Chapitre 17
– Ginny ! Ginny ! Elle ne l'avait pas entendu. Qu'importe, demain il comptait la voir pendant son heure de visite. Elle fila à toute vitesse vers l'aile C, les cheveux dans le vent.
Ron avait les mains liées lorsqu'il pénétra dans la salle de correction. Tous les autres étaient assis un par un à une table, le même style que celles des écoliers. Ron avait cessé d'appréhender ce moment innévitable; 2 semaines de prison et le voilà au bout du compte blasé.
La salle de correction avait été instaurée par Dolores, elle était totalement à son image. Les prisonniers les plus insolents passaient du temps ici et très vite ils comprenaient la leçon et réfléchissaient à 2 fois. Les condamnés à mort eux, devaient y aller obligatoirement 2 fois par semaine.
Une fois rentré, les gardiens le laissèrent tranquille. On annula le sort qui enroulé ses mains et il alla directement à son bureau habituel, qui était occupé. Etrange, il y avait son nom dessus. C'était sans doute un petit abruti qui cherchait la bagarre. Rien à faire, dans cette salle il n'y avait peut-être pas de maton mais c'était encore plus dangereux. 2 détraqueurs surveillaient par la fenêtre leurs moindres faits et gestes. Et autant dire que leur tenir tête était suicidaire. Il y avait des rondes pour que 24H/24 des détraqueurs maintiennent la garde d'Azkaban.
Ainsi en s'avançant vers son bureau Ron eut un drôle de pressentiment. Les détraqueurs n'étaient pas devant la fenêtre comme l'habitude le voulait. C'est dans cet ambiance de flottement que l'individu qui s'était accaparé le bureau de Ron se leva pour lui faire face, le regard déterminé.
– HARRY ! Il y avait un mélange d'étonnement et de joie dans cette unique parole.
– Parle moins fort, assis toi, ne fais rien d'exuberrant surtout...et
– C'est pas mon genre !! Ils rièrent discrètement et ils s'assirent Ron derrière Harry. Il n'y avait que 3 autres prisonniers dans la salle mais ils ne pouvaient rien entendre de là où ils étaient. A peine assis, les détraqueurs réapparurent devant la fenêtre.
– J'ai demandé à quelqu'un de monopoliser leur attention le temps que tu reprennes tes esprits, mais je dois avouer que je suis surpris ! Je t'imaginais me sauter dans les bras en pleurant !
– Prends pas tes rêves pour des réalités Harry !! Il souria. C'était tellement innatendu de voir Harry ici, lui qui pensait ne jamais le revoir. Mais au fait, que faisait-il là ?
– Cette conversation est programmée à la minute Ron. Alors je vais faire vite.
– Mais de quoi tu parles? Tu dois rester ici 1h c'est la loi !
– On s'comprend. Harry remua sur sa chaise, il était visiblement très nerveux. J'ai demandé à ta soeur qu'elle...
– Elle sait que t'es là?? Wa ! Quand Hermione va savoir que tu lui as reparlé !
– Elle est déjà au courant. Tout le monde le sait Ron...
Ce dernier semblait un peu déçu, puis il continua : T'es venu me tenir compagnie ?
– Ce que je vais dire va te paraître bizarre, mais ouvre ton esprit je t'en pris !
Les détraqueurs partirent soudain vers l'aile C.
Il y a 5ans quand je suis parti, je n'ai jamais abandonné la magie et encore moins de chercher Rogue. Je ne voulais pas que ni toi ni Hermione vous le sachiaient car j'étais certain que vous voudriez vous joindre à moi. Je n'en avais pas envi.
– Résultat, on l'a fait quand même et je me suis fait coffrer, super ! Ron devenait amer, Harry sentit qu'il devait accélérer la cadence
– A chaque fois que je trouvais quelque chose j'ouvrais un million de portes, et je t'assure que j'en ai ouvert...les nuits blanches, les potions pour ne pas dormir, j'ai tout essayé. Et puis un jour, je suis tombé sur quelque chose de particulier. Et j'ai tout arrêté.
– Quoi?
– Mon meilleur ami était condamné au baiser du détraqueur pour avoir assassiner Lucius Malefoy.
Un court silence envahit la salle. Harry entendait le souffle de Ron derrière lui qui s'adoucissait. Les 3 autres prisonniers enfin munis d'encre s'apprêtaient à donner tout son sens au qualificatif de cet endroit. Correction.
Ron s'essuya les yeux, gouttes de sueur ou larmes, il osa enfin parler non sans avoir mâcher ses mots dans sa tête : Non, tu ne peux pas avoir fait ça. Putin, vieux...je m'y suis mis tout seul dans cette galère, je dois m'en sortir tout seul. Il renifla
Harry lui fit volte face d'un coup, plongeant ses yeux verts dans les yeux bleus mouillés de Ron.
– C'est là que tu te trompes. Je suis ici pour te faire sortir. Je ne te laisserais jamais ici. Et t'inquiètes, je vais pas m'en priver : je partirai aussi. Sur ce, il se retourna brusquement et les détraqueurs revinrent à la charge.
Un prisonnier donna une tape à Ron dans le dos, et celui-ici faillit tomber de sa chaise. Pendant leur très courte conversation, il avait eu l'impression que le temps s'était arrêté, que ses rêves prenaient le dessus. Lors de ses années à Poudlard, on n'avait toujours tout fait pour lui. Mais on ne s'était jamais mais alors jamais sacrifié pour lui.
– Voilà ta plume Weasley.
Machinalement Ron empoigna la plume et commença à écrire sur le dos de sa main droite : je ne mérite pas de vivre.
Harry mit du temps à reprendre ses esprits, Ron l'avait ému, il ne s'attendait visiblement plus à rien. Harry lui avait enfin donné une raison de ne plus penser qu'il méritait la mort. Ainsi Ron écrivit jusqu'à la limite de l'évanouissement car il savait maintenant au fond de lui qu'il allait s'en sortir.
Lorsque l'élu découvrit la phrase qu'il devait recopier sur sa main les muscles de son visage se crispèrent. Il se contrôla maladroitement et imagina qu'il était obligé de faire ça, que c'était pour la bonne cause. Tu souffres un peu et tu seras récompensé...
La plume entra profondemment dans sa chair et il baissa les yeux. Ecrire cela le mettait au supplice : Tes parents se retourneraient dans leur tombe s'ils te voyaient
