Chapitre 15, Les Idées Noires.

La journée se terminait quand les apprentis-héros rentraient à l'internat. Si tous les étudiants étaient enjoués et pétillants, seuls Todoroki et Bakugo restaient sur la réserve. Bien que le blond hurlait au premier qui lui adressait la parole. Louise les regarda faire, assise dans un coin de la pièce avec un livre à la main. Elle les observa un petit moment, silencieuse alors qu'ils riaient à cœur joie.

La future génération de héros qui allait bousculer le monde se trouvait devant elle.

Une génération qui allait commencer son chemin de héros dans la sueur, la peur, le chaos et le sang. Une génération qui allait évoluer malgré elle, sans qu'elle n'en ai rien demandé. Pour Louise, ces jeunes gens étaient des êtres incompréhensible. Pourquoi sauver les êtres humains quand ils se détruisent eux-même ? Pourquoi prendre la peine d'être aux côtés d'une société rongée par la haine, la déception et l'amertume ? Une société incapable de voir les mérites des autres sans jalousie, à toujours critiquer les actions des uns et des autres sans se soucier de ses congénères. Une société qu'elle trouvait pessimiste, haïssable et cruelle. Dans son monde d'origine comme ici, les humains étaient les mêmes.

Des êtres répugnants prêt à tout pour satisfaire leurs besoins.

Et Louise ne se considérait pas mieux qu'eux, loin de là.

Elle se trouvait laide. D'une laideur autant extérieur qu'intérieur. Elle avait des pulsions, des désirs qu'elle voulait à assouvir et pour ça elle planifiait d'utiliser Yueï comme un tremplin. Elle allait utiliser tous ceux qui étaient là, les observer pour pouvoir exploiter leurs faiblesses le temps venu. Elle refusait de revivre ce qu'elle avait vécu. Elle refusait de laisser le docteur dormir sur ses deux oreilles.

Elle sera sa mâchoire, le cœur battant.

Elle voulait voir son sang couler. Elle voulait le voir hurler de douleur, supplier, s'agenouiller, pleurer jusqu'à qu'il ne lui reste plus qu'une seule émotion : le désespoir. Elle voulait le voir à ses pieds, les yeux éteints et déconnectés de la Réalité. Le voir au bord du précipice, sombrer toujours plus loin dans cet état second pour qu'enfin, la dernière lumière qu'il lui restait s'éteigne à jamais. Dans ses yeux, comme dans son cœur. Louise n'était plus une enfant de cœur, elle espérait sincèrement le malheur de cet homme.

Elle sortit de sa torpeur quand Midorya s'approcha d'elle en souriant. Son cœur se radoucit un instant devant son air candide alors que Katsuki les regardait du coin de l'œil. Ils restèrent un petit moment tous les deux. La jeune fille sentait sa rancœur partir petit à petit. Non pas qu'elle développait des sentiments pour lui mais plutôt qu'il était le seul à avoir une aura qu'elle trouvait sincèrement douce et agréable. Être avec lui lui donner l'impression d'être dans un parc, une journée de printemps à dormir sous les rayons de soleil.

La nuit s'était posée quand Louise vit les deux rivaux sortir du bâtiment. Si elle ne comprit pas tout de suite, elle décida ensuite de la suivre, se remémorant ce moment. Elle les suivit de loin et se mit dans une petite ruelle, de sorte ce qu'ils ne puissent la voir. Elle entendait faiblement ce qu'il se disaient mais s'en doutait déjà. Après tout, elle restait une fan du manga.

– On est à Ground Bêta…

– C'est ici que je t'ai affronté la première fois… Et que j'ai perdu. J'ai d'ailleurs toujours pas dirigé ça…

Bakugo était toujours dos au vert et continua de s'exprimer. Si une part de Louise ne pouvait s'empêcher de trouver le jeune homme agaçant, à ne pas lui demander son consentement quand il la touchait, ou encore lui mettre la cuillère dans la bouche sans prévenir, une autre partie d'elle le était plus indifférente au jeune homme. Il avait vécu sa vie avec des éloges, constamment il avait eu ce qu'il désirait. Il s'était fait bichonner sans arrêt, avait reçu l'attention qu'il voulait et toujours été au-dessus.

Et pourtant, le jour où Izuku l'avait secouru, il avait reçu une claque. Une claque qui s'intensifiait au fil des jours. L'arrivée à Yueï, la première apparition des vilains, le tournoi des premières années, le camps d'été et son kidnapping ayant aboutit à la fin d'All Might, cette figure de justice et de paix. Une gifle dont le nom commençait pas la lettre I et finissait par un U.

– Ton pouvoir vient d'All Might, pas vrai ?

Katsuki Bakugo était certes égocentrique, mais il n'en restait pas moins intelligent. Et ça, Midorya en avait parfaitement conscience. Le blond observait les gens autour de lui. Grâce à ça, il avait pu deviner pas mal de choses que les élèves n'avaient pas remarqué. Un jeune homme fière, qui hurlait au monde sa façon de faire et pourtant, qui savait parfaitement gardé les idées claires et la tête froide.

La discussion continua encore un petit moment durant lequel Louise restait impassible, à regarder les deux jeunes hommes. Le vent soufflait et ses cheveux volaient légèrement au gré du vent. Elle ferma les yeux, en continuant d'écouter les paroles. Le temps d'un instant elle regretta être venue épier les deux garçons. Après tout, c'était une conversation privée dont elle n'avait aucune place. Une étrangère, ni plus ni moins. Pourtant, quand elle rouvrit les yeux sa culpabilité s'envola et elle crût que le temps s'arrêta le temps d'un instant.

Elle les trouvait affreusement beaux à se battre, tellement leurs mouvements lui faisaient penser à de la danse.