Juste un petit mot BRAVO Fraise !!!
Chapitre 8
Aujourd'hui, je n'ai encore croisé ni Jacob, ni Edward. A croire que c'était fait exprès.
Ce message m'a vraiment troublée. Qu'il vienne de n'importe quel garçon, c'est une déclaration très touchante. Des sentiments sont en jeu. Moi, je sais que quelqu'un, dans cette école, est amoureux de moi mais, lui, il est dans le doute. Le pauvre ! Il m'aime et ne sait pas si c'est réciproque. Je connais. Je vis cette situation, avec Jacob, depuis des mois...
Parfois, j'ai l'impression que je ne suis plus autant attirée par lui, que je l'aime moins. Mon coeur commence peut-être à se décourager, ou il se divise en deux parties.
Le bal a lieu demain.
J'ai rendez-vous avec Edward ce soir. Ce n'est pas un véritable rendez-vous, c'est simplement pour vérifier la décoration de la salle et répéter la danse. Comme nous ouvrons le bal, il est prévu une petite chorégraphie, soit rapide, soit lente, nous nous mettrons d'accord tout à l'heure, même si je sais d'avance qu'Edward préférera la musique douce. Il n'aime pas trop se donner en spectacle, devant les gens, il a un petit côté timide et ça lui va plutôt bien !
En ce qui me concerne, je n'ai pas de préférence, j'adore danser.
J'ai le moral pour ce dernier bal, il ne pourra pas être pire que celui de l'année dernière...
- Salut, ma belle ! S'écria Alice en entrant dans la salle de détente.
- Salut.
Elle se mit à côté de moi, sur le fauteuil, un air heureux sur le visage.
- Qu'as-tu encore fait ? Lui demandai-je, curieuse.
- Je viens de faire ma bonne action de l'année.
- Non ! Tu l'as encore fait ? M'étonnai-je.
- Oui. Et il n'est pas si moche que ça cette fois.
Pour la petite anecdote, Alice invite, tous les ans, le garçon qui n'a été choisi par aucune fille pour le bal. C'est généreux de sa part et son cavalier est toujours ravi. Elle est très jolie, sympa et elle danse bien. Le seul problème c'est que, parfois, le garçon est quelque peu bizarre. La première fois, c'était un certain Kevin, en dernière année de lycée, pas très beau mais il avait l'air gentil. Sauf qu'une fois au bal, il a voulu faire son frimeur. Monsieur faisait comme s'il était le roi de la soirée et qu'il avait une boniche à sa disposition. Il était même cassant dans ses paroles, il la ridiculisait devant tout le monde. Elle en a eu marre et l'a gifflé devant ses copains, en lui disant ses quatre vérités. Et, la seconde fois, il s'appelait Antoine, un élève de première, mignon mais très timide. Il a passé la soirée collé au mur, le regard baissé. Il n'a pas voulu danser et il n'a rien avalé non plus.
Je pensais qu'elle avait baissé les bras, mais elle a réitéré sa coutume.
- Alors, qui est l'heureux élu ? L'interrogeai-je.
- Jasper Hale. Il vient juste d'arriver, ses parents ont déménagé et ils n'ont pas voulu attendre la rentrée pour le changement d'établissement.
- Il ressemble à quoi ?
- Je ne sais pas encore. J'ai rendez-vous avec lui dans cinq minutes. Il sera facile à reconnaître puisque c'est le seul garçon que je ne connais pas.
- Evidemment...
- Et, toi, qui attends-tu ? Me questionna-t-elle.
- Edward. On doit aller à la salle de bal pour s'entrainer à la danse et pour vérifier si tout est en ordre.
- Seulement pour ça ? Me taquina-t-elle.
C'est à ce moment-là qu'Edward apparut à l'entrée. Mon coeur se mit soudainement à battre deux fois plus vite que la normale. Je ne sais pas ce qui m'arrive...
- Bonsoir ! Dit-il en nous embrassant sur les joues.
