Saluuut! ça fait un baille, hein?
J'espère que vous n'aviez pas oublié que la fic était toujours en circulation! Et si c'est le cas, bin y'a pas de quoi vous en vouloir, ... j'ai peut-être un peu abusé de votre patience...
Bref, reprenons:
IL SERAIT JUDICIEUX DE SE SOUVENIR QUE DANS LES CHAPITRES PRECEDENTS...:
1) Notre héroïne s'appelle Julia Medows, Serdaigle 6ème année. Elle est partie de l'école il y a à peu près deux ans on-ne-sait-pourquoi et vient de revenir.
2) Le 1er vendredi de la rentrée, il y a une fête organisée par le Radoteur, journal anonyme de l'école. Julia s'est faite ridiculisée en publique ce jour là après avoir reçu un sort de Veracrasse conçu par Remus et sa bande. Elle a aussi rejeté les invitations à entrer dans les groupes de ses ex deux amies Kirsten (Serpentarde) et Sharon Sansburry (préfète de Poufsouffle)
3) Joris Colias fut son meilleur ami d'enfance. Il est préfèt de Serpentard et est intervenu en sa faveur le vendredi de la Fête de la rentrée.
4) Adrianna Mangriez est l'ancien souffre douleur de Julia. Cette "brésilienne" dans la classe de Julia ne parlait jamais... depuis peu, elle a retrouvé sa langue et n'a plus peur de défier son ancien tortionnaire...
5) Julia est revenue pour une raison mystérieuse avec une mission... mais on en sait toujours pas pourquoi elle est partie sans s'expliquer...
Début de réponse au point 5) dans ce chapitre ;)
BONNE LECTURE!
Retenez bien le titre du chapitre, car tout tourne autour des secrets de cette vielle classe...
Chapitre 5 : Les secrets de la Vieille classe de la Sorcière-au troisième œil.
L'eau brûlante faisait rougir la peau si pâle de la sorcière. Mais elle s'en fichait.
Les picotements que provoquait la douche sur son corps étaient comme une sorte de punition.
- Tu n'es qu'une sombre idiote, Julia ! se dit-elle à haute voix.
Ses cheveux, devenus plus courts, pendaient tristement devant son visage baissé.
Julia était assise dans la cabine de douche à côté de son dortoir, les bras entourant ses genoux où reposait mollement sa tête.
Elle tenait dans sa main crispée une feuille de parchemin dont l'encre mouillée coulait lentement. La lettre serait bientôt illisible… et c'était mieux ainsi !
Elle ne voulait plus jamais avoir aussi peur d'un bout de papier…
La lettre venait de son Oncle. Il était furieux du spectacle qu'elle avait offert vendredi soir, et le lui disait clairement dans une longue et fructueuse lettre.
Mais comment était-il au courant ? Elle croyait être la seule à être en contact avec lui dans l'école !
Il la surveillait de plus près qu'elle ne le pensait et maintenant, il la menaçait de révéler aux Mangemorts son petit secret et aux Aurors l'emplacement où se cachait sa famille.
Il lui laissait une dernière chance : elle devait trouver une idée pour reprendre de la valeur auprès des élèves. C'était primordial…
« S'ils ne reprennent pas confiance en toi d'ici peu, je serai obliger de faire tu-sais-quoi ! » avait-il écrit en dures lettres en ajoutant avec des lettres rouges : « ALORS TU AS TOUT INTERET À TE RENDRE À NOUVEAU PRESENTABLE ET REGAGNER UN SEMBLANT DE DIGNITE, SINON…! »
Elle n'aurait jamais dû descendre manger ce matin.
C'était dimanche et depuis sa mésaventure particulièrement « baveuse » et « gluante » de vendredi, elle n'était pas réapparue aux yeux des élèves, ne bougeant plus du lit dans la pièce où elle avait passé sa première nuit à Poudlard… (Celui près duquel se trouvait un placard où elle avait enfermé une Serpentard mal avisée.)
Mais son ventre avait réclamé de quoi se nourrir après une journée entière de jeûne. Elle était donc descendue… Ensuite, elle avait vu le Hibou borgne arriver… Et après avoir lu son courrier, elle était venue pleurer toutes les larmes de son corps sous cette douche purificatrice.
Elle en avait marre ! Mais dans quoi s'était-elle encore fourrée ?
Soudain, une rafale de coups fit trembler la porte de la salle de bain.
- Medows ! Tu vas sortir de là ? grogna la voix aux accents hispaniques de Mangriez.
La voix de la jeune sud-américaine avait beau être un peu étouffée par le bruit de la douche, elle n'en restait pas moins audible… très audible !
Julia ne daigna même pas répondre…
Mais Mangriez insistait férocement et son accent commençait à sérieusement lui taper sur le système.
- Vas te trouver une autre douche ! cria finalement Julia.
- Tu ne penses pas te l'être accaparée assez longtemps ?
- Non, je ne pense pas !
- Tu es d'un égoïsme, Medows ! s'énerva-t-elle. Tout ne tourne pas autour de ton nombril ! Et t'as pas envie qu'il se noie, justement, ton fichu nombril… alors SORS DE LA !
Julia ne répondit pas… Peut-être que si elle se concentrait sur autre chose, la voix de cette idiote s'en irait !
- S-O-R-S !
Mais ça ne fonctionna pas.
Finalement, excédée par cette hystérique, elle sortit de la cabine de douche, s'enroula dans une serviette, agrippa sa baguette et ouvrit la porte à la volée, baguette pointée entre les deux yeux de l'autre sorcière.
Celle-ci avait du prévoir le coup parce que sa propre baguette menaçait de créer une troisième narine sur le petit nez de Julia.
Julia se rendit alors compte du « pourquoi Mangriez désespérait tant pour avoir une douche » : Sa peau halée luisait sous une visqueuse couche de…boue bleue translucide? Mais un petit détail la frappa aussi : les yeux de Mangriez étaient blancs. Il n'y avait qu'un fin cercle noir délimitant son iris et un point noir servant de pupille. Mais aucune couleur, que du blanc…
Julia leva un sourcil.
- Oh… Je vois, ne put-elle s'empêcher de ricaner.
Mangriez n'avait pas l'air d'humeur à plaisanter. Elle fronça les sourcils et serra ses petits doigts plus férocement sur sa baguette.
Soudainement, Mangriez ouvrit à peine la bouche, laissa passer un murmure inaudible, et sembla satisfaite quand elle vit Julia être poussée en avant et propulsée sur le lit de Criche Histas.
