Hello ! Me voilà de retour avec un nouveau chapitre !

Pas très long, certes mais c'est mieux que rien :P

Je vous retrouve à la fin.

Enjoy !


Chapitre III : Les danseuses d'Anacapri

4 jours. 4 foutues journées que je cherchais sa commode. On était mardi après-midi et si je n'avais pas cette commande avant 16 heures, j'étais bonne pour repasser du côté des petites annonces. Je regardais le bureau d'en face. Emily me toisait :

- Alors, tu ne l'as toujours pas trouvé ? demanda t-elle d'un air affable.

Je secouais les épaules, impuissante. Elle me regarda avec un semblant de compassion. J'avais appelé tout les antiquaires de Manhattan entre la 72e et la 75e (soit une bonne centaine), je m'étais déplacée pour ceux qui avaient une commode en vitrine mais, connaissant les goûts de Miranda, je me rendis rapidement compte que ce n'étaient pas les bonnes. J'avais monopolisé Jake et d'autres amis pour qu'ils m'aident, sans succès. Je savais qu'il ne me restait qu'une chose à faire. Soupirant bruyamment afin de me donner du courage, je me levais sans un regard pour Emily et me dirigeais vers la porte de ma patronne. Je toquais doucement, déjà anxieuse à l'idée de sa réaction.

- Entrez Emily.

Je poussais la porte. Miranda était assise sur sa chaise, face à son immense bureau de verre qui m'avait tant impressionné la première fois que j'étais venue. Pourtant, la petite femme d'à peine un mètre cinquante cinq au carré blond platine paraissait minuscule et avenante, vue d'ici. Ce qui n'était pas le cas dès qu'elle posait les yeux sur vous, où elle vous paraissait prendre vingt centimètres et une bonne dose de mépris et de condescendance. Elle me toisa :

- Que voulez-vous, Isa-bell-âââ ? m'interrogea t-elle en soupirant

- La commode que vous m'avez demandé vendredi dernier, récitais-je rapidement, histoire d'en finir au plus vite. Je ne l'ai pas trouvé. J'ai pourtant fait tous les antiquaires entre la 72e et la 75e comme vous me l'avez dit mais je n'ai pas trouvé une seule commode qui correspondait à vos attentes.

Elle se leva lentement tout en m'observant.

- Isa-bell-âââ, quand je vous dis quelque chose, il faut que vous écoutiez attentivement. Je ne peux pas me permettre d'avoir des personnes autour de moi qui sont à la traine, vous comprenez ? souffla t-elle d'une voix mielleuse.

« C'est quoi son problème ?! »

J'acquiesçais cependant.

- Je n'ai pas pu vous dire entre la 72e et la 75e puisque cet antiquaire se trouve à l'angle de la 57e et de Madison Avenue. C'est tout.

Chez elle, « c'est tout » signifiait « merci, vous pouvez disposer » aussi bien que « merci de faire ce travail pour moi ».

Entre la 57e et Madison Avenue. Bien sûr. J'avais dit que trouver cette commande serait facile. A croire que je ne connaissais pas Miranda : C'était beaucoup trop facile donc cette salope s'était chargée de corser l'affaire.

Je sortais d'un pas morose.

- Alors ? me demanda Emily

- Entre la 57e et Madison, lançais-je avant de m'assoir sur ma chaise et de chercher le numéro de téléphone du fameux antiquaire.

J'étais furax mais tachais de ne pas trop le montrer. Emily me sourit, compatissante une demi-seconde, avant de reprendre ce masque de superficialité écœurante qui la caractérisait. Quelques minutes plus tard, j'avais raccroché le téléphone. La commode serait déposée devant l'immeuble de Miranda à 15h30 contre une forte rémunération que je promis de verser sans réfléchir, sachant que c'était Elias Clark qui réglait la note des originalités de Miranda. Après quoi, j'appelais Sacha, la gouvernante de ma patronne pour être sûre qu'elle soit « devant l'entrée pour le dîner avec Uri ». Une fois cette affaire réglée, je jetais un coup d'œil furtif à ma montre Cartier, trouvée dans la Réserve grâce à Johan. Il était quatorze heures et je commençais à avoir faim. Il me faudrait tout le courage de mon ventre pour tenir jusqu'à ce soir. Depuis que j'étais arrivée au magasine, j'avais adopté le rythme de vie des filles qui consistait tout simplement en ne pas manger de la journée. J'étais bien obligée. Quand j'étais au bureau, le regard dégouté qu'avait lancé Emily à mon cookie lors de mon premier jour avait suffit à m'empêcher de recommencer. Et quand j'étais en dehors du boulot, eh bien, je cavalais tellement que même pouvoir aller au toilettes était devenu précieux. Avant, j'étais ce que l'on pouvait appeler une fille normale : Quelques rondeurs, sans plus, un sourire joyeux et naturel et des vêtements sans marques. Maintenant, j'étais devenue comme elles, je faisais un petit 36, mon sourire était aussi superficiel que le maquillage qu'Emily me forçait à mettre et mes vêtements arboraient tous des sigles connus de la haute sphère dans laquelle j'évoluais désormais bien malgré moi. Même Millington ne me traitait plus de grosse et ça me faisait peur. Je soupirais encore avant d'attraper mon Balenciaga posé au bord de mon bureau et de partir en faisant un léger signe de tête à ma collègue.

