Et qui voilà de retour après 6 mois ? Je suis vraiment désolée pour l'attente, je n'aurais pas cru que ça prendrait aussi longtemps ! C'est que j'ai déménagé sur un autre continent, entre autres, et que je suis assez occupée ces jours-ci. Ceci étant dit, je tiens profondément à cette fanfic, et je prévois de l'écrire en entier ! Il m'est difficile de me tenir à un rythme de publication régulier, mais cette fiction est toujours en cours d'écriture :)

Ce chapitre est plus long que le précédent (cadeau ! hihi), et j'espère vraiment qu'il vous plaira. Bonne lecture !


Chapitre 702 – Nos chemins

Sasuke ne se reposa qu'une dizaine de minutes avant de se réveiller. Il ouvrit des yeux las sur la silhouette de son ami, toujours face à lui. Naruto dormait sous la faible lumière du ciel étoilé, la lune dessinant des ombres sur son visage doré. Sasuke fronça les sourcils en l'observant plus longuement ses traits étaient tendus. Il avait beau dormir contrairement à Sasuke, son sommeil avait l'air pour le moins agité. Le brun s'approcha légèrement des braises afin de mieux discerner le visage de son ami. Il ne pouvait pas détacher les yeux de cette vision pour autant, il ne savait pas quoi faire. Y'avait-il quoi que ce soit à faire ? Naruto faisait un cauchemar, et il en avait sûrement l'habitude. Ses nuits étaient emplies de chimères autant que celles de Sasuke étaient dépourvues de repos. Leurs souvenirs les rattrapaient alors que le paysage nocturne les engloutissait, alors que les ténèbres se révélaient.

Un gémissement franchit les lèvres de Naruto. Instinctivement, Sasuke s'assit. Le visage de son compagnon était déformé par la peur. Le brun soupira alors qu'il s'approcha encore un peu. Un nouveau gémissement vint lui pincer violemment le cœur et sans réfléchir, il déposa son bras droit sur l'épaule de Naruto. Il le secoua légèrement, accompagnant son geste de sa voix.

– Naruto, tu fais un cauchemar.

Le blond ne fit que froncer davantage les sourcils. Sasuke rapprocha son visage du sien.

– Ce n'est rien, c'est un cauchemar, Naruto. Réveille-toi.

De grands yeux terrifiés vinrent rencontrer ses pupilles sombres.

– Tu as fait un cauchemar.

Naruto cligna des yeux, son cœur battant la chamade. Sa respiration était trop rapide son visage était en sueur. Sasuke l'aida à s'asseoir. Le blond s'essuya le front de sa main gauche, et soupira longuement. Il baissa la tête.

– Désolé, Sas'ke…

Il releva des yeux tristes vers son ami.

– Je t'ai réveillé ?

– Non, répondit-il.

Naruto baissa à nouveau le regard. Il déglutit, se concentrant sur sa respiration, sur la présence de Sasuke à ses côtés qui venait résolument contraster avec ses rêves profondément abîmés.

– Je ne dors pas longtemps, ajouta Sasuke. Et pas souvent.

– Quoi ?

Le brun haussa les épaules, avant de reprendre :

– Tu fais souvent des cauchemars ?

Naruto le regarda un instant sans répondre.

– Mh, c'est depuis la guerre… Je ne crois pas que mon esprit ait vraiment digéré toutes les choses que j'ai vues sur le champ de bataille.

– Je ne crois pas que ces horreurs soient un jour digérables.

Un silence s'installa entre eux.

– Je revois Neji… Il court pour protéger sa cousine, pour me protéger, et je suis juste là… incapable de faire quoi que ce soit.

– Tu n'es pas responsable de sa mort, Naruto.

Le blond inspira, se détournant du visage de son ami.

– Je sais.

Le son des mélodies nocturnes de la forêt berçait le silence qui se creusa entre eux un instant. Le vent vint doucement caresser leurs cheveux, leurs visages, leurs mains. Il n'atteignit cependant pas leurs cœurs.

– Pourquoi tu ne dors pas ?

Naruto se doutait de la réponse. Il avait besoin de parler, il avait besoin d'échanger sur ce qu'il ne pouvait plus taire. Ces émotions et impressions enfouies en lui menaçaient d'exploser, de dévaler sur ses joues et de s'envoler par sa gorge. Il avait besoin de mots. Il avait besoin de Sasuke. Ce dernier, pour autant, ne répondit rien. Il avait avoué l'état de ses nuits pour réconforter Naruto, pour le tirer de son mauvais rêve. Il n'avait pas prévu d'en dire plus. Le blond le regardait fixement, s'accrochant à son regard comme à un fil imperceptible qui le maintenait en vie, qui le coupait de l'obscurité menaçant de l'engloutir à chaque instant. Le brun détourna le regard.

– Tu sais pourquoi.

Naruto eut un pincement au cœur, et baissa les yeux. Il voulut s'allonger, mais n'était pas désireux de retourner vers le champ de bataille ensanglanté. Un long silence s'installa, durant lequel Sasuke finit par soupirer.

