Chapitre 7

Harry réfléchissait, à vrai dire il réfléchissait depuis des mois et des mois ; or la condamnation si soudaine de Ron avait précipité les choses. Il avait pratiquement convaincu Hermione de poursuivre ses recherches, et il ne pouvait qu'espérer qu'elle le fasse. Aujourd'hui allait être un grand jour, le début de tout, pour d'autres le début de la fin. Comment savoir si tout allait marcher ? Il s'était posé cette question des millions de fois. Il avait appris bien des choses, percé de nombreux secrets, découverts des stratagèmes. La promotion de Ginny Weasley au rang de Docteur à Azkaban tombait à pic, Harry mettait plus de chances de son côté. Hormis le fait de laisser une trop grande place à ses sentiments dans son esprit.

Le jeune homme regarda la pendule, 18h, il sortit de son repaire. Harry Potter était de retour.

Le lendemain...

Le réveil sonna, 6h du matin, elle se leva brusquement comme à son habitude. Pas le temps de flâner, aujourd'hui était un jour particulier, elle avait droit à une entrevue plus longue avec son frère. Il y avait aussi cette opération qui lui avait occupé l'esprit toute la soirée. Errol entra par sa fenêtre en se cognant dans les volets.

Quel imbécile ! pensa-t-elle, il vieillit plutôt mal. Il y avait une lettre de sa mère qui prenait de ses nouvelles et de celles de Ron. Elle lui répondit rapidement pour ne pas l'inquiéter davantage. Puis, elle ouvrit l'emballage d'un magazine. La célèbre Gazette à laquelle elle s'était abonnée depuis longtemps. Et là, le drame. La Une scandait :

" L'Elu réapparaît derrière les barreaux "

Flash Back

Dans sa robe de sorcier jaune – uniforme des prisonniers d'Azkaban -, Harry Potter entrait dans sa nouvelle demeure, la tête haute. Il était entouré de deux gardiens qui lui étaient inconnus. On lui avait confisqué sa baguette et tous ses effets personnels. Ses cheveux étaient en broussaille puisqu'on pouvait à peine distinguer la cicatrice sur son front, symbole de son destin. Ses mains étaient entravées par un sortilège, mais son regard vert émeraude, héritage de sa mère, pétillait toujours autant.

- Allez, on attend le chef. C'est pour te montrer ton nouveau palais, Potter ! cracha l'un des gardiens.

Harry lut furtivement son nom, accroché à sa chemise : Todd. Le jeune homme profita de cette pause pour examiner les lieux. Puis, très vite, il se remémora les quelques heures qui avaient précédé son arrivée à Azkaban. Il se revoyait, habillé de sa plus belle robe de sorcier, non loin de là, en train d'utiliser la magie au beau milieu d'une foule moldue. Il avait fait valser devant quelques badauds trois poubelles pleines au-dessus des maisons. Il avait, ensuite, transformé les ordures en rats violets qui ne mirent guère de temps à se répandre dans la ville et effrayer les passants. C'est alors qu'il vit au loin des tâches sombres s'avançaient vers lui. Il se mit alors à courir dans la direction opposée et se retrouva coincée dans une ruelle sombre, sale – et déserte -. Alors, il ne montra aucune résistance à l'attaque des détraqueurs qui l'emmenèrent directement au Ministère de la Magie. Là, il fut accusé d'avoir abusé excessivement de la magie pour la seconde fois devant une foule de moldus et d'avoir tenté de fuir la justice. Pour Harry, il aurait fallu rajouter " et d'être Harry Potter ". Mais, il garda étonnement bien son calme et reconnut sa culpabilité. Trop content que le procès n'apporta aucune difficulté, ni foule de sorciers, le juge le condamna à une peine de cinq ans à la prison d'Azkaban. Harry se laissa embarquer, toujours sans aucune expression sur le visage, sauf un léger sourire en coin que personne ne nota. Mais pourquoi un tel acte ? les journalistes commencaient alors leur travail dans les bureaux de presse.

