CHAPITRE 14
Pour rompre une malédiction, il faut toujours un baiser d'amour véritable sauf que celle-ci semblait d'un genre un peu différent apparemment, étant donné qu'elle avait pris fin dans la puissance d'un orgasme partagé entre la Sauveuse et l'ancienne Méchante Reine.
En ville, tous les habitants furent un peu sonnés, se souvenant d'une vie un peu floue, comprenant soudainement qu'ils avaient encore été sous l'influence d'une malédiction. Chacun retrouva vite ses marques, commençant à être habitué à ce genre de situation mais en s'empressant tout de même de retrouver leurs proches pour s'assurer que tout allait bien. En réalité, les autres n'avaient souffert que de très légères modifications de leurs personnalités et très peu d'entre eux avait été séparé de leurs proches, cette malédiction ne ressemblait pas aux précédentes. C'était surtout Emma et Regina qui avaient vu leurs rôles et leurs vies s'inverser et c'était elles, que la fin de la malédiction, bouleversaient le plus.
Et donc, au loft se jouait une scène des plus improbables.
Il y eut un instant de flottement, comme si le temps s'arrêtait dans sa course folle. C'était le temps qu'il fallut pour qu'Emma et Regina remettent leurs pensées dans l'ordre. Les flash-backs étaient presque douloureux en s'insinuant dans leurs esprits :
Regina était la Méchante Reine de la Forêt Enchantée, magie, vengeance, mort, malédiction avaient été ses priorités après le décès de Daniel et son mariage forcé avec Léopold, elle avait fait de la vie de Blanche un enfer pendant des années avant de jeter le Sort Noir, en tuant son propre père. Elle avait sombré dans la folie, elle avait ensorcelé tous les habitants de son Royaume dans un monde sans magie où elle régnait en Maitre… non en Maire. Elle était le Maire de Storybrooke, elle était encore crainte malgré ses récentes bonnes actions… et elle était la mère adoptive d'Henry. Son cœur se serra douloureusement à l'idée qu'elle était bel et bien cette femme-là, une femme qui avait pu faire preuve d'une immense cruauté par le passé et dont la magie noire coulait toujours dans ses veines.
Emma n'avait pas été élevée par des parents stricts mais aimants, elle n'avait élevé Henry après ses années d'université, elle n'avait pas été élu Maire dans sa petite ville natal. Non elle n'était rien de tout cela…. Elle était une orpheline, abandonnée à la naissance dans un monde qui n'était pas le sien. Elle avait grandi seule, ballotée par le système, loin de la Forêt Enchanté et de ses parents qui n'étaient autre que Blanche-Neige et son Prince Charmant, elle avait dû se débrouiller seule, elle avait été une petite délinquante, elle avait donné naissance à Henry en prison et l'avait confié à l'assistance publique dans la douleur. Et puis dix ans après il l'avait retrouvé, elle était venue jusqu'ici parce que son destin était de déjouer la malédiction du Sort noire lancé par la Reine. Elle était la mère d'Henry, elle était douée de magie blanche, elle était la Sauveuse et elle faisait partie elle aussi du Conte mais quelque part, elle restait cette petite orpheline qui avait beaucoup de mal à croire aux fins heureuses.
Voilà qui elles étaient en réalité et en quelques secondes, toutes ces informations s'entrechoquèrent dans la mémoire des deux femmes et elles en étaient un brin étourdi.
« Regina ? C'était… c'était une vague de magie pure ? »
« Il semblerait. »
« Alors, toutes ces dernières semaines, c'était une malédiction ? » Redemanda Emma, désarçonnée.
« Oui, probablement, je ne vois que ça mais… Oh mon dieu, Emma, je suis désolé… j'étais en train de te … enfin nous étions en train de … » Bafouilla Regina en tentant de détourner les yeux d'Emma, complétement nue devant elle.
« Oui, apparemment. » Répondit Emma en couvrant sa nudité comme elle put avec un des coussins du canapé.
« Mais comment est-ce possible ? Comment on en est arrivé là ? Et qui a lancé cette malédiction, bon sang ?! Parce que pour une fois, je n'y suis pour rien ! » S'énerva Regina.
« Je ne sais pas… » Murmura Emma, légèrement attristée de voire Regina s'emporter.
Une fois le premier choc passé, Regina se leva, folle de rage. Elle prit conscience qu'elle ne portait qu'un string noir extrêmement sexy sur elle, alors elle attrapa le premier vêtement qu'elle trouva par terre - en l'occurrence la chemise blanche d'Emma - et l'enfila avant de la boutonné avec les mains légèrement tremblantes. Emma attrapa le plaid qui trônait sur le dossier du canapé et se couvrit avec, le rose aux joues. Regina détourna encore le regard et se mit à tourner en rond, l'air totalement dépassé par la situation. Son esprit s'embrouillait complétement, en partie par le fait qu'elle venait de se réveiller d'une malédiction en train de faire l'amour à la mère biologique de son fils adoptif et non pas à cause de la malédiction en elle-même et du fait que quelqu'un les avait ensorcelé, encore.