- N'oublie pas d'apporter le book avant de venir à la soirée lança t-elle pendant que je m'éloignais.

Mince ! J'avais oublié ! Pas le book, bien sûr : Depuis mon premier jour j'étais obligée d'attendre tout les soirs que les designers aient fini de travailler les modifications du prochain numéro de Runway pour l'apporter à Miranda chez elle. Non, j'avais oublié cette foutue soirée, si modestement appelée Anacapri* par les organisateurs, à laquelle j'étais obligée d'assister. Et cette fois ci je ne pouvais pas me défiler comme la semaine dernière, Miranda m'en avait expressément fait la demande. J'allais encore devoir annuler ma soirée avec Jacob. Je grimaçais : C'était la troisième fois que j'allais me défiler ce mois-ci et je savais qu'il m'en voudrait. En sortant de l'immeuble je décidais de l'appeler : Plus vite ce serait fait, mieux ce serait.

- Allô ? demanda la voix joyeuse de mon meilleur ami.

- Jake, c'est moi, répondis-je.

- Bell's ! J'étais justement au vidéo club. Saw 4 ou The Ring ?

Aïe ! Ca s'annonçait mal.

- Hum, à propos de ce soir, Jake… justement j'avais oublié de te dire que…

- Laisse-moi deviner, me coupa t-il d'un air affable. Que ta charmante patronne a encore décidé de te garder toute la soirée ? Mais quand est-ce que tu te rendras compte que c'est de l'esclavage ?! Sérieusement Bell's, je ne te reconnais plus ! Tu ne souries plus, tu ne manges plus et tu passes ta vie avec elle. Je sais bien que consultante bancaire n'est pas un poste passionnant mais au moins tu avais une vie !

Touchée.

- Et bien si ma compagnie t'est devenue si désagréable, je ne vois pas pourquoi tu t'obstines à traîner encore avec moi. Sur ce, excuse-moi mais j'ai du travail, crachais-je.

- Ce n'est pas ce que je…

Je ne lui laissais pas le temps de finir et raccrochais en entrant dans la voiture qu'Elias Clark mettait à ma disposition. Je savais que je m'étais comportée comme une gamine puérile mais c'était beaucoup plus facile de rejeter la faute sur lui que d'admettre qu'il avait raison.

- Sur Park Avenue, fis-je d'une voix lasse à mon chauffeur.

Le reste de la journée passa beaucoup trop rapidement à mon goût : Après avoir récupéré les affaires de Miranda au pressing, je passais chercher ses deux horribles jumelles pour les déposer chez leur père à Brooklyn. Puis, un appel du Diable me fit retourner à Manhattan pour chercher les dédicaces d'un chanteur à midinettes et revenir à Brooklyn pour les déposer chez les jumelles. Enfin je retournais au bureau afin de prendre le book –qui, pour une fois avait été terminé assez rapidement, soirée oblige- avant d'aller chez Miranda en faisant bien attention de ne pas me faire remarquer alors qu'elle dînait avec Uri Vankisht, le patron d'Elias Clark. Il était désormais 21 heures et j'étais en retard d'environ vingt minutes. Je regardais rapidement ma penderie qui croulait sous les vêtements de la Réserve. Je repérais enfin une robe bustier bleu nuit Vera Wang que je n'avais encore jamais mise. Il faudrait que je retourne bientôt voir Johan, il ne me restait plus grand-chose. Je me maquillais légèrement avant d'observer mon reflet dans le miroir. Mes cheveux étaient attachés en chignon désordonné (comme Victoria, la coiffeuse du magasine me l'avait appris) et dévoilaient subtilement mes épaules découvertes. La robe bleue s'arrêtait au niveau de mes genoux. Je pris des escarpins de la même couleur avant d'enfiler mon impair. Je sortis ensuite et constatais avec soulagement que mon chauffeur m'attendait encore.

- Merci Joe, dis-je. Au Devin s'il te plait.

