Chapitre 25

- Aguamenti hurla-t-il.

Il était très en colère. Les murs étaient presque tous tombés, les lustres étaient éclatés sur le sol. Une épaisse couche de poussière l'empêchait de voir aussi il murmura Lumos à sa baguette. En tentant de se faire un chemin parmi les décombres il ruminait, jurait, et donnait des coups de pied à tout ce qui lui barrait le passage. En se rapprochant de ce qu'il restait de la porte d'entrée l'odeur de la suie et de la chair brûlée amplissaient ses narines.

Une seconde plus tard et elle serait morte brûlée vivante.

Sa peur de la retrouver inconsciente pour de bond n'était rien comparée à sa haine. Il était hors de lui. Tout aurait dû se passer sans aucun problème. Il avait fallu que cette petite...

Tout était noir. Les rideaux, la nappe, la table en bois, les meubles tout, tout avait brûlé.

Des photos reposaient en mille morceaux sur ce qui restait des tapis. Drago se pencha en faisant très attention de ne rien déranger, et ramassa un morceau d'une photographie. En la regardant de plus près le fils Malefoy referma son poing très fort et la laissa tomber.

Et là, au milieu des décombres, un corps étendu recouvert de suie et qui sentait atrocement...non !

Il accourut vers Hermione Granger. Son pouls battait faiblement dans son cou. La peau sur ses bras étaient suitante, il sortit sa baguette et fit apparaître une petite fiole contenant de la Dittany. Il allait lui en poser sur le bras lorsque soudain...

– A L'AIDE AU SECOURS

Sa haine reprit le dessus. Il porta le corps de la jeune avocate sur ses épaules et entreprit d'aller vers le faible son qu'il venait d'entendre.

Draco sortit de l'appartement en prenant soin de ne laisser aucune trace.

– Pitié ... un horrible son guttural indiquait sa position. Elle était écrasée sous la rampe des escaliers, une jambe visiblement cassée à en juger par la disposition anormale de celle-ci.

La cause de sa rage. Ginny Weasley. Elle n'aurait pas dû être là. Il aurait dû simplement sauver Hermione et partir en cavale avec elle, et sa confiance serait sans faille. Mais avec elle...Drago la dévisagea. Il ne l'avait jamais aimé, il n'avait jamais été attiré par son jolie minoi que ce dernier assimilait à toutes les pestes et toutes les ingrates. Il la regarda se débattre sans grand succès, et lorsqu'elle croisa son regard Drago était sûr qu'elle cherchait désespèrement à prendre sa baguette. En vain.

Le bruit des sirènes retentit. Les pompiers, les gendarmes peut-être, tout ce vacarme typiquement moldu allait arriver d'une minute à l'autre. Et là il avait un choix. S'échapper avec Hermione en la laissant passer pour morte...mais pour cela il fallait abréger la vie de cette...

Cette initiative ne lui serait pas désagréable, mais d'un autre côté...Hermione n'accepterait peut-être pas de le suivre comme un toutou si son amie était déclarée morte ou disparue...non non NON ! Cette petite rousse avait tout fait foirer !

- CLINO dit-il bien contre sa volonté, et les poutres et les rembardes se relevèrent "comme par magie". Cette expression l'avait toujours fascinée...ces moldus étaient d'une naïveté...

Puis il la releva maladroitement. Il la cogna maintes et maintes fois, ce qui la plongea dans un état second égal à celui d'Hermione.

- Mlle Granger ?

Parfait. L'humeur de Drago remonta en flèche. C'était un des voisins de palier de la sang de bourbe. Il se releva en tenant difficilement les 2 jeunes femmes.

- Oui, venez à mon aide monsieur. Je suis coincé sous les débris.

L'homme dévala les escaliers en trébuchant pas mal de fois.

Puis enfin...

Il toussa. La fumée l'empêchait de voir très clairement.

- Vous m'avez l'air en parfait état monsieur...mais qui êtes vous ?

L'homme qui venait d'apparaître dans le champ de vision de Drago était obèse et portait des lunettes rectangulaires. Lorsqu'il vit parfaitement Drago qui portait Ginny et Hermione l'homme recula d'un pas.

- Mon dieu, elles sont mortes ?

Drago regarda intensément Hermione pui Ginny, finalement il lacha :

- Non. On ne ressemble pas à cela quand on est mort. On est plus froid, plus dur, plus...au fur et à mesure qu'il décrivait la mort, il descendait puis lorsqu'il jugea qu'il était assez près de l'intru il sortit sa baguette et hurla d'une voix majestueuse : Avada Kevadra

L'homme tomba au ralenti et ne dévala pas les escaliers car son poids l'en empêchait. Drago en héros regarda la baguette avec laquelle il avait jeté ce sort. La baguette d'Hermione Granger. Il ricana comme si le Diable l'habitait.