Julia n'avait même pas eu le temps de penser à réagir !
Elle se releva difficilement en essayant de garder sa serviette attachée autour de son corps.
Et quand elle se retourna, elle trouva la porte de la salle de bain fermée à clef, Mangriez recevant les bénéfices d'une bonne douche.
Outrée, Julia se précipita sur la porte qu'elle tambourina, en vain…
Comment cette pimbêche avait-elle osé lui lancer un sort comme ça ? Et un sortilège informulé, en plus ! Elle ne lui avait même pas laissé une chance de se défendre !
Fatiguée, elle se laissa glisser contre la porte et jeta sa courte chevelure trempée dans son dos.
Mais quelle horreur ! Pourquoi le sort s'acharnait ainsi à la mettre en rogne à tout prix ?
Elle se leva enfin, furieuse, et attrapa de quoi se changer. Elle se contenta des affaires chiffonnées de la veille...qui avait été portées l'avant-veille, d'ailleurs.
Aidée de sa baguette, elle passa un rapide coup d'air-chaud sur sa chevelure avant d'attraper un livre et se cacher derrière les rideaux de son baldaquin.
Quelques dizaines de minutes plus tard, elle entendit la sorcière brésilienne sortir de la pièce d'où elle venait d'être expulsée. Julia se retint de grogner et tenta de faire en sorte d'oublier que cette petite idiote était à quelques mètres de portée de tire.
Et puis, plus un bruit…
Est-ce que Mangriez était finalement partie ? Pourtant, Julia n'avait pas entendu la porte de dortoir s'ouvrir ?
Elle ouvrit une petite fente dans son baldaquin et sortit discrètement sa tête.
Mais assise sur le lit d'en face, Mangriez la fixait dans les yeux, sans ciller.
Julia sursauta.
- Bon sang ! Mais à quoi tu joues ?
Mangriez ne répondit pas.
Mais les yeux de Julia s'écarquillèrent d'horreur quand Mangriez lui montra le parchemin mouillé que Julia avait passé de longues minutes à chiffonner. Comment avait-elle pu oublier la lettre de son oncle dans la douche ?
Tenant plus du réflexe que du bon sens, Julia bondit hors de son lit telle une panthère en danger pour atterrir sur Mangriez qui eut juste le temps de fermer les yeux avant que la main de Julia ne lui attrape le visage d'une main et lui arrache le morceau de papier trempé de l'autre.
Entraînées dans cet élan, les deux Serdaigles basculèrent et tombèrent de l'autre côté du lit en lançant un cri simultané, avant de finir toutes deux par terre, jambes en l'air, dans une position des plus inconfortables.
- MEDOWS ! gronda-t-elle. ¡Merlin¡Este idiota está completamente loca! grogna-t-elle entre ses dents en se relevant tant bien que mal.
- Sta-sta completa louca toi même ! répondit Julia qui, bien que n'ayant pas compris les derniers termes de Mangriez, avait compris par le ton qu'elle avait employé qu'elle ne lui chantait pas la sérénade.
Julia se releva d'un bond et sortit sa baguette.
- Est-ce que tu as lu ce qui était écrit dessus ? demanda-t-elle d'un air féroce en parlant du parchemin.
- L'eau a effacé l'encre presque partout…
Julia eut des difficultés à cacher son soulagement.
- … mais pas assez pour que je ne puisse plus la lire ici et là.
Le cerveau de Julia se décrocha de son crane et atterrit comme une enclume au fond de son estomac, lui coupant la respiration.
- T-tu mens !
- J'y apprends donc que ton oncle est furieux que tu aies perdu la face devant tout ce monde,…
- Tais-toi…
- … que tu as un petit frère qui ne sera apparemment pas très content quand ton oncle lui passera une visite,…
- Tais-toi, je te dis !
- … qu'en fait, ta grand mère viendrait de perdre toute sa fortune et qu'il en attend beaucoup de toi,… que tu as intérêt à tout remettre en ordre sinon tu le paieras. Qu'est ce qui se passe ? Tu vas te faire déshériter pour avoir publiquement revendiqué ta liberté ? Ton oncle se prend pour un dieu grec, on dirait. Tu es une vraie détraquée mentale mais à ce que je vois, c'est héréditaire dans ta famille !
Son sang battait sur ses tempes, l'empêchant de réfléchir comme elle le voulait. Mangriez mentait-elle ou était-ce vraiment les seules choses qu'elle avait pu lire… ?
- Ecoute Medows, j'ai un compromis à te proposer …
Julia plissa les yeux, suspendue aux lèvres de la jeune fille, prête à user d'un sort si le marché ne lui convenait pas.
- Je propose de ne dire à personne que ton oncle se prend pour un mégalo plein de pouvoirs, et que toi et ta grand-mère vous comptez votre richesse en Noises, si toi tu me jures que tu ne raconteras à personne ma…'situation' de tout à l'heure avant la douche.
Quoi ? C'était tout ?
- Et comment as-tu fait pour n'être vue de personne dans ta « situation de tout à l'heure » particulièrement bleue et huileuse ?
- J'ai attendu dans la Vieille classe de la Sorcière-au troisième œil. C'est une classe désaffectée, personne n'y va, elle est toujours vide. Et quand il n'y avait plus personne dans les couloirs, j'ai couru…
- Bon d'accord je ne dirais rien à personne… A la seule condition que tu m'expliques comment tu t'es retrouvée comme ça ?
- Tu n'es pas en mesure de m'imposer des conditions, Medows, cracha-t-elle.
- Apparemment, ton apparence dégoûtante de tout à l'heure avait l'air de te déranger au point que tu fasses un marché avec moi. Ca m'étonne, parce que je t'en ai fait plus baver que ça dans le bon vieux temps! Et, ton apparence, tu ne t'en soucies jamais plus que ça ! Alors si je décide d'ébruiter l'affaire,…
- J'ébruiterais tes histoires, lui répondit Mangriez, nullement blessée par ces méchantes allusions.
- Je te connais si bien, Mangriez, rit Julia, ce qui ne sembla pas ravir l'autre sorcière. Je pense que d'après ta réaction, c'est plus à toi que ça causerait du tord.
Mangriez prit du temps pour réfléchir, ce qui confirma que Julia avait raison. Mais ça attisa aussi sa curiosité.
Mangriez soupira lentement, yeux fermés. Julia sourit, croyant que la jeune fille allait lui révéler son secret. Mais cette dernière la regarda alors lourdement avant d'ajouter :
- S'il te plait, ne me demande pas te de le dire.