Il sentait terriblement bon. Vêtu d'un jean et d'une veste en jean délavé et d'un tee-shirt col V blanc, il était sublimement attirant.
- On y va ? Me proposa-t-il.
- Non. Je ne peux pas... Articulai-je, péniblement.
Ils me regardèrent tous les deux étonnés. Je devais me reprendre, ne pas me laisser distraire par son physique de Top Model. " Jacob, Jacob... " Me répétai-je dans la tête.
- Pourquoi ?
La voix d'Edward me fit frissonner, j'avais la chair de poule jusqu'aux racines de mes cheveux.
- Je... Je dois attendre l'arrivée du cavalier d'Alice.
En fait, je ne mentais pas vraiment. J'étais curieuse de voir à quoi il ressemblait. Je n'allais pas lui dire que si je restais seule avec lui, j'allais me jeter sur lui. J'avais envie de le toucher, de l'embrasser et il ne fallait pas, enfin je crois.
- D'accord, ça ne me dérange pas de l'attendre. De toute façon, ce soir, il n'y a pas de couvre-feu, j'ai tout mon temps. Dit Edward en s'asseyant en face de moi.
- C'est gentil. Il ne va pas tarder.
Alice, qui était près de la fenêtre, me regardait en souriant. Je sais parfaitement à quoi elle pense. Je lui ai parlé de la déclaration d'amour que j'avais reçu la veille. Elle était sûre que c'était Edward, elle aussi. Soudain, son regard me quitta pour fixer la porte.
Ca y'est, Jasper est arrivé !
Edward s'aperçut que mon visage avait changé d'expression. Il se retourna et se leva aussitôt.
- Salut, Jazz' !
C'est tout à fait normal qu'ils se connaissent déjà, ce sont des garçons. Je tentais de croiser le regard de ma copine mais, peine perdue, elle bloquait sur lui. Je me suis levée, à mon tour, pour aller le saluer. Alice ne bougeait toujours pas.
- Bonsoir, je m'appelle Bella.
Il me fit la bise et me demanda si je connaissais une certaine Alice Brandon. Je n'eus pas le temps de lui répondre, elle se précipita sur lui.
- C'est moi ! Ouah, t'es trop canon !
J'avais oublié à quel point elle était franche comme fille. Il est vrai que c'est un beau mec, à condition d'aimer les blonds aux yeux bleus. Il est presqu'aussi grand qu'Edward, les cheveux mi-longs dégradés, une belle musculature, bref, j'ai l'impression de faire partie d'une école de mannequins pour homme.
- On va vous laisser, on a du travail. Tu viens, Bella ?
Je voulais faire comprendre à Alice qu'elle avait fait le bon choix mais elle dévorait littéralement le nouveau venu. Tant pis !
- A demain ! Lançai-je dans le vide.
Je n'osais toujours pas regarder Edward, j'étais toute intimidée par sa présence. Quelle idiote !
- T'as l'air bizarre, ça va ?
Pour continuer dans le ridicule, je râtais une marche dans l'escalier, il eut le temps de me retenir. Encore un peu et je m'étalais dans les graviers de l'allée. "Réveille-toi !"
- Dis donc t'es fatiguée ou tu penses à quelque chose ?
- Excuse-moi. j'ai la tête ailleurs. Ne t'inquiète pas, je vais refaire surface.
- Ce n'est pas à cause de moi quand même ? Plaisanta-t-il.
Pile dans le mille mais je n'allais pas lui avouer.
- Non ! C'est... C'est Jasper. Pour une fois, Alice n'est pas retombée sur un gros nul !
- Ah ça non ! Il est super comme gars ! Déclara-t-il.
Nous étions arrivés à la salle, elle était vide. Alors, là, je n'ai pas le choix, je dois faire abstraction de son physique et me concentrer sur ce que nous avions à faire...
- Ils se sont tous sauvés, mais la salle est parfaite. Dit-il, satisfait par le décor.