C'était trop compliqué à encaisser. Son esprit faisait le point entre la réalité, elle était Maire, elle était l'ancienne Méchante Reine de la Forêt Enchantée, et la réalité parallèle de la malédiction, elle était la barmaid sexy venu de New-York. Puis elle se souvint de la magie en elle, elle la sentait de nouveau pleinement en elle, elle regarda sa main et y fit éclore une flamme qui lentement se transforma en une boule de feu.
« Hey, stop, relax, calme-toi ! » S'exclama Emma, voyant la boule de feu naitre dans sa main.
« Quoi ?! Comment veux-tu que je me calme, tu… enfin on … on était… en train de … »
« Regina, réfléchit… On vient, toi et moi, de briser une malédiction dont on n'avait même pas conscience, ni l'une ni l'autre. » Argumenta Emma, d'un ton étrangement calme.
Regina se figea. Elle commençait à comprendre ce que cela impliquait : Emma était son véritable amour. Était-ce possible ? Était-ce vraiment cela que venait de faire apparaitre au grand jour la fin de cette malédiction ? Et Emma, qui semblait avoir intégré cela dès l'instant où elle s'était réveillée, était sereine et calme, avec une lueur affolante dans les yeux qui déstabilisait la Reine au plus haut point.
« Viens par-là » Dit Emma en lui tendant la main.
Regina hésita. Emma cherchait un moyen de ne pas la faire paniquer, ni la rendre plus en colère qu'elle ne l'était déjà. Elle semblait chercher comment aborder le problème avec tact mais le tact n'avait jamais été son fort.
« Tu sais que tu étais vraiment canon en barmaid, pantalon en cuir et débardeur des Pink Floyd ? » Lança-t-elle dans le but de détendre l'atmosphère pesante.
« Tu trouves ça drôle ? » Assena Regina, d'un ton tranchant.
« Oui. » Répondit Emma en retenant un petit rire.
Regina la fusilla du regard mais intérieurement, la flatterie l'avait tout de même touché mais il était hors de question de le montrer.
« Emma… » Souffla Regina, exaspérée.
« Quoi ? »
« Tu ne comprends pas ce qui vient de se passer ? »
« Oh si je comprends Regina ! »
« Et tu … tu es ok avec ça ?! »
« Quoi ? Si je suis ok avec le fait qu'on soit faite l'une pour l'autre ? » Demanda Emma, pour bien mettre des mots sur ce qu'il venait de se passer.
« Hm… oui ? » Répondit Regina, fébrile.
« Regina, je béni cette malédiction pour nous avoir fait prendre conscience de ça… et je ne sais pas qui l'a lancé mais si je le trouve, je vais le remercier. »
Regina resta muette devant l'élan de sincérité d'Emma, qui semblait prendre tout ça tellement mieux qu'elle.
« Regina, je ne nierais pas ce que cette malédiction m'a permis de découvrir… à savoir mes sentiments pour toi. » Reprit Emma.
« Mais il est là tout le problème … ce n'était pas moi, cette Regina-là, la barmaid, ce n'est pas moi. » Trancha Regina.
« Bien sûr que si, c'est une version de toi, mais ça reste toi. »
« Mais, non, je ne suis pas cette femme-là. »
« Eh bien peu importe, laisse-moi découvrir qui tu es vraiment alors et je suis persuadé que je l'aimerais aussi… » Répondit Emma sur un ton extrêmement doux.
Regina resta muette encore une fois, dévisageant Emma d'un air incrédule et Emma se pencha pour tenter de l'embrasser mais la brune se figea. La personnalité de Regina Mills, Maire austère et ancienne Méchante Reine, refaisait surface et c'était trop difficile à encaisser. Trop de choses se mélangeaient dans son esprit. Durant la première malédiction, celle qu'elle avait elle-même lancé, elle était resté elle-même contrairement à tous les autres, alors expérimenter la double personnalité, c'était nouveau pour elle et apparemment c'était un peu de trop à surmonter.
« Non, non, c'est trop… beaucoup trop… compliqué. » Répliqua Regina en repoussant Emma.
Regina paniqua totalement. Elle se releva et attrapa son pantalon noir et ses bottines, elle les enfila et quitta le loft à la hâte.
Elle était totalement perturbée par ce qu'il venait de se passer avec Emma, et par la fin de cette malédiction qui la ramenait brutalement à sa triste réalité, une femme qui avait fait trop de mal dans sa vie pour mériter qu'on l'aime. En traversant la rue, elle aperçut sa Mercedes noir à l'emplacement où Emma avait garé la sienne, blanche. Elle se retourna et jeta un coup d'œil dans la contre-allée de l'immeuble où elle avait garé sa New Beetle violette et à la place il y avait la vieille Coccinelle jaune d'Emma. Tout semblait donc avoir repris sa place.