Julia ressentit ça comme un cuisant échec. C'était comme si une décharge lui avait traversé le corps. Les dents serrées, elle voulut grogner… mais le regard de Mangriez. Bon sang elle n'allait pas commencer à être clémente ?
- Mmmgrmh… Bon, je suppose qu'on a tous droit à nos petits secrets, grogna-t-elle finalement.
Elle se maudissait d'avoir dit ça !
Mangriez acquiesça.
- Gracias...
- Je suppose que je dois répondre « de rien » en brésilien.
Mangriez rit quelque chose entre ses dents, puis se tourna pour partir.
- Quoi ? s'offusqua Julia.
- Non rien, ta culture générale m'impressionne.
Julia décela un ton ironique qu'elle n'apprécia pas du tout.
- Oh. Je sais que la langue principale est le portugais, dans ton pays. Excuse-moi si je n'y ai pas apporté l'importance que tu lui destinais ! grogna-t-elle.
Mangriez sourit mais parla de quelque chose de totalement différent :
- Il y a ce Serpentard - Colias, je pense- qui semble t'attendre depuis des lustres en bas des escaliers de la tour de notre Maison.
Julia écarquilla les yeux. Joris ?
Mangriez ouvrit la porte pour descendre et ajouta :
- Ah ! Et ce n'était pas du portugais, mais de l'espagnol. Faut croire que je ne suis pas brésilienne. Tu sais, il existe beaucoup de pays sur ce continent-là, alors révise ta géographie ! On dirait que tu ne me connais pas aussi bien que tu le pensais, Medows…
Julia fronça des sourcils avant que la porte du dortoir ne se referme sur la jeune brésilienne qui ne l'était pas, apparemment…
Julia leva les épaules, ne se concentrant pas plus sur la jeune fille. Elle n'en valait pas la peine de toute manière.
Elle soupira longuement puis se décida à ranger très soigneusement le morceau de parchemin qu'elle sécha au préalable d'un coup de baguette, non sans un certain poids sur le cœur…
Ensuite, elle pensa à Joris. Il était peut-être temps qu'elle le remercie pour son intervention dans la petite dispute de la dernière fois…
Mais elle ne pouvait pas y aller comme ça.
Elle alla dans la salle de bain, s'inspecta la tête, et grimaça de dégoût.
Elle se sécha les cheveux en tenant sa baguette projetant de l'air chaud d'une main, et se brossa les dents grâce à l'autre.
Après coup, elle se démaquilla, enlevant la tonne de mascara noir maculant ses joues. Elle ne fit que cerner ses yeux d'un léger trait de crayon noir. Elle trouvait que ça faisait ressortir ses yeux, bien que ça ne servait à rien : on captait ses yeux vert-anis dessinés en amandes avant même de la voir, elle.
Pour ses lèvres, elle ne fit que les humecter, puisqu'elles étaient naturellement colorées.
A présent, sa tignasse noire. Ses cheveux étaient courts mais les ondulations étaient toujours marquées. Mais elle remarqua avec horreur que la coupe n'était absolument pas symétrique : Ils allaient sous l'omoplate d'un côté, et juste sous l'épaule de l'autre, jetant des épis noirs -indépendants du reste de la chevelure- d'un côté et de l'autre.
Elle se mit d'accord pour les attacher dans un chignon relevé.
Dernier check-up : le chignon, les yeux légèrement maquillés, les lèvres et joues roses, son nez petit, fin et droit et la ligne douce mais définie qui marquait le bel ovale de son visage, la rendant presque autoritaire, mais surtout très digne.
Parfait.
Elle expira une bonne fois pour se donner du courage puis décida de descendre rejoindre Joris.
En arrivant à la salle commune, bondée de Serdaigles studieux en ce dimanche nuageux, tout le monde se tut aussitôt qu'elle apparut.
Pendant une seconde, elle se demanda comment Mangriez avait réussi à passer devant tout ce monde sans se faire repérer.
Levant le nez avec une pointe de snobisme, Julia traversa la pièce sans un regard, l'air au-dessus de tous commentaires, quels qu'ils auraient été. Elle savait qu'ils ne s'étaient toujours pas remis de sa scène, vendredi dernier avant la Fête de la Rentrée. Tant pis. Elle était une Medows, autant ne pas couler son nom avec elle…
Elle croisa tout de même le regard de Lane, la préfète de sa classe. Elle y lut une certaine ironie.
En sortant hors de l'entre des érudits, elle expira tout l'air qu'elle avait comprimé dans ses poumons lors de son passage.
Qu'est ce que c'était désagréable de ressentir le mépris dans les yeux des autres… Elle n'y était pas habituée !
Elle descendit les dernières marches de la tour des Serdaigles pour terminer dans un couloir du château.
Un jeune homme blond s'appuyait nonchalamment le dos contre le mur de pierre, en bas. Ses yeux marrons pétillaient de malice, derrière les quelques mèches rebelles qui les cachaient. Et son petit sourire en coin en témoignait.
Joris.
Mais Julia ne cacha pas sa surprise en le voyant en compagnie d'une autre fille.
Julia avait déjà vu cette blonde aux multiples boucles blondes. C'était cette greluche qui suivait toujours cette Sang-de-bourbe d'Evans. Maggy Berts !
Ils discutaient assez librement, de ce que Julia pouvait en juger, sans aucune gêne ou hostilité apparente.
Elle ne leur laissa pas le loisir de continuer leur conversation en se faisant bruyamment remarquer en claquant bien les pieds à chacun de ses pas.
- Julia ! la salua-t-il.
- Bonjour Joris ! Oh,… et Berts.
Cette dernière grogna un espèce de « salut » vers la brunette avant de s'exclamer qu'elle en avait à présent marre de chercher Sirius, et qu'elle retournait à sa salle commune.
- A bientôt, Joris, sourit-elle.
- Désolée que Black t'aie laissé en plan. Mais c'est un Black…
- Sirius n'est pas comme les autres Black, soupira-t-elle d'un air faussement agacé. Mais c'est quand même un petit crétin…
Joris leva les épaules. Elle se tourna alors vers Julia et abandonna immédiatement son grand sourire.
- Medows…
- Berts…, répéta-t-elle.
Et la Gryffondor fit basculer sa chevelure en arrière avant de partir d'un pas décidé.
- Alors ? Tu t'entends bien avec Boucle d'or maintenant ?
- Je ne devrais pas ? lui demanda-t-il sur un ton de défi qui l'interdisait de répondre « oui ! ».
- C'est juste surprenant de voir un Serpentard et une Gryffondor se parler sans sortir leur baguette, se rattrapa Julia.