– Itachi.

Sa voix était basse, presque inaudible, et Naruto aurait pu croire à une hallucination si les sourcils du brun n'avaient pas été froncés de la sorte.

– Il me hante.

Son regard, dur et fermé, était à présent fixé sur celui de son compagnon.

– Et il n'y a rien à faire.

Il haussa les épaules, mais ne détourna pas le regard. Naruto sentit son cœur s'alourdir dans sa poitrine, mais il ne laissa pas son expression tressaillir. Il voulait à son tour être une ancre pour son ami être un havre vers lequel il pourrait toujours se diriger avec confiance, se reposer sereinement. Mais quelle paix pouvait-il offrir à son ami alors qu'il n'arrivait pas à naviguer ses propres cauchemars, à combattre ses multiples démons ? Il voulait réconforter Sasuke, mais il commençait seulement à comprendre à quel point la peur le rongeait, et à quel point il l'avait longtemps ignorée. Il ne savait pas quel mot choisir, quelle tournure de phrase envisager Sasuke le lui avait appris, il ne saurait jamais ce qu'avoir un frère pouvait représenter. Il laissa sa main se perdre dans la manche de son yukata alors qu'il baissait à nouveau le regard. La nuit était fraiche mais il ne le sentait pas, son corps était comme soudainement insensible au froid son cœur cerné de glace. Il déglutit.

– Tu n'es pas seul, Sas'ke.

Sa voix, un murmure, retentit alors près des dernières braises. Le brun ne répondit pas.

– Je ne peux pas imaginer ce que tu ressens. Avoir un frère, je ne sais pas ce que c'est.

Le regard du brun se fit plus précis sur la silhouette de son ami.

– Avoir un frère tel qu'Itachi, je peux encore moins l'imaginer.

Il laissa un soupir traverser ses lèvres, las et fatigué.

– Mais je sais ce que c'est que d'être seul. De se sentir trahi par ceux que l'on aime. De ne pas comprendre leurs actions, et de se demander si ce n'est pas soi, la faute au cœur de tout ça.

Sasuke inspira, et laissa sa respiration se faire plus profonde. Près d'eux, le chant d'un hibou retentit tandis qu'une étincelle perçait la nuit. La lune et les étoiles les éclairaient, les sortaient peu à peu de leurs cauchemars. Il pouvait se raccrocher à cette réalité c'était tout ce qu'il avait.

– Ni toi ni moi ne sommes des fautes, Naruto.

Le blond acquiesça.

– Hashirama et Madara n'ont pas été capables de créer la paix dont ils rêvaient. Mon frère… a été témoin des horreurs de la guerre alors qu'il n'était qu'un enfant. Son avenir était tracé à partir de là. Le village, le clan, tous lui ont mis des armes entre les mains, lui ont appris à se battre avant de lui apprendre à s'exprimer, à se comprendre.

Naruto se mordit la lèvre. Un flot d'émotions montait en lui qu'il n'était pas sûr de pouvoir contrôler. Le visage de Sasuke était impassible, ses yeux rivés sur lui comme sur un horizon invisible.

– Puis il m'a détruit.

Son cœur reprit un rythme trop rapide, une boule se forma dans sa gorge.

– C'était tout ce qu'il savait faire, après tout. C'était tout ce qu'on lui avait appris. Détruire.

Naruto détourna le regard, les sourcils froncés pour empêcher d'autres émotions de se révéler.

– Qui lui aurait appris à aimer, à protéger ? Quel poids avait ma mère face à l'entièreté du clan, à l'intégralité du village ? Il voulait me protéger, mais…

Sa voix se brisa. Naruto s'approcha de lui brusquement et prit sa main entre la sienne.

– Sas'ke, souffla-t-il.

Le brun baissa le regard vers leurs mains entrelacées. Il ne laissait aucune émotion transparaître, mais il sentait son cœur, lourd et douloureux, battre dans sa poitrine et dans tout son corps. Il se concentra sur la vision des doigts de Naruto entre les siens, sur la sensation de sa peau contre la sienne. Le blond serrait sa main vigoureusement, tentant de réchauffer les doigts froids de Sasuke, espérant parvenir à réchauffer son bras, sa poitrine, son cœur. Son corps entier semblait être couvert de givre, aussi dur et impénétrable que les miroirs de glace de Haku.