Mais sa place à elle, où était-elle ? Son esprit chavira, elle était de nouveau Madame le Maire, elle était de nouveau l'ancienne Méchante Reine avec son caractère tranchant et son humeur de chien, celle que certains redoutaient encore, celle qui au fond se savait détesté de tous mais Gina, la barmaid, la stripteaseuse venue de New-York, la femme assumée et décomplexée, cette femme lui collait encore à la peau. Ses deux vies s'emmêlaient et Regina perdait pied.
Alors finalement qui était-elle aujourd'hui ? Pouvait-elle concilier deux être en apparence si différent dans un seul esprit. Elle était perdue.
~SQ~
Emma était restée planté là, regardant Regina se rhabiller à la hâte et décamper. Elle avait mis un temps avant de réagir et de s'habiller avec les vêtements qu'elle trouva échoué sur le sol, à savoir ses sous-vêtements, son pantalon chino et le t-shirt de Regina qu'elle avait laissé là, puisque la brune avait enfilé la chemise blanche avec laquelle Emma était habillée peu de temps avant.
Emma voulu la poursuivre mais une fois arrivée dans la rue, elle n'eut le temps que d'apercevoir les phares de la Mercedes noire de Regina tourner au coin de la rue. Elle était partie. Elle l'avait planté là et Emma sentit son cœur se briser dans la douleur. Un poids lourd s'abattit sur ses épaules devenues soudain frêles, un choc si dévastateur qu'un 35 tonnes la percutant de plein fouet n'aurait pas fait plus de dégâts. La douleur de l'abandon. Encore.
Elle essuya ses larmes d'un revers de la main, elle songea à laisser tomber, elle songea à tout arrêter là, renoncer à cet amour qui venait de prendre forme, renoncer au bonheur. Regina avait peut-être raison, tout ça était surement trop compliqué. Comment pourraient-elles s'aimer après s'être tant détestées ? Pourquoi s'acharner quand l'autre disparait de la sorte ?
Et puis, elle prit conscience de la difficulté que ce devait être pour Regina d'affronter cette vérité, d'affronter la réalité. Regina avait besoin de temps et de preuve, et Emma était persuadée qu'elle pouvait relever ce défi mais il fallait battre le fer tant qu'il était encore chaud. La Sauveuse n'allait pas abandonner au premier obstacle. C'était hors de question. Elle avait mis tant de temps à croire aux Contes de Fées, à croire à l'amour véritable, à la magie et à toutes ces histoires que maintenant que c'était à elle que ça arrivait, elle ne pouvait pas y renoncer.
Elle prit son courage à deux mains et partie à sa recherche, mais sa vieille coccinelle jaune refusa de démarrer, elle perdit un temps fou à pester contre elle et à taper dans la carrosserie déjà cabossé avant de partir en courant dans les rues de Storybrooke. Elle commença par le Manoir, songeant que Regina avait dû s'y réfugier mais elle ne trouva personne. Elle alla ensuite à la Mairie mais le bâtiment était totalement vide en ce dimanche après-midi.
En chemin, elle croisa un tas de gens qui parlaient de la Malédiction, y allant de leur théorie fumeuse et de leur agacement perpétuel pour ce genre d'évènement. Ils tentaient de l'arrêter et de lui en parler, puisqu'elle était la Sauveuse elle devait en savoir plus qu'eux, mais elle déclina les conversations avec empressement et continua de chercher Regina. Sauf qu'en repassant devant le Granny's Diner, elle croisa sa mère, paniquée, qui la stoppa dans son élan.
Mary-Margareth avait repris ses esprits et avait tout de suite songé au rapprochement qu'elle avait entrevu entre sa fille et la mystérieuse barmaid, autrement dit, Regina son ex-belle-mère, le cauchemar de sa vie. Alors elle s'empressa de communiquer son inquiétude à sa fille, mais Emma n'était vraiment pas d'humeur.
« Non, maman ! J'ai vraiment pas le temps pour ça maintenant ! »
« Mais enfin il faut qu'on parle de cette malédiction et de … »
« Non ! Je ne peux pas, je dois retrouver Regina. »
« Il se passe quoi entre vous ? Et qui a rompu le sort ? Et qui l'a lancé d'ailleurs ? Et dans quel but ? » Enchaina Mary-Margareth sans laisser de répit à sa fille.
« Maman ! stop. Je ne sais pas qui a lancé cette nouvelle malédiction, tout ce que je sais … c'est que Regina et moi l'avons rompu. »
« Quoi ?! Vous … vous vous êtes embrassées ? » Demanda sa mère, un tantinet écœuré.
Emma n'avait nullement envie de discuter des circonstances de l'annulation de cette malédiction avec sa mère, mais devant cet air dégouté qu'elle essayait à peine de dissimuler, elle décida de ne pas l'épargner.
