Chapitre 20 : Home sweet home
Sam avait presque oublié les sensations que donne une transmutation. Cette impression d'être sur une montagne russe, de monter dans le ciel, de planer et de s'écraser violement…Et Sam venait de s'écraser pour la première fois depuis des années.
Il n'osait pas ouvrir les yeux. Il avait vécu vingt ans de déception à chaque saut. Il ne pouvait pas croire que c'était fini. Non, vraiment il ne pouvait pas ouvrir les yeux et risquer d'être déçu une fois de plus ».
Puis il entendit une voix familière : « Sam ? Sam ? C'est bien toi ? » dit Al
Il ouvrit alors subitement les yeux et ils se mirent à couler instantanément. Sam regarda autour de lui. Il était dans un lieu familier pour la première fois depuis une vingtaine d'année. Il était dans son Labo, face à Ziggy et Al. Elle dit de son ton monocorde habituel :
-« Bonjour docteur Beckett, ravie de vous revoir. »
-« Bonjour Ziggy.. » dit Sam en tournant la tête vers Al.
Al était à côté de lui, un sourire jusqu'aux oreilles.
« Al… Je n'arrive pas à y croire, je suis là, je suis vraiment là … » dit Sam.
Il se prirent dans les bras l'un de l'autre.
« Tu m'as tellement manqué mon frère… » dit Al, la voix brisée.
« Toi aussi Al, tu n'imagines pas à quel point… »
« Si, je sais… Sam, je veux te dire ..Merci... Merci pour Beth… Tu as bouleversé ma vie, elle a été bien plus belle grâce à toi. »
« Arrête Al, c'était la seule chose à faire et la meilleure chose que j'ai faite… »
« Du coup Sam, je me devais de te rendre heureux aussi. Il y a quelqu'un qui veut te voir. »
Al se retourna et ouvrit la porte qui se trouvait derrière lui. Une jolie femme entra dans la pièce, pendant qu'il sortait :
« Bonjour, Sam... » dit-elle en pleurant.
« Donna… » dit Sam en courant vers elle.
Ils sautèrent dans les bras l'un de l'autre et s'embrassèrent.
Après quelque instant, Sam dit :
« Donna, dés que j'ai récupéré mon corps, j'ai retrouvé mes souvenirs. Ça a été tellement dure de survivre sans toi. Je sais que tu as repris ta vie sans moi. Ne t'inquiète pas, je ne viendrais pas m'immiscer dans ta vie. »
« Sam. J'ai eu une autre vie pendant ton absence, c'est vrai. Mais je n'ai pas repris ma vie, comme tu dit… Personne ne pouvait te remplacer. Je suis toujours ta femme. »
Sam sembla soulager et embrassa de nouveau Donna. Elle se laissa faire mais après un instant, elle recula et dit :
«Par contre, j'ai un homme dans ma vie mais il n'a que 6 ans. J'ai un petit garçon et une fille de 8 ans. Je n'ai jamais réussi à t'oublier mais je me sentais abominablement seule et tu sais que j'ai toujours rêvé d'être maman…Alors j'ai décidé d'adopter une fratrie, i ans et demi. Je t'ai attendu longtemps Sam, j'espérais que tu reviendrais et que tu serais le père de mes enfants mais lorsque j'ai rencontré mes deux amours je n'ai plus hésité. Sofia et Danny te connaissent déjà. Ils savent qui tu es et ils savent ce qui t'ai arrivé. Pour eux, tu es leur père. J'espère que tu les accepteras et que tu reviendras pour nous… Je ne veux pas que tu sentes obligé…»
Sam lui coupa la parole : « C'est merveilleux Donna, je suis content que tu aies trouvé ton équilibre. Je t'aime comme au premier jour. Tu ne pouvais pas me rendre plus heureux, je veux devenir un père pour tes enfants »
« Sam, Je suis tellement heureuse. »
Elia était assise, la tête posé entre ses bras croisés sur son bureau, elle pleurait.
Al frappa à la porte :
« Je peux rentrer ? »
« oui » dit-elle en reniflant.
« Ne te décourage pas Elia, je sais que c'est dur … Mais on fera tout pour ramener Alex. »
Les pleures redoublèrent.
« Je ne supporterais pas de vivre sans lui et s'il restait bloqué dans le passé comme Sam pendant des années ? »
« Elia, je sais ce que c'est de d'être séparé de la personne qu'on aime, j'ai vécu la même chose et même si tout ça est loin maintenant et même si j'ai eu une autre vie depuis, je n'oublierais jamais ce que j'ai vécu après avoir perdu ta grand-mère. Sam et moi, on va tout faire pour vous aider à vous retrouver. Je connais Sam, il ne laissera jamais tomber son neveu et sa filleul…Il le ramènera… Mais maintenant, tu dois te reprendre. Il va avoir besoin de toi pour réaliser ses missions… »
« Il ne se souvient même plus de moi »… dit-elle en pleurant… « C'est tellement dur. »
« Je sais ma chérie mais il va falloir être forte. Il n'y a que comme ça que tu réussiras à le retrouver.»
« Elia, je te laisse 15 minutes pour pleurer. Dans seize minutes, je viens te chercher et tu seras prête à aller aider Alex… Pratt a déjà commencé à le chercher, il va avoir besoin de nous et une fois qu'on l'aura retrouvé, tu pourras l'aider.»
