Chapitre 2 : La guerre des Gangs…

Quand Julia se réveilla, elle ne put que soupirer : d'après le ciel encore légèrement étoilé, il ne devait pas être plus tard que cinq heure du matin…

Mais elle le savait : dés qu'elle ouvrait un œil, il lui était impossible de ressombrer dans un semblant de sommeille.

Mais comme le disait toujours sa mère « Seuls les lèves-tôt savent pleinement profiter de leur journée ».
Enfin, comme elle le disait toujours 'avant' !
Avant ce Noël remontant à plus d'un an et demi…
Avant que ces Aurors ne détruisent une partie de son existence…

Julia grogna, comme pour s'empêcher de repenser à ces histoires.

Après quelques minutes, elle décida de se lever et elle extirpa de quoi écrire de sa luxueuse male.

« Chère Grand-Mère,… » furent les seuls mots qu'elle réussit à écrire.

Que pouvait-elle lui dire ? Ça ne faisait même pas 24h qu'elle était là, elle n'avait absolument rien à lui raconter. Pourtant elle éprouvait soudainement le besoin de lui parler…
Pourquoi ?
Elle n'en savait rien ! Mais elle détestait ça ! Elle détestait le fait qu'ELLE, Julia Medows, l'Horrible sorcière, aie un tel besoin de communiquer avec quelqu'un…
Elle était faible !
S'Ils avaient su, Ils ne lui aurait jamais confié une telle mission…
Elle devait se montrer forte ! Et dans un geste de colère, elle déchira le parchemin et rangea ses affaires…

Quelques heures plus tard, elle était toujours assise sur le lit, habillée de sa tenue scolaire, son sac noir en bandoulière sur l'épaule, maquillée, sa longue chevelure noire coiffée,… prête.

Mais ce n'était pas encore le moment de sortir… Les cours commençants à 8h30, les élèves quitteraient la Grande Salle vers 8h15.
Son entrée se ferrait à 8h10 précise…
Le fait de savoir que la population entière de Poudlard l'attendait était une joie bouillonnante pour Julia. Elle se ferait donc désirer jusqu'au dernier moment…

8h00 arriva, et elle décida donc d'amener ses valises dans son dortoir avant son entrée.

Mais dés qu'elle ouvrit la porte/cadre de sa chambre, elle fut surprise de voir quelqu'un assis contre le mur d'en face. Même assis, on devinait tout de suite qu'il était de grande taille. Son visage était baissé et gardait donc ses yeux marrons sur le sol, n'offrant à la vue de la jeune fille que le dessus de sa tête aux cheveux d'un châtain très claire, si pas blond.

- J-Joris ? ne put-elle se retenir de bégayer.

Il releva sa tête, et ses yeux brillèrent immédiatement en la reconnaissant :
- Julia, sourit-il en se relevant.

Et ils restèrent là, à 2 mètres de distance l'un de l'autre, juste à se regarder. Ce silence en devenait gênant.

- Je savais que cette Revenante ne pourrait être que toi, dit-il enfin.
- Mais comment as-tu su que j'é-
- Je suis préfet de Serpentard, tu sais, la coupa-t-il. Et hier soir, une jeune fille est revenue après le couvre feu dans notre salle commune. Et quand je l'ai interrogée, elle m'a dit que c'était à cause de la Revenante installée derrière le cadre près des toilettes de Mimi-Geignarde…
- Je vois… dit-elle, gardant cette voix qu'elle voulait neutre depuis le début.

Mais elle ne pouvait nier son trouble : en face d'elle se tenait son meilleur ami d'enfance depuis qu'elle avait 7 ans. Mais depuis sa 2ème année, elle l'avait complètement délaissé, oublié, maltraité et abandonné, comme on traiterait un chien dont on ne veut plus.
Et le summum de l'horreur c'était que maintenant, elle le regrettait. Et le regret n'était pas une chose qu'elle avait eu à connaire, avant.

Un nouveau moment très gênant passa où tout deux ne faisaient que se regarder dans les yeux, ne sachant apparemment pas comment réagir. Mais le Serpentard repris contenance :

- Bon, j'avoue que j'ai fort pensé à toi et que j'ai fort espéré que tu reviendrais, dit il.