Un moment passa ainsi, puis Naruto releva les yeux vers le visage du brun. Ses cheveux lui tombaient dans les yeux et se confondaient avec le noir de la nuit, tandis que les rayons de la lune illuminaient doucement son nez, sa joue, ses lèvres. Son regard s'attarda un instant sur celles-ci. Puis il laissa glisser la main de Sasuke d'entre la sienne. Il se gratta la nuque et lança un sourire au brun. Ce dernier réajusta son kimono de son bras droit. Il leva la tête vers le ciel, contemplant les étoiles. La nuit était infiniment calme, à des milliers d'années-lumière de ce que son cœur criait. Il la laissa cependant entrer, pénétrer sa peau pâle et son regard obscur, infiltrer son être et y insuffler un soupçon de sérénité. Sasuke inspira la lumière des étoiles, leur brillance et leur force, puis il expira en déposant son regard sur Naruto. Ce n'était pas un sourire, mais son expression vint adoucir les nerfs encore à vif du blond. Naruto s'allongea à nouveau, son regard fixé sur la silhouette face à lui. Il détaillait son corps, ses jambes en tailleur dans son hakama et son bras au chaud dans son kimono il observait sa respiration, régulière et calme. Il ancra cette vision dans son esprit, la laissa prendre toute la place. Il ferma les yeux sans s'en rendre compte.


Le soleil venait de faire son apparition dans le ciel quand Sasuke ouvrit les yeux. Observant le paysage, il se rendit compte qu'il avait dormi. Quelques heures seulement, mais il avait dormi. Sans faire de cauchemars. Les rayons du soleil réchauffaient sa peau, tandis que les températures se rafraichissaient de jour en jour. Il se tourna sur le côté, et fronça les sourcils quand il découvrit qu'il était seul. Il s'assit en tailleur, passa sa main dans ses cheveux. Regardant plus loin, le son lui parvint enfin. Naruto était de l'autre côté de la rivière. Il avait quitté son yukata qu'il avait simplement noué autour de sa taille, et il s'entraînait contre un arbre, accompagnant ses gestes de sa voix.

Sasuke l'observa longtemps. Naruto semblait absorbé par son entraînement, concentré sur la force qu'il mettait dans ses coups. Une image enfantine du blond lui revint à l'esprit, alors qu'ils étaient encore sous la responsabilité d'Iruka. Naruto dépensait toute l'énergie qu'il avait lors des entraînements, mais ne parvenait jamais à battre ses adversaires ou à atteindre la cible au lancer de kunai. Il n'abandonnait pourtant jamais, ne désespérait jamais. Et Sasuke l'observait.

– Oi, Sas'ke !

Naruto lui fit de grands signes de la main.

– T'es réveillé ? Viens t'entraîner !

Sasuke tourna la tête en signe de négation, ce qui surprit le blond. Il lança le kunai qu'il serrait dans sa main gauche vers un tronc d'arbre sans même regarder, et le son de l'arme contre l'écorce résonna à ses oreilles alors qu'il traversait déjà la rivière, sans prendre la peine de concentrer son chakra dans ses pieds. Il s'approcha de son ami, les jambes trempées et le torse découvert.

– Alors, t'as peur que je te mette la misère ?

Sasuke arqua un sourcil, un sourire illuminant ses prunelles.

– Comme si, souffla-t-il.

– C'est bien l'impression que tu me donnes, bibiri-kun.

Une lueur traversa le regard du brun à l'entente du surnom. Des images du passé lui revinrent en mémoire, des images enfouies, profondément, précieusement.

– Je ne suis pas d'humeur à me battre, Naruto.

Puis il détourna les yeux et se leva, époussetant son hakama. Il laissa le blond pour s'avancer vers la rivière et remplir sa gourde d'eau fraîche. Il en profita pour se laver le visage, et sans se retourner, se dirigea vers la forêt.

Celle-ci l'accueillit, sombre et réconfortante. Les rayons du soleil perçaient à peine l'épaisse canopée qui s'étendait au loin, diffusant une odeur brute et douce. Il récolta des baies et des champignons, cueillit quelques fruits. Il n'avait pas envie de se battre. Il n'avait plus envie de se battre. Il n'avait pas envie de ruer Naruto de coups, de l'attaquer. Le visage souriant du blond ne lui inspirait pas l'envie de combattre, et ne lui avait en réalité jamais inspirée. Naruto était la dernière personne qu'il souhaitait blesser, même pour de faux. Il était fatigué de se battre. Avec Naruto, avec tous les autres. Il avait donné suffisamment de coups, s'était rendu compte que le nombre de blessures qu'il causait n'était pas proportionnel au soulagement qui, en réalité, ne suivait jamais. Se battre n'était pas se libérer. C'était créer de nouvelles souffrances, générer des cycles de peur et de haine, briser autant d'âmes que de vies. Et Sasuke était las des éclats et du chaos. Il voulait réparer les nuits de Naruto, et voir son sourire naïf et ses yeux rieurs même dans la pénombre.

Son cœur se serra un instant, et il respira profondément. Un oiseau chantait au loin, des insectes rampaient au sol. La forêt grouillait de vie, et il s'y sentait bien.

– Oi Sasuke, souffla une voix.

Le brun se retourna vivement, tachant de ne pas laisser la surprise se peindre sur son visage.

– Tu veux que j'aille pêcher ?

Les grands yeux bleus de Naruto paraissaient transparents dans ces bois sombres. Aucun mystère ne semblait résider dans ces prunelles.