- Cette petite sang de bourbe ne va pas le regretter...

- Y a-t-il quelqu'un ici qui m'entend ?

Trop tard. Les torches allumèrent le bas des escaliers. Drago paniqua et transplana sans plus de cérémonie. C'était ces abrutis de moldus.

- Il y a un mort là ! L'explosion est à première vue de force 7.

- Venez les gars. Le dispositif devait venir de...ici !

- Chez Mlle Granger j'ai lu en bas sur les boîtes aux lettres.

- Il ne doit pas en rester grand chose...Il y a du sang partout.

Les pompiers entèrent alors dans ce qui restait de l'appartement.


2 jours plus tard

Harry tournait encore en rond dans sa cellule. Fred se forçait à regarder en dehors pour ne pas avoir le mal de mer à force de voir son compagnon ainsi.

Que pouvait-il se passer dans la tête du Survivant à une heure aussi critique pour eux ? La date de l'exécution de Ron avançait à chaque seconde plus rapidement, et cette date impliquait aussi la date de leur évasion ! Evasion à laquelle Fred n'apportait pas beaucoup d'espoir, bien qu'il fasse confiance à Harry. Luna, quant à elle, était sure que le brun aux yeux émeraude les sortirait d'ici tout comme il l'avait promis. Quant aux " comment " il allait s'y prendre, c'était une toute autre question à laquelle Harry Potter ne répondait que par quelques mots toujours identiques :

- Moins tu en sais et mieux c'est pour toi…

Et il rajoutait toujours après quelques secondes :

- Fais-moi confiance.

Comme si leur destin lui effleurait la main et qu'il n'était pas sûr de pouvoir l'enfermer dans celle-ci comme il le souhaiter.

Comme si on avait le choix.., pensait Fred.

Comme si j'avais le choix, pensait Ron, enfermé dans le noir de sa cellule.

- Euh Harry…t'en as pas marre de tourner en rond dans à peine 5m² ? demanda soudain Fred en se retournant vers le brun.

- Désolé, je réfléchissais.

- En parlant de réflexion… j'espère que tu as trouvé le moyen d'infiltrer Greyback dans notre projet. Parce que moi je sèche. Je ne vois vraiment pas comment on pourrait faire confiance à ce monstre…

- Mais je ne t'ai jamais parlé de lui faire confiance, c'est impossible avec ce genre d'individus. D'oû la difficulté de la situation.

- …

- Oh mais ne t'inquiètes pas, c'est justement la prochaine étape. Et c'était en train de germer dans ma tête, juste au moment où tu m'as interrompu.

- Ah désolé, vas-y tourne en rond, tourne.

- Merci.

Et la danse reprit de plus belle, mais cette fois-ci Fred ne fit aucune remarque car il avait remarqué que plus Harry accéléré dans ses mouvements et plus l'idée prenait forme.


Greyback était dans son coin de cours, comme à son habitude à observer avec une certaine perversité quelques prisonniers qu'il avait soumis, en train de lui aiguiser ses griffes crochues qui lui servaient d'ongles de pieds. Tout-à-coup il fut heurté à la tête par une pierre de petite taille, mais qui, bien visée, avait fait son effet. Il se retourna violemment, faisant renverser ses disciples et vit son agresseur : Harry Potter se tenait à quelques mètres de lui, un visage submergé par une peur étrange. Aussitôt un des prisonniers au service de Greyback se leva pour aller chercher Harry, mais Greyback s'interposa.

- Laisse, c'est moi qui vais régler ça. Dites au revoir à ce cher blanc bec, mes jolis !!

Et il bondit.

S'ensuivit une course effrénée d'un bout à l'autre de la cour entre le loup garou et le Survivant, entre l'agressivité et la légèreté. Harry menait son adversaire de quelques mètres seulement, mais c'était assez pour l'emmener où il le désirait.

Soudain Harry stoppa net et se retourna vers Greyback. Surpris le monstre s'arrêta aussi et regarda autour d'eux. Ils étaient arrivés dans une sorte de garage, coincé dans un coin de la cour.

- Ahah !! Un lieu désert ! Juste ce qu'il me fallait pour t'écraser comme une mouche !

- Tu aurais tort de faire ça, Greyback.

- Tiens, tiens ! Et tu vas sans doute me dire pourquoi. Mais dépêches-toi s'il te plait, parce que mes griffes meurent d'envie de te déchiqueter, de te mettre en morceau, de te lacérer, de t'embrocher pour mieux te dévorer !

