jacob depuis presque deux semaines. J'avais parfois le sentiment qu'il me fuyait. Je ne lui avais strictement rien fait, à moins qu'il ait réussi à sortir avec cette fille et qu'il n'avait plus de temps à me consacrer. J'insinue des choses sans savoir la vérité. Je devenais pathétique...
Assise dans la salle de détente, je me demandais si c'était le bon endroit pour voir Edward. Avec tout ce monde, il ne valait mieux pas qu'il me refasse une déclaration, après tout, nous n'en avions pas rediscuté. Je n'avais pas peur d'être seule avec lui mais, le problème, c'était que je n'oserai pas l'envoyer promener devant tous les élèves. Peut-être que cette scène ne se produira pas. Il avait certainement oublié cette passion soudaine, il l'avait bien fait pendant son voyage. Je n'avais reçu aucune carte postale, pas la moindre nouvelle, alors les regrets un an après, c'était un peu tard. Quitte à rester célibataire, si je n'avais pas l'amour de Jacob, je ne cèderai pas aux avances enflammées d'Edward.
Maintenant, j'étais vraiment pathétique !
J'entendis la voix d'Edward dans le couloir, il allait entrer d'une seconde à l'autre. Je rassemblai toutes mes affaires et j'allai l'attendre à la porte. Il discutait avec une jolie blonde. Pourtant, lorsqu'il me vit, il la laissa en plan dans le couloir, elle n'avait pas l'air enchantée.
Il avançait vers moi de sa démarche assurée. Je le trouvais plus mûr que l'an dernier, plus sexy aussi. Il avait ce petit truc qui me faisait craquer, même les filles les plus dures fondaient face à son visage d'ange. Je ne devais pas faiblir...
- Bonjour !
Ce mot me fit l'effet d'une caresse. Et quel sourire ! Je lui fis la bise et lui dis:
- Je préfère sortir, on va dehors ?
- Si tu veux. Tu as pris les disques ?
- Oui ! Il y a du choix cette année. Tu es libre combien de temps ?
Il me fixa avec son regard de séducteur, celui qui m'avait toujours fait rougir. Cette fois-ci, ça ne manqua pas non plus, je crus me consumer sur place.
- J'ai toute mon après-midi rien que pour toi.
Et qu'allait-il se passer cet après-midi ?
Nous nous installâmes à une table, sur la terrasse au bord de la piscine. C'était une belle journée, il faisait chaud.
Au bout de deux heures, nous avions terminé la liste musicale. Nous étions tombés d'accord sur toutes les chansons.
- Tu fais quoi à la rentrée ? Me demanda Edward.
- Médecine. Depuis que je suis toute petite, je rêve d'y entrer. A présent, il va falloir assurer. Et toi ?
- Psychologie. Tu me connais, j'adore écouter les autres, si je peux le faire en restant assis dans un bon fauteuil, pourquoi pas ! Plaisanta-t-il.
- Tu restes sur Lille ?
- Non, j'immigre sur Paris. Je ne supporte plus mon beau-père.
Lorsque j'étais sortie avec lui, il m'avait raconté sa vie familiale. Pas très rose. Son beau-père ne supportait pas les enfants de sa femme, il aurait préféré rester en couple. D'ailleurs, sa petite soeur, âgée de 13 ans, avait demandé à partir chez son père.
Non seulement, Edward était très beau mais, en plus, il était romantique.
A notre premier rendez-vous, dans le parc du lycée, il avait cueilli une rose jaune. Il m'envoyait des messages, en pleine nuit, via internet, pour me dire qu'il pensait à moi ou que je lui manquais. Je me rappelle aussi la première fois où il m'avait dit "Je t'aime". Nous avions le cours d'italien en commun, et, après avoir été interrogé au tableau, il me l'avait murmuré en venant se rasseoir, derrière moi. J'étais devenue toute rouge et je ne savais plus où j'étais, ni si je devais lui répondre.
- Tu penses à quoi ? S'enquit-il.
Prise en flagrant délit de rêvasserie, j'étais super gênée.
- A rien du tout. Ai-je menti, aussi rouge qu'une pivoine.
- Ca m'étonnerait, tu avais le visage radieux. Je croyais que tu réagissais à mes compliments, mais tu ne m'as pas répondu.
- Excuse-moi, c'était quoi comme compliment ?
- Tant pis pour toi ! Je ne le répèterai pas. Tu m'as blessé ! Rigola-t-il.
Il était tellement adorable, tellement sympathique, mais tellement pas Jacob...
- De quelle couleur sera ta robe ?
- Blanche. Tu sais très bien que la Reine doit être la réincarnation de la pureté. Tu as oublié ?
- J'ai essayé. Vu la scène que je t'ai faite pendant la préparation du bal, l'an passé.
- Je m'en rappelle. On avait rompu une semaine avant et tu étais jaloux de cet imbécile de Mike. Je n'ai pas eu de chance, à 21 heures, j'étais couchée !
- Je suis désolé. Je ne pensais pas t'avoir gâché, à ce point, la soirée.
Il avait l'air sincère en s'excusant.
- Ne t'inquiète pas, le sommeil est venu rapidement. Mike s'était chargé de m'envoyer dans les bras de morphée. Tu n'étais pas fautif, ça arrive d'être jaloux. Tu te rattraperas cette année.
Alors ???
Jacob ou Edward ?
Twikiss
