Chapitre 14, La Farce débute.

Akira était aux aguets. Une arcane ouverte, des bleus un peu partout et une batte de baseball dans les mains, il observait avec un grande attention la rue noire, éclairée par seulement par quelques lampadaires. Une minute passa dans laquelle il ne fit rien, se contentant de retenir sa respiration. Puis, une forme noire commença à se concentrer au milieu de la rue pour prendre de plus en plus de place. Le jeune homme grinça des dents avant de fermer les yeux.

Il allait l'éclater.

Il sortit de sa cachette et se rua sur la forme en lui assenant un coup de batte. La chose se retourna et Akira commença un série de coups avant de s'en recevoir dans le ventre, l'envoyant valser à plusieurs mètres. Le jeune homme se releva, se tenant l'abdomen, et courut de nouveau vers son ennemi en lui balançant son arme. La chose fut surprise un instant, esquivant l'arme, et se retrouva ensuite nez à nez avec le garçon qui lui envoya un crochet gauche, la faisant reculer. Il ne s'arrêta pas là et continua à frapper cette fois-ci sans prendre en compte les coups qu'il recevaient.

Alors que le combat continuait ainsi, Akira hurla une dernière fois, mettant toutes ses forces dans un dernier coup pour envoyer un coup de pied retourné à son adversaire, qui s'éclata sous le coup. La japonais, exténué, cracha de la salive sur le côté avant de s'étaler par terre. L'espace autour de lui commença à se déformer et bientôt ce fut plus une ruelle sombre mais un hangar qui apparut, avec Naël qui le regardait de haut.

– T'as combien de côtes cassées ?

– J'en sais rien… Akira grogna, ça me saoul.

Naël se contenta de le relever sous ses gémissements. Un visage neutre, il claqua des doigts et un nouveau décor se mis en place. Cette fois-ci dans un endroit noir, les deux garçons se regardaient, debout, sans bouger les yeux dans les yeux.

Un silence plana et sans même dire un mot, ils se comprirent. Naël fit apparaître des photos qui volèrent autour d'Akira. Plusieurs visages se trouvaient dessus : en partant des vilains qui les avait fait perdre leur raison de vivre, leurs complices et hauts gradés dont l'enfoiré de docteur, jusqu'au héros et les apprentis héros.

– Toujours rien sur eux ?

– Rien.

Akira grinça des dents. Il sortit de sa poche un mouchoir en coton qu'il serra fermement, la mâchoire serrée.

– Le touche pas comme ça. Naël le regardait de travers, Tu vas l'abîmer.

Le jeune homme regarda son camarade un instant avant de faire ce qu'il lui disait. Ils se regardèrent de nouveau dans les yeux et se rapprochèrent l'un de l'autre, les photos volant autour d'eux. Des haillons naquirent des habits élégants, chemises noires, pantalon rouge bordeaux pour Naël et bleu marine. Leurs cheveux, avant sales, devinrent tout d'un coup soigné : Naël avait des boucles noires qui pendaient le long de son visage, lui donnant un charme exotique pour les japonais tandis qu'Akira avait des cheveux noirs purs, plaqués sur sa tête, lui donnant l'air plus vieux. Quand ils furent plus qu'à quelques millimètres de l'autre, les photos cramèrent et les jeunes hommes se regardèrent une dernière fois dans les yeux.

La farce allait enfin pouvoir commencer.

Ce fut dans un transpirant que Louise se réveilla. La gorge sèche et les muscles tendus, elle resta fixe un moment avant ne serait-ce que regarder autour d'elle. Elle déduite qu'il devait être dans les cinq heures du matin au vu de la lumière qui rentrait dans sa chambre et elle se calma, petit à petit. Elle avait une impression que quelque chose l'observait sans pouvoir dire ce que c'était exactement. Elle tenta de bouger, en vain.

Les garçons lui manquaient.

Sur cette pensée, elle retomba dans le limbes du sommeil, les larmes aux yeux.

Elle ne se réveilla que quelques heures plus tard alors qu'elle n'entendait aucun bruit. Elle tenta de bouger ses muscles, choses qu'elle réussit brièvement. Elle pouvait voir ses doigts changer de positions, c'était déjà ça pour un matin.

– Natsu, tu es réveillée ? J'entre.