La soirée est sur le thème du blanc, comme d'habitude. Les guirlandes, les nappes, les fleurs, tout est blanc sauf la lumière.
Debout, en plein milieu de la piste de danse, je fixais la scène. Nous allions danser sur la chanson "Angels" de Robbie Williams.
- Tu es certaine du choix de la chanson ? Me demanda-t-il.
- Oh, oui ! Elle est très bien.
- Bon, je vais mettre en route la platine.
La chorégraphie est simple. Nous entrons en nous tenant par le bras, Edward me fait faire un tour sur moi-même et nous nous écroulons dans les bras l'un de l'autre. Enfin, nous dansons un slow, lent, très lent, j'espère...
Pourquoi je ne pense plus à Jacob ?
Au bout d'une heure, tout était prêt. Je n'avais pas envie de le quitter.
- Il est déjà 23h10, je n'ai pas vu le temps passer. Soupira Edward.
- Moi non plus. On a fini ?
- Oui. Tu veux faire quelque chose d'autre ?
- Et si on se prenait un soda et qu'on allait faire un tour dehors, il fait encore si chaud...
- Bonne idée. Tu prends les boissons et, moi, j'éteins les lumières.
J'étais contente de sa réaction, il n'avait pas l'air réjoui, ni déçu, il réagissait comme un ami, sans se poser de question.
Il n'avait toujours pas aborder le sujet du mail, et si ce n'était pas lui ?!
Après avoir tout fermé, nous sommes allés dans le parc et nous nous sommes assis sur un banc, près du terrain de tennis. C'était tellement silencieux.
- Tu n'es pas déçue de te rendre à ton dernier bal avec moi ? Me questionna Edward.
Je me suis tournée vers lui, il me fixait.
- Bien sûr que non ! J'espère qu'on passera un super moment et qu'on s'en souviendra toute notre vie.
- Comme à la télévision. On ressortira nos albums photos pour montrer à nos petits-enfants à quel point on était heureux. Dit-il, un petit sourire aux lèvres.
- Pourquoi pas ! Ils auront la preuve que les années lycée sont magnifiques. Moi, je ne regrette rien.
- Moi, si... Avoua-t-il.
Je n'osais pas lui demander quoi. Il fallait que je change de sujet de conversation, vite !
- Et ta soeur, ça va ?
- Euh, ouai. Elle vit toujours chez mon père et c'est la petite princesse de la maison. Je vais les rejoindre, à Nice, pendant le mois d'août.
- Moi, je ne pars pas. Je préfère rester à la maison pour profiter du calme et de la télévision. Je suis en manque de séries !!!
Edward bailla discrètement. Il avait l'air fatigué, moi aussi. Je regardais ma montre, il était minuit et demi.
- Tu es fatiguée ?
- Un peu, mais toi aussi ! Rétorquai-je, pour ne pas me sentir coupable de rompre cette discussion.
- Allez, il est l'heure que je te raccompagne. De toute façon, on se revoit demain soir.
- Oui.
Il posa sa veste sur mes épaules sans que j'eus besoin de lui avouer que j'avais froid.
- Merci. Tu n'as pas froid, toi ?
- Non, ne t'en fais pas pour moi. Tu me la rendras demain.
- Comme tu veux mais elle va sentir la fille. Plaisantai-je.
- Génial ! Je pourrais inhaler ton parfum toute la journée, je m'en servirai également comme pyjama.
Il n'avait pas l'air de rigoler.
Ouf, nous étions arrivés au dortoir des filles.
- Bonne nuit, mon prince ! Souris-je.
- Fais de beaux rêves, princesse... Chuchota-t-il en m'embrassant sur le front.
Je n'eus pas le temps de voir l'expression de son visage, il avait pris un peu la fuite, sans courir, mais rapidement.
Dans la chambre, Rosalie dormait déjà. Elle avait dû communiquer avec Emmet toute la soirée car elle n'avait même pas pris la peine de mettre son pyjama.
- Vite, mon lit ! Murmurai-je en me laissant tomber dessus.
