Chapitre 12

Ginny marchait à vive allure dans le couloir qui l'amenait à sa salle d'examen. Ses doigts étaient crispés sur le dossier d'Harry Potter, qu'elle serrait contre elle. « Après toutes ces années…le revoir… il ne perds rien pour attendre…je le déteste… ». Sa colère grandissait à mesure qu'elle s'approchait de la porte blindée blanche. Elle se demandait même ce qu'il lui avait prit de recoiffer une de ses mèches en passant devant un miroir tout à l'heure. « Je le déteste… ».

Et elle le vit. A travers la petite vitre sur la porte. Il était assis sur la table d'examen, torse nu, musclé, quelque peu bronzé. Et tout à coup, sa haine disparut. Elle voulut tout lâcher, courir dans ses bras, le frapper pour l'avoir abandonnée, pleurer, l'embrasser, se laisser consoler contre ce corps solide qu'elle avait tant aimé, et fuir la réalité.

C'est alors que le regard émeraude se tourna vers la porte et en l'espace d'une seconde, Ginny reprit ses esprits, son expression froide qu'elle s'était jurée de garder avec lui – car elle était le médecin et lui le patient, et non deux amoureux transis que le destin avait séparé – et elle pénétra dans la salle.

- Bonjour Ginny.

Cette voix…grave et un brin sensuel…de légers frissons lui parcoururent la colonne vertébrale.

- Bonjour…Harry.

Elle avait repris le dessus. En professionnelle qu'elle était, elle ne le regarda pas dans les yeux et s'intéressa à son dossier.

- Bon, il te faut une injection d'anti-poison de Dragon d'Inde…tous les jours ??

Là, elle ne put s'en empêcher et leva la tête vers lui. Cela semblait assez étonnant?

- Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Et bien, juste que j'ai beaucoup vadrouillé, eu quelques petits désagréments et voilà le résultat…c'est vital pour moi. Une saleté de bestiole dans l'Himalaya qui…

- JE SAIS ! Je sais que tu as « beaucoup vadrouillé ». Je suis docteur aussi au cas ou tu ne l'aurais pas remarqué. Je connais parfaitement les effets de ce moustique. On n'est pas ici pour discuter. Je fais juste mon travail et toi tu fais le gentil patient et tu ne dis plus un mot.

Harry se tut jusqu'à ce que l'injection fut terminée. Il se rhabilla sans un mot et se dirigea vers la porte sans un mot, non plus. Mais avant de la franchir , il se retourna vers son médecin.

- Qu'est-ce que Hermione est venue faire l'autre jour ici ?

Ginny parut débousoller par ses paroles.

- Elle est venue voir Ron, qu'est-ce que ça peut te faire ?

- Elle a décidé d'être son avocat ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?? Tu te fiches bien de tout le monde ! Tout à coup, tu veux des nouvelles de Ron ? Il te doit de l'argent ou quoi ?

- Tu dis n'importe quoi !

La voix de Harry se fit cinglante, blessé par les propos de la jeune fille. Mais il se radoucit immédiatement, sachant qu'il méritait cet accueil et n'en attendait pas moins de sa part. Un tempérament de feu, c'est une des qualités qui avait fait chavirer son coeur...

- Oui, Hermione est dorénavant l'avocat de Ron. La consultation est terminée. Gardien !

Les mains à nouveau sous l'effet du sortilège d'entrave, il murmura au moment de partir :

- Merci…et à demain.

Ginny regarda la robe de sorcier jaune s'éloigner et lança un innodible " à demain ".

Elle était révoltée, des années sans nouvelle, et pas un "je suis désolée" ou "tu m'as manqué". Elle devait vraiment parvenir à faire une croix définitive sur lui aussi difficile soit-il.

Quand Harry revint, la « récré » était terminée et il rejoignit Fred dans leur cellule. En passant devant les autres, il s'aperçut que certains prisonniers avaient étendu un des draps blancs devant la grille. Il n'eut pas le loisir de poser des questions à Fred sur le sujet car celui-ci l'assaillit dès son arrivée.

- Alors ??

- Eh bien...tu connais ta soeur.

- T'as morflé, déclara Fred, avec un sourire en coin. Que veux-tu, les femmes !

- Mouais… en tout cas, j'ai appris que Hermione avait repris l'affaire de Ron en main. On a une chance de plus, maintenant. Je suis sûr que si elle a fait ça, c'est qu'elle a enfin des doutes sur sa culpabilité ! Il faut à tout prix que je la vois.

- On a le droit à un hibou par jour, lui dit Fred innutilement.

Puis, il pencha sa tête et cria :

- Hé Towner ! A quand la prochaine levée de courrier ??

- Dans 20minutes à peu près ! lui répondit une voix non loin d'eux.

- Towner écrit à sa famille depuis qu'il est incarcéré…ça fait presque vingt ans maintenant, expliqua Fred à Harry, en baissant le ton. Donc t'as 20minutes, vieux ! Active !