Il laissa passer un moment, attendant une réaction de la part de Julia, en vainc. Il ajouta donc :

- Et j'avoue aussi que j'imaginais 'nos retrouvailles' autrement…

Ce fut certainement le déclic pour Julia, puisqu'en une seconde, elle lâcha ses valises et franchis les quelques pas qui les séparaient pour fortement l'étreindre, le serrant dans ses bras.

Le jeune homme était apparemment très surpris de cette réaction. Et il lui fallut quelques secondes avant de lui aussi la serrer contre lui.

- Je suis si désolée, Jo'…

Joris sourit en entendant ces paroles. Il le savait : il venait de retrouver Julia Medows, sa meilleure amie depuis toujours.

Ils se lâchèrent, tout sourire. Et ils se mirent à rire, décompressant peu à peu.
Le Serpentard lui proposa son aide pour porter ses affaires jusqu'à sa salle commune.
Elle accepta. Puis, ils se mirent en route.

Julia écoutait gaiement ce que Joris lui racontait, mais elle réfléchissait aussi…
Elle ressentait cette chose étrange en elle… oui, elle ressentait quelque chose. Ce bien-être qui la rendait plus 'normale',… ça faisait si longtemps…
Elle changeait, et s'en rendait compte. Tant pis, elle n'aurait qu'à garder ça pour elle, ne montrer à personne, faire semblant. Mais pour le moment elle s'en fichait. Pour le moment, Joris et son beau sourire étaient ses priorités.
Et cette rentrée scolaire serait comme un nouveau départ où elle mélangerait son ancienne façon de vivre avec ses nouvelles résolutions et valeurs. Et si ça déplaisait à quelqu'un, elle n'en avait absolument rien à faire. Elle était Julia Medows, et elle avait tout les droits !

Ils accédèrent à sa salle commune, vide à une heure pareille, comme elle l'espérait.

Elle s'arrêta une seconde à contempler l'immense pièce bleue et bronze qui était donc l'antre des érudits.
Elle huma l'air si reconnaissable de cette salle, mélange de vieux livres et de parchemins.
Elle avait toujours trouvé la pièce magnifique.

Ils déposèrent ses affaires dans son dortoir et ressortir dans les couloirs, direction Grande Salle.

- … Alors, dit Joris, très à l'aise à présent. J'ai une grande question, Jill : Pourquoi donc es-tu partie ?

Julia continua de sourire, mais la petite flamme faisant briller ses yeux s'était éteinte.

- L'école me manquait, tout simplement…
- Tout simplement ?
- Tout simplement ! répéta-t-elle. Je voulais voir comment Kirsten et Sharon se débrouillaient sans moi.

Joris grogna à l'évocation des deux sorcières. Julia s'était liée d'amitié avec ces deux filles, et à elles trois, elles avaient exercé un certain pouvoir dans l'école… mais c'était aussi depuis qu'elles étaient ensemble que Julia avait décidé que Joris n'était plus assez intéressant pour elle…
Ils arrivèrent à l'angle de 2 couloirs quand Joris soupira longuement :

- Dis-moi, Jill, tu n'as pas l'intention de redevenir comme avant, n'est-ce pas ? lui demanda-t-il.
- Excuse-moi ?!

Julia s'arrêta de marcher, abasourdie. Elle savait que Joris n'était pas du genre à cacher ses pensées, mais là,…

- As-tu l'intention de redevenir cette hypocrite et snobinarde de Medows ? J'ai l'impression que ta réponse est oui…
- Je…

Elle était prise au dépourvu, coincée…

- Mais de quel droit me demandes-tu ça ? arriva-t-elle enfin à dire. Est-ce que c'est parce que je parlais de Kirsten en Sharon ?Tu…Tu… !
- Ne me parle plus de ces mégères. Et tu n'as pas à t'emporter pour ça, Julia… Je veux juste être sur que-
- Etre sur que je ne redevienne pas une ordure ? Etre certain que je ne sois plus la reine des Pestes ?…

Julia sentit la colère monter en elle.

Joris…

Quel manque de tact,… quel mauvais sens de la subtilité,… quelle indiscrétion… !
Elle qui pensait il y a quelques minutes à peine qu'elle arriverait à rester telle qu'elle était tout en introduisant Joris dans sa vie,… Mais lui n'était pas prêt à partager son amie avec son ancienne façon de vivre.