- Il faut croire que les serpents ont trouvé un autre moyen que les noms d'oiseaux pour communiquer avec les lions!
- Des lions ? Ils se prennent pour des fauves courageux, quand ce ne sont que des gros et vieux poltrons de matous.
- … Toujours rancunière vis à vis des Gryffondors et de leur petite blague, à ce que je vois.
- Désolée si je n'ai particulièrement apprécié la plaisanterie !
- C'est pourtant la meilleure chose qui te soit arrivée, Julia.
Elle lança un petit « hein » amer.
Elle voyait bien où Joris voulait en venir… Il avait certainement été très satisfait de voir se former un fossé entre elle et Kirsten et Sharon.
Mais Julia ne voulais pas en parler.
Elle avait toujours su que Joris avait une grande affection pour elle. Elle avait toujours su que, peut importe ce qui se passerait entre eux, Joris était si uniquement singulier qu'il ne voudrait jamais totalement l'abandonner.
Ils avaient un lien plus que fraternel. Julia avait essayé de le briser,… mais Joris était toujours là pour le réparer.
Si foncièrement différents, mais trop proches pour s'ignorer.
Il y a de ces gens auxquels on tient et sans qui on ne concevrait pas sa vie. C'était ça, entre eux.
Et Julia savait qu'elle n'en était pas digne…
- Julia il faut qu'on parle.
- Et si je te dis que je n'en ai pas envie ?
- Je ne suis pas de ces personnes qui patientent jusqu'à ce que l'autre daigne lui parler, Julia !
- Je ne suis pas de ces personnes qui se sentent obligées de partager leur vie, Joris !
Julia lui lança des éclairs. Les yeux marron du jeune homme, à moitié cachés par quelques mèches blondes, ne se dérobèrent pas.
Julia abandonna :
- Je ne vais pas tout te raconter, je te dirais seulement ce que j'estime avoir à te dire pour que nous soyons quittes.
- Etre quittes ?
- Tu es intervenu vendredi dernier en ma faveur, expliqua-t-elle… J'estime que tu as le droit de savoir. Et on sera quittes.
C'était sa façon de dire merci… Une façon comme une autre, en fait… peut-être juste un peu moins commune.
Joris sembla avoir un petit tremblement qui le fit légèrement crisper la mâchoire. Mais il n'ajouta aucun commentaire.
Elle hocha la tête, scellant l'accord informulé, et prit les devants vers une classe vide.
...
- Evanesco ! lança Sirius en direction d'une flaque d'huile visqueuse et bleuâtre sur le sol, qui disparut instantanément.
- On le tient ! s'exclama Remus en regardant les traces de pas partant de la tache d'huile jusqu'à l'autre bout du couloir.
Remus et Sirius se tenaient devant une horloge grand-mère au 4ème étage. Personne n'y faisait vraiment attention, puisqu'elle ne fonctionnait plus depuis des lustres. Mais ce que personne ne soupçonnait et que les maraudeurs avait découvert, c'est que si on mettait les deux aiguilles sur 10h49, la porte en verre de l'horloge s'ouvrait. L'horloge était en réalité une porte qui menait à une ailée cachée de Poudlard.
Ce secret, égoïstement gardé par les Maraudeurs, avait l'air d'être mis sérieusement en danger depuis peu : Remus avait remarqué que quelqu'un les suivait. Et leurs craintes furent fondées puisque leur dispositif de sécurité (sous forme d'une boue bleue luisante) avait été actionné et projeté sur le fouineur qui les suivait d'un peu trop près à leur goût.
- Il suffit juste de suivre les traces de pas, grommela Sirius, apparemment agacé de savoir que quelqu'un s'intéressait de trop près à leurs agissements.
- Elles nous mèneront à ce petit curieux…
Ils commencèrent à suivre les traces de pas bleues dans le couloir désert.
Quelques minutes plus tard, alors qu'ils jouaient encore aux détectives, une voix féminine cria un « SIRIUS » hystérique.
- Oups, grimaça le concerné en voyant arriver Maggy, les sourcils froncés de consternation.
- Et oui « oups » ! Tu sais combien de temps je t'ai attendu ? Tu avais promis de m'aider hier, déjà. Nous sommes dimanche, et je dois rendre ce fichu devoir à Slughorne demain ! Tu peux remercier Joris de m'avoir calmée ! Alors je me fiche éperdument de ce que tu es entrain de faire mais tu as intérêt à me suivre sur-le-champ jusqu'à la salle commune si tu tiens un temps sois peu à ta misérable vie de mulet tête-en-l'air qui n'arrive pas à tenir ses engagements.
La jeune fille pris enfin du temps pour respirer et jeta en arrière une boucle blonde qui lui tombait devant les yeux.
Et avant que Sirius aie pu s'expliquer, elle se remit en route, lançant un regard à Sirius qui lui interdisait de ne pas la suivre.
- Bon vieux, je pense que tu vas devoir terminer de pister le fouineur sans moi ! Raconte-nous ta découverte…
- D'accord. A plus tard !
- SIRIUS TU VIENS, OUI ?!
- A plus tard, Lunard… si je suis encore en vie, rajouta Sirius en jetant un coup d'œil à Maggy.
Et il courut vers elle, se confondant en excuses, lui racontant n'importe quoi pour qu'elle lui pardonne, en vain…
Remus ne put s'empêcher d'afficher un petit sourire en coin. Il secoua la tête puis repris sa piste de marques bleues.
Celles-ci le menèrent jusqu'à une vieille porte craquelée. Il ne lui fallut pas longtemps pour se rappeler que c'était en fait la Vieille classe de la Sorcière-au troisième œil. Une rumeur dans l'école disait qu'il y avait quelques dizaines d'années, une sorcière était venue prendre le poste de professeur de Défense contre les forces du mal, et qu'elle avait la particularité d'avoir un troisième œil sur le front. La rumeur expliquait qu'elle serait née d'une mère sorcière et d'un père cyclope. Cette classe aurait été la sienne.
Et dés son départ, le nouveau directeur aurait choisi une nouvelle classe pour le cours de DCFM.
Remus ouvrit la porte dans un grincement strident, curieux à la fois de voir ce que cachait la pièce, et aussi pour continuer de suivre sa piste.
La pièce était assez lumineuse. Mais elle regorgeait de vieux bancs, de tabourets écorchés, de quelques grands miroirs, de bureaux jonchés sur des tables cassées, de quelques balais, et même d'un vieux tableau posé sous une fenêtre. Le mur du côté couloir était à moitié caché par un énorme miroir.