« Hmmm… »
Seize minutes plus tard.
« Elia ? »
« Oui, Papi, je suis prête.
« J'ai quelque chose pour toi.
Elia était de nouveau fin prête à donner tout ce qu'elle pouvait pour retrouver Alex. Al sortit une grosse télécommande multicolore de sa poche. !
« C'était le moniteur que j'utilisais quand je suivais Sam. Il me permettait de communiquer avec Ziggy. Et de recevoir des informations pendant que j'étais avec Sam. Je me suis dit que ça pourrait te faire plaisir. »
Elia prit le moniteur délicatement dans ses mains, l'appareil clignotait et faisait des sifflements bizarres.
« Il a l'air de mieux fonctionner qu'avec moi. » ricana-t-il.
Elia sourit : « merci papi. »
« On y va ? Alex t'attend ».
« Oui… »
Elia ferma les yeux, effrayée par ce qui l'attendait… Combien de temps allait-elle devoir attendre avant de revoir Alex et combien d'année avant de le retrouver totalement ? Une chose est sûre, elle ne baissera jamais les bras et Alex rentrera…
Quelques jours plus tard, Pénitencier de Santa Fe.
Sam était devant les portes du pénitencier depuis une bonne vingtaine de minutes maintenant. La sonnerie spécifique indiquant l'ouverture des portes se fit enfin entendre.
Un vieil homme grassouillet, engoncé dans un costume trop juste attendait derrière la porte. Il s'avança vers Sam d'un pas décider.
« Docteur Beckett, ravie de vous rencontrer. » dit-il en épongeant la sueur qui dégoulinait de son front.
« Maitre Scott… »
« Venez, je vais vous conduire jusqu'à la salle des parloirs. »
« Bien. » dit Sam en lui emboitant le pas.
« Docteur Beckett, je voulais vous demander… Pourquoi est-ce que vous faites ça pour l'accusé. »
« Je ne suis pas du genre à juger les gens, maitre Scott, votre client nous a fait du mal mais je peux comprendre les circonstances qui l'on amené à de tels extrémités. »
« En tout cas, c'est très clément de votre part. »
Sam ne répondit pas, il venait d'entrer dans la salle des parloirs.
Il s'assit face à la vitre du parloir. L'avocat sorti de la pièce.
La porte de l'autre côté de la vitre s'ouvrit et Sam vit entrer un vieille femme, enchainé, vêtu d'orange de la tête au pied et les bras attachés par des menottes. Elle était entourée par deux grands colosses. La scène aurait pu paraitre comique si Sam ne savait pas qui était en face de lui. Sam eu presque pitié d'elle jusqu'à ce qu'elle lève les yeux et qu'il vit son regard haineux.
« Maggie. »
« Docteur Beckett… » dit-elle avec dégout.
L'un des deux colosses poussa la vieille femme vers la chaise et sorti de la pièce.
« Que me voulait vous, docteur Beckett ? »
« Je voulais vous voir. Nous avons des choses à nous dire… »
« Tout a déjà été dit, non ? «
« De votre point de vue, peut-être… »
« Qui a -t-il de plus à dire ? Vous avez tué ma famille, j'ai cherché à vous tuer pour me venger ! » dit-elle sèchement.
« Ce n'est pas si simple, Maggie. »
« Vous allez me dire quoi ? Qu'ils sont un dommage collatéral ? » cria-t-elle.
« Non, je suis venu vous dire que je vais détruire la machine une fois que j'aurais récupéré mon neveu. »
« Quoi ? »
« Vous aviez raison Maggie, je suis parti dans le temps et j'ai modifié le passé sans penser aux conséquences… Je pensais faire le bien mais je n'ai pas songé que réparer une injustice pouvait en créer d'autres. J'ai été très inconséquent. Je suis désolé pour votre famille Maggie mais je ne peux pas changer ça. C'est votre famille ou celle de mon ami. Et oui, je sais qui était votre mari. Je sais que c'était le fils de Beth et de son second mari. Je suis désolée mais c'est vous qui aviez créé ce paradoxe… Si vous n'aviez pas détourner mon voyage vers ce bar il y a vingt ans. Si vous ne m'aviez pas fait croire que je parlais à Dieu et si vous ne m'aviez pas fait comprendre que je pouvais choisir la destination de mes sauts, je ne serais sans doute jamais retourné voir Beth et l'histoire n'aurait pas changé pour vous. Ou encore, si vous n'aviez pas mis ce virus dans Ziggy, je serais peut-être revenu après le premier saut et ne serait peut-être jamais reparti ! »
« C'est là tout le paradoxe.»
« Désolée Maggie…Mais si c'est vrai que je suis un acteur de votre malheur, c'est bien vous qui en êtes l'auteur… »
« Ne soyez pas désolé… Je ne ceux pas de votre pitié !»
« C'est pour cela que j'ai demandé qu'on vous donne des circonstances atténuantes. Je ne tiens pas à ce que vous passiez sur la chaise électrique … Vous avez fait beaucoup de mal mais j'espère que vous profiterais des années qui vous reste pour vous racheter… »
« Le docteur Beckett, toujours aussi miséricordieux… » dit-elle avec dédain
« Je ne m'attends pas à de la reconnaissance de votre part mais j'avais besoin de mettre les choses au point avec vous. » dit-il en se levant de sa chaise. « Au revoir Maggie… »