- …Et bien désolée, continua-t-elle. Je pense que je ne saurais pas changer comme ça.
- Tu as bien changé du tout au tout une fois, Julia. Tu peux le refaire dans le sens inverse.
- Tu n'as pas le droit de me juger, Joris !

Les yeux de la jeune fille n'étaient plus que des fentes, son nez s'était relevé avec défi. Une brèche venait de se recréer entre les deux sorciers.

- Je…
- Ecoute, le coupa-t-elle. Il est 8h11, je dois y aller maintenant. Désolée que nos retrouvailles ne se soient pas déroulées comme tu l'espérais mais c'est le meilleur que tu obtiendras du monstre que je suis à tes yeux, apparemment.
- Je n'ai jamais dis que tu étais un…
- Chut ! l'interrompit-elle, une main levée. Je n'ai pas le choix, tu comprends ça ? Alors ne t'attaches pas trop à moi, tu seras vraisemblablement déçu…

Et sans un regard en arrière, elle bifurqua vers la gauche, le plantant derrière elle.

- On a toujours le choix, Medows ! lui dit-il dans son dos.

Elle frissonna de tristesse en entendant Joris l'appeler par son nom de famille, mais elle l'ignora.
Elle savait que ces 10 dernières petites minutes de bonheur étaient finies… Jamais elle ne retrouverais ça avec Joris.
Fini, cette idée de nouer son ancienne vie avec ses nouvelles idées.
Elle était apparemment une peste, et les pestes n'ont pas le pouvoir de changer ce qu'elles veulent devenir.
Tant pis ! C'est la vie… c'est SA vie ! Elle assumerait…

…………………………

- Très chers élèves,…

En entendant la voix de Dumbledore, Julia releva les yeux. Et, même si elle n'en montra rien, elle fut très surprise de se retrouver dans la Grande Salle où elle venait d'entrer.
Elle était arrivée là sans même s'en rendre compte, absorbée par ses songes.

- … Voici donc celle qui a décidé de continuer sa scolarité parmis nous. Veuillez réacceuillir, Julia Medows !

Une salve d'applaudissement suivit le bref discourt d'introduction fait par le directeur.
Et tout les sentiments perturbant son esprit s'effacèrent de sa mémoire sur le champ.
Le nez en l'air, l'air supérieur, elle venait de regagner son domaine : Poudlard.
Du regard, elle fit un tour de la salle.

Elle vit certain crier victoire (certainement ceux ayant parié sur son retour), d'autre l'air déçu (les perdants, supposa-t-elle, souriant à l'idée que c'était bien fait pour ces idiots : ils n'avaient qu'à voter pour elle...)

- Ceux du coter de Julia Medows seront toujours des gagnants ! murmura-t-elle entre ses dents.

Elle fut heureuse de voir des personnes enchantées par son retour, personnes telles que ses « jeunes fans » comme elle aimait les appeler ; et elle fut encore plus ravie de voir des personnes l'air très contrariées de son retour. Elle aimait ce regard courroucé qu'on lui portait, elle se sentait d'autant plus dangereuse pour eux.

Mais elle croisa alors les yeux de Lupin et un sourire se dessina sur les lèvres de Julia, formant un sourire moqueur. Il applaudissait lentement et avec un air de défi, comme s'il lui disait que la partie n'était pas finie, que bientôt, elle tomberait de haut.

Elle décida de l'ignorer d'autant plus que, venant respectivement de la table des Serpentards et des Poufsouffles, Kirsten Helvet et Sharon Sansbury accouraient vers elle, l'enlaçant de bonheur. S'en suivit ses « jeunes fans », devenues plus grande maintenant.
Elle était le centre du monde durant ce moment, et elle n'en fut que plus satisfaite.

McGonagall, un peu dérangée par la soudaine perte de contrôle de la Grand Salle, demanda impatiemment à tout le monde de se rassoire, ce qu'ils firent avec difficultés.

Saluer tout le monde lui prit cinq bonnes minutes. Ensuite, l'air très embêtés, ceux-ci s'excusèrent puisqu'ils avaient un cours.

Sharon, Kirsten et Julia restèrent ensemble quelques secondes de plus.