« Il fallait plus qu'un baiser pour rompre le sort ce coup-ci, du coup on s'est réveillé dans une situation un peu gênante et maintenant je dois rattraper le coup ! »
« Quoi ? Euh, que veux-tu dire par... Oh, non… mon dieu ! » Lança Mary-Margareth en comprenant enfin les paroles de sa fille.
« Maman, je l'aime. Et rien de ce que tu pourras dire, ou faire, ne changera ça. Je l'aime et je dois arranger les choses. »
Sur ce, Emma reparti en courant, laissant sa mère, choquée et abasourdie sur le trottoir. Portée par sa volonté à revoir au plus vite la femme qu'elle aimait, Emma courait à travers la ville, entre désespoir et espérance. Il y avait un tas d'endroit où Regina aurait pu se réfugier, son caveau, la tour de l'horloge ou encore les écuries ou bien même la cabane de Rumpel au fond des bois, et si elle voulait vraiment échapper à Emma, elle en avait les moyens maintenant qu'elle avait retrouvé ses pouvoirs.
Emma se calma deux secondes, elle était dans un tel état de stress que ça l'empêchait de réfléchir correctement. Elle s'arrêta et pris une profonde inspiration, elle se reconnecta avec elle-même et elle sentit de nouveau toute l'étendue de ses pouvoirs magiques couler dans ses veines et d'un seul coup, elle savait. Elle savait exactement où trouver Regina.
Le bout du ponton sur la jetée.
~SQ~
Et effectivement, Emma retrouva Regina au ponton, tournée vers l'horizon, perdue dans ses pensées. Elle cessa de courir quand elle aperçut sa silhouette au loin, elle avança d'un pas pressé mais tenta de calmer sa respiration et les battements de son cœur. Elle avança sur le ponton le plus calmement possible et elle savait que Regina l'avait senti arrivée. C'était en elles à présent, leurs magies étaient connectées et Regina la sentait approcher, toutefois elle fut soulagée de ne pas la voir s'envoler dans un nuage de fumée pour lui échapper.
Emma s'accouda à la rambarde, juste à côté de Regina mais sans la coller de trop près. Elle jeta un petit coup d'œil à la brune, dont le visage était fermé, les yeux rougis par de récents pleurs, puis elle tourna son regard vers l'horizon. Elle laissa passer un moment de silence, laissant Regina s'accoutumer à sa présence.
« Regina ? »
« Quoi ? » Dit-elle un peu sèchement, ce qui atteignit Emma en plein cœur.
« Je… je ne veux pas m'imposer… je veux juste que tu saches que je suis là, et que je t'attendrais… Et que, s'il le faut, je m'emploierais à te séduire dans cette vie-là aussi, que je ferais absolument tout pour qu'on soit ensemble parce que ce que j'ai ressenti pendant cette malédiction n'a pas disparu une fois le sort rompu… bien au contraire. »
« Comment tu peux dire ça ? Comment tu peux prétendre m'aimer Emma ? Je … je suis la Méchante Reine, je suis celle que tu es censé détester de toutes tes forces. »
« Ce temps est révolu Regina, on s'est déjà détestées toi et moi, et on est passé au-dessus de ça depuis longtemps. On a combattu côte à côte, on a sauvé Henry ensemble, on n'est plus des ennemies jurées… n'est-ce pas ? »
« Peut-être et après … quoi ? On est censé oublier que notre passé est si compliqué et roucouler d'un amour parfait ? »
« Je me doute que ça ne sera pas toujours simple et facile. On aime trop se voler dans les plumes toi et moi mais … on pourrait essayer non ? »
Regina secoua la tête et émit un petit soupire presque dédaigneux face à la détermination et l'espoir presque futile de la Sauveuse. Puis ses yeux, embués de larmes, se posèrent sur Emma, elle la regarda comme si elle était un joyau que jamais elle ne pourrait posséder. Sur son visage, Emma pouvait lire une telle tristesse que son cœur se serra d'une profonde angoisse.
« Gina… parle-moi, je t'en supplie ! Tu… tu ne veux pas être avec moi ? … pourtant cette vague de magie, elle ne peut vouloir dire qu'une seule chose, toi et moi… on est faite pour être ensemble. »
« Et c'est toi, la sceptique, qui me dit ça ? Toi qui n'y as jamais vraiment cru ? »
« Mais j'y crois maintenant… aujourd'hui plus que jamais. »
Regina replanta son regard vers l'horizon, incapable de soutenir de regard plein d'espoir d'Emma.
« Quand j'étais cette femme, la barmaid, la danseuse et stripteaseuse de ces clubs new-yorkais, j'étais seule, pendant plus de la moitié de cette vie-là, j'ai été seule et puis il y a eu toi… je n'avais plus l'impression d'être seule, depuis que tu étais entrée dans ma vie, je me sentais complète, comme si ma vie avait enfin un sens… et finalement tout ça n'était que du flan, les rouages d'une malédiction sournoise, visant sans doute à me briser encore un peu plus, comme tout ce qu'il m'arrive dans la vie. » Lâcha Regina, plus désespérée que jamais.
