Chapitre 10
C'était la fin de la « récré », comme les matons se plaisaient à l'appeler, lorsque Harry venait d'entrer sagement dans sa cellule – la numéro 13, un signe ? Il était encore seul quand on referma la grille et toujours seul lorsque toutes les autres cellules se refermèrent dans des grincements et des grognements horribles. Il s'étonnait de ne pas avoir de compagnon de cellule et entreprit de faire son lit, à la moldue bien sûr.
- Ouverture de la 13 !!! entendit-il crier près de lui.
Il se retourna et vit Fred, un carton sous le bras, accompagné d'un gardien inconnu. Fred lui fit signe de se taire, entra tranquillement et posa ses affaires sur le lit du haut.
- Merci Bringly, murmura-t-il à l'intention du garde en chuchotant.
- On est quitte maintenant, Weasley. Fermeture de la 13 !!!
Harry attendit quelques minutes que le brouhaha des prisonniers couvre leur discussion, puis envoya un regard interrogateur à Fred.
- Ben quoi ! C'est comme ça que t'accueilles ton pote de chambre ? Comme avant !
Il lui lança un clin d'œil, puis entreprit de lui expliquer car Harry restait perplexe.
- J'avais un petit arrangement avec ce bon vieux Bringly, t'inquiètes pas, tant que tu restes avec moi, il devrait pas trop t'arriver de bricoles ici.
- Je suis content de te savoir ici, ça va nous faciliter la tâche. D'autant que tu as l'air d'avoir une certaine réputation ici.
- Tu sais, c'est comme si j'avais eu une seconde naissance à l'armée, un autre homme quoi…et puis tu ne me contrediras pas, mais Voldemort nous a tous changé au fond de nous même, on est capable de choses qu'on aurait jamais imaginé assis sur une chaise à Poudlard en plein cours d'Histoire de la Magie.
C'est vrai…Harry pouffa en silence en repensant à ses interminables cours d'Histoire de la Magie à côté de Ro...
- Bon, et maintenant si tu m'expliquais ce que…enfin ce que tu m'as dit tout à l'heure…parce que je t'avoue que je me suis demandé si tu ne devenais pas cinglé.
Harry prit son temps, alla jeter un coup d'œil à travers les barreaux de la cellule puis finit par s'adosser contre le mur en face de Fred, qui ne le quittait pas des yeux.
- Je ne suis pas là pour rien. Je me suis laissé emprisonner. Et je ne comptes pas purger ma peine si tu vois ce que je veux dire.
- Euh…
- Je vais sauver Ron.
- Oui bien sur, on voudrait tous sauver Ron. Tous les jours j'y pense. C'est vrai, il a pas eu de chance, Malefoy père était un gros gibier et un atout de poids pour Voldemort mais on ne peut rien faire tu sais. Même si je donnerai ma vie pour sauver celle de mon frère...
- C'est là que tu te trompes. Ce n'est pas la bonne justice. Et je sais que tu ne diras pas le contraire, Fred. Après tout, on s'est tous fait avoir, on a tous été trahi à un moment ou à un autre, pour être ici, derrière ses barreaux ! Et Ron, lui, il va être tué. Alors on ne peut pas laisser faire ça. Il est innocent.
- En es-tu sûr ? risqua le rouquin. J'en doute tu sais...il a pas mal changé.
- J'ai fait ma petite enquête avant de venir ici, j'ai organisé beaucoup de choses. Mais je n'ai pas eu le temps de rassembler toutes les preuves.
- Harry…je suppose que Ron n'est pas encore au courant de ton idée…enfin, juste pour te dire…ne lui donnes pas de faux espoirs.
- Ce n'est pas mon intention, j'ai prévu de le sauver et pour ça, la dernière solution qui s'impose c'est l'évasion. Et tu fais partie de l'équipage. Et Luna aussi.
Fred n'avait aucune expression visible sur le visage, il pensait à la bombe que Harry venait de programmer.
- Et comment comptes-tu faire ?
- Ne t'inquiètes pas, j'ai mes idées. Ne m'en veux pas, mais moins tu en sais et mieux ce sera pour toi.
- Bien. Je m'y soumets. Je t'aiderais comme tu le désireras, mais je ne te demande qu'une chose : pas de faux espoirs, on te fait confiance…comme avant.
Harry resta muet sur ces derniers mots. La nuit qui suivit fut bien silencieuse et froide et il regretta presque la fausse cour. Soudain, un cri déchirant fit vibrer les murs de pierre froide. Puis plus rien.
Encore un…, murmura pour lui-même Fred.
Le lendemain, dans la cour, Fred et Harry marchaient de long en large car c'était le seul moyen de ne pas montrer qu'ils mijotaient quelque chose. Cette première nuit avait été épouvantable.
- Et Luna, on lui dit quand ?
- Quand le moment sera venu.
- Et Ron ?
- Justement, il faut que je trouve un endroit sûr pour lui parler.
- Là, j'ai peut être une idée, mais c'est risqué et …dangereux. La salle de correction. Ron y est quatre fois par semaine, puisque c'est un condamné à mort. Et oui, ici, les condamnés n'ont pas le droit au répit de leurs derniers jours…
- Parfait. Pour une fois, les règles d'Azkaban nous serviront. J'irais dans cette salle.
- Mais tu … Les yeux de Fred s'écarquillaient.
- Potter !!!!!!!!! Infirmerie ! Tout de suite !!!
La voix de Ombrage grinça dans toute la cour, de l'autre côté de la grille.
- Désolé, j'ai un rendez-vous, dit Harry avec un léger sourire sur le visage.
- L'infirmerie ? Mais…il y a Ginny ! Tu le sais ? Elle sait que t'es là?
- Certainement, c'est elle que je dois voir.
- Et bien, bonne chance…je dois juste t'avertir que ma chère petite sœur ne t'as jamais oublié…et qu'elle a beaucoup souffert, même si elle me tuerait pour t'avoir dit ça.
- Je sais, Fred, je sais…
Puis, il rejoignit Ombrage, se laissa ensorceler les mains et la suivit jusqu'au bâtiment d'en face.