Kirsten Helvet, était une sorcière Norvégienne plutôt manipulatrice, vicieuse, et aussi froide que son pays d'origine, préférant ne pas parler plutôt que d'avoir à tenir une conversation inintéressante. Elle ne débordait jamais d'affection et le fait qu'elle aie pris Julia dans ses bras était plutôt étrange de sa part.

Ce, contrairement à Sharon, qui était une vraie boulle d'humeur, extériorisant très fort ses sentiments et s'exprimant souvent avec les mains. Très impulsive, elle était surtout très irrespectueuse envers les personnes qu'elle ne voyait pas à sa hauteur.

- Je t'aurais à peine reconnue avec tes cheveux noirs, avoua Sharon.

Julia était aux anges. Elle avait peur que ses deux amies lui en veuillent d'être partie sans les prévenir mais il semblait que les filles n'en tenaient absolument pas compte.
…C'était étrange de leur part, d'ailleur… Trop étrange…

Julia reçut son horaire par Lane, la préfète de sa Maison, qui lui souhaita un très bon retour avant de partir rejoindre ses propres amies.

- Regarde, Julia ! Tu as une heure de fourche ! s'exclama alors Sharon.
- Mais les Poufsouffles, eux, ont un cours commençant dans 10 minutes, rappela Kirsten à Sharon.

Julia fronça les sourcils, sentant une certaine tension entre elles deux.

- Merci, Helvet, cracha presque Sharon, ce qui surpris Julia. Je ne sais pas ce que mes yeux auraient fait sans toi. Lire la feuille, peut-être ?

Elle se tourna ensuite vers la Revenante et lui offrit un grand sourire.

- On se voit à midi alors ? On a tellement de choses à rattraper toutes les deux !

Sharon la salua gaiement, ignora complètement Kirsten, et elle parti vers la sortie, une longue tresse brune dans son dos se balançant à chacun de ses pas.

- Viens, on va prendre l'air, lui dit Kirsten. Moi aussi j'ai une heure de libre…

Elle sortirent dans le parc, sentant dans leur dos les yeux des quelques personnes restées dans la Grande Salle… et elles n'allaient pas s'en plaindre.

Assises au bord du lac, par ce chaud premier jeudi de septembre, les deux vieilles amies se mirent à discuter…

- Alors, dis-moi, Julia, pourquoi es-tu partie si longtemps ?

Julia n'avait aucune envie de raconter ça. De plus, sa grand-mère et les Mangemorts le lui avaient interdits.

- D'abord, explique-moi ce qu'il se passe entre Sharon et toi ! reprit-elle, changeant le sujet de conversation

Kirsten sourit tristement.

- Disons que nous avons eu certains différents…

Julia lui demanda de préciser. Kirsten soupira et détourna ses petits yeux bleus de ceux de son amie, passant une main un peu nerveuse dans ses longs cheveux d'un blond platine.

- Et bien, tout à commencé dés la rentrée scolaire après les vacances de Noël, en 4ème année. Tu n'es pas revenue et ça a formé un certain… déséquilibre. Surtout pour le C.I.A.

La Serdaigle fronça les sourcils… pas seulement du fait qu'elle n'appréciait pas tellement le fait que Kirsten aie l'air de mettre l'absence de Julia comme étant la cause principale de leur éloignement. Mais Julia se sentit soudainement flattée : elle était donc le pilier de ses deux amies ?!

Sharon, Kirsten et Julia avaient fondé un des clubs scolaires les plus respectés de l'école (encore plus reconnu que le club des joueurs de Bavboulle ou d'échecs-sorcier et presque aussi actif que le club des fans de Quidditch) : le Club Initiateur des Aînées, ou C.I.A.

Un club qui recrutait des jeunes filles ayant des difficultés en cours ou des problèmes d'adaptation en générale.
Les Aînées les aidaient à rattraper leur temps perdu, leurs retards en cours et les supportaient pour s'intégrer à la vie sociale de Poudlard.

Le club avait vite eu un grand succès et cette soudaine prise de pouvoir exercée sur quelques filles de l'école avait rendu les trois fondatrices du CIA de plus en plus prétentieuses, hautaines, impertinentes et insupportables.

De vraies pestes.

Et elles s'assumaient absolument comme tel.

- Continues,… l'encouragea Julia.
- Alors ça a été difficile de s'occuper du CIA pour nous puisque nous étions souvent en désaccord. Et puis ça a empiré… on ne se supporte plus.

