Chapitre 26

Les anciens membres de l'Ordre du Phoenix étaient presque tous là. Tonks avait les cheveux noirs…noirs comme le désespoir qui frappait à nouveau les leurs. Remus et Fol Œil étaient en plein débat au sujet de l'audience qui aurait lieu cet après-midi. Arthur consolait comme il le pouvait Molly, pendant que tout seul Pattenrond semblait profiter de cette belle journée ensoleillée.

- Elle ne peut pas être morte Molly, sèche tes yeux. Disait M.Weasley en caressant la nuque de sa femme.

- Mais si…elle renifla plusieurs fois. Tonks fit apparaître un kleenex doré.

- Merci…elle se moucha…Quelque chose ne tourne pas rond.

- Elle ne peut pas être morte et en même temps avoir tué son voisin dont le corps a été retrouvé !! Scandait Remus à tue-tête.

- Bien sûr que si ! Les preuves le disent ! c'était Bill Weasley qui venait de parler alors qu'il tentait d'amuser Esperanza sur le sofa.

- Mais réfléchissez deux secondes ! Hermione, notre Hermione ne lancerait jamais un Avada Kev…Molly frissonna…sur son propre voisin ! C'est inconcevable de sa part.

- De plus, c'était un moldu inoffensif. Fit remarqua Georges.

- N'oubliez pas le sang ! dit alors Alastor en faisant tourner son œil à vitesse grand V.

- Ces tâches sont des preuves. S'il y a eu lutte, on le verra grâce à l'ADN du sang de Miss Granger.

- Mais Hermione ne se battrait pas…mince…mais c'est quoi toute cette merde qui nous arrive ? M.Weasley interjeta le regard interrogatif. Comme tous les autres baissèrent les yeux il enchaîna de ce même ton incertain : Mais que fait Ginny ??? Elle n'est pas encore sortie de cette prison de malheur ?

En moins d'un mois le couple avait pris un sacré coup de vieux.

- Vous pensez que…commença Molly

- Bien sûr que oui ! Dit Fleur en entrant dans le salon en trombe. Visiblement elle avait suivi la conversation de l'extérieur sans y avoir participer.

Face aux regards d'incompréhension de sa belle famille Fleur ajouta :

- C'est la faute de Malefoy. Elle s'est faite avoir. Je vous avais tous prévenu de sa…

S'en suivit des flopées de Oui et de Non, de cris et de pleurs, de mots rassurants et autres gémissements…

Georges s'était éclipsé dans sa chambre. Il ne vivait plus ici depuis que son frère jumeau était sous les barreaux. La salle sentait le renfermé, l'absence de vie, l'absence de Fred…la tristesse l'envahit. Toutes ces dernières années avaient été bien fades et inintéressantes sans sa moitié. Il tenta de se souvenir la dernière fois qu'il avait été heureux depuis…Farces pour Sorciers Facétieux ! Oui, c'était bien cela, lorsqu'ils avaient ouvert leur superbe magasin sur le Chemin de Traverse. Chaque jour rimait avec découvertes, rigolade, expériences et surtout complicité. Après un temps où il essaya par tous les moyens de vider son esprit pour se concentrer sur Hermione, il prit une décision.

Son statut d'agent au Ministère de la Magie lui donnait quelques avantages. Et pour une fois, il comptait en user au maximum…voire à outrance. Qu'importe s'il perdait sa place, Georges comme d'ailleurs tous les Weasley avaient le sens de la famille…presque.

Il pesta contre Percy qui sûrement aurait pu faire sans aucune crainte ce qu'il s'apprêtait à faire.

Il vérifia ses poches. Tout était là. Il transplana aussitôt.

Ce qu'il ne savait pas c'était qu'au moment même où il avait disparu, des coups en bas retentirent et la vieille porte en bois grinça en s'ouvrant quelques minutes plus tard….puis suivirent plusieurs jets de lumière verte qu'un œil indiscret pouvait entrapercevoir sous la porte de la chambre de Georges au deuxième étage.