Elle vit apparaître sur le seuil de la porte Nezu. Il était seul et ferma derrière lui la porte, leur laissant de l'intimité. Il vint aux cotés de la jeune fille et s'essaya délicatement sur son lit pour ne pas la brusquer. Très lentement, il l'aida à se mettre en position assise et lui mit ses cheveux derrière son visage, lui donnant un accès visuel à celui-ci. Il lui sourit.

– Je suis venu te voir pour voir comment tu te portes. elle regarda ses jambes, Je sais que tu as encore du mal à bouger, mais nous avons trouvé quelqu'un pour t'aider à faire des séances de rééducation.

Elle leva son regard vers la sourie et se contenta de la fixer, impassible.

– Nous avons décidé que la personne qui te prendra en charge viendra quatre fois par semaines ici. Tu n'auras aucun déplacement à faire, nous prenons tout en charge.

Louise regarda le proviseur avant d'hocher légèrement la tête. Nezu soupira intérieurement de soulagement. Au long de sa vie, il avait vu pas mal de spécimens tous plus difficiles les uns que les autres à gérer. Katsuki Bakugou en faisait partit, vu la manière dont ils avaient dû l'attacher lors du tournoi des premières années de Yueï. Pourtant, à côté de Louise, il lui semblait aussi facile qu'un chaton. Le jeune homme avait de simples excès de colère, la jeune fille, elle était calme.

Et là était le problème.

Une jeune fille qui contrôlait tout. Elle observait le monde autour d'elle, aussi muette que discrète et semblait enregistrer chaque information qu'elle voyait ou entendait. C'était la vraie raison pour laquelle il l'avait mise avec cette classe. En à peine deux semaines, elle avait réussi à faire en sorte qu'il se sente épié. À chaque fois qu'il tournait la tête, il la voyait le regarder avec des yeux dont il se souvenait très bien. Des yeux qu'il haïssait autant qu'il en était effrayé. Des yeux qui scrutaient chacun de ses mouvements. Des yeux de scientifiques. Avec elle, il avait cette impression d'être revenu à ce temps là et rien que d'y repenser, il en avait la chaire de poule. S'en rendait-elle compte ? Ou étais-ce inconscient, un mécanisme pour se défendre après tout ce qu'elle avait vécu ? Seule elle le savait.

S'il n'en montra rien, Nezu frissonna intérieurement quand il se rendit compte qu'elle recommençait à l'observer. À sa surprise, elle lui fit signe de la main pour qu'il se rapproche. Il le fit et dans sa main elle écrivit – en tremblant – très lentement des caractères japonais qu'elle avait apprit avec Abdel pour lui demander une feuille et un papier, chose qui lui donna en les prenant sur son bureau. Elle lui fit un léger signe de tête en remerciement et lentement – et toujours en tremblant – commença à écrire en français. Nezu fronça les sourcils et une fois qu'elle eut fini, il prit le papier dans sa poche.

La sourie resta avec la jeune fille encore un moment avant de la laisser dans les mains d'All Might pour qu'ils aillent faire leur promenade habituelle. Le proviseur retourna dans ses bureaux, près à reprendre son travail avant de se rappeler des mots. Il sortit le papier et les scanna avec un traducteurs, curieux de savoir ce qu'elle avait pu lui écrire.

Son sourire fana bien vite.

« Midorya évolue, Shimura apprend. Un monde écrit. Cherchez Bêta, je sourirai. Trouvez Bêta, je parlerai. Tuez Bêta, je dévoilerai. »

Il fronça les sourcils devant ces mots. Elle savait des choses qui allaient lui être utile, c'était évident, mais quoi ? Que voulait-elle dire par ça ? Savait-elle la liaison entre AFO et All Might ? Que signifiait 'Un monde écrit.' ? Et Bêta, qu'étais-ce donc ? Il soupira intérieurement devant le nombre de questions sans réponses qui s'agrandissaient. Elle était une jeune fille mystérieuse, il n'y avait aucun doute. Il retourna le papier en s'allumant une cigarette et vit un autre message. Il refit la même opération et cette fois-ci n'en comprit pas le sens.

« La Fiction, la Réalité, les Rêves et les Cauchemars… Le monde ne s'arrête jamais. Et jamais il ne s'arrêtera. »

Rien n'avait de sens quand il pensait à Louise.