Julia sentait bien que Kirsten ne lui disait pas tout, mais elle savait aussi que si la Serpentard avait décider de garder quelque chose secret, ça resterait secret. Elle songea qu'elle aurait plus de chances d'en apprendre d'avantage avec Sharon. Il lui suffisait donc d'être patiente.

- Et comment se portent les filles du CIA ?
- Très bien… Il y'en a qui m'ont suivie dans mon nouveau club, d'autres ont suivi Sharon. Puis « tes jeunes fans » ont décidé de ne pas se rallier à nous, ajouta-t-elle avec un sourire amère.
- Donc, le CIA est officiellement terminé ? demanda Julia avec un pincement au cœur qu'elle ne montra pas.
- …Oui ! Certaines personnes ont essayé de recréer un club comme le nôtre mais aucun n'a réellement tenu le coup plus d'un mois. Les deux principaux et seuls clubs dans notre catégorie sont donc celui de Sharon et le mien.

Kirsten pris une grande inspiration et regarda Julia dans les yeux. Cette dernière comprit directement par cela que la Serpentard allait aborder le sujet qu'elle voulait tenir avec elle depuis le début. Julia fronça ses sourcils, prudente.

- Je suis donc la fondatrice de mon club, et je serais ravie que tu viennes avec moi pour qu'on forme un duo plus puissant. Mon group est certes plus petit que celui de Sharon, il n'en est néanmoins pas moins respecté. Au contraire. On exerce un plus grand pouvoir sur Poudlard que son Club.

Julia était surprise. Voilà que Kirsten lui proposait de devenir une co-directrice.

- Je… ne sais pas encore. Enfin tu comprends, je…
- Prends ton temps, continua Kirsten. En attendant, prends ça,… lui répondit la Serpentard en défaisant un de ses magnifiques bracelets qu'elle attacha autour du poignet de Julia.
- Merci, répondit la Serdaigle, un peu gênée.
- Tous les membres du Club en ont un. Tu verras, il t'apportera que des avantages.

La jeune fille ne put que sourire. Se retrouver ainsi confrontée à un choix entre Kirsten et Sharon n'était pas dans ses plans, ni dans ses intérêts…

- Raconte moi ce qui a changé dans l'école, maintenant, reprit Julia pour rapidement changer de conversation.
- Oh rien de bien important, tu sais…
- Je suppose que ta relation avec Black aussi s'est terminée.

Kirsten sourit. Chose plutôt rare chez elle.

- Sirius m'a larguée le jour de Noël… avoua-t-elle. Un jour de plus et ça aurait fait un mois.

S'en suivit alors une discussion assez réjouissante où elles envisageaient chacune un moyen radical de torture envers Black…

Une petite heure plus tard, elle se dirigeait déjà vers son locale d'Histoire de la magie, son premier cours.
En arrivant dans le couloir, elle remarqua qu'une seule personne de sa classe était déjà assise devant la porte, à patienter.

Julia sourit en la reconnaissant… Adrianna Mangriez, jeune sorcière presque muette et d'origine brésilienne ou souffre-douleur préféré de Julia, auparavant.

- Bonjour, Mangriez.

Cette dernière leva alors ses yeux noirs vers son interlocutrice. Reconnaissant Julia, elle soupira longuement et replongea dans son livre.

Julia tira un des coins de sa bouche en un sourire narquois. Elle adorait enquiquiner la jeune fille quand elle s'ennuyait un peu. Rien ne vaut de la violence gratuite pour se sentir mieux. De plus, Adrianna Mangriez était une fille absolument inintéressante et presque invisible, c'était donc plus facile avec elle…

- Alors, toujours aphone, hein ?!

Mangriez ne répondit pas, confirmant les propos de Julia. Celle-ci l'observa un moment.

- Dis-moi, Mangriez, ne serais-tu pas devenue plus jolie depuis la dernière fois ? Nan nan, laisse moi deviner : tu as fais quelque chose à tes cheveux ?
- Si tu as l'intention de me les couper cette nuit, sache, Medows, que je sais me défendre… tu pourrais le regretter

Julia ne montra pas sa surprise. Pourtant, elle l'était ! Mangriez parlait ! Et elle avait un petit accent hispanique que la sorcière ne lui aurait pas deviné.