A des kilomètres du Terrier, dans une prison encerclée par les vagues, à l'heure de la sortie dans la Cour. Fred Weasley se promenait pensivement. Plus que n'importe quand son frère jumeau lui manquait. Il n'y avait pas un jour où il ne regrettait pas cette énième dispute qui avait finalement eu raison de leur relation privilégiée…Le soir sur son lit de camp cela lui arrivait souvent de songer à lui, à ce qu'il faisait au même moment…Leur fuite exceptionnelle de Poudlard avec la tête d'Ombrage et toutes leurs expériences foireuses lui redonnaient le sourire. Il aurait tellement aimé que Georges vienne lui rendre une visite…mais chaque jour était une déception de plus. Mais à chaque fois qu'il ressentait une once de peine, il se disait qu'après tout il ne pouvait en vouloir qu'à lui-même.

En errant dans la cour, il croisa le regard de Ron enfermé dans sa cage à quelques mètres de lui, le regard perdu dans l'infini.

Soudain comme s'il se sentait observé, il baissa ses yeux sur Fred qui avait stoppé sa marche. Comme si cet échange valait une étreinte et remplaçait les mots. Leurs yeux brillaient…conscients du mal qu'il ressentait et surtout qu'ils faisaient subir aux autres membres de leur famille. Mais conscients qu'ils étaient 2, que jamais ils ne s'abandonneraient. Jamais.

Sans le savoir, les 2 frères inséparables avaient toujours bien malgré eux leurs pensées connectées.


Arthur maintenait sa baguette dans sa main gauche et celle de leur visiteur dans sa poche.

Alastor avait lançait le sort et les lianes étaient apparues pour s'accrocher autour de ses pieds et de ses poignets. Molly avait emmené Esperanza dans la chambre de Ginny. Fleur et Bill lui faisaient face, prêts à lui cracher dessus ou pire…

- Mais qu'est-ce que vous faites ? Lâchez moi !! hurla Drago Malefoy en tentant de se débattre au fur et à mesure que les cordes magiques se serraient.

- Sûrement pas. Que viens-tu faire ici ? Nous narguer ? Demanda Remus le regard furieux.

- Tu ne vas pas t'en tirer indemne cette fois dit Molly en dégainant sa baguette magique droit sur le front de Malefoy.

- Vous n'y êtes pas du tout ! Je suis venu ici car je pensais que Hermione y était.

- Eh bien non…c'est pratique hein ? Sa maison a sauté, fais pas comme si tu le savais pas.

- QUOI ? Drago ouvrit de grands yeux, et l'étonnement se lisait sur chacun de ses battements de cils.

Fleur le dévisagea puis avec sa baguette elle resserra l'étreinte des cordes jusqu'à ce qu'il crie.

- Bien sûr que si tu es au courant. Tu l'as tuée. Tu est faux, tu es vile…Remus se rapprochait de plus en plus. Tonks posa sa main sur son torse pour qu'il s'arrête.

Dans le silence le plus total, elle sortit de sa veste une petite fiole argenté dont tout le monde en connaissait le contenu. Du Véritaserum.

- D'où tu sors ça ? s'écria Malefoy qui avait viré au rouge sanglant. Qui est le plus suspect d'entre nous Nymphadora ?

- Ca t'embouche un coin ça, hein Drago ? lança malicieusement Tonks qui lui avait machinalement écrasé les pieds lorsqu'il l'avait osé l'appeler par son véritable prénom.

- Je n'ai rien à cacher. Je veux vous aider, je n'ai plus rien à prouver. Je pensais juste qu'en tant qu'ami proche vous étiez déjà à la recherche d'Hermio…

- TU LA FERMES ET TU BOIS. Fleur avait empoigné la fiole et l'avait vidé dans un accès de colère dans la gorge de Drago. Ils attendirent tous une ou deux minutes en silence puis…

- Es-tu un mangemort ?

- Non

- Es-tu un disciple du Prince des Ténèbres ?

- Non

- Ton véritaserum a viré Tonks ! Existe-t-il un moyen de contourner les effets de ce produit ? sa hâta M.Weasley.

- Aucune à ce que je sache.

- Mon véritaserum provient d'une source sûre.

- C'est impossible !! cria Mme Weasley, hors d'elle, incapable de croire ce que Malefoy venait de dire…

- Arrêtez de vous chamailler ! La voix de Maugrey était tranchante et d'ailleurs cela coupa leur discussion. S'il répond non, c'est que la réponse est négative. POINT. Poursuis Tonks.