« Mais pourquoi ça ne serait pas vrai comme ça l'était pendant la malédiction ? Pourquoi ce qu'on a partagé dans cette autre réalité ne peut-il pas être vrai ici et maintenant ? »
« Parce que c'est toi et moi, Emma, enfin voyons, tu ne vois pas le paradoxe ? J'étais la belle-mère de ta mère, j'ai été celle qui l'a poursuivi toute sa vie, j'ai fait de sa vie en enfer juste par vengeance, alors que la vraie coupable était ma propre mère. Elle t'a abandonné pour que tu échappes au Sort Noir et que tu nous sauve tous, tu as été orpheline, mal aimé et perdue dans un monde qui n'était pas le tien, tout ça par ma faute. Comment pourrais-tu m'aimer dans cette vie-là Emma ? C'est impossible. »
« Il n'y a rien d'impossible. Et justement, c'est peut-être à moi de te sauver d'un funeste destin sans fin heureuse, il n'y a peut-être que moi, justement, qui peut t'apporter ça… Et il n'y a peut-être que toi qui peut m'aimer et réparer tout ce qui a été fait par le passé. Ainsi toi et moi, on bouclerait la boucle. On mettrait fin à toute cette histoire absurde. »
« … »
« C'en est presque tout à fait logique. »
« Non, rien de tout ceci n'est logique ! » Cria Regina, la voix tremblante.
« Moi je trouve que si… et puis même si ça ne l'était pas, l'amour n'a jamais rien eu de raisonnable, n'est-ce pas ? » Argua Emma.
Regina luttait contre elle-même, une part d'elle voulait véritablement y croire, la vague de magie qui avait brisé la malédiction était là pour le prouver après tout, mais sa tendance à l'acharnement et son incorrigible entêtement ne pouvait pas admettre qu'Emma était sa fin heureuse. Certes, elle l'avait détesté autant qu'elle l'avait trouvé séduisante, malgré sa façon inélégante de se tenir et son incomparable insolence. Certes, elle était la mère biologique d'Henry, qu'elle avait envié autant qu'elle l'avait détesté mais aussi remercié d'avoir mis au monde leur fils pour qu'elle puisse prendre soin de lui et devenir mère à son tour. Certes, elle était la fille de Blanche et David, un couple lié de par amour véritable qui lui sortait par les yeux depuis toujours, car elle pensait avoir perdu le sien il y a bien longtemps. La jalousie et la vengeance l'avait fait survivre à la peine pendant trop longtemps, et cela avait laissé beaucoup de séquelles et depuis elle avait beaucoup de mal à faire confiance et à se laisser approcher de trop près, de peur que l'on devine la peine qui imprégnait son cœur noircit.
Et Emma était aussi la Sauveuse, l'antipode d'elle-même, la Méchante Reine. Mais Emma était bien plus que cela, et Elle, elle n'était plus la Reine maléfique qu'elle avait été. Alors peut-être que tout cela avait un sens après tout ? Non, elle était la fille de son ancienne ennemie jurée, c'était impossible à concilier ?
Regina perdait pied, elle se sentait au bord de la crise de démence, au bord de la crise maniaco-dépressive, à la limite de la schizophrénie. Trop de questions sans réponse se bousculaient en elle et ses yeux débordèrent de larmes. Emma eut envie de la prendre dans ses bras, elle amorça le geste mais Regina se recula.
« Je… je ne peux pas… je suis désolé Emma, vraiment désolé… mais toi et moi, ça n'a aucun sens. » Gémit-elle, retenant ses sanglots.
« Mais… »
Regina recula et commença à partir.
« Regina ! Ne me laisse pas comme ça… » Supplia Emma, au bord des larmes, avançant de quelques pas vers elle.
« S'il te plait, ne me suis pas. » Conclut Regina d'un ton beaucoup trop froid, mais la voix étranglée par le chagrin.
Emma resta sur place, le cœur en mille morceaux. Elle savait que Regina avait juste du mal à encaisser, elle savait que c'était compliqué pour elle de s'avouer la vérité et de se laisser aller à de tels sentiments. Elle savait combien la Reine était complexe et combien ouvrir son cœur était compliqué mais ça ne l'empêcha pas d'être blessée.
Regina quitta le ponton sans se retourner et Emma s'effondra, assise sur les lattes en bois, la tête appuyée contre la rambarde, les joues en larmes, le cœur gonflé d'une peine douleur et insoutenable. Finalement le retour à la réalité était bien difficile à supporter.
~SQ~
Oui, le retour à la réalité avait été bien cruel.