Mais pour ne pas montrer son trouble, Julia porta théâtralement ses mains sur sa bouche.

- Elle parle! Dit-elle avant de continuer avec des gestes exagérés : Oh! parle encore, ange resplendissant! Car tu rayonnes dans cette nuit, au-dessus de ma tête, comme le messager ailé du ciel, quand, aux yeux bouleversés des mortels qui se…
- Tu as l'intention de me déstabiliser en me récitant du Shakespeare ? lui demanda Mangriez.
- Non, ça m'a juste pris comme ça !
- Et depuis quand connais-tu la littérature moldue,… toi, supposée allergique à tout ce qui touche les « sang-de-bourbe » dans mon genre ?

Julia sourit, mais elle reçu cette phrase comme un coup de poing dans le ventre… quelle idiote !

- Et toi, depuis quand as-tu découvert comment utiliser ta langue ?
- Je crois que ton départ de l'école a été une des meilleurs choses survenues dans ma vie. Un vrai déclic libérateur.
- Et me revoir maintenant, ça te fait quoi ?
- Je te l'ai dis, je sais me défendre à présent, je n'ai plus peur de toi.
- Il faudra changer ça, sourit Julia, accompagnant ses paroles d'un clin d'œil.

À ce moment là, des voix vinrent du bout du couloir… le reste de sa classe s'approchait. Julia oublia Mangriez la seconde même…

Arrivés à sa hauteur, ils eurent l'air un peu… gêné ?
Julia adorait ça !

- Salut, Julia ! dit alors une voix enjouée qui surprit la concernée.

Elle fronça les sourcils. Qui osait lui parler comme ça ?

Apparut alors Criche Histas, une fille à qui elle adressait à peine la parole auparavant.

- …Salut… répondit-elle, un sourcil levé.
- Je suis contente que tu sois revenue, sourit-elle.
- … euh… d'accord.

À ce moment là, la porte du local s'ouvrit pour laisser sortir une trombe de 3ème année l'air de s'être éveillé il y a à peine 3 minutes.

- Alors, Jill, prête pour un cours soporifique ?

Elle dévisagea Histas. Depuis quand était-elle devenue « Jill » et plus « Medows » ? Elle eu envie de lui demander à quoi rimait cette soudaine camaraderie mais se retint.

Ils rentrèrent dans le local où les accueillit le fantomatique professeur Binns d'une voix monocorde.

À peine installée, Julia sentit la présence d'Histas à ses côtés.

- Dommage que ce soit un cours obligatoire, je me serais bien passée des cours d'histoire… Pas toi, Jill ?
- Moi aussi, « Criche ».

Cette dernière ne ressentit pas la connotation cynique derrière ces quelques mots…

La 1ère heure d'histoire passa assez rapidement, une heure durant laquelle Julia put cerner Histas plus facilement. C'était une fille assez influençable et sans réelle personnalité. Elle pourrait se servir d'elle comme elle le voudrait enfait. Une vraie petite marionnette… Et malgré son âge, Julia adorait jouer à la poupée

Mais ce fut durant la deuxième heure du cours d'histoire qu'elle comprit à quoi rimaient ses élans d'amitié précoce.
Criche, depuis l'année passée, s'était fortement rapprochée de Sharon.
Julia était une fille lucide. Elle comprit assez facilement que cette chère Sharon avait envoyé la docile petite Cruche (hum... 'Criche') pour essayer, de son côté, de la faire intégrer son propre group.

Suppositions confirmées quand, durant la récréation de midi, Sharon était venue à la table de Julia pour l'inviter à pique-niquer au bord du lac.

Après que Sharon l'aie un peu brusquée pour connaître la raison pour laquelle Julia était partie, cette dernière réussit subtilement à changer le sujet de la conversation sur la nouvelle vie de la Poufsouffle.

- Oh, et bien rien de bien extraordinaire… A part mon nouveau Club ! Kirsten a certainement du te parler du CIA !
- Effectivement…
- Quelle manque de volonté, souffla-t-elle avec colère. Tout ça est à cause d'elle…

Julia n'osa rien dire. Elle n'avait pas assez d'information pour prendre le parti de l'une ou de l'autre.