– Non, fit-il en observant ses récoltes. C'est suffisant pour l'instant.

Son ami acquiesça. Le vent vint caresser la peau dénudée du blond, et Sasuke se demanda s'il n'avait pas froid. Il ne dit pourtant rien. Les mots ne lui venaient pas.

– Est-ce que ça va, Sas'ke ?

Naruto dénoua son yukata de sa taille pour l'enfiler correctement, les yeux rivés sur son ancien coéquipier. Sasuke le regarda passer sa main gauche dans la manche.

– Tu veux manger ici ?

Le blond lui répondit par un sourire radieux alors qu'il décida de s'asseoir sur l'herbe fraîche, contre un tronc d'arbre solide qui semblait habité par une colonie de fourmis. Il attendit que Sasuke se joigne à lui.

– On est bien, ici. Ça manque un peu de soleil, mais bon…

Les traits du brun se détendirent alors qu'il s'assit à son tour.

– C'est une forêt, Naruto.

– J'avais remarqué…

Sasuke lui tendit les fruits qu'il avait ramassé, et rangea les champignons dans sa sacoche. Il attrapa sa gourde, qu'il offrit ensuite à Naruto.

– J'aimerais m'arrêter dans le village de Tsukiyo, fit-il alors en croquant dans un kaki.

– Tsukiyo ? demanda le blond.

– J'y suis allé, une fois. Ma mère m'y a emmené, alors que mon père et Itachi étaient partis en mission.

Naruto avait arrêté de manger. Sasuke n'avait aucune idée d'où ces mots sortaient, ou d'où ce souvenir lui était revenu. Il ne regardait pas Naruto. Ses yeux semblaient fixés sur un paysage interne, une dimension qui n'existait que dans ses souvenirs. Le blond comprit que Sasuke ne dirait rien de plus.

– En route pour Tsukiyo, alors ! s'exclama-t-il dans un grand sourire.

Le brun dévisagea son ami, et le temps d'un instant, afficha un air perdu.

– C'est loin d'ici ?

Un moment passa alors que Sasuke contemplait les traits enthousiastes du blond. Il fronça les sourcils avant de détourner le regard.

– Non, je pense que l'on peut y être ce soir.

Naruto lui sourit. Il lança une baie dans les airs et la réceptionna agilement, l'avalant sans même la mâcher.


La nuit venait de tomber lorsque les portes du village de Tsukiyo se dessinèrent à l'horizon. Teintées d'un bleu profond agrémenté de touches d'un jaune lunaire, elles représentaient parfaitement le nom du village, nuit au clair de lune. Naruto s'arrêta pour les contempler un instant, puis lança un sourire à Sasuke. Ce dernier le rattrapa, et sans un mot de plus, ils s'aventurèrent dans le village. Le paysage qui les accueillit était empreint d'un calme qui les surprit. Éclairés par la lune de ce mois d'automne, les habitants se promenaient tous en yukata entre les grands pins et les quelques installations de marchants ambulants. Le vent qui caressait la peau des promeneurs ne semblait pas les déranger ils se réchauffaient à l'aide de boissons chaudes et de mets sucrés. Les marchants ambulants vendaient pour la plupart des spécialités locales, et Naruto fut tout de suite attiré par des gâteaux en forme de lune. S'approchant du stand d'une jeune femme qui cuisinait sans s'arrêter, il s'aperçut que les gâteaux étaient fourrés à la myrtille ou à la prune. Il s'empressa d'en acheter plusieurs, que la jeune femme lui offrit lorsqu'elle reconnut le visage du héros de la quatrième grande guerre ninja. Naruto la remercia en lui lançant un grand sourire, et retourna vers Sasuke, resté à l'ombre.

– Hey ! fit-il en s'approchant. Regarde, c'est des tsukiyo-yaki !

– Hn.

Le blond ne semblait guère affecté par le manque de réaction de son coéquipier, et il l'entraîna vers un banc au pied d'un large pin.

– Je ne sais pas toi, mais moi j'ai carrément faim.

Le brun ne répondit rien, laissant l'odeur des tsukiyo-yaki lui monter aux narines. C'était assurément trop sucré, mais lui aussi avait faim. Alors qu'il venait à peine de s'asseoir à côté de Naruto, celui-ci lui tendit déjà un gâteau.

– Celui-là est à la prune, ça te va ?

Le brun acquiesça. Il croqua dans le gâteau encore légèrement trop chaud, et fut surpris de constater que le tsukiyo-yaki à la prune était amer.

– Ah ! s'exclama Naruto en le dévisageant. Ça t'épate, toi aussi !

Sasuke fixa son ami du regard. Il aurait juré ne pas avoir laissé ses émotions apparaitre sur son visage. Naruto expliqua qu'il avait entendu une petite fille s'exclamer au sujet des tsukiyo-yaki amers. Les deux shinobi poursuivirent leur dégustation pendant quelques instants.

– C'est vachement bon ! lança Naruto. Tu veux goûter ceux à la myrtille ?