Regina se réappropria le Manoir et s'enferma dans son bureau pour le reste de la journée. Emma, après avoir passé un temps considérable en larme sur le ponton, regagna le loft et s'effondra dans le lit dans la chambre du haut, incapable de jeter le moindre coup d'œil au canapé du salon qui avait été le témoin d'un bonheur trop fugace.
Elle en venait à souhaiter que cette foutue malédiction n'ait jamais pris fin, elle aurait préféré vivre dans le mensonge tout le reste de sa vie tant qu'elle pouvait être avec elle. Puis elle songea que Regina allait récupérer son fils, après tout, s'était égoïste de vouloir l'en priver, alors finalement, il fallait s'y faire, les choses rentreraient dans l'ordre et elle devait reprendre sa vie là où elle l'avait laissé. Pourtant son esprit ne pouvait s'y résoudre et elle ne cessait de revoir des flashs de tous ces moments passés avec la Regina de la Malédiction, la femme en pantalon de cuir et au sourire ravageur, la femme qui jouait aisément à jongler avec des bouteilles d'alcool derrière son comptoir du bar, la femme au charme insolent qui l'avait ouvertement séduite, la femme dont elle était tombée éperdument amoureuse.
Sans le savoir, Regina faisait la même chose de son côté, assise à son bureau, un verre de Scotch à la main et les yeux dans le vague, elle ne pouvait cesser de penser à Emma, leur histoire la hantait. Elle ne pensait qu'à cela, à leur rencontre sur le ponton, à ces soirées en sa compagnie, à ce vol en avion qui l'avait émerveillée, à leurs regards et leurs gestes qu'elles avaient tendrement échangés. Dans le silence, elle entendait encore le rire d'Emma résonner, elle la revoyait en tailleur chics dans le rôle de Maire strict et intransigeante, elle la revoyait souriant à son fils dans le rôle de la mère célibataire dans l'intimité de leur foyer. Elle sombrait lentement vers la folie, luttant contre ce que lui dictait son cœur. Cette malédiction allait avoir raison d'elle, elle aurait voulu qu'elle ne prenne jamais fin.
En ville, les habitants reprenaient lentement leurs vies eux aussi et Henry retrouva sa grand-mère en pleine discussion avec Ruby au Granny's Diner. Mary-Margareth était à la limite du blasphème et ne cessait de se plaindre que cette malédiction était un mauvais tour du Diable en personne. Henry, qui avait aussi été témoin du rapprochement entre Emma et Regina, ne voyait pas du tout les choses de la même manière que sa grand-mère et après l'avoir écouté un moment sans se faire remarquer, il sorti de ses gongs :
« Non, mais, Grand-mère, t'es sérieuse là ?! » Hurla-t-il au point de faire sursauter tout le monde.
« Quoi ? »
« Tu es censé être la première à croire en l'amour véritable, aux arcs-en-ciel et aux licornes ! Et là, sous prétexte que c'est ta fille, tu ne veux pas y croire, tu renie tout ce que vous êtes, vous les personnages de Conte de Fée, parce que tu refuses d'admettre qu'Emma ait enfin trouvé le bonheur ?! »
« Pas comme ça… c'est inconcevable… pas avec … Elle. »
« Elle ? Tu parles de ma mère je te signale, Regina est aussi ma mère ! »
« Oui, je sais Henry, et les choses se sont plus ou moins arrangé entre elle et moi, je sais qu'elle a changé, qu'elle n'ait plus aussi maléfique qu'avant, qu'elle fait tout pour se repentir de ses anciennes actions, qu'on a enterré la hache de guerre… mais elle ne peut pas être … enfin, non… pas avec ma fille… »
« J'ai du mal à croire que c'est toi qui dis ça, j'ai du mal à croire que tu n'acceptes pas ce qu'il se passe entre elles ! Elles ont déjoué une malédiction tout de même, grâce à elles, on a retrouvé nos vies ! »
« Bah, apparemment, il n'y a pas que moi qui ait du mal à y croire ! » Lâcha presque méchamment Mary-Margareth.
« Comment ça ? »
« J'ai croisé Emma tout à l'heure, elle avait l'air totalement bouleversée et elle cherchait Regina. Je crois que la Méchante Reine, elle aussi, a dû mal à se faire à cette révélation. Elle a raison, qu'elle abandonne cette idée, ça sera mieux pour tout le monde. » Lança Mary-Margareth comme si ça lui faisait plaisir que tout ne soit pas si facile entre elles.
Henry eut un air de dégout face à la réaction de sa grand-mère.
« Quoi ? Maman ne l'accepte pas ? »
« Je crois que non. »
« Merde ! » Fit Henry avant de déguerpir du restaurant sans se retourner.
« Hey où tu vas gamin ? » Lança Ruby sans avoir de réponse.
Henry fila jusqu'au loft, il ne savait pas laquelle de ses deux mères il allait trouver là-bas mais il en trouverait bien une à coup sûr. Il frappa et entra en même temps.