- Tiens, je vais te présenter des amis à moi !

Parce que, par le plus grand des hasards biensure, Criche et quelques-uns des membres du Club fondé par Sharon passaient par là. Il est vrai qu'en plus, toujours par une pure coïncidence, il y avait beaucoup trop de nourriture juste pour elles deux… Julia n'aimait pas qu'on la prenne pour une idiote, mais elle ne dit rien…

Sharon les appela et ils vinrent donc s'assoire à côté d'eux.

- Jill, je te présente Criche, Pat, Ben, Tod, Liz, Dan, Kat,…

Julia se contenta de sourire sans écouter les autres noms, supposant que ce serait certainement quelque chose comme Jim, Lou, Am, Stram, Gram, Picky, Pick, Ed, Colly, ou Gram…
Dans trois générations, elle prédisait des prénoms d'une lettre !
Mais pour le moment, elle ne faisait que regarder ces p'tits jeunots entre 13 et 16 ans qui lui offraient des sourires aussi faux que débiles.

- Ils font tous partie de mon club… Mais il est difficile pour moi de m'occuper d'eux seule…

Julia voyait déjà où Sharon voulait en venir et ne put que prendre une longue inspiration et gardé son air neutre mais un peu blasé.

- Je leur ai beaucoup parlé de toi et ils m'ont demandé si tu voulais venir rejoindre notre group.
- Je…
- Mais pas comme simple membre, la coupa Sharon. Tu serais mon second.
- …Merci ! Mais tu me laisses y réfléchir un peu ?
- Oui biensure ! sourit-elle

Puis la discution dériva sur un autre sujet de conversation.

Quelques minutes plus tard, Sharon se mit derrière son amie et s'appliqua à faire de ses cheveux une longue tresse lui arrivant jusqu'aux reins.

- Ça symbolise notre group, lui expliqua Sharon et Julia remarqua qu'effectivement, toutes les filles présentes avaient une tresse.
- Ça te vas à merveille ! la complimenta Histas.
Jill eu une soudaine envie de dire à cette chère Criche de se mettre ses compliments hypocrites dans un endroit pas très convenable.
- Merci, 'Criche'… surjoua Julia.
- Garde là jusqu'à ce que tu me donne ta réponse, lui souffla Sharon avant de retourner s'assoire en face d'elle. Et maintenant, Jill, dis-moi : Qu'est ce qui s'est passé pour que tu partes comme ça de l'école ?

Julia sourit, ne montrant pas son agacement. Tout ceux à qui elle avait adressé la parole aujourd'hui lui avaient posé la question tabou…

- On en parlera quand on sera en privé, sourit Julia, l'air adorable.

Elle bailla bruyamment et s'excusa, prétextant ne pas avoir réussit à rattraper quelques heures de sommeille.

Julia fut ravie d'entendre Sharon l'inviter à vite faire une petite sieste avant de reprendre les cours. Sharon était si prévisible…
Elle accepta directement et prit congé du group de personnes à ses cotés avant de foncer vers sa salle commune.

Là bas, il y avait trop de monde à travailler leurs devoirs, en bons Serdaigles.
Et directement, le préfet en chef se rua sur elle pour lui resouhaiter la bienvenue.

- …Et dis-nous, quelle est donc cette raison qui nous vaut ton retour parmis nous ?

Aussitôt, toutes les têtes se tournèrent vers elle, curieuses…

Julia en avait plus qu'assez, malgré le fait qu'elle savait depuis le départ qu'elle devait s'y attendre. C'était une question logique, mais quand même…

- Le prochain imbécile qui ose me poser cette question ne vivra pas assez longtemps pour le regretter ! C'est compris ?

Apparemment, et comme elle l'escomptait, son regard perçant et sa voix venimeuse avaient été assez clair. Personne ne lui adressa plus un seul mot.

Satisfaite, elle se détourna et alla d'un pas royal vers son dortoir.
Arrivée, elle accourut vers son lit et s'écroula dedans.

- Quelle journée… souffla-t-elle. Si j'avais su que Poudlard avait autant changé en si peu de temps…
- Ne dit pas « alors je ne serais pas revenue » sinon tu me donnerais de faux espoirs !

Julia sursaute et se leva d'un bond.