– Pourquoi pas, se surprit Sasuke.

Naruto fouilla dans le sachet.

– Ah, fit-il en se grattant la nuque. On dirait bien que les tsukiyo-yaki à la myrtille ont disparu…

– Disparu, hn.

– Mais regarde, il en reste un ! Je te le donne, si tu veux.

Sasuke observa le gâteau que Naruto lui tendait. Il avait déjà croqué dedans, mais il en restait une bonne partie. Le brun le saisit sans plus de cérémonie, et y goûta à son tour. Naruto le fixait, surpris. Sasuke aussi était surpris il n'aimait pas particulièrement les gâteaux sucrés, ni manger les restes des autres. Mais il n'avait pas réfléchi.

– C'est bon, fit-il pour briser le silence.

Naruto lâcha un léger rire.

Il restait plusieurs tsukiyo-yaki à la prune, que Naruto se décida à goûter avec une grimace sur le visage. Sasuke l'observa, un sourire en coin presque imperceptible.


Les nuages recouvraient la lune alors que Naruto et Sasuke se tenaient au comptoir d'un des nombreux ryokan du village. Sasuke laissa son regard traîner vers l'extérieur, vers le chemin en pierre qui les avaient menés jusqu'à ce lieu. Naruto avait observé la structure en bois de fond en comble, mais n'y avait encore trouvé aucune trace de la réceptionniste. Lorsqu'il avait appris que le village était célèbre pour ses onsen, une hâte s'était emparée de lui, et ses pensées étaient désormais toutes centrées sur les sources d'eau chaudes.

Des bruits de pas pressés se firent alors entendre.

– Veuillez m'excuser pour l'attente ! Je suis vraiment désolée, c'est que l'on est pratiquement complets ce soir.

– Pas de soucis ! Naruto la gratifia d'un sourire. Serait-ce possible de réserver pour deux personnes ?

– Bien sûr, fit-elle en se dépêchant d'ouvrir un carnet et de s'emparer d'un stylo.

– À quel nom ?

Elle ne releva pas les yeux.

– Oh, euh, Uzumaki. Et Uchiha.

– Uzumaki-sama et Uchiha-sama, hm hm, d'accord.

Elle tourna les pages de son carnet, les sourcils froncés. Finalement, elle releva les yeux vers les deux shinobi.

– Je suis vraiment désolée, c'est qu'il n'y a plus qu'une chambre de disponible…

Un silence traversa la pièce.

– Et on peut y rester à deux ? demanda alors Naruto.

– Hm, oui, c'est… bien sûr, si vous le souhaitez.

Le blond acquiesça, ne prenant pas la peine de se tourner vers son ami. Sasuke n'ajouta rien. La jeune femme écrivit leurs noms dans son cahier, et indiqua ensuite aux jeunes hommes de la suivre. Alors qu'elle se retrouva face à eux et qu'elle les contempla véritablement pour la première fois, une exclamation de surprise lui échappa.

– Oh, mais vous êtes… Naruto Uzumaki !

– Haha, ah, oui, fit-il.

– Quel honneur de vous avoir chez nous !

Elle se courba puis sembla réfléchir un instant.

– Si vous me laissez juste quelques minutes, je peux vous offrir la meilleure chambre de l'établissement. Juste quelques minutes !

– Oh, non, vraiment, ce n'est pas nécessaire.

Il accompagna ses paroles d'un geste de la main, et dut s'y reprendre à plusieurs reprises avant que la jeune femme n'abandonne. Puis elle se tourna vers Sasuke.

– Et vous êtes…

Le silence se fit lourd cette fois-ci.

– Sasuke Uchiha, qui m'a aidé à annuler le Mugen Tsukuyomi. Nous voyageons ensemble.

– Hm, oui, je vois… c'est que…

Le brun soupira, prêt à retourner sur ses pas. Il n'avait de compte à rendre à personne, et n'avait aucune envie de se justifier à une inconnue afin de pouvoir passer une nuit dans un ryokan.
Le blond haussa la voix.

– C'est que ?

La jeune femme releva des yeux suspicieux vers lui.

– C'est que des clients pourraient se plaindre… Nous avons des liens importants avec le village caché de Kumo, et…

– Se plaindre ?

– Naruto.

Sasuke le coupa, l'incitant du regard à le suivre. Naruto fronça les sourcils et se planta face à la réceptionniste.

– Si des clients se plaignent, envoyez-les moi. Je vais leur apprendre à se plaindre du méchant Sasuke qui leur a sauvé la vie. Envoyez-les moi, ces ingrats !