Cette pièce avait plus l'air d'un débarras que d'une ancienne classe. Une couche de poussière recouvrait les objets comme un manteau protecteur.
Remus était assez curieux de voir ce que pouvait encore contenir la bibliothèque, mais les traces bleues par terre l'insistèrent à continuer sa traque. Il aurait tout de même préféré que James, Peter ou Sirius l'accompagne, histoire que l'un puisse retourner cette pièce tandis qu'un autre continuerait la traque. Mais l'un préparait ses plans de Quidditch, l'autre travaillait à la bibliothèque et le dernier était enchaîné et battu par Maggy. Il soupira. Mais tant pis, il reviendrait ici plus tard…ce n'était pas sa priorité.
Il arriva de l'autre côté de la classe. Là, les traces s'arrêtaient juste en face du mur de pierre. Il l'inspecta.
Les jointures n'étaient pas bien faites dans le coin en bas à gauche du mur, sur un carré d'une soixantaine de centimètres de côté.
Curieux, il mit un petit coup de pied dedans… et il fut énormément surpris de se rendre compte qu'il s'agissait en fait d'un panneau de bois au dessin parfait de pierres.
Il laissa échapper un petit « hein ! » de surprise et s'accroupit pour le toucher. Il découvrit alors un tout petit trou pour y glisser un doigt. Il poussa le panneau de bois, qui s'ouvrit comme une petite porte.
Le cœur battant d'excitation, il se mit à quatre pattes et sortit de la Vieille classe de la Sorcière au 3ème œil. Ensuite, il referma le panneau, se rendant compte qu'il y avait bien des charnières sur le côté.
Remus se retrouva dans un couloir froid, noir et très étroit.
Il attendit quelques secondes que sa vue surdéveloppée puisse s'habituer à la pénombre. Enfin, il se mit en route. Il lui fallut quelques temps de marche, le saut de quelques obstacles et la montée d'une infinité de petites marches avant d'enfin voir de la lumière. En montant la dernière marche, il se retrouva dans une très très très petite pièce avec une seule petite fenêtre.
Remus se crut dans une impasse jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'à sa droite se trouvait un panneau de bois, semblable à l'arrière d'un tableau.
Il le poussa. Et le tableau s'ouvrit.
Au bord du ravissement, il sortit du tableau et se retrouva dans une pièce circulaire avec huit portes.
Curieux, les mains tremblantes d'excitation, il en ouvrit une.
Stupéfaction.
La pièce avait quatre lits à baldaquin encadrés par de lourds rideaux de velours bleu. Une armoire était à moitié ouverte et des vêtements mal pliés y étaient placés. Un livre que Remus avait du acheté pour sa 3ème année à Poudlard trônait sur un bureau. Et d'après les bruits d'eau, quelqu'un était sous une douche juste à côté.
Remus n'eut pas besoin de trop réfléchir pour se rendre compte qu'il était dans le hall des dortoirs des Serdaigles,… et d'après les multiples soutiens-gorge, c'était les dortoirs des filles.
Il referma vite la porte.
Bon sang !
La découverte fit monter son sang au cerveau à une vitesse trop élevée.
Les garçons n'avaient pas de moyen de venir dans le dortoir des filles, normalement.
- Génial, sourit-il.
Il posa alors le pied sur quelque chose de glissant. Soulevant le pied, il y trouva des gouttes bleues et visqueuses.
Il allait suivre les traces quand des pas lourds et rapides montèrent des marches, derrière la plus grande des huit portes. Remus en conclut que cette porte cachait l'escalier qui menait à la salle commune des Serdaigles. Mais apparemment, une fille avait l'air pressée de retourner à son dortoir.
Et aussi rapide qu'un Comète 150, Remus s'élança jusqu'au tableau (qui représentait une dame à l'air hautain) et le referma sur lui au moment même où la porte donnant sur les escaliers s'ouvrait.
Reprenant son souffle, il entendit de derrière le tableau une fille en crise de larme s'arrêter sur le palier. Une deuxième fille arriva alors derrière elle, haletante.
- Arrêtes de pleurer, Sarah ! dit la voix de la deuxième fille.
- Co-co-co-comment a-a-a-t-il o-o-o-oser me plaqueeer ! couina-t-elle.
- Viens, allons en parler dans le dortoir.
Remus trouva que c'était une excellente idée. Comme ça, elles disparaîtraient et il pourrait voir où menaient enfin les traces bleues.
- N-non ! Je ne v-veux pas !
- Bon d'accord, explique-m-…woooOOOooow !
Il y eu un grand « Boum » suivit d'un « AIE ! » sonore. Remus comprit que la 2ème fille avait du glisser sur le liquide visqueux.
- Mais qui peut laisser des cochonneries pareilles ? EVANESCO !
Ce dernier mot le fit frissonner. Elles venaient d'effacer ses précieuses traces.
Il se retint de jurer trop fort.
- Voilà, heureusement que j'ai nettoyé ça, sinon quelqu'un aurait glissé dessus et se serait cassé le bassin ! Maintenant, vas-y Sarah, explique-moi TOUT depuis le début sans laisser tomber un seul minuscule détail…
- A-a-alors voilà. On allait dans le p-p-parc et…
Remus comprit alors que cette discussion serait très longue !
Il grogna quelque chose et se releva, se disant que ça ne lui servirait à rien de rester. Il se décida à retourner à la salle commune. Il y attendrait les Maraudeurs et leur raconterait ses découvertes.
Il soupira, se releva, dévala la volée de marches, sauta au dessus de quelques obstacles, marcha un peu et se retrouva face au mur avec la planche de bois montée sur des charnières.
Il s'accroupit, glissa son doigt dans le trou et tira la plaque vers lui… quand il se rendit compte que des rires s'élevaient dans la Vieille classe…
Doucement, il referma la petite porte. Mais il la laissa légèrement entre-ouverte, pour pouvoir écouter ce qui se disait.
- … C'est là que je me suis rendu compte à quel point tu étais sournoise ! dit une voix masculine sur un faux ton de reproche.
Cette remarque le fit rire, lui, et quelqu'un d'autre… une fille !
- Arrête, Jo, dit-elle. Tu sais très bien que je ne l'ai pas fait exprès !
Et les rires redoublèrent.
Cette voix, Remus la connaissait !
Il ouvrit un peu plus la petite porte et se pencha de telle sorte qu'il puisse voir sans être vu. Et grâce aux nombreux miroirs, et surtout grâce à celui qui prenait la moitié du mur opposé, Remus put confirmer ses pensées en voyant le reflet de Medows rire à gorge déployée.