Assise sur son lit, une pile de livres et parchemins éparpillés autour d'elle, Mangriez réécrivait ses notes au propre sans jeter un regard vers elle. Julia ne l'avait pas vue en entrant.

- Que fais-tu ici ? lui demanda Julia, agressive.
- Tu sais très bien ce que je fais, lui répondit-elle.
- Mais pourquoi ici ? lui reprocha Julia, mal-à-l'aise de s'être livrée comme ça en croyant être seule. Y'a une salle commune et une bibliothèque pour ça !
- Je fais tout mes travaux ici depuis 5 ans… Depuis le jour où je t'ai rencontré enfait, rit-elle, dans ses souvenirs. Je préférais être seule ici sans risquer que tu viennes me ruiner mes devoirs.

Aussitôt, elle se leva et remballa ses affaires.

- Maintenant que tu sais ça, je vais devoir me trouver une nouvelle cachette…

Julia ne répondit pas. Mais elle fut contente d'enfin apprendre où se terrait son souffre-douleur préféré durant les récréations ces dernières années…

- Alors je vais te laisser te morfondre en paix sur ton sort ou sur ton mystérieux retour, soupira la jeune fille à la peau mate.
- Qui te dit que je me morfonds sur mon sort ? demanda sèchement la Revenante. Et encore moins sur mon retour !
- A propos de ton retour, Medows, je me posais une question…

Julia fronça ses sourcils. Ca y'est : c'était la fois de trop ! Elle ne voulait plus entendre les gens se demander la raison de son départ ou de son retour ! Elle serra sa baguette dans la poche.

- Tu es venue comment ? Par le Poudlard Express, le Magicobus ou Poudre de Cheminette ? Ca m'intrigue…

Julia ouvrit bêtement la bouche.

- C'est tout ?
- …Y'a un problème, Medows ?
- Non… répondit-elle, un peu perturbée.
- Alors ? insista Mangriez
- Alors quoi ? demanda-t-elle déboussolée.

La sorcière soupira et mis son sac sur son dos :
- Non, rien ! Laisse tomber ! dit-elle en s'apprêtant à sortir du dortoir.
- Mangriez ! Attends !

La jeune fille se retourna, l'air suspect. Julia savait que son interlocutrice tenait fermement sa baguette dans sa main, prête à toute attaque…
Mais elle ne voulait pas la provoquer (pas encore du moins).

- Tu… tu ne veux même pas savoir pourquoi je suis partie et revenue presque deux ans plus tard ?

Mangriez la regarda fixement dans les yeux, jugeant la question dans sa tête.
Le silence régnant dans la pièce commença à agacer Julia mais Mangriez parla avant que Julia ne décide de la torturer pour la réponse.

- Très franchement, ça m'intéresse autant que de connaître le nombre de boutons d'acnés ayant pullulé sur ton visage.

Julia fronça les sourcils. Elle n'avait pas d'acné ! Elle payait des fortunes pour des produits de beauté garantissant que ce genre de phénomène n'apparaisse jamais !

- Eh ! J'en ai eu aucun, de boutons d'acné !
- Je viens de te dire que je m'en contrefichais !
-
- On se revoit en cours ! lui lança Mangriez avant de sortir de la pièce.

Julia grogna. Mais elle avait beau être contrariée pour cette histoire de boutons, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir soulagée qu'au moins une personne dans cette école se fichait éperdument de sa soudaine disparition et réapparition des radars Poudlariens…

Au moins, elle n'avait pas à s'inquiéter de sa mission pour le moment,…

Julia regarda successivement la longue tresse déposée sur son épaule et le bracelet qui décorait son poignet.
- Heureusement que ma mission n'est pas encore à l'ordre du jour, soupira-t-elle entre ses dents, déjà lasse de la tournure que prenaient les choses.

Ca ne marcherait plus avec Joris et elle devait choisir entre Sharon et Kirsten. De plus, son souffre-douleur préféré se rebellait, le CIA était mort et elle se trimbalait avec une coiffure qu'elle détestait déjà et un affreux bijou qui n'allait pas du tout avec les couleurs de son uniforme.

Ce qui la mit le plus en rogne, c'était qu'elle devait avouer que Lupin avait raison : les choses avaient changé sans elle…

Mais c'était donc à elle de tourner tout ça à son avantage, et foi de Medows, ce serait le cas !