« Maman ? »
Pas de réponse. Il n'entendit qu'une sorte de grognement venant de l'étage et il s'y précipita. Il trouva Emma, allongée sur le lit, la tête enfouie dans les oreillers et qui avait toute la peine du monde à se redresser. En le voyant, elle essuya ses larmes et tenta de faire bonne figure mais en vain. Elle avait toujours fait bonne figure, toute sa vie, elle avait serré les dents et ne s'était jamais laissé aller mais aujourd'hui s'en était trop pour elle, non seulement tous ses mauvais souvenirs de sa vraie vie refaisaient surface et en plus, pour une fois qu'elle laissait ses sentiments s'épanouir, elle se voyait rejeter. C'était trop, elle ne le supportait pas.
« Merde maman… » Murmura Henry, dévasté de voir sa mère dans cet état.
« Hey, Gamin, salut… tu vas bien ? T'as vu… c'était une malédiction en fin de compte. » Dit-elle en tentant de faire la conversation.
« Ouais, j'ai vu ça. »
« Tout rentre dans l'ordre maintenant. » Tenta de dire Emma sans lâcher de sanglot.
Henry s'approcha et s'assit à ses côtés.
« Maman, il s'est passé quoi au juste ? »
Emma ravala ses larmes pour faire face comme elle pouvait, elle passa ses mains sur son visage et les joignit devant sa bouche en soupirant, réfléchissant à la façon d'aborder ça avec son fils.
« Pour faire court… ta mère et moi, on a rompu une malédiction dont on ne soupçonnait même pas l'existence et du coup… ta mère est redevenu elle-même… elle a pris peur… elle m'a laissé en plan. »
« La vague de magie c'était bien vous alors ? Vous avez échangé un baiser d'amour véritable ? »
Emma hocha simplement la tête.
« Et maman n'a pas géré ? »
Emma hocha la tête par la négative, retenant encore ses larmes qui menaçaient de plus belle de couler sur ses joues.
« Tu la connais, elle est butée et des fois elle refuse de voir la vérité, même quand on la lui sert sur un plateau. »
« Elle a été clair, elle n'y croit pas. »
« Elle est idiote. »
Emma lâcha un petit rire malgré elle.
« Hm, non, ta mère est tout sauf idiote. »
« Peut-être mais elle est surement terrifiée, tu sais, le changement, ça la terrifie. »
Emma soupira.
« Mam' ? »
« Oui, Henry ? »
« Est-ce que tu l'aimes ? »
La gorge d'Emma se serrait de nouveau, ses larmes étaient sur le point de déborder et elle eut du mal à répondre.
« Putain, oui, je l'aime… qu'elle soit la barmaid de New-York ou qu'elle soit la Maire strict de Storybrooke … ou qu'elle soit la Méchante Reine de la Forêt Enchanté… je crois que j'aime toutes les versions d'elle. » Finit-elle par lâcher.
« Alors on ne lâche rien ! Elle va revenir à la raison, elle va se rendre compte qu'elle t'aime aussi et qu'elle ne peut pas vivre sans toi… et s'il faut, on va lui donner un coup de pouce ! »
« C'est gentil gamin mais je serais toi, je ne m'en mêlerais pas à moins de vouloir s'attirer ses foudres. »
« Je suis son fils, que veux-tu qu'elle me fasse à moi ? »
Emma haussa les sourcils, il n'avait pas tort, si quelqu'un pouvait encourager Regina à faire face à ses sentiments, c'était bien Henry.
« T'inquiète pas mam', tout finira par s'arranger … tôt ou tard… parce que vous êtes des âmes-sœurs. »
« Ouais, enfin, on parle de ta mère là, tu sais, la femme la plus têtue de tout le Royaume ! »
« Je crois que tu es plus têtue qu'elle ! »
« Hey ! » Lâcha Emma en lui tapant gentiment le bras.
Emma respira profondément, parler avec son fils venait de lui faire un bien fou. Son enthousiasme à tout épreuve et sa conviction profonde qu'elles seraient très bientôt de nouveau ensemble, lui fit comprendre qu'elle ne devait pas abandonner même si pour l'instant il n'y avait que le chagrin qui la gagnait. Elle serra son fils très fort dans ses bras. Il se laissa faire un moment, sentant que sa mère en avait besoin puis, en tout bon ado de treize ans qui se respecte, il se dégagea de l'étreinte en chouinant.
« Allée, l'opération '' reconquête'' est lancé ! » Dit-il en se levant du lit et en partant vers l'escalier.
« Quoi ? Comment ça ? Et où tu vas ? »
« Mettre à exécution la première étape de mon plan ! »
« Non, Henry, ce n'est pas une bonne idée ! »
« Ah, chut, tu n'as pas ton mot à dire… et puis là, je vais surtout rejoindre ma mère après la fin d'une malédiction qui nous avait séparé. » Dit-il en lui faisant un clin d'œil.