En arrivant devant la salle, j'eu la joie de constater que je n'étais pas la dernière. Je montrais négligemment mon pass presse et entrais au Devin. La pièce était bondée. Tout les murs étaient blancs nacrés et les projecteurs bleus donnaient au lieu un certain côté « village italien », ce qui était certainement le but recherché vu le nom de la soirée. Enfin, si on faisait abstraction des beautiful people qui peuplaient la salle. Je me dirigeais immédiatement vers Emily qui parlait avec animation avec d'autres personnes de Runway. Ils me sourirent tous d'un air superficiel. Bientôt, je commençais à m'ennuyer. Beaucoup dansaient. D'autres étaient affalés sur les canapés bleus et d'autres encore étaient près du bar avec des cocktails fluorescents dont on devinait les prix exorbitants. Je quittais mes collègues pour aller m'asseoir sur un fauteuil. Enfin un peu de paix ! Qui ne dura pas longtemps puisqu'Emily choisit ce moment pour s'assoir à côté de moi, un air de passion gourgandine sur le visage.

- Devine quoi, Bella ? me dit-elle.

- Quoi ? demandais-je, essayant de cacher mon mécontentement.

- Victor vient de quitter la pouffiasse qui lui servait de copine !

- Mais c'est super Em ! dis-je, sincèrement heureuse – elle allait enfin arrêter d'être de cette humeur exécrable qui l'avait caractérisée ces dernières semaines.

- Ouii !! Bon je te laisse, il faut que j'aille me faire une retouche maquillage, figure-toi que l'organisateur à oublié de nous dire qu'il avait mis du sucre sur le bord de ses verres à cocktails, si bien que mon rouge à lèvre est foutu.

Je ne voyais pas du tout de quoi elle parlait mais j'acquiesçais, pour la forme. Une fille d'environ mon âge s'assit à cet instant à côté de nous. Elle faisait environ la même taille que Miranda, autant dire pas grand-chose mais avait des cheveux bruns qui rebiquaient un peu partout en mèches folles. Elle avait un visage enfantin et une robe rouge sang magnifique qui arrivait bien au dessus de ses genoux fins.

- Salut Em ! dit la jeune fille d'une voix cristalline.

- Salut Alice, dit Emily en lui faisant la bise. Bella, je te présente Alice, c'est la styliste de Runway. Alice, voici Bella, l'assistante junior de Miranda.

- J'avais déjà entendu parler d'Alice Cullen, bien sur, puisque c'était LA styliste en vogue (et celle qui s'occupait des tenues des pages modes du magazine). J'avais eu plusieurs fois son assistante au téléphone : Une certaine Marisa, très gentille, d'ailleurs. Emily nous laissa pour aller faire sa « retouche maquillage ».

- Alors tu es la nouvelle assistante de Miranda ? me dit-elle en souriant.

- Oui, répondis-je simplement.

Elle s'approcha de mon oreille et me dit, sur le ton de la confidence :

- Elle ne te martyrise pas trop, j'espère.

- Eh bien, disons que quand j'ai accepté le poste d'assistante de rédactrice en chef, je ne pensais pas que ça sous-entendait « toutou à votre entière disposition », dis-je sur le même ton.

Je m'éloignais et regrettais mes paroles. Après tout, elle devait bien connaître Miranda. Elle dut comprendre mon inquiétude puisqu'elle se mit à rire sans retenue.

- Oh ne t'inquiète pas va ! sourit-elle après quelques secondes. Je ne lui dirais rien.

Je lui souris à mon tour. Elle commençait à me plaire cette Alice. A cet instant un homme passa près de nous et Alice l'attrapa par la manche.

- Hé ! Viens que je te présente la nouvelle esclave de Mir ! lança t-elle, rieuse.


*Village situé au sud de l'Italie. Debussy lui a donné le nom d'un mouvement d'un de ses préludes (très beau, soit dit en passant).

Voilà pour le chapitre, j'espère revenir vite, surtout que j'ai pas mal d'inspiration… par contre la fic risque peut-être de passer en Rated M mais pas pour tout de suite et je vous préviendrais. Enfin, si vous ne préférez pas, dites le moi.

Sinon je suis désolée si j'ai laissé traîner des fautes d'orthographe. D'ailleurs, je cherche une bêta donc si quelqu'un est intéressé, qu'il me le dise. Merci !

J'aimerais bien des reviews, aussi. J'ai eu pas mal de visites la dernière fois mais seulement deux reviews alors ça donne pas trop envie de continuer (on se dit que sa fic ne plait pas et tout…). Bref, si ça vous a plut, une petite review ? Et si ça vous a pas plut et bien ne mettez pas de reviews ou mettez en une pour me dire « va t'enterrer au fond de ton village italien ». =)

Sinon, merci aux revieweuses, mises en alerte et tout. Je ne suis pas du tout familière de ce site mais dès que j'aurais compris comment répondre aux reviews, je le ferais. XD