Et maintenant, le voilà qui entrait dans la grande salle qui servait de hall à Azkaban, en observant les moindres détails, les moindres allers et venues. Il avait une petite idée du retard du chef : en effet, ce n'était pas tous les jours qu'on attrapait Harry Potter et, l'exposer ainsi devait satisfaire la nouvelle justice du monde des sorciers. Mais Harry ne prêta guère attention aux regards appuyés des quelques gardiens qui pensaient l'avoir reconnu.

- Me voilà ! Alors, Potter, enfin du côté qui est le tien ? Derrière les barreaux ?!

Cette voix, il la connaissait. Il ne se retourna pas et resta impassible. Il savait. Enervée par cette attitude, " le chef " qui venait d'arriver fut obligée de le contourner pour se planter devant lui. Dolorès Ombrage. Rescapée de justesse d'une attaque de centaures, l'ancienne directrice de Poudlard, l'ancien membre du Magenmagot avait été raillée de tous côtés et la seule offre qu'on lui fit, fut celle de devenir chef des gardiens d'Azkaban. Elle prenait très à cœur son rôle de tortionnaire, ne quittait jamais sa baguette des mains, mais avait une peur continuelle des détraqueurs. Terminé le temps des tailleurs " rose flashy dentelle " qui la rendait si ridicule. Aujourd'hui, elle faisait presque peur.

- Oh ! Tu réponds quand on te cause ? cria l'autre gardien.

- Laisse, laisse, dit-elle d'une voix mielleuse. Il faut qu'il garde sa salive pour hurler, une fois enfermé !! Allez, avance !

Elle poussa Harry et la troupe se mit en route, le jeune homme toujours aussi examinateur. Ils passèrent par la salle de visite. Et là… il croisa Hermione. Instinctivement, il regarda derrière elle pour voir qui elle était venu voir, mais il n'aperçut qu'une tignasse orange flamboyante qui repartait, en tournant le dos. Ron ne l'avait pas vu. Il vit alors le regard ébahi d'Hermione en le découvrant là. Apparemment, elle n'était pas au courant de son incarcération. Il put lire sur ses lèvres qu'elle prononçait son nom, mais aucun son ne parvenait à sortir. Elle se retourna du côté d'où venait de partir Ron, puis plongea son regard à nouveau dans celui de Harry. Il vit alors une jeune femme perdue, les yeux gonflés, et qui se sentait abandonnée et trahie.

Tout ceci ne dura que quelques secondes.

- Avance Potter ! Tu te crois où ?

Une claque dans le dos le fit se remettre en marche, mais en se tordant le cou, il put voir Hermione sortir de la prison en courant.

- Hermy…je ne voulais pas que tu l'apprennes ainsi. Mais que faisais-tu là…avec Ron ?!

Pas le temps de répondre, on l'emmenait de force de l'autre côté.

Dix minutes plus tard, ils s'arrêtèrent devant une cellule ouverte et vide. Il était minuit passé.

- Tu poses tes affaires et tu vas rejoindre tes nouveaux camarades, c'est la récré, héhé ! ricana Todd.

Harry s'exécuta et au moment de sortir, il se retourna et ouvrit enfin la bouche :

- Avec qui vais-je partager ma cellule ?

- Ecoutes-moi bien, pauvre taulard ! s'écria Ombrage. Ici, c'est moi qui pose les questions, ok ? Toi, t'as qu'à bouffer ta langue tiens !

Les deux gardiens s'esclaffèrent et repartirent. Ombrage tarda et plaqua Harry contre le mur. Quelle force pour une telle femme, pensa-t-il.

- Une dernière chose : ici, t'es rien, tu m'as comprise ? T'es plus Harry James Potter, t'es encore plus bas qu'un chien galeux, ok ? Alors tu te tiens à carreau et p'têtre qu'il t'arrivera moins de bricoles que prévues.

Elle cracha devant lui avant de s'en aller. Harry savait qu'elle avait quelque peu perdu l'esprit après sa " rencontre " avec les centaures, mais à ce point ! Nullement impressionné, il se dirigea vers la cour.