Il ne l'avait pas revue depuis vendredi dernier, à la soirée de la Rentrée. Elle était dans un état pitoyable. Mais là, elle avait ses cheveux d'ébène relevés en un haut chignon, elle était habillée de vêtements choisis avec soin et elle riait sans aucun tourment en tête. Assise sur un bureau stable, les jambes croisées, elle faisait face à Colias, assis nonchalamment sur une chaise. Ses yeux d'un vert très clair pétillaient. Elle avait l'air digne, fière et forte, et particulièrement à l'aise.
Elle et le garçon -que Remus associa à Joris Colias, un préfet de Serpentard- continuèrent à rire comme ça quelques minutes. Remus envisagea sincèrement de s'endormir quand il y eu un petit retournement de situation…
- Oh ! On avait tellement rit ce jour là ! dit Medows en s'essuyant une larme de rire au coin de l'œil, d'un revers de main.
- C'était le bon vieux temps… soupira Colias en sécha lui aussi ses larmes.
- C'était le bon vieux temps ! répéta-t-elle.
- Comment est-ce qu'on a fait pour perdre ça ? demanda Colias, soudainement plus sérieux.
Un certain malaise était palpable dans l'air. Même Remus voyait que la jeune fille se tendait, sur le bureau.
- Je ne sais plus… murmura-t-elle.
- Moi je pense que ces deux filles ont fait de toi ce que tu ne voulais absolument pas devenir, dit-il naturellement.
- Je t'interdis de me juger Joris, dit-elle soudainement plus amer. Nous en avons déjà parlé. Je suis ce que je suis. J'ai peut-être évolué d'une manière qui te déplait, mais ça ne change en rien que je ne changerai pas ma façon d'être pour retrouver mon innocence d'enfant !
- Tout de même, qu'est ce que ça t'as amené de rester avec ces filles ?
- Tu veux dire à part du pouvoir, du respect, de la renommée, et une réputation solide ? dit-elle cynique.
- Ce n'est pas drôle. Tout ça a été basé sur la peur que tu inspirais. Tu es fourbe et même perfide quelque fois.
Remus se sentait à moitié surpris de la réaction de ces deux jeunes gens et la façon dont la conversation était passée de joviale à acerbe. La manière si directe qu'employait Colias pour parler à Medows était assez étrange. Surtout que le blond gardait un air neutre, loin de la colère. Au plus loin que Remus se souvienne du jeune garçon, il ne se rappelait pas l'avoir vu s'énerver ouvertement une seule fois. Au contraire, Medows était une boule de nerfs personnifiée. Remus se rendit compte alors que c'était la première fois qu'il avait vu la jeune fille rire comme ça, aussi librement. Ce n'était pas un de ces rires aristocratiques, qui donnaient une image. Non. Et elle n'avait pas cet air hautain, pour une fois. Remus se surprit à penser qu'elle était beaucoup plus jolie quand elle était à l'aise…
Mais maintenant, elle retrouvait son visage de d'habitude : sur les aguets, prête à mordre.
- Tu sais Joris, on a peut-être trop changé au fond pour continuer comme ça… dit-elle, en rogne.
Celui-ci rit. Un rire sans joie. Remus y lut une pointe de fatalité.
- Peut-être…
Il ne dit rien plus, puis ajouta :
- Tu sais, au fond, je ne sais pas ce qui s'est passé à ce Noël il y a deux ans, mais vu la façon dont tu as changé par la suite, je soutiens que c'était la meilleure chose qui te sois jamais arrivée.
Il se leva, la laissant assise là sur son bureau, prêt à partir. Medows lança un petit rire presque sourd.
- Tu ne sais pas ce qui m'est arrivé. Qu'est ce qui te dit que c'était si bien ?
- Oui, en effet. Je ne sais pas ce qui c'est passé, mais ça semble t'avoir rendu meille-… non, disons 'moins idiote'.
Medows sourit, cynique. Elle ne répondit pas aux allusions de Colias. Celui-ci s'avança un peu plus vers la porte. Remus se dit qu'il s'agissait là d'un duo bien étrange… La Serdaigle reprit :
- Donc, pour toi, la fin justifie les moyens, hein ?
Il se retourna et s'appuya contre le cadre de la porte qu'il venait d'ouvrir, les bras croisés.
- C'est assez lourd comme termes. Mais je suppose que oui, c'est bien ça !
Medows s'emporta. Elle se leva d'un bond, se retourna, et avança vers les fenêtres, furieuse. Remus referma un peu plus la petite porte, de peur qu'elle ne l'entrevoie. Mais elle était trop absorbée par sa colère pour remarquer quoi que ce soit d'autre.
- Ferme cette porte et assied-toi ! lui ordonna-t-elle.
Colias ferma lentement la porte, un imperceptible sourire aux lèvres. Et là, Remus comprit…
Il s'était déjà demandé pourquoi ce blondinet était à Serpentard. Il avait l'air si… soumis à Medows. Et sa façon de ne jamais s'emporter, ni quand on le cherchait ouvertement, ni même quand les maraudeurs faisaient une blague aux Serpentards. Il avait l'air si peu à sa place… Mais Remus venait de comprendre par son sourire que Colias venait de toucher au but. Voilà ce qu'il voulait entendre depuis le début. Il connaissait Medows mieux qu'elle ne le pensait ! Il venait de la manipuler, et quelque chose disait à Remus que ce n'était pas la première fois, et qu'elle ne s'en était jamais rendue compte. Ce garçon devait réussir à obtenir tout ce qu'il voulait ! Ses plus grandes armes étaient sans aucun doute sa patience, son calme, son intelligence et son pouvoir de manipulation.
- Il faut se méfier de l'eau qui dort, murmura Remus pour lui-même…
Colias tira lentement une chaise vers lui et Medows commença… :
- Ce que tu dis là n'a aucun sens, aucun. Celle que tu vois là, devant toi, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Tu penses peut-être que le fait de renier Kirsten et Sharon me rend libre comme l'air ? Si j'ai renié ces filles, je le paye ! Tu me trouves changée ? Mieux ? Et bien si je le suis effectivement, je ferais n'importe quoi pour redevenir comme avant, n'importe quoi pour oublier pourquoi je suis devenue cette faible petite idiote !
Remus se releva légèrement. Elle n'avait pas crié, mais son ton était perçant, sombre, et blessé. C'était… étrange de voir quelqu'un comme ça.