Son ton était agressif, ce qui surprit la jeune femme. Elle se tut, et reprit son chemin en silence. Sasuke resta immobile un instant, puis posa son regard sur Naruto. Ce dernier ne le regardait pas. Sasuke sentit le chakra de Kurama qui s'était éveillé en lui. Il se demanda pourquoi Naruto tenait tant à le défendre, alors qu'il n'y tenait pas lui-même. Il se décida à le suivre, leurs pas résonnant sur le vieux parquet en bois. Sans lui, Naruto serait simplement le héros, accueilli par tous dans sa gloire et sa grandeur. Sasuke était comme un parasite à ses côtés, qui venait tacher l'image dorée de son coéquipier, ruiner les sourires qui se formaient à son arrivée. Ce n'était pas ce qu'il souhaitait pour Naruto. Sasuke garda les yeux rivés sur le blond, ignorant les pièces qui défilaient sous ses yeux.


Une fois la chambre présentée et les explications terminées, la réceptionniste se retira sans se faire prier. Naruto prit une profonde inspiration avant de sourire à Sasuke. Il se changea prestement sans se soucier du regard du brun posé sur lui. Des yukata propres avaient été mis à leur disposition afin qu'ils puissent se promener entre les différents bains extérieurs. Sasuke détourna le regard et s'éloigna afin de se changer à son tour, enfilant l'habit bleu nuit que Naruto lui avait laissé. Le blond avait opté pour le yukata jaune clair parsemé de fleurs bleues, complémentaire au sien. Sasuke récupéra ensuite les vêtements du blond qu'il plia grossièrement avec les siens.

– Je vais aller les donner à laver. Je te retrouve ici dans quelques minutes.

Sans un mot de plus, il glissa ses pieds dans les geta déposées dans le genkan et s'éclipsa. Naruto resta un instant à contempler sa silhouette évaporée derrière la porte. Il songea au fait que c'était la première fois durant ce voyage que Sasuke se retrouvait hors de son champ de vision de la sorte. Il s'était déjà réhabitué à la présence du brun et n'appréciait pas qu'elle disparaisse, ne serait-ce que furtivement. Il se mordit la lèvre, les sourcils froncés, perdu dans ses pensées.

Quelques minutes s'étaient écoulées sans que Naruto ne semble s'en rendre compte, et Sasuke réapparut. Il s'arrêta à l'entrée de la chambre, constatant que son ami n'avait pas bougé d'un pouce depuis son départ. Il le fixa, haussant un sourcil.

– Naruto ?

Sa voix résonna dans la pièce, et sembla briser le sort qui envoûtait le blond.

– Sas'ke, fit-il dans un murmure.

Ce dernier restait perplexe, et il s'approcha de son ami à pas de loup.

– Qu'est-ce que t'as, usuratonkachi ?

Il s'arrêta face à lui. Naruto pouvait sentir l'odeur du yukata propre se mêler à celle de Sasuke. Il pouvait entendre sa respiration, imperturbable et douce.

– Rien, lança-t-il alors en souriant. On y va ?

Sa voix était plus forte qu'il ne l'avait souhaité, et il déglutit alors qu'il dépassait Sasuke et franchit la porte de leur chambre. Il ne se retourna pas, faisant claquer ses geta contre le sol en bois.


Le son de leurs pas résonnait contre les dalles en pierre. Sasuke observait les reflets de la lune dans les cheveux dorés du blond, les éclats d'étoiles qui illuminaient sa nuque. Il semblait capturer toute la lumière de cette nuit d'automne, imperméable aux ténèbres de la nuit. Le vent soufflait dans les grands conifères, amenant avec lui une douce odeur de pins qui vint chatouiller les narines de Sasuke.

– Dis, c'est quand la dernière fois que tu t'es baigné dans un onsen ?

Sasuke haussa les épaules.

– Est-ce que ça t'arrivait d'y aller avec ton ancienne équipe ?

– Hn, une fois ou deux, peut-être.

Naruto sourit.

Une odeur de soufre leur indiqua que les bains n'étaient plus très loin. Ils laissèrent les murmures des conifères et le chant des hiboux combler le silence qui s'était insinué entre eux, la lumière de la lune illuminant leur chemin. Ils ne tardèrent pas à trouver un large bain en pierre, dans lequel un filet d'eau s'écoulait en continu. Caché par de grands rochers, le bain était à leur entière disposition. Un sourire vint alors s'étendre sur le visage du blond, et il brisa le silence.

– Rien que pour nous !

Il s'empressa de se dévêtir, laissant retomber son yukata au sol sans plus de cérémonie, et se savonna rapidement à l'endroit prévu à cet effet. Il entra ensuite dans le bain sans même prendre le temps de vérifier la température. Debout, il se tourna vers Sasuke. Le brun n'avait pas bougé, et son regard croisa celui de son ami. Des gouttes d'eau dégoulinaient le long de ses mèches blondes, avant d'atterrir sur ses joues. Quelques secondes passèrent avant que Sasuke ne se rende compte que Naruto, au sourire flamboyant et au visage rougi par la chaleur de l'eau, était entièrement nu. De nouvelles secondes passèrent avant que son cœur n'accélère, et il détourna le regard. Le coin d'ombre créé par un majestueux cèdre près du bain lui sembla être l'endroit propice pour ôter son yukata. Naruto soupira d'aise dans le bain, et ne tarda pas à s'asseoir, plongeant son corps entier dans l'eau chaude. Sasuke pouvait sentir son regard dans son dos. Délicatement, il déposa son yukata plié en deux sur une pierre. Il inspira, puis se retourna, les yeux rivés sur ceux du blond. Il s'avança, conscient de la blancheur de son corps contrastant avec l'obscurité alentour, et du regard de Naruto qui ne le quittait pas. La dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés dans un onsen ensemble datait d'au moins quatre années, alors qu'ils étaient à peine des adolescents.

