Chapitre 6

Personne ne peut vraiment imaginer à quoi ressemble Azkaban. Il y fait perpétuellement nuit, les cris sont assourdissants, la nourriture est infect, les gardiens sont cruels, et le silence fait peur. Cela faisait 2 semaines que Ron était enfermé dans sa cellule 20h/24 et il n'en pouvait déjà plus. Il espérait presque même que son exécution arrive, qu'on en finisse. Personne ne viendrait l'aider, il n'avait plus d'amis. Ses parents avaient sans doute hâte de se séparer de ce fils indigne qui les avait rejeté pendant 5 ans. Son ex-petite amie allait se marier, sa sœur était venue constater les dégâts mais ne pouvait rien faire. Harry était loin et sans doute avait-il reconstruit sa nouvelle vie sur des bases saines. Pendant les 4h de semi liberté, Ron était enfermé dehors dans une grande cage, elle-même enfermée dans une énorme cage. Autour de lui, personne, autour de sa cage, eux. Les autres. Les criminels, mais les vrais ! Il reconnaissait Greyback qui avait finalement été capturé par les aurors il y a 4 ans de cela. Il le regardait en bavant, sans doute se disait-il qu'il allait ruiné aussi la vie de ce Weasley. La cour était un véritable marché, où lorsque les promesses n'étaient pas honorés, votre corps était retrouvé torturé dans un coin. Car ici, les baguettes étant confisquées, les seules armes étaient les sortilèges informulés, et les armes des moldus. Les sortilèges à voix hautes étaient interdits, et un halo magique empêchait tous les sorts impardonnables. Mais, l'histoire est bien connue, les règles on peut toujours les contourner. Ron voyait à travers les grillages électriques un petit homme encapuchonné murmuraient des paroles inaudibles qui firent tomber un vieillard en le faisant remuer comme un dément. Les gardiens ne s'en préoccupent pas, ils l'ont bien cherché pensaient-ils. Ils préféraient profiter de la faiblesse des autres pour mettre au point des échanges pas très honnêtes. Ainsi, se troquaient des âmes contre des ingrédients pour potion. Voldemort venait recruter comme cela, en promettant, en donnant un peu d'espoir. Quand vous sortirez je serai là, je vous offrirai mon aide et vous vous m'obéirez.

Les bagarres mêlaient aux règlements de compte, Ron arrivait à entrapercevoir un jeu d'échec au fond de la cour. Il aurait donné n'importe quoi pour revivre une de ces batailles virtuelles qu'il aimait tant. Au lieu de cela, il devait se contenter d'un arbre comme distraction. Il ne savait pas qui de tous lui faisaient le plus peur. Les anciens de Poudlard qui avaient mal tourné, les partisans de la magie Noire, où les gardiens. Le pire de tous étaient une femme, mais pas n'importe laquelle. Ombrage. Les prisonniers la méprisaient mais elle avait sur tous une forte emprise. Elle était dans son élément. Ron ne pensait pas la revoir de si tôt, il fallait croire que Fudge avait vraiment perdu la raison. Elle s'approcha alors de Ron, non plus vêtue de ses immondes tailleurs roses, mais d'un costume de sorcière noir.

- Quelqu'un te rend visite Weasley, profites en. Ce sera peut-être ton dernier contact avec le monde des vivants honnêtes.

Ron était stupéfait. Alors qu'il sortait de sa cage et traversait celle des autres détenus, il se posait des questions. Il n'osait pas poser ses yeux sur quiconque. Ombrage lui serrait très fort le bras. Une femme gardien vous dîtes ? Cela ne doit pas être bien dur à exterminer. Tous les captifs avaient autour du coup une sorte de collier métallique relié au réseau des caméras. En effet, étant observé dans la Cour, les autorités pouvaient aisément punir les condamnés par une décharge électrique aussi puissante qu'un endoloris. Ces sorts avaient pour but d'empêcher quiconque de se rebeller et donc de récidiver. Ron en recevait quelques fois, pour rien. Simplement parce qu'on le détestait là haut. Ron risqua un regard vers le haut du bâtiment en pensant très fort que le chef de cette prison était sans doute lui aussi un allié de Voldemort.

- S'il vous plait, je ne vais pas m'en aller. Enlevez moi ce collier. Je suis enfermé dans une cage, et vous m'observez ! 5 gardes sont autour de moi ! qu'est-ce que vous craignez ?

- Que tu t'y habitues, petit crétin lança Ombrage sur la défensive.

Il pénétra dans la " salle " et vit à travers la vitre incassable une présence tout à fait déconcertante. Elle.

Celle qu'il n'avait jamais cessé d'aimer.

Celle à qui il avait brisé le cœur bien contre sa volonté.

Celle qui devait plus quiconque le voir mort et enterré.

Voyant que le jeune homme ne tenterait pas le premier mot, elle prit une inspiration et dit :

- Je suis ton nouvel avocat.

5 bonnes minutes de réflexion pour le rouquin pour analyser le contenu de la phrase d'Hermione.

- Mais…je…

- Oui, j'ai changé d'avis. Elle le fuyait du regard

- Entrons dans le vif du sujet. Parle moi de cette nuit. Tous tes projets. Qui as-tu prévenu, où se trouvait exactement Malefoy au moment où tu as pointé l'arme dans sa voiture. Dans quelle main tenais-tu ta baguette…pour…

Ron n'écoutait plus. Elle parlait comme son ancien avocat. Il la regarda fixement, elle lui avait tant manqué. 3 ans qu'ils ne c'étaient pas revus.

Soudain…

- Comment ça va ? lança Ron, sans qu'il ne s'en aperçoive

Elle écarquilla les yeux.

- Euh…ça va, et toi tu…c'est pas trop dur ? Elle admit qu'elle aurait dû poser cette question en arrivant, mais elle était assez nerveuse.

- Plus maintenant dit Ron

Il n'avait plus peur. Il aurait cette chance inouïe avant de recevoir le baiser du détraqueur de pouvoir s'expliquer avec Hermione.

Hermione avait fait le bon choix.