Medows prit un temps pour regarder par la fenêtre. Elle soupira, longuement. Et elle reprit :
- Le vendredi 23 novembre 1974, ce qui remonte à deux petites années, je suis rentrée chez moi pour les vacances de Noël. A Kings Cross, mes parents n'étaient pas là, comme d'habitude. Te souviens-tu de Jonathan ? Et de Parcius ?
- Oui, répondit Colias. Ton petit frère et ton beau-père…
- Oui. John va sur ses onze ans à présent… Il voulait allez à Poudlard, tu sais… Alors voilà. A Kings Cross, il n'y avait que notre chauffeur pour me ramener. Et il m'a confié qu'il y avait une certaine tension qui régnait à la maison. Quand j'ai voulu en savoir plus, il n'avait apparemment pas l'intention de m'expliquer quoi que ce soit…
Elle reprit place sur le bureau et regarda les dalles au sol, avant de continuer un peu plus bas… :
- Quand je suis arrivée au Manoir, maman était livide. Elle avait l'air d'être sérieusement malade. Mais j'ai vite compris que ce n'était pas un virus qui la mettait dans cet état. Quelque chose d'étrange planait à la Maison.
- Comme quoi ?
- Je suis justement allée voir Jonathan pour en savoir plus — il n'avait que huit ans à ce moment là. Il était si heureux de me voir pour Noël ! Mais quand on a parlé de la situation, il m'a raconté avoir écouté une des conversations que Parcius entretenait avec ses « étranges amis », comme John les appelle. Les étranges amis de Parcius, ce sont des Mangemorts.
Contrairement à Colias qui ne cilla même pas, Remus eut un mouvement de recul immédiat. Mais au fond, ça ne l'étonnait pas vraiment que la famille de Medows soit plongée dans ce genre de secte.
- Il m'a dit que les amis de Parcius allaient faire de lui un garçon fort, qu'ils lui avaient assuré que huit ans, c'était l'âge parfait pour une telle étape, et que leur 'grand chef' aurait Parcius à une très haute estime s'il acceptait que John « en soit »…
- Ils voulaient faire de ton petit frère un petit Mangemort de huit ans ? demanda Colias choqué.
Remus aussi était interloqué.
- Pire… soupira-t-elle. Au début, j'ai tiré la même conclusion. J'ai directement été voir ma mère, pour en savoir plus. Au fond, je ne m'y opposais pas formellement,… J'étais assez d'accord avec ce que le Maitre des Ténèbres nous avait appris. Depuis mon plus jeune âge, j'aspirais à être avec eux dans cette guerre contre le Ministère de la Magie. Mais j'estimais qu'il était peut-être un peu tôt pour John. J'étais peut-être aussi un peu jalouse… Et quand j'en ai parlé à ma mère, elle s'est mise à pleurer. J'étais assez troublée. Le fait de voir son fils devenir partisan la bouleversait étrangement. Elle qui était si fière de moi quand je me dessinais la marque des ténèbres sur le bras, quand j'étais gosse.
Julia ricana, dans ses souvenirs…
- Quand on sait à quel point elle a eu honte quand mon véritable père est parti d'Angleterre pour fuir le Mage Noir… et à quel point elle avait été heureuse d'épouser Parcius par la suite et voir John naître pour continuer les affaires familiales !
- Ton père est parti quand tu avais six ans, c'est ça ?
- Non, je n'en avais que quatre. La seule chose que j'ai de lui, c'est une photo d'un homme grassouillet et méprisable. Le traitre. J'espère qu'il a su courir vite et loin… parce que le Mage Noir le rattrapera.
Remus était révulsé de voir à quel point cette fille était du côté noir. Il la savait insupportable, mais pas aussi dévote à Voldemort. Elle le dégoûtait encore plus, et le peu de remord qu'il avait ressenti vendredi dernier fut remplacé par du mépris.
- Continue, l'encouragea Colias les bras croisés, vraiment très intéressé… autant que Remus, en fait.
- J'ai fait ma petite enquête et j'ai découvert que le « cadeau » de John arriverait pour Noël… le lendemain au soir, donc. Ma mère était… chamboulée. C'était atroce de la voir comme ça. Et cette nuit là, le 23, elle est venue m'embrasser quand elle pensait que je dormais. Je me suis levée dés qu'elle avait passé la porte. Elle rentrait dans la chambre de mon demi-frère. Elle a embrassé John et a vu que j'étais levée. Maman était habillée pour sortir. Elle m'a prié de retourner me coucher sans objection et sans bruit. Je l'ai fait et maman est partie. Plus tard dans la nuit, Parcius est revenu d'une des réunions de Mangemorts. Il a remarqué qu'elle n'était plus là… et il est venu me demander où elle était. Comme je ne savais pas, il avait l'air affolé. Très angoissé. Il est parti à sa recherche.
Elle prit un petit temps pour respirer. Sa voix devenait plus rauque. Elle était au bord des larmes.
- Il est revenu le lendemain matin, ma mère dans les bras.
Elle se mit à pleurer :
- J-Je croyais qu'elle était morte.
Colias ne se leva pas pour la consoler. Il s'était juste un peu affaissé, compatissant. Mais Remus comprit que c'était la bonne chose à faire, que Medows n'aurait pas voulu d'une épaule pour s'apitoyer. Elle prit quelques secondes pour se reprendre, luttant contre les larmes.
- Parcius m'a raconté qu'elle était tombée dans une embuscade du Ministère. Les Aurors soupçonnaient la famille d'être impliquée dans la magie noire, et ils avaient tendu un piège pour attirer ma mère hors du manoir protégé. Parcius était arrivé à temps pour l'enlever de là. Mais le sévère interrogatoire que les Aurors lui ont fait passer l'a presque tuée. Elle… Elle est… C'est comme si un détraqueur lui avait donné un baiser : elle n'est pas morte, mais plus vraiment vivante non plus.
Medows respira quelques bols d'air pour ne pas se remettre à pleurer. Remus se sentit très lourd. Elle avait l'air d'avoir porté plus sur ses épaules qu'elle n'aurait du. Il ramena ses genoux sur sa poitrine, mal à l'aise.
- Je HAIS ces Aurors… cracha-t-elle, une flamme destructrice dans les yeux. Le lendemain matin, Parcius avait prévenu deux Mangemorts. Ils sont venus à la maison et ils ont discuté dans le bureau de Parcius. John était effondré, moi aussi. Je ne savais pas comment réagir… alors j'ai envoyé un hibou à ma grand-mère maternelle… elle a transplané dés qu'elle a su. Parcius n'avait pas l'air ravi de la présence de Grand-Mère. J'ai compris que les Mangemorts avaient convaincu Parcius que malgré les récents et tristes évènements, l'initiation de John devait se faire.
