Chapitre 18
- J'ai appris la nouvelle. Hermione venait à peine de franchir la porte du Terrier lorsqu'elle prononça ces mots.
Arthur et Molly étaient assis autour de la table familiale l'un en face de l'autre lorsqu'elle entra. Molly se précipita vers elle et l'enlaça en signe de bonjour.
- Où est-elle Molly ?
Molly pointa du doigts l'ancienne chambre de Ginny. A ce moment là, Fleur descendit les escaliers à pas feutrés en fermant soigneusement les portes. Elle était vêtue d'un débardeur blanc assorti à son corsaire. Elle avait de grosses cernes autour de ses yeux bleu azur.
- Elle s'est endormie murmura-t-elle
- Est-ce que je pourrais la voir ? Euh…s'il vous plait
Fleur répondit par la négative. L'endormir n'avait pas dû être de tout repos. Puis finalement, elle consentit à ouvrir les portes jusqu'à la chambre de Ginny.
Son petit corps était étendu de tout son long dans un petit lit en bois calé entre l'armoire et la table de nuit de sa jeune tante. Sa respiration était lente mais sûre, ses paupières fermées.
Ses cheveux bruns étaient collés à son visage, elle devait avoir chaud. Tout était merveilleux au regard, son petit nez pointu, ses poings serrés, le drap rejeté par ses pieds… Hermione était touchée, à vrai dire, elle ne s'en remettait pas.
Un petit bout de Ron…de Lavande…un petit bout de rien…
Elle voyait en la personne de Stéphie l'enfance même de Harry. Orphelin(e) si jeune, orphelin(e) à jamais.
Loin dans son sommeil, elle devait rêver à de beaux paysages colorés entre son père et sa mère.
Hermione versa une larme et s'approcha d'elle. Elle s'assit sur le lit de Ginny et lui caressa la main. Ses joues étaient rouges, elle semblait exténuée.
La petite commença à bouger, elle devait sentir les regards posés sur elle, ce qui la dérangeaient clairement. Ronchon comme son père…
Fleur agrippa Hermione par le bras qui ne protesta pas, et elle redescendirent dans le salon afin de ne pas la réveiller.
Elle s'assirent l'une à côté de l'autre. Fleur s'apprêtait à lui dire quelque chose lorsque soudain une voix de bébé s'éleva dans les étages. Pas le cri d'une enfant de 5 ans.
- J'arrive mon cœur.
Pas une minute de repos, Fleur monta les escaliers 4 à 4 sans rechigner. Hermione l'admirait.
Elle avait compris qu'il s'agissait du petit bébé de Bill et Fleur. Elle ne l'avait pas encore vue, et n'arrivait pas vraiment à l'imaginer. Mi beauté fatale mi monstre…
Molly, en grand-mère comblée, lui avait envoyé par hibou un message qui l'informait de la naissance d'Esperanza. Redoutant le moment où elle la verrait, Hermione priait intérieurement pour que le bébé soit 100¨ humain.
- Elle s'occupe de Stéphie et d'Esperanza toute la sainte journée. Les pensées d'Hermione avaient été rompues par les paroles pleine d'émotion de Mme Weasley. Elle se trouvait dans le cadre de la porte de la cuisine, un plateau de gâteaux à la main. Je l'ai vraiment mal jugée tu sais. Elle se dévoue aux autres comme un médecin se donne corps et âme pour ses patients en fin de vie. Ginny l'a elle aussi reconnu.
Le fait que Mme Weasley parle de Ginny ainsi relevait de l'exploit. Si Ginny l'avait reconnu alors le monde entier pouvait s'en apercevoir !
- Et Bill ?
- Il…il voulait redevenir utile. Ne plus rester inactif comme ces derniers mois. Il, il…elle prit une inspiration; il travaille dorénavant avec les aurors.
- Mais c'est extrêmement dangereux ! La surprise était de taille pour Hermione. Tout le monde le connaît, c'est la chose de Greyback marquée pour toujours !!!
- Personne n'a pu le résonner. Molly contenait de moins en moins ses larmes au fur et à mesure qu'elle discutait. Tu comprends, il veut aider…
Elle s'écroula sur la table, et pleura.