Emma ne trouva rien à redire, il fallait bien que ces deux-là se retrouvent de toute façon alors elle le laissa partir.
~SQ~
Henry entra en trombe dans le Manoir et la porte claqua derrière lui.
« Maman ?! » Hurla-t-il.
Regina sursauta, elle se précipita dans le couloir et fit face à Henry. Ils se scrutèrent quelques secondes puis il se précipita dans ses bras et la serra très fort. Regina eut un temps d'absence, son fils, elle retrouvait enfin son fils. Elle l'enlaça de ses bras, le blottit fort contre sa poitrine et plongea son nez dans ses cheveux pour sentir son odeur – elle en profita, bientôt il serait trop grand pour qu'elle puisse faire ça. Tout son être se décomposa. Il lui avait tellement manqué même si pendant la malédiction elle n'en avait pas eu conscience.
« Mon petit prince, tu es là. » Murmura-t-elle, à la limite de pleurer.
« Oui maman, je suis là. »
« La malédiction nous avait séparé, je suis désolé mon chéri. »
« Ne t'excuse pas, ce n'était pas ta faute mais maintenant je comprends pourquoi j'ai été intrigué la première fois que je t'ai vu. »
Elle le regarda, l'inspecta sous toutes les coutures, avant de le serrer de nouveau contre elle.
« Quand je suis revenu à la maison tu n'étais pas là. Où étais-tu ? » Demanda Regina.
« J'étais avec Emma. »
« Oh. » Lâcha Regina, confuse.
Elle lâcha son fils et déambula dans le salon, puis dans la cuisine, à la recherche de quelque chose à faire pour cacher sa gêne et son malaise. Henry la suivit et la regarda faire, elle fouillait dans le frigo tout en marmonnant à voix basse, elle sortit un reste de plat de lasagne fait maison, elle alluma le four, elle se servit un verre de vin et elle évitait délibérément le regard de son fils, qui pourtant ne la lâchait pas des yeux.
« Quoi ?! » Finit-elle par demander sous ce regard insistant.
« Elle ne va pas bien, tu sais. »
« Hm… oui je sais… » Murmura-t-elle.
Henry continuait de la regarder sans rien dire, voulant qu'elle réagisse.
« Et c'est de ma faute, oui je sais aussi. » S'énerva-t-elle.
Henry retint un sourire en coin, elle réagissait, elle admettait sa responsabilité, c'était la première étape, mais il devait faire attention à ne pas être trop frontal avec elle, ou elle se braquerait pour de bon.
« Et tu comptes faire quoi pour y remédier ? »
« Rien du tout. »
« T'es sérieuse ? »
« Elle s'en remettra. »
« Hm… et toi, est-ce que tu pourras t'en remettre ?! » Lâcha Henry d'un ton très impertinent avant de quitter la cuisine et de laisser sa mère en plan.
Regina resta interdite face à la dernière réplique cinglante de son fils. Il était apparemment au courant de tout et, de toute évidence, il lui en voulait de sa façon de réagir. Bon sang, elle avait réussi à rompre une malédiction tout de même, elle avait trouvé son amour véritable et elle était incapable d'y faire face, incapable d'admettre qu'enfin elle avait une chance de vivre heureuse, incapable de se dire qu'enfin son tour était venu et que le malheur et la solitude ne devait plus forcément être son quotidien. Mais elle était trop habituée à cela, franchir le pas était trop compliqué et surtout, l'idée de perdre une nouvelle fois l'amour était insupportable. L'idée même qu'un jour, elle pourrait la perdre lui donnait envie de pleurer alors il valait mieux ne rien commencer du tout, plutôt que de prendre le risque de mourir de chagrin tôt ou tard. C'était fou mais il lui semblait tout d'un coup que perdre Emma serait pire que perdre Daniel, et elle refusait de prendre ce risque.
Avec tout ça, elle en avait oublié Robin, celui que Clochette avait un jour présenté comme son futur grand amour. Elle se souvint qu'elle avait commencé à flirter avec lui avant que sa femme ne revienne d'entre les morts. Elle balaya cette pensée d'un geste de la main, cet homme n'était pas fait pour elle ou peut-être l'avait-il été dans une autre vie, une vie où ils seraient tous restés dans la Forêt Enchantée, une vie où elle n'aurait jamais lancé le Sort Noir. Mais dans cette vie-là, à Storybrooke, dans le monde moderne, il n'y avait qu'Emma qui remplissait toutes ses pensées, même si c'était contre son gré, même si c'était pour rager contre elle les trois-quarts du temps, il n'y avait que cette grande blonde insolente dans son esprit et ce depuis bien longtemps à vrai dire.
Mais elle refoulait farouchement toute cette histoire et tous ses sentiments confus qui se bousculaient en elle. Elle balança le plat de lasagne dans le four, régla le minuteur et partie finir son verre sur la terrasse, les mâchoires serrées, retenant ses larmes. Encore une fois, elle était en train de tout gâcher.