Elle inspira profondément et demanda en articulant chaque mot : Es-tu au service de Voldemort ?

Remus lui lança un regard froid, et Alastor roula ses yeux…

- Non

- Es-tu sincère avec Hermione Granger ?

- Oui

- L'as tu tuée ?

- Non

- OU EST-ELLE ? M.Weasley perdait son sang froid.

- Je n'en ai aucune idée.

- Il est innocent…je n'arrive pas à le croire…marmonnait Molly en tournant le dos à son mari.

- As-tu un quelconque rapport avec l'enfermement de Ron ?

- Non

- Laissez moi faire. Où est le quartier des mangemorts ? demande Maugrey

- Je ne sais pas.

- Relâchez le…dit-il en faisant valser sa main et en partant.

- NON ? On ne peut pas, il est…je veux dire…c'est un…mais !! Fleur n'en croyait pas ses oreilles, Tonks la regarda, et elle se calma. Ils avaient raison…

Arthur le détacha à l'aide de sa baguette et non sans montrer sa déception il l'emmena dehors. Malefoy à demi conscient revint à lui lorsque les nœuds furent desserrés.

L'air froid et glacial frappa sur son visage…il se dirigea vers les buissons les plus près et tomba à genoux pour pleurer. Enfin il transplana.

Il arriva dans cette sorte de grotte. Pas n'importe laquelle. Un lac au sein de ce trou sous terre, rempli de morts de vivants, d'inferi et de bien d'autres secrets…et là-bas, une silhouette se dessinait. Il monta dans la barque et alla le rejoindre.

Au fur et à mesure que Drago se rapprochait de son hôte, ses pieds lui faisaient atrocement mal dans ses chaussures…trop petites.

Sa peau commença à rougir, puis à crâmer…une fois mate, il était à présent parfaitement reconnaissable. Seamus sortit de la barque et alla droit vers le corps qui lui tournait le dos.

- Ils t'ont cru ?

- Oui…Seamus Finnigan laissa échapper quelques larmes par le coin de ses yeux.

- Ils ne t'ont pas demandé de décliner ton identité ! J'en étais sûr.

- …Seamus semblait peu fier de sa démarche, mais il restait à attendre. Attendre quelque chose.

- J'ai fait ce que tu voulais Malefoy. Maintenant libère ma mère. Dit-il les yeux rouges, le regard perdu, les mains tremblantes.

Ce dernier se retourna, majestueux, tout noir vêtu, ses cheveux blonds plaqués en arrière, le regard victorieux.

- Tu es certain qu'ils n'ont aucun doute… ? Parce que tu sais je peux rapidement appeler Lord Vol…et je le laisserai se charger de toi…il ricana

- Espèce de…Seamus désemparé ne se maîtrisa plus, et sortit sa baguette en moins d'une seconde. Tu m'avais certifié que notre accord resterait secret, que personne de ton petit monde n'en serait informé. On s'en est fait le serment…si tu le brises tu sais ce qui t'attends…

- Un faux ! Un serment totalement faux ! J'ai signé avec le sang de Pettigrow ! Cet abruti de rat…

- Mais c'est impossible ! Je t'ai vu te…t'entailler le pouce !!

- C'est bien ce que je dis. Ce n'était pas le mien mais celui de Pettigrow ! Je suis devenu un pro dans l'art d'utiliser les gens. D'ailleurs tu en sais quelque chose…était-ce agréable de sentir mon cœur battre en toi ?

- Tu n'as pas de cœur. Plus d'âme rien. Justice sera rendue. Et…

- Reste calme Finnigan. Je vais te la rendre ta mère. Elle est là-bas. Il pointa du doigts le lac des morts.

Seamus suivit son doigts en priant de toutes ses forces pour que ce dernier dévie vers la sortie…mais non, elle devait bien être la dedans. Sans plus de cérémonie il se laissa dévorer par cette eau maléfique en ne réfléchissant pas une seconde à sa très faible possibilité d'en sortir indemne mais en pensant qu'à une seule et unique chose : La sauver.