Molly Weasley représentait à elle toute seule tout ce que une mère normalement constituée craignait tout au long d'une vie. Un fils contaminé, atteint pour la vie de malformations sans aucun antidote sur Terre – un fils qui renie sa famille depuis des années et considère ses créateurs comme des moins que rien – une fille dont le cœur est brisé – un fils condamné au baiser des détraqueurs – 2 frères fâchés…
- Accio Kleenex
Hermione se tût en tendant les mouchoirs à Molly et décida d'en venir au point crucial de sa visite.
- Molly, vous avez toujours été bonne pour moi, et je me disais … qu'il serait tout à fait légitime de vous soulager un peu vous et Fleur…Peut-être pourrais-je m'occuper de Stéphie de temps en temps et…
- C'est le bon Dieu qui t'envoie, par la barbe de Merlin ! Les larmes séchées, Mme Weasley souriait à présent alors qu'Hermione paraissait perplexe d'un tel changement d'humeur. Fleur et Bill voulaient emménager dans ce petit cottage près de Londres mais ils se l'interdisaient. Ils veulent rester auprès de moi et de mon mari pour nous aider…Je n'étais évidemment pas d'accord. Et puis…Stéphie avait besoin d'une présence féminine, uhm…jeune, vois-tu ? Comme sa maman, tu comprends ?
- Bien sûr. Hermione n'imaginait que trop bien ce que devait ressentir la fille de Ron et Lavande.
Harry m'a toujours dit combien cela avait été dur pour lui…
Molly la coupa
- Harry…oui c'est vrai…Harry…Elle devint pensive, le regard perdu dans le vide, déconnectée. Qu'est-ce qui lui a pris ? Où était-il toutes ces années ?
- Je crois qu'il se sent responsable de ce qui est arrivé à Ron. Je ne sais pas où il ét…
Elle s'empêcha volontairement d'aller plus loin dans son discours.
- Ron est le seul responsable. Pauvre Harry, quelle idée !
Hermione s'approcha encore plus de Mme Weasley et la regarda droit dans les yeux.
Non Mme Weasley il n'est pas responsable.
- C'est encore une de vos formules de politesse en Droit ? pour me faire comprendre subtilement qu'il est innocent ?
- Il l'est. Ron fait office de bouc émissaire. Les yeux de Hermione pétillaient. Mais ceux de Molly…ne brillaient pas du tout, en tout cas pas de joie.
Incrédule elle repoussa Hermione en affirmant : Ne dis pas n'importe quoi.
- Je ne dis que la vérité ! répondit Hermione au tac au tac. Elle pensait qu'en lui apportant cette nouvelle la mère de Ron se sentirait mieux, qu'un peu d'espoir lui rendrait la vie plus douce. Mais pas le moins du monde. Mme Weasley se recula un peu plus et Hermione se leva d'un bond et dit : J'ai quelqu'un avec moi qui me croit, et qui témoignera en la faveur de Ronald.
Ebahie, Molly resta bouchée bée. Hermione pensait malheureusement que Mme Weasley réagirait comme cela. Elle était donc obligée de retourner sa dernière carte non sans avoir pesé le pour et le contre.
- Regardez par la fenêtre il est ici, dans le jardin.
Molly se précipita vers la fenêtre et releva les rideaux. Comme un enfant à qui ses parents ont promis une surprise. Son cœur devait battre à tout rompre, si quelqu'un pouvait prouver que son fils ne méritait pas la mort alors il méritait tout l'or et tout l'amour du monde mais surtout toute sa gratitude. Elle commençait à tressauter d'impatience lorsque Hermione prononça distinctement : IVISIBLI ILLUMINI en pointant sa baguette sur Mme Weasley.
Sous la cape d'invisibilité que Harry avait léguée à Hermione après son incarcération il se cramponnait. Obligé de se tordre pour ne pas être vu, il semblait bossu. Lorsqu'il sût qu'il était visible à l'œil nu, Molly eut un haut le cœur. Il s'avança vers la porte d'entrée, le regard fuyant, Molly se décomposait. Hermione allait tout lui expliquer, lorsque soudain...Mme Weasley sortit sa baguette et hurla PROTEGO. Un halo de lumière entoura subitement le Terrier laissant seul de l'autre côté de la porte, Drago Malefoy.