Ces mots auraient terrifié n'importe qui d'autres, mais comme on le lui avait si souvent répéter, Harry Potter n'était pas n'importe qui, à son grand désespoir comme il le pensait, mais là ce n'était pas le moment. Il tint tête au monstre et ne cilla pas.

- Très bien, écoutes-moi bien car nous n'avons que quelques minutes. Des gardiens ont sûrement dû voir notre petite course au milieu de la cour.

Greyback leva un sourcil et son sourire disparut quelque peu.

- Je vais m'évader.

Le loup garou ouvrit de grands yeux.

- Je vais m'évader avec Ron Weasley, Fred Weasley, Luna Lovegood et… toi.

Le loup garou éclata de rire.

- Tais-toi et ouvre grands tes oreilles ! Tu vas venir avec nous, tu n'as pas le choix, je te préviens maintenant. Car si tu ne me crois pas aujourd'hui, tu me croiras dans quelques temps, mais il sera trop tard pour toi. Et tu sais très bien que tu n'es plus aussi en sécurité que tu le croyais ici, n'est-ce pas Greyback ?

Ce dernier se mit à écouter attentivement, sans dire un mot.

- On sait tous les deux que tu n'appartiens plus à aucun camp, depuis que ton cher maître Voldemort…

- Ne prononce pas son noooommm !!!

Greyback n'avait pas peur de l'entendre il était seulement...

Ses yeux commencèrent légèrement à virer au blanc, mais Harry n'en tint pas compte, c'est ce qu'il attendait : il voulait réveiller sa fureur.

- … depuis que Voldemort t'a lâchement abandonné en te jetant ici, au milieu d'insignifiants ! Je sais très bien la haine qui t'habite, mais aussi la solitude et même… la peur ! Et oui, le grand Greyback a eu très peur l'autre jour, lors de l'invasion des détraqueurs. Il a eu très peur car il sait que Voldemort tente de te tuer. Il a fait une grossière erreur en te laissant ici, il n'aurait jamais dû te trahir, non ?

- Ca suffit !!!!! Ta gueule Potter ! Tu ne connais rien de l'histoire !!

- Oh mais si, je la connais l'histoire. Seulement, pourquoi veut-il te tuer à présent ? Aahh…grande question, n'est-ce pas Greyback ?

- Qu'est-ce que tu veux de moi ?

- C'est simple, tu te joins à nous pour nous évader. On aura sûrement besoin de ta musculature et tu seras un allier de choix dans la guerre, à l'extérieur.

- Ahah et pourquoi je t'obéirais, minus ? Pourquoi je partirais, alors qu'ici je suis en sécurité ! POURQUOI ?

- Non tu ne l'es pas, et tu le sais. Voldemort peut très bien refaire venir les détraqueurs ici, et cette fois ils ne te louperont pas. D'ailleurs… tu as une fière chandelle envers mon ami Fred. Tu ne te rappelles pas ?

- Si ! Comparé à certains, j'ai le code de l'honneur ! Et je sais me souvenir de ceux qui méritent ma reconnaissance !!

Soudain, on entendit au loin des pas pressés qui arrivaient vers le garage.

- Alors ? demanda vite Harry.

- Je ne fais parti d'aucun camp !!! hurla le monstre.

Les gardiens arrivèrent à ce moment là.

- Eh ben le loup garou, qu'est-ce que tu fais là, tout seul ? ricana l'un d'entre eux.

- Je…

Greyback se retourna vers l'endroit où se tenait Harry quelques secondes auparavant : il n'y avait plus personne.

- Allez mon grand, la récré est terminée, retourne dans ta cellule au lieu de courir après les papillons !

Un grognement fut lâché, puis le monstre disparut avec les gardiens, pensif.


Deux mètres plus haut, dans la conduite d'aération qui donnait dans le garage, Harry regardait Greyback sortir du garage avec les gardiens aux trousses. Puis il se retourna vers Fred qui était juste derrière lui.

- Impressionnant Harry, comme toujours. J'avais l'impression de suivre un feuilleton à la télé moldue ! Tu as su utiliser les mots qu'il fallait et là où il fallait !

- Espérons que ça portera ces fruits…

- Tu doutes de sa réponse ?

- Il fait toujours envisager un plan B, mon cher Fred.

- En tout cas, cette conduite est très intéressante. Elle nous mène en quelques minutes ici, depuis notre cellule.

- En 6 minutes 13 pour être exacte. Harry regarda sa montre. Allez repartons, on a 6 minutes 13 avant que les gardiens ne fassent l'appel dans notre cellule !