Sasuke lui tourna le dos alors qu'il s'assit sur un tabouret. Il prit le temps de se savonner, laissant aller poussière et fatigue de la journée. Une fois rincé, il se releva, et s'approcha finalement du bain. Il mit d'abord un pied dans l'eau, puis deux, et y plongea lentement le reste de son corps. Naruto ne perdit pas une seconde et s'approcha immédiatement du brun, venant coller son épaule droite à celle de Sasuke. La sensation le surprit lors d'une fraction de seconde. Ce contact l'aurait dérangé venant de la part de n'importe qui d'autre, mais il avait toujours laissé Naruto l'approcher. A vrai dire, il avait fait plus que ça. Le souvenir de leurs retrouvailles au repaire d'Orochimaru lui traversa l'esprit. Il baissa le regard, et tourna légèrement la tête vers leurs bras. Leurs bras qui n'étaient plus, et qui pourtant semblaient toujours être présents. Ces bras qui avaient produit rasengan contre chidori à trois reprises, avant de se rencontrer une quatrième fois et de se détruire. Le sang avait semblé formé un cœur sur le sol de pierre. Quand Sasuke avait découvert que son bras gauche n'était plus, ses yeux s'étaient écarquillés il s'était demandé s'il était toujours en vie. Puis son regard s'était fixé sur l'épais liquide rouge qui s'était écoulé de son épaule, parallèle à celui du blond. Longtemps, il avait fixé l'endroit où leur sang se rejoignait, créant une forme étrangement proche d'un cœur. Mais ce qui avait troublé Sasuke, c'était cette image de leurs mains liées. Là où leurs bras ne pouvaient plus combattre, ne pouvait plus frapper et blesser, se défendre et se camoufler, leur sang avait coulé. Dans la même direction, il s'était scellé. Ce qu'ils ne pouvaient pas contrôler, leur sang leur avait montré. Les larmes lui étaient montées aux yeux à la pensée que jamais, il ne pourrait se défaire de ce lien.

– Sas'ke, ça va ?

Il releva les yeux vers le visage de Naruto. Le blond le contemplait, l'air paisible.

– Hn. L'eau est un peau chaude, souffla-t-il.

– Elle est pile poile à la bonne température !

A cet instant, la chaleur était tout ce que Sasuke ressentait. Dans les yeux de Naruto, dans son souffle sur son visage, dans ses lèvres souriantes. Et puis, dans la température de l'eau. Naruto détourna le regard. Il sourit, les yeux fermés, le souffle régulier.


Une demi-heure s'était écoulée sans que Sasuke ne bouge. Bien sûr, le blond avait fini par s'éloigner de lui ; il était la seule personne que Sasuke avait déjà vu nager dans des sources d'eau chaude. Ceci à l'exception évidente de Suigetsu. Il décida de se lever, laissant l'eau glisser contre son corps rougi par la chaleur. Il saisit la serviette mise à leur disposition par le ryokan, puis enfila à nouveau son yukata. Il se résolut à attendre patiemment le blond, peu enclin à quitter le bain de sitôt. Sasuke s'assit au pied du cèdre et contempla alors la scène face à lui. Le héros de la quatrième grande guerre ninja, faisant des longueurs dans un rotenburo. Et Sasuke, son compagnon de voyage. Jamais il n'aurait prédit ce développement jamais il ne se le serait permis.

Le blond lui sourit.

– Tu peux partir en premier, si tu veux, lui lança-t-il.

– Je t'attends.

De longues minutes s'écoulèrent avant que Naruto ne rejoigne Sasuke. Il sortit du bain, sa peau hâlée ruisselante de gouttes d'eau. Enroulant une serviette autour de sa taille, il fit :

– Jiraiya me disait toujours de ne pas rester trop longtemps, que ce n'est pas recommandé.

– Il ne disait donc pas que des sottises.

Naruto ne répondit rien. Les mains sur les hanches, il contempla le rotenburo. Sasuke se leva à cet instant, ce qui incita Naruto à se changer rapidement.

– Prends ton temps, usuratonkachi.

– Je suis prêt, s'écria-t-il. Enfin presque prêt !

Sasuke haussa les épaules et se dirigea vers le ryokan, empruntant le chemin de pierre qu'ils avaient découvert plus tôt. Naruto arriva à sa hauteur, une serviette sur les épaules. L'air s'était rafraichi, mais la lune était toujours aussi brillante. Naruto la contemplait et ne vit pas le jeune homme qui se trouvait sur son chemin, juste à l'entrée du ryokan. Il le bouscula légèrement, et s'excusa immédiatement.