- Et puis,… ?
- Je ne sais plus… On est resté avec maman, même Parcius. Il était très perturbé et bouleversé. Et ce soir là, le soir de l'avant, Parcius a pris John et l'a amené dans le petit salon du deuxième étage. Je les ai suivi discrètement. Un homme très grand et large l'attendait. Il a pris John par la main et lui a demandé de ne pas avoir peur, qu'il serait très utile au Maître par la suite. Puis l'homme s'est tourné vers la porte. Il savait que j'étais juste derrière, pourtant, je n'avais pas fait un seul bruit. Il a prévenu Parcius. Parcius m'a fait entrer, sans se fâcher. Et j'ai vu John partir avec l'homme. Jonathan avait peur, très peur. J'ai demandé ce qui allait lui arriver. Il refusait de répondre. A ce moment là, j'ai vu par la fenêtre leurs silhouettes. Ils marchaient vers la vieille cabane du jardin. J'ai couru sur le balcon. Parcius m'a ordonné de rentrer, que Greyback s'occuperait bien de lui…
- Greyback ? demanda Colias, dans ses pensées.
Le sang de Remus se glaça quand il entendit ce nom. Merlin… Il comprit directement où elle allait en venir. Son cœur se serra. Pauvre petit…
- Greyback est un loup-garou pourri jusqu'à la moelle. Il veut créer une armée de jeunes loups-garous que le Seigneur des Ténèbres pourra manipuler à sa guise.
Joris Colias se leva, la bouche ouverte d'effroi. Il ne savait même plus quoi dire.
- Comment peux-tu encore aduler ce monstre de Tu-sais-qui quand celui-ci voulait faire ça à ton frère ?
- Tu ne comprends pas, Joris, dit-elle en pleurant. Il est si puissant. Je ne peux pas me mettre contre lui ! Qui suis-je pour faire ça ? Il fait ça pour le bien des Sorciers. Je n'ai pas le choix ! …De toute manière, je n'ai pas pu me résoudre à laisser John comme ça…
Colias leva un sourcil et reprit place sur sa chaise… Medows, elle, ne pouvait plus arrêter ses larmes.
- Parcius m'avait déjà parlé des plans de Greyback, une fois. Dès qu'il a mentionné le nom, j'ai tout compris. La lune, le fait qu'il m'ait senti derrière la porte dès que j'étais cachée, le nom de Greyback, la cabane du jardin, le fait que John deviendrait fier et fort…
Ses larmes redoublèrent :
- J'ai hurlé à John de s'enfuir. Mais il était trop tard. La nuit allait tomber d'une minute à l'autre. J'ai remarqué que la lune était parfaitement ronde. J'ai hurlé, si fort. Mais rien ne pouvait y faire. Parcius m'a attrapé. Il m-m'a tiré en arrière, mais je m'agrippais au balcon ! Il était devenu fou, i-il riait. Il disait que rien ne pouvait se mettre sur le chemin du Maître. Grand-Mère m'a entendu crier et elle est venue voir ce qu'il se passait. Parcius a sorti sa baguette et nous a enfermé sur le balcon, mais j'ai eu le temps de lui raconter la situation en quelques mots, avant que Parcius ne me fasse taire d'un sort de mutisme. Ma Grand-Mère est devenue livide, et elle a couru, couru et couru vers le fond du jardin. Du deuxième étage, je la voyais foncer, la baguette rouge prête à lancer des sorts.
- A-t-elle réussi ? s'enquit Joris.
Medows s'essuya les yeux, en vain. Puis elle acquiesça.
- Ma grand-mère est une grande duelliste. Elle a tiré John de là avant qu'il ne soit trop tard.
Remus soupira de soulagement. Son cœur avait battu beaucoup plus vite et il avait soudainement eu très chaud. Il lâcha son épaule droite qu'il avait serrée sans s'en rendre compte, là où il avait été mordu par Greyback.
- Et qu'est ce qui vous est arrivé, à Parcius et toi ?
Elle fit non de la tête, les larmes ruisselant encore sur les joues. Remus était à deux doigts de sortir pour lui extirper les réponses du nez.
- Julia !
- Non, Joris ! Je… je ne peux pas…
- JULIA !
- NE ME FAIS PAS CA, JORIS !
- Qu'est ce que Parcius t'as fait, sur le balcon.
- Rien !
- Je ne te crois pas, Julia !
- Pourtant c'est la vérité ! Il ne m'a rien fait ! C'était… moi…
- Quoi ?
- C'était moi !
- Pourquoi ? Qu'est ce que tu as fait ! insista-t-il.
La pression était à son comble. Medows allait s'effondrer. Remus avait vraiment mal pour elle. Ça la déchirait d'avoir à le révéler, mais elle voulait le dire en même temps, Remus le voyait ! Il voulait mettre un terme à tout ça, mais elle dit enfin :
- I-Il a p-pointé sa baguette sur ma grand-mère pendant qu'elle courait à travers le jardin. J'ai hurlé pour qu'elle se mette à couvert, qu'elle se défende ! M-mais le sort de mutisme… Je n'ai rien pu dire ! Il a commencé à citer le sort impardonnable mortel. Il allait la tuer. I-il allait tuer ma grand-mère ! Je venais de perdre maman, j'allais perdre John et ma grand-mère a-allait mourir. J-je n'ai pas réfléchi.
Ses pleurs lui coupèrent la respiration. Remus avait le cœur qui battait fort. Medows lui apparaissait sous un jour qu'il ne connaissait pas. Mais ce qui l'horrifia plus, ce fut la fin :
- Qu'est ce qui s'est passé, Jill ?
- J-je n'ai pas r-réfléchi ! Je... Je l'ai poussé du deuxième étage, de toutes mes forces !
Colias et Remus étaient dans le même état de stupéfaction.
- Julia, tu veux dire que…
Elle éclata en sanglots.
- Oui ! J'ai tué Parcius !
- T-tu as tué un homme… murmura Colias, ne semblant pas en revenir.
- Non, cria-t-elle. J'ai fait cent fois pire ! J'ai… j'ai tué un Mangemort !
...
Voilààààà!
Un très long chapitre, j'espère que vous l'aurez apprécier... j'ai du réécrire le début une quinzaine de fois!
Merci encore, Chibee,...
A bientot, chers lecteurs... ou à dans pas trop longtemps!