– Oh, désolé, je n'ai pas fait attention ! Est-ce que ça va ?

– Mh, ça va, ça va…

L'homme aux cheveux gris se redressa, et dévisagea Naruto.

– Naruto Uzumaki et Sasuke Uchiha, hm ? On n'entend parler que de vous dans ce village…

– Ah, hm, répondit vaguement le blond en se grattant la nuque.

Cette nouvelle rencontre ne lui inspirait rien de meilleur que celle avec la réceptionniste. L'homme face à lui renifla bruyamment avant de leur lancer un regard condescendant.

– Vous feriez mieux de vous diriger vers de nouveaux horizons rapidement. C'est un village tranquille, ici.

Et ce fut la goutte de trop.

Naruto saisit le col de l'homme avec une force agile qui le laissa sans voix, et planta son regard dans le sien. L'océan ensoleillé qui caractérisait le bleu des yeux de Naruto se changea en profondeurs glaciales, une immensité sombre et menaçante.

– Naruto, arrête.

Le blond ne bougea pas.

– Franchement, ça n'en vaut vraiment pas la peine, soupira Sasuke.

Il serra les dents.

– Je n'sais pas ce qui m'énerve le plus, Sasuke, commença-t-il.

L'homme face à lui tenta de se défaire de sa prise, en vain.

– Que ces ingrats continuent de t'insulter, ou que tu continues de les excuser !

– Ce n'est pas ça, Naruto, seulement –

– Seulement quoi ?!

Le poing toujours serré, il tourna la tête vers le brun. Celui-ci soupira. Son regard était fermé, ses pupilles impénétrables.

– Je ne demande à personne de me comprendre, Naruto. Ni de me faire confiance –

– Tu as fait de ton mieux Sasuke, le coupa-t-il. Tu as fait ce que tu pouvais en tant qu'adolescent qui avait tout perdu donc arrête de les excuser ! Ce n'est pas comme si tu avais attaqué Konoha, au final, tu as sauvé Konoha ! Je veux dire, tu sais qu'Orochimaru est autorisé à travailler au village comme si de rien n'était, non ? Ce type a réellement attaqué Konoha et tué le Sandaime mais il est juste là, profitant de la vie pendant que ce même village te traite comme un criminel pour avoir tué Danzō ! Ce même homme qui manigançait avec Orochimaru et qui est responsable pour ta souffrance, cette souffrance que personne au village n'a voulu reconnaître quand tu en avais besoin !

Il s'arrêta un instant, les yeux toujours rivés sur Sasuke. L'expression furieuse qui s'était dessinée sur son visage un instant plus tôt s'était changée en expression peinée. Ses yeux rougis brillaient dans la nuit.

– J'en ai plus que marre de ces conneries !

Sa voix se brisa. Son poing se relâcha alors qu'il reprenait son souffle, le regard au sol.

L'homme aux cheveux gris s'empressa de fuir, lâchant un « désolé » plaintif. Sasuke s'approcha du blond. Il serra le poing, à défaut de déposer sa main sur l'épaule de son ami. Le blond releva des yeux humides vers lui.

– Arrête de te faire du mal, lui fit Sasuke.

Puis il s'avança vers le ryokan, et fit glisser la porte coulissante. Il entra dans l'établissement sans rien ajouter, attendant seulement que le blond le suive.

Calmant sa respiration, Naruto franchit à son tour la porte du bâtiment en bois. Ses émotions et ses pensées étaient emmêlées, malmenées et chamboulées, et son regard perdu alors qu'il s'arrêta à l'entrée de leur chambre.

– J'suis désolé, Sas'ke.

Le brun, déjà changé en un yukata de nuit, se tourna vers lui. Il passa sa main dans ses cheveux, glissa ses doigts entre les mèches aux reflets bleus qui lui couvraient le front.

– J'aurais voulu que tu gardes de meilleurs souvenirs de Tsukiyo.

Sa voix n'était qu'un murmure, couvrant à peine les chuchotis de la nuit. La tête baissée, Naruto entra dans la chambre et se changea à son tour. Leurs futons au sol étaient déjà préparés, et il se laissa tomber sur l'un d'entre eux sans ajouter un mot. Le son des couvertures sous le corps de Naruto emplit la pièce un instant puis se fana, se dissipant avec les mots que Sasuke cherchait à lui adresser. Il s'assit, entrouvrit les lèvres. Aucun son ne sortit. Il s'allongea, son regard ancré sur le dos du blond. Il pouvait sentir sa rage mal contenue, sa peine qui débordait de chacun de ses pores.
Il ne savait combien de minutes s'étaient écoulées avant qu'il ne réussisse à articuler à nouveau, soupirant un « usuratonkachi » plein d'amertume, autant que